Le désir d’expression

Le désir d’expression

“Le journalisme est un outil pour s’exprimer”, selon Raymond Viger. Tout comme le graffiti, d’après les résultats du premier jet du vox pop réalisé par Claire et moi. Nos proies ont été unanimes: le graffiti est avant tout un mode d’expression. Peut-être même une mode… d’expression.

L’animateur radio est écouté, le présentateur télé regardé et le journaliste lu. L’homme politique est élu et parle au nom du peuple, le criminel voit sa vie et ses travers médiatisés, les sportifs de haut niveau et les stars sont idôlatrés. Tous servent d’exemples (bons ou mauvais), offrent des moments de bonheur et de révolte ou encore font rêver leurs fervents lecteurs, leurs fidèles spectateurs, leurs citoyens ou leurs fans. Mais qui sont-ils ces lecteurs, ces citoyens, ces consommateurs? N’ont-ils rien à dire? N’ont-ils rien à apprendre à ces illustres personnages et personnalités publiques?

Et bien si. Mais la difficulté est de savoir comment. Comment se faire remarquer? Comment se faire entendre? Il est  parfois déjà compliqué de faire sa place au sein de sa propre famille ou sur son lieu de travail… alors sur la scène contemporaine, dans la sphère publique, n’en parlons même pas! Rien de plus normal, donc, que naissent des modes d’expression alternatifs… Et j’en suis personnellement soulagée. Soulagée de constater que, tandis que certains sont élevés au rang d’icônes ou de symboles personnifiés, la grande majorité silencieuse et sans nom se manifeste toujours et souhaite toujours s’exprimer.

Le journaliste est privilégié. Il n’est pas frustré dans sa quête d’expression puisque sa liberté d’expression est défendue (du moins, en théorie). Il peut commencer sa carrière dans l’anonymat, mais son nom a de grandes chances d’être remarqué. Son nom, mais aussi sa personne, à travers ce qu’il écrit, le choix de son angle, son style et ses références.

C’est pourquoi journaliste doit être à la hauteur de ce privilège.

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