Une équipe de recherche ontario-québécoise a suivi durant 14 ans une cohorte de 24 558 Canadiennes ayant subi une chirurgie esthétique dans le but de rendre leurs seins plus volumineux. “ Les médecins auraient avantage à porter attention aux motivations autres que physiques ”, soutient le co-auteur de cette étude sur la mortalité reliée aux implants mammaires, publiée récemment dans l’American Journal of Epidemiology. L’objectif était d’examiner le risque de cancer attaché à ce changement esthétique, particulièrement de cancer du sein.
Le principal résultat est donc que ces femmes présentent un risque de cancer inférieur à la population générale. Un risque moindre également que les 16 000 femmes ayant subi d’autres chirurgies esthétiques en Ontario et au Québec entre 1974 et 1989. “ Notre hypothèse est que ces femmes, ayant auparavant des seins plus petits, présenteraient moins de tissu mammaire et donc moins de risque que les femmes qui en possèdent plus ” explique le chercheur. Ces Canadiennes présentent aussi une mortalité générale inférieure à la population générale. Elles sont généralement en bonne santé, comme il faut l’être pour subir une chirurgie, et sont d’un statut socio-économique un peu plus élevé que la moyenne.
Cette étude longitudinale a été initiée par Santé Canada au début des années ‘90, au moment où le sujet était très controversé. “ Cela suscitait beaucoup d’inquiétude. On se questionnait sur les effets à long terme des implants mammaires, leurs effets sur la santé particulièrement en lien avec le cancer du sein ”, rappelle le Dr Brisson.
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