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Le ciel ne leur est pas tombé sur la tête
(Agence Science-Presse) – La théorie voulant qu’une météorite soit responsable de l’extinction des mammouths, il y a 13 000 ans, ne passe pas la rampe, selon un réexamen des données Non seulement n’y a-t-il aucune trace d’un tel impact en Amérique du Nord ou en Sibérie, mais surtout, ceux qui avancent cette théorie (depuis l’an dernier) n’ont apporté que des arguments qui avaient déjà été examinés, soutiennent des spécialistes en impacts cosmiques interrogés par Science. Par exemple, les traces de charbon attribuées à un tel impact seraient tout simplement les feux de camp des premiers Amérindiens de l’époque.
La bactérie leur est tombée sur la tête
(Agence Science-Presse) – Saviez-vous que les bactéries peuvent faire pleuvoir? En soi, il ne faudrait pas s’en étonner: comme elles sont partout dans l’atmosphère, elles peuvent elles aussi exercer une pression sur les nuages, au même titre que les particules d’iode de fer ou de glace. Mais c’est une analyse récente des composés organiques présents dans de la neige tombée en 19 endroits distincts de la planète, qui permet pour la première fois d’en avoir une idée. Brent Christner et ses collègues, de l’Université d’État de la Louisiane, décrivent dans Science le rôle d’une protéine contenue dans la bactérie P. synringae, qui «accroche» des molécules d’eau entre elles, jusqu’à ce que ça tombe. En même temps, ce processus serait une façon par laquelle ces bactéries retournent sur le sol, d’où elles proviennent, poursuivant ainsi leur cycle de vie.
La science, un langage gris?
(Agence Science-Presse) – Voici des conclusions qui n’étonneront guère: en général, dans leurs écrits, les scientifiques mettent peu de… couleurs! Deux linguistes américains, Raul Rodriguez-Esteban et Andrey Rzhetsky, ont étudié le nombre de fois où des mots référant à des couleurs ou des textures (par exemple, un terrain plat), apparaissent dans les textes publiés par 78 journaux scientifiques. Ils ont également comparé avec des textes littéraires (dont Shakespeare et Edgar Allan Poe), journalistiques (l’agence Reuters) et encyclopédiques (Wikipédia). Comme on s’en doute, les littéraires arrivent en tête, les journaux scientifiques n’utilisant que le cinquième de leurs termes «colorés».
Le caméléon aime flasher
(Agence Science-Presse) – Les couleurs changeantes du caméléon ont sans aucun doute pour utilité de le camoufler aux prédateurs. Mais il y a aussi une raison bien simple: il aime impressionner la galerie. Des chercheurs racontent dans Public Library of Science – Biology avoir employé une approche appelée spectroradiométrie pour, littéralement, voir ce que les caméléons et leurs prédateurs potentiels peuvent voir (car peu d’animaux ont une vision en couleur!). Conclusion: même dans les habitats très denses, où il est facile de se cacher derrière un feuillage, les caméléons changent tout de même fréquemment de couleur, parfois pour «afficher» leur agressivité. Autrement dit, ce que nous percevons comme du camouflage serait en réalité une forme de communication…
Le papillon qui fait peur
(Agence Science-Presse) – Selon la croyance, les papillons dont les dessins sur les ailes ressemblent à de grands yeux font fuir les prédateurs, qui croient avoir devant eux un animal menaçant. Or, selon Martin Stevens, de l’Université Cambridge, c’est plutôt la taille des dessins qui importe: son équipe a peint différents papillons, les uns avec des yeux, les autres avec des formes géométriques, pour constater que les oiseaux attaquaient à parts égales les uns et les autres. Ce ne sont que les papillons avec les plus gros dessins qui étaient 30% moins nombreux à échapper à leur funeste sort. Hypothèse: l’oiseau ne serait pas trompé par la taille des faux yeux, mais simplement prudent devant quelque chose de gros qu’il ne connaît pas.
Fumeurs: votre jugement est parti en fumée
(Agence Science-Presse) – Les fumeurs qui n’abandonnent pas leur mauvaise habitude en dépit des mauvaises nouvelles ont peut-être quelque chose qui ne tourne pas rond dans leur cerveau. Pearl Chiu et ses collègues du Collège Baylor de médecine (Texas) ont étudié les cerveaux de 31 fumeurs et 31 non-fumeurs et ont observé les mêmes différences lorsqu’on les soumettait à une simulation boursière. Alors que les non-fumeurs utilisaient les conseils qui leur étaient donnés après un investissement pour ajuster leurs futurs investissements, les fumeurs, eux, changeaient à peine leur comportement. Leur activité cérébrale démontre qu’ils avaient bel et bien enregistré l’information, mais que celle-ci ne semblait pas avoir un impact sur leur prise de décision (source: Nature Neuroscience).
Les radiations, ces mal-aimées…
(Agence Science-Presse) – Comme si causer le cancer n’était pas suffisant, voilà qu’on pourrait accabler les radiations pour leur rôle dans les maladies cardiaques. Selon une équipe qui a passé en revue les dossiers médiaux de 65 000 travailleurs de l’industrie nucléaire britannique entre 1946 et 2002, l’incidence de problèmes circulatoires est plus élevée chez ceux qui ont travaillé à l’époque où les limites d’exposition aux radiations étaient moins strictes. Leur chance d’atteindre les 70 ans serait de 2% moins élevée. Le risque accru de maladies cardio-vasculaires serait même plus élevé que celui de cancer, lit-on dans l’International Journal of Epidemiology. L’hypothèse n’est pas nouvelle: d’autres chercheurs ont déjà affirmé que les survivants des bombes atomiques tombées sur le Japon seraient plus nombreux à mourir de troubles cardiaques, bien qu’on ignore pourquoi.
Biocarburants: méfiez-vous des imitations
(Agence Science-Presse) – C’est l’intention qui compte, mais ceux qui achètent des biocarburants n’obtiennent pas toujours ce pour quoi ils ont payé. Le chimiste Chris Reddy, de l’Institut océanographique Woods Hole (Massachusetts), s’est appliqué à analyser les proportions de biodiesel dans les carburants diesel vendus en 2006 sous cette étiquette. Le mélange B20 par exemple, ainsi nommé parce qu’il est censé contenir 20% de biodiesel, en contenait moins, la plupart du temps —voire beaucoup moins: en bas de 10%. Seulement un échantillon sur 100 se situait entre 19 et 21% (source : New Scientist).
Les pilules alimentaires: la nourriture de l’avenir?
Marie-Josée Richard - Agence Science-Presse
Grâce aux avancées scientifiques de l’Agence de recherche de la défense américaine (DARPA), on estime que d’ici 2014, des chercheurs pourraient mettre au point des pilules capables de nourrir l’humain pour des jours, voire des semaines! En viendra-t-on vraiment un jour à se nourrir que de pilules, à la manière des personnages de la famille Jetson?
Qu’en dit la science?
Selon Manfred Kroger, professeur des sciences de la nutrition à l’Université de Pennsylvanie, bien que les pilules alimentaires soient, à ce jour, théoriquement disponibles, leur aspect pratique doit être amélioré. En effet, un homme moyen aurait besoin d’ingérer au moins 2000 calories par jour, ce qui équivaudrait à «avaler une pilule de près d’une livre» ou des centaines de petites granules chaque jour! Et il lui faudrait probablement un grand verre d’eau pour faire passer tout ça!
Au département de la Défense de l’armée américaine, une unité travaille à améliorer les repas à emporter des troupes. Les repas compacts représentent le tiers du poids et du volume des repas «prêts à manger» tout en étant aussi nutritifs et calorifiques. Ils sont actuellement ce qu’il y a de plus innovateur en ce qui a trait à la lyophilisation, une méthode de conservation des aliments qui a recours à un procédé de déshydratation par le froid. On n’en est pas encore à l’étape des pilules alimentaires, mais on s’en rapproche!
Quand le plaisir des sens crie famine!
Robert Henkin, directeur du centre The Taste and Smell Clinic sur la nutrition moléculaire et les désordres sensoriels, pose une mise en garde à l’utilisation d’une telle pharmacopée. Ce chercheur connaît bien l’importance des sens: cela fait plus de 30 ans qu’il traite des patients dont le sens du goût et l’odorat font défaut ou ont complètement disparu.
Selon lui, se nourrir aux pilules matin, midi et soir, tôt ou tard, ce sera la déprime assurée : «Imaginez : vous vous alimentez, mais il ne se passe rien! Vous perdriez alors tout intérêt à vous nourrir. Et même si l’on vous présentait vingt saveurs différentes de pilules, vous en auriez bien vite fait le tour!» Le spécialiste estime que les pilules alimentaires répondraient à un besoin vital, soit se nourrir, mais le plaisir des sens n’y étant pas, on s’en lasserait bien vite: «Il faut faire une distinction entre manger pour vivre et manger pour survivre». Et vous l’aurez deviné, les pilules alimentaires ne permettraient à l’homme de nourrir que son métabolisme. L’hédoniste en lui resterait sur sa faim.
Des laboratoires de recherches jusqu’à votre assiette…
Il y a fort à parier qu’il ne faudra pas attendre encore longtemps avant que les produits dérivés de la recherche ne soient disponibles aux consommateurs. En effet, déjà, on retrouve sur les tablettes la barre énergétique Hooah, à l’origine réservée aux militaires. Comment les mœurs sociales évolueraient-ils si ces petites pilules en venaient à substituer les repas?
«Manger est un acte social, un acte d’échange», a écrit Marie Marquis, professeure au département de nutrition de l’Université de Montréal, dans un article paru l’an dernier dans le périodique Recherches sur la famille. En effet, la nourriture que l’on ingère fait bien plus que simplement nous remplir la panse. Des études ont déjà démontré que manger en famille pouvait limiter les risques de toxicomanie chez les jeunes et de troubles alimentaires à l’adolescence. La psychosociologue Diane Daigle abonde dans le même sens: le temps des repas est très important, il permet de briser l’isolement et de sociabiliser. Il s’agit d’une composante essentielle pour garder une bonne santé mentale.
Prendre le temps de vivre
Voilà que l’arrivée de ces pilules pourrait faire sauver du temps aux plus pressés d’entre nous. Mais à quel prix? Diane Daigle craint que les pilules alimentaires ne soient avalées de travers… Dans sa clinique de consultation de Sainte-Julie, elle rencontre de nombreux patients, obsédés par la vitesse: «Ils sont pris dans un tourbillon continuel avec le temps. Les gens ne font qu’exister; ils ne prennent plus le temps pour vivre». Elle croit que ces pilules ne rendraient pas service à ces personnes, bien au contraire. «Plutôt que de revoir leur façon de vivre, elles s’enfonceraient davantage dans cette course contre la montre». Selon elle, les gens deviendraient encore plus individualistes: «Le peu de temps qu’ils s’accordent déjà pour manger risquerait alors de disparaître».
Manger, c’est aussi explorer
La spécialiste voit aussi défiler dans son bureau de nombreuses personnes en crise d’identité: «Elles ne savent plus qui elles sont ou quel est leur potentiel. Mon rôle est de les aider à se réconcilier avec leur humanité.» Et ce ne sont pas les pilules alimentaires qui les mettront dans la bonne voie. «En stimulant leurs sens, on peut réveiller les pulsions de vie qui les habitent», croit-elle. C’est en essayant toutes sortes de plats que l’on en vient à découvrir ce que l’on aime et ce que l’on n’aime pas, ce dont on a besoin ou ce dont on a le goût de manger. «Et pour un enfant, c’est particulièrement important», précise la spécialiste. Manger, c’est donc en quelque sorte un moyen de mieux se connaître.
Plus de pilules en vieillissant?
Avoir recours à des pilules alimentaires pour des fins militaires ou des missions dans l’espace, la psychosociologue Diane Daigle n’y voit pas d’inconvénient. Mais que monsieur et madame tout le monde en viennent un jour à les utiliser sur une base régulière, elle trouverait cela plutôt inquiétant! Elle entrevoit cependant un avenir pour ce type d’aliment. Les personnes handicapées ou en perte d’autonomie pourraient ainsi s’alimenter sans être dépendantes de quiconque. On estime qu’en 2016, les personnes âgées représenteront 17 % de la population au Québec; ceci signifie que près d’un Québécois sur cinq fera partie du troisième âge. Avec le vieillissement de la population, disons donc que ces petites granules pourraient bien se vendre comme de petits pains chauds!
Un labo pour tester les bactéries dangereuses des aliments
Mélanie Robitaille - Agence Science-Presse
Selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments, il y aurait chaque année, au Canada, de 11 à 13 millions de cas d’intoxications alimentaires. Comment tester la survie des bactéries présentes dans les aliments et responsables de ces empoisonnements? Impossible à réaliser dans les usines de transformation des aliments, évidemment! Il faut un environnement hautement sécuritaire, tel que le nouveau laboratoire de microbiologie des viandes à l’Université Laval.
Pour déterminer si un nouveau procédé de fabrication contamine ou non l’aliment, on reproduira à petite échelle, dans ce laboratoire, la transformation de la viande et d’autres produits. «On peut faire des modèles en laboratoire, mais on n’arrive jamais à être aussi proche de la réalité qu’on le voudrait, explique Linda Saucier, professeure au département de santé animale et responsable du laboratoire. Ici, on va pouvoir étudier des organismes pathogènes dans des situations très voisines de ce que l’industrie va faire.» Le laboratoire, refroidi à une température de moins de 10 °C comme dans l’industrie, a déjà un fumoir, un mélangeur et un hachoir.
Les possibilités d’analyse sont infinies. «Si quelqu’un veut qu’on teste la production de jus de carotte, on va acheter l’appareil pour faire du jus de carotte et on va le faire», lance-t-elle avec enthousiasme. On pourra aussi valider, par exemple, la production de nourriture à consistance particulière pour les personnes âgées ayant de la difficulté à avaler, ou tout autre aliment préparé à l’aide d’un nouveau procédé. Il sera également possible d’analyser des produits naturels ayant des propriétés de conservation des aliments, par exemple, les huiles d’origan et de thym qui se classent déjà comme d’efficaces agents de conservation naturels.
Selon Jean L’Heureux, l’ingénieur chargé de la conception du laboratoire, le défi était d’assurer sa polyvalence afin de reproduire tous les procédés de transformation. On y trouve des services d’air comprimé, de différents gaz et courants électriques, d’eau froide, chaude et à température contrôlée. Et, c’est sans compter les normes strictes de sécurité à respecter. Pour manipuler des bactéries qui causent des toxi-infections, l’environnement doit protéger les chercheurs et éviter que les bactéries puissent s’échapper du laboratoire. En plus de voir son accès restreint, ce nouveau laboratoire obtient un «niveau de confinement P2»: air filtré comme dans les salles d’opération, membrane sous le plancher en cas de déversement, désinfection possible du plafond, des murs et planchers, collecte des eaux usées dans un réservoir.
Construit au coût de 600 000 $, le laboratoire de microbiologie des viandes de l’Université Laval constitue la 4e usine-laboratoire du genre au pays, les autres étant situées à Saint-Hyacinthe et dans les Universités de Guelph et de l’Alberta.
La guerre des mondes
(Agence Science-Presse) – Enlever à Mars pour donner à Saturne. C’est un peu le sentiment qu’ont les scientifiques qui observent l’évolution des budgets de la NASA. L’annonce du mois dernier, comme quoi l’agence spatiale américaine va de l’avant avec une (coûteuse) mission robotisée consistant à ramener sur Terre un échantillon de sol martien, signifie, en contrepartie, des coupes dans les autres projets martiens de la prochaine décennie. Il faut dire que, parallèlement, le nouveau directeur scientifique a aussi annoncé son intention de lancer un projet de 3 milliards$ pour l’exploration des lunes de Jupiter et de Saturne. Les «marsologues» ont été particulièrement gâtés depuis 2001: deux sondes. Spirit et Opportunity roulent toujours sur la planète rouge, une autre, Odyssey, est en orbite, et une quatrième, Phoenix, vient les rejoindre en mai.
Y a rien là
(Agence Science-Presse) – Pour consacrer tout un livre au rien, il fallait du courage. Parce que ça n’a l’air de rien, mais le rien est un énorme sujet. Le physicien Frank Close est parti de l’époque où on appelait ça l’éther, jusqu’aux concepts pointus qu’aborde la physique quantique. Par exemple, le vacuum de Higgs, ce n’est pas grand-chose, mais ce n’est pas rien! (Frank Close, The Void, Oxford University Press, 2008).
Géographie infectieuse
(Agence Science-Presse) – Ce n’est pas la carte géographique à consulter pour des vacances de rêve: six chercheurs américains et une Britannique ont épluché les données de 300 maladies ayant émergé entre 1940 et 2004 et en ont extrait une carte des zones les plus «hot» pour de futures épidémies. C’est que de ces 300 maladies se dégagent en effet des points communs: économiques, sociaux, sanitaires et écologiques. Comme on s’en doute, si le gros des fonds affectés à la surveillance des maladies émergentes est concentré dans les pays riches, le gros des maladies, lui, est dans les pays pauvres…
Américains poussiéreux
(Agence Science-Presse) – Les westerns où les personnages évoluent au milieu de nuages de poussière n’ont pas exagéré: il y a effectivement eu beaucoup plus de poussière dans l’air de l’Ouest après l’arrivée des Blancs, révèlent des sédiments de l’époque. Le niveau a été multiplié par cinq! C’est ce qu’écrit Jason Neff, de l’Université du Colorado, dans Nature Geoscience, qui avance comme explications l’implantation d’une agriculture à grande échelle, et la construction des chemins de fer.
Climat plus chaud: moins d’eau
(Agence Science-Presse) – Ces dernières années, les habitants de l’Ouest des États-Unis ont eu droit à moins de neige en hiver, et cette neige fond plus tôt au printemps, provoquant du coup des rivières très hautes au printemps et très basses en été. Cela aurait pu n’être qu’une tendance passagère, mais une équipe américaine, qui publie dans Science une analyse des données remontant à 1950, y conclut que 60% de ces tendances sont causées par l’activité humaine. Résultat, si le réchauffement de la planète se poursuit, les problèmes d’approvisionnement d’eau —qui, déjà, commencent à pendre au nez de l’Ouest des États-Unis— iront en s’amplifiant.
Grenouille virtuelle
(Agence Science-Presse) – Adieu, dissections de grenouilles. Il y a déjà un bout de temps qu’elles ont commencé à disparaître des programmes scolaires en Amérique du Nord, mais les concepteurs de logiciels ne baissent pas les bras: un programme de réalité virtuelle, V-Frog, propose de faire «comme les vraies» dissections. Explorer les organes internes, faire une endoscopie (ces minuscules caméras qui peuvent pénétrer dans le corps et même observer un coeur qui bat : esprits fragiles s’abstenir.)
Faire le mort pour du sexe
(Agence Science-Presse) – Que ne ferait pas un mâle pour rencontrer la femelle. Chez une araignée appelée la pisaure admirable, certains mâles… font le mort! Des entomologistes danois s’en sont aperçus en mettant en contact des individus des deux sexes. Tous les mâles offrent de la nourriture à la femelle, mais certains vont plus loin encore: ils s’étendent sur le côté, sans bouger, la nourriture accrochée au bout de leur bouche. La femelle finit par prendre la nourriture, parfois traînant le mâle avec! À ce moment, celui-ci passe à l’acte. Neuf mâles sur 10 ayant choisi cette tactique ont réussi leur coup —et l’accouplement dure plus longtemps, semble-t-il— contre seulement 40% de ceux qui se contentent de donner la nourriture.
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Cerveau d’ado
(Agence Science-Presse) – Les sautes d’humeurs des ados sont le résultat d’un dysfonctionnement de la partie du cerveau responsable du contrôle des émotions. En fait, les ados les plus agités sont comme par hasard ceux qui montrent les cerveaux les moins «normaux»: l’amygdale —qui déclenche les réactions impulsives— est plus grosse chez eux —garçons et filles confondus. Les garçons avec un cortex cingulate antérieur plus petit que la moyenne étaient ceux qui «restaient agressifs» plus longtemps après un conflit, rapporte une équipe de l’Université de Melbourne. Autrement dit, chez les plus agressifs, la partie «réfléchie» du cerveau n’exerce plus assez de contrôle sur la partie «impulsive». Bon à savoir pour les parents désespérés… (Proceedings of the National Academy of Sciences).
Le tabac se retire de la science
(Agence Science-Presse) – Après huit ans, la multinationale du tabac Philip Morris a mis fin à un programme qui finançait des recherches dans des dizaines d’universités américaines. La décision a été précipitée par un virage de l’Université de Californie, décidée à suivre de près les impacts de tels investissements «externes». Il faut dire qu’il y a longtemps que des universitaires se battent pour que leurs institutions refusent des investissements aussi «suspects». Le «programme de recherche externe» de Philip Morris a accordé des sous à 470 projets dans 60 écoles de médecine universitaires, allant des bases moléculaires de l’artériosclérose jusqu’à l’expression des gènes des tumeurs au poumon. Mais les critiques prétendent que ces investissements avaient en fait les mêmes buts que tous ceux avancés par les géants du tabac depuis 50 ans: semer la confusion dans l’esprit du public sur les dangers du tabac.
Nanotechnologies: peu de certitudes, beaucoup d’inquiétudes
Binh An Vu Van - Agence Science-Presse
Les nanotechnologies sont arrivées: dans la nouvelle machine à laver de Samsung, le papier photo de Kodak, la crème solaire TiO2, Donny le chien un toutou antimicrobien, des chaussettes Lexon, les ustensiles de cuisine, les lentilles photographiques de Nikon, les boissons énergétiques, etc. En tout, en février 2008, on comptait déjà 606 produits en tout genre, contenant des nanoparticules, destinés aux consommateurs. Ces particules sont minuscules – de la taille des atomes, des brins d’ADN ou des virus – mais sont promises à une myriade d’applications. On les imagine saupoudrées par milliard pour radicalement transformer toutes les industries: électronique, médecine, pharmaceutique, matériaux et même alimentaire.
Pas étonnant donc que les nanotechnologies aient fait l’objet de plus d’une douzaine de présentations au récent congrès de l’Association for the Advancement of science à Boston. Et la discussion portant sur la façon de réguler l’avalanche à venir de produits nanotechnologiques sur le marché donne froid dans le dos à ceux qui y ont assisté. Car, bien que les nanotechnologies soient déjà chez le consommateur, on en connaît peu sur elles. «Nous ne savons pas encore s’il faut modifier la structure des législations actuelles, ni comment les modifier ou implémenter de nouvelles normes. Il y a trop d’inconnu», a admis Hermann Stamm de l’Institute for Health and Consumer Protection d’Italie devant une salle remplie de scientifiques et de journalistes. Comment veiller sur la santé des manufacturiers, des consommateurs et de l’environnement? «Il faudra répondre à trois questions avant de gérer les risques: quelles seront les caractéristiques de ces particules? Quelle est leur toxicité? Et dans quelles mesures serons-nous exposés?»
Mais en plus d’êtres nanoscopiques, les nanoparticules seront d’une diversité inimaginable; il suffit de penser à toutes les industries dans lesquelles elles interviendront. Cette diversité qui fait rêver d’applications extraordinaires est aussi la principale préoccupation des législateurs. Les nanoparticules seront manufacturées en toutes sortes de tailles, de matériaux (typiquement ce sont des métaux, des oxydes de métaux ou des nanotubes de carbone) et introduites à tout moment dans les chaînes de production. Certaines s’agglomèrent, se dissolvent ou changent de phase en passant du liquide au solide, d’autres agissent comme catalyseurs chimiques. Pour corser le tout, à l’échelle des atomes, les propriétés physico-chimiques sont imprévisibles.
En plus de caractériser ces molécules, il faudra connaître leurs effets sur notre santé. Car, elles pénètreront sans difficulté le corps humain, par la peau, les voies respiratoires, par ingestion. Elles sont si petites qu’elles peuvent infiltrer les organes, se brancher sur des protéines, se faire ingérer par des cellules et s’accumuler dans le corps.
Devant la nécessité de cette large collecte de données, Hermann Stamm a lancé un appel à une collaboration internationale: «C’est une tâche impossible sans la contribution de tous. Il faut établir des méthodes systématiques pour évaluer avec fiabilité les nouvelles nanoparticules, ce qui nécessitera des physiciens, des chimistes, des biologistes, etc.» Les chercheurs devront mettre les bouchées doubles pour ne pas perdre la confiance du citoyen, déjà échaudé par les OGM, le clonage et autres créations de la science.
Liste de tous les produits:
http://www.nanotechproject.org/inventories/consumer/
Mystères cosmiques
Pascal Lapointe - Agence Science-Presse
La Terre n’est plus au centre du cosmos, mais avec Robert Brandenberger, Montréal s’y retrouve. Parce que ce chercheur fait partie de ceux qui travaillent à résoudre le mystère des origines de l’Univers. Rien de moins.
Autour de ce physicien de l’Université McGill, spécialiste de la cosmologie, une poignée d’étudiants aux études supérieures travaillent à détecter «des lignes dans le ciel où la température change». Sous cette description étrange se cache une piste, pas la seule, mais une piste qui semble pour l’instant sérieuse, par laquelle on espère démontrer que la «théorie des cordes» est fondée.
Sans entrer dans les détails de cette théorie, qu’il suffise de dire qu’elle tire sa raison d’être d’un trou béant de la physique: celle-ci n’arrive toujours pas à expliquer le Big Bang. Pour forcer cette porte, plusieurs physiciens ont échafaudé de longues séries d’équations d’où a émergé une image intrigante: toutes les particules élémentaires — photons, quarks, électrons, etc. — seraient des «vibrations» différentes d’une même corde.
Sur papier, cela se tient, mais comment démontrer l’existence de ces cordes que personne n’a évidemment vues, et dont on n’est même pas sûr de la technologie qui pourrait les détecter? C’en est au point où, ces dernières années, plusieurs physiciens ont exprimé un malaise: ne va-t-il pas à l’encontre des principes de base de la science de soutenir une théorie qu’on n’est même pas sûr de pouvoir démontrer un jour? Brandenberger en convient, mais pour lui, l’intérêt est ailleurs: «pour moi, juste le fait de voir si on peut la prouver ou la réfuter est, en soi, intéressant.»
Et c’est là qu’intervient son travail: imaginer des façons par lesquelles la théorie des cordes pourrait être prouvée ou réfutée. La piste suivie par ses étudiants — les «lignes dans le ciel» — fait référence au «bruit de fond cosmique», cette trace résiduelle du Big Bang. «On fait maintenant des expériences à très petite échelle de ce rayonnement micro-ondes. Dans quelques années, on aura de meilleures cartes. Et là, si on voit une ligne dans le ciel où la température change, ce sera la signature d’une corde. Nous avons des étudiants ici qui sont en train d’établir des méthodes statistiques pour détecter ces lignes.»
C’est un travail qui, loin de se faire avec des appareils à la fine pointe de la technologie, nécessite du crayon et du papier. Mais surtout, dit-il, de l’imagination. «Et ensuite, il faut traduire l’imagination. Elle nous apporte les questions qu’on veut résoudre, et il suffit ensuite de traduire ces questions en mathématiques.» Ah oui, c’est si simple…
Dans 10 ans?
Aura-t-on résolu le mystère dans 10 ans? Même Robert Brandenbergber, dont le premier article sur le sujet remonte à 1989 alors qu’il terminait son doctorat à l’Université Harvard, en doute. «Je pense que le modèle standard de la cosmologie aura été en partie réfuté. Peut-être qu’un nouveau paradigme se sera développé, basé sur la théorie des cordes, mais ça, c’est plutôt un espoir qu’une prédiction.»
«Il y aura quelques questions qu’on aura résolues, ajoute-t-il, mais il y aura bien d’autres questions qui auront surgi.» S’agissant de l’étude d’un cosmos s’étendant à des milliards d’années-lumière, qui en douterait ?
Autisme et vaccins: le retour
(Agence Science-Presse) - On croyait la controverse sur l’autisme morte, eh bien la voilà qui resurgit par la façade politique. Maintes fois avancé, le lien entre vaccination et autisme constitue un mythe. Toutes les hypothèses qui ont été proposées, comme la présence de mercure, se sont révélées, après examens, sans fondement.
Or, voilà que le gouvernement américain rallume le feu. Au début du mois, on apprenait que celui-ci allait compenser un couple de Georgie qui alléguait que l’autisme de leur fille, Hannah, aujourd’hui âgée de 9 ans, avait été causé par les vaccins qui lui ont été administrés en 2000.
La décision du gouvernement ne dit pas spécifiquement que ces vaccins ont causé l’autisme, mais que les vaccins auraient «aggravé» un trouble cellulaire déjà existant — un trouble au niveau des mitochondries. Les experts interrogés un peu partout se sont dits stupéfaits — et inquiets de l’impact que cela pourrait avoir sur les campagnes de vaccination, avec tous les risques que cela entraînerait pour la santé publique. Le ministère de la Santé a refusé de commenter, et les documents relatifs à la décision n’ont pas été rendus publics.
Quelque 5000 autres familles ont déposé des plaintes similaires. Le quotidien Atlanta Journal and Constitution parle de deux autres familles qui ont déposé des plaintes similaires à celle de la famille d’Hannah, pointant du doigt le thimérosal, un des composés du vaccin à base de mercure, comme étant la cause de l’autisme. Ces deux causes doivent arriver en cour en mai.
Or, la piste du thimérosal a bel et bien été fouillée ces dernières années. Au Danemark, le thimérosal avait été éliminé des vaccins infantiles dès 1992. Une étude menée dans ce pays au début des années 2000 a révélé qu’après 1992, le nombre de cas d’autisme a… continué de grimper. Cette année encore, trois études distinctes ont échoué à trouver un lien entre thimérosal et autisme. L’une d’elles, publiée en janvier dans les Archives of General Psychiatry, a révélé qu’après le retrait du thimérosal des vaccins administrés en Californie, le taux d’autisme n’a pas baissé… là aussi, il a continué d’augmenter!
L’augmentation pourrait être une affaire de diagnostic. Il y a longtemps qu’on ne parle plus d’un autisme, mais de plusieurs degrés d’autisme, et les diagnostics se sont considérablement raffinés depuis l’époque où ces enfants étaient confondus avec les déficients mentaux.
L’autisme est un problème neurologique dont on ignore la cause; elle pourrait être génétique. Les symptômes n’apparaissent pas clairement avant l’âge de 3 ans — soit quelques mois après la vaccination contre la rougeole et la rubéole. Plusieurs médecins croient que c’est la raison pour laquelle tant de parents font spontanément ce lien.
Nourrissez bien vos oiseaux
(Agence Science-Presse) – Non seulement les oiseaux qui ont accès à des mangeoires passent-ils mieux l’hiver, ce qui n’étonnera personne mais en plus… leurs futurs rejetons s’en porteront mieux! Une étude menée en Angleterre, paradis de l’ornithologie, conclut en effet que pour les espèces qui ne migrent pas pendant l’hiver, les oeufs sont pondus 2 jours et demi plus tôt chez ceux qui ont accès à des mangeoires —même si leur saison des amours ne commence qu’en avril, soit longtemps après le départ de la neige. Mieux, ceux qui ont été nourris par les humains verront, en moyenne, un bébé de plus que les autres atteindre l’âge adulte! L’étude, parue dans Biology Letters, est la première à pointer un tel impact à long terme.
L’océan Arctique retient son souffle
Marie-Pier Désilets – Agence Science-Presse
Depuis maintenant trois ans, Alexandre Forest, doctorant en océanographie, brave le froid du Grand Nord pour y étudier la grande inspiration que prend l’océan Arctique chaque printemps. Cette véritable inspiration – l’étendue d’eau emmagasine une grande quantité de CO2 suite à la débâcle printanière – aide à éliminer naturellement une partie de ce gaz présent dans l’atmosphère.
Au cours des trois années où il s’est retrouvé à bord du brise-glace de recherche Amundsen, Alexandre a noté des variations importantes dans la quantité de CO2 capté dans des algues et déchets organiques. Le jeune chercheur a ainsi en sa possession des données inédites et uniques sur la quantité de CO2 que contiennent ces particules qui tombent au fond de l’océan Arctique.
La compilation des données lui a permis de constater que la quantité de carbone organique que captent ces particules dépend directement de la période à laquelle se produit la débâcle. Si elle est hâtive comme en 2005, la croissance des microalgues est stimulée par la plus longue exposition au soleil favorisant sans doute les consommateurs secondaires comme la morue, mais diminuant la quantité de CO2 qui coule au fond de l’océan pour y être séquestré.
Si au contraire, la débâcle est tardive, comme en 2006, le phénomène inverse se produit : une plus grande quantité de CO2 contenu dans les algues et les déchets se dépose sur le plancher océanique. Par conséquent, on comprend qu’un hiver plus froid favorisera la captation de CO2 par l’étendue d’eau. D’abord, parce que l’eau froide absorbe plus de CO2 que l’eau chaude, ensuite, parce que la débâcle tardive favorise l’exportation de carbone organique vers les fonds marins. «Or il faut un juste milieu entre la rétention de CO2 dans l’océan et une production importante de zooplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire fragile de l’Arctique», explique l’étudiant.
Équilibrer politique et environnement
Le juste équilibre est d’ailleurs l’angle par lequel Alexandre Forest aborde la question des actions à prendre pour contrer le réchauffement climatique. «Il ne faut pas retourner en arrière et oublier toute la technologie au nom de l’environnement, ni ignorer la situation et poursuivre l’exploitation des ressources au même rythme.»
Ainsi, il suggère de se servir des effets a priori négatifs du réchauffement climatique et tenter de voir comment ils peuvent être utiles de façon responsable et durable. Il ajoute que, de concert avec la communauté scientifique, les politiciens doivent se pencher sur des objectifs concrets, ceux de Kyoto par exemple. «L’homme est responsable du réchauffement climatique, c’est sans équivoque. Il faut maintenant que les politiciens trouvent des façons de gratifier l’action citoyenne en matière d’environnement pour qu’elle devienne l’affaire de tous. Je n’entends pas faire de la conscientisation environnementale une mission évangélisatrice, mais je compte bien prêcher par l’exemple», conclut Alexandre Forest.
Vos paupières sont lourdes…
(Agence Science-Presse) - Vous êtes au bureau ou dans un autobus, vos paupières se ferment, vous ne pouvez plus vous empêcher de sombrer vers le sommeil… avant de vous réveiller au premier bruit. Une telle sieste, qui a duré à peine 5 minutes, est-elle vraiment bénéfique? Oui, parce que, curieusement, c’est le simple fait de tomber endormi qui est bénéfique. Selon Olaf Lahl, de l’Université de Düsseldorf, en Allemagne, cela a pour effet de «rafraîchir le cerveau»: les étudiants qui ont été soumis à des tests mémorisaient plus facilement des listes de mots. Un peu comme un ordinateur qu’on éteint et qu’on rallume, et qui fonctionne soudain mieux, sans qu’on sache pourquoi…
Graham Bell était-il le premier?
(Agence Science-Presse) – Il y a longtemps qu’un débat d’experts a lieu parmi les historiens des sciences: qui, de Graham Bell ou d’Elisha Gray, a été le premier à «inventer» le téléphone? Le problème, en effet, est qu’ils ont tous deux déposé un brevet le même jour, mais que Bell a été plus rapide de quelques heures. Du moins, c’est ce que raconte la version officielle: or, le journaliste Seth Shulman, dans son livre The Telephone Gambit, raconte n’avoir trouvé aucune trace de cette histoire d’heures, lorsqu’il a fouillé dans les archives du Bureau des brevets, pour une bonne raison: en 1876, le Bureau n’enregistrait que le jour, pas l’heure. Plus embarrassant, Bell aurait daté le plan de son «transmetteur» après son retour à Boston d’un voyage au Bureau des brevets de Washington. Aurait-il vu, là-bas, les plans d’Elisha Gray et s’en serait-il ensuite inspiré pour développer une présentation suffisamment différente, de manière à se mériter lui aussi un brevet? C’est la thèse que développe l’auteur, à travers un exposé auquel il tente de donner l’allure d’une enquête policière.
On ne naît pas musicien, on le devient
(Agence Science-Presse) – Oubliez le gène de la famille Bach ou la mythique oreille musicale: le talent du musicien est beaucoup plus affaire d’apprentissage, confirme une nouvelle étude. Une étude de leurs cerveaux: celle-ci révèle que les régions spécialement dédiées à la compréhension de la musique deviennent encore plus animées lorsque les musiciens entendent des enregistrements de leur instrument préféré. Autrement dit, le flûtiste réagit davantage à un enregistrement de flûte qu’à celui d’une trompette. Qu’est-ce que cela signifie? Que les nombreuses répétitions ont fini par «sculpter» cette région du cerveau, écrit Elizabeth Margulis, de l’Université de l’Arkansas, dans Human Brain Mapping. Si les réactions du cerveau à la musique étaient génétiques, le cerveau réagirait de la même façon à n’importe quel instrument.
Marcher pour recharger les batteries
(Agence Science-Presse) – Ça risque de donner un tout autre sens à l’expression «batteries rechargeables». Des ingénieurs de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, ont conçu un système qui, attaché à vos jambes, génère de l’électricité quand vous marchez. Pas beaucoup, mais assez pour recharger votre téléphone ou votre ordinateur! L’idée, en fait, remonte à 2005: des ingénieurs de Pennsylvanie avaient conçu un système semblable, qui consistait en une batterie rechargeable dissimulée dans un sac à dos. Le problème est qu’il fallait transporter 38 kilos pour générer une puissance de 7 watts. Avec leur système, assurent Max Donelan et ses collègues, il suffit d’attelles sur les jambes —un kilo et demi— pour produire 5 watts. On se demande qui va le financer en premier: les clubs de randonneurs, les agences de secouristes… ou l’armée.
Que ceux qui ne sont pas racistes regardent ces photos
(Agence Science-Presse) – Des stéréotypes subsistent au plus profond du subconscient de gens qui ne sont pourtant en rien racistes, affirment des chercheurs californiens au terme d’une étude aussi troublante que controversée. Ils ont soumis 121 étudiants d’université à un test presque subliminal: afficher brièvement tantôt la photo d’un Noir, tantôt celle d’un Blanc, puis tout aussi fugitivement la photo brouillée d’un singe. Ceux qui, écrit la psychologue Jennifer Eberhardt, ont vu la photo d’un Noir, auraient été plus rapides à reconnaître le singe. Ce qu’il faut en conclure? Tristement, une «déshumanisation» inconsciente du Noir, un effet qui, ajoute la psychologue, a été observé autant chez les étudiants blancs que «non-blancs». Les experts en préjugés sont sceptiques, mais en attendant que des recherches plus approfondies nous en disent plus, ils ne rejettent pas ces conclusions: au contraire, rappelle le New Scientist en éditorial, on a toujours su qu’extirper les racines du racisme serait un processus long et difficile. C’est juste qu’il reste probablement beaucoup plus de chemin à parcourir qu’on ne l’avait imaginé.
Les méfaits des aéroports
(Agence Science-Presse) – Dans les banlieues proches des aéroports, les avions qui décollent ou atterrissent provoquent de la haute pression… chez les dormeurs. La pression sanguine est plus perturbée lorsque le bruit dépasse les 35 décibels —soit l’équivalent d’un compagnon de lit qui ronfle. Autrement dit, il ne faut pas grand-chose, affirment des chercheurs britanniques qui ont effectué un suivi de 140 personnes vivant à proximité de quatre aéroports européens. Dans l’European Heart Journal, les chercheurs conseillent à ces «voisins» d’isoler leurs maisons contre le bruit, mais conviennent que la meilleure solution serait de limiter les vols de nuit.
Rouler au soleil
Mélissa Girard - Agence Science-Presse
Des scientifiques du Nouveau-Mexique aux États-Unis ont inventé un appareil capable de fabriquer du carburant en recyclant le gaz carbonique de l’atmosphère. Tout ceci fonctionne à partir de l’énergie solaire! Alors que le baril de pétrole a passé le cap des 100 $, voilà une idée très… lumineuse.
Pour passer du soleil à l’essence, les scientifiques des laboratoires Sandia utilisent un réacteur appelé Counter Rotating Ring Receiver Reactor Recuperator ou, plus simplement, CR5. Cet appareil permet de décomposer le CO2 en monoxyde de carbone et en oxygène. Le monoxyde de carbone entre dans la composition des carburants conventionnels.
Des expériences en laboratoire ont démontré que le principe utilisé par le CR5 fonctionne. Les scientifiques espèrent maintenant mettre sur pied un prototype d’ici le mois d’avril. Il consisterait en une immense fournaise solaire, une vaste structure formée de 88 m2 de miroirs capable de transformer l’énergie du soleil en chaleur permettant d’augmenter la température de 14 anneaux de ferrite de cobalt à 1430o C. À cette température, la ferrite de cobalt relâche de l’oxygène. Lorsque les anneaux refroidiront à 1100oC, la ferrite de cobalt, libre de son oxygène, s’emparera de l’oxygène du CO2 atmosphérique, ce qui laissera derrière elle du monoxyde de carbone. Ce monoxyde de carbone pourra alors servir à fabriquer de l’essence ou des biocarburants à base de méthanol.
Très ingénieuse, cette technologie permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, le méthanol produit pourra servir à fabriquer des biocarburants, une énergie verte fort prometteuse, sans les effets néfastes engendrés par la culture du maïs. Les scientifiques ne pensent cependant pas pouvoir commercialiser leur appareil avant une ou deux décennies.
Il était une fois…
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse
Tous les livres ne se ressemblent pas. Ceux que nous racontait ma mère étaient immenses avec de riches illustrations, sans compter les histoires qui nous tenaient, ma sœur et moi, en haleine et immobiles: des petites filles perdues dans la neige, amies de colombes et de biches, princesses errantes dans des forêts peuplées d’animaux fantastiques, etc.
Pourquoi raconte-t-on des histoires aux enfants? Mis à part le plaisir de partager un moment de complicité, avant la délicate heure du coucher, lire un livre permet de stimuler leurs sens, leur imagination, développer leur écoute, leurs habiletés narratives et bien d’autres choses encore.
Le nouvel ouvrage de l’ergothérapeute québécoise Francine Ferland, Raconte-moi une histoire. Pourquoi? Laquelle? Comment?, explique pourquoi les histoires sont nécessaires au développement de l’enfant, en plus de transmettre le bonheur de lire.
L’art de raconter des histoires
D’une page à l’autre, l’auteure répond aux questions que bien des parents se posent : faut-il raconter des histoires qui font peur aux enfants? Les histoires contribuent-elles à leur développement? Ne risquent-elles pas de leur faire perdre le contact avec la réalité?
«Certains parents ont peur de “mentir” à leurs enfants en leur racontant des événements fantastiques tirés de l’imagination. […] On lui précise qu’on est dans l’imaginaire, le merveilleux et que là, tout est possible», explique la mamie de Gabriel, Maude, Florence et Camélia.
Celle à qui l’on doit l’ouvrage Pour parents débordés et en manque d’énergie (même éditeur, 2006) se penche sur les différentes histoires —comptines, contes, livres d’images, livres à jouer et magazines — et sur les différentes manières de les raconter (à l’endroit, en commençant par la fin, etc.).
Et pour raconter une histoire, on n’a presque pas besoin de livres. Un objet, un sac avec des jouets à identifier, un album de photos… et voilà que les petits moments de la vie de l’enfant deviennent une aventure à partager.
Ce petit guide de 150 pages propose même six petites histoires inédites pour se pratiquer à (re)lire des histoires ou retrouver le plaisir qu’on nous en raconte.
Raconte-moi une histoire. Pourquoi? Laquelle? Comment? par Francine Ferland, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2008, 15 $
http://www.chu-sainte-justine.org/editions/index.asp
Peut-on construire une ville verte dans le désert?
(Agence Science-Presse) - Une ville écologique dans le désert? C’est la question provocante que pose le journaliste de la revue Nature, en décrivant le dernier des rêves fous d’un des émirats arabes. Peut-on être écologique tout en vidant la nappe phréatique?
En effet, il y a quelque chose d’un peu contradictoire entre une ville bâtie suivant des principes écologiques… mais qui pomperait l’eau à un rythme effréné — l’eau, la plus précieuse des ressources du Moyen-Orient, bien plus précieuse que le pétrole.
Masdar City, dont les plans ont été dévoilés le mois dernier, serait construite près d’Abu Dhabi, dans les Émirats arabes unis. Elle serait à tout le moins une cité originale: 100 % énergie solaire… et surtout, pas d’automobiles! Le rêve prévoit jusqu’à 50 000 habitants en 2018, et zéro émission de carbone.
Parmi les critiques émises jusqu’ici : une oasis pour riches, avec ses terrains de golf et ses pentes de neige artificielle; un lieu pour se déculpabiliser d’avoir «l’empreinte de carbone» par habitant la plus élevée au monde — c’est la «performance» des Émirats arabes unis et les troisièmes émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde — derrière… deux autres pays du Golfe Persique, le Qatar et le Koweït! Comment croire, alors, au sérieux écologique?
Et pourtant, note Philip Ball, le journaliste de Nature, «que ça nous plaise ou non, nous devons prendre le “vert” là où nous le trouvons». Nous ne devons pas être naïfs, mais pas trop «prétentieux» non plus. De la même façon que les prétentions écologiques de la Chine signifient quelque chose d’important, même si ce pays est voué à voir son empreinte de carbone grossir exponentiellement dans les prochaines années, les prétentions écologiques d’un émirat arabe peuvent finir par avoir un impact bénéfique.
Par exemple, au plan technologique, et plus particulièrement autour du facteur critique, l’eau: la nécessité étant la mère de l’invention, la centrale de désalinisation de l’eau — transformer l’eau salée en eau potable — de Jebel Ali, à 35 kilomètres au sud-ouest de Dubai sur le Golfe Persique, génère déjà 300 millions de mètres cubes d’eau potable par année. Les États arabes sont devenus les chefs de file mondiaux des technologies liées à l’eau, et avec la croissance de la population — sans parler d’un rêve comme Masdar City — ils n’auront pas le choix que d’investir énormément d’argent dans des technologies plus performantes — qui serviront ailleurs dans le monde.
Certes, il vaudrait mieux qu’il n’y ait pas de cité dans le désert du tout — mais comme le fait remarquer Nature, en Israël, la centrale de désalinisation d’Ashkelon a coûté ce qu’aurait coûté un chasseur F-16. Ce fut de l’argent bien dépensé…
De grands naïfs
(Agence Science-Presse) – Nous sommes tous de grands naïfs, ce qui explique qu’un des plus grands charlatans du 20e siècle, le Dr John R. Brinkley, ait pu sévir pendant deux décennies. À l’image des vendeurs qui parcouraient les campagnes avec leurs remèdes-miracles, Brinkley découvrit une niche: la virilité masculine, qu’il promettait de renforcer au moyen de l’injection, dans le scrotum, de… sperme de boeuf! Abondamment annoncé dans les journaux, l’homme est devenu riche. Charlatan: America’s Most Dangerous Huckster (Crown Publishers, 2008 ) retrace son parcours de même que celui du journaliste scientifique Morris Fishbein, qui enquêta sur lui et sur d’autres célèbres fraudeurs.
Tout est dans le nom
(Agence Science-Presse) – Témoignage de l’importance croissante de la Chine dans la recherche: la Société américaine de physique vient d’annoncer que, dans ses revues, les signatures des auteurs asiatiques seront désormais suivies de leur transcription dans leurs idéogrammes. Les éditeurs justifient leur décision en expliquant qu’un nom chinois comme Wei Wang peut en réalité s’écrire de huit façons différentes en mandarin. «Je pense que c’est une formidable manière de montrer que la science est internationale», se réjouit, en entrevue pour Science, le physicien Wei Wang, de l’Université du Wisconsin. «Tous les journaux devraient faire la même chose», renchérit Wei Wang, biophysicien à l’Université de Californie.
Les banques verdissent
(Agence Science-Presse) – Les écologistes se découvrent un allié inattendu: trois des plus grosses banques américaines —J.P. Morgan Chase, Citigroup et Morgan Stanley— ont signé en février un document conjoint, par lequel elles s’engagent à mettre en garde quiconque demande un prêt pour les futures centrales au charbon. Les compagnies électriques se feront demander si elles ont soigneusement examiné les autres alternatives et si elles comptent participer aux marchés du carbone. Il faudra aussi tenir compte, ajoute The Carbon Principles, de la possibilité que soient votées, dans un avenir prévisible, des législations qui resserreraient la vis aux centrales plus polluantes.
Cheveux gras contre couche d’ozone
(Agence Science-Presse) – Ce n’est pas propre, mais ça a un avantage: des cheveux gras vous protègent de la pollution. Des chercheurs de l’Université du Missouri rapportent que des cheveux non-lavés absorbent jusqu’à sept fois plus d’ozone. Or, l’ozone atmosphérique, selon plusieurs spécialistes, pourrait être responsable de problèmes respiratoires. Vaut donc mieux qu’il aille s’accrocher dans les cheveux que dans les poumons!
Les premiers habitants de… l’Alaska!
(Agence Science-Presse) – Les ancêtres des Amérindiens ont peut-être attendu très longtemps avant de peupler les Amériques mais ils n’en ont pas moins pris pied en Amérique. Du moins… en Alaska! Les chercheurs estiment à présent que c’est aussi tôt que 40 000 ans avant notre ère que des groupes venus d’Asie ont pu franchir le détroit de Bering —à sec, à l’époque— et peupler une bande de terre de ce qui est devenu aujourd’hui l’Ouest de l’Alaska. Et ce n’est que 20 à 30 000 ans plus tard que quelques-uns se sont pour la première fois aventurés vers le Sud, lorsque la fonte des glaciers a ouvert un passage. Sur la base d’analyses génétiques d’Amérindiens modernes, une équipe de l’Université de Floride estime que ces premiers pionniers furent entre 1000 et 5400, encore qu’on ne puisse affirmer qu’ils soient tous à l’origine des Amérindiens. La plupart des chercheurs s’entendent plutôt sur l’existence d’au moins deux phases de migration.
Sexisme chez les fantômes
(Agence Science-Presse) – On dit qu’on meurt comme on a vécu… et ça continue au-delà. Du moins, selon les écrivains qui ont mis en scène des fantômes. Gina Barreca, du département d’anglais à l’Université du Connecticut, a eu la curieuse idée de recenser ce type d’histoires: il en ressort que les femmes-fantômes et les hommes-fantômes se comportent différemment. Tous deux retournent dans des lieux connus, mais les hommes le font parce qu’ils ont une vengeance à accomplir, alors que les femmes y ont des comportements plus anodins: terminer une tâche, ou embêter les habitants de la maison, en cachant leurs clefs ou en faisant tomber des livres. La femme fantôme qui hante une maison est souvent «une version moins passionnée» de la femme qui habite réellement la maison, résume Barreca.
Les femmes choisissent
(Agence Science-Presse) – On vient de découvrir que chez un poisson africain d’eau douce, le mâle alpha a beau s’approprier toutes les femelles, c’est tout de même la femelle qui décide. Une autre équipe de l’Université McMaster, en Ontario, a étudié le comportement «social» de ce Neolamprologus pulcher, dans le lac Tanganyika: on savait déjà que lorsque le mâle alpha mourait ou disparaissait, les autres mâles se battaient pour prendre sa place. Or, en retirant le mâle alpha, ces biologistes ont constaté que si les mâles se battent bel et bien, au bout du compte, c’est la femelle alpha qui décidera qui sera le chef, et elle n’acceptera qu’un partenaire plus gros qu’elle. Niveaux de testostérone ou d’agressivité semblent ne pas du tout l’influencer. Les biologistes avancent que ce comportement doit se répéter chez beaucoup d’espèces où on a présumé que le mâle alpha était «le boss».
Les femmes préfèrent la bonne note
(Agence Science-Presse) – Quant au mâle d’une espèce d’oiseau appelé le colibri d’Anna, il a un truc bien à lui pour séduire la femelle: il saute de sa branche et, tout en plongeant, lance une note très forte et aussi élevée que la plus haute note d’un piano. Sauf que, viennent de découvrir des biologistes californiens, ce n’est pas avec ses cordes vocales qu’il produit cette note de musique: c’est avec sa queue. Une combinaison de vitesse, de battement d’aile et de vent…
Les femmes préfèrent les grands baiseurs
(Agence Science-Presse) – On ignore si c’est une odeur différente qui émane de ces mâles, mais les femelles rats préfèrent d’emblée ceux qui ont beaucoup baisé. C’est du moins ce que conclut une équipe de l’Université McMaster, en Ontario, qui a mis en contact plusieurs femelles avec deux rats, un actif sexuellement et l’autre pas, pour voir lequel serait choisi. L’actif avait la cote… sauf quand on reprenait l’expérience avec des femelles dépourvues d’odorat! Une confirmation de l’adage: le succès engendre le succès (Animal Behaviour).
L’océan Arctique retient son souffle
Marie-Pier Désilets – Agence Science-Presse
Depuis maintenant trois ans, Alexandre Forest, doctorant en océanographie, brave le froid du Grand Nord pour y étudier la grande inspiration que prend l’océan Arctique chaque printemps. Cette véritable inspiration – l’étendue d’eau emmagasine une grande quantité de CO2 suite à la débâcle printanière – aide à éliminer naturellement une partie de ce gaz présent dans l’atmosphère.
Au cours des trois années où il s’est retrouvé à bord du brise-glace de recherche Amundsen, Alexandre a noté des variations importantes dans la quantité de CO2 capté dans des algues et déchets organiques. Le jeune chercheur a ainsi en sa possession des données inédites et uniques sur la quantité de CO2 que contiennent ces particules qui tombent au fond de l’océan Arctique.
La compilation des données lui a permis de constater que la quantité de carbone organique que captent ces particules dépend directement de la période à laquelle se produit la débâcle. Si elle est hâtive comme en 2005, la croissance des microalgues est stimulée par la plus longue exposition au soleil favorisant sans doute les consommateurs secondaires comme la morue, mais diminuant la quantité de CO2 qui coule au fond de l’océan pour y être séquestré.
Si au contraire, la débâcle est tardive, comme en 2006, le phénomène inverse se produit: une plus grande quantité de CO2 contenu dans les algues et les déchets se dépose sur le plancher océanique. Par conséquent, on comprend qu’un hiver plus froid favorisera la captation de CO2 par l’étendue d’eau. D’abord, parce que l’eau froide absorbe plus de CO2 que l’eau chaude, ensuite, parce que la débâcle tardive favorise l’exportation de carbone organique vers les fonds marins. «Or il faut un juste milieu entre la rétention de CO2 dans l’océan et une production importante de zooplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire fragile de l’Arctique», explique l’étudiant.
Équilibrer politique et environnement
Le juste équilibre est d’ailleurs l’angle par lequel Alexandre Forest aborde la question des actions à prendre pour contrer le réchauffement climatique. «Il ne faut pas retourner en arrière et oublier toute la technologie au nom de l’environnement, ni ignorer la situation et poursuivre l’exploitation des ressources au même rythme.»
Ainsi, il suggère de se servir des effets a priori négatifs du réchauffement climatique et tenter de voir comment ils peuvent être utiles de façon responsable et durable. Il ajoute que, de concert avec la communauté scientifique, les politiciens doivent se pencher sur des objectifs concrets, ceux de Kyoto par exemple. «L’homme est responsable du réchauffement climatique, c’est sans équivoque. Il faut maintenant que les politiciens trouvent des façons de gratifier l’action citoyenne en matière d’environnement pour qu’elle devienne l’affaire de tous. Je n’entends pas faire de la conscientisation environnementale une mission évangélisatrice, mais je compte bien prêcher par l’exemple», conclut Alexandre Forest.
Les inventions des Inuits
Chronique Les Débrouillards
Préparée par Agence Science-Presse en collaboration avec le magazine Les Débrouillards
L’Arctique canadien offre un environnement très inhospitalier. C’est un des endroits sur la Terre où la survie est la plus difficile pour les humains. Malgré tout, les Inuits et leurs ancêtres y habitent depuis des milliers d’années. Ils ont trouvé des moyens originaux pour résister aux rigueurs de l’Arctique.
Les premiers Inuits mettaient à profit toutes les ressources naturelles à leur disposition, ce qui se limitait aux pierres, à la neige et aux animaux! En fait, les animaux représentaient leur principale source de combustible, de matériaux de construction et de nourriture.
Traîneaux en peau, bateaux en os
Les Inuits vivaient de la chasse et de la pêche. Ils s’installaient dans des camps temporaires et déménageaient périodiquement pour suivre le gibier.
Cette vie nomade était difficile. Mais les Inuits savaient très bien comment se déplacer.
Leurs traîneaux s’appelaient des «kometiks». Ils étaient faits d’une simple plate-forme fixée à deux patins. Quand ils ne trouvaient pas de bois, les Inuits fabriquaient leurs kometiks avec les os et les bois des animaux arctiques. Pour les patins de leurs traîneaux, ils utilisaient parfois des poissons gelés, enroulés dans une peau d’animal. Cette peau était couverte d’une couche de glace pour glisser plus facilement. Ces patins étaient très utiles parce qu’on pouvait les manger en cas de besoin!
Les bateaux construits par les Inuits étaient tout aussi impressionnants. Il y en avait de deux sortes: les kayaks et les oumiaks. Ces deux types d’embarcations se composaient d’une peau de phoque tendue sur un cadre en bois flotté ou en os de cage thoracique.
Des outils tirés de la nature
Lunettes de neige
• Sculptées dans de l’ivoire ou des bois d’animaux, pour protéger les yeux de l’éclat du soleil.
Perçoir à archet
• Outil à sculpter fait de branches ou de bois d’animaux, d’os, de pierres et de tendons. Cet outil était assez solide pour percer à peu près n’importe quel matériau.
Lampe à l’huile
• Cette lampe en pierre, remplie d’huile, servait au chauffage, à l’éclairage et à la cuisson. On faisait brûler l’huile à l’aide d’une mèche de mousse posée sur le rebord de la lampe.
Flotteur en peau de phoque
• On fixait à l’extrémité des harpons une peau de phoque gonflée. Quand on attrapait un animal au harpon, le flotteur l’empêchait de couler.
Publié avec la collaboration de la Société d’histoire nationale du Canada.
L’année du voyage dans le temps?
Agence Science-Presse
2008: l’année où des visiteurs du futur débarqueront. Voilà, à n’en pas douter, une histoire de «premier contact» inédite. De toutes les théories, farfelues ou apocalyptiques, à avoir tourné autour des superaccélérateurs de particules, celle-ci est sans doute la plus originale.
Le Large Hadron Collider (LHC), qui doit normalement commencer cette année, près de Genève, en Suisse, à faire se percuter des protons à une vitesse proche de celle de la lumière, pourrait accidentellement ouvrir une porte vers un tunnel dans l’espace-temps, ont calculé deux mathématiciens russes. Faisant de l’année 2008 le «point d’arrivée» d’une machine venue d’un lointain futur.
On s’en doute, ce n’est pas le but premier du LHC. Cet anneau de 27 kilomètres de diamètre, construit à grands frais sous la terre, près de la frontière franco-suisse, est un «appareil» conçu pour «voir» plus loin que jamais auparavant dans l’infiniment petit; l’espoir de ses concepteurs est qu’il contribue à résoudre quelques-unes de ces énigmes qui passionnent les physiciens théoriques, comme l’existence du boson de Higgs.
L’apocalypse, version mathématique
Sur le LHC et les autres projets de ce calibre qui furent sur les tables à dessin depuis 10 ans, tout a été dit, ou presque. Il y a quelques années, un physicien a calculé que ces collisions entre protons, en raison de l’extraordinaire énergie concentrée dans un espace aussi petit, créeraient un mini-trou noir. Qui, dès lors, engloutirait notre planète, en commençant par la Suisse. Ne voulant pas être en reste, un autre a calculé que cela créerait plutôt une particule jusqu’ici inconnue, appelée strangelet en anglais, qui dévorerait l’Univers. Rien de moins.
Mais l’idée du voyage dans le temps est suffisamment exotique pour s’être mérité la Une du New Scientist il y a quelques semaines — et fournir le prétexte à une petite leçon de physique des particules.
Il faut d’abord savoir que la physique n’a jamais rejeté la possibilité du voyage dans le temps. C’est juste qu’il faudrait, pour réussir l’exploit, disposer d’une masse d’énergie suffisante pour «plier» la structure même de l’Univers. La plier au point d’en faire une boucle qui revient vers l’arrière — vers le passé. Ne cherchez pas chez le quincailler du coin, même la masse de plusieurs soleils réunis ne suffirait pas.
Ces théories circulent depuis Einstein, mais les choses sont devenues plus intéressantes pour les amateurs de science-fiction quand le physicien californien Kip Thorne a démontré, en 1988, qu’il ne serait pas nécessaire de construire une machine pour courber ainsi l’espace; il suffirait de profiter d’un trou de ver, c’est-à-dire un «tunnel», peut-être naturel, à travers l’espace-temps.
Et pour ouvrir une porte qui deviendrait la sortie de ce tunnel, un «simple» Large Hadron Collider de notre primitive année 2008 suffirait, selon les mathématiciens russes Irina Aref’eva et Igor Volovich, de l’Institut Steklov de mathématiques, à Moscou. Sous certaines conditions, affirment-ils, les énormes ondes gravitationnelles générées par deux protons entrant en collision pourraient ouvrir une porte — une déchirure — dans la fabrique de l’espace-temps. Une civilisation du futur n’aurait ensuite qu’à manipuler un trou de ver pour l’amener jusqu’à cette «porte».
Le problème avec leur calcul, c’est sa marge d’erreur. Elle est impossible à évaluer, car savoir quelle énergie précise il faut pour ouvrir cette «porte» est au-delà de nos connaissances, lit-on dans le New Scientist: si notre couple de mathématiciens affirme que c’est à la portée du LHC, d’autres affirment que le LHC n’est qu’un nain. Ce qui génère, du coup, plusieurs autres possibilités, mais beaucoup moins alléchantes. Par exemple, le LHC pourrait bel et bien ouvrir la porte à un trou de ver, mais microscopique, au point où seules des particules plus petites qu’un atome pourraient s’y faufiler.
Leurs calculs ont été déposés sur ArXiv, la base de données publique de pré-recherches en sciences physiques. Bien qu’ils aient attiré la curiosité de plusieurs physiciens, ces calculs n’ont pas fait l’objet d’une véritable révision par les pairs. Et l’on peut comprendre pourquoi. Comme l’avait écrit Stephen Hawking en 1992, les lois de la physique «conspirent» contre le voyage dans le temps. Comment revenir dans le passé pour tuer notre grand-père si nous sommes déjà nés? Mais qui sait? Peut-être, suggère le journaliste Michael Brooks, serait-il temps d’augmenter le personnel du Bureau d’information touristique de Genève. Juste au cas…
Encadrés
Qu’est-ce que le LHC?
C’est un accélérateur de particules, c’est-à-dire un tunnel (ici, circulaire) de plusieurs kilomètres de diamètre (ici, 27) où des particules plus petites qu’un atome sont précipitées, à une vitesse proche de celle de la lumière. Il en résulte de temps en temps des collisions entre ces particules qui, compte tenu de la vitesse phénoménale, dégagent une énergie tout aussi phénoménale, laquelle ouvre une fenêtre sur des portions inconnues de l’infiniment petit.
Qu’est-ce que le boson de Higgs?
C’est un de ces mystères de l’infiniment petit. Une parmi les dizaines de particules plus petites que l’atome dont on ne fait que soupçonner l’existence; il serait «la» particule qui donne sa masse aux autres — donc, il est le facteur-clef pour déterminer la masse du cosmos. Détecter sa présence, c’est combler plusieurs trous dans les hypothèses émises par les physiciens sur la structure même du cosmos, du Big Bang jusqu’à aujourd’hui, et au-delà.
La faim de l’histoire
(Agence Science-Presse) – Éliminer la famine serait-il, pour un État, un signe de maturité? C’est la thèse que développe l’historien américain James Vernon dans son dernier livre. Il est un fait que les gouvernements qui sont parvenus à éradiquer famine et malnutrition, à commencer par l’Angleterre aux XIXe et XXe siècles, ont atteint ce but par un mélange de prise de conscience politique (favorisée, entre autres, par les médias) et de développement scientifique (en agriculture, en nutrition, en médecine). Mais ces États ont bénéficié aussi de conditions économiques favorables à la création d’institutions d’assistance. C’est là un léger détail, qui manque aujourd’hui à beaucoup des pays les plus pauvres d’aujourd’hui… Il est indéniable que lorsque le revenu moyen augmente, la qualité de l’alimentation —en particulier, celle destinée aux enfants— augmente, mais comment faire augmenter le revenu moyen? Une histoire de la famine ne fournit pas la réponse… (Hunger: A Modern History, Harvard University Press, 2007).
Russie: où en est-on avec les bombes atomiques?
(Agence Science-Presse) – Il y a une décennie, était lancé un vaste projet pour assurer à la Russie une «dénucléarisation» harmonieuse. Le projet (Initiatives for Proliferation Prevention, ou IPP), géré conjointement par la Russie et les États-Unis —quoique largement financé par ces derniers— visait à éliminer le risque que des scientifiques et des ingénieurs nucléaires ne vendent leur savoir à des pays peu recommandables, en les aidant à se trouver d’autres emplois. Or, ce programme est maintenant sur la glace. Une récente enquête du Congrès, à Washington, a révélé que près de la moitié des scientifiques payés par l’IPP n’ont jamais travaillé dans l’armement, dont certains qui sont même trop jeunes pour avoir pu travailler à l’époque où cela s’appelait encore l’Union soviétique. Depuis sa création, l’IPP a donné 309 millions$ à quelque 17 000 scientifiques. Ce qui semble beaucoup mais qui, au final, ne représente que 35$ par personne par jour. Peut-être pas assez pour empêcher ceux qui détiennent vraiment des secrets de les vendre au plus offrant…
L’information (scientifique) veut être libre
(Agence Science-Presse) – Les chercheurs qui préféreraient que leurs recherches ne soient accessibles qu’au plus petit nombre d’experts, ont de plus en plus de difficultés. Depuis une décennie, le mouvement d’accès public à la recherche (en anglais, open access) ne cesse de gagner en influence et voilà que le plus important organisme subventionnaire des États-Unis, sinon du monde, serre la vis. À partir du 7 avril, vient de stipuler le NIH (National Institutes of Health), toute recherche financée par le NIH devra être publiée dans une base de données gratuite (PubMed Central). Les chercheurs qui refuseront de s’y soumettre pourront perdre des points lors de leurs futures demandes de subventions. En fait, une telle politique existait depuis mai 2005, mais uniquement sur une base volontaire: résultat, seulement 12% des auteurs s’y étaient soumis jusqu’ici.
