You are currently browsing the category archive for the 'break-dance' category.

Lazy Legz, Luca Patuelli, Break-dance et Du talent à revendre

Lazy Legz est un breaker très spécial. Il est affligé d’une maladie très rare, l’arthrogrypose, qui l’empêche de marcher et de développer les muscles de ses jambes. Lazy Legz a subi 16 opérations, ce qui lui permet maintenant de se tenir debout. Il a aussi subit des opérations pour une scoliose au dos. Huit de ces vertèbres sont fusionnées et il a une barre de titanium.

Cela n’empêche pas Lazy Legz d’être un break-dancer et d’avoir été un des 35 finalistes de l’émission “Du talent à revendre”, tourné à Las Vegas l’an dernier. La traduction francophone de cette demi-finale sera diffusée vendredi le 9 novembre à 20:00 heures sur le réseau TVA. Le gagnant de la finale recevra un prix d’un million de dollars.

Lazy Legz, break-dancer bien connu au Café-Graffiti, a eu un reportage dans Reflet de Société.

Rockwell Family, le Match des Étoiles, les gangs de rue et Yves Desgagnés

Mercredi le 3 octobre, Normand Brathwaite nous présente le Match des Étoiles avec un numéro de danse Hip Hop réalisé par le Rockwell Family.

Dans l’hystérie de la fin de l’émission, le juge Yves Desgagnés lance un appel qui m’a marqué: “Que toutes les gangs de rue aillent sur le site du Match des Étoiles et s’inscrivent pour participer”.

Désolé M. le juge Yves Desgagnés, mais j’ai sursauté dans mon siège quand je vous ai entendu dire cette phrase. Est-ce que vous voulez insinuer que tous les B-Boys font parti des gangs de rue? Est-ce que vous vouliez dire que le Rockwell Family était une gang de rue?

On a encore beaucoup de chemin à parcourir dans la compréhension de la culture Hip Hop. En tant que travailleur de rue, je connais des membres de gang de rue. En tant que directeur du Café-Graffiti qui vit près de la culture Hip Hop depuis maintenant 15 ans, je connais beaucoup d’artistes de cette culture.

Si vous osez insiner M. Desgagnés que les artistes Hip Hop sont tous ou majoritairement ou en partie des membres de gang de rue, désolé, votre discours passe à côté de la réalité. Je vous invite M. Desgagnés à m’appeler au Café-Graffiti. Nous prendrons rendez-vous et je vous présenterais des artistes de la culture Hip Hop. Vous pourrez leur parler et leur demander s’il font partie d’un gang de rue.

Textes sur gang de rue, Hip Hop et commentaires du rédacteur sur gang de rue, Hip Hop.

La Maison Simons refait ses vitrines

Presque deux mois ont passé depuis que le Café-Graffiti a eu l’honneur d’exposer 13 immenses toiles de ses artistes dans les vitrines des magasins de La Maison Simons. Lundi le 24 septembre, c’est la journée ou les vitrines doivent être changé. Les toiles partiront de Québec, Sherbrooke, St-Bruno, Laval et Montréal pour se retrouver exposer au Café-Graffiti.

Compte tenu de la grandeur de ces toiles, certaines mesurant 6 pieds de largeur par 13 pieds de haut, des installations spéciales sont prévues pour pouvoir les exposer. Heureusement que le Café-Graffiti a des plafonds qui sortent de l’ordinaire.

Vous pouvez visiter le nouvel accrochage au Café-Graffiti du lundi au vendredi de 9:00 heures à 17:00 heures. En dehors de ces heures, ce sont les artistes qui utilisent le local pour produire de nouvelles toiles ainsi que les danseurs de Break-dance pour se pratiquer.

Au plaisir de vous y rencontrer.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/03/28/le-bal-en-blanc-pour-les-graffiteurs-du-cafe-graffiti/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/29/frank-vs-girard-une-emission-graffitee/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/27/salons-chalets-et-maison-de-campagne-au-stade-olympique/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/22/les-artistes-du-cafe-graffiti-envahissent-le-salon-chalets-et-maisons-de-campagne/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/05/23/les-boxeurs-joachim-alcide-herman-ngoudjo-jean-pascal-et-otis-grant-immortalises-par-arpi/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/07/30/du-graffiti-a-la-maison-simons/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/08/05/la-maison-simons-des-skates-et-des-vitrines/

Textes sur le graffiti et le Hip Hop.

La machine à liqueur du Café-Graffiti se promène partout

Le Café-Graffiti vit plein de changements. Les murs sont repeinturés d’une autre couleur. Le plancher a été sablé et refait au cristal. Les danseurs vont pouvoir danser directement sur le plancher, évitant d’avoir un plancher flottant rajouté sur le plancher, des sections thématiques sont rajoutés, une murale est en cours de réalisation…

Mais que faire de cette grosse machine distributrice de liqueur qui se retrouve en plein milieu du local??? Première proposition, on l’installe sur le mur du fond près de l’évier. Cela nous libère un mur pour exposer plus de toiles.

Mais voilà que Danielle regarde le local attentivement. Elle réfléchit… Médite encore un peu… Et voilà! L’idée du siècle vient d’être pondue. On coupe le comptoir et on encastre la grosse machine distributrice dans le comptoir près du lavabo! Idée de génie. Tous les artistes remercient du fond du coeur cette idée géniale de Danielle.

On ne parlera pas de l’avantage secondaire de diminuer la grandeur du comptoir près du lavabo. Avec un plus petit comptoir, paraîtrait que les jeunes ne pourront pas laisser traîner autant de vaisselles sales sur le comptoir. Shut! Ne leur dites pas que cette idée nous enchante et nous va à merveille.

Merci Danielle pour ta participation légendaire au nouveau look du Café-Graffiti.

Les Étoiles filantes envahissent le Café-Graffiti

Une émission de télévision, Les Étoiles filantes, cherchaient un local pour le tournage de certaines scènes. Ils cherchaient à y reproduire une galerie. Le Café-Graffiti a été sélectionné pour un tournage le 7 septembre.

Branle-bas de combat général pour tous. Une journée pour vider le local au complet. Une journée pour le repeinturer. Une journée pour faire les décors. Une journée de tournage. Une belle occasion de brasser la routine des jeunes et de vivre une nouvelle expérience.

Puisque nous avons deux stagiaires de France, Élise et Géraldine, qui sont présentes pour brasser nos vieilles habitudes, le timing était parfait pour donner une continuité à cette lancée. On profite d’un local vide pour sabler et repeindre le plancher. Le plancher de break-dance va disparaître. Le plancher au complet sera peinturer avec un sealer pour en faire un plancher aussi lisse qu’un gymnase. Plus nécessaire d’avoir un plancher flottant en plein milieu du local, les danseurs vont pouvoir danser partout.

Une murale va être dessiné sur les murs, Élise et Géraldine vont planifier un nouveau raccrochage des toiles. Un nouveau Café-Graffiti va renaître dans les jours qui viennent. Drôle de coincidence, nous venions d’acheter deux nouveaux présentoirs vitré pour les canettes aérosols. Celles-ci seront maintenant visibles. 120 couleurs côte-à-côte pour faire tripper nos graffiteurs dans leurs choix de couleurs.

Une nouvelle visite des lieux méritent d’être planifié. Au plaisir de vous y accueilllir.

P.S. Un tournage, à Montréal, on est habitué. Mais j’avais oublié qu’Amédé, ce jeune de 18 ans qui nous arrive d’Abitibi, pour lui, c’est quelque chose qu’il n’est pas vraiment habitué de vivre. Il était tout excité d’imaginer qu’il va voir des vedettes de la télévision passer juste à côté de lui! Il devrait être en état de reprendre son poste de travail au service à la clientèle sous peu.

Quand la France vient aménager le Café-Graffiti

Le Café-Graffiti accueille deux stagiaires pour les 6 prochaines semaines à venir. Élise et Géraldine, fraîchement sorties d’une université française auront le mandat de tout virer à l’envers au Café-Graffiti et sur le site Internet.

Elles sont très heureuses de leur première semaine au Québec. Elles sont arrivés juste à temps pour assister à la convention internationale graffiti “Meeting of Styles” qui avait lieu les 1er et 2 septembre dans le Centre-ville de Montréal. Cela leur a permis de prendre contact avec la culture Hip Hop de Montréal et de revoir plusieurs connaissances du milieu underground de Montréal.

Ensuite, elles arrivent au Café-Graffiti. Fini les travaux théoriques universitaires. En résumé, je leur ai remis les clés du local et je leur ai permis d’expérimenter comme elles voulaient. On peut repeindre les murs, le plancher, redisposer toutes les toiles comme bon leurs semblent, faire peindre des murales un peu partout et même le plafond va vivre des changements hauts en couleur. L’équipe du Journal de la Rue et du Café-Graffiti était fière de pouvoir accueillir des stagiaires et que nous leurs laissions l’opportunité de pouvoir expérimenter sans contraintes réelles.

D’une part, l’organisme a une grande ouverture d’esprit pour ce genre d’expérience. D’autre part, nous avons eu une opportunité et une synchronicité dans les événements qui nous a permis d’actualiser ce stage. Nous avons eu la visite de l’équipe des Productions Avanti. Je vous reparlerai de cette belle aventure demain.

Je vais inviter Élise et Géraldine à nous parler un peu plus de leur projet et de leurs stages chez nous. Je vais leur offrir une place dans le blogue des stagiaires. En espérant qu’elles acceptent de se livrer à vous. www.refletdesstagiaires.wordpress.com

www.icebergscience.com  Nouvelle télévision Hip Hop sur Internet

Faut pas manquer les débuts d’une nouvelle télévision qui va nous présenter la culture Hip Hop, ses artisans et les nouvelles plus underground de notre société.

Notre ami Dub D, accompagné de ses compères, Patrick Landry et de DJ Scorpion sont les producteurs de ce nouveau média.

Un petit scoop, DJ Scorpion se promène dans les écoles pour parler des arts, de la culture et de prévention. Il profitera de ses expériences pour faire une nouvelle chronique pour le magazine Reflet de Société. Il nous fera la synthèse de ce qu’il entend dans les écoles et les questions que se posent les jeunes.

Même si le lancement de ce nouveau média est prévu début septembre, quelques clips sont déjà en onde. 

Autres textes sur la culture, le Hip Hop.

Lazy Legz, Luca Patuelli: Haute voltige sur béquilles 

Entrevue de Charles Messier.

Lazy Legz : le nom accrocheur d’un grand breakdancer montréalais, qui veut conquérir le monde en soulevant des foules ébahies devant les prouesses qu’il réalise malgré un handicap qui le force à marcher avec des béquilles. Le rencontrer donne le courage de passer à travers les petits et grands accrocs du quotidien.

«Lazy Legz, ça veut dire «jambes paresseuses», raconte-t-il. Ça montre que j’ai un sens de l’humour. Oui, j’ai des jambes qui ne marchent pas, mais je peux faire des blagues sur ça.»À la naissance, Luca Patuelli est affligé d’une maladie très rare, l’arthrogrypose, qui l’empêche de marcher et de développer les muscles de ses jambes.

«J’ai subi 16 opérations, ce qui me permet maintenant de me tenir debout. J’ai eu aussi des opérations pour une scoliose au dos. Huit de mes vertèbres sont maintenant fusionnées et j’ai même une barre de titanium.» Malgré son handicap et ses opérations, il remporte des compétitions de breakdancing en se projetant dans les airs, en virevoltant et en retombant sur une main comme si de rien n’était. «Ma mère aime pas ça, mais, bon…»

Luca ne considère pas son handicap comme un obstacle. Il accepte son corps tel qu’il est, sans penser à quoi ressemblerait sa vie s’il pouvait marcher «normalement». «Si je ne considère pas que j’ai un handicap, les autres personnes ne le considéreront pas non plus». Cela explique pourquoi il ne s’est jamais empêché de s’adonner à une quelconque activité.

Ses parents l’ont toujours encouragé à réaliser ses rêves. «Lorsqu’ils ont su que j’avais un handicap, ils se sont dit qu’ils allaient toujours être là pour moi. Ils m’ont toujours encouragé. Ils m’ont laissé faire toutes les activités que je voulais: natation, équitation, escalade, scouts. Je faisais aussi du skateboard sur mes genoux!»

Par rapport au breakdancing, Luca considère que son handicap est un avantage plutôt qu’un inconvénient. «J’ai un problème, oui, mais j’ai trouvé une façon de m’y adapter. Pour la danse, c’est un avantage, car, avec mes mains et mes béquilles, c’est comme si j’avais quatre mains!»

Même si les enfants dans la cour d’école rejettent souvent ceux qui sont différents, Luca a toujours su se faire de bons amis. Jamais il ne s’est senti rejeté.«Je ne veux pas dire que j’étais le plus populaire à l’école, mais… En fait, j’n’aime pas être prétentieux, mais disons que je connaissais tout le monde et tout le monde me connaissait! Si j’avais des problèmes avec un gars, j’avais mes amis qui pouvaient aller le frapper!

«Une fois, on a ri de moi. Je n’aime pas m’en rappeler. Je faisais du skateboard sur mes genoux, une personne m’a demandé si elle pouvait me donner un coup de pied dans le visage. Moi, je lui ai demandé si je pouvais la frapper entre les deux jambes! Ça fait mal de se faire dire des choses comme ça.»

Montréal, ma ville

Fils de parents d’origine italienne Luca est né à Montréal.  À l’âge de 4 ans , il déménage à Washington en raison du travail de son père, un homme d’affaires.  Il est de retour dans la métropole à 17 ans.  Il compte aujourd’hui y rester toute sa vie «J’ai voyagé beaucoup et, honnêtement, je suis heureux à Montréal.  Après avoir vécu 14 ans à Washington , j’affirme quand même que Montréal est ma ville. Aux États-Unis, on pense tout le temps à l’argent.  Par exemple, lorsque j’ai commencé à avoir l’atention des médias, j’ai eu des appels téléphoniques de personnes qui voulaient juste faire de l’argent avec moi en ne me donnant presque rien!» Montréal est aussi une ville qui lui permet de rencontrer beaucoup d’autres bons breakdancers. Il voudrait cependant qu’ils soient mieux reconnus mondialement. «Montréal n’est pas encore très connue dans le monde du breakdancing.  La france, la Corée et les États-Unis, surtout New-York et Los Angeles, sont les pays les plus performants.» 

«Montréal pourrait avoir une plus grande renommée si ses danseurs voyageaient plus et s’ils connaissaient d’autres danseurs partout dans le monde.  Il faudrait que les équipes montréalaises gagnent plus de compétitions.  Elles ont beaucoup de potentiel, car les danseurs ici ont le sens du rythme.  Ils sont très bons, mais ils ne peuvent pas être reconnus s’ils ne voyagent pas.»

La popularité
«Avec les filles, je suis timide, mais j’ai eu des copines. Les filles sont un peu plus autour de moi depuis que j’attire l’attention des médias.  J’aimerais avoir une relation stable avec une fille, mais c’est trop difficiles pour moi, parce que je voyage beaucoup. Je la verrais même pas une fois par semaine.  Je ne vois presque pas mes amis.  En ce moment, ma carrière est plus importante.  Quand je suis arrivé à Montréal, J’ai décidé de ne pas être le meilleur breakdancer au monde, mais que je voulais être connu partout au monde.  C’était après la compétition Under Pressure, alors que j’étais arrivé quatrième contre des participants sans aucun handicap.  La plupart de ceux qui n’ont pas d’handicap sont content pour moi, quand je gagne.  Je veux être jugé comme les autres. »

Les exploits qu’il réalise avec ses béquilles attirent beaucoup l’attention du public, il souhaite en profiter, sans toutefois devenir un aimal de cirque. «Je ne veux pas juste être les gars qui entre sur une scène avec ses équilles et qu fait quelque chose de spectaculaire.  Je sais que j’ai des limites physiques, mais je veux faire le plus possible pour être considéré comme un autre breakdancer, parce que, si un jour une équipe canadienne est formée, je veux en faire partie!  Lazy Legz va être là!»

Il a d’abord été connu aux États-Unis, mais sa popularité est grandissante au québec et même en Corée! «Depuis janvier 2006, j’ai un vidéo qui circule sur Internet.  À partir de ce moment-là, j’ai beaucoup d’attention des médias.  Une équipe de télévision de Corée est venue à Montréal. Elle m’a suivi pendant deux jours, elle est venue à une compétition, ele a interviewé mes parents, ect.  Après, il y a eu à CBC l’émisson The Hour, puis une entrevue à Much Music, ensuite à Salut Bonjour, au magazine 7 jours, au journal the gazette, etc.»

Un producteur de cinéma a déjà offert à Luca de tourner un film sur sa vie.  Après avoir montré le contrat à un avocat, il a décidé de le refuser, considèrant qu’il se ferait exploiter.  Aussi, même s’il rêve de célébrité, il souhaite actuellement garder un peu d’anonymat. «Avec un film, je n’aurais plus le temps de voir mes amis, plus le temps pour les compétitions, parce que ma vie serait complètement différentes.  Avec un film, peut-être que je devrais mettre mes autres projets de côté.  Je me demande comment les gens autour de moi réagiraient.  Seraient-ils jaloux?  Est-ce que j’aurais de la difficulté à sortir dehors?  Je ne veux pas ruiner ma carrière juste pour un film!  Pour l’instant, je veux bâtir une équipe avec d’autres d’anseurs handicapé, qui s’appellera IIImatic Style, je veux voyager partout au monde avec eux, et après je ferai un documentaire sur ce projet.»

L’avenir

Toute la vie de Luca tourne autour du breakdancing, même ses études à l’Université Concordia, où il suit deux à trois cours par année. «J’étudie le marketing. J’aimerais bien mélanger le marketing avec mon breakdancing parce qu’évantuellement je voudrais créer plus d’événements. j’ai déjà commencé à organiser des compétitions et des événements à Montréal»

Il pense à long terme, croyant qu’il ne pourra pas continuer plus de dix ans à danser comme il le fait.«J’ai des tendinites sur mes deux bras et je fais de la physiothérapie pour les guérir.  Mon corps est comme une voiture qui peut seulement faire un certain nombre de kilomètrage avant de ne plus fonctionner»

«En ce moment, je vais dans les écoles pour faire des conférences sur la motivation.  Je raconte mon histoire, j’apprends aux enfants à faire deux-trois mouvements de breakdancing.  J’aime les rencontrer, car je vois dans leurs yeux qu’ils apprécient vraiment ce que je viens leur dire: transformez le négatif en positif »

Site Internet de Luca Patuelli: www.lazylegz.com

Autres textes sur le hip hop.

Le Hip Hop à l’honneur aux Francofolies de Montréal

Du 26 juillet au 4 août aux Francofolies de Montréal, vous aurez l’occasion d’admirer les prestations des artistes-graffiteurs du Café-Graffiti aux Francofolies. Ils réaliseront des oeuvres en direct.

Les partys du Shag Molson Dry se feront dans un environnement graffiti réalisé par Arpi, un artiste du Café-Graffiti.

Les break-dancers seront aussi présents pour vous offrir le meilleur d’eux-mêmes.

Consultez l’horaire des Francofolies pour les heures et lieux des événements.

http://www.francofolies.com/Francos2007/accueil_fr.aspx

Autres textes sur le hip hop.

Du graffiti en pleine nature au camp Bruchési

Depuis plusieurs années, le graffiti prend sa place dans notre société. D’un art délinquant et rebelle, le Café-Graffiti a réussi à lui donner quelques lettres de noblesse.

Pour 2007, après plusieurs nouvelles réalisations novatrices, le graffiti va se retrouver en pleine nature. L’art urbain devient un facilitateur pour motiver les jeunes à se retrouver dans la nature et développer leur art et leur talent. Assez original.

Le camp Bruchési a engagé un animateur du Café-Graffiti pour offrir une semaine d’exploration et d’étude sur le graffiti. Les jeunes auront la chance de s’initier et d’expérimenter les rudiments de cet art. Le graffiti qui a été longtemps un art qui ne s’apprenait que par observation s’enseigne maintenant dans la nature.

Suite à cette expérience, il est prévu d’offrir des cours de break-dance. Nous espérons aussi pouvoir inclure les autres éléments de la culture Hip Hop, soit le rap, le DJ, la production de beat.

Textes sur le graffiti et le Hip Hop.

Break-dance et danse Hip Hop

Est-ce que le public fait bien la différence entre ses deux danses? Des émissions telles “La fièvre du mardi soir” ou encore “Le match des étoiles” animé par Normand Brathwaite nous présentent des numéros de danse Hip Hop et la rende populaire. Cette danse est basée sur des mouvements chorégraphiés que des groupes de danseurs vont présenter. La danse Hip Hop se retrouve dans plusieurs écoles de danse et tout danseur peut s’y adonner.

Mais le Break-dance, qui fait partie de la culture Hip Hop, est un autre type de danse, beaucoup plus physique et acrobatique. Il y a de quoi mélanger le public. Il n’existe pas vraiment d’école structurée de break-dance. Les adeptes de cette danse sont aussi beaucoup plus difficiles à recruter. À vrai dire, on ne peut recruter un B-Boy ou une B-Girl. On le devient parce qu’on a le break-dance dans le sang.

Le break-dance étant très acrobatique, cette danse ne peut être enseigné à des danseurs trop jeunes, contrairement à la danse Hip Hop qui rejoint tout le monde. Étant plus universelle, la danse Hip Hop permet à des écoles de remplir ses classes et de rentabiliser ses opérations. Pour le break-dance, le danseur devra s’investir pendant des années à se pratiquer avec acharnement avant d’atteindre ses objectifs.

Le break-dance se compose d’une forme de troupe de danse qui sont présentés lors d’événements et de spectacles. Ces groupes sont des professionnels qui sont dispendieux à déplacer. Pour les plus sérieux, ils ont entre 10 et 15 années de pratique derrière eux. C’est une des raisons pour laquelle nous les voyons rarement dans des émissions de télévision ou des événements qui n’ont pas de budget pour les présenter. Il n’en coûte rien pour une école de danse de présenter ses meilleurs étudiants qui ont une ou deux années de pratique à temps partiel.

Le break-dance va-t-il pouvoir survivre à la danse Hip Hop? Y a-t-il de la place pour les deux types de danses au Québec? Les adeptes du break-dance auraient-ils besoin d’être reconnu par le Conseil des arts pour survivre? Il y aura toujours des puristes, des B-boys et des B-girl pour faire vivre la culture Hip Hop. Mais cette culture va-t-elle réussir à les faire vivre? Un débat à suivre…

Autres textes sur le Hip Hop

Hip Hop VS hip-hop

J’ai commencé à écrire sur le graffiti et la culture Hip Hop en 1996. La culture était jeune à l’époque. Très jeune. Les journalistes qui me passaient en entrevue ne savait pas plus que moi comment écrire en bon français certains termes utilisés par cette culture.

Pour les artistes de la canette, un anglicisme existait dans la tradition orale. On parlait d’un «graffer» ou d’un «writer». J’ai publié et mentionné aux journalistes le mot graffiteur. Certains ont préféré utiliser «graffitiste».

J’ai décidé en 1996 d’écrire Hip Hop. Maintenant le mot est dans le dictionnaire. Le correcteur de Reflet de Société, Charles Messier, a repris mon texte et m’a demandé d’écrire hip-hop, tel que le dictionnaire de la langue française l’exige.

Pas facile pour moi qui ait écrit si souvent Hip Hop. J’ai de la difficulté à mettre des lettes minuscules à ce mot. Le trait d’union, je pourrais toujours m’en accomoder. Mais pas les lettres minuscules.

Pour l’instant, dans mes textes, je continue comme je le fais depuis maintenant 10 ans. Pas facile d’en faire mon deuil. Je vais consulter les jeunes artistes concernés et mon comité de rédaction avant de trancher la question. Question de demeurer démocratique même dans mon côté rebelle.

Autres textes sur le Hip-Hop

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/22/les-artistes-du-cafe-graffiti-envahissent-le-salon-chalets-et-maisons-de-campagne/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/11/la-maison-simons-des-skates-et-des-vitrines/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/12/festival-orgue-et-couleurs-quand-le-hip-hop-rencontre-le-classique/

Motown generation et René Simard au Théâtre St-Denis

Samedi 3 février. C’est ma fête. Bonne fête Raymond. Nous devions, Danielle et moi, entrer au bureau. Une petite journée. De 9:00 à 5:00 pour un changement dans la programmation des ordinateurs de l’organisme.

Pour ma fête, je me suis acheté 2 billets pour le spectacle Motown generation mis en scène par René Simard. Le spectacle étant à 8:00 heures, nous avions le temps de souper dans le centre-ville avant le spectacle.

Erreur dans ma planification. Ç’à beau être ma fête, les ordinateurs, ça ne veux rien comprendre. On réussit à faire le minimum et quitter à 7:25 pour le spectacle. On oublie le souper. Quelques chocolats reçus en cadeaux feront l’affaire.

Nous étions tellement en peine avec les ordinateurs et le consultant qui était venu nous prêter main forte qu’à 6:30 j’avais déjà appelé Lyne, notre collègue  et amie pour lui dire qu’il y avait 99% des chances que je lui donne mon cadeau de fête.

J’ai eu à décevoir Lyne qui voulait voir ce spectacle depuis 4 ans. À la dernière minute nous avons réussi à compléter le travail avec le technicien. Nous aurons à revenir dimanche pour compléter le tout, mais les ordinateurs seront opérationels pour lundi matin.

Tout un préambule pour vous parler du spectacle Motown generation, mais ma vie ressemble un peu à tout cela. Je passe d’un extrême à l’autre, d’une émotion à l’autre. Nous voilà donc arrivé au Théâtre St-Denis pour le spectacle.

Spectacle haut de gamme, qui nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Des artistes qui se donnent corps et âmes pour le bonheur d’une foule en délire et qui participe.

Pas question que je me limite à cette synthèse du spectacle. Ça ne serait pas de mon genre. Les gens qui me connaissent seraient déçu. Le spectacle m’a fait vivre de grandes émotions. J’en ai pleuré à plusieurs endroits. Rassurez-vous, le spectacle est gai et joyeux. Ce sont les émotions que j’ai vécu au travers cette musique qui ont touché ma sensibilité.

D’une part, je suis né en 58. C’est donc dire que la musique de Motown a envahit la planète lorsque j’étais tout jeune. Elle a fait parti de mes racines. J’y ai ressenti la période des grands assasinats. En nous présentant Martin Luther King, j’y ai aussi associé John F. Kennedy, Robert Kennedy…

Drôle de coincidence, je venais d’écrire un blogue sur les accomodements raisonnables et le racisme. Le combat contre le racisme fait parti de mes racines. Je suis d’une époque où j’ai vu les premiers immigrants Haitiens arrivés à Montréal. Même s’ils étaient rares, j’ai eu des copains de différentes nationalités.

Ensuite j’y ai revu le début de ces vedettes de races noires qui se sont mobilisés derrière la vision du fondateur de l’étiquette Motown. Le spectacle fait honneur à ces pionniers, ces artistes de la première heure.

Je n’ai pu m’empêcher de faire le parralèle avec les jeunes artistes de la culture Hip-Hop. Ces jeunes qui sont aussi délinquants et rebelles que les artistes de Motown. Vont-ils pouvoir réussir comme ils l’ont fait? Verra-t-on dans 30 ans un René Simard de l’époque faire un spectacle Hip Hop generation en souvenir des premières années de cette culture underground?

Ce qui m’a inquiété le plus c’est que les jeunes artistes rebelles de notre époque doivent faire compétition avec une industrie mieux organisé qu’il y a quarante ans. On cherche des professionnels, structurés, organisés et qui fitent dans ce qu’on leur demande de faire. L’honneur qu’on fera à la culture Hip Hop dans trente ans soulignera-t-elle des noms que nous aurons le temps de connaître ou se limitera-t-elle à souligner le passage et la présence d’artistes inconnus dont on a perdu la trace?

Seul l’avenir nous le dira. Je calculais l’âge que j’aurais à cette époque. J’ai l’intention d’y être. Et si le metteur en scène ne connait pas les noms des artistes qui ont fait naître la culture Hip Hop à Montréal, je serais là pour le lui remémorer.

Au plaisir de vous revoir tous dans une trentaine d’années au Théâtre St-Denis.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/08/13/patrick-huard-bon-cop-bad-cop-et-le-cinema-quebecois/

Autres textes sur le Hip Hop

Lazy Legs, la prochaine vedette de Reflet de Société

La prochaine couverture du magazine Reflet de Société portera sur Lazy Legs.

 

Malgré qu’il ne puisse marcher sans ses béquilles, Luca Patuelli, alias Lazy Legz, est en train de devenir, à 22 ans, une vedette mondiale grâce à ses prouesses en breakdancing. Il a toujours réalisé ses rêves et tous ses admirateurs attendent qu’il en réalise d’autres.

Il a subi 16 opérations. Certaines aux jambes, ce qui lui permet de se tenir debout. À cause d’une scoliose au dos, huit de ses vertèbres sont fusionnées et il a une barre de titanium. Malgré son handicap et ses opérations, il remporte des compétitions de breakdancing en se projettant dans les airs, en virevoltant et en retombant sur une main comme si de rien n’était.

Après sa carrière de danseur, il veut continuer à inspirer les jeunes à se dépasser dans la vie. Lazy Legs va dans les écoles pour faire des conférences sur la motivation. Il raconte son histoire, apprend aux enfants à faire deux-trois mouvements de breakdancing. Lazy Legs aime les rencontrer car il voit dans leurs yeux qu’ils apprécient vraiment ce qu’il vient leur dire: transformez le négatif en positif!

Autres textes sur le Hip Hop:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/dj-et-graffiteur-professionel-naes/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/rap-et-gangster-rap-ne-chantent-plus-la-meme-rime/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/papa-rapper/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/06/de-la-violence-a-la-musique-roberto-mayer/

Nouveau local pour le Journal de la Rue et le Café-Graffiti

Vol.13.6 Août 2005

cafe-graffiti

Le toit coule au Journal. Le Café Graffiti se fait encore expulser. Aidez-nous à acquérir un toit permanent en achetant des briques à 1$.

1992 - Le Journal de la Rue est fondé. Deux travailleurs de rue s’impliquent bénévolement, le père André Durand et Raymond Viger, pour accompagner des jeunes marginalisés.

1997 - Pour répondre aux besoins des jeunes, le Café-Graffiti est créé. Un milieu de vie où le jeune peut s’exprimer par les arts et la culture.

2002 - Les activités du Café-Graffiti continuent à prendre de l’ampleur. Le Journal de la Rue doit quitter le local pour laisser toute la place aux jeunes qui commencent à se prendre en main.

2003 - Face à une fièvre spéculative qui risque d’expulser les organismes communautaires d’Hochelaga-Maisonneuve, le Journal de la Rue prépare un projet de logement social pour les jeunes marginalisés. Devant l’ampleur des demandes de plusieurs centaines d’organismes communautaires, le Journal subit plusieurs refus de subventions.

Mars 2005 - Les réaménagements commerciaux débutent. Un bureau de médecins et un bureau de poste viennent s’implanter. Malgré un bail, le Café-Graffiti se fait expulser à 3 semaines d’avis du local qu’il occupe depuis 1997.

Avril à juin 2005 - Pendant trois mois, beaucoup de travaux sont effectués pour rénover le nouveau local du Café-Graffiti. Coût: plus de 30 000$.

Début juillet 2005 - Le local du Journal de la Rue s’écroule de désuétude. Trois dégats d’eau majeurs dans la même semaine. Le toit, sur 3 étages, laisse passer des quantités phénoménales d’eau qui aboutissent dans les locaux du Journal.

6 juillet 2005 - Le propriétaire du nouveau local du Café-Graffiti nous avise qu’il vend l’immeuble et que le nouveau locataire va occuper la place du Café-Graffiti.

Cette annonce a l’effet d’une douche froide. Les membres, les bénévoles et le personnel autant du Café-Graffiti que du Journal de la Rue sont découragés. Tant d’efforts ruinés encore une fois. Le Journal de la Rue est dans un local désuet qui se meurt. Le Café-Graffiti se fait expulser pour une 2e fois en moins de 4 mois.

Assez, c’est assez. Le Journal de la Rue et le Café-Graffiti veulent exercer leur clause de premier refus et rester dans les nouveaux locaux. C’est-à-dire acheter le nouveau local du Café-Graffiti. Nous ne pouvons accepter que la spéculation pousse sans arrêt le communautaire. Nous ne pouvons accepter de rénover et d’entretenir des locaux que nous perdons dès que l’économie s’emballe.

Pour permettre à l’organisme et à ses différents projets de pouvoir rester en place. Pour permettre de sécuriser les loyers à payer et éviter la flambée spéculative des augmentations de loyer à venir. Pour permettre au Journal de la Rue de revenir cohabiter dans le même local que le Café-Graffiti. Aidez-nous à acquérir un toit permanent.

Nous vous offrons d’acquérir symboliquement des briques de ce nouveau local. Des cartes postales réalisées par des jeunes ayant fréquenté le Café-Graffiti sont mises en vente au coût de 1$ chacune (taxes et frais de poste inclus). Douze modèles sont disponibles. Nous sommes plus de 425 000 lecteurs du magazine Reflet de Société. Nous vous demandons d’acheter une seule de ces briques symboliques. Les jeunes, les bénévoles et les travailleurs du Journal de la Rue et du Café-Graffiti vous remercient à l’avance pour votre aide et soutien.

Les cartes postales peuvent être vues sur le site Internet www.journaldelarue.com. À la page d’accueil, sur le bouton SAUVETEURS RECHERCHÉS, ensuite dans le bas de la page, POURSUIVEZ et vous trouverez les cartes postales.

Autres textes sur le hip-hop

De Limoilou à Montréal, en passant par la Californie:Trackmaster, du break dance à l’état pur

Par Martin Ouellet

 

break-dance

Trackmaster, alias Carl Godin, est un jeune champion de breakdance au parcours assez inusité. Né à Limoilou, il y est demeuré jusqu’à l’âge de sept ans. Il a vécu la fin de son enfance à Beauport, puis a passé cinq ans en Californie, à Oakland, Alameda County. C’est là qu’il est devenu bilingue et a découvert la culture hip-hop en écoutant l’animateur Fab Five Freddy à Yo-MTV. En 1991, avec sa mère, il a déménagé à Saint-Hilaire, et présentement, il vit en appartement à Montréal! Du chemin, il en a fait durant ces années, et pas seulement en kilomètres…Trackmaster a remporté de nombreux concours de breakdance, il a souvent passé à la télévision (à l’émission de Julie Snyder, entre autres), dans des pubs (Bell mobilité), des téléséries (2 frères) et des vidéoclips. Présentement, son occupation principale est d’enseigner sa passion à de jeunes b-boys *et b-girls* en herbe dans les écoles primaires et secondaires et dans les studios de danse. Il compte pas moins de 60 élèves réguliers.

Ce n’est pas tout: Carl est aussi le seul représentant de la culture hip-hop, à titre de danseur, à faire partie de l’Union des Artistes (UDA)… Son secret: se surpasser, garder une attitude positive, ne refuser aucun défi et surtout, persévérer. Le Journal de la Rue a voulu en découvrir un peu plus en s’entretenant avec lui :

Comment as-tu été initié au breakdance?

Trackmaster: J’ai découvert la culture hip-hop en Californie, quand j’y ai vécu (de 1987 à 1991), par la mode vestimentaire et la musique. Sauf que dans ces années-là, le breakdance était «out of style», (démodé), aux U.S.A. En fait, les b-boys allaient presque tous danser en Europe. C’est plutôt à Montréal, en 1996, dans un party rave que j’ai découvert le breakdance de mes propres yeux. J’ai vu performer Tactical Crew et j’ai eu un choc incroyable! Je redécouvrais le old school* à travers une nouvelle génération de danseurs et j’ai immédiatement su que je voulais m’entraîner pour devenir membre de cette équipe. Je suis passé par plusieurs groupes (Rockwell Crew à Beloeil, QC Rock Crew à Québec, etc.) et j’ai fini par atteindre mon objectif: percer dans Tactical Crew.

Qu’est-ce que le breakdance a changé à ta vie?

Trackmaster: Le breakdance m’a fait évoluer, m’a permis de créer des liens solides avec d’autres personnes, de développer ma créativité et m’a empêché de sombrer dans la délinquance, comme d’autres jeunes qui n’ont pas de passion pour s’accrocher.

J’ai toujours aimé le «beat»(rythme). Si je n’avais pas pratiqué le breakdance, j’aurais sûrement fait une autre sorte de danse. Mais la danse, ce n’est pas que physique, pour moi, c’est une discipline et une philosophie, un peu comme les arts martiaux. Sans t’enfler la tête, en restant fidèle à soi-même, tu apprends à ne pas avoir froid aux yeux, à ne pas te laisser intimider, à croire en ton potentiel. Quand tu sais ce que ça demande pour s’entraîner, tu encourages les efforts des autres. Même pendant une compétition, tu n’oses plus rire des maladresses des autres. Le respect attire le respect…

As-tu vécu beaucoup d’intensité dans ta carrière de b-boy?

Trackmaster: Ce qui a lancé ma carrière, ça été mon premier prix comme b-boy solo, en juin 1997, au K.O.X., à Montréal. C’était la toute première compétition de ma vie, je n’avais même pas encore un an d’expérience comme danseur, j’étais un inconnu total! J’ai battu Shockwave, un membre de Tactical Crew qui était pas mal meilleur que moi. Je crois que j’ai gagné parce que j’ai eu le «guts» de confronter quelqu’un que personne n’osait affronter, alors que je n’étais qu’un débutant. En tout cas, ça été un énorme «boost» de motivation et la reconnaissance a suivi. Par après, j’ai remporté plusieurs premières places, mais celle-là restera toujours unique pour moi…

Les retombées ont été positives suite à cette compétition : contrats de pubs, figuration, apparitions à la télé, etc. Quand je suis passé à l’émission de Julie Snyder, c’était le soir de la fête de Céline Dion et il y avait plus de 400 000 spectateurs! J’ai profité de cette entrevue très médiatisée pour parler de la culture hip-hop devant un large public. Mon entrée dans l’Union des Artistes a marqué un autre tournant dans ma carrière.

Ce n’est pas contradictoire d’être un danseur «underground» et d’être membre de l’UDA?

Trackmaster: Contrairement à ce que le monde hip-hop pense en général, l’UDA est là pour protéger les artistes et non pour les exploiter. C’est sûr qu’il y a des frais à payer et des cotisations pour devenir membre, mais les cachets que tu reçois sont bien plus élevés, alors ça compense. Je vais te donner un exemple: l’autre jour, un bar m’a contacté pour une performance. Ils m’offraient 50 $. Je leur ai dit que j’étais membre stagiaire de l’UDA et ils ont vérifié mon numéro à l’Union. Ils m’ont rappelé et ont révisé mon cachet à 450 $! Souvent, les artistes prennent des ententes verbales avec les promoteurs et les producteurs, mais quand tu es membre de l’UDA, l’Union négocie les contrats pour toi et tu en sors toujours gagnant, car au moins il y a un plancher minimum assuré. En plus, grâce à l’Union, tu décroches davantage de contrats et ils te donnent des conseils pour ton porte-folio.

Alors, quand j’entends des jeunes me dire: «Hey, man, t’es pas true (authentique) parce que t’es dans l’UDA!», ça me fait rire un peu. J’en connais même qui jettent les formulaires aux poubelles! Moi, je considère que ça te donne de la crédibilité et du sérieux comme artiste.

Est-ce qu’un marginal comme toi peut faire un bon pédagogue, un bon prof?

Trackmaster: Le plus important: je travaille dans le plaisir et je considère que c’est un privilège d’être payé à faire ce que tu aimes. Les jeunes reçoivent cette «drive» de bonheur et ils s’amusent en apprenant.

Je respecte le rythme personnel de chaque élève, je ne crée aucune compétition entre eux. Je suis un prof, pas un arbitre. Chaque personne est différente, a son caractère, ses faiblesses, c’est ce que je veux leur faire comprendre. Je leur répète souvent que ça sert à rien de copier mon style, ils doivent inventer le leur, rajouter leur couleur personnelle.

Finalement, je dirais que c’est valorisant d’aider quelqu’un à se dépasser, à se valoriser lui-même, en préparant un show, par exemple. Les jeunes délinquants font de très bons élèves, contrairement à ce qu’on pense. Ce sont souvent les plus rebelles qui sont créatifs. En plus, quand ils sont avec moi, je sais qu’ils sont occupés, qu’ils se disciplinent, ce qui leur évite d’être ailleurs et peut-être dans le trouble.

Quelles valeurs t’ont guidé dans ta carrière?

Trackmaster: Ne jamais abandonner, même quand c’est difficile et avoir une attitude positive, de la détermination et de la motivation. Respectez les autres et vous serez respectés. «What goes around comes around», comme on dit en anglais. Autrement dit, si t’émets des bonnes vibrations, tu vas en recevoir en retour.

Maintenant que tu es reconnu champion, comment vis-tu ta relation avec les autres b-boys?

Trackmaster: En compétition, plusieurs refusent de se mesurer à moi. Si les breakeurs se méfient de moi, c’est vraiment pas bon, ça va me rendre anxieux de danser contre eux… J’aimerais que les b-boys et les b-girls me challengent davantage pour que je garde la touche compétitive. Ils devraient voir ça comme un défi d’affronter un vétéran. Moi, c’est comme ça que j’ai appris: en défiant des danseurs plus expérimentés que moi. De toute façon, on va s’amuser comme des fous car j’ai autant à apprendre d’eux qu’eux à apprendre de moi!

Te reste-t-il des rêves, des objectifs à atteindre?

Trackmaster:Pour le moment, je ne suis pas membre à part entière de l’UDA, je suis stagiaire, en probation en quelque sorte. Pour devenir membre actif, il faut accumuler trente crédits. Je suis rendu à neuf. Donc, un de mes objectifs est d’obtenir les crédits qui me manquent en faisant des contrats. Évidemment, je veux continuer la pratique, la compétition et les cours de breakdance. D’ailleurs, après les Fêtes, je commence à offrir des cours de break au Café-Graffiti, pour les 8 ans et plus. J’invite les jeunes à venir se pratiquer, apprendre ou perfectionner leurs talents avec moi. Je vais enseigner plusieurs styles, dont le boogie, le wave, le ticking, le locking, le popping, les powermoves, le up rock, down rock, etc. Avis aux intéressés…

Comment un rebelle de la danse peut-il recevoir de l’aide dans son cheminement?

Trackmaster: Ma mère m’a toujours encouragé, elle m’a incité à développer mon talent depuis de nombreuses années. Mon père, même s’il m’a toujours conseillé la prudence, respecte aussi mon choix et ne regrette pas de m’avoir fait confiance depuis que c’est devenu sérieux. Tupac, Eminem et Biggie ont été des modèles pour moi. Je ne voudrais surtout pas oublier de remercier les gens de la scène hip-hop locale comme Les Architeks (DJ Ray Ray, Cast, Stratège, 2saï), Tactical Crew, Red Mask, QC Roc Crew (Studio Party Time), Rockwell Crew, Vice-Verset, Shades of Culture, Catburglaz, Shaheed aka Versatile (Musique Plus), Mtl Breakers (Walken Charlot), la Structure (DJ Nerve, Simon, Louis), BU the Knowledgist, Virus, Traumaturges (Joual style), tout le south shore (DJ Shortcut), le Café-Graffiti et tous mes étudiants. Peace, yo!

Autres textes sur le hip-hop:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/rap-et-gangster-rap-ne-chantent-plus-la-meme-rime/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/papa-rapper/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/17/atach-tatuq-et-ladisq/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/15/lazy-legs-la-prochaine-vedette-de-reflet-de-societe/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/dj-et-graffiteur-professionel-naes/

Journal de la Rue, Reflet de Société, CAFÉ-GRAFFITI.

Soutenez notre travail auprès des jeunes en vous abonnant à notre magazine d'information et de sensibilisation Reflet de Société. WWW.REFLETDESOCIETE.COM (514) 256-9000 journal@journaldelarue.ca

Des honneurs

Le blogue du rédacteur en chef

Position éditoriale, commentaires sur l'actualité sociale et communautaire: raymondviger.wordpress.com

Catégories

Raymond Viger, écrivain

Raymond Viger, écrivain sur WWW.EDITIONSTNT.COM

CAFÉ-GRAFFITI

Café-Graffiti, milieu de vie pour les jeunes. Pour les activités et une visite de la galerie Internet: WWW.CAFEGRAFFITI.NET
CentPapiers - média citoyen