Déchets utiles pour protéger l’environnement
Isabelle Burgun
(Agence Science-Presse) – Recouvrir les résidus miniers par d’autres résidus miniers. C’est l’idée, plutôt étrange, émise par des chercheurs de l’Université de Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) pour contrôler le drainage minier acide et ainsi la contamination des eaux souterraines.
« Notre méthode empêche la pénétration de l’air et donc l’oxydation qui entraîne tellement de problèmes », explique Isabelle Demers. L’étudiante au doctorat en science de l’environnement à l’UQAT rapporte que cette solution présente de nombreux avantages pour l’industrie minière. Elle est très économique et permet de donner une seconde vie aux déchets que l’on devrait enfouir.
Il existe actuellement différentes méthodes appliquées aux résidus miniers, la plus courante étant de les immerger. Cependant, certains bassins perdent leur perméabilité. Les solutions alternatives recourent aux sols naturels ou encore aux récentes géomembranes. Un recouvrement synthétique plutôt onéreux.
Cette nouvelle approche développée en laboratoire consiste à couvrir les déchets de nouveaux résidus pour « neutraliser » leurs impacts contaminants. Cette couverture de résidus miniers désulfurisés, épaisse d’environ un mètre, isole de l’air les résidus générateurs d’acide les préservant ainsi de l’oxydation. Les premiers résultats font l’objet d’une récente publication dans la revue Minerals Engineering.
Cette étude a même démontré que laisser un certain taux de soufre offre encore plus d’efficacité. « Les résidus restent toujours un peu sulfureux. Un faible taux (0,25 %) améliore la consommation d’oxygène et donc diminue les risques d’oxydation », relève Isabelle Demers.
Une solution prometteuse?
Lorsqu’on parle de déchets miniers, les coûts pour l’environnement s’avèrent très élevés. Produits chimiques et métaux forment avec l’oxydation des acides empoisonnant l’écosystème et les nappes phréatiques. Le gouvernement canadien a d’ailleurs mis en place un programme de neutralisation des eaux de drainage minier dans l’environnement minier (NEDEM).
La prochaine étape consistera à tester cette méthode de contrôle sur le terrain. Le groupe de recherche évalue actuellement l’usage de résidus miniers non sulfureux sur le site « Manitou », un site contaminé de la région de Val-d’Or. Les nouveaux déchets pourraient y être utiles.
Pour en savoir plus
Programme de neutralisation des eaux de drainage minier dans l’environnement minier (NEDEM)
http://www.nrcan.gc.ca/mms/canmet-mtb/mmsl-lmsm/mend/default_f.htm
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