Mieux respirer dans les villes polluées

Mieux respirer dans les villes polluées
Geneviève Dubé-Agence Science-Presse

Dans les grandes villes des pays en développement, la pollution de l’air pose de sérieux problèmes. Des carburants plus propres pourraient assurer un avenir plus pur !

La qualité de l’air est jugée acceptable dans 15 % des zones urbaines des pays pauvres. La pollution de l’air tue trois millions de personnes chaque année. Les pays touchés mènent plusieurs projets pour atténuer les émissions polluantes.

Des taxis moins polluants au Pakistan

Dans les grandes villes du Pakistan, la voiturette à trois roues sert souvent de taxi.

Leurs moteurs à deux temps ne brûlent pas l’essence aussi bien que ceux à quatre temps de nos autos. Plusieurs de ces taxis consomment de l’essence au plomb, très néfaste.

L’entreprise ontarienne Yugo-Tech, appuyée par le Centre de technologie environnementale d’Environnement Canada, a suggéré une solution au problème : l’utilisation du gaz naturel.

Ce combustible abondant au Pakistan et moins polluant que l’essence au plomb permettrait au pays de s’affranchir des approvisionnements étrangers.

Les voiturettes au gaz naturel ont été testées avec succès dans les deux plus grandes villes du Pakistan, Karachi et Lahore, ainsi qu’à Quetta. Le gaz naturel pourra donc être utilisé dans d’autres pays asiatiques ayant les mêmes problèmes, comme le Népal, l’Inde, le Bangladesh et le Sri Lanka.

Éliminons l’essence au plomb !

Après quatre ans d’efforts, les 49 pays de l’Afrique subsaharienne (au sud du désert du Sahara) ont interdit l’essence au plomb. C’est une bonne nouvelle, car le plomb rejeté dans l’environnement cause plusieurs problèmes de santé, surtout chez les jeunes enfants. Il peut retarder le développement du cerveau, nuire à la croissance et endommager l’ouïe.

Une trentaine de pays – pas le nôtre ! – utilisent encore l’essence au plomb. C’est pourquoi l’ACDI appuie une initiative internationale dont le but est d’éliminer l’essence au plomb partout dans le monde d’ici 2008. On va y arriver !

De l’air plus propre en Égypte

En Égypte, on compte 2 000 usines de briques, reconnaissables à leurs hautes cheminées.

On y fait cuire les briques de terre séchée dans de grands fours au mazout, un dérivé du pétrole. En brûlant, le mazout émet de très grandes quantités de gaz polluants, ce qui augmente les risques de maladies respiratoires des travailleurs et gens du voisinage. Certaines usines de briques utilisent désormais un carburant plus propre : le gaz naturel.

Dans le gouvernorat* de Giza, près du Caire (la capitale de l’Égypte), 50 briqueteries ont remplacé le mazout par le gaz naturel. Ce projet, appuyé par le Fonds canadien de développement pour le changement climatique, a réduit les émissions de fumée de 96 %, celles de monoxyde de carbone (CO) de 95 % et celles de dioxyde de carbone (CO2) de 32 % !

Depuis, les habitants, surtout les enfants, souffrent moins de maladies respiratoires.

Le gaz naturel étant plus efficace que le mazout, les usines en achètent moins et économisent de l’argent. Deux autres gouvernorats égyptiens pourraient passer du mazout au gaz naturel. Comme quoi la lutte contre les changements climatiques rapporte !

* Gouvernorat : nom donné aux provinces égyptiennes.

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