Titre et vox pop

Titre et vox pop 

Quel bonheur de pouvoir faire entendre son opinion… Que nos suggestions soient non seulement bien reçues, mais également prises en compte! Claire et moi avons eu le privilège d’assister mais surtout de participer à la réunion de titrage ce vendredi matin. Chaque titre est construit, petit à petit, à partir d’une première proposition que l’on décortique, et fait l’objet d’une réflexion collective. Bien que certains termes succombent aux bombardements d’idées, d’autres au contraire qui ont remporté la bataille lexicale, sont élevés au rang de titre.

Mon tout premier vox pop. C’était également vendredi. Des propos que nous avons recueillis, Claire et moi retenons un certain consensus, une tendance vers l’unanimité: le graffiti semble susciter une réaction similaire chez les montréalais, un même sentiment… Lequel? Nous vous le dévoilerons dans le prochain numéro… Et ce, qu’ils habitent Outremont ou Hochelaga-Maisonneuve, deux quartier pourtant très différents notamment en terme de concentration de graffitis au pied carré! On peut en effet parler de densité du graff… faible dans le premier, élevée dans le second. Le challenge : parvenir à faire s’exprimer, sur un sujet plutôt intemporel que d’actualité, les gens que nous arrêtons dans la rue. Quel est l’impact du graffiti sur leur existence…

Les circonstances sont en notre faveur : une journée ensoleillée et la fin de semaine à l’horizon. D’autre part, Claire et moi nous attaquons aux passants qui marchent avec nonchalance ou bien le sourire aux lèvres. Nous visons également ceux qui sont assis, sur un banc, un porche ou un escalier. Ceux qui semblent songeurs, dont on peut profiter de l’état méditatif.La mondialisation et l’urbanisation auraient-elle engendré une convergence des opinions? Il est légitime qu’après avoir identifier un consensus à l’issue de notre vox pop, nous nous posions la question. Vous connaissez le jeu du téléphone? Tout commence par un mot. À son origine, il y a une personne, dont le vécu singulier justifie qu’elle est certaines idées, certaines valeurs et certaines croyances distinctes de celles de son prochain. Il y a donc un esprit mais aussi un cœur, et un individu appartenant à une société.

Le mot passe de bouche à oreille, et au fur et à mesure qu’il voyage, il revêt un tout autre sens, puis encore un autre. Recueilli par différentes oreilles, transmis par d’autres bouches, il est également déformé par les esprits qu’il traverse. Nous interprétons l’information, souvent à notre avantage, en fonction de nos expériences et de notre vécu, selon ce que l’on connaît et ce que l’on veut. ” Je pense donc je suis ” a dit Descartes. Fidèle à cette formule, mais dans un tout autre esprit, je dirai ” je veux donc je crois “. Le meilleur exemple est celui du rapport amoureux : ” L’amour est aveugle ” et l’amoureux aussi. Un amoureux donnera aux signes les plus évidents d’indifférence une signification contraire. Il verra un ” oui ” dans ce qui est incontestablement un ” non “. Il verra une preuve d’amour dans ce qui n’est qu’un élan généreux, une intention amicale ou simplement un geste galant. L’amour d’autrui refuse la défaite qui est un coup porté à l’amour de soi.

Morgane

 

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