Trois prostituées nous parlent

Claudette
Quand une fille a été abusée durant son enfance, le pimp n’a pas grand-chose à faire pour que la fille fasse de la prostitution. Moi, c’est le père de mes enfants qui me disait avec qui il fallait que j’aille. J’avais 16 ans. On faisait partie du milieu des motards.
J’ai consommé de tout. J’ai fait désintox sur désintox. J’ai eu beaucoup de rechutes. La dernière fois que je suis retournée sur la rue c’est parce que j’avais reconsommé.
Y’a des commerces où les filles achètent. On habite ce quartier, on est leurs clientes. Les propriétaires de logements acceptent le cash de la piaule mais ne veulent pas de la fille qui est devant le logement! Pourtant c’est lié.
Prendre une tasse de café, entre 5h et 8h le soir, quand il fait froid, j’aurais bien aimé ça. Il faudrait une place avec des intervenants, du café, un peu de grignotage, juste pour les femmes qui font la prostitution. Tu peux rester au calme, au chaud. Tu peux parler avec les intervenants. Ils te réfèrent à des thérapies.
Ce qu’il faudrait c’est apprendre au monde à respecter son corps, ses sentiments. Mes parents m’ont rien appris de ça, bien au contraire. J’ai maintenant 35 ans et j’ai appris par moi-même à m’en sortir. Dans les écoles ça serait la meilleure place pour parler des conséquences aux jeunes.
Cindy
Mes parents, ma famille sont tout ce qu’il y a de plus normaux. C’est moi qui ne me sentais pas aimé, pas à ma place, différente. J’avais toujours besoin de l’avis des autres. J’ai été gâtée, peut-être trop. J’étais une solitaire. Toujours le même coin de rue, dans des rues différentes à des périodes différentes. J’allais chez nous avec le client et je ne me mêlais pas aux autres prostituées.
Je me suis prostituée pour consommer. Je vivais avec un drogué alcoolique. Il s’est suicidé. J’ai dû me débrouiller toute seule pour me procurer ma drogue. La prostitution ce n’est pas un choix, c’est pour la drogue que j’en ai fait. Sinon, jamais je n’aurai fait la rue pour payer un compte. Dans la prostitution, y’a rien de bon.
Quand j’avais besoin de ma drogue, j’avais pas peur du client. J’avais des craintes mais j’avais besoin de son argent. Le plus dur sur la rue, c’est le regard des enfants. Ça nous fait mal. On se débrouille pour être sur la rue quand ils n’y sont pas. Les résidents eux, nous insultent.
Pour se faire aider et que ça marche, il faut être prête. Il faut apprendre à se connaître. Moi, j’avais besoin de douceur, de tendresse. Toutes les thérapies que j’ai faites ne m’ont servi à rien tant que je n’étais pas prête. Aujourd’hui, j’y crois. Ceux qui m’entourent, y croient aussi. J’ai maintenant 40 ans et je suis heureuse de m’en être sortie.
Chantale
J’étais en centre d’accueil. J’en suis partie mais je ne savais pas où aller. Ma famille ne voulait plus de moi. J’avais faim. Une fille du centre m’a dit comment faire de la prostitution. Je suis allée sur St-Laurent.
La première fois, c’était facile. Je gagnais beaucoup d’argent. Peu de temps après, je me suis fait violer par un client. J’ai eu très peur. J’y suis retournée quand même.
J’étais tombée en amour avec un gars. C’était un pimp mais je ne le savais pas. Il avait des maîtresses qu’il faisait travailler. Il m’a mis enceinte pour mieux m’attacher à lui. Il était très violent. Il me prenait tout mon argent. J’avais même pas de quoi acheter une pinte de lait pour mon enfant. Et pourtant, j’en ai fait de l’argent. J’ai fait escorte, mais je n’aimais pas parce que l’agence me prenait la moitié. Remarque mon pimp me prenait tout, mais lui c’était pas pareil, je l’aimais! Danseuse, tu es toute seule et tout le monde te regarde. J’aimais pas. Ce que j’ai fait ces derniers temps, c’est de mettre des annonces dans la presse. Tu reçois chez toi et y’a moins de risque avec la police.
Même si on n’est pas devant chez eux, y’a des commerçants qui nous crient après: «Va faire des clients ailleurs, tu nuis à ma clientèle» Y’en a un qui descendait de ses bureaux pour me dire ça. Je me mettais au coin de la rue ou à un arrêt de bus et je ne gênais personne. À une époque, je me suis fait courir. C’était chaud! J’ai changé de quartier, ce n’est pas pareil. Ici, c’est comme la campagne mais en ville. Tout le monde se connaît, se parle. Le monde s’entraide même s’il est pauvre. C’est comme une grande famille.
Il faut aider les filles et aider les familles. Le gouvernement devrait faire plus pour les familles pauvres. Avec l’aide sociale, tu existes mais tu ne vis pas. Les mères seules, elles descendent sur la rue et elles font quelques clients. J’appelle ça de la prostitution de survie. Il faut aller dans les écoles et parler des conséquences de la prostitution aux enfants. Il faut les prévenir de ce que ça fait. J’ai 40 ans et, malheureusement, j’y retourne encore.
Les noms ont été changés pour préserver leur anonymat.
Autres textes sur la prostitution:
Lettre ouverte à Jean-François Lisée de L’actualité
Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?
Maria Mourani et Mario Dumont chez les Francs-Tireurs Richard Martineau et Patrick Lagacé
Pour ou contre la légalisation de la prostitution
Effets pervers de la légalisation de la prostitution
Doit-on légaliser la prostitution?
Certaines formes de prostitution sont plus légales que d’autres
Les lendemains de la prostitution
Les premiers pas vers la prostitution
Au secours! On a légalisé la prostitution
PUBLICITÉ
Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4
Archivé sous: Prostitution, consommation, criminalité, gang de rue, santé, sexualité, société | Tagué : décriminalisation de la prostitution, groupe criminalisé, Légalisation de la prostitution, motard, pimp, prostituée, Prostitution, sexualité, société, viol









lucie
Il faut aider les filles et aider les familles. Le gouvernement devrait faire plus pour les familles pauvres. Avec l’aide sociale, tu existes mais tu ne vis pas. Les mères seules, elles descendent sur la rue et elles font quelques clients.
Tu as raison Chantale, mais les gouvernements c’est…. le scandale des commendites et des milliards de dollars donnés aux pays pauvres comme l’Afrique. Et pourtant charité bien ordonnée devrait commencer par soi-même.
Que font les gouvernements pour les pauvres Canadiens hein? Malheureusement, en québécois… PAS GRAND CHOSE!
Certaines personnes croient que la prostitution est une façon de survivre. Et elles y croient. Mais c’est tout à fait faux. C’est juste une solution facile. Croyez-vous que les pdg ou les medecins ont juste dit attendre sur le coin de rue pour pouvoir manger. Eh bien non. Ils ont travaillé dure, très dure. Et les premières années de leur vie d’adulte, ils étaient pratiquement pauvre. Mais ils n’ont pas abandonné. Et ils ont ce qu’ils méritent. Un bon emploi et un bon travail. De nos jours, le problème c’est que tout le monde veut trouver des solutions faciles à des problèmes que tout le monde éprouve à un moment ou à un autre. Mais pour avoir la force de persister il faut croire en soi et en ses capacités. Quand les femmes se prostituent de leur plein gré, c’est abérent. Croyez-vous que dieu vous a donné comme seule qualité ce que vous avez entre les deux jambes?
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/ [...]
[...] Trois prostituées nous parlent [...]
[...] Trois prostituées nous parlent [...]
Je veux bien… je sais très bien qu’elle existe…
Mais il n’y a pas qu’elles…
Moi je ne suis pas payée pour faire la guerre! Je suis payée pour faire l’amour!
Et c’est moi la pauvre victime??? En passant je prends pas de drogue et j’ai jamais été violé.
Amélie Jolie courtisane depuis 3 ans.
Une travailleuse du sexe qui défend son métier!
Bonjour Amélie Jolie.
Merci de prendre ta place sur notre blogue et d’ouvrir le débat et la réflexion sur la prostitution.
Je te laisse un lien sur une petite histoire d’une escorte de luxe que j’ai rencontrée: http://raymondviger.wordpress.com/2008/07/11/prostitution-de-luxe-les-hauts-et-les-bas-dune-escorte/
On s’en reparle après.
Au plaisir de lire tes commentaires.
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]
[...] Trois prostituées nous parlent. [...]