Conflit d’intérêt.
Montréal est une ville de grands festivals. C’est une industrie en soi. Festival Montréal en lumière fait partie de la grande famille. Son PDG, Michel Labrecque, aussi membre du conseil d’administration du Regroupement des événements majeurs internationaux, a décidé de se lancer en politique aux dernières élections municipales. En plus de ses fonctions, il est maintenant conseiller municipal du Plateau Mont-Royal.
D’un côté, M. Labrecque, en tant qu’administrateur du Regroupement des événements majeurs internationaux et PDG du Festival Montréal en lumière, négocie avec Ville de Montréal des subventions qui ne sont pas de la pacotille. De l’autre, il représente cette même ville en étant un de ses conseillers! Si ce n’est pas un conflit d’intérêt, comment appelle cette double polarité?
Quand le chef de police, M. Duchesneau a voulu tenter l’expérience en politique, il avait démissionné de son poste de chef de police. Quand Serge Lareault, directeur du groupe communautaire l’Itinéraire a fait le saut, il a fait de même. Pour éviter le conflit d’intérêt. Paul Martin, propriétaire de Canadian Steamship Lines (CSL) ne l’a pas fait quand il était Ministre des Finances. Michel Labrecque ne l’a pas fait non plus. Deux poids, deux mesures.
Notre organisme, le Journal de la Rue, a déjà eu une excellente fonctionnaire de la Ville de Montréal comme administrateur. Elle a dû démissionner lorsque nous voulions faire une demande de subvention à la Ville de Montréal. Il est arrivé la même chose à une fonctionnaire qui travaillait au Ministère des Relations avec les Citoyens. Il est vrai que nous ne demandions des subventions que de 5 ou 10 000$. Nous ne parlions pas des budgets faramineux des festivals internationaux ou de la CSL.
Comment va réagir la Ville de Montréal si un organisme demande une subvention pouvant concurrencer les évènements majeurs sous l’administration de M. Labrecque? Si Ville de Montréal voulait se désengager des faramineuses subventions données, à même nos taxes, aux différents évènements sous la tutelle de M. Labrecque, les deux entreprises desquelles il fait partie n’auraient-elles pas un lobbyiste en place pour faire du maraudage pour renverser la vapeur? Ses fonctions de lobbyistes ne sont-elles pas contraire aux intérêts des citoyens qui ont votés pour lui? Comment réagirait M. Labrecque si l’un de ses principaux commanditaires de festivals devenait le mouton noir dans son arrondissement? Peut-il être une autorité politique intègre tout en acceptant des commandites de ceux-ci?
Cela ne m’aide vraiment pas à croire en la justice et l’équité en politique. Quand de gros sous sont en jeu, les règles de transparence changent et s’adaptent.
Je suis déçu, très déçu.
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