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Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, journaliste
Dimanche le 11 mai, finalement, Danielle et moi avons réussi, avec plus d’un mois de retard, à pouvoir rencontrer Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville.
Cet événement mérite une entrée en matière. Pendant près de 2 années, Danielle et moi avons été bénévole à l’institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Nous y avons fait plusieurs rencontres, dont celle de Jean-Pierre.
Jean-Pierre a régulièrement envoyé des lettres à des médias. Si elles ont été publié, ça n’a été que dans de rares occasions. En apprenant que nous étions aussi impliqué dans le magazine Reflet de Société, Jean-Pierre nous présente quelques textes déjà écrit. J’ai dû refuser les textes présentés.
J’ai encouragé Jean-Pierre a continué d’écrire. J’ai aussi refusé ceux qu’il a écrit pendant les premiers mois qui ont suivi. Jean-Pierre écoutait les nouvelles télévisées, lisaient plusieurs quotidiens… Il était saturé d’informations de toutes sortes. Son opinion sur la guerre en Afghanistan n’était pas crédible et n’apportait rien de nouveau dans le débat.
Au printemps 2006, j’assiste à une journée de remerciement pour les bénévoles. J’ai l’occasion de manger à la cafétéria avec les autres prisonniers et de passer une journée complète avec eux. J’ai pu ainsi rencontrer les prisonniers responsables des différentes activités. Pour l’occasion, plusieurs d’entre-eux avaient écrit des textes de remerciement pour les bénévoles. Les textes de Pascal, Éric, Pat, Benoît, Jean-Pierre et d’un 2e Éric étaient affichés sur un grand carton.
J’avais été touché par cette reconnaissance que les prisonniers ont témoigné envers les bénévoles qui viennent les visiter. Dans nos vies tumultueuses, la visite d’un ami peut facilement être prise pour acquise. Dans une prison fédérale, quand quelqu’un vient te visiter, même un étranger que tu ne connais pas encore, tu apprécies son geste, le temps qu’il t’offre. Un instant de relation, une parole d’encouragement prennent un sens magique.
Lors de ma rencontre suivantee, Jean-Pierre me remet le grand carton avec tous ces textes de remerciement. Celui-ci est encore installé dans mon bureau. En août 2006, avec l’autorisation de Jean-Pierre et de ses collègues, je publie dans Reflet de Société les textes qu’ils ont écrit. En remettant des exemplaires de ce numéro aux différents prisonniers, une flamme illumine leur regard. Quelqu’un leur a fait confiance pour les publier. Ils voient leurs noms au bas de leur texte. Ils vont être lu par près de 500 000 lecteurs à travers tout le Québec!
Suite à cette expérience, nous avons réussi à publier plusieurs textes de détenus. Danielle et moi leur proposons d’écrire sur ce qu’ils connaîssent: la prison et leur criminalité. En parlant, non pas comme des spécialistes ou des techniciens, mais au JE, avec leur coeur, leur raison et leur passion.
Quelques chroniques se publient avec plusieurs auteurs différents. Un seul continue avec persévérance. Après sa première publication, Jean-Pierre m’a regardé droit dans les yeux pour me dire: “j’ai compris ce que tu veux. Attends de voir mon prochain texte. À partir d’octobre 2006, Jean-Pierre a débuté sa chronique en solo et n’a pas arrêté depuis.
En 2007, Jean-Pierre se fait transférer à la prison de Cowansville. Notre relation va continuer dans l’écrit. Jean-Pierre continue de m’envoyer ses textes et des lettres personnelles. Je lui retourne des exemplaires avec des mots de Danielle et moi.
En janvier 2008, l’équipe journalistique de Reflet de Société se réunit pour choisir les textes qui seront présentés à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) et pour l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM). Dans la catégorie “Meilleure chronique”, à l’unanimité nous présentons la chronique de Jean-Pierre.
Début avril, j’envoie une lettre à Jean-Pierre lui annonçant qu’il est finaliste pour les Grands Prix de journalisme de l’AQEM. Je lui fait parvenir des copies couleurs de tous les documents qui font mention des résultats. Je commence les démarches pour le rencontrer à la prison de Cowansville. Le 25 avril, ouverture du congrès de l’AMECQ. Nous apprenons que Jean-Pierre y est aussi finaliste. Le lendemain nous apprenons qu’il remporte le premier prix de l’AMECQ pour sa chronique. Le 30 avril, lors de la journée des magazines, j’apprends que Jean-Pierre n’a pas remporté le prix de l’AQEM.
L’enthousiasme est à son comble parmi l’équipe de Reflet de Société et de ses collaborateurs. Nous avons reçu plusieurs mots d’encouragements des autres éditeurs, tout aussi content que nous que Jean-Pierre se soit aussi bien classé.
Les démarches pour visiter Jean-Pierre auront été longues et ardues. Je reçois des formulaires que je remplis. Après quelques semaines d’attente, j’apprends qu’on ne m’a pas fait parvenir les bons formulaires, je dois recommencer les procédures. Prises de photos, enquête… Danielle et moi sommes finalement accepté pour la prison de Cowansville. C’est la 6e prison qui m’accepte. Mais ils n’ont aucun système centralisé, il faut recommencer les enquêtes et les procédures à chaque fois. Pendant tout ce temps, aucune lettre de Jean-Pierre sur ses impressions. Cela m’inquiète un peu.
Nous mettons près d’une heure trente minute pour parcourir les 116 kilomètres qui nous séparent de la prison de Cowansville. Presque le même temps nous sera nécessaire pour franchir les 116 pieds séparant le stationnement de la salle pour rencontrer Jean-Pierre. C’était la fête des mères. Il n’y avait presque personne. À l’heure où nous sommes arrivés, nous étions les seuls à vouloir passer les contrôles de la sécurité.
Jean-Pierre se présente finalement. Il se confond en excuse. Une barbe de plusieurs jours le gêne. Quand je le rencontrais à l’institut Leclerc, il connaissait mes soirées de présence. Il arrivait toujours bien rasé, bien parfumé et bien habillé. Aujourd’hui, malgré son habillement, la joie de nous revoir, la fierté de nous parler de ce qu’il ressent nous font oublier tout le reste.
Jean-Pierre m’avait envoyé une lettre qui ne s’est jamais rendu. Il m’en avait envoyé une 2e le vendredi. Je viens tout juste de la recevoir. À vrai dire, j’attendais cette lettre avant d’écrire mon billet. Nous nous permettons de partager avec vous ces quelques lignes:
Un magnifique bonjour.
Est-il nécessaire de vous décrire à quel point vous m’avez surpris avec votre dernier envoi. Mon égo et surtout ma fierté m’ont fait franchir un nouveau stade dans mon développement personnel. J’étais un homme relativement content. Maintenant, je deviens un être accompli. La reconnaissance par ses pairs est la sensation la plus agréable… après le sexe.
Un gros merci encore une fois de votre confiance et de vos encouragements. J’ai su qu’un journaliste voulait me rencontrer. J’ai accepté de le rencontrer.
Je vous envoie mes salutations. Passez un bel été fleuri. J’ai quelques textes en préparation.
Jean-Pierre Bellemare.
Jean-Pierre a été surpris du nombre de personnes qui sont venu le féliciter pour le travail qu’il a fait. D’autres détenus, des gardiens, des bénévoles, des gens de la chapelle… J’ai voulu lui remettre le trophée que Jean-Pierre avait gagné. La sécurité n’avait pas autorisé que je lui amène. Même pas pour lui montrer. J’ai mis le trophée sur le “scanner” et lui ai amené des photocopies couleurs grandeurs natures. Elles vont orner sa cellule.
Ces retrouvailles à la prison de Cowansville me motive à parcourir de nouveau les 116 kilomètres qui nous séparent. Je vais bousculer mon agenda pour trouver les 5 heures nécessaires pour cette visite d’une heure. Mais je ne dois pas aviser. Parce que Jean-Pierre m’a avisé. Trop de visites rend difficile le retour à la cellule. Cela revigore les souvenirs qu’il y a une vie après la prison et, qu’un jour, ce sera son tour à reprendre une vie de citoyen.
Au plaisir de la prochaine rencontre Jean-Pierre.
Amitiés,
Danielle et Raymond.
Les Grands Prix de journalisme de l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM)
Mercredi le 30 avril. Une journée spéciale pour le journalisme magazine. Qu’ils soient éditeurs, rédacteurs en chef, journalistes, photographes ou autres, tous se réunissent pour une journée d’échange. Cet événement annuel de l’Association des éditeurs de magazine (AQEM) se termine par une remise des Grands Prix de journalisme magazine pour souligner le travail de ses artisans.
L’équipe de Reflet de Société était très fier de voir Jean-Pierre Bellemare se retrouver finaliste dans la catégorie Chronique. Je profite de cette occasion pour remercier les membres du jury et l’AQEM de reconnaître et d’accepter le travail parfois différent et original de notre magazine.
Le prix du bénévole de l’année a été remis à M. Félix Maltais. Pendant plus de 15 ans M. Maltais a siégé sur le conseil d’administration de l’AQEM. Il a fait partie de plusieurs débats et il est très impliqué dans le journalisme magazine et scientifique. M. Maltais travaille pour Bayard qui publie les magazines Pomme d’Api, J’aime Lire, Les Explorateurs et Les débrouillards. Merci M. Maltais pour votre implication.
Un journaliste m’a touché tout particulièrement lors de cette remise des Grands Prix. M. Daniel Chrétien de L’actualité. M. Chrétien a commencé par remporter le prix Article pratique ou de service. Le dernier prix de la soirée est le prix Jean Paré nommé en l’honneur du fondateur du magazine L’actualité. Ce prix couronne le journaliste de l’année et récompense la constance dans la qualité, l’originalité du traitement, la qualité de la langue et la pertinence des sujets. Félicitations M. Chrétien pour ce prix que vous méritez largement.
J’ai été très fier et heureux de voir M. Chrétien gagné ce prix. J’ai été ému par son allocution. Il remerçiait sa rédactrice en chef, Carole Beaulieu, pour avoir été difficile avec lui, l’avoir fait travailler et retravailler pour en arriver à sortir le meilleur de lui-même. Je le trouvais chanceux d’avoir un tel environnement de travail.
Personnellement, je suis un ancien perfectionniste qui est devenu un généraliste. Je dû m’adapter à faire 12 000 choses en même temps. Je n’ai souvent même pas le temps de relire mes textes! Intervenant, journaliste, blogueur, rédacteur, écrivain, mise en marché, gérant d’artiste, organisateur de spectacles, conférences… Il m’arrive de plus en plus souvent à rêver de ne faire qu’une chose et de pouvoir la perfectionner, d’aller au bout de l’idée, du projet.
Je pensais à l’article sur la transformation extrême de la Mission Bon Accueil organisée par le Groupe Aldo. Cet article va paraître dans notre édition de juin. Même si j’ai fait 6 entrevues et dégagé un photographe pour une journée complète, j’aurais aimé pouvoir amener l’article encore un peu plus loin. M’assurer de pouvoir bien représenter les bénévoles mobilisés dans l’événement, les organismes qui en ont bénéficiés, mais surtout les gens à qui profitent cette action communautaire. Nos textes doivent bien représenter les gens derrière ces événements.
Est-ce le fait qu’un sondage vient de paraître soulignant que notre magazine est maintenant lu par 7% de la population du Québec qui crée cette pression à en faire plus? À cela, nos sites Internet et nos blogues génèrent plus de 6 000 visites par jour. Ça commence à faire beaucoup de monde qui nous lisent. En plus, Internet donnent une permanence à nos textes. J’ai reçu aujourd’hui des commentaires sur des textes que j’ai écrits il y a plusieurs années.
Il y a une pression à toujours faire mieux. En contre-partie, nous avons des limites financières, mais surtout humaine. Je travaille déjà 7 jours, près de 100 heures par semaine. Je mets tout mon coeur dans mes textes. J’aimerais pouvoir y ajouter un peu plus de temps.
Je me remémore tous les sujets que j’aurai voulu faire et qui n’ont jamais trouvé leur espace. Je vis leur absence comme un deuil.
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Congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ)
Le 27e Congrès des médias écrits communautaires du Québec vient de se terminer. Un week-end qui s’est déroulé à l’hôtel Mont Gabriel à Ste-Adèle. Cette rencontre entre les artisans de la presse communautaire est une occasion pour des retrouvailles, quelques formations et pour reconnaître le travail journalistique de tous ces gens impliqués, souvent bénévolement, pour servir leur communauté.
Personnellement, j’ai assisté à un atelier sur le Web avec Benoît Munger du journal Le Devoir et L’art du portrait avec l’excellent André Ducharme du magazine L’actualité. M. Munger nous a fait découvrir plusieurs fonctions et outils du Web que, malgré le nombre d’heures que je passe devant celui-ci, m’avait encore échappé. M. Munger réussi à rendre intéressante la formation et capter notre attention malgré que la matière soit un peu aride.
J’avais déjà eu l’occasion d’écouter l’atelier d’André Ducharme. Mais on ne peut se tanner d’écouter un journaliste d’expérience comme lui. On en apprend encore et encore. La passion d’André Ducharme pour le portrait le rend attrayant et intéressant à écouter.
Pendant ce temps, Danielle, co-directrice de l’organisme et spécialiste des équipements et logiciels s’est amusé dans les ateliers de conception graphique, autant pour les magazines que pour les tabloids. Elle a pris des notes qui vont être discutés avec l’équipe et qui devraient amener quelques changements dans le magazine.
Pour la remise des prix, je profite de cette occasion pour souligner les prix remportés par l’équipe de Reflet de Société. Dans la catégorie entrevue, Annie Mathieu pour son texte Le SIDA tue encore avec le docteur Réjean Thomas. Dans la catégorie chronique, Jean-Pierre Bellemare, notre chroniqueur de la prison de Cowansville pour son texte Pas banale la vie carcérale. Et finalement, une deuxième place pour Dominic Desmarais dans la catégorie reportage pour Le vin québécois fait son chemin.
Avec ces 3 prix, cela a permis à Reflet de Société d’être 3e pour le média communautaire de l’année, devancé par Graffici de Gaspésie et le Mouton Noir du bas du fleuve. Nous profitons de l’occasion pour les féliciter pour leur travail et cette reconnaissance de leurs pairs.
Le congrès s’est terminé avec une conférence de Laurence Poole de Sherbrooke. Cette conférence de motivation et de leadership a été une vraie révélation pour notre équipe. Je reviendrais sous peu pour vous en faire part avec plus de détails.
Dominic Arpin et Martin Petit… Vous m’inspirez!!!
Merci à toi Dominic. Merci à toi Martin.
Depuis quelques jours, je me questionne sur l’avenir des médias au Québec. En tout cas, au moins celui de Reflet de Société et de l’organisme qui le chapeaute, le Journal de la Rue et son projet Café-Graffiti. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis le directeur de l’organisme, le rédacteur en chef du magazine et le fondateur du Café-Graffiti.
Les abonnements à notre magazine Reflet de Société permettent de soutenir des projets pour les jeunes tels que le Café-Graffiti. Mais voilà que le prix du papier augmente de 6% au printemps, on prévoit une autre augmentation de 6% à l’automne, le timbre poste a augmenté de 5 sous en janvier dernier, le prix de l’essence qui continue de battre des records… On prévoit des baisses et peut-être même la disparition des subventions à l’aide journalistique. Même chose pour la subvention pour les frais d’envois postaux.
Juste de demeurer un média, sans avoir à financer un projet communautaire commence à être du sport. En passant, pour ceux qui pensent que je me plaint pour rien avec mon augmentation de 5 sous par envoie, il faut savoir que nous diffusons près de 500 000 exemplaires de notre magazine par année. Chaque 5 sous d’augmentation finissent par coûter cher.
Cela explique pourquoi depuis un certain temps, je travaille à diversifier nos sources de revenus. J’ai engagé plusieurs consultants pour nous aider dans cet objectif, mais ils ont fait choux blancs. Cela a occasionné des dépenses, mais aucun revenu.
Pour la vente de publicité, il y a transfert des budgets vers l’Internet. Les médias conventionnels attirent moins de publicité que l’Internet réussit à faire. J’ai donc décidé d’appeler quelques régies publicitaires pour nous représenter et vendre de la publicité sur nos blogues et nos sites Internet. Après tout, avec plus de 6 000 visiteurs par jour, on devrait être capable d’attirer quelques publicités.
La première régie publicitaire est spécialisé dans le monde des affaires. On en “fitte” pas dans leur décor. Peut-être à l’automne ou au printemps l’an prochain. On repassera, je n’ai pas le temps d’attendre. Une deuxième régie publicitaire me rappelle, prends quelques informations et ne me rappelle pas! Faut pas me laisser sans nouvelles trop longtemps. J’ai sûrement un profil un peu maniaque. Faut que ça bouge. Ma devise, quand tu fais du surplace, tu recules. Parce que les événements eux continuent d’avancer et à te rentrer dedans. La troisième régie publicitaire ne m’a pas encore retourné mon appel.
Bon! J’ai compris, on ne veut pas de mes 6 000 visiteurs par jour. Tant pis pour eux, quand ils se réveilleront, ils courreront après. Après tout, je ne suis pas intéressé à la publicité Google qui ne donne pas grand chose mais qui pollue les blogues et les sites. De plus, en tant qu’organisme communautaire, nous sommes très difficile sur qui pourrait s’annoncer avec nous. On en refuse plus qu’on peut en prendre.
C’est à ce stade que les constellations se sont enlignés. Je me suis souvenu de l’entrevue que Martin Petit m’avait donné. Il me disait avoir rempli une salle de spectacle avec seulement ses contacts Internet. Ensuite j’ai pensé à Dominic Arpin. Lors d’une conférence devant les relationnistes du Québec, Dominic mentionnait qu’il a décidé de faire cavalier seul et d’avoir son propre blogue, indépendant d’un média. Se vendre lui-même plûtot que de laisser le média le vendre et tout empocher.
Suite à mon délire d’hier soir sur l’avenir de la presse écrite, plus pour faire sourire les gens, j’ai fait un Internet-o-thon en présentant les abonnements du magazine. C’était un gag, une satire, la fin de mon délire, rien de plus. Mais aujourd’hui, je me ravise. Mon fort intérieur était plutôt visionnaire et il m’avait lancé un message pourtant clair, net et précis.
Pourquoi me casser la tête avec une régie publicitaire qui ne semble pas apprécier notre potentiel ou, encore pire, qui ne saurait pas comment nous vendre et à qui nous vendre. Nous n’avons qu’à faire comme Martin Petit et Dominic Arpin. Nous vendre nous-même. Pas vendre la publicité des autres, mais vendre nos propres produits sur nos sites et nos blogues.
Pour un organisme tel le nôtre, de vendre des abonnements à un magazine de réflexion sociale, vendre des documentaires sur l’implication bénévole, vendre des CD de musique des jeunes que nous accompagnons, des livres de cheminement personnel, des guides d’intervention auprès de personnes suicidaires, de joueurs compulsifs et même notre T-shirt à l’effigie du Café-Graffiti, rien de plus naturel. Pour les Internautes qui nous lisent et qui aiment ce que nous écrivons, ce n’est pas de la pollution publicitaire, c’est d’encourager un organisme communautaire dans son orientation en économie sociale et d’offrir des produits et services qui sont la continuité de ce que nous faisons.
Malgré que dans WordPress nous soyons limité dans l’affichage des publicités, nous avions déjà réussi à placer une bannière dans le haut des blogues. Cette bannière annonce les 4 sites de l’organisme. J’ai ensuite fait rajouter une publicité sur chaque côté. Présentement nous y annonçons 2 livres. Nous alternerons régulièrement les publicités pour y présenter l’ensemble de tout ce que nous faisons.
Et voilà ma dernière trouvaille d’hier. À la fin de mes billets apparaîtra une publicité. Elle sera annoncé en caractère gras: PUBLICITÉ. Celui qui ne voudra pas la lire n’aura qu’à arrêter de lire. Mais celui qui aura aimé nos textes, pourra y découvrir les produits et services que nous offrons.
Nous voilà donc dans notre auto-publicité. Nous sommes convaincu que cela sera beaucoup plus pertinent et rentable que les quelques sous qu’on offre pour les “clics” sur des annonces de n’importe quoi. Parce que même si les budgets commencent à se diriger vers l’Internet, les prix offerts pour tout le travail qu’on y fait est encore dérisoire.
Au plaisir de continuer à vous écrire. Au plaisir de vous présenter quelques publicités pertinentes.
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2e journée de notre Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Les adieux de Nathalie Simard
Plusieurs médias ont annoncé la retraite de Nathalie Simard dans l’industrie du Show Business.
Après un long silence, un silence qui tue, en 2003 Mme Simard fait son coming out et dénonce les abus sexuels qu’elle a subi de la part de son gérant et pédophile Guy Cloutier. S’en suit un procès éprouvant. Il ne faut vraiment pas banaliser la charge émotive d’un tel procès médiatisé pour une victime d’abus sexuel.
À la fin du procès, s’enchaînera à un rythme d’enfer: entrevues médiatiques, lancement d’un livre, création de la Fondation Nathalie Simard, séries de conférences sur les abus sexuels à travers le Québec, une chicane familiale… Un retour à la vie publique dès plus essoufflants.
Ensuite Nathalie Simard planifie son retour à la chanson, sa carrière, sa raison d’être professionnelle. Épuisement, fatique, panique… Les détenteurs de billets pour une tournée trop “booké” pourront se faire rembourser. Nathalie Simard quitte la vie publique, se retire.
Cela n’est pas sans me rappeler plusieurs histoires qui ont certaines similitudes. Un parent qui a perdu en enfant par suicide, une femme qui perd sa soeur dans une tuerie, un père qui a perdu sa fille au main d’un meurtrier, un père dont son fils s’est suicidé à cause du jeu compulsif, un joueur compulsif qui a survécu a une tentative de suicide, un homme séropositif… Lise Mondor, Heidi Rathjen, Pierre-Hugues Boisvenu, Sol Boxenbaum, Did Tafari Bélizaire, François Blais… Et j’aurais pu mettre une quantité énorme de noms.
Lorsque nous traversons des événements qui nous sont pénibles, il n’est pas rare d’observer qu’une des réactions est de vouloir sauver le monde et tous les autres qui passent par les mêmes souffrances que nous. Nous devenons hypersensibles. La cause prend le dessus. Au départ, la mission que l’on se donne peut être une forme de thérapie. Elle peut aussi rapidement devenir un fardeau lourd à porter. Très lourd.
J’ai vu des gens vouloir partir des fondations et des organismes d’intervention. Des gens qui ont fait un burn out, d’autres qui se sont suicidés. Par respect pour les survivants, je ne mettrais pas de noms sur ces victimes qui sont devenues leurs propres bourreaux.
Je suis content d’apprendre que Nathalie Simard a su se respecter et mettre des limites. Question de se respecter. Question de respecter toutes les victimes d’abus sexuels qui se sont reconnues en elle et qui n’auraient pas pu survivre à un burn out qui aurait pu amener à son suicide.
Merci Mme Simard de prendre soin de vous.
Carl Charest du portail Branchez-vous: handicapé pour sa marche pour la Slérose en plaque
Mardi dernier, je vous ai raconté l’histoire touchante de Sophie et Maxime, un couple d’ami de Carl Charest, atteint de la Sclérose en plaque. Carl Charest, le directeur de contenu du portail Branchez-vous va participer en avril prochain à une marche pour la Sclérose en plaque. Carl s’est fixé un objectif de 500$ pour cette activité.
J’ai invité les Internautes à aller sur le site de Carl pour faire des dons et que sa marche soit significative. Pour donner le bon exemple, j’ai brisé la glace et fait le premier don. J’ai eu plusieurs commentaires d’Internautes me disant qu’ils ne réussissaient pas à trouver sur le texte de Carl comment s’inscrire pour faire un don à la Sclérose en plaque pour cette marche.
Première problématique, les billets de Carl sont écrits sur un fond foncé. Il faut s’arracher les yeux pour comprendre qu’à la fin de son texte il y a un lien (presque de la même couleur que le fond d’écran) pour aller sur la Sclérose en plaque.
Deuxième problématique, Carl, voyant que j’avais fait un don, a écrit un billet me remerçiant. Se faisant, lorsque les Internautes cliquaient sur le lien que j’avais laissé arrivaient sur ce nouveau billet. Il fallait alors comprendre que le lien se retrouvait à la fin du 2e texte!
L’opération devenant plus difficile, nous n’avons pas encore atteint notre objectif de 500$ pour faire marcher Carl Charest lors de cet événement de financement de la Sclérose en plaque. Je réitère donc mon invitation, mais cette fois-ci en vous dirigeant directement à la page de financement de la marche de Carl.
Vos dons vous permettent d’avoir un reçu pour fin d’impôts.
Merci à tous de soutenir la Sclérose en plaque et merci de votre persévérance.
Jeunes, bénévolat et gang de rue
Je viens de lire le blogue de Folliculaire sur le bénévolat. Une vision intéressante qui nous montre que les jeunes ne sont pas que des membres de gangs de rue, des alcooliques, toxicomanes et autres.
Pour les jeunes, le bénévolat est une implication et une présence importante dans notre société. En étant bénévole dans un milieu donné, le jeune expérimente sa citoyenneté, crée des relations, socialise, se trouve un milieu d’appartenance… On ne peut sous estimer l’importance d’avoir un milieu d’appartenance. C’est la meilleure façon de faire de la prévention aux gangs de rue. C’est souvent par défaut que les jeunes se retrouvent intéressés ou attirés par les gangs de rue. Les jeunes ont besoin d’appartenir à un milieu et d’y évoluer.
Le bénévolat n’est pas juste une présence continue dans un milieu de vie. C’est un état d’esprit. Aider une vieille dame à traverser la rue, balayer le trottoir devant sa résidence… ce sont aussi des façons de faire du bénévolat, ponctuel, à notre rythme, au hasard des rencontres.
DVD sur la promotion du bénévolat.
Martin Matte, l’humour, les traumatismes crâniens à Tout le monde en parle
Le 16 septembre dernier, Martin Matte, humblement est revenu rencontrer Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle. J’ai découvert un côté du personnage qui m’a touché. On y a appris qu’à l’âge de 17 ans, le frère de Martin Matte a subi un traumatisme crânien. Ayant de sévères problèmes comportementaux et physiques, la famille Matte a tenté, sans succès de trouver un hébergement pour leur enfant. Il n’existait rien pour accueillir une victime d’un traumatisme crânien.
Martin Matte, sensible à la réalité de son frère, a créé une fondation dans le but d’ouvrir des maisons pour héberger ces victimes. J’ai été touché par ce geste et cette sensibilité de Martin Matte.
Martin Matte aurait déjà fait des sketches humoristiques touchant cette problématique. Certains spectateurs n’ont pas apprécié. Cela me déçoit. Car l’humour est important dans nos vies, pas juste pour rire, mais aussi pour dédramatiser les événements tragiques de la vie.
J’ai personnellement fait 2 tentatives de suicide. Je me souviens, lors d’une des phases de mon rétablissement, avoir dit: je pourrais sentir que j’ai fait un bon bout pour m’en sortir lorsque je serais capable d’écrire des textes humoristiques sur le suicide. Cela m’aura pris près de 10 ans pour y arriver. J’ai été pendant plusieurs années intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. Je suis capable de vivre avec les gens l’intensité des émotions véhiculée par la crise suicidaire. Mais je suis aussi capable d’en rire. Sans ridiculiser la réalité des gens qui passent par cette crise ou leur entourage. Un humour qui nous permet de libérer une partie de la tension et du stress accumulée.
Si Martin Matte fait des sketchs humoristiques touchant des thèmes sociaux. En ce qui me concerne, c’est bien correct. Si des spectateurs ont de la difficulté à entendre parler de ces thèmes sociaux, peut-être qu’il y a dans leur vécu des bouts d’émotion qui sont resté bloquées et qui auraient avantages à trouver une voix de sortie. Parlez-en à votre thérapeute, ça ne fera sûrement pas de tort.
Merci et félicitations à Martin Matte pour cette implication sociale.
Textes sur Tout le monde en parle.
Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention
http://journaldelarue.wordpress.com/2008/02/12/quand-ton-cerveau-temprisonne/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/ma-schizophrenie/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/des-pieds-des-mains-et-de-laudace/
« Vandanam, école Mont-Bleu ! »
Agence Science-Presse - Nicole Castéran
Vandanam signifie « merci », en tégoulou, une langue indienne. Mais pourquoi remercier les élèves de l’école Mont-Bleu ? Parce qu’en six ans, ils ont fait construire 29 puits en Inde !
En 2005, comme plusieurs autres écoles du pays, l’école primaire Mont-Bleu de Gatineau, en Outaouais, a participé au projet Les enfants changent le monde de l’organisme SOPAR. Pendant quelques semaines, les élèves ont accumulé de l’argent qui a servi à la construction de quatre puits dans quatre villages de l’Inde.
Dans ce populeux pays, l’eau fait cruellement défaut. Généralement, ce sont les femmes et les enfants qui sont responsables de la collecte du précieux liquide. Ils doivent y consacrer de longues heures et beaucoup d’énergie ! Cela les amène à négliger d’autres tâches essentielles, comme cultiver ou étudier.
Des élèves prêts à tout
Pour réunir les 750 $ nécessaires à la construction de chaque puits, les jeunes de Gatineau ont rivalisé d’imagination. Certains ont accompli des tâches ménagères, pour lesquelles leurs parents les ont rétribués. D’autres ont fabriqué et vendu des bracelets de l’amitié, des signets, des grenouilles en origami, des crayons décorés, etc. Blaise, un élève d’origine africaine, a même confectionné avec des sacs de plastique et des bouts de tissu des ballons de soccer à la mode de chez lui. Les « ballons Blaise » ont remporté un franc succès ! Pour leur part, les villageois ont fourni la main-d’œuvre nécessaire à l’édification du puits et se sont engagés à l’entretenir.
Ça va mieux depuis les puits
Ces quatre puits ont changé la vie de plus de mille personnes ! Tous profitent aujourd’hui d’une eau saine pour boire et pour se laver; les enfants ont plus de temps pour étudier; les femmes trouvent plus facile de nettoyer leur maison et ont du temps (et de l’eau) pour cultiver des légumes. Tous disent vandanam aux élèves de l’école Mont-Bleu !
Capsules
Un être humain sur cinq n’a pas accès à de l’eau potable.
La moitié de l’humanité ne dispose pas de toilette ou de système d’égout.
10 fois plus de gens meurent à cause de l’eau contaminée que des guerres.
3 baignoires - Un Canadien utilise 300 litres d’eau à la maison par jour.
1 évier - Un villageois indien consomme 25 litres par jour.
>Le droit à l’eau…
…fait officiellement partie des droits fondamentaux de la personne depuis 2002. Comme SOPAR, de nombreuses organisations canadiennes s’efforcent de procurer aux populations pauvres du monde un accès à de l’eau potable.
Textes sur le bénévolat.
Des hommes d’affaires donnent au suivant
Charles Messier, Volume 15 no 3, février 2007Cet automne, Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont concrétisé leur projet de bénévolat d’affaires, une idée qui est née il y a deux ans. Près d’une centaine de gens d’affaires ont jusqu’à maintenant offert leurs services à plus d’une vingtaine d’organismes à but non lucratif qui œuvrent dans les domaines culturel, social, environnemental, de la santé, etc.
“J’ai mon bureau en haut d’une tour, d’où je vois le monde à l’envers, d’où je contrôle mon univers.” Les bénévoles d’affaires qu’Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont réunis pour donner un coup de main à des organismes de la grande région de Montréal ne fredonnent pas ces paroles du “Blues du businessman”. Plutôt que d’être seuls en haut de leur tour, ils en descendent pour venir appuyer les causes qui leur tiennent à cœur.
Les tâches qu’ils effectuent sont intimement liées à leurs forces dans leur vie professionnelle, comme siéger à des conseils d’administration, élaborer des plans d’affaires et offrir des conseils relatifs à la gestion des ressources humaines.
Depuis le lancement de leurs activités, l’intérêt suscité est surprenant, selon Ugo Dionne. À la suite d’un article paru en novembre dans un quotidien montréalais, la responsable de l’administration de l’organisme aurait reçu en une seule journée des dizaines d’appels de gens d’affaires pour proposer leur service. Certains, de Granby et de Québec notamment, auraient même manifesté leur désir d’élargir à leur région le rayonnement de Bénévoles d’affaires, qui cible actuellement la grande région de Montréal.
Avant de lancer officiellement le projet, Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort l’ont élaboré pendant deux ans. Pendant cette période, leur travail a consisté principalement à réunir plusieurs partenaires financiers, médias, de services et des partenaires qui les ont conseillés relativement à l’action bénévole. Ils ont ainsi amassé suffisamment de fonds pour s’assurer de rémunérer pendant une année une employée qui travaille à temps plein. Ils aussi ont obtenu un bureau équipé de tout le matériel nécessaire, ce qui lui permet d’être le plus efficace possible.
L’utile ou l’agréable?
Devant l’enthousiasme des gens d’affaires, Ugo Dionne pense déjà à engager une deuxième personne l’an prochain. Selon lui, le bénévolat leur permet bien sûr d’élargir leur réseau de contacts et, parfois, de dorer leur image, mais il demeure persuadé que le nouvel organisme répond surtout à leur besoin d’aider la collectivité en mettant à profit une expertise qui coûte habituellement très cher à leurs clients. Ils allient ainsi l’utile à l’agréable. “Tout le monde gagne”, résume Ugo Dionne.
Lui-même entrepreneur, il croit que, même si certains ne s’impliquent pas “pour les bonnes raisons”, les organismes pour lesquels ils œuvrent sont tout de même gagnants au bout de la ligne. Il pense cependant que la meilleure façon d’être persuadé que les bénévoles le fassent d’abord par altruisme est de leur proposer de travailler pour des causes qui leur tiennent à cœur. “On s’assure aussi que l’organisme a besoin de leur expertise et de leur expérience.” Ils ont ainsi le sentiment d’être réellement utiles.
Bénévoles d’affaires?
Pourquoi avoir mis sur pied Bénévoles d’affaires alors que d’autres organismes accueillent déjà des bénévoles de tous les horizons? “Les gens d’affaires, pour se sentir interpellés, doivent avoir un service qui leur parle directement, et qui ne fait que ça”, explique Ugo Dionne. Pendant les deux années qu’il a passées à élaborer le projet avec Marie-Pierre Dufort, il a d’ailleurs rencontré le Centre d’action bénévole de Montréal, qui s’est réjoui de leur initiative. “Eux, ça n’a pas marché il y a 15 ans. Ça n’a pas pris, parce que les tâches proposées ne sont pas assez liées à leur expertise. On est donc complémentaire.”
Lien Internet: www.benevolesdaffaires.org
Bad boy | bon gars
Mally-Tamara Morin Doré
Juin 2007
«Les travaux communautaires sont un moyen de sortir un contrevenant d’un milieu criminel, puis ils ont l’objectif d’ouvrir et de changer leur réseau social, soutient l’agente de probation Sandra Champagne. Rémi en est l’exemple parfait. Avec son père, il s’est fait prendre pour trafic de stupéfiants en 2005. Grâce aux travaux communautaires, il a découvert une nouvelle passion: le bénévolat.
Rémi est un jeune homme sûr de lui qui raconte son histoire sans hésitation. Après avoir été arrêté avec son père pour vente et culture de marijuana, il a reçu une sentence de 150 heures de travaux communautaires à effectuer en un an.
L’agent de probation de Rémi lui propose quelques organismes communautaires. «Je voulais faire n’importe quoi sauf débloquer des tuyaux», affirme-t-il en riant. Il choisit un organisme qui agit auprès des jeunes, à l’opposé de son père qui décide de travailler avec les personnes âgées.
Dans l’organisme, il exécute du travail administratif, lave de la vaisselle et passe le balais… jusqu’au jour où on lui demande de faire une commission en voiture. C’est ce qui lui plaît le plus. Il se rend compte que ce qu’il accomplit lui fait du bien. Ce qu’il fait n’aide pas seulement une personne, mais tout l’organisme. Cela lui donne le sentiment de faire sa part pour la société.
Finies les folies
Lorsque la police l’a arrêté, Rémi se sentait coupable. Un dossier criminel équivaut pour lui à une mauvaise image. Mais, après avoir fait ses 150 heures de travaux communautaires, il a l’impression de s’être racheté. «C’était une erreur de parcours, mais j’ai compris. Fini le niaisage!»
En terminant ses travaux communautaires, le père de Rémi décide de faire du bénévolat. «Moi aussi, je suis capable de faire ça», se persuade alors Rémi. L’exemple de son père l’a grandement encouragé.
Les services correctionnels ne comptabilisent pas de statistiques à ce sujet, mais l’implication de Rémi et de son père ne surprend pas l’agente de probation Sandra Champagne. «Il est assez fréquent que les contrevenants continuent dans le bénévolat, selon l’accueil qu’ils ont reçu dans les organismes.»
Rémi se sent bien quand il fait du bénévolat. Les travaux communautaires lui ont permis de se développer un nouveau réseau social. «Avant, je me sentais isolé. J’ai maintenant l’impression d’être sorti de mon petit monde.» Le bénévolat a changé sa vie. Il se sent sur la bonne voie. «Je suis revenu sur la map», affirme-t-il, souriant.
Rémi a suivi une cure de désintoxication pour se débarrasser de sa dépendance à la marijuana. Il fume beaucoup moins qu’auparavant. «C’est une question de temps pour que j’arrête complètement.»
Renouer avec les siens
La mère de Rémi était très déçue d’apprendre que son fils faisait pousser de la marijuana. Quand il a été arrêté, elle en était même heureuse. À la suite à son arrestation, Rémi a fait beaucoup d’efforts. Sa mère commence maintenant à l’estimer et elle est plus ouverte. Il voit maintenant fréquemment sa mère et sa sœur, avec qui il n’entretenait presque plus de liens.
Le bénévolat, n’a pas été qu’une simple réinsertion sociale pour Rémi, mais aussi une réinsertion au sein de sa famille. «Ça m’a permis d’aider les autres, alors pourquoi pas ma famille.»
Jamais le jeune homme n’avait pensé faire un jour du bénévolat. Maintenant, ça fait partie de sa vie. Il s’arrange à présent pour être heureux. «Tout le monde me fait confiance, ça fait du bien.»
En regardant son passé, Rémi est plutôt heureux que la police l’ait arrêté. Les travaux communautaires lui ont apporté tant de belles choses. Après avoir payé sa dette, il s’accomplit aujourd’hui en aidant le reste de la société.
Peine passagère
Gabriel Alexandre Gosselin
Trois heures par semaine, plusieurs étudiants du domaine social de Québec se rendent en prison. Non pas pour purger au compte-gouttes une peine d’incarcération, mais bien pour offrir de la compagnie aux détenus de leur communauté.
Le projet se nomme «Service de support et d’accompagnement pour contrevenants adultes». Il consiste à jumeler chacun des étudiants à un prisonnier. Ce dernier rejoint son jeune dans une classe du centre carcéral pour discuter. Le détenu a alors la chance de s’exprimer sur son passé, ses sentiments et ses aspirations dans la vie.
«Les jeunes reçoivent une formation avant de se présenter sur place, mais certains sont nerveux avant d’entrer en contact avec leur contrevenant, raconte Roland Pelletier, coordonnateur du projet. À la fin de chaque séance, je fais un retour avec eux. La rétroaction est toujours très positive, tant du côté des détenus que des bénévoles. Les jeunes jubilent carrément. Ils en retirent une expérience exceptionnelle, tant professionnellement que personnellement.»
L’activité permet aux jeunes bénévoles de se mesurer à un défi de taille et de vivre des émotions fortes. De ce coup, ils aident un de leurs concitoyens à se refaire une place dans la société; une bonne manière de proposer une expérience hors du commun à un jeune, tout en lui faisant prendre conscience de l’importance de son implication sociale.
Les motivées de Grande-Vallée
Gabriel Alexandre Gosselin
Juin 2007
À Grande-Vallée, en Gaspésie, des jeunes ont compris ce qu’ils peuvent apporter aux personnes âgées de leur communauté. Les enfants des 2 écoles primaires de la ville participent depuis un an à une activité bénévole intergénérationnelle. Une fois par mois, ils se rendent dans un centre d’hébergement pour personnes âgées où ils présentent de la danse, lisent des poèmes ou chantent.
L’école primaire Notre-Dame-de-Cloridorme (35 élèves) a le malheur d’être située trop loin de la maison des aînés. Ses élèves ne peuvent s’y rendre chaque fois que l’activité a lieu. Mais, Anne Minville, coordonnatrice du projet, a trouvé une solution pour eux: «Ils préparent les décorations avec des bricolages pour la thématique du mois.»
Tous ces jeunes impliqués comprennent très bien ce qu’ils apportent aux aînés. Étienne et Cindy, deux élèves de 11 et 12 ans, sont du même avis: ils rendent ces gens heureux, et leur récompense est de les voir sourire.
Ce projet bénévole, qui avait reçu une aide gouvernementale pour sa première année, devra se passer de subventions à partir de l’an prochain. Anne Minville compte bien le poursuivre, puisqu’il fait autant le bonheur des aînés que des enfants. «Depuis le début, le nombre de participants a presque doublé. Le sous-sol du centre d’hébergement est rendu trop petit pour accueillir tous ceux qui viennent voir les jeunes. Les personnes âgées aiment voir la naïveté des enfants!»
Une présence qui fait la différence
Anne Minville est coordonnatrice pour le Centre d’action bénévole La Grande Corvée. Elle partage son temps entre le centre et les trois écoles de Grande-Vallée. Son travail consiste à rallier enfants et adolescents à l’implication citoyenne. Ses projets ne cessent de trouver de nouveaux adeptes motivés.
Son seul acte de présence dans les écoles la place déjà en avance par rapport à la majorité des établissements scolaires de la province. Peu d’entre eux jouissent d’une personne ressource comme Anne. C’est d’abord avec entrain et un sourire aux lèvres qu’elle parle de bénévolat aux élèves. Elle leur propose ensuite des projets susceptibles de les intéresser.
Grâce son approche, quand on demande à ces enfants d’aller montrer de quoi ils sont capables devant les personnes âgées, ils embarquent dans l’aventure. «Je ne vois aucun problème à confier des projets aux jeunes. J’ai pleine confiance en eux.»
Annie et ses causes
Dès l’âge de 7 ans, le bénévolat appelle Annie-Dominique Chicoine. L’élément déclencheur survient lorsque Pierre Bruneau — journaliste à TVA et père d’un enfant décédé de leucémie — visite sa ville, Grande-Vallée, pour amasser des fonds pour les enfants handicapés. Sensibilisée à la cause, puisque son propre cousin est atteint d’un handicap, Annie-Dominique et son frère cumulent dans leur petit cochon 60 $ pour l’hôpital Sainte-Justine.
«Si j’avais un enfant avec ce genre de problèmes, je serais contente que des gens veuillent m’aider», souligne-t-elle. À 10 ans, elle s’implique de nouveau pour Opération Enfant-Soleil et pour l’hôpital Sainte-Justine. Aujourd’hui âgée de 15 ans, elle orga-nise chaque année une discothèque sur glace avec vente de hot dogs et un lave-auto. Dans sa boîte à idées, il y a aussi l’organisation d’une partie de sucre.
Boule d’énergie
Pendant l’année scolaire, Annie-Dominique pratique le théâtre. L’été, de deux à trois fois par semaine, elle présente bénévolement avec sa troupe, devant la communauté, la pièce de théâtre qu’elle a pratiquée toute l’année. Annie-Dominique s’est aussi engagée dans la Guignolée. Elle a récolté l’argent et les denrées non périssables à son école secondaire, en plus de faire du porte-à-porte pour récolter les dons de tous les citoyens de Grande-Vallée.
L’adolescente compte également participer à la Marche de la Mémoire, qui sert à amasser des dons pour la recherche sur l’Alzheimer. Sa grand-mère est décédée de cette maladie. «J’étais très près d’elle, et je trouvais ça triste de ne plus me faire reconnaître.» Elle commandite sa mère qui, pour l’occasion, est marcheuse élite.
Entre son chum, ses amis et ses études, cette adolescente ne compte pas arrêter de sitôt tous les efforts qu’elle offre à sa communauté. Le prix de la relève bénévole qu’elle vient de se voir décerner l’encourage d’ailleurs à continuer à s’impliquer et à donner de son temps. «Je sais que je ne fais pas ça pour rien.»
Modèle plus
Dominic Desmarais, juin 2007
Elle est jeune, belle et talentueuse. Elle côtoie tant les stars québécoises qu’internationales. L’animatrice de Musique Plus, Chéli Sauvé-Castonguay, mène une vie de rêve… et garde les deux pieds sur terre en étant bénévole auprès d’adolescents.
Elle a beau frayer avec les millionnaires de la chanson, Chéli Sauvé-Castonguay est d’une simplicité rafraîchissante. La bonne humeur débordante, elle sait mettre les gens à l’aise. Entre un périple à Saskatoon et des visites éclair à Québec et à Nashville, la jeune vidéojockey raconte avec plaisir ses expériences bénévoles.
Chéli est bien servie par son emploi pour rejoindre les adolescents. Dans les Maisons de Jeunes et les écoles secondaires, les ados écoutent davantage la tête d’affiche d’une station de télé à leur image. Depuis 5 ans, la jeune femme originaire d’Ottawa participe à la campagne de prévention Ma gang allumée contre le tabagisme chez les jeunes. Une implication qui semble l’emballer. «C’est bien, parce qu’on invite les jeunes à créer leur propre projet pour réduire le tabagisme. On dénigre souvent les jeunes, mais, quand tu les rencontres, tu vois la passion en eux», souligne-t-elle.
Subitement mal à l’aise, l’animatrice sent le besoin de clarifier le sens de son implication. «Je ne vois pas ça comme du bénévolat, nuance-t-elle. Je le fais dans le cadre du travail. Je ne suis pas obligée, parce que ça demande de voyager. Et la charge de travail ne diminue pas parce que tu t’impliques», explique Chéli, qui ne compte plus ses semaines de 60 heures.
Femme d’action
Elle anime également des galas et des défilés de mode pour amasser des fonds. «C’est en lien avec mon métier. Mais, c’est pour une bonne cause ou pour faire la promotion d’artistes émergents qui méritent d’être découverts.» Encore une fois, l’animatrice hésite à qualifier son implication de bénévolat. «Je me vois comme une participante», explique celle qui, de 13 à 16 ans, jouait une heure ou deux avec des enfants atteints du syndrome de Down (trisomie 21) au retour de l’école.
L’animatrice se nourrit de ces activités. «Je rencontre des artistes qui font des millions avec leurs albums. Certains ne sont pas là pour la passion de la musique, mais bien pour le glamour, raconte-t-elle. Alors, quand je rencontre des gens lors de galas ou des jeunes dans les écoles, ça me ramène sur terre», dit-elle, affichant ce sourire qui ne la quitte jamais.
Chéli croit fermement aux bienfaits de l’action bénévole. «Je le dis aux jeunes que je rencontre. La meilleure façon d’apprendre, c’est par le bénévolat.» Elle parle en connaissance de cause. Dès l’école secondaire, elle s’impliquait au sein de la télévision communautaire d’Ottawa. À l’université, elle a touché à tous les domaines du journalisme. Télé, radio et presse écrite. C’est de cette façon qu’elle a découvert sa passion pour la télé.
La gêne revient hanter Chéli. «Il y a tellement plus de choses que je pourrais faire… Je parle avec le département des communications pour qu’on aille voir les enfants à l’hôpital Sainte-Justine. On devrait faire plus pour eux. Tous les animateurs de Musique Plus pourraient participer à la marche pour le cancer du sein. Pas pour filmer, mais pour amasser des fonds.»
Diplôme d’action sociale
Pour attirer les jeunes, le Centre d’action bénévole de Québec a eu l’idée de faire reconnaître leur expérience comme bénévole. «Une entente existe entre le centre, les organismes et les grandes entreprises de la région de Québec», explique le directeur général du centre, Jean-Marie Parent. Les organismes, pour reconnaître une formation ou une expérience acquise, émettent des certificats qui sont approuvés par des entreprises de la région. «Le jeune qui obtient un de ces certificats a donc de meilleures chances d’obtenir un emploi dans le domaine dans lequel il a été reconnu.»
Jobboom pour bénévoles
Au Centre d’action bénévole de Hull, Anne Chardon met actuellement sur pied un site Internet pour les jeunes bénévoles de l’Outaouais. Le site www.jebenevole.ca offrira
— à l’image des workopolis, jobboom ou monster.ca — un espace où les organismes communautaires intéressés à recruter des jeunes pourront afficher leurs activités offertes. «Les jeunes sont à l’école de 9 h à 16 h, dit Anne Chardon, et ce sont essentiellement les heures d’ouverture des Centres d’action bénévole. Avec le site, le ser-vice sera plus accessible, car disponible en tout temps, et permettra aux jeunes de faire un choix. C’est ça qu’ils veulent.» G. A. G.
Le mystère du don de soi
(Agence Science-Presse) – Êtes-vous altruiste? Si oui, votre cerveau pourrait bien fonctionner un peu différemment de celui des autres. Une équipe de neuroscientifiques du Centre médical de l’Université Duke, en Caroline du Nord, a identifié la zone de charité dans le cerveau. Cette région serait beaucoup plus active chez les personnes généreuses. Même si cette découverte ne permet pas aux scientifiques de comprendre le comportement des Mère Teresa de ce monde, elle leur donne des indices sur l’origine de certains comportements comme l’altruisme. La science s’est souvent questionnée sur le comportement de ces personnes qui placent le bien-être des autres avant le leur, parfois même au détriment de leur vie. Selon un point de vue évolutionniste, c’est un non-sens. Cette attitude n’a pour but ni de léguer ses gènes, ni d’assurer sa survie. Les chercheurs estiment que les comportements altruistes pourraient davantage être motivés par la façon dont les gens voient le monde plutôt que par la façon dont ils agissent.
Le bénévolat chez les jeunes
Dans le cadre de notre stage en cours, Mally et moi travaillons sur le bénévolat chez les jeunes. Un sujet qui à première vue peut sembler presque banal, mais qui lorsque bien décortiqué, révèle de nombreuses facettes qu’il faut toutes répartir et clarifier.
En se référant aux différents centres de bénévolat à travers la province, on peut en venir à se poser beaucoup, beaucoup de questions : Est-ce que le bénévolat est aussi accessible pour les jeunes Québécois dans les régions que dans les grands centres? Qu’est-ce qui motive un jeune à faire du bénévolat? Ont-ils réellement leur place dans un milieu qu’on pourrait croire majoritairement occupé par des retraités qui veulent bien gentiment donner de leur temps? Est-ce que le bénévolat, ça manque de thrill (excusez l’expression) pour les jeunes? Qu’est-ce qui existe dans le monde du bénévolat pour eux? Et ajoutons-en!
C’est ce que nous travaillons à résoudre à l’heure qu’il est. Et les réponses, qui nous sont venues et qui nous viendront d’un peu partout, seront toutes à considérer, à analyser, à mettre en lien. Mais jusqu’ici, je suis en mesure de vous divulguer un premier constat bien évident, mais peut-être méconnu de certains : les jeunes ne se consacrent pas qu’à végéter dans le confort du sous-sol de leurs parents, car visiblement, un bon nombre d’entre eux ont à cœur le bien-être de leur communauté, et croient en l’apport positif qu’ils peuvent y ajouter par leurs actions. Vive la jeunesse!
Gabriel Alexandre Gosselin
DVD pour la promotion du bénévolat
Le Café-Graffiti et le Journal de la Rue ont réalisé un DVD pour la promotion du bénévolat. Des jeunes de la culture Hip Hop, des missionnaires qui en ont fait leur mode de vie, des travailleurs s’impliquant dans une cause… l’art du don de soi n’a pas de limite ni à travers les âges, ni à travers les régions.
Le bénévolat est encore une implication qui intéresse, stimule et favorise l’épanouissement du citoyen. Témoignage de jeunes et moins jeunes qui ont su s’épanouir à travers le bénévolat et leurs implications.
Pour informations www.journaldelarue.com ou (514) 256-9000
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/26/le-festival-orgue-et-couleurs-leglise-st-nom-de-jesus-les-journees-de-la-culture-et-le-hip-hop/
Les prisonniers de l’institut Leclerc remercient leurs bénévoles
Vol 14-6, août 2006.
Des centaines et des centaines de bénévoles s’impliquent dans les multiples institutions carcérales; une présence et une implication fortement appréciée. Des bénévoles qui viennent, semaine après semaine, joueur au Volley-ball, présenter des spectacles, participer à des rencontres. Les fraternités sont aussi présentes pour aider le prisonnier qui veut cheminer par rapport à des difficultés avec l’alcool, la drogue, le jeu, le suicide… Les prisons sont riches d’implications diverses.
Le rédacteur en chef, Raymond Viger, ainsi que la codirectrice de l’organisme, Danielle Simard, font partie de ces bénévoles assidus qui s’impliquent dans les prisons. Voici quelques commentaires de prisonniers qui tenaient à remercier les bénévoles qui viennent les visiter.
Pascal Bondeau
Cette petite composition est pour vous remercier et vous montrer l’importance que vous avez pour nous… Nous trouvons très important de souligner cet événement. Vous utilisez beaucoup de votre temps libre pour venir nous visiter en établissement carcéral.
Nous vous remercions d’être constants dans vos visites autant que dans les activités sportives, religieuses ou autres. Elles sont toutes aussi importantes à nos yeux.
Nous trouvons important d’avoir des contacts avec le monde extérieur, sans se faire juger et critiquer. Nous savons que cela ne doit pas être toujours évident de venir ici. C’est quand même une prison. Malgré tout, vous avez toujours un très beau sourire.
Nous apprécions votre écoute. Quand on vous parle de choses que l’on vit, parfois très dures pour nous, nous aimons les conseils que vous nous apportez. Nous vous remercions du fond du cœur.
Merci, Eric.
On est dans un petit monde. On voit les mêmes personnes affichant leurs caractères et leurs images. Mais vient le moment où une fraîcheur nous arrive de l’extérieur, nous rappelant les belles valeurs que la vie devrait nous accorder.
Vous, qui faites preuve de simplicité sans préjugés, nous offrez la chance de partager mille et une questions sur la vie, tout en restant nos meilleurs appuis. Que ce soit dans les activités ou les rencontres, nous savons que, ce qui compte, c’est votre présence. Nul doute que votre constance continuera. C’est ce qui fait de vous des personnes de grande importance.
Pat Martel
Nous avons tendance à dire et à croire que c’est nous qui accueillons les bénévoles à l’intérieur des murs. À y regarder de plus près, ce sont plutôt eux qui nous accueillent. En effet, alors que plusieurs d’entre nous sont rejetés, délaissés ou encore oubliés par les leurs, les bénévoles, eux, nous ouvrent leurs cœurs, nous écoutent et nous soutiennent sans poser de questions, et surtout, sans nous juger.
Les bénévoles ne sont pas des gens de mots, ce sont des gens d’action; un bel exemple de personnes qui mettent en pratique ce qu’elles prêchent. Considérons-nous chanceux d’avoir accès à ces personnes dévouées et soyons conscients de l’importance des bénévoles parmi nous.
Au nom de toute la population carcérale, merci à tous les bénévoles.
Jean-Pierre Bellemare
Tel un phare, vous venez illuminer notre sombre quotidien. Comme une pluie, vous rafraîchissez la sécheresse de notre cœur. Vous êtes le lien avec cet extérieur qui nous manque douloureusement. La gratuité de vos gestes à notre endroit nous gonfle d’estime personnelle. Vous savez écouter, comprendre et accepter sans nous juger, nous qui sommes déjà condamnés.
L’incrédulité que nous avons parfois à votre endroit nous vient de votre gentillesse, que nous n’arrivons pas à expliquer. Votre acceptation sans condition nous crée un certain malaise. La bonté humaine n’étant pas quelque chose de populaire entre nous. Le temps que vous nous consacrez porte ses fruits. Vous nous prouvez qu’il existe des gens qui se soucient encore de nous et, surtout, qui persistent à croire au don de soi. Ainsi, le meilleur enseignement est l’exemple que vous êtes pour nous maintenant et pour l’avenir.
Je profite de l’occasion qui m’est donnée pour vous remercier, tous autant que vous êtes. Pour ceux qui n’ont pas toujours les mots pour vous le dire, vous verrez au plus profond de leurs yeux de la gratitude.
Le travail que vous accomplissez ici n’est versé dans aucun dossier. Il s’imprime dans notre cœur avec des résultats beaucoup plus significatifs et durables que vous ne pouvez l’imaginer.
Ce sens humain d’aider son prochain lorsqu’il tombe, même s’il courait dans un magasin de porcelaine, est le plus beau geste d’amour auquel nous avons accès. Nous vous souhaitons un bonheur si bon à sentir, à toucher, à partager, qu’il semblera inépuisable pour vous.
Benoit Collin
Nous tenons à vous remercier pour votre implication gratuite et chaleureuse. Comment ne pourrions-nous pas apprécier ce qui, dans ce lieu aride, ressemble à une bouffée de fraîcheur, voire de bonté.
Personnellement, et c’est vrai pour un grand nombre de détenus, votre présence ici et votre générosité ont tendance à nous réconcilier avec un monde parfois trop souvent froid et égocentrique. D’autant plus qu’il est vrai que plusieurs détenus ne reçoivent pas de visite, ni de leur mère, ni de leurs frères, ni de leurs amis. Comment ne pas penser que vous êtes en fait les mères, les pères, les frères et les amis manquants de plusieurs ici.
Il importe que vous le sachiez, vous êtes la crème et le carré de sucre dans un café qui, sans cela serait âcre et amer. Vous n’êtes pas bardés de diplômes en intervention sociale et, pourtant, grâce à vos cœurs, l’effet que vous produisez chez nous a bonne odeur, et ça, c’est tout à votre honneur.
Merci pour le don gratuit de votre temps et surtout de vos personnes!
Éric
Là où les murs résonnent, il n’y a pas vraiment personne. Tiens! Voilà quelqu’un qui sonne, apporte le soleil et te le donne. Nous ne pensions pas que votre grande estime remplirait certains de nos cœurs marqués d’épines.
Le sentiment du bon et du respect nous rappelle ceux qu’on aimait. Une porte s’ouvre dans nos marais, pour se mêler à nous comme jamais. La confiance que vous nous apportez nous donne envie de vous célébrer. L’importance de vos valeurs dont vous venez nous faire profiter.
Merci chers bénévoles!
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/06/dvd-pour-la-promotion-du-benevolat/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/08/25/linstitut-leclerc-sexprime/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/02/donner-aux-autres-apprendre-sur-soi/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/02/les-differentes-facettes-du-benevolat/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/le-benevolat-un-tremplin-pour-le-travail/
Une note d’implication
Vol 14-6

Le 4 juin dernier, Mme Ginette Cyr-Charest organise son spectacle de fin d’année avec ses étudiants de piano. Cette année, elle décide d’innover. Le spectacle sera un concert-bénéfice. Cela permettra de sensibiliser les jeunes aux multiples réalités de notre société en plus d’aider le Journal de la Rue à poursuivre sa mission.
Merci à tous pour votre généreux geste et votre ouverture à la différence. Continuez à vous exprimer et à prendre votre place dans notre société qui appartient à tous.
Certains jeunes artistes ont tenu à faire part de leur expérience.
C’est un 2 pour 1! Tu fais quelque chose qui te passionne et tu aides les autres! Je le ferais n’importe quand, c’est clair. Je souhaite le refaire l’an prochain! Nadine
Quand on pense à M. Viger, sa conjointe, aux travailleurs de rue, ils sont rares les gens qui sont prêts à se donner autant pour autrui! Hugo
Si notre musique peut transmettre un brin d’espoir! Les jeunes ont une grande chance de se retrouver avec ces gens-là. Il leur est permis d’avoir un refuge, des amis, c’est comme une communauté! Guillaume
Ce n’est pas comme les autres concerts. On se sent plus utile! Quand je chantais, je pensais aux jeunes de la rue et je me mettais dans leur peau. Frédérique
J’aime l’idée… j’ai bien aimé! On fait un concert pour s’amuser, puis, en plus, on aide des gens. Être travailleur de rue, c’est un métier noble. C’est comme un ambulancier, un pompier, un policier. Sans eux, t’as un problème. C’est un travail d’urgence! Laurent
À cause du concert-bénéfice, je souhaitais me forcer plus, pour donner plus de qualité.
Karyne
Un concert-bénéfice, c’est une bonne idée! Si notre musique peut aider en plus! Camille
C’est mieux de faire un concert pour une cause. Tu ne le fais pas seulement pour les gens qui assistent, mais c’est un geste pour dire que l’on pense aux autres! Sarah
Ça ne change pas nos habitudes, on le fait de toute façon. Mais là, en plus cela apporte de l’aide aux personnes. Marianne
Je trouve ça bien, parce que ça nous touche. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de vivre ce que nous vivons! Audrée
Stéphanie Dufresne en collaboration avec François-Xavier Charlebois ont préparé pour l’occasion le mot d’ouverture.
On dit souvent que l’on peut mesu-rer la santé d’une société à la manière dont elle s’occupe de ses jeunes, puisque ce sont eux qui cons-truiront la société de demain.
Pourtant, il y a de moins en moins d’espaces qui appartiennent vraiment aux jeunes de notre monde. Ils sont souvent laissés pour compte dans un monde où il n’est pas évident de trouver sa place. Je dirais même dans un monde où il semble ne pas y avoir de place pour tous.
Trop souvent, le réflexe de notre société lorsqu’un jeune a un comportement dit «déviant», c’est de le réprimer et de l’exclure. On regarde trop souvent les problèmes des jeunes, mais pas assez leurs besoins tels que la confiance, l’encadrement, l’écoute et surtout la considération.
C’est la responsabilité d’une société d’entretenir les rêves des jeunes, de leur ouvrir des espaces où le rêve est non seulement permis, mais encou-ragé. Car un jeune sans rêve est un être humain en danger.
C’est pourquoi le rôle que jouent des adultes comme Monsieur Raymond Viger et Ginette Cyr-Charest est primordial: être à l’écoute des besoins des jeunes, aussi uniques soient-ils, créer des espaces où les rêves et les espoirs peuvent s’exprimer à travers l’art et la musique, et se transformer en réalisations et en émancipation.
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/06/dvd-pour-la-promotion-du-benevolat/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/le-benevolat-un-tremplin-pour-le-travail/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/02/donner-aux-autres-apprendre-sur-soi/
Donner aux autres, apprendre sur soi
Vol 15-1, octobre 2006

7 personnes ont donné de leur temps à Reflet de Société afin de partager leur vision du bénévolat. Ils sont de tous âges, viennent de différents horizons. De plusieurs façons, ils s’impliquent bénévolement dans leur communauté. Pour certains, cet engagement représente une étape importante de leur croissance personnelle. Selon eux, l’implication bénévole est loin d’être une corvée. C’est un mode de vie.
Être citoyen
Être bénévole ouvre à la vie en société
Christine: C’est une façon de faire partie d’une communauté, d’y trouver une place. J’ai appris également à travailler en équipe.
Raymond: Il y a toujours eu en moi un besoin de m’impliquer dans les différents milieux que je côtoie. C’est une façon d’être citoyen et de connaître les gens qui m’entourent. Le bénévolat a toujours fait partie de tout ce que j’ai fait. C’est la façon de vivre ma vie et de prendre ma place dans la société.
Alain: Faire du bénévolat une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Moi, j’organise plein d’événements dans mon quartier; je suis bon là-dedans et j’aime ça.
Stéphane: Ce que j’aime dans le fait de faire du bénévolat pour un organisme, c’est que je rends service à plein de monde en même temps.
Christian: J’ai une volonté d’aider. Je suis un aidant naturel, je n’ai aucune formation. Le but, c’est d’encourager les gens à accomplir des trucs positifs et de socialiser ensemble.
Donner un sens à la vie. Le bénévolat offre à certains de l’espoir, de la force ou même une identité.
Danielle: Le bénévolat m’a sauvé la vie. Je ne me trouvais pas de place dans ma famille ni même avec mes amis. L’implication bénévole m’a permis de me créer une identité et de trouver mes forces. J’ai toujours pensé que je n’étais pas intelligente. Mon implication m’a permis de comprendre que j’étais quelqu’un de bien.
Raymond: Cela a redonné un sens à ma vie. J’ai fait 2 tentatives de suicide. À la suite de mes différentes thérapies, j’ai senti un besoin de m’impliquer. J’ai eu envie de donner aux jeunes ce que j’avais reçu. Quand j’aide les autres, c’est une façon de m’aider en même temps.
Une implication payante. Le marché du travail et le bénévolat peuvent être facilement liés.
Stéphane: Je me suis même trouvé un travail grâce au bénévolat. J’ai réalisé que j’aimais faire des courses en voiture, ce que je faisais bénévolement. J’ai finalement réussi à gagner ma vie comme cela pendant trois mois.
Danielle: J’ai mis mon implication bénévole dans mon CV. C’est une expérience qu vaut son pesant d’or.
François: Moi, je suis policier. Selon mes supérieurs, grâce à mon implication bénévole, je suis plus patient, plus sociable avec les gens.
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/06/dvd-pour-la-promotion-du-benevolat/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/le-benevolat-un-tremplin-pour-le-travail/
Communication équitable
Dominic Desmarais
L’école secondaire Du Phare à Sherbrooke a-t-elle trouvé la recette pour former nos futurs leaders?
La fin des classes est passée. Ils sont 5 jeunes, de secondaire 2 au secondaire 5, à faire des heures supplémentaires en cette fin d’étape. Triés sur le volet par Daniel Lebeuf, un enseignant qui fait office de pierre angulaire dans leur implication, ils s’ouvrent sur leurs motivations.
Il y a Shima, originaire d’Iran, Alixbeth et Tatiana, de Colombie, ainsi que Dany et Marie-Ève, nés ici. Un métissage correspondant à la saveur de l’école où se côtoient une quarantaine de nationalités. «C’est important pour les jeunes d’échanger sur autant de pays. C’est mieux que de faire comme s’ils étaient des étudiants normaux», explique M. Lebeuf, en référence à la richesse que procure ce rassemblement de cultures.
Un café rassembleur
Pour favoriser les échanges et l’implication des jeunes, l’enseignant a créé le Café International. Il s’agit, d’une part, d’un cours s’ouvrant sur les autres cultures et l’implication locale et internationale. D’autre part, c’est un café où l’on vend des produits équitables et qui sert de base pour toutes les activités offertes aux jeunes. J’étais attiré par le commerce équitable et ses principes. Je me suis fait membre d’Oxfam-Québec. Pour avoir l’accès économique et philosophique», affirme M. Lebeuf d’un ton bon enfant.
À travers le Café, Tatiana accueille les nouveaux immigrants fraîchement débarqués à l’école. Elle joue à la traductrice et au guide, explique les règles de l’établissement. «Plusieurs ne connaissent personne. Ils viennent avec nous pour s’intégrer peu à peu», raconte celle qui est arrivée à Sherbrooke il y a maintenant 3 ans et demi.
Shima et Lixbeth, elles, ont participé à un colloque sur le café équitable. C’est par le Café qu’elles se sont inscrites. «Moi, je suis disponible pour vendre au Café. Au début, c’était difficile de convaincre les gens. Mais, grâce au colloque, c’est plus facile, avoue Lixbeth, dans un français hésitant, teinté d’espagnol. Il faut prendre les connaissances avant de s’engager.» La jeune fille est arrivée au Québec il y a un an. Pendant qu’elle parle, Tatiana s’impatiente gentiment, cherchant à terminer ses mots.
Ces jeunes épousent le principe «acheter, c’est voter.» Ils sont sensibles au travail des enfants, s’intéressent à la pauvreté dans le monde. Leurs intérêts trouvent une oreille attentive: M. Lebeuf leur propose toutes les activités qu’il trouve. Ils n’ont qu’à se rendre au Café pour y trouver l’information.
L’Afrique au bout du clavier
Cet homme énergique, dont chaque mot est un rire, n’écarte aucun projet s’adressant aux jeunes. Il fait le pont entre les organismes et les différentes causes qui favorisent l’engagement des jeunes. Ainsi, il a récupéré un projet d’échange Internet entre des jeunes du Niger, en Afrique, et des jeunes du secondaire de Stanstead, en Estrie. Parrainé par la cellule d’Oxfam en Estrie, cet échange visait l’engagement communautaire et l’ouverture sur le monde pour des jeunes vivant l’isolement à Stanstead.
L’école a fermé ses portes, le projet a suivi les participants à Magog. Il n’a pas levé. M. Lebeuf l’a récupéré, le rajoutant aux activités du Café. Oxfam, qui prône la coopération et la solidarité internationale, a offert un agent de projet chargé d’animer les échanges avec le Niger. 13 écoliers ont participé. Ils ont échangé sur la mondialisation, la religion, les différences culturelles.
Marie-Ève Lebeuf, fille du professeur, fait partie du programme international de l’école. Elle s’intéresse aux principes du commerce équitable et a participé à une simulation de l’ONU. «Dans l’échange avec le Niger, on discutait d’un thème chaque mois. Sur ce qu’on voulait. Au début, on s’écrivait des courriels une ou deux fois par semaine. Aïchatou m’expliquait les problèmes de santé là-bas, la polygamie», raconte-t-elle, un peu réservée. «Les jeunes ont beaucoup apprécié», affirme Étienne Doyon, animateur des échanges, qui a été coopérant au Togo pendant 4 ans. Le jeune homme, au verbe facile, transmet sa passion de rassembler, dans l’harmonie, des cultures.
Après ce premier essai d’échange, le jeune homme voit des améliorations à apporter. «Les jeunes qui ont participé n’étaient pas déjà engagés dans leur réalité locale. C’est ce sur quoi on travaille. Par exemple, il y a de la pauvreté à Sherbrooke. Le Niger, c’est pauvre aussi. Ils auraient pu échanger sur la pauvreté, mais nos jeunes ne connaissent pas cet aspect de Sherbrooke.» Mieux connaître sa propre réalité, pour faciliter sa compréhension des autres réalités.
Un réseau de jeunes
Fort de ce constat, les bénévoles d’Oxfam-Estrie veulent créer un réseau qui s’alimenterait de lui-même. Ce réseau serait articulé autour de Michel Carol, responsable de la cellule estrienne, de M. Lebeuf, d’Étienne, d’étudiants du cégep et de l’Université de Sherbrooke, des cellules dans les écoles secondaires et les Maisons de jeunes de la région.
On travaillerait avec les leaders de ces groupes pour les nourrir en activités. Pour se créer un espace d’action, de mobilisation. Pour vivre au quotidien les principes d’équité, de solidarité. On ferait le pont des activités. Il manque souvent de concertation, parce qu’il y en a beaucoup, de différents organismes», explique d’un trait le jeune animateur. Le modèle de l’école Du Phare serait repris par d’autres établissements.
Une implication continue
Les bénévoles d’Oxfam voient plus loin. Ils veulent boucler la boucle, avec leurs jeunes. «Souvent, quand ils quittent le secondaire, on leur dit bye-bye, trouve-toi d’autres activités. On a plus rien pour toi. On aimerait que le jeune poursuive comme mentor. Pour que nos jeunes leaders du secondaire puissent s’identifier à celui qui vient de terminer. Ce serait une prise de responsabilité progressive.
Après avoir été mentor, le jeune pourrait aller sur le comité régional d’Oxfam ou s’impliquer dans une cause plus précise. Qu’ils puissent poursuivre leur implication comme moi», dit Étienne, convainquant. Former des jeunes leaders qui, à leur tour, formeront la relève. Voilà l’idée d’un petit groupe d’adultes de Sherbrooke.
Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/10/chien-de-garde-pour-produit-equitable/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/02/carrefour-tiers-monde/
Le bénévolat, un tremplin pour le travail
Julie Rhéaume, correspondante de Québec.
Le bénévolat dans des organismes communautaires peut ouvrir des portes et aider à démarrer une nouvelle carrière. À la suite d’une perte d’emploi, j’ai commencé à animer et produire un magazine culturel sur les ondes d’une radio communautaire de Québec. Je voulais remplir un agenda un peu trop vide à mon goût et continuer à œuvrer dans mon secteur d’activités. Je ne savais pas encore que les contacts établis me serviraient dans ma future carrière de pigiste pour un magazine artistique grand public.
Février 2004, mon poste au journal Droit de parole, publication de gauche bien connue à Québec, est aboli. C’est le désarroi. Le seul boulot qui s’annonce, ce sont mes collaborations à Reflet de Société. Je n’ai absolument rien devant moi. Je passe quelques entrevues pour de gros médias. J’obtiens quelques contrats de rédaction à la pige ici et là mais le découragement s’installe. Afin de briser ce cycle de quasi-inactivité et relever de nouveaux défis, je propose un projet d’émission culturelle à la radio communautaire CKIA. Je veux y faire des entrevues avec, entre autres, des artistes alternatifs, pop, néo-trad, rock; y donner des suggestions d’activités; des comptes-rendus de spectacles et plus encore. Mon projet est accepté: mon émission, Qulture, entre en ondes fin mai 2004. Je fréquente les conférences de presse, je vois des spectacles, je m’y fais des contacts avec des intervenants du milieu culturel et des relationnistes de boîtes de communications qui s’occupent de la venue d’artistes à Québec. Je courre partout! Même si je le fais bénévolement, ça me sauve de la déprime. Mon implication a des effets bénéfiques sur ma vie professionnelle, sociale et ma santé mentale!
J’anime Qulture par plaisir. J’y interview tout autant des artistes de la relève que de gros noms comme Ariane Moffat ou Luck Mervil. Du travailleur communautaire que je rencontre pour Reflet de Société à la méga vedette, tout le monde est égal pour moi. Je traite tous les gens avec le même respect.
Retombées de l’implication
L’été dernier, j’ai envoyé plusieurs CV à des magazines populaires dans le but d’offrir mes services comme pigiste ou salariée. L’un d’eux, orienté sur le milieu artistique et la mode, m’appelle. Depuis la mi-juillet, je collabore régulièrement à cette publication. Sans les contacts établis dans le cadre de l’émission Qulture, mes relations avec le milieu artistique auraient été plus difficiles. Il faut savoir à quelles portes frapper. Il faut gagner la confiance des divers intervenants. Mon expérience comme productrice et animatrice de mon émission culturelle m’aura apprise à naviguer à travers les dédales du showbiz et de connaître plein de gens.
Mon conseil aux étudiants, jeunes diplômés en recherche de travail dans leur domaine et à toute personne en recherche d’emploi: impliquez-vous! N’ayez pas peur du bénévolat. Déterminez combien de temps vous pouvez y consacrer par semaine et contactez des organismes qui vous intéressent. Vous pourrez y acquérir de l’expérience professionnelle. Vous ferez des contacts et si vous vivez l’isolement, vous y rencontrerez des gens ayant des intérêts communs.
CKIA 88,3FM
Née en 1984 à Québec, CKIA 88,3FM est une station communautaire progressiste, ouverte sur le monde, éprise de justice sociale et orientée sur la diversité musicale. Quelque 150 artisans donnent vie à une soixantaine d’émissions. La centaine d’heures de programmation hebdomadaire de CKIA-FM offre un métissage d’information locale, internationale, féministe, écologique, culturelle, artistique et musicale. On y retrouve des émissions en créoles destinées à la communauté haïtienne, d’autres en espagnol et même une en mandarin!
CKIA propose une programmation de qualité assumée par des producteurs, des animateurs, des chroniqueurs et des techniciens à la mise en ondes bénévoles. Elle fait des miracles avec des moyens limités et une toute petite équipe de salariés. Qulture est en ondes les vendredis à CKIA de 15h à 17h. www.meduse.org/ckiafm
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/06/dvd-pour-la-promotion-du-benevolat/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/02/donner-aux-autres-apprendre-sur-soi/
Le Robin des bois de Philippe Fehmiu
Dominic Desmarais, Vol 14.2, Décembre 2005

Sur la sellette depuis son congédiement par TQS suite à l’affaire Mailloux, l’animateur Philippe Fehmiu veut semer le bonheur. Avec sa complice de tous les jours, Judy Servay, il concocte un projet de restaurant pour venir en aide au milieu communautaire.
Philippe Fehmiu s’excuse. Pris par ses engagements, l’animateur aujourd’hui connu à la grandeur de la province arrive 1h30 en retard. Difficile de lui en vouloir. L’homme est sympathique, avenant. Entre deux appels, une commande au
