Le crime parfait : Comment tuer un enfant
Par Alain Martel
Intrigué? J’ai une recette. LA recette. Tuer sans jamais être pris. Pas de problèmes de conscience. Plus encore, il y en a un paquet qui applaudiront. Vous deviendrez le héros de la classe parentale dépassée. Un héros, je vous dis.
Ça prend un peu de temps par exemple. Quelques années. Quelques règles, quelques interdictions sanctionnées par quelques bonnes punitions bien placées. Le tour est joué. En fait, je m’énerve à cause de l’éternel débat du costume obligatoire à l’école. Remède miracle qui règle tous les problèmes. Mais quel est l’impact sur les enfants, les ados, et sur les parents? Ce n’est pas scientifique, mais c’est mon opinion.
L’enfance. À ma connaissance, c’est une période où on enseigne le respect. Le respect de soi et des autres. Le respect des différences. Le partage. Des valeurs sociales importantes. Le respect des règles. On commence à leur donner des moyens pour résoudre leurs conflits.
Pourtant, on les cimentent dans des cadres immuables de similitudes. Alors, ils commencent leur vie en pensant que chacun est semblable aux autres et que c’est comme ça que ça doit être. Si je ne suis pas comme lui, je ne suis pas bon. Belle estime de soi. Mais dites-moi, est-ce comme ça dans la vie? Peut-on dire que nous jouons parfaitement notre rôle de guide pour ces enfants? Les préparons-nous vraiment à vivre dans notre société?
À l’adolescence, c’est un temps où on veut se positionner dans la hiérarchie sociale autour de soi. C’est un temps où on ne s’aime pas beaucoup, que l’estime de soi est basse. On s’évalue en se comparant avec ceux qui nous entourent. On veut vivre des expériences nouvelles. C’est le temps où on confronte les valeurs familiales. C’est la difficulté de communication. Incapacité chronique de nommer les sentiments et les émotions parce que les mots nous manquent. Alors, on agit. C’est aussi la découverte de l’amour et des relations interpersonnelles. On fait ça comment, d’après vous? On regarde les autres et on se compare.
Il est important d’être différent. Quel service leur rend-t-on alors en les confinant dans le corset étouffant de la conformité et le «pareillisme»? On tue leur créativité, leur besoin de découvrir la vie et de la vivre intensément. Si on les habitue à suivre les règles sans les questionner, quelle sorte de dirigeants seront-ils? Et égoïstement, qui prendra soin de moi quand je serai trop vieux pour prendre soin de moi tout seul? Peut-on montrer le partage dans un régime totalitaire? Quel sera l’impact réel des décisions que nous prenons aujourd’hui SUR LA VIE FUTURE DE NOS ENFANTS?
Un exemple qu’être hors norme peut apporter des bienfaits. Les inventeurs de l’insuline étaient mal perçus parce qu’ils utilisaient le porc pour la fabriquer. Ils ont osé défier les autorités en place. C’est ce qui a sauvé la vie de ma filleule et de ma coloc qui sont diabétiques.
Merci de me lire… merci de me publier.
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Archivé sous: enfants, famille | Taggé: adolescence, école, crime, enfance, enfants, jeunes, tuer un enfant





02/10/05 Huguette Savoie
Merci M. Martel pour ce texte. Sa lecture m’a permis de valider l’opinion que j’avais concernant le régime qu’on impose aux enfants avec les meilleures intentions du monde de vouloir les faire «rentrer dans le moule» et en même temps vouloir en faire les «décideurs de demain»: quel discours ambivalent!
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