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Découvrir ses dépendances
Vol.16, no3, février-mars 2008
Photos-reportage de Marie-France Beaudry

À travers l’objectif de Marie-France Beaudry, une photographe professionnelle de 28 ans, nous découvrons l’univers de la Maison L’Impératif, un centre de traitement des dépendances situé à Sainte-Madeleine.

Karl, 26 ans, au moment de la rencontre, vient tout juste d’arriver à la Maison. Il se sent déjà mieux. Ici, il est bien entouré, il a même déjà repris du poids.

Geneviève, 29 ans, en est à sa 2e visite. Elle admet que l’échec de son premier séjour est dû au fait qu’elle s’était gardée des portes de sortie. C’est par un heureux hasard, au moment où elle a véritablement touché le fond, que François, lui a téléphoné pour prendre de ses nouvelles. Elle est revenue, mais cette fois, avec la ferme intention de régler ses problèmes.

Hugo, un Français est venu de Paris pour suivre le programme de la Maison. Après 3 mois et demi, il se sent prêt à retourner chez lui. Il a des projets, il souhaite travailler dans la compagnie de sa mère et terminer sa formation de plongeur pour ouvrir une école de plongée avec son frère.

Maxime est le plus ancien de la gang, malgré ses 23 ans. Maxime sait comment il en est arrivé là. Constamment «écœuré» à l’école à cause de son poids, il s’est construit une carapace et s’est réfugié dans la drogue. Depuis son séjour au centre, il a été renvoyé chez lui une semaine pour avoir caché des médicaments. De retour, il a appris sa leçon. Il veut maintenant récupérer son emploi, avoir une 2e chance et repartir du bon pied.

François travaille à la Maison depuis 8 ans. Il y a suivi une thérapie il y a 10 ans. Au début, la douleur est encore fraîche et les interventions sont difficiles. Tranquillement, il apprendra à remplacer la sympathie par l’empathie.
Il est sur place 7 jours sur 7.

En savoir plus sur la photos-reporter, Marie-France Beaudry
L’optimisme des résidents, l’ambiance d’humilité et de sérénité ont marqué la photographe. «On voyait leur intérêt à s’en sortir», explique Marie-France, heureuse de ce que lui a appris son passage à la Maison L’Impératif.

En début de carrière, la jeune femme souhaite parler des «vraies affaires». «Ce que je veux, c’est sensibiliser les gens à ceux qui vivent dans l’ombre, à les démarginaliser. J’admire ceux qui ont le courage de se sortir de situations difficiles. Ils ont beaucoup de mérite», ajoute-t-elle.

Encadré
La Maison L’Impératif
La Maison L’Impératif est un centre de traitement des dépendances. Situé à Sainte-Madeleine, l’organisme a été fondé en juillet 1992 afin de venir en aide aux personnes avec des problèmes d’alcoolisme et/ou de toxicomanie qui empoisonnent leur vie personnelle et/ou professionnelle.

L’objectif de la Maison L’impératif est de briser l’image que la personne s’est fait d’elle-même au fil du temps, de lui apprendre à être elle-même et exprimer ses sentiments. On y enseigne aussi une chose si simple mais pourtant tellement efficace: 15% du problème en est un de consommation et 85%, de comportement. «Identifie tes comportements, et tu seras en mesure d’apporter des corrections.»

Pour plus de renseignements:
Maison L’Impératif
Centre de traitement des dépendances
Drogue, alcool, médicaments
Téléphone: (450) 584-2184
Courriel: info@maisonlimperatif.com
Site Internet: http://www.maisonlimperatif.com

Gamblers, toxicomanes ou alcooliques?

Lors d’une visite sur le blogue de Toxico Québec, quelques statistiques attirent mon attention: “Au Québec, le pourcentage de toxicomanes du jeu (joueurs compulsifs), se situe, selon les études, entre 2,1 et 5% alors qu’il n’y a que 0.9% de toxicomanes (drogues illicites) et 1.9% d’alcooliques”.

Des chiffres qui peuvent faire réfléchir sur les conséquences que le jeu peut avoir sur les Québécois.

Toxico Québec a mis en ligne un blogue sur les différentes addictions: drogues, alcool et jeu compulsif. Même si le site Toxico Québec existe depuis de nombreuses années, le blogue semble être tout nouveau, quelques semaines seulement.

Il n’y a pas de commentaires sur les textes publiés, mais le trafic générés par le site semble indiquer que beaucoup d’Internautes se questionnent sur ces problématiques.

Consommation de pot

En tant qu’intervenant, j’ai eu l’occasion d’accompagner plusieurs personnes toxicomanes. Aujourd’hui je veux vous partager quelques constats concernant les arrêts de consommation que j’ai pu observer.

On parle ici de jeunes de 16 à 30 ans. Certains ont consommé du pot pendant plusieurs années, pouvant aller jusqu’à 15 ans de consommation continue. Des jeunes devenus irresponsables, voleurs, menteurs, incapables de respecter un rendez-vous ou un engagement, un lever du corps à des heures alléatoires, des promesses, toujours des promesses, mais sans résultats concrets, une mémoire de quelques minutes, incapables de planifier plus de 5 minutes à la fois…

En espérant que vous n’avez pas reconnu trop de monde de votre entourage. Certains de ces jeunes ont dû passer par un centre de thérapie pour en arriver à reprendre le contrôle de leur vie. D’autres ont dû faire plusieurs thérapies avant d’en arriver à une victoire.

Finalement, il y a ceux qui ont arrêté, tout simplement parce qu’ils n’en pouvaient plus de se voir consommer et d’être des légumes permanents. Des arrêts de consommation sans aucune thérapie, à froid, motivé par une écoeurantite aigue de leur mode de vie. Leur motivation: “Je ne veux plus retourner de là d’ou je viens”.

En peu de temps, moins d’une semaine, ces jeunes se cherchent un emploi, se font un plan d’action, deviennent sérieux et responsables! Ils demeurent différents pour un certain temps. Mais après une semaine d’arrêt de consommation, vous les verriez et vous auriez de la difficulté à me croire si je vous décrivais l’état végétatif dans lequel ils baignaient la semaine d’avant.

Tout n’est pas toujours aussi beau et miraculeux. Certaines drogues laissent des séquelles à long terme. Je fais 2 constats de ces expériences. D’une part, il est faux de banaliser la consommation de pot et de penser qu’il n’y a rien là. Pendant leur consommation, le mode de vie de ces jeunes n’étaient pas enviables. D’autre part, l’arrêt de consommation peut permettre un rétablissement rapide et plus facile que l’on peut se l’imaginer.

Essayez donc, juste pour voir. Vous m’en donnerez des nouvelles dans quelques semaines.

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Les régions, une nouvelle vie pour les jeunes marginalisés

Au Journal de la Rue ainsi qu’au Café-Graffiti, nous accompagnons des jeunes marginalisés. Leur vécu est très varié; décrocheur, trouble de comportement, violence, difficulté avec l’autorité, alcoolique, toxicomane et j’en passe.

Suite à leur passage chez nous, plusieurs restent en contact, viennent nous donner des nouvelles, saluer les anciens encore chez nous ou dire bonjour aux nouveaux qui arrivent. Nous avons eu des nouvelles d’un de nos anciens. Il est maintenant en Gaspésie, ils étudient à l’université en environnement. Il a cessé de consommer. L’exil en Gaspésie aura été important pour lui, pour recommencer à zéro. Sortir du milieu.

Et ce n’est pas le premier qui réussit cet exploit en passant par les régions. Le stress des centres urbains, le mode de vie qu’ils ont développés est devenu infernal pour plusieurs. Leur planche de salut passe par un nouvel environnement, une vie plus calme et sereine, un rapprochement de la nature. Nous avons maintenant des anciens qui se sont ainsi rétablit dans plusieurs régions du Québec. Plusieurs s’impliquent auprès des jeunes de leur région adoptive.

Il est venu nous saluer au Café-Graffiti. Il est reparti avec plusieurs copies du magazine Reflet de Société en nous disant: “Il y a plusieurs jeunes là-bas qui en ont besoin”. Ç’a fait chaud au coeur de voir un ancien sensible à la cause des plus jeunes.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/08/les-marginaux-les-regions-et-les-ressources/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/06/les-gangs-de-rue-sexportent-en-region/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/18/refugie-au-saguenay/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/18/exode-ou-migration-labitibi-ramene-ses-enfants-au-bercail/

Textes sur la santé.

Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Nouvelle cuvée du défi Éduc’alcool
Vol 14-2

Le deuxième défi Éduc’alcool sort sur les tablettes en janvier prochain. Proposé aux organismes jeunesse à la grandeur de la province, le concours porte sur les méfaits de la surconsommation d’alcool. Le but recherché: favoriser la réflexion et l’échange entre les jeunes pendant qu’ils s’amusent en préparant et présentant leur projet. De plus, il favorise la diffusion de ces créations pour toucher le plus de jeunes possibles.

Les maisons de jeunes et autres orga-nismes jeunesse sont invités à organiser des activités collectives ou projets multimédias pour prévenir le calage, l’abus et la beuverie. Les participants se partageront 4000$ en prix.

400 organismes jeunesse au Québec ont reçu une invitation à participer au concours cette année. L’an passé, le premier défi Éduc’alcool a sensibilisé 2295 jeunes aux risques de la surconsommation d’alcool.

Pour en savoir plus:
Line St-Germain, Directrice de L’Esplanade (514) 529-6666
www.esplanade.org

Textes sur alcool et drogue

À Anne-Marie, ma mère alcoolique
Écrit par Valérie, Vol14-2

Je n’avais que 11 ans. Presque chaque soir j’entends mes parents se disputer. Je ne comprends pas pourquoi. Pourtant mon père aime follement ma mère. Il lui a toujours offert tout ce dont elle voulait: vêtements, maison, bijoux…

Un jour, j’ai finalement compris ce qui se passait. Je me suis réveillée. Je suis descendue dans la cuisine. J’aperçois encore mes parents se disputer. Mon père m’a dit: «Regarde ta mère, c’est une alcoolique». Alcoolique, un mot que je ne connaissais pas encore. Je savais juste qu’à chaque fois qu’elle buvait des bouteilles brunes, elle devenait bizarre. Mon père se mettait toujours a lui crier après. Je le sais, car je me réveillais toujours à cause du vacarme qu’ils faisaient.

Ma mère était une femme de maison remarquable. Elle a toujours pris soin de mes deux jeunes soeurs et de moi. Elle ne consommait de l’alcool que le soir. Mon père lui avait totalement interdit de boire dans le jour quand il travaillait et qu’elle s’occupait de mes sœurs et moi. Cela a duré des mois. Ma mère buvait tous les soirs. Presque chaque fois, c’était la chicane avec mon père. Moi, toute innocente, j’étais persuadée que j’avais la mère idéale… Jusqu’au jour où mon père est revenu de travailler. Ma mère était complètement ivre. Il a demandé le divorce…

Toute ma vie venait de chambouler. Je venais de perdre la belle maison où je vivais depuis près de 5 ans pour aller vivre dans un appartement minable à Montréal. Je venais de perdre ma meilleure amie. Je devais changer d’école pour ma dernière année du primaire. C’était beaucoup en même temps pour une jeune fille de mon âge… Tout ça pour aller vivre avec une mère alcoolique qui ne travaillait pas et dont le seul revenu était le chèque de bien-être social et les chèques de pension pour mes sœurs et moi.

Je n’avais que 12 ans. Je devais m’adapter à ma nouvelle vie. Ma mère s’est fait un nouveau copain. Il est venu habiter avec nous. Encore là, je devais m’adapter à lui.  Par chance, c’était une bonne personne. Il était plus jeune que ma mère. Il ne consommait rien. Il s’occupait souvent de mes soeurs et moi quand ma mère était ivre.

Malheureusement, lui non plus n’a pu endurer cela. Après quelques mois, il a décidé de quitter ma mère. J’étais maintenant seule avec mes soeurs et une mère alcoolique, toujours ivre. Quand je revenais de l’école, je faisais à manger à mes soeurs, je leur disais de prendre leur bain et finalement je les bordais dans leur lit. C’était définitivement beaucoup trop pour une jeune fille de 12 ans. Alors, après quelques mois, j’ai pris l’initiative d’appe-ler  la protection de la jeunesse.

Mon père n’a eu d’autre choix que de prendre notre garde, malgré tous ses pro-blèmes financiers. Depuis le divorce avec ma mère, il avait fait faillite et perdu son travail. Il est allé travailler pour sa soeur qui avait une quincaillerie à Saint-Hyacinthe. Le temps qu’il trouve un appartement convenable, mes soeurs et moi avons été séparées pendant plusieurs semaines. J’habitais chez ma tante avec mon père. Mes soeurs étaient chacune chez leur marraine respective. J’ai dû changer d’école en plein milieu de ma 6e année… Pas juste d’école, de ville aussi. Les enfants étaient très méchants avec moi. Je venais de Montréal,  j’arrivais en plein milieu de l’année scolaire.

Tout a commencé à aller mieux quand mon père a trouvé un bel appartement et que je suis entrée au secondaire. Une nouvelle vie débutait pour moi. J’allais enfin vivre normalement, comme tous les enfants de mon âge. Mon père nous a élevées jusqu’à aujourd’hui. Cela a sûrement été très dur pour lui. Mais il a fait un excellent travail. Jamais je ne serais devenue la personne que je suis aujourd’hui sans lui. J’aimerais le remercier d’avoir toujours été là pour moi et lui dire que je l’aime…

Malheureusement, ma mère est toujours alcoolique. Après 10 ans. Personne ne peut l’aider. Elle doit prendre la décision d’arrêter de consommer par elle-même et faire les démarches  pour atteindre son but. Quand ce jour viendra-t-il? Personne ne le sait. Jusqu’à maintenant, elle a perdu son mari et ses filles à cause de l’alcool.

Peut-être un jour vais-je retrouver ma mère. Malgré tout, je t’aime…

Autres textes sur alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/

 http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/quest-ce-quun-alcoolique/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/23/dune-dependance-a-lautre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/que-signifie-etre-dependant/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/un-alcoolique-peut-il-retrouver-son-equilibre/

Le graal de la sérénité
Écrit par Raymond Viger, Vol14-6

graalDepuis plus de quinze ans que j’entends cette prière. Récitée dans toutes les fraternités d’entraide. Reprise dans des textes de cheminement personnel.

«Mon Dieu, donnez-moi la Sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer. La Force de changer celles que je peux. Et la Sagesse d’en connaître la différence.»

Avec mon caractère de justicier, de défenseur de la veuve et de l’orphelin, je suis incapable de comprendre et de vivre cette petite prière. Je bloque dès la première phrase: «La Sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer». J’ai été élevé à me faire dire que tout est possible. De ne pas accepter la défaite. De toujours persévérer et d’atteindre mes buts. «Pas capable», n’est pas français! Impossible d’accepter de ne pas pouvoir changer des choses. Encore moins d’être heureux et de baigner dans la Sérénité en acceptant cet état de fait.

Je me bats pour une société plus humaine et plus juste. C’est la base de la mission de notre organisme. Changer les comportements humains peut prendre du temps et être difficile. Mon côté missionnaire m’a toujours dicté de continuer sans relâche ce combat d’une vie. Chaque changement social que nous gagnons est la somme des efforts quotidiens de milliers de personnes.

Comment conserver notre sérénité lorsque je dois côtoyer des gens qui vont à l’encontre de mes valeurs et de mes principes? J’observe des abus dans un groupe de travail. Je tente de dénoncer ces abus. Les gens camouflent la réalité. Ils tentent de me faire taire. Pas assez de preuve ou pas assez d’alliés pour les contrer. Je demeure impuissant devant ces injustices. J’ai un dilemme. Si je reste à travailler avec ces gens en espérant les faire changer un jour, je n’y vivrais que déception et frustration. Pour garder ma Sérénité, j’aurai à démissionner de ce groupe. En démissionnant, je me respecterai et j’aurai à assumer les conséquences de ce retrait. Si j’ai besoin de ce groupe pour une lettre d’appui pour une subvention, je devrais m’en passer. Si ce groupe possède certains avantages, je ne serai pas de ceux qui en bénéficieront.

Ma Sérénité n’a pas de prix. Sans elle, comment continuer à m’investir auprès des jeunes? J’accepte que je ne peux pas tout changer. Mais je peux montrer fièrement les associations que je soutiens et celle que je refuse de soutenir.

Pour garder mon équilibre, je dénonce ce que je désapprouve, et aussi, je reconnais et félicite ceux que je soutiens. Je ne peux être un critique social avisé si je ne fais que dénoncer ce qui va mal. Je dois aussi être sensible à ce qui va bien.

Une société plus humaine et plus juste se crée en augmentant l’influence de ce qui va bien et en réduisant ce qui va mal.

Fort de cette nouvelle philosophie de vie, je dors un peu mieux. Ne vous en faites pas, je ne suis pas parfait. Il m’arrive encore que la frustration vis à vis de ce que je vois et entend me réveille. Mais dans cette mer agitée, la petite prière m’aide à retrouver un peu de calme, mais surtout, de trouver le geste à poser pour conserver ma Sérénité.

Autres textes sur alcool et drogue, jeu compulsif:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/faire-parti-de-gamblers-anonymes-a-75-ans/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/gam-anon-fraternite-dentraide-pour-les-proches-des-joueurs-compulsifs/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/

Les dettes de drogue
Écrit par Myshell Caron, Texte fourni par le journal de rue ‘’Le rejoint’’ Matane, Vol 13-4

Mon copain avait une très forte dépendance à la drogue. Vous ne pouvez imaginer les problèmes que ça pu engendrer.

Régulièrement, il consommait de la mari, mais, à l’occasion, il arrivait qu’il se laisse influencer par certaines personnes qui l’incitent à prendre des champignons magiques ou même de la coke.

Un soir, il est avec ses copains et décide de faire la fête. Tout se déroule bien jusqu’à ce que quelqu’un arrive avec des champignons magiques. Il décide d’en faire. Un, deux, trois, puis quatre jours s’écoulent. Il ne décroche pas et entre au travail allumé.
Pire encore, il décide de prendre de la coke. Après s’être ruiné et endetté pour 900$ de coke, il m’a laissé sans nouvelles pendant plusieurs jours. Quand les gars sont venus lui réclamer son dû, il n’avait pas de quoi les payer. Il s’est souvenu que j’existais. Comme ça faisait une bonne vingtaine de fois que je le sortais de son merdier, je me suis dit qu’il se sortirait de celui-là seul. Juste avec mon appui et mes encouragements.

Cela ne lui suffisait pas. Il a passé par toutes les étapes. Croyez-moi. Pleurs. Insultes. Pitié. Colère. Menaces. Les pushers le menaçaient de lui casser les deux jambes. Je l’ai réconforté et je lui ai promis que je serais toujours derrière lui, quoi qu’il arrive. Il s’est sorti de cette impasse seul mais avec mon réconfort et ma présence. Il a payé seul son dû. Depuis, il ne consomme plus.

Aujourd’hui, nous sommes encore ensemble. Ça fait trois ans et je suis très fière d’avoir tenu mon bout. Depuis qu’il a cessé de consommer, nous sommes très heureux. Ce que j’ai appris de cette histoire, c’est qu’il faut toujours supporter ceux qu’on aime mais sans régler les choses à leur place. Nous sommes toujours plus forts quand on se relève soi-même d’une embûche.

Textes sur alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/ma-renaissance-face-a-la-drogue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/01/desintox-en-gaspesie/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/de-la-campagne-a-la-ville-pot-cocaine-et-hepatite-c/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/trip-nouveau-genre/

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Un père veut aider son fils
Vol 15-2, Décembre 2006

Je suis un père de famille. Mon garçon est dans le trafic. C’est une expression que j’ai inventée pour dire qu’il vit des difficultés, qu’il s’est isolé dans un monde parallèle, qu’il s’est coupé des ressources qui pourraient l’aider.

Je n’ai pas le goût de vous décrire son mode de vie qui empoisonne sa vie ou faire son procès. Ce que je peux cependant partager aujourd’hui, c’est ce que je vis dans cette relation. Ou, plutôt, dans l’absence de relation avec mon garçon.

Il ne répond plus à mes téléphones. Je passe chez lui régulièrement, il n’est pas là. Je ne sais plus comment le joindre. Les rares fois que j’ai la chance de le croiser, je sens qu’il est gêné de me rencontrer, car il sait que je me rends compte où il est rendu dans sa vie. Cette honte empoisonne notre relation. Il préfère se débrouiller seul que de s’ouvrir à moi.

Je suis disponible pour l’aider. Je tente de l’aider. Mais, je ne peux rien faire s’il n’accepte pas mon aide et ma présence.

Le soir, je me retrouve seul à la maison. Je pense à lui. À cette aide que je voudrais lui offrir. Je ne cesse de pleurer en attendant qu’il m’ouvre sa porte. Je suis impuissant. Un père qui aime son garçon. Qui voudrait lui offrir ce qu’il y a de mieux. Comment survivre à cette impuissance?

J’ai demandé de l’aide. Pas pour mon garçon; il n’en veut pas et je ne peux rien faire de plus. J’ai demandé de l’aide pour moi. C’est moi qui vit de la colère, de la frustration et de l’impuissance. C’est moi qui suis en train de me tuer en attendant qu’il fasse un pas pour s’en sortir.

Parmi les ressources que j’ai trouvées, quelqu’un me parle de confier à Dieu le résultat. J’ai de la difficulté à le comprendre et à l’accepter. Confier à Dieu, je voyais ça comme abandonner mon garçon. Une façon de me fermer les yeux et de me déresponsabiliser vis-à-vis de mon rôle de père. Une façon d’oublier mon garçon, de tourner la page et d’aller m’amuser à vivre ma vie… sans lui.

Ce que j’en comprends maintenant est différent. Je confie à Dieu le résultat de mes interventions. Je continue de faire ce que je peux. Être disponible, cogner à sa porte, lui laisser des messages. Mais, les résultats, j’en suis impuissant. Comme père, je ne peux faire plus.

Il y a un bout de chemin que mon garçon doit faire seul. Je ne peux le faire pour lui. Dans mes prières, je ne demande pas à Dieu que mon garçon utilise les outils que je lui offre. Je lui demande qu’il trouve ses outils qui seront bons pour lui, même si ces outils doivent m’exclure de sa vie pendant un certain temps.
Confier à Dieu les résultats n’est pas passif en soi. Je continue de me questionner. Qu’est-ce que je peux faire pour l’aider? Est-ce que j’ai fait ce que j’ai pu? Alors, le résultat ne m’appartient plus. Je dois faire confiance à mon garçon et à la vie.

Autres textes sur alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/rupture-familiale/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/mere-un-jour-mere-toujours/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/la-soiree-du-hockey-un-moment-priviliege-entre-son-pere-et-son-fils/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/amour-sans-frontieres/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/10/conflit-de-generations/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/papa-rapper/

Textes sur la famille.

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Que signifie être dépendant?

Anne-Marie Miron

Que signifie «être dépendant»? Comment savoir si vous ou l’un de vos proches êtes dépendant de quelque chose? Où pouvez-vous trouver de l’aide? Nous sommes nombreux à prendre part à des activités que l’on associe souvent à des comportements de dépendance ou des comportements compulsifs, des activités telles que boire ou jouer. Mais nous n’en sommes pas tous dépendants. Qu’est-ce qui caractérise un comportement de dépendance? Où commence-t-il?

Les formes de dépendance sont nombreuses. Drogues illicites, médicaments délivrés sur ordonnance, alcool et inhalants sont tous des substances dont des personnes abusent couramment. Le jeu, les relations sexuelles et le magasinage sont souvent associés à des comportements compulsifs ou à problèmes.

Pour se faire une idée plus claire de ce à quoi ressemblent les dépendances et des moyens qui existent pour les traiter, nous avons interrogé deux experts en la matière : Wende Wood du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM), hôpital de référence au Canada dans le domaine de l’éducation en matière de santé mentale et de toxicomanie, et Sam Waldner, représentant des Samuel Waldner Counselling and Addiction Services, praticien privé qui propose des programmes en douze étapes (dont les Alcooliques anonymes sont un exemple célèbre).

Wood dit que l’on reconnaît un comportement de dépendance au fait qu’il affecte la vie de la personne, à un point tel que toute son énergie et son attention sont consacrées à la poursuite de ce comportement. Cela s’explique, ajoute-t-elle, par le fait que certaines activités (comme boire ou jouer) stimulent une «voie vers la récompense» dans le cerveau. En conséquence, le cerveau veut poursuivre cette activité, malgré les conséquences négatives auxquelles la personne concernée est confrontée. Le désir de «récompense» devient plus fort que l’incidence négative et c’est ainsi que le comportement se poursuit. Par exemple, une personne dépendante au jeu peut continuer à essayer d’entrer dans un casino après y avoir été interdite d’accès ou encore se faire rembourser son assurance-vie de façon à pouvoir continuer de jouer.

Waldner décrit la dépendance comme le fait d’être impliqué de façon continue dans un comportement répété à l’origine d’un certain type de conséquences négatives. Cela s’applique aussi à une personne qui continue à suivre une activité malgré ses effets nuisibles; par exemple, une personne qui n’arrête pas de fumer même si elle connaît les risques pour sa santé auxquels elle s’expose.

Waldner explique que les principales caractéristiques de la dépendance sont doubles : une perte de contrôle (le comportement de la personne devient imprévisible, comme dans le cas où la personne continue à boire malgré le fait qu’elle ait juré d’arrêter) et un fort sentiment de déni. Nier sa dépendance est un facteur puissant qui pousse la personne à ne rien changer à ses habitudes, du fait qu’elle croit dur comme fer qu’il n’y a pas de réel problème et que la prochaine fois, le même comportement produira des résultats différents. «C’est presque comme si la personne souffrait d’une sorte d’amnésie», ajoute Waldner.

Qu’est-ce qui pousse une personne à être dépendante de l’alcool et une autre à magasiner de façon compulsive?

D’après Wende Wood, des facteurs tels que l’environnement de la personne et ses dispositions génétiques peuvent jouer un rôle. Par exemple, si les parents de la personne fument, alors le fait d’être exposé à des modèles de rôles qui fument peut jouer un rôle en rendant ce comportement acceptable, ce qui prépare le terrain au moment de fumer la première cigarette. Tous les fumeurs ne deviennent pas dépendants, et il y a certaines dispositions génétiques quant à la quantité de «récompense» fournie par le cerveau, mais sans cette première exposition à la substance, on ne peut établir la voie de la récompense et la dépendance ne survient pas. Évidemment, tous les enfants de fumeurs ne deviennent pas eux-mêmes fumeurs; certains d’entre eux peuvent, en réaction à une influence de leur environnement, décider de ne jamais fumer. Wood explique aussi que la disponibilité de la substance dont la personne abuse est primordiale. Tandis que le Centre de toxicomanie et de santé mentale n’est pas d’accord avec la théorie de la voie de la récompense pour l’abus de drogue (l’usage de certaines drogues illicites comme la marijuana ou l’ecstasie est une «voie» vers l’usage de drogues plus fortes telles que la cocaïne ou la méthamphétamine), Wood reconnaît que certaines drogues illicites sont plus facilement accessibles que d’autres et donc, sont souvent la première drogue que la personne risque d’essayer. Et, avec le temps, au fur et à mesure que l’accoutumance à la drogue s’installe, la personne risque alors de rechercher d’autres types de drogues.

Sam Waldner est d’accord sur le fait que la disponibilité joue un rôle dans le développement d’un comportement compulsif ou dans l’abus d’une substance. Il ajoute que l’implication d’un pair entre également en jeu. Ce que différentes formes de dépendance ont en commun, remarque Waldner, c’est le même problème sous-jacent : un trouble de dépendance. Ainsi, bien qu’une personne puisse avoir une propension naturelle à un certain comportement (p. ex. : jouer) et commencer par manifester une dépendance dans ce domaine, le trouble a tendance à finir par se propager à d’autres activités. Autrement dit, une personne avec une dépendance au jeu peut finir par se mettre à abuser de médicaments délivrés sur ordonnance ou d’alcool.

Mais à quel moment touche-t-on le fond? Et comment les personnes en arrivent-elles là? Wende Wood met en évidence le fait que «toucher le fond» est une expression subjective. Pour une personne, tout perdre peut signifier perdre son conjoint ou sa maison, tandis que pour une autre personne, ne plus avoir de toit ne signifie pas encore qu’elle a touché le fond. Et ce à quoi «toucher le fond» ressemble dépendra naturellement de ce que la personne avait au départ. En outre, Wood explique que c’est une idée fausse de croire que l’on a besoin de toucher le fond avant de chercher de l’aide; souvent, diverses opportunités dans lesquelles la personne est disposée à recevoir ou à demander de l’aide se présentent à un moment donné.

Sam Waldner explique que souvent, la personne dépendante a besoin de commencer à ressentir la douleur qui résulte de ses actions avant de pouvoir commencer à changer quelque chose. Le processus pour ressentir cette douleur est très long, car la douleur sert souvent de stimulus au démarrage de mécanismes d’autodéfense. Ces derniers protègent et entretiennent l’amour propre (en niant que l’on est dépendant), en permettant à la personne de rationaliser et de poursuivre son comportement. Dans de nombreux cas, la perte ou la perspective de perdre une relation ou quelque chose de valeur similaire peut souvent aider la personne à reconnaître qu’il y a un problème. Des charges retenues contre la personne ou son arrestation (p. ex. : pour possession de drogues illicites ou pour conduite sous l’emprise de drogue) peuvent également contribuer à cette prise de conscience.

Waldner insiste sur le fait que généralement, la personne a besoin d’entendre le même message plusieurs fois (accompagné d’observations spécifiques) de la part de sa famille et de ses amis qui lui disent qu’ils voient un problème. Même s’il y a de fortes chances pour que cette information ne serve pas de stimulus immédiat pour chercher de l’aide, le fait de répéter le message global peut contribuer à contrecarrer la «puissante» composante du déni «bien ancré».

Surmonter sa dépendance

Surmonter sa dépendance n’est pas facile mais reste néanmoins possible. Le traitement sera composé de différents remèdes spécifiques en fonction de la nature de la dépendance ou de la substance utilisée. Cela dit, tous les traitements ont une caractéristique commune: ils doivent être des traitements à long terme. Wende Wood et Sam Waldner sont d’accord sur le fait que la dépendance est un trouble chronique pour lequel il n’existe pas de solution instantanée.

Wood souligne qu’il y a une différence entre la «désintoxication» et le traitement: la désintoxication nettoiera le système de la personne de la substance utilisée, mais c’est un traitement continu qu’il faut, notamment se faire conseiller de façon individuelle ou en groupe, enrichir ses capacités d’adaptation, et, si possible, changer son environnement social (p. ex. : changer d’amis ou déménager). Même si le médicament connu sous le nom de naltrexone (ReViaMD) peut jouer un rôle dans le traitement de la dépendance à l’alcool ou aux opiacés (il empêche les états d’euphorie), Wood constate qu’il ne guérit pas. (En général, le naltrexone ne représente qu’une partie du programme de traitement qui comprend le plus souvent des conseils ou la participation à un groupe d’entraide.) L’usage de méthadone pour aider à traiter la dépendance aux opiacés (p. ex. : héroïne, codéine ou oxycodone) est controversé : si certains trouvent que cela revient à remplacer une dépendance par une autre, le Centre de toxicomanie et de santé mentale pense qu’on peut l’utiliser sans risque au sein d’un programme soumis à une surveillance. Néanmoins, le traitement par méthadone ne guérit pas et, comme tous les traitements de la dépendance, il exige que la personne concernée prenne ses responsabilités et s’implique dans le traitement.

Waldner insiste sur le fait que si les dépendances sont chroniques par nature, il est tout à fait possible de les traiter. Tandis que le comportement à problème peut cesser avec le traitement, explique-t-il, le trouble à l’origine de la dépendance restera, de même que sa composante interne qui consiste à nier être atteint de ce trouble. Ainsi, la clé de la guérison est de continuer à croire que l’on a besoin d’aide de façon à continuer d’en chercher. Dans le cas contraire, il y a un risque de rechute. D’après Waldner, dans le cadre du modèle en 12 étapes, cela signifie «continuer à revenir en arrière», c’est-à-dire continuer à assister à des réunions comme faisant partie d’un traitement continu. Il décrit la situation comme étant semblable à celle d’une personne diabétique : même s’il est possible de parvenir à un certain contrôle de la maladie grâce à un traitement en continu, celle-ci ne disparaît pas et la personne doit entretenir activement sa «guérison» .

Où trouver de l’aide pour surmonter une dépendance?

L’aide est là, elle existe. Savoir où la trouver quand vous en avez besoin fera toute la différence.

Voici un petit échantillon des services qui existent. Pour de plus amples renseignements, cherchez en ligne les services qui existent dans votre région, ou encore consultez votre médecin, votre pharmacien, votre professeur ou votre conseiller d’orientation. Les pages bleues et les pages jaunes de votre annuaire téléphonique fournissent également des informations sur les moyens de trouver de l’aide.

Alberta Alcohol and Drug Abuse Commission : www.aadac.com Alcooliques anonymes : www.alcoholics-anonymous.org/default/fr_about.cfm

Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies : http://www.ccsa.ca/CCSA/FR/TopNav/Home/

Centre de toxicomanie et de santé mentale : http://www.camh.net/fr/index.html

Drogue et alcool Répertoire des traitements : http://www.dart.on.ca/index_frI.htm

Jeunesse, J’écoute : 1-800-668-6868, kidshelp.sympatico.ca

The Motherisk Program : www.motherisk.org

Autres textes sur alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/18/49/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/

 http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/quest-ce-quun-alcoolique/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/23/dune-dependance-a-lautre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/un-alcoolique-peut-il-retrouver-son-equilibre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/la-cyberdependance/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/ma-renaissance-face-a-la-drogue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/01/desintox-en-gaspesie/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/de-la-campagne-a-la-ville-pot-cocaine-et-hepatite-c/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/trip-nouveau-genre/

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Qu’est-ce qu’un alcoolique?

Par Conrad de Roberval

Qu’est-ce qu’un alcoolique? C’est une personne qui consomme un verre d’alcool et qui sent le besoin d’en absorber d’autre, souvent jusqu’à l’ivresse.

Si je désire vivre une belle sobriété, dans tous les domaines de ma vie, j’ai à y mettre des efforts et je vais y arriver. Si je veux gagner une bataille, il faut que je m’assure que j’ai tous les outils nécessaires pour y arriver. On vient au monde que pour soi-même. Sauvons notre peau.

Face à quelqu’un qui prend de l’alcool, il faut essayer de ne pas se mettre en colère. Ce n’est pas facile, mais il faut chercher à le comprendre. Pour quelqu’un qui ne consomme pas, c’est facile de dire «Tu n’as qu’à pas consommer.» Mais ce n’est pas si simple que ça. La personne veut arrêter mais elle ne peut pas. Il y a quelque chose qui commande les alcooliques à consommer peu importe les conséquences.

Bien peu d’alcooliques ont consacré à leur problème de boisson le moindre examen intelligent. Ils admettent avec réticence qu’il leur faut arrêter. Mais ils continuent de boire.

L’alcoolique vit dans un esclavage. L’alcool lui fournit le seul moyen qu’il connaisse de rendre sa vie supportable ou d’apaiser ses nerfs surexcités. Une existence pareille rend bientôt sa vie incontrôlable.

Le rétablissement de l’alcoolique peut se faire en tout temps avec l’aide de différents mouvements et des ressources.

Autres textes sur alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/que-signifie-etre-dependant/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/23/dune-dependance-a-lautre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/18/49/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/un-alcoolique-peut-il-retrouver-son-equilibre/

D’une dépendance à l’autre

Par Marie-Lyne Caisse Vol 14, No 5

Quand je dis codépendance, à quoi pensez-vous? Au conjoint d’un dépendant ou une personne à multiples dépendances? Saviez-vous qu’il existe des centres de thérapie qui réunissent dans un même groupe des dépendants aux drogues, des dépendants au sexe et d’autres au jeu compulsif?

La codépendance fait référence au fait d’avoir plusieurs dépendances. Les centres d’aide amènent souvent les personnes à cesser leurs dépendances et comportements nocifs. D’après Madame Diane Borgia du centre CAFAT (Centre de prévention et de traitement de la codépendance et des multiples dépendances), cette méthode n’est pas idéale. «Pour régler une dépendance quelconque, vous devez d’abord régler un problème plus profond.»

Madame Borgia soutient que: «En apparence, votre dépendance peut être de n’importe quelle nature: alcool, drogue, Internet, travail, etc. C’est du pareil au même! Vous souffrez de dépendances affective et émotive. Une personne qui arrête juste de jouer ou de prendre de la drogue, si elle ne règle pas le cœur du problème, elle ne fera qu’un transfert de dépendances en dépendances.»

Jean B., membre de Gamblers Anonymes, affirme: «Mon problème de jeu ne représentait que 15% du problème. Le 85% qui reste est ma difficulté de gérer et de vivre mes émotions et mon affectivité. Quand j’ai voulu arrêter de jouer, j’ai mis toutes mes énergies sur le problème de jeu ou dans une autre dépendance. Il a fallu que je fasse un cheminement, changer mon mode de vie pour apprendre à vivre et à assumer le gros du problème, c’est-à-dire mon comportement face à mes émotions. Les émotions qui autrefois me poussaient à jouer, maintenant que j’ai appris à les verbaliser, me permettent de ne plus retourner jouer.»

Pour Bruno, membre de plusieurs fraternités d’entraide: «Quand un événement vient jouer dans mes émotions, j’ai tendance à fuir dans une bulle où plus rien ne me touche. Cette bulle a été le jeu, le sexe, la drogue, l’alcool… Pour régler mon problème, c’était pas juste de péter ma bulle, mais de travailler sur ce qui me poussait à fuir.»

Mieux se connaître pour mieux vivre. Avez-vous déjà entendu cette phrase? La connaissance de soi est essentielle à une vie saine et équilibrée. Plus vous travaillez sur vous et moins de chances vous aurez d’être pris au piège de multiples dépendances ou de comportements compulsifs. En connaissant vos motivations profondes et vos valeurs, et en donnant un sens à votre existence, vous serez mieux armés face aux situations de la vie courante. Vous aurez plus de facilité à prendre une décision et à vous fixer des buts. Il n’y a pas de plus beau cadeau à s’offrir que de se découvrir…

Textes sur le gambling, alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/que-signifie-etre-dependant/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/ma-renaissance-face-a-la-drogue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/01/desintox-en-gaspesie/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/de-la-campagne-a-la-ville-pot-cocaine-et-hepatite-c/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/trip-nouveau-genre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/pour-de-nouvelles-aspirations/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

À Anne-Marie, ma mère alcoolique      Valérie L. Déc 2005 No 14.2

Je n’avais que 11 ans. Presque chaque soir j’entends mes parents se disputer. Je ne comprends pas pourquoi. Pourtant mon père aime follement ma mère. Il lui a toujours offert tout ce dont elle voulait: vêtements, maison, bijoux…

Un jour, j’ai finalement compris ce qui se passait. Je me suis réveillée. Je suis descendue dans la cuisine. J’aperçois encore mes parents se disputer. Mon père m’a dit: «Regarde ta mère, c’est une alcoolique». Alcoolique, un mot que je ne connaissais pas encore. Je savais juste qu’à chaque fois qu’elle buvait des bouteilles brunes, elle devenait bizarre. Mon père se mettait toujours a lui crier après. Je le sais, car je me réveillais toujours à cause du vacarme qu’ils faisaient.

Ma mère était une femme de maison remarquable. Elle a toujours pris soin de mes deux jeunes soeurs et de moi. Elle ne consommait de l’alcool que le soir. Mon père lui avait totalement interdit de boire dans le jour quand il travaillait et qu’elle s’occupait de mes sœurs et moi. Cela a duré des mois. Ma mère buvait tous les soirs. Presque chaque fois, c’était la chicane avec mon père. Moi, toute innocente, j’étais persuadée que j’avais la mère idéale… Jusqu’au jour où mon père est revenu de travailler. Ma mère était complètement ivre. Il a demandé le divorce…

Toute ma vie venait de chambouler. Je venais de perdre la belle maison où je vivais depuis près de 5 ans pour aller vivre dans un appartement minable à Montréal. Je venais de perdre ma meilleure amie. Je devais changer d’école pour ma dernière année du primaire. C’était beaucoup en même temps pour une jeune fille de mon âge… Tout ça pour aller vivre avec une mère alcoolique qui ne travaillait pas et dont le seul revenu était le chèque de bien-être social et les chèques de pension pour mes sœurs et moi.

Je n’avais que 12 ans. Je devais m’adapter à ma nouvelle vie. Ma mère s’est fait un nouveau copain. Il est venu habiter avec nous. Encore là, je devais m’adapter à lui. Par chance, c’était une bonne personne. Il était plus jeune que ma mère. Il ne consommait rien. Il s’occupait souvent de mes soeurs et moi quand ma mère était ivre.

Malheureusement, lui non plus n’a pu endurer cela. Après quelques mois, il a décidé de quitter ma mère. J’étais maintenant seule avec mes soeurs et une mère alcoolique, toujours ivre. Quand je revenais de l’école, je faisais à manger à mes soeurs, je leur disais de prendre leur bain et finalement je les bordais dans leur lit. C’était définitivement beaucoup trop pour une jeune fille de 12 ans. Alors, après quelques mois, j’ai pris l’initiative d’appeler la protection de la jeunesse.

Mon père n’a eu d’autre choix que de prendre notre garde, malgré tous ses problèmes financiers. Depuis le divorce avec ma mère, il avait fait faillite et perdu son travail. Il est allé travailler pour sa soeur qui avait une quincaillerie à Saint-Hyacinthe. Le temps qu’il trouve un appartement convenable, mes soeurs et moi avons été séparées pendant plusieurs semaines. J’habitais chez ma tante avec mon père. Mes soeurs étaient chacune chez leur marraine respective. J’ai dû changer d’école en plein milieu de ma 6e année… Pas juste d’école, de ville aussi. Les enfants étaient très méchants avec moi. Je venais de Montréal, j’arrivais en plein milieu de l’année scolaire.

Tout a commencé à aller mieux quand mon père a trouvé un bel appartement et que je suis entrée au secondaire. Une nouvelle vie débutait pour moi. J’allais enfin vivre normalement, comme tous les enfants de mon âge. Mon père nous a élevées jusqu’à aujourd’hui. Cela a sûrement été très dur pour lui. Mais il a fait un excellent travail. Jamais je ne serais devenue la personne que je suis aujourd’hui sans lui. J’aimerais le remercier d’avoir toujours été là pour moi et lui dire que je l’aime…

Malheureusement, ma mère est toujours alcoolique. Après 10 ans. Personne ne peut l’aider. Elle doit prendre la décision d’arrêter de consommer par elle-même et faire les démarches pour atteindre son but. Quand ce jour viendra-t-il? Personne ne le sait. Jusqu’à maintenant, elle a perdu son mari et ses filles à cause de l’alcool.

Peut-être un jour vais-je retrouver ma mère. Malgré tout, je t’aime… 

Autres textes sur alcool et drogues:

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Les publicités sociales qui nous font mal       Par Raymond Viger

La dernière publicité reçue au Journal de la Rue a créé un grand débat et tout un émoi. Pouvions-nous prendre le risque de l’accepter?

Une page pleine en couleur. Wow! C’est plaisant pour aider à payer une partie de la facture d’imprimerie qui commence à être salée. À première vue, l’annonceur a une mission qui se rapproche de la nôtre; Éduc-alcool.

La publicité arrive sur mon bureau. Elle soulève un problème de conscience. J’imagine mes amis, membres de différentes fraternités telles que les Alcooliques Anonymes qui arriveraient face à face avec cette publicité dans le Journal de la Rue. La question est lancée. Je ne peux prendre seul la décision de l’accepter et je profite d’une réunion du comité de lecture pour la présenter.

Certains se questionnent sur la pertinence de dire à des jeunes que l’alcool n’est pas un problème si elle est prise avec modération. Il faudrait parler des signes de dépendance, de perte de contrôle. D’autres considèrent aussi que la présentation visuelle de l’annonce donne soif par l’attrait de toutes les sortes de verres présentés. Même le fond de la publicité est associé à un verre de bière format géant!

Nous sommes obligés de nous questionner sur la vocation d’Éduc-Alcool. Étant financé par les producteurs d’alcool, quel est le mandat précis de cette institution: éviter les abus d’alcool ou de favoriser sa consommation? Est-ce que ce genre de publicité tente de nous donner bonne conscience et d’éviter de regarder la réalité d’un problème social?

Ce questionnement s’est ensuite transporté à d’autres publicités sociales. Loto- Québec termine ses annonces de loteries en disant qu’il faut avoir 18 ans pour acheter des billets de loteries. Le fruit défendu ne devient-il pas un incitatif à faire comme les grands? Ce genre d’avis a-t-il un impact réel pour ne pas inciter les jeunes à acheter des loteries?

Avons-nous trouvé le meilleur moyen de promouvoir une société plus humaine et plus sensibilisé aux causes sociales? Jusqu’où les annonceurs ont un devoir d’agir en bon père de famille? Les petits caractères sous les publicités de fabriquants automobiles mentionnent : «Ce que vous voyez est réservé à des pilotes professionnels sur des pistes d’essai.» Encourageons-nous les excès de vitesse, la conduite dangereuse et la rage au volant? On tente de nous vendre un véhicule en nous montrant les performances qu’elle peut atteindre mais qui serait illégal et dangereux de tenter!

Si chaque annonceur prenait sa responsabilité au sérieux, si chaque annonceur agissait en bon père de famille, nous pourrions, tous ensemble, promouvoir une société où il ferait bon de vivre ensemble. Les organismes communautaires n’ont ni le budget, ni la capacité de concurrencer la violence ou l’attrait de certaines annonces publicitaires.

Il existe des fonds d’investissements verts pour protéger l’environnement, des fonds d’investissements éthiques pour favoriser des entreprises plus respectueuses. Est-ce que ces fonds analysent l’impact social des publicités véhiculées par ces entreprises?

Pour tenter de solutionner le problème, nous avons demandé à Éduc-Alcool de nous proposer une autre publicité. Une qui respecterait mieux la sensibilité de nos lecteurs et susceptible d’être présenté au grand public. Ils ont refusé. Depuis sept ans, ils présentent cette publicité dans plusieurs médias. C’est la publicité qui représente la mission d’Éduc-Alcool. Nous avons vérifié auprès d’un média communautaire qui travaille avec des gens qui ont des difficultés avec l’alcool. Ils n’ont reçu aucune plainte et n’ont pas hésité à publier cette annonce.

Pouvons-nous risquer d’accepter de présenter cette publicité? Même si des agences de communication nous disent rechercher le bien-être de notre société, cette publicité le fait-elle vraiment?

Nous avons décidé de faire paraître cette annonce d’Éduc-alcool. Nous voulons connaître vos commentaires. N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires.

Certains l’ont déjà dit: la modération n’existe pas pour ceux qui ont des problèmes d’alcool.

Autres textes sur alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

Un alcoolique peut-il retrouver son équilibre?    Par Conrad, Roberval

Les alcooliques sont malades d’un empoisonnement toxique contracté parce qu’ils ont substitué l’alcool à la nourriture et au repos. La santé physique peut être restaurée mais aucun traitement ne peut faire d’eux des buveurs normaux.

Les premiers pas pour se sortir de l’alcoolisme sont de reconnaître sa maladie et d’accepter de se faire traiter. L’usage de l’alcool a introduit un poison toxique dans nos corps physiques. Il en résulte une impulsion maladive à boire, devant laquelle nous sommes impuissants.

Aucun alcoolique n’agit raisonnablement lorsqu’il boit. L’empoisonnement chronique par l’alcool produit un besoin maladif de boire d’où résulte une conduite insensée. Le pouvoir de la volonté n’est pas un facteur de réhabilitation aussi longtemps que l’impulsion maladive n’a pas disparue. Parce que la dépendance empêche tout désir sincère d’arrêter de boire, il est nécessaire de reconnaître franchement notre impuissance.

La plupart des alcooliques ont agi de manière insensée seulement durant leurs périodes d’ébriété. Ceci est une pratique courante chez tous les buveurs qui s’enivrent. Pour l’alcoolique qui réduit sans cesse l’intervalle entre les périodes d’ébriété et les fusionnent finalement en un long espace unique d’ébriété, l’affaire devient sérieuse. La conduite insensée résultant d’une soirée passée à boire est généralement excusée. Lorsque cette conduite insensée dure des semaines, des mois et des années, elle devient plus que questionnable.

Ceux d’entre nous qui ont réellement éprouvé un sincère désir de se rétablir de l’alcoolisme ont recouru avec succès à une Puissance Supérieure. Nos personnalités malades ont découvert une source de puissance efficace et bienfaisante dans un Dieu comme nous le concevons. Ce Dieu restaure notre esprit et redresse notre raison.

Le nom que vous donnez à cette Puissance est l’affaire de votre choix. Désignez-la comme il vous plaît. Sa valeur de réhabilitation réside dans le fait que vous croyez à son existence, que vous l’approchez avec foi et que vous dépendez sincèrement d’elle pour le rétablissement de votre équilibre mental.

Autres textes sur alcool et drogues:

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