Bien plus que du camping!
Isabelle Burgun – Agence Science-Presse
Ceux qui n’ont pas eu la chance de pénétrer l’univers particulier du camping saisonnier auront sans doute en tête les images du film québécois «Camping sauvage». Un microcosme coloré constitué d’une nature domestiquée, de loisirs planifiés et d’amitiés instantanées!
«C’est la vie de voisins à la puissance 10», résume Catherine Allen. L’étudiante à la maîtrise en anthropologie à l’Université Laval a passé deux étés entre deux terrains de la région de Montréal — au Camping le Marquis et au Camping du Lac Cristal — pour mieux appréhender les motivations des campeurs saisonniers.
Son mémoire Faire son camping? Espace, temps et sociabilité chez les campeurs saisonniers du Québec décrit ce mode de vie estival — généralement perçu comme «quétaine» par ceux qui ne le pratiquent pas — axé sur le confort et les relations humaines.
Camping de luxe
Air conditionné, électricité, eau chaude, égouts… Le camping saisonnier ne s’apparente guère à la vie sous la tente des voyageurs étudiants. Il s’agit plus souvent d’une personne âgée ou d’un membre d’une famille qui privilégie le confort et l’eau courante. L’emplacement de camping devient un second «chez nous» pour le campeur saisonnier et il va investir beaucoup de temps et d’argent dans son installation : clôture, aménagement paysager, arbres et sculptures, etc. Il ira même jusqu’à asphalter l’entrée ou construire un baraquement à l’arrière de sa maison mobile afin d’héberger la visite.
Généralement, ce type de campeurs est fidèle revenant d’une année sur l’autre au même emplacement. Les saisons successives sur le même emplacement, la routine familière et les anecdotes racontées d’une année sur l’autre instaurent une continuité. Le sentiment d’appartenance s’avère très fort.
Vivre avec ses voisins
Entraide, échanges, conversation, l’importance des relations sociales s’établit comme la seconde motivation — après le confort — pour choisir ce type de vacances. C’est un lieu qui redonne tout son sens au terme «grégaire».
«Les informations circulent à une vitesse incroyable. Le campeur aime beaucoup les potins. Et plus il participe aux activités sociales, plus son réseau de contacts s’élargit.
Vivre dans une roulotte ou une maison mobile offre aussi un peu d’intimité dans un environnement où la proximité s’avère omniprésente. Ce qui n’empêche pas les conflits. La compétition entre voisins, les changements de réglementation ou le mécontentement face aux activités poussent parfois le campeur à changer de terrain de camping… mais pas de mode de vacances!
Encadré
En 2004, le Québec comptait 822 terrains de camping. Sur les 460 000 campeurs, dont 91 000 saisonniers, près de deux campeurs sur trois délaissaient la tente pour vivre des vacances plus confortables, en caravane ou auto-caravane.
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Oui ces genres de campeurs tentent de reproduire leur chez-soi. Ma femme regarde sa soeur qui fait ce genre de camping et est découragé de la voir frotter et faire du ménage dans sa 31 pieds. Ça finit par ne plus être des vacances….