Région: Cancer du sein et la radiothérapie

Service de radiothérapie

De Mont-Laurier à l’Outaouais

Suzie nous a fait parvenir un cri du coeur sur une injustice qu’elle vit pour le transport de sa mère de 70 ans qui demeure à Mont-Laurier et qui doit suivre ses traitements en radiothérapie pour un cancer du sein dans l’Outaouais.

Dossier Santé

Ma mère doit subir des traitements en radiothérapie pour un cancer du sein. Elle a 70 ans et demeure à Mont-Laurier. Moi je suis de l’Outaouais. Ces traitements n’étant pas donné à Mont-Laurier, elle a donc choisi de se faire traiter dans l’Outaouais.

J’ai fais une demande pour de l’aide au transport. Ma mère n’a pas de voiture, (mon père doit rester à Mont-Laurier) pour les 16 jours de traitements. Même si elle en n’a pas vraiment les moyens, elle devrait débourser +/- 400$ pour le service. Un service gratuit n’est offert qu’aux personnes handicapées, immigrantes, autochtones, assistées sociaux et bien sûr aux prisonniers avec escorte.

NON MA MERE EST JUSTE UN QUÉBÉCOISE DE 70 ANS QUI A TOUJOURS HABITÉE LE QUÉBEC. DOMMAGE.

Il y a un service de bénévolat qui coûte 25.00$ par transport. Je trouve cela bien correct. Mais c’est la différence entre nous et tous les autres qui ME CHOQUE.

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Autres textes Santé

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Le Ministère de l’Éducation et le Conseil supérieur de l’éducation

Un rapport tous les 2 ans

Le Ministère de l’Éducation est-il bien informé sur les besoins de nos jeunes?

Pour connaître les besoins des jeunes et préparer ses réformes, le ministère de l’Éducation mandate le Conseil supérieur de l’éducation de préparer un rapport aux 2 ans.

Raymond Viger Dossiers Éducation, Taxage et intimidation, Décrochage

Pour faire son rapport, le conseil supérieur de l’éducation veut consulter les différents partenaires impliqués dans la scolarisation des jeunes.

En tant qu’organisme communautaire, avec une semaine de pré-avis, je reçois un texte de présentation de 14 pages accompagné d’un questionnaire à développement de 6 pages. Le document de présentation nous propose de leur faire parvenir un mémoire sur nos positions et nos propositions en matière d’Éducation pour éviter le décrochage.

Comme si je n’avais que cela à faire d’attendre de telles demandes du ministère de l’Éducation. Surtout qu’on est un organisme communautaire non subventionné. Un organisme communautaire qui se demande sans cesse comment on va faire pour payer le loyer.

Spécialistes de l’éducation VS généralistes des jeunes

Les “spécialistes” du conseil supérieur de l’éducation, qui ne pensent qu’éducation, se donnent 2 ans pour faire leur rapport mais demandent à des généralistes du communautaire de déposer un mémoire en 1 semaine!

Parce que dans le communautaire nous devons opter pour une approche hollistique, c’est-à-dire que nous sommes concernés par l’éducation du jeune, sa consommation d’alcool et de drogue, des gangs de rue, le suicide, sa sexualité, les MTS, le Sida, l’intimidation…

Consultation… adéquate?

De plus, pour obtenir de meilleures réponses, il faut avoir le temps de prendre un certain recul dans la préparation des réponses. Ce qui ne pourra malheureusement pas être le cas.

Le conseil supérieur de l’éducation pourra marquer dans son rapport que le communautaire a été consulté. Madame la ministre de l’Éducation pourra se pêter les bretelles à dire que les différents partenaires l’ont été. Mais l’ont-t-ils été adéquatement? J’en doute.

Scolarisation des jeunes VS intimidation à l’école

Je remarque que dans la scolarisation que le ministère de l’Éducation veut offrir aux jeunes, on ne parle pas de l’intimidation que les jeunes vivent à l’école. Que dire du témoignage de Nathalie, une mère de famille, qui se fait dire par la DPJ de ne pas envoyer sa fille à l’école pour éviter l’intimidation? Pendant ce temps, les intimidateurs continuent de fréquenter l’école. La direction de l’école ne fait rien. La DPJ ne fait rien.

Il est vrai que si un jeune comme Maxime Collard fait une marche contre l’intimidation à l’école, nous verrons la Ministre de l’Éducation marcher à ses côtés et dire non à l’intimidation. Mais concrètement, que faisons-nous?

Si des jeunes se sont suicidés à cause de l’intimidation qu’ils vivent, il y en a combien qui décrochent de l’école toujours à cause de l’intimidation? Combien de jeunes se retrouvent à l’école terrifiés et dans de mauvaises conditions pour être scolarisés adéquatement?

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Autre texte sur le Taxage et intimidation

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operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants.

Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

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Améliorer les ressources contre l’intimidation?

Arrêtons d’engager des psychologues!

Le travail terrain contre l’intimidation

Les spécialistes ne cessent de nous dire qu’il faille engager plus de psychologues dans les écoles pour contrer l’intimidation. Et si nous ne visions pas les bons objectifs?

Raymond Viger Dossiers Éducation, Taxage et intimidation, Décrochage

Les spécialistes veulent des spécialistes. Pour contrer l’intimidation, il faut des travailleurs terrains. Des gens capables de mobiliser une communauté contre un fléau social comme l’intimidation.

Un travailleur de milieu capable de réunir autour de la même table la direction d’école, l’enseignant, les parents autant de la victime que du bourreau, la police, le CLSC, la DPJ ou toute autre ressource nécessaire à l’intervention qu’il doit accomplir.

Le travailleur de milieu a un profil d’organisateur communautaire. Et ça, avec ou sans diplôme. Parce qu’un diplôme ne donne aucune expérience terrain.

J’ai connu un psychologue responsable d’un gros organisme communautaire qui mentionnait en conférence:

Je croyais que l’on pouvait tout faire et tout guérir avec un diplôme de psychologue. C’est quand j’ai commencé à m’ouvrir à d’autres techniques d’intervention et que j’ai utilisé celles qui étaient pertinentes à l’intervention en cours que j’ai commencé à être bon. Les dix premières années de mon travail comme psychologue j’ai été dangereux.

Un psychiatre a aussi déjà dit:

95% des interventions qui doivent être faites peuvent l’être directement par les personnes concernées sur le terrain. Ce n’est que dans 5% des cas que des spécialistes devraient intervenir.

Ce ne sont pas les connaissance de l’intervenant qui comptent pour faire un bon travail. C’est sa capacité de mobilisation, de facilitateur pour que le milieu trouve ses propres solutions.

Parce qu’il n’existe pas une solution miracle au taxage. Chaque cas est différent. Chaque milieu de vie est différent. Et les solutions pour atteindre nos objectifs sont tout aussi variées.

Il ne s’agit pas de saupoudrer quelques millions à droite et à gauche pour contrer l’intimidation. Il s’agit d’engager le bon personnel au bon endroit, d’être capable de lui faire confiance et de l’appuyer dans ses interventions.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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J’aime Jean Charest…

Politique au Québec

Jean Charest, un pitbull mal orienté

Jean Charest est un grand orateur capable de manger ses adversaires au petit déjeuner, un magicien qui peut nous sortir un lapin de sa manche à tout instant.

Raymond Viger Dossiers Politique, Jean Charest

J’aime Jean Charest, en tant qu’être humain. J’ai beaucoup de respect envers lui. Jean Charest est un combatif qui a de grandes qualités.

Malheureusement, je désapprouve l’utilisation que Jean Charest fait de ses grandes qualités.

Jean Charest met beaucoup d’énergie à dévorer ses adversaires politiques. Autant à l’interne du Parti Libéral que des autres partis politique.

Réorienter le pitbull

Si Jean Charest orientait toute ses qualités contre les différents lobbys qui intimident le gouvernement, les grosses entreprises qui prennent un certain contrôle du Québec et de son économie, les fraudeurs qui manipulent notre société…

Jean Charest serait alors un grand Premier ministre qui a à coeur le Québec. Un Premier ministre capable de nous mobiliser contre la fraude et la corruption.

Pour se faire, est-ce que Jean Charest devrait écorcher quelques-uns de ses amis au passage?

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.
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Pauline Marois face au sexisme

Les femmes en politique

L’heure de la retraite pour Pauline Marois?

Hier soir, Pauline Marois est invitée à l’émission Franchement Martineau. Les nouvelles TVA présentent un extrait de l’entrevue. Nous n’y voyons que du sexisme à l’envers et des justifications d’une politicienne plus près de la retraite que de la victoire.

Raymond Viger Dossiers Politique, Pauline Marois, Médias

Après avoir écouté les Nouvelles de TVA, j’ai l’impression que Pauline Marois est sur la défensive et qu’elle fait du sexisme à l’envers.

  • Quand une femme est fatigué, on se demande si elle peut faire le travail, pour un homme, c’est qu’il a travaillé fort…
  • Quand une femme hausse la voix, elle est hystérique. Pour un homme c’est un leader qui est capable de diriger son équipe…

Une telle présentation ressemble à une perdante qui justifie ses échecs et qui met ça sur le dos du sexisme.

Avec ce billet, je me préparais à taper sur la tête de Pauline Marois pour son sexisme à l’envers en concluant que lorsqu’un politicien en est rendu à trouver ce genre de justifications c’est que sa carrière politique est terminée.

Je fais quelques recherches pour trouver la source de ces citations dans l’émission de Richard Martineau.

Responsabilité journalistique et éthique

Pauline Marois a été l’invitée de Richard Martineau à son émission Franchement Martineau. Une longue émission où Pauline Marois fait un bilan complet non seulement de la dernière année, mais un retour sur l’évolution du Parti Québécois depuis 1995.

Les citations de Pauline Marois, prises dans son entrevue globale, ne sont que quelques instants dans un bilan complet. Richard Martineau a fait un excellent travail très professionnel. Cependant, écouté aux Nouvelles de TVA, ces citations prises hors contexte, nous donnent l’impression que Pauline Marois fait du sexisme à l’envers et que toutes les difficultés du Parti Québécois proviennent de cette difficulté des femmes à gagner leur égalité.

Cela change la teneur de mon billet. Les Nouvelles, en nous présentant quelques petites citations prises hors contextes ont la capacité d’altérer le sens du message global tout en influençant beaucoup de gens. Les téléspectateurs des Nouvelles resteront avec l’image et les impressions que les quelques citations auront suscitées.

La question qui demeure: cette présentation de Pauline Marois aux Nouvelles de TVA est-elle une simple erreur ou une orientation partisane des Nouvelles de TVA?

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L’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé, le livre!

Comment assurer d’être bien référencé pour votre blog ? Comment fidéliser les internautes ? Comment augmenter son trafic ? Comment interagir avec un Throll qui commente votre blog ?

guide-referencer-blog-referencement-naturel-livre Maintenant disponible, le livre Référencer son blogue, un mot à la fois. Un livre sur l’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé.

Écrire pour un blogue est différent que pour un magazine ou un journal. Comment maîtriser une technique simple et efficace pour que votre billet soit bien référencé par les moteurs de recherche tout en étant pertinent et cohérent pour les internautes? Les techniques d’écriture qu’il faut maîtriser sont expliquées dans ce guide.

Le guide est accessible à tous et facile d’utilisation. Il est une bonne référence autant pour la personne qui veut débuter un blogue que celle qui travaille pour un média et qui veut augmenter son trafic et son rendement.

Pour commander le livre, par Internet aux Éditions TNT, par téléphone au (514) 256-9000 au coût de 9,95$ ou encore pour les dates des prochaines formations.

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Quoi faire contre l’intimidation et le taxage?

Ça prend tout un village pour élever un enfant

À quoi sert la prévention quand il faut intervenir?

Une marche contre l’intimidation, un policier socio-communautaire qui nous fait une conférence contre l’intimidation… et quoi d’autre?

Raymond Viger Dossiers Éducation, Taxage et intimidation, Décrochage

Qu’un jeune, pour briser le cercle vicieux de l’intimidation, décide d’organiser une marche, c’est excellent pour ce jeune. Que la ministre de l’Éducation y soit pour montrer son soutien au jeune, je veux bien. Mais il ne faut pas que ce soit la seule action sur l’agenda du ministre de l’Éducation.

Qu’un policier socio-communautaire fasse une conférence sur l’intimidation ou qu’un organisme nous présente une pièce de théâtre sur l’intimidation, grosse perte de temps. Les jeunes savent déjà trop ce qu’est l’intimidation. Ce qu’ils ne savent pas et que le policier socio-communautaire ou la pièce de théâtre ne pourra pas leur dire c’est qui va les aider vis-à-vis l’intimidation? Qui va s’impliquer? Qui va se mouiller pour eux? Une conférence ou une pièce de théâtre sur l’intimidation c’est une façon de soulager nos consciences et de pouvoir écrire dans nos rapports que nous avons fait quelque chose.

L’intimidation, une responsabilité sociale

Parce que l’intimidation ça concerne tout le monde. Le directeur d’école, les parents, l’enseignant, le conducteur d’autobus scolaire, le propriétaire du dépanneur du coin, le travailleur de rue… L’intimidateur doit comprendre qu’il est surveillé et que personne n’accepte son comportement. Où qu’il soit.

La communauté doit connaître les noms et les visages des intimidateurs de leur quartier. Les victimes doivent non seulement être protégées, mais aussi se sentir protégées.

Le message qui est lancé quand on laisse un intimidateur faire sa loi, c’est que c’est payant d’être un intimidateur. Cela motive d’autres jeunes à faire de même. Si le message que nous lançons est plus ferme, les autres jeunes se tiendront tranquilles. Parce qu’ils auront compris qu’on ne gagne pas à être un intimidateur.

Vis-à-vis l’intimidation, nous n’avons pas besoin de faire de la prévention. Il nous faut intervenir et agir. Notre action permettra de faire une prévention qui aura un sens dans la communauté.

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Breakdance: Luca Patuelli et Lazy Legz

ILLabilities, malgré les handicaps

Le breakdance sans limites

Luca Patuelli est atteint d’une maladie rare depuis l’enfance: l’arthrogrypose. Incapable de marcher, Luca a très peu de muscles dans les jambes. En 2007, Reflet de Société présentait ses rêves de conquérir le monde par le breakdance qu’il pratique sur des béquilles. Quatre ans plus tard, Luca consolide ses aspirations.

Dominic Desmarais Dossiers Break-dance, Hip-hop

lazy-legz-breakdance-danse-illabilities-break-b-boyComme nom de scène, Luca a choisi Lazy Legz. Des jambes paresseuses qui peinent à suivre la cadence imposée par la volonté du jeune homme. À 26 ans, Luca Patuelli ne déroge pas à son principe de vie qui l’a façonné: pas d’excuses, pas de limites. Ne jamais renoncer avant d’essayer. «Tout le monde peut se trouver des excuses pour ne pas affronter de défi. Pas moi. J’essaie toujours. Même si ça m’est difficile.»

Cette attitude lui a notamment permis de goûter aux joies du skateboard comme bien des jeunes, à l’adolescence. Au patinage également. «Je ne me suis pas amusé. Je tombais tout le temps. Mais au moins, j’ai essayé.» C’est pour se sentir comme les autres que Luca ne se met aucune limite. Car dès l’enfance, il ne se considère pas limité. «Je ne me suis jamais vu comme un handicapé. Jeune, je ne voulais pas être ami avec eux. Je me disais que si les gens me voyaient avec eux, ils m’associeraient à eux.»

lazy-legz-breaker-ill-matic-bequille-breakdance-breakdancing-hiphop-break-handicapAdolescent, le futur Lazy Legz s’intéresse à la danse. Aux pirouettes spectaculaires des b-boys. Contrairement au patinage, il persévère. Il vient de se trouver une passion sortie tout droit de l’impossible. De la haute voltige sur béquilles! Ses accessoires, qui lui permettent de tenir debout, deviennent le prolongement de son corps.

Luca, que rien n’arrête, ne réalise pas qu’il est limité physiquement. Sur le plancher de danse, au milieu des autres b-boys, il détonne. Ce n’est qu’à l’aube de la vingtaine qu’il prend conscience de son handicap. «J’ai accepté mon handicap grâce à la danse. Disons que c’est plus ma différence que j’ai acceptée. Mais ce n’était pas comme si je me libérais d’un poids, comme si ça m’avait affecté. Parce qu’au fond, on a tous des handicaps. On vit tous les mêmes choses.»

Compétition internationale de Breakdance

Lazylegz-luca-patuelli-breakdance-break-breakdancing-danseLazy Legz décide qu’il veut participer à la plus importante compétition de breakdance au monde à cette époque, en Californie: le Freestyle Session. Il va se mesurer aux meilleurs de la planète. C’est en 2004. Luca a 20 ans. Il n’est pas encore un danseur professionnel qui vit de son art. Il doit travailler pour s’offrir ce rêve. «J’ai payé mon billet d’avion en travaillant au Queue de Castor dans le Vieux-Port», se souvient-il en riant, les yeux illuminés, tel un gamin.

L’expérience renforce son plaisir de danser et de voyager. «À la compétition, il y avait plusieurs Canadiens parmi les inscrits. On ne se connaissait pas mais on a formé une équipe. Et on a fait partie des 16 finalistes sur 70 équipes. C’est incroyable!»

Au contact des danseurs de nationalités diverses, Luca adopte les valeurs du breakdance. La fraternité au sein de la communauté hip-hop ouvre ses horizons. Il fait des rencontres inoubliables. Ce qui l’aide à prendre conscience de son handicap sans douleur. Il se sent reconnu et épaulé par ses frères b-boys.

Partager le bonheur de la danse

lazy-legz-breaker-ill-matic-bequille-breakdance-breakdancing-hiphopLuca fait partie d’une culture qui partage ses expériences, ses valeurs. Il veut lui aussi s’impliquer. Sans trop savoir comment. Il se revoit, enfant, à l’hôpital. De longs moments passés dans sa chambre avec des visites sporadiques. «J’ai eu 16 opérations dans ma vie. J’ai passé beaucoup de temps dans les hôpitaux. Les visites de clowns, ce sont des moments dont je vais me rappeler toute ma vie. Je me suis dit que je ferais la même chose pour les jeunes.»

Il aborde de lui-même le sujet auprès de l’hôpital Shriner spécialisé dans les chirurgies pour enfants. Il propose ses services pour danser devant les jeunes patients. «Je me suis dit que si j’avais eu ça à l’hôpital, quand j’étais jeune, ça m’aurait aidé à guérir plus vite.» Les jeunes sont impressionnés de voir un «malade» virevolter avec des béquilles.

L’idée fait son chemin. Petit à petit, Luca reçoit d’autres invitations. Que ce soit dans les hôpitaux ou les  écoles, ses numéros de danse se changent en conférences de motivation sur son vécu, son approche de la vie. Sa passion pour la danse, qui lui a fait connaître les principes de la culture hip-hop, lui offre la chance de changer des vies en se racontant. Il commence à gagner un peu d’argent grâce à ces activités. Communiquer sa joie de vivre par la danse et la parole est un nouveau défi qui se présente à lui, l’homme qui raffole de se frotter à l’inconnu.

Premier obstacle, le français. Né au Québec, ayant grandi aux États-Unis où son père travaillait, Luca ne connaît du français que ce qu’on lui a transmis à la maison dans un environnement anglophone. «Je n’ai jamais fait l’école en français. À la maison, ma mère me parlait en italien, mon père en français. Je n’ai pas appris à lire et à écrire. Mais je comprends. Il fallait juste que je me pratique à parler.»

Si apprendre le français est difficile, ce n’est pas ce qui va décourager le jeune homme. Pas de limites, pas d’excuses. Par expérience, Luca sait qu’il lui faut de la patience pour arriver à communiquer dans la langue de Molière. «Moi, quand je veux quelque chose, j’y mets toute mon énergie. Si je le dis, je vais jusqu’au bout.»

Danseurs handicapés

lazy-legz-breaker-ill-matic-bequille-breakdance-breakdancing-hiphop-breakEn parcourant les évènements hip-hop du globe, Lazy Legz rencontre des spécimens rares comme lui. D’autres danseurs handicapés qui surmontent leurs limites physiques et adaptent leurs mouvements à leurs capacités. Le jeune homme, de plus en plus ouvert aux conditions de vie des jeunes handicapés, y voit une belle opportunité de réunir ces danseurs en une troupe.

En 2007, il crée ILLabilities, un groupe de 5 b-boys handicapés provenant du Chili, des États-Unis, du Canada et des Pays-Bas. Mais l’aventure commence lentement. L’éloignement de chacun limite les possibilités de tournées, de spectacles. L’organisation de ces évènements est difficile à distance. Et la troupe, qui vient à peine de naître, n’a pas encore les moyens de ses ambitions. La conquête du monde ne sera pas instantanée.

Lazy Legz, un breakdancer producteur

Luca organise tout. Il fait des démarches pour présenter des spectacles d’ILLabilities au Canada, cherche des commanditaires, loue un véhicule pour les déplacements. Il a tout à apprendre. Un autre défi à relever. Après la danse et les conférences de motivation, le voilà entrepreneur. «Financièrement, j’ai pris un gros risque. Et en plus, j’organisais tout.»

Avec la tournée canadienne, ILLabilities espère se financer pour se présenter à l’international. Le rêve de ces danseurs est de voyager grâce à leur art. En un mois et demi, ils donnent 25 spectacles. «Parfois, on faisait 3 spectacles en une journée. En 45 jours, on a fait plus de 10 000 km en voiture. C’était fou!»

Breakdance freestyle

Les retombées sont bonnes. Mais Luca est insatisfait de leur prestation. «On s’était vu 5 fois avant la tournée. Difficile de préparer un spectacle commun. On faisait du freestyle de 5 à 10 minutes chacun. Rien de plus.» L’équipe n’est pas encore soudée. Elle est trop dispersée pour passer à un niveau professionnel. Pour résoudre ce problème, Luca loue un loft à Montréal afin de rassembler la troupe. Pendant 2 mois, les 5 partenaires cogitent et assemblent leurs idées. Plutôt que de rabouter 5 parties différentes pour faire un show, ils mettent au profit du groupe leur créativité commune.

«Ensemble, en deux mois, on a monté une pièce de théâtre de 20 minutes. C’est l’histoire de nos vies. On utilise nos handicaps et la danse. Ce n’était pas évident d’harmoniser nos chorégraphies. Mais on y est parvenu. La chorégraphie est venue de chacun de nous. On a deux danseurs qui doivent rester au sol pour leurs mouvements. Il fallait que 5 différentes façons de danser puissent coexister en un tout.» Luca les fait plancher sur leur spectacle pour atteindre le désir de chaque membre. «Eux, leur rêve, c’était de voyager. C’est l’opportunité que je leur ai donnée.»

Luca leur offre beaucoup plus que la découverte de nouvelles cultures. Il leur offre de se découvrir eux-mêmes. Habitué depuis plus de 5 ans à intervenir auprès des enfants, le jeu-ne homme dirige ILLabilities dans ce sens. En plus de la pièce de théâtre, la troupe prépare des conférences de motivation. Un autre défi pour Lazy et ses protégés. «Les danseurs n’avaient jamais parlé devant les gens. Moi, je le faisais pour gagner ma vie. Les danseurs n’étaient pas conscients de l’impact qu’ils avaient sur les jeunes, sur les handicapés. Maintenant, ils savent. Ils ont compris qu’ils pouvaient porter un message. Soit d’utiliser son désavantage pour en faire sa force.»

ILLabilities, du breakdance international

Éventuellement, Luca aimerait voir ILLabilities accueillir de nouveaux membres. «Nous sommes presque les seuls au monde. Il y a 2 danseurs handicapés en France, un à Washington et un autre en Suède. Mais si on est plus, ça signifie moins d’opportunités pour chacun.» ILLabilities n’est pas encore assez solide pour penser s’agrandir. Mais la troupe respecte son rêve: voyager. Ils ont pris l’avion pour des tournées au Japon, en Corée, en France, aux États-Unis et au Canada. En parallèle, Lazy Legz a poursuivi des rêves personnels qui l’ont mené en Europe, en Asie et en Amérique du Sud. À l’automne, il ajoutera la Russie à sa collection de visas.

«Je viens de signer un contrat avec une compagnie française de danse contemporaine mêlée avec le hip-hop. Je vais être en tournée avec eux pendant un an. Avec la possibilité de participer à des évènements avec ILLabilities.» Luca pense au B-Boy week, aux Pays-Bas, qui aura lieu à l’automne. Pendant une semaine, les 5 danseurs vont se fondre avec 10 000 autres danseurs dans un petit village près de Rotterdam. «Aujourd’hui, c’est devenu le plus gros évènement b-boy au monde.»

Marcher pour la cause

Luca pourrait se contenter de rejoindre les jeunes et les handicapés à travers ILLabilities et conserver du temps pour lui. Mais en vieillissant, il a pris conscience de l’impact qu’il a sur les gens lors de ses conférences. Il reconnaît que ceux et celles qu’il rencontre ont aussi un impact sur lui. Chacun sert de source de motivation.

L’an dernier, il a marché 1 km pour les enfants aux prises avec la même maladie que lui, l’arthrogrypose. Une marche sans accessoire. Pas de béquilles ni d’orthèse. «Ça m’a pris 55 minutes, l’an passé. Et je suis tombé 55 fois! Cette année, toujours pour la même cause, je vais essayer 2 km. Je m’entraîne. Je marche, je m’étire beaucoup. Et je danse. Même si je ne suis pas actif des jambes. Le breakdance me garde en forme. Ce qui me permet d’avoir plus d’énergie pour marcher.»

Un corps fatigué

Enfant, Luca ne connaissait pas le sens du mot limite. Il ne se voyait pas comme un handicapé. La sagesse, les expériences de la vie et un corps pour qui il a été trop exigeant lui donnent un nouveau regard plus nuancé.

Il y a quelques années, lors d’une compétition relevée, Lazy s’est cassé la jambe. «J’ai vu que j’avais des limites. Avant, je n’en avais pas. Je ne connaissais pas la peur. Quand je me suis fracturé la jambe, j’ai commencé à avoir peur. Il a fallu que je la combatte, que je l’affronte. Ce qui m’a aidé à trouver de nouveaux mouvements pour danser, à mieux respecter mon corps.»

Le nombre incalculable d’heures passées à pratiquer le breakdance ont laissé des marques. Luca a des tendinites aux deux bras. Son attitude s’adoucit. «Plus jeune, les escaliers ne me dérangeaient pas. Là, je préfère prendre l’ascenseur pour ne pas faire souffrir mes bras pour rien. Montréal, ce n’est pas évident pour un handicapé. C’est tout un défi. Les boîtes de nuit et la majorité des métros sont difficilement accessibles. Mais bon, New York et Paris, ce n’est pas mieux.»

Si sa condition physique lui fait réaliser les difficultés pour un handicapé de s’intégrer à la vie quotidienne de la ville, son contact avec des handicapés suffit à lui ouvrir les yeux sur leur mise à l’écart. Les jeunes qu’il rencontre dans des écoles spécialisées ou dans les hôpitaux n’ont jamais pu s’offrir un vrai spectacle de breakdance. Luca voulait leur faire ce cadeau. «J’ai organisé une compétition. J’avais invité certains des meilleurs danseurs au monde. J’ai cherché pendant deux mois des locaux accessibles aux enfants handicapés. Je n’ai rien trouvé. J’ai loué le Club Soda car au moins, leurs toilettes sont au premier étage. Et j’ai loué une rampe d’accès.»

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Jeunes à l’école vs intimidation et agressions

Une mère témoigne sur l’intimidation de sa fille

Jeune, intimidation et agressions

Suite à mon billet sur l’intimidation et les agressions des jeunes à l’école, Nathalie, une mère de famille nous livre ce témoignage touchant.

Nathalie Dossier Taxage et intimidation

En tant que parent, le sujet de l’intimidation me fait revivre beaucoup d’émotions. Ma fille a, elle aussi, vécu l’intimidation. Une de plus parmi tant d’autres. C’est triste car les jeunes gardent le silence. Par peur des représailles, ils ne s’ouvrent pas.

Le changement de comportement de ma fille m’a fait douter que quelque chose n’allait pas. En la questionnant, elle a fini par me raconter ce qu’elle vivait tous les jours à l’école. J’en avais des frissons! Je me disais que c’était impossible tout ce qu’elle a vécu.

Pour le diner, je lui donnais des sous. Elle mangeait dans les toilettes. Ne pas être au courant au moment où elle le vivait m’a mise en colère. C’était douloureux d’apprendre tout ce qu’elle a subit en silence.

Un dimanche soir, je l’ai vu angoissé dans son lit. J’ai parlé avec elle pour découvrir que l’angoisse qu’elle vivait provenait du fait que le lendemain elle devait aller à l’école le lendemain et qu’elle savait ce qu’il l’attendait. Je lui ai dit que c’est assez et que ça doit finir! Demain, tu restes à la maison. Je m’occupe du reste.

Le lendemain matin, je téléphone à la direction de l’école et leur dit  que je garde ma fille à la maison car elle y est plus en sécurité qu’à l’école. La directrice répond:

Mais voyons madame, vous n’avez pas le droit de garder votre fille à la maison. Si vous faites cela je vais devoir faire une plainte à la DPJ.

Je lui ai dit que si elle n’avait rien d’autre à proposer, qu’elle la fasse sa plainte à la DPJ. Au bout d’une semaine, je reçois l’appel de la DPJ. Après leur avoir expliqué tout ce que ma fille subissait, il ne savait plus quoi me dire. Il m’a dit:

Écoutez madame , laissez nous une semaine de réflexion à savoir ce que nous allons décidé pour votre fille et on vous revient avec NOTRE décision.

La semaine suivante, la DPJ me rappelle pour me dire que, finalement, le mieux sera de garder ma fille à la maison mais que, malheureusement, elle ne sera pas scolarisée.

Peut-on accepter que ce soit nos jeunes qui écopent et non pas les intimidateurs? Le système est malade. Il n’y a pas de justice. Pendant que les parents se battent pour encourager leurs enfants à aller à l’école, à leur dire qu’ils sont de bonnes personnes… voilà ce que la DPJ nous offre comme solution! L’estime de soi et leur confiance en mangent un coup.

Pour les parents qui on perdus leurs enfants par suicide, ça me bouleverse terriblement. Je peux comprendre leur mal et leur frustration. Il faut AGIR ET VITE. Il faut que les gens CHANGENT et comprennent que l’intimidation peut DÉTRUIRE un être humain.

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Autre texte sur le Taxage et intimidation

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Les causes et conséquences de l’anorexie et l’anorexie mentale

Troubles de l’alimentation

Survivre à l’enfer de l’anorexie

Certaines maladies sont taboues, minimisées. J’ai connu l’enfer de l’anorexie, et la première étape de ma guérison a été d’admettre que j’étais malade, et d’accepter que je n’y étais pour rien. Mon histoire reflète celle de tant d’autres…

Laure Bidal   Dossier Anorexie

anorexie-diete-maigrir-se-faire-vomir-regime-anorexiqueJe me souviens très bien de la semaine où le retour en arrière n’a plus été possible. J’avais 17 ans. Brillante élève, j’étais en filière scientifique au secondaire «parce que ça ouvre toutes les portes.» Tu parles… Je détestais ça, moi qui, dans mon enfance, avais toujours un bouquin à la main et la tête dans les nuages.

C’était la fin des grandes vacances. Mes parents et mon frère étaient partis en vacance. J’avais déjà un peu maigri, je veillais à mon poids, je ne sais pas vraiment pourquoi.

Malgré la présence de mon chum et de mes copines, je me sentais seule, dans cette maison. J’aurais pu m’amuser, mais une grande vague de culpabilité est venue surveiller chacun de mes pas. La maladie a pris le contrôle de mon être et j’ai pris le contrôle de tout… surtout de ce que je mangeais. Tout ce qui m’échappait m’angoissait.

Descente vertigineuse

anorexique-anorexie-diete-regime-maigrir-se-faire-vomirJe maigrissais à vue d’œil. J’en étais satisfaite. On me complimentait… au début. Mes parents sont rentrés de vacances. C’était trop tard. Je savais que quelque chose s’était produit en si peu de temps… Leur présence aurait-elle changé quelque chose? Ma mère a tout de suite vu que j’avais changé. La rentrée scolaire est arrivée, et je suis descendue droit vers l’enfer, en quelques semaines. Je suis rentrée dans ma bulle. J’ai quitté mon chum, Ugo, qui m’encombrait dans ma quête de pureté, et de perfection. C’est lui qui est le premier à m’avoir balancé le mot «anorexie» en me ramenant chez moi.

À l’heure où l’on devient adulte, je redevenais enfant. Je quittais mon corps. Pour rien au monde, je n’aurais échangé cette silhouette de fantôme. Je ne mangeais rien. Juste de quoi tenir debout.

Mes amies étaient désemparées. Ma mère hurlait, pleurait à me voir dépérir. Je gardais un sourire triste. «Tout allait bien.» Je refusais de mettre le mot «malade». Je refusais d’admettre qu’il y avait un problème. Je me nourrissais de l’ivresse des chiffres qui s’envolent sur la balance. J’exultais à sentir mon ventre vide.

Premier séjour en clinique

À y réfléchir, ces quelques mois n’ont pas existé. Un rêve, une chimère. Jusqu’à ce que j’obtienne ce que je cherchais tout en le fuyant: l’hospitalisation. J’avais perdu plus de 35 livres en trois mois. J’ai atterri dans une unité psychiatrique réservée aux adolescents, toutes pathologies confondues. Le choc a été rude. Certains hurlaient, d’autres se scarifiaient. Ce monde, je ne le connaissais pas, moi qui venais d’un milieu plutôt favorisé, moi qui avais toujours été «l’enfant épanouie».

J’ai passé quatre mois là-bas, à me plier aux activités, au rythme hospitalier, pendant que les autres personnes de mon âge allaient à l’école et faisaient la fête, le week-end. Le principe était simple: je devais atteindre 106 livres pour avoir le droit de sortir. Alors je les ai repris. Je clamais à qui voulait l’entendre que j’avais compris la leçon, que la vie valait la peine, que je me sentais guérie. C’est ce qu’on attendait de moi. Au fond, je gardais cette fascination pour la maigreur, et ce dégoût pour la chair.

Je suis sortie au printemps. La veille de ma majorité. Tout de suite, ç’a été la crise. Je suis retournée en cours. Je m’y suis sentie si mal que j’ai arrêté. C’était l’année du bac.  J’allais le louper. Moi, la bonne élève. Je suis allée à certaines soirées arrosées, je ne pouvais rien boire à cause des calories. Mon cerveau était une calculette à calories. Ma vie n’avait plus aucun intérêt, si ce n’était de calculer.

Parents délateurs

Je passais mes journées à pleurer. Maigrir davantage. Me déchirer avec mes parents. Me taper la tête contre les murs. Vouloir mourir et en avoir peur en même temps. Je prenais pension chez mes grands-parents, ou chez des amis de la famille. Je m’étais mis en tête que tout était de la faute de ma mère. Je la détestais. Et je l’aimais si fort… trop fort. Je lui disais que j’allais mourir, pour tout le poids qu’elle avait posé sur mes épaules depuis ma naissance.

L’été est arrivé, j’avais un job dans une banque. Un jour, un psychiatre m’a appelé. Il travaillait à 300 kilomètres de chez moi. Il m’a simplement demandé «Ne pensez-vous pas que le temps est venu d’arrêter tout ça?» J’ai pesté contre mes parents, les délateurs. Je lui ai dit que je n’avais aucune envie de lui parler, j’ai raccroché. C’est lui qui allait m’aider à me sauver.

Un jour de la fin juin, j’ai dû me rendre chez mon médecin traitant, obligée par ma mère. Le médecin a poussé un cri d’horreur. Je pesais 77 livres, ma tension artérielle et mon pouls étaient si bas qu’elle m’a envoyée aux urgences. J’y ai passé une nuit, on m’a injectée toutes sortes de substances pour guérir mon coeur. Je me suis sentie tellement humiliée. J’avais l’impression de n’être rien, tellement rien…

«Mais pourquoi un tel entêtement?», me demanderez-vous. Voilà le cœur du problème. Je n’avais pas choisi. Cela me surpassait. C’est un cercle vicieux. Combien de fois ai-je décidé que tout était fini, que ça n’était pas sorcier de manger? Mais la maladie fait culpabiliser à chaque bouchée, elle associe toute nourriture à du poison. La volonté ne peut pas grand-chose face à elle. En face des personnes, filles ou garçons d’ailleurs, c’est l’incompréhension.

Par exemple, pour mes grands-parents, tous anciens paysans, et ayant connu la guerre, il était inconcevable, peut-être immoral, que je refuse cette nourriture dont ils ont parfois manquée. Ou encore, la douleur qu’a ressentie ma mère, qui ne parvenait pas à nourrir son propre enfant.

Et c’est reparti…

L’été de mes 18 ans, malgré mes «efforts», je me retrouvais à l’hôpital. Celui des adultes cette fois, dans le service de ce médecin qui m’avait appelée, à des centaines de kilomètres de chez moi. J’étais tellement faible… Je me suis résignée. J’ai été enfermée dans cette chambre lugubre, sans visites, sans courrier. Les plateaux repas partaient aussi pleins qu’ils entraient. Le médecin ne me forçait pas. Moi, j’étais désespérée, j’avais du mal à respirer, comme abrutie, incapable de tenir une conversation. Je voulais m’enfuir, mais je savais que ça ne me mènerait nulle part.

Mon amour propre? Envolé. Je n’étais personne. Je voulais ma mère. Avoir du courrier, ç’a été ma seule motivation au début, c’était la «carotte» pour reprendre du poids. J’y suis arrivée. Puis, j’ai franchi les étapes, une par une. Le droit de téléphoner, une visite, une sortie… Je devais réapprendre à vivre petit à petit.

Mon médecin m’a parlé de retourner en cours, quelques mois après mon entrée à l’hôpital. Je refusais. Je crevais de peur. Au début de l’hiver, j’ai puisé dans mes réserves de courage, et j’ai repris les cours dans un lycée que je ne connaissais pas, dans une ville que je ne connaissais pas. J’avais des activités à l’hôpital de jour. J’y ai fait des rencontres formidables, des personnes qui avaient eu une histoire similaire à la mienne. On pratiquait l’autodérision entre nous. Certaines sont restées mes amies bien après.

À ma sortie, je suis restée proche de l’hôpital. J’ai pris une chambre, j’étais indépendante. Tout n’a pas été parfait, mais j’ai fait mon petit bonhomme de chemin, loin de chez moi, j’ai affronté toutes mes peurs. J’ai eu mon bac, et je suis entrée dans la vie d’adulte. Pourtant, les crises d’angoisse qui sont apparues au début de ma maladie, ne m’ont jamais quittée.

Le maladie du siècle

Je pense que l’anorexie est un de ces «maux du siècle», comme on les appelle, de ces maladies propices à se développer dans nos sociétés actuelles. Sous l’abondance, le refus. Sous la pression de la réussite, le déni le plus total de son corps, de son être, le retour vers une enfance depuis longtemps finie.

Il est inutile de juger, comme les gens ont souvent tendance à le faire. Il s’agit d’une maladie qui n’a rien de «glamour». On perd ses cheveux, sa libido et son goût pour la vie. Des poils poussent, et l’on a froid lorsque tout le monde a chaud. Certaines femmes traversent leur vie entière dans ce néant. Étrangement, les anorexiques ne voient pas leur maigreur, même lorsqu’elle est effrayante. Cela s’appelle le dysmorphophobie.

L’anorexie, un mal pervers

On m’a dit un jour «c’est la maladie amie ennemie.» Malgré tout ce qu’elle fait souffrir, il est difficile de la laisser s’échapper, d’en faire son deuil. J’imagine que c’est le cas pour n’importe quelle dépendance. L’alcool, la drogue… le jeûne.

Aujourd’hui, j’ai 21 ans et ça va mieux. Ouais… Je n’ai toujours pas un rapport serein avec la nourriture, avec le plaisir, et j’ai toujours régulièrement ces bonnes vieilles crises d’angoisses incontrôlables. Mais, je sais à présent tenir la maladie à distance, et appeler à l’aide. Je me demande encore si je risque à nouveau quelque chose. J’ai retrouvé une vie, je fais des études dans le journalisme. Ça me va mieux que les sciences.

J’ai mis à distance ma mère, et j’ai un amoureux. Il supporte mes côtés sombres, il m’a fait comprendre qu’un talon d’Achille, on en a tous un. J’ai apprivoisé le mien, en attendant que le chevalier noir s’en aille pour de bon.

VOS COMMENTAIRES SUR Anorexie et anorexie mentale; causes et conséquences

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