Carburant et biocarburant: protection de l’environnement contre la prolifération des algues
Denise Proulx (Agence Science-Presse)
(Tucson, Arizona) Parce qu’elles étouffent nos lacs et rivières, les cyanobactéries, ou algues bleu-vert, sont dorénavant les ennemis à combattre. Et pourtant, une équipe de recherche en ingénierie agricole et des biosystèmes, associée au Centre d’agriculture en environnement contrôlé de l’Université de l’Arizona, rêve d’en faire la culture à grande échelle. Les cyanobactéries posséderaient des vertus qui en feraient d’excellentes candidates pour créer des carburants verts et des plastiques biodégradables.
Ces chercheurs ont découvert que le CO2, utilisé en phase supercritique, dans certaines conditions de pression et de température, brise la membrane des algues et favorise l’extraction d’une huile qui pourrait servir éventuellement de biocarburant. Fait remarquable, plus la Botryococcus braunii, l’une des cyanobactéries étudiées par les chercheurs, rencontrée dans nos rivières et lacs, prolifère en eau froide, meilleur est son rendement en huile. Du simple au double! En contrepartie, son développement est plus rapide en eau chaude… Une production à grande échelle pourrait représenter une alternative intéressante aux hydrocarbures, notamment comme biodiesel.
Le centre de recherche américain, en collaboration avec la firme privée Sadler Machine Company, construira au cours des prochaines années un système de culture d’algues bleu-vert. Les Américains ne sont toutefois pas les seuls à revendiquer la paternité de cette invention écologique. Une équipe de scientifiques de New Delhi a déposé en novembre 2007 un brevet de propriété intellectuelle sur un système similaire auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.
Un solvant « vert »
Au-delà de 31 °C, son point critique, le gaz carbonique se transforme en fluide diffus qui s’apparente à un gaz. Ce CO2 supercritique gagne en popularité comme solvant alternatif dans beaucoup de champs industriels, notamment en agroalimentaire et en pharmaceutique, car il ne laisse pour ainsi dire aucune trace toxique dans l’environnement. Il pourrait remplacer les solvants actuels utilisés pour extraire la caféine des grains de café et des feuilles de thé.
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