A la croisée de 2 buzz

Toxicomanie

Toxicomane à 10 ans

Dans son habit de danseur hip-hop, Kenhell, 32 ans, est venu avec sa compagne Nikou, son ange. Après 20 ans de consommation, 16 thérapies et une sacrée dose de persévérance, il voit le bout du tunnel. C’est la musique qui l’a sauvé.

Lucie Barras           Dossier Drogue

drogue toxicomanie thérapie toxicomane junkie sevrage dépendance consommation«J’avais 10 ans lorsque j’ai touché à la drogue pour la première fois. J’ai pris des champignons hallucinogènes avec des amis. J’y ai pris tant de plaisir! Mais, mon premier contact avec la drogue, j’avais 3 ans. Ma mère m’a fait garder par des personnes qui consommaient du cannabis. J’ai cru, ce jour-là, qu’elle m’abandonnait. J’ai arrêté de manger et de dormir. Je suis devenu hyperactif.»

À trois ans, une rage s’empare de Kenhell. En grandissant, il la canalise en jouant de la batterie. Mais ses parents ne veulent pas en entendre parler. Très vite, la musique ne lui suffit plus. À l’entrée dans l’adolescence, il se tourne vers la drogue, pour combler le manque.

Drogues et suicide

«J’ai commencé avec du cannabis. Un ou deux ans plus tard, je suis passé à la cocaïne. Ça a été le coup de foudre. J’y ai trouvé mon calme. La coke apaisait mes angoisses et mon hyperactivité. À cette époque, je réussissais, j’avais ce que je croyais être des amis. J’étais loin d’être conscient de ma dépendance. Comment la drogue aurait-elle pu m’arrêter? En même temps, mes idées suicidaires faisaient leur chemin, tranquillement. Je voulais vivre ma vie à fond, et la terminer à fond.»

«À quinze ans, ma famille tentait d’avoir un peu d’autorité sur moi. Je ne voulais rien écouter. J’ai perdu la tête. J’ai fini en centre d’accueil pour voie de fait contre mes parents et vente de stupéfiants. Puis, on m’a envoyé en centre de thérapie. J’y ai fait une tentative de suicide.»

À sa sortie, Kenhell rencontre le groupe de punk rock Impact. «J’avais une faible estime de moi, ils m’ont donné ma chance. Impact m’a fait comprendre que la musique pouvait devenir un métier et me sauver la vie. Mais entre temps, j’avais remis le nez dans la drogue.

Les mêmes amis m’attendaient à la sortie… Je sentais la pression de mes parents. Ils voulaient que je gagne ma vie. Je ne voyais pas d’autre option que vendre. Le jour de mes 16 ans, je suis allé voir le directeur de mon école pour lui demander à combien s’élevait son salaire. Il gagnait autant que moi avec mon deal. Je lui ai dit adieu.»

Kenhell poursuit ses activités musicales. Il se tourne vers les drogues dures. Le crack et l’héroïne, surtout. «J’ai commencé à fuguer pour éviter mes parents et la police. Je partais pendant des mois. Je revenais seulement pour me laver et manger lorsque tout le monde était au travail. Je dormais à droite, à gauche, dans des squats ou chez des compagnons de trips

Psychose et prison

Un soir, Kenhell voit la police débarquer dans l’immeuble où il se trouve avec des amis. Il a sur lui une grosse quantité de drogues. La police vient pour les autres mais Kenhell ne le sait pas. Pris au piège, il consomme tout, one shot… et fait une psychose.

Il a 20 ans. C’est un choc, pour Kenhell qui perd ses repères, pour ses proches également, qui perdent confiance en lui. «On me croyait fou. Les membres de mes groupes de musique sont devenus suspicieux. Alien Fœtus, pour qui je jouais, m’a fait porter le chapeau d’un vol de guitare qui n’avait en fait jamais été volée, elle a été retrouvée par la suite. J’ai voulu me défendre. J’y ai été un peu trop fort. L’un des membres du groupe a porté plainte. Il m’accusait de cannibalisme pour une morsure. J’ai atterri en prison, pour voie de fait aggravé. La drogue m’avait rendu psychiquement vulnérable. Je n’avais pas la force de comprendre ce qui m’arrivait, encore moins de me défendre. Le juge a réalisé que j’étais intoxiqué, il m’a envoyé en thérapie. J’en étais déjà à ma huitième.»

À sa sortie, Kenhell est sobre. Et seul. Alors qu’il cherche un job, il est engagé comme DJ dans un club de danseuses. Un univers sombre. Il retombe subtilement dans les stupéfiants, la vente de coke, d’ecstasy, de speed ou encore du viagra. «J’étais un bon DJ. On m’a offert plus de travail, un plus gros salaire, et plus de responsabilités. Je n’ai pas supporté cette pression.»

Un pied dans la tombe

Kenhell a 22 ans. Il fait la rencontre du groupe Whisper et commence une double vie, entre les clubs et le groupe. «Jouer avec eux aurait pu me sauver. Mais j’avais déjà un pied dans la tombe. Je ne pouvais plus faire marche arrière.»

Un jour, alors qu’il rentre d’une fugue, il retrouve la maison familiale vendue. Ses parents, endettés, ne pouvaient plus faire tourner leurs 3 commerces. «J’étais déraciné. Je m’étais toujours vu reprendre cette bâtisse plus tard. Je ne suis pas le seul à ne pas l’avoir supporté. En un an, ma famille s’est effondrée. Ma mère est partie.

«Deux loyers et des dettes sont retombés sur mes épaules. J’ai dû vendre le dépanneur familial pour un prix infime. Je me suis retrouvé à la rue. Je travaillais comme aide-cuisinier, dormais sur les terrasses des restaurants que mes patrons avaient la gentillesse de chauffer par grands froids. Ils savaient que j’étais shooté. Mais, je faisais mon boulot. Je travaillais uniquement pour ma consommation de drogue, et ce jusqu’à épuisement.»

Peu après le décès de son père, le chanteur de Whisper et ami de Kenhell meurt subitement. «J’ai pleuré de toutes les larmes de mon corps. Ça m’a désinfecté. C’est comme si après ce chagrin, la drogue ne me satisfaisait plus. La dépression était trop forte.

Je suis allé en thérapie, de mon plein gré cette fois. À reculons, certes, mais je l’avais promis à cet ami. J’espérais y trouver un peu de sécurité aussi. Enfermé, j’ai commencé l’écriture de ce qui allait devenir mon album solo.»

À l’issue de cette thérapie, Kenhell trouve une certaine stabilité. Il continue ses activités de DJ et de vendeur. Plusieurs années passent, il entre comme chanteur dans le groupe de hip-hop Addiktion.

«En deux jours, quatre de mes amis ont perdu la vie dans un accident de voiture. Et mon ami de toujours s’est suicidé. Il était bassiste pour le groupe Arqueslange, comme nos noms de famille: Arbour, Quesnel, Bélanger. Je lui avais présenté sa femme. C’est sa fille de quatre ans qui l’a retrouvé. J’ai pleuré trois jours sans m’arrêter. J’en avais le visage noir. Cette peine m’a fait renaître. Kenhell allait être mon nom, je devenais moi-même. Je ne voulais plus entendre parler de suicide.»

L’album d’une vie

Il y a un an, il rencontre Nikou dans un bar-restaurant. Elle va lui redonner confiance, le pousser à aller au bout de son projet: l’album solo. «Avant, les questions d’argent, de droits, me décourageaient. Mais ça y’est, il est bel et bien sorti. Le double album que j’avais imaginé est devenu deux albums distincts. J’y ai tout mêlé. Mon côté sombre et mon côté clair, mon côté métal et mon côté reggæ, mon côté hip-hop et ma part plus sentimentale.»

Le premier album, Légitime démence, est en vente depuis juin 2010. Plusieurs artistes y ont collaboré: Fatal, Bumperman, Arabouish d’Alien Fœtus, Morin de V-ztoars, Critical Raf, Leaving for LA ou encore le groupe de Kenhell Ogotaï.

Lutte quotidienne

Kenhell n’a pas touché à la drogue depuis plusieurs mois. Son combat, il le mène «un jour à la fois». Il est bénévole pour les Émotifs, Narcotiques et Alcooliques Anonymes. À côté de sa carrière solo, il enseigne la batterie. Il est également batteur pour le groupe de rock progressif V-Ztors qui produit son 1er album, et  DJ… pour les évènements seulement.

«Pour évacuer ma rage, j’avais le choix entre les trois T: la tombe, la tôle ou la thérapie. J’ai choisi. Mon deuxième album porte un message pour les découragés. Il est dédié à ceux qui ont des problèmes de dépendances.

«Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide. Aux services anonymes, aux structures médicales, et même à Dieu. Il faut s’accrocher à un but, y aller petit pas par petit pas. On peut juste rencontrer un ange.»

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Autres textes sur Toxicomanie

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Chateau Frontenac et Robert Mecure

Patrimoine et street art

Un choc des cultures

Qui a laissé entrer le graffiti dans les murs du Château Frontenac? Robert Mercure!

Raymond Viger           Dossiers Graffiti, Porte-folio, Murales, Vidéos, Hip-hop

chateau frontenac street art graffiti monk-e1 graffiteur exposition culture urbaineLes rênes du Château Frontenac sont entre les mains de Robert Mercure. Il a été élevé dans des hôtels, autant en français qu’en anglais, au Québec et aux États-Unis. Ses parents possédaient 3 hôtels, à Granby, à Arlington dans l’État de New York et à Cornwall en Ontario. Robert Mercure est de la 4e génération d’hôtelier.

Jeune, Mercure apprend le métier dans les hôtels des grands centres internationaux: Boston, Toronto, Washington, Monte-Carlo… À Montréal, il dirige le Reine Élisabeth. Une feuille de route impressionnante qui aurait pu l’amener n’importe où sur la planète.

Le Château Frontenac

château frontenac vernissage graffiti mercure monk-e1 Hubert therrienMais le rêve que caresse Robert Mercure est de diriger le Château Frontenac à Québec. Depuis cinq ans, son rêve est devenu réalité. Et sous aucune considération, il ne voudrait quitter Québec. Il est à Québec pour y rester et pour vendre le Château Frontenac aux Québécois et à l’étranger.

«Le Château Frontenac, c’est plus qu’un hôtel. C’est une icône culturelle très impliquée dans la ville de Québec, autant pour le volet social que culturel.

Quand nous avons rénové le toit du Château Frontenac, nous avons remis le cuivre au regroupement d’artistes Unis Vers l’Art pour en faire une exposition à partir de matériaux récupérés.»

«La culture et les artistes du Québec m’intriguent. J’adore le processus de créativité. Je cherche comment je peux soutenir la culture québécoise. Et cela fait partie des traditions du Château Frontenac. Tous les artistes exposés ici, même ceux d’il y a 200 ans, sont du Québec.»

Le street art fait son entrée au Château

Hubert Therrien exposition Contrastes urbains Château Frontenac«Quand Hubert m’a présenté son projet, j’ai immédiatement compris la perception négative et le manque d’appréciation envers les artistes et l’art urbain. Je trouvais important de soutenir ce projet, surtout qu’il présentait de jeunes artistes, un excellent contraste entre les styles classique et moderne. Quand c’est fait avec goût, cela crée une intéressante synergie», souligne le directeur du Château. «Le projet est une relation gagnante autant pour les artistes urbains que pour le Château. L’exposition attire des médias dans un château classique pour montrer de jeunes artistes de grand talent.»

«Le personnel de l’hôtel a été consulté avant que je prenne la décision finale. Ils étaient tous très positifs envers ce projet qui sort du moule. Et lors de l’exposition, les clients de l’hôtel ont été positivement intrigués.»

Lors du vernissage, le jeune artiste et producteur Hubert Therrien remercie Robert Mercure pour l’hospitalité que les artistes urbains ont reçue de la part du Château Frontenac. Le directeur de l’hôtel prend le micro pour féliciter les artistes, mais surtout, pour faire une annonce que même Hubert Therrien n’aurait pu imaginer quelques minutes avant.

Le street art reviendra au Château Frontenac

«Les galeries d’art, c’est difficile. Il faut soutenir les jeunes qui sont l’avenir et garder une ouverture vers leur devenir professionnel. Nous avons commencé quelque chose qui a encore plus de potentiel. Nous en ferons un événement annuel.

«C’est primordial que les leaders, les parents et les gens établis soutiennent les jeunes. C’est notre responsabilité d’essayer de comprendre. Nous, comme jeunes, nous avons eu les mêmes problèmes. Nos parents ne comprenaient pas notre côté rebelle. Il y a une énergie à canaliser positivement.»

Une rencontre énergisante avec le directeur d’un Château qui a un regard jeune, novateur et frais sur la jeunesse.

Un directeur qui veut autant changer la perception de certains Québécois envers le Château Frontenac que la perception à l’égard des jeunes artistes. Robert Mercure est un agent de changement.

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Autres textes sur le Graffiti

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Blog: bien référencer ses photos

Comment bien référencer ses photographies

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Vous voulez que les internautes puissent voir vos photographies. Mais vous voulez aussi que les internautes demeurent sur votre site pour vous donner la reconnaissance que vous méritez.

Raymond Viger  Dossier référencement

Si vous ne faites que placer une photo dans le texte, lorsque les internautes vont cliquer dessus ils verront la photo pleine page. Vous pouvez cependant en profiter pour rediriger les internautes vers un endroit plus stratégique pour augmenter la navigabilité.

Pour se faire, placer un hyperlien sur la photo vers une destination pertinente et complémentaire à la photo. N’oubliez pas de donner un titre et de placer des mots-clés sur votre photo.

De plus, vous avez le choix de faire ouvrir une nouvelle fenêtre ou de garder l’internaute sur la même page en cliquant sur la photo. C’est un choix éditorial que vous aurez à faire. Ce qui est important c’est d’être cohérent dans votre choix et de conserver toujours la même pratique.

Certains blogueurs n’aiment pas subir l’ouverture d’une nouvelle fenêtre. Stratégiquement, il peut cependant arriver qu’il soit préférable de le faire.

Titre d’une photo

Les internautes peuvent faire une recherche pour un mot clé mais aussi pour trouver des images qui correspondent à un mot clé. Il ne faut pas négliger le trafic qui provient de la recherche d’une photo.

Vos pires ennemis en ce qui concernent le titre et le référencement d’une photo sont les photographes et les infographes (je viens encore une fois de me faire quelques ennemis!). Non pas par méchanceté ou pour le plaisir de saboter votre travail en référencement naturel mais par obligation d’archiver la grande quantité de photos qu’ils procèdent.

Si vous recevez une photo qui a pour titre : 130111zga23B, fort peu probable qu’un internaute tente de faire une recherche sur un tel titre. Pour le classement du photographe il était peut-être important de connaître la date, qu’il a utilisé un zoom grand angle pour le 2e contrat du client numéro 23. Pour vous, toutes cette série de chiffre est complètement inutile.

Vous aurez donc à rebaptiser votre photo en fonction du billet dans lequel vous voulez l’insérer. Et si vous utiliser la même photo pour deux billets différents, vous devriez avoir deux titres différents.

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Autres textes sur les techniques de référencement

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La chute d’un billet par ses termes techniques

Vulgarisation et navigabilité

Être vu et être lu

Raymond Viger  Dossier référencement

Il peut arriver que dans certains billets nous utilisions des termes qui ont besoin d’être défini, des lieux géographiques où l’on voudrait présenter une carte ou des tableaux secondaires.

Nous aurons le choix entre les intégrer dans le billet ou encore de faire une page indépendante pour présenter les définitions qui nécessitent beaucoup d’explications.

Ces pages pourront éventuellement être regroupées dans le glossaire de votre blogue, vous permettant, à chaque fois que nécessaire, d’y faire un hyperlien pour une meilleure compréhension des internautes.

Il faut garder en tête la lisibilité de votre billet et sa navigabilité. Trop d’informations dans le même billet peut le rendre lourd et pénible à lire. Et si les informations complémentaires ne sont pas facilement accessibles, les internautes vont se désintéresser et décrocher.

La chute

Quand l’internaute a terminé de lire votre billet, il faut le diriger quelque part. Vous pouvez l’inviter à lire un autre billet pertinent et cohérent à celui qu’il vient de lire ou encore lui proposer des catégories similaires ou complémentaires à celles du billet. Cela permet d’augmenter le nombre de billets lus par un internaute et tenter de le fidéliser.

N’oubliez pas qu’une grande parti de vos visiteurs arrivent sur votre blogue, référé par un moteur de recherche. Ils arrivent possiblement sur un de vos vieux billets sans vous connaître et sans savoir que vous avez possiblement d’autres billets sur le même thème qui pourraient les intéresser. Invitez-le à continuer sa visite de votre blogue.

VOS COMMENTAIRES SUR Termes techniques et la chute d’un billet pour un bon référencement

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Street art et graffiti au Château Frontenac

Le graffiti fait son entrée dans l’histoire

Hubert Therrien Jeune artiste et producteur

En juillet dernier, l’exposition «Contrastes urbains» présentait des artistes urbains au Château Frontenac. Dans un contexte de respect et d’ouverture d’esprit, Hubert Therrien a permis aux visiteurs d’admirer ces œuvres hors de la rue. Un projet pour susciter le partage et promouvoir la différence.

Raymond Viger              Dossiers Graffiti, Porte-folio, Murales, VidéosHip-hop

château frontenac vernissage graffiti mercure monk-e1 Hubert therrienÀ 30 ans, je me considère plus comme un artiste urbain, qu’un graffiteur ou qu’un artiste du street art. J’ai été inspiré par le graffiti. Je ne veux pas voler le mérite des artistes que je respecte beaucoup et qui peignent dans la rue, les artistes du street art et les graffiteurs. Le graffiti fait partie de mon parcours artistique, comme l’aérographe, l’illustration et les murales.

Pourquoi exposer au Château Frontenac?

Je cherchais une galerie qui pourrait bien me représenter à Québec. Je me suis rendu compte que les galeristes de Québec boudent les artistes en art urbain, autant le graffiti que le street art.

Une seule galerie à Québec expose des artistes en art urbain. Mais elle n’est pas située dans un quartier touristique. Elle s’adresse à des gens déjà initiés mais pas forcément à des collectionneurs.

Les galeristes de Québec n’ont pas autant l’engouement pour la culture urbaine que ceux de New York, Paris, Los Angeles ou Londres.

Je voulais faire un pied de nez aux marchands et aux amateurs d’art qui nous ignorent volontairement. Je voulais leur montrer qu’à Québec il y a des artistes différents, actifs et talentueux. Des artistes qui sont présents et là pour rester.

Je voulais trouver un lieu pour sortir l’art urbain de son contexte et montrer que les artistes de l’underground sont organisés et sérieux dans leur démarche. Je ne souhaitais pas exposer dans un endroit isolé des touristes. Je voulais une exposition avec de grands tableaux. Les lieux que je trouvais avaient des plafonds trop bas et manquaient d’espace.

Je n’étais pas chaud à l’idée d’exposer dans un bar. C’est pourquoi le Château Frontenac était tout à propos.

Le Château Frontenac

chateau frontenac street art graffiti monk-e1 graffiteur exposition culture urbaineJ’ai eu plusieurs collaborations avec le directeur du Château, M. Mercure. J’ai fait plusieurs commandes d’illustrations. J’ai continué de lui apporter des dossiers et des soumissions pour garder contact, faire valoir mes projets.

Le directeur des opérations du Château a vu une toile que je livrais à un des employés. Après l’avoir bien examinée, il m’a lancé: «Ça pourrait être une bonne idée de faire une exposition dans un de nos salons».

Une proposition très vague, mais une porte venait de s’ouvrir. C’était maintenant à moi de la saisir. Le Château devenait l’opportunité rêvée pour faire un contraste avec l’art urbain.

Je ne voulais pas tester la limite minimale de l’institution mais plutôt sa limite maximale. C’est pourquoi je devais arriver avec un dossier complet, un projet clé en main.

Quand j’ai présenté le dossier à M. Mercure, il a embarqué dans le projet. Je ne savais pas dans quoi j’embarquais.

Personne n’allait faire le travail pour moi. Je devais m’occuper de tout. Une belle expérience qui m’en a fait encore apprendre sur moi.

Vernissage

Hubert Therrien exposition Contrastes urbains Château FrontenacJ’ai adoré devoir négocier avec des situations de dernières minutes, la logistique de l’improbable. Trouver des solutions rapides et efficaces.

Avec plusieurs artistes français, la logistique et la recherche de commandite ont nécessité beaucoup de travail.

Lorsque Stéphane Vignal a confirmé qu’il payait ses dépenses pour faire partie de l’exposition, je ne pouvais plus l’annuler. Ça m’a obligé à continuer. Je n’avais plus le choix de foncer.

Stéphane  a réalisé l’affiche de l’exposition à partir de ses locaux en France. Pas facile de travailler avec un graphiste qui n’a pas le même fuseau horaire! Quand je voulais faire un changement sur la maquette, Stéphane voyait le soir ma demande. Il me questionnait ou me faisait des propositions le lendemain, ce que je ne pouvais voir que le surlendemain!

Perception envers le street art

hubert therrien chateau frontenac graffiti street artM. Mercure avait mis sa confiance en moi. Mais il n’y avait pas nécessairement consensus dans l’organisation.

Ce n’est pas tout le monde qui était d’accord et confiant. Une certaine crainte régnait. J’ai pu les rassurer en leur montrant que j’avais des commanditaires.

Pendant le vernissage, je courais partout. Tout le monde était content et satisfait. Tous se sont bien sentis, autant ceux qui n’étaient pas habitués au Château que ceux qui ne l’étaient pas pour le street art.

Continuité

J’ai été surpris que M. Mercure fasse l’annonce publique d’une continuité et d’une récurrence pour l’exposition. Cette année, je ne pouvais que réagir à tout. Je ne savais pas où ça s’en allait. Maintenant, je connais les étapes à suivre et certains partenaires importants.

Je veux faire grandir l’événement et créer un mouvement: plus d’artistes, plus de visibilité et plus de visiteurs.

Il est important pour moi de choisir les artistes et d’avoir des références de gens de confiance. Je veux avoir des artistes radicalement différents mais avec une cohésion, malgré le contraste. Des artistes agréables, contents de se voir et de travailler ensemble.

Ce fut une aventure géniale avec des artistes fantastiques. Contrastes urbains, le nom va demeurer. Malgré les difficultés, j’ai adoré l’expérience de faire venir un artiste français tel qu’Opéra au Québec.

Je souhaite continuer à avoir plusieurs artistes internationaux pour les prochaines éditions.

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Autres textes sur le Graffiti

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Les arbres de la ville et notre réseau vert

Environnement et espaces verts

Pourrions-nous vivre dans une ville sans arbres ?

Les grands arbres des rues de Montréal participaient beaucoup au charme de la ville, autrefois. Est-ce encore le cas ?

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Environnement

société social réflexions sociales débatLorsque je retourne au lieu de mon enfance à Montréal, je trouve ma rue bien grise et un peu misérable. Bien sûr, tout cela paraissait plus grand alors… quand j’étais petit. Mais il y a plus.

Je me souviens d’une certaine pauvreté, des maisons en mauvais état, des terrains vagues où s’accumulaient des camions défaits, parmi les chardons sans cesse accrochés à nos vêtements.

Mais ce dont je me souviens le plus, c’est de la présence de grands arbres qui recouvraient les rues en été. Et de la couleur de leurs feuilles qui inspiraient nos dessins, lors du retour en classe en automne.

Les grands arbres forment une couverture verte sur la ville. Ils nous offrent l’oxygène, la fraîcheur, la beauté et une présence vivante qu’aucune invention humaine ne pourrait remplacer.

Les arbres offrent aussi une dimension historique aux enfants. Ils ont vu grandir leurs parents, leurs grands-parents et leurs arrière-grands-parents. Ils n’ont jamais été remis à jour. Ils n’ont jamais suivi les courants ou les tendances, et ils ne sont jamais démodés.

Ils incarnent, pour nous, la notion de permanence, de durabilité. Leurs grandes formes tranquilles nous apportent la paix et nous rappellent que nous faisons partie d’un large réseau d’éléments et d’êtres vivants dont nous dépendons pour notre existence.

Au pied du mont Royal (phot o N. Charest) environnement nature

Au pied du mont Royal (photo N. Charest)

Les grands arbres de la forêt sont magnifiques, mais ils sont loin de la ville. Ceux des grands parcs et du Jardin botanique sont déjà plus proches. Mais les plus utiles, les plus près de nous, ceux qui accompagnent la vie quotidienne des citadins, ce sont les arbres des rues et des ruelles.Ils ont la vie dure, pourtant, et même les modes ont fini par les affecter. Ils étaient devenus difficiles d’entretien, il fallait les tailler, ils nuisaient aux fils électriques. Certains, comme les ormes, ont souffert de maladies. D’autres avaient des racines trop importantes en surface.

On les a remplacés par des arbres plus petits qui n’offrent plus de grands ombrages, qui ne couvrent plus les rues en été. Souvent, d’ailleurs, ils meurent avant de parvenir à maturité. Les grands arbres, par contre, valent la peine qu’on s’occupe d’eux. Car ils nous donnent beaucoup plus que ce qu’ils coûtent à entretenir et à protéger.

VOS COMMENTAIRES SUR Le réseau vert des arbres de la ville

Autres textes sur Environnement

fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la

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Le soccer en région contre l’autisme

Avril, mois de l’autisme

Un enfant autiste rejeté par son équipe de soccer

Durant ses vacances estivales, Jérémie (nom fictif) avait le goût de bouger. C’est pourquoi ses parents ont décidé de l’inscrire dans une équipe de soccer pour qu’il puisse jouer avec ses amis. Quoi de plus banal ?

Sébastien Lacroix Dossier Santé mentale

soccer sport autisme santé mentale football ballonPas pour Jérémie, qui est atteint d’autisme. En plus, de faire face à différentes problématiques, il n’a pas la chance de côtoyer ses amis autant qu’il le voudrait. C’est que, durant l’année scolaire, il fréquente une classe adaptée.

Dès le départ, le garçon est tout heureux de chausser ses souliers, de remplir sa bouteille d’eau des super héros et de se rendre à la course au terrain de soccer pour s’amuser avec les autres. «C’est beau à voir», souligne sa mère en souriant.

Celle-ci ne peut pas espérer mieux pour le bonheur de son fils qui doit affronter toute sorte de difficultés chaque jour. Jérémie est aux prises avec un trouble du langage, de la dyspraxie, et un trouble envahissant du développement.

Autisme et sports d’équipe

Dès les premières pratiques, il rencontre certaines difficultés. La chance du débutant, ce n’est pas pour lui. Ce n’est pas facile d’apprendre à jouer au soccer, mais il aime ça.

Malheureusement, Jérémie fait face aux préjugés. Malgré le caractère participatif de la ligue qui regroupe des équipes des villages avoisinants, on ne veut visiblement pas de lui.

Au fil des semaines, il se rend compte que quelque chose ne va pas lorsque sa mère doit se résoudre à lui demander, à contrecœur, s’il veut vraiment jouer au soccer… «Quoi maman m’demande ça?», lui répond-il. Elle en a le cœur brisé. Elle réalise que son fils comprend qu’elle mène un autre combat.

« On nous a fait sentir dès le départ qu’on ne voulait pas de lui. On me disait toute sorte de choses: qu’il était trop petit, distrait et que ce pouvait être dangereux pour lui. Croyez-vous vraiment que je lui aurais permis de jouer au soccer si j’avais senti qu’il était en danger? Certainement pas. Il n’y a aucun parent au monde qui ferait ça.

Autisme et Rain Man

Quand on parle d’autisme, on pense tout de suite au film «Rain Man», mais ce n’est pas tout le temps comme ça dans la réalité. Il y a différents stades d’autisme. Ce que les spécialistes nous ont dit, c’est que ça ne l’empêche pas de faire des activités sportives.

C’est certain que Jérémie n’est pas un joueur d’élite, mais il ne s’agit pas de la FIFA non plus. C’est une ligue de villages qui n’est même pas fédérée. Il n’était pas le meilleur, mais il n’était pas le pire non plus!

L’argument ultime qu’on m’a donné, c’est que l’arbitre a dû attacher son soulier lors d’une partie. Selon eux, ça ne se fait pas. C’est honteux… Pourtant, il n’est certainement pas le seul à qui c’est arrivé.

La vraie raison, c’est qu’il n’y avait pas assez de joueurs pour faire deux équipes et qu’il y en avait trop pour en faire une. Il fallait qu’ils en éliminent et c’est évident qu’il a été le premier visé. N’étant pas comme les autres, il devenait une cible facile».

La fin du soccer

La saison de soccer de Jérémie a fini par être écourtée lorsqu’on lui a demandé d’aller jouer avec les enfants de 5 ans. Âgé de 6 ans et 10 mois, il était dans la catégorie des 7 à 9 ans. Il était dans la même situation que plusieurs de ses amis qui étaient sur le point d’avoir 7 ans.

Ses parents n’ont pas voulu qu’il soit rétrogradé. En colère, ils ont plutôt décidé de retirer leurs deux enfants de l’équipe de soccer en signe de protestation.

« Il n’en était pas question, surtout qu’il jouait avec ses amis. Comment lui expliquer qu’ils doivent aller jouer avec les petits? Comment lui expliquer que sa sœur pouvait continuer à jouer, mais pas lui ? L’entraîneur aurait voulu faire jouer Isabelle (nom fictif) et que Jérémie aille jouer au parc en attendant…».

Le petit garçon a fini par troquer les souliers à crampons pour le maillot de bain. La différence, c’est que plutôt que d’aller rejoindre ses amis en courant sur le terrain, Jérémie doit maintenant faire près de 45 minutes de routes pour se rendre à ses cours de natation.

« Nous l’avons inscrit à la piscine dans un village voisin. Il y est accepté. On en prend soin.».

Des moyens limités

Le conseiller en charge des Loisirs, maintient que les droits Jérémie n’ont pas été brimés. Il convient tout de même qu’il y a encore du travail à faire pour l’accessibilité des personnes handicapées aux activités de loisir.

« Mon neveu jouait au hockey dans le AA et il n’était pas assez bon. Il a été rétrogradé dans le A. C’est la même chose. Il n’avait pas encore 7 ans et il jouait dans cette catégorie. S’il avait eu l’âge, nous n’aurions pas eu le droit de faire ça. Nous avons remboursé les inscriptions jusqu’au dernier sou, et ce, même si la saison était en cours.

C’est certain que nous essayons de plaire à tout le monde, mais comme nous sommes une petite municipalité rurale, nos moyens sont limités.

Nous aurions pu demander un accompagnateur. C’est vrai. On regarde ça, mais tout dépend de combien nous pourrions obtenir en subvention. Il faut respecter la capacité de payer des contribuables».

Pour éviter les préjugés

La mère de Jérémie a décidé de se battre pour ne pas que d’autres enfants comme lui soient victimes de préjugés. Elle a fait des démarches auprès d’organismes qui défendent l’accessibilité aux loisirs pour les personnes handicapées.

C’est le directeur général de l’organisme, qui a attrapé la balle au bond. Il a entrepris des pourparlers avec le conseil municipal pour s’assurer que l’évaluation des jeunes ne se base plus sur des préjugés.

Il a obtenu, qu’à l’avenir, ce soit un spécialiste qui évalue la capacité d’un jeune handicapé à pratiquer, ou non, une activité sportive. «On a qu’à le demander et ils iront sur place dès les premières pratiques. Ils seront en mesure de dire quoi faire et quoi essayer avec tel type d’enfant avant de dire que ça ne fonctionne pas.

Ça évitera les zones grises. L’évaluation ne sera pas basée sur une impression, mais sur les capacités réelles de l’enfant, selon l’avis d’un expert qui a les compétences pour porter un jugement.

Ça ne coûte rien. Ce sont des ressources qui sont fournies par le gouvernement. Il y en a pour des cas de déficience intellectuelle, mais aussi de la déficience physique ou visuelle».

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