Les jardiniers des bidonvilles

Les jardiniers des bidonvillesAgence Science-Presse, Nicole Castéran

À Rosario, en Argentine, les jardins communautaires fournissent des emplois aux démunis.

 

À Rosario, plus de 100 000 personnes vivent dans des abris de fortune construits sur des terrains qui ne leur appartiennent pas. On appelle ces quartiers villas miseria, les villes de misère.

En 2002, lors d’une grave crise économique, la municipalité a prêté à des gens démunis des lopins de terre situés dans des terrains vacants. On leur a distribué des semences et des outils et ils se sont mis au travail. On leur a appris comment faire du compost avec des vers de terre, comment collecter l’eau de pluie pour l’arrosage, etc.

Jardiner à temps pleinQuatre ans après la crise, plusieurs ont retrouvé leurs anciennes occupations. D’autres ont choisi de devenir de véritables agriculteurs urbains. Quelques fois par semaine, ils vendent leurs fruits et leurs légumes dans les marchés de quartier.

 

Des architectes de l’Université McGill, à Montréal, aident la ville de Rosario à accroître ses activités d’agriculture urbaine*. “ Dans ces quartiers défavorisés, nous essayons d’intégrer de façon permanente des espaces agricoles, explique Vikram Bhatt, directeur du projet. Ce peut être dans les cours des maisons, le long des rues, des voies ferrées, des cours d’eau, ou même dans les parcs. C’est ce qu’on appelle des paysages comestibles. ”

*Ce projet est financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI).

Et ça continue !Le gouvernement a ensuite encouragé les producteurs à transformer leur récolte, pour avoir plus de travail et de revenus.

 

C’est ainsi qu’aujourd’hui, les femmes fabriquent et vendent confitures, biscuits, petits pains ou tartes. D’autres cultivent des plantes médicinales pour en faire des savons et des produits de beauté. La municipalité leur construit une petite fabrique, pour qu’elles puissent travailler à leur aise.

On essaie aussi d’intéresser les jeunes à l’agriculture urbaine. Par exemple, les enfants du bidonville de La Lagunita peuvent s’initier à la culture des plantes comestibles au Jardin de los Niños (Jardin des enfants). À Molino Blanco, on a aménagé un parc-jardin avec des aires éducatives, des sentiers pédestres et un terrain de soccer.

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