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Jusqu’à 90% d’escomptes sur les logiciels pour le communautaire

Bonne nouvelle pour les organismes communautaires. Il existe un programme qui permet aux organismes communautaires de pouvoir bénéficier d’escomptes très importantes sur les produits Microsoft, Symantec, Macromedia, Quark Express.

Il n’y a pas beaucoup de fournisseurs inscrits auprès des fabricants de logiciels pour offrir ce programme. Le seul que nous avons trouvé au Québec est InfoConcept LC.

Sceptique, nous avons fait l’essai de ce programme. Nous avons effectivement eu accès aux logiciels à des prix qui méritent que je vous en fasse part.

Comment se fait-il qu’aucun autre organisme communautaire nous a fait part de l’existence de ces escomptes? Comment se fait-il que nous n’en n’avons jamais entendu parler? Aucune idée. Puisque nous avons eu une expérience positive avec ce programme, nous voulons que tous les organismes communautaires soient au courant. Passez le mot.

La survie du communautaire passe par l’Internet

Telle est l’opinion de Patrick Dion dans un billet écrit sur le portail Branchez-vous.

Les organismes communautaires, tout comme les entreprises privées, doivent maintenant composer avec les nouvelles technologies. Celles qui n’oseront pas franchir cette étape risque d’y laisser leur peau.

C’est vrai que le Web 2.0 permet d’être plus proche de ses membres, de ses lecteurs et des citoyens. Les gens peuvent commenter rapidement des textes ou des idées que nous émettons, influencer rapidement les directions que nous prendrons. Les gens peuvent émettre des propositions qui changeront notre orientation.

Les Internautes peuvent bonifier chaque commentaire que nous recevons. Dans certains cas, cela ressemble à des séances de “brain storming”, des rencontres d’équipe. Parce qu’aujourd’hui les citoyens veulent s’impliquer. Ils ne veulent plus être seulement des témoins passifs. Ils veulent être des acteurs de changement et participer. Le Web 2.0 devient un outil supplémentaire pour favoriser la démocratie d’une société.

Congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ)

Le 27e Congrès des médias écrits communautaires du Québec vient de se terminer. Un week-end qui s’est déroulé à l’hôtel Mont Gabriel à Ste-Adèle. Cette rencontre entre les artisans de la presse communautaire est une occasion pour des retrouvailles, quelques formations et pour reconnaître le travail journalistique de tous ces gens impliqués, souvent bénévolement, pour servir leur communauté.

Personnellement, j’ai assisté à un atelier sur le Web avec Benoît Munger du journal Le Devoir et L’art du portrait avec l’excellent André Ducharme du magazine L’actualité. M. Munger nous a fait découvrir plusieurs fonctions et outils du Web que, malgré le nombre d’heures que je passe devant celui-ci, m’avait encore échappé. M. Munger réussi à rendre intéressante la formation et capter notre attention malgré que la matière soit un peu aride.

J’avais déjà eu l’occasion d’écouter l’atelier d’André Ducharme. Mais on ne peut se tanner d’écouter un journaliste d’expérience comme lui. On en apprend encore et encore. La passion d’André Ducharme pour le portrait le rend attrayant et intéressant à écouter.

Pendant ce temps, Danielle, co-directrice de l’organisme et spécialiste des équipements et logiciels s’est amusé dans les ateliers de conception graphique, autant pour les magazines que pour les tabloids. Elle a pris des notes qui vont être discutés avec l’équipe et qui devraient amener quelques changements dans le magazine.

Pour la remise des prix, je profite de cette occasion pour souligner les prix remportés par l’équipe de Reflet de Société. Dans la catégorie entrevue, Annie Mathieu pour son texte Le SIDA tue encore avec le docteur Réjean Thomas. Dans la catégorie chronique, Jean-Pierre Bellemare, notre chroniqueur de la prison de Cowansville pour son texte Pas banale la vie carcérale. Et finalement, une deuxième place pour Dominic Desmarais dans la catégorie reportage pour Le vin québécois fait son chemin.

Avec ces 3 prix, cela a permis à Reflet de Société d’être 3e pour le média communautaire de l’année, devancé par Graffici de Gaspésie et le Mouton Noir du bas du fleuve. Nous profitons de l’occasion pour les féliciter pour leur travail et cette reconnaissance de leurs pairs.

Le congrès s’est terminé avec une conférence de Laurence Poole de Sherbrooke. Cette conférence de motivation et de leadership a été une vraie révélation pour notre équipe. Je reviendrais sous peu pour vous en faire part avec plus de détails.

Suis-je Francophone ou Québécois?

Le 1er avril dernier, j’ai fait un billet sur mes vacances à Vancouver. Un peu lorsque j’avais fait l’an dernier une tournée de conférence en France sur l’intervention auprès des jeunes, j’ai décidé de faire une catégorie qui regrouperait les billets que je vais écrire sur ma visite à Vancouver.

J’ai aussi rajouté une autre catégorie; Francophone hors Québec. Parce que je suis déjà convaincu que ce voyage à Vancouver va stimuler plusieurs textes, non seulement sur ma visite à Vancouver, mais sur d’autres contacts à travers le Canada.

J’ai reçu mercredi trois messages de Paul de la Riva, directeur des communications pour le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Il m’invite à une visite de l’école de Surrey. 500 élèves du primaire à la 12e année. Vous vous imaginez, une école de 500 étudiants, réparti sur les 13 niveaux du primaire à la 12e année. Cela fait une moyenne de 38 étudiants par niveau! C’est la plus grosse école francophone (langue première) de la Colombie-Britannique.

Je suis déjà touché et ébranlé par ce que peuvent vivre les francophones dans un milieu minoritaire. En plus, une école qui a un haut niveau de multiculturalisme. Je suis surpris d’apprendre qu’il y a 40 écoles francophones à travers la Colombie-Britannique.

M. de la Riva veut me présenter les participats du projet “À vélo pour les sans-abri” - une excursion de 500 km pour appuyer les sans-abri tout en sensibilisant les élèves et la communauté à cette triste réalité.

Mais là ou M. de la Riva m’a vraiment touché c’est le lien qu’il m’a transmis sur une vidéo qui présente des étudiants francophones et la mission que le Conseil scolaire francophone s’est donné. On y parle d’identité, de culture, du droit et du privilège de parler en français et d’étudier en français, l’amour de la langue. De quoi ébranlé un grand sensible comme moi.

J’ai été touché par la vision qu’ils se donnent d’une école francophone: “La réussite scolaire c’est une affaire communautaire. La collaboration, c’est une école communautaire, c’est l’occasion de se parler.”

Je me dois de vous citer 3 étudiants de ce vidéo:

Irina: “À l’école francophone, je fais partie d’une communauté spéciale, avec des profs et des élèves qui se respectent et qui ont une même idée.”

Félix: “Le français c’est une opportunité, surtout en milieu francophone.”

Lisa: “Un message aux jeunes francophones ça serait juste d’être fier d’être francophones.”

C’est le premier message que je reçois des gens de Vancouver pour les 15 jours que je vais y passer. Je suis déjà touché et ébranlé. De voir et d’entendre cette fierté de pouvoir parler et étudier en français. Les liens qui se sont tissés autour d’une école francophone en milieu anglophone.

Peut-être parce que je viens de Montréal. Une ville bilingue où la culture américaine vient ébranler et enterrer notre plaisir d’être juste francophone. Peut-être parce que je travaille depuis 16 ans auprès de jeunes de la culture Hip Hop. Une culture bilingue où les Américains ont plus influencé les montréalais que les Français n’ont réussi à le faire. Peut-être aussi parce que je suis contre les méga-écoles qui comptent 2 000 à 3 000 étudiants.

Merci M. de la Riva, pour votre invitation et pour les liens que vous m’avez partagé.

Dominic Arpin et Martin Petit… Vous m’inspirez!!!

Merci à toi Dominic. Merci à toi Martin.

Depuis quelques jours, je me questionne sur l’avenir des médias au Québec. En tout cas, au moins celui de Reflet de Société et de l’organisme qui le chapeaute, le Journal de la Rue et son projet Café-Graffiti. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis le directeur de l’organisme, le rédacteur en chef du magazine et le fondateur du Café-Graffiti.

Les abonnements à notre magazine Reflet de Société permettent de soutenir des projets pour les jeunes tels que le Café-Graffiti. Mais voilà que le prix du papier augmente de 6% au printemps, on prévoit une autre augmentation de 6% à l’automne, le timbre poste a augmenté de 5 sous en janvier dernier, le prix de l’essence qui continue de battre des records… On prévoit des baisses et peut-être même la disparition des subventions à l’aide journalistique. Même chose pour la subvention pour les frais d’envois postaux.

Juste de demeurer un média, sans avoir à financer un projet communautaire commence à être du sport. En passant, pour ceux qui pensent que je me plaint pour rien avec mon augmentation de 5 sous par envoie, il faut savoir que nous diffusons près de 500 000 exemplaires de notre magazine par année. Chaque 5 sous d’augmentation finissent par coûter cher.

Cela explique pourquoi depuis un certain temps, je travaille à diversifier nos sources de revenus. J’ai engagé plusieurs consultants pour nous aider dans cet objectif, mais ils ont fait choux blancs. Cela a occasionné des dépenses, mais aucun revenu.

Pour la vente de publicité, il y a transfert des budgets vers l’Internet. Les médias conventionnels attirent moins de publicité que l’Internet réussit à faire. J’ai donc décidé d’appeler quelques régies publicitaires pour nous représenter et vendre de la publicité sur nos blogues et nos sites Internet. Après tout, avec plus de 6 000 visiteurs par jour, on devrait être capable d’attirer quelques publicités.

La première régie publicitaire est spécialisé dans le monde des affaires. On en “fitte” pas dans leur décor. Peut-être à l’automne ou au printemps l’an prochain. On repassera, je n’ai pas le temps d’attendre. Une deuxième régie publicitaire me rappelle, prends quelques informations et ne me rappelle pas! Faut pas me laisser sans nouvelles trop longtemps. J’ai sûrement un profil un peu maniaque. Faut que ça bouge. Ma devise, quand tu fais du surplace, tu recules. Parce que les événements eux continuent d’avancer et à te rentrer dedans. La troisième régie publicitaire ne m’a pas encore retourné mon appel.

Bon! J’ai compris, on ne veut pas de mes 6 000 visiteurs par jour. Tant pis pour eux, quand ils se réveilleront, ils courreront après. Après tout, je ne suis pas intéressé à la publicité Google qui ne donne pas grand chose mais qui pollue les blogues et les sites. De plus, en tant qu’organisme communautaire, nous sommes très difficile sur qui pourrait s’annoncer avec nous. On en refuse plus qu’on peut en prendre.

C’est à ce stade que les constellations se sont enlignés. Je me suis souvenu de l’entrevue que Martin Petit m’avait donné. Il me disait avoir rempli une salle de spectacle avec seulement ses contacts Internet. Ensuite j’ai pensé à Dominic Arpin. Lors d’une conférence devant les relationnistes du Québec, Dominic mentionnait qu’il a décidé de faire cavalier seul et d’avoir son propre blogue, indépendant d’un média. Se vendre lui-même plûtot que de laisser le média le vendre et tout empocher.

Suite à mon délire d’hier soir sur l’avenir de la presse écrite, plus pour faire sourire les gens, j’ai fait un Internet-o-thon en présentant les abonnements du magazine. C’était un gag, une satire, la fin de mon délire, rien de plus. Mais aujourd’hui, je me ravise. Mon fort intérieur était plutôt visionnaire et il m’avait lancé un message pourtant clair, net et précis.

Pourquoi me casser la tête avec une régie publicitaire qui ne semble pas apprécier notre potentiel ou, encore pire, qui ne saurait pas comment nous vendre et à qui nous vendre. Nous n’avons qu’à faire comme Martin Petit et Dominic Arpin. Nous vendre nous-même. Pas vendre la publicité des autres, mais vendre nos propres produits sur nos sites et nos blogues.

Pour un organisme tel le nôtre, de vendre des abonnements à un magazine de réflexion sociale, vendre des documentaires sur l’implication bénévole, vendre des CD de musique des jeunes que nous accompagnons, des livres de cheminement personnel, des guides d’intervention auprès de personnes suicidaires, de joueurs compulsifs et même notre T-shirt à l’effigie du Café-Graffiti, rien de plus naturel. Pour les Internautes qui nous lisent et qui aiment ce que nous écrivons, ce n’est pas de la pollution publicitaire, c’est d’encourager un organisme communautaire dans son orientation en économie sociale et d’offrir des produits et services qui sont la continuité de ce que nous faisons.

Malgré que dans WordPress nous soyons limité dans l’affichage des publicités, nous avions déjà réussi à placer une bannière dans le haut des blogues. Cette bannière annonce les 4 sites de l’organisme. J’ai ensuite fait rajouter une publicité sur chaque côté. Présentement nous y annonçons 2 livres. Nous alternerons régulièrement les publicités pour y présenter l’ensemble de tout ce que nous faisons.

Et voilà ma dernière trouvaille d’hier. À la fin de mes billets apparaîtra une publicité. Elle sera annoncé en caractère gras: PUBLICITÉ. Celui qui ne voudra pas la lire n’aura qu’à arrêter de lire. Mais celui qui aura aimé nos textes, pourra y découvrir les produits et services que nous offrons.

Nous voilà donc dans notre auto-publicité. Nous sommes convaincu que cela sera beaucoup plus pertinent et rentable que les quelques sous qu’on offre pour les “clics” sur des annonces de n’importe quoi. Parce que même si les budgets commencent à se diriger vers l’Internet, les prix offerts pour tout le travail qu’on y fait est encore dérisoire.

Au plaisir de continuer à vous écrire. Au plaisir de vous présenter quelques publicités pertinentes.

PUBLICITÉ
2e journée de notre Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Chronique À la découverte des magazines d’ici
Et si on changeait le monde
Gabriel Alexandre Gosselin, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

Initié par l’Institut du Nouveau Monde (INM), À go s’est donné une mission: montrer aux Québécois qu’entreprendre et engagement citoyen peuvent aller de pair. Un défi difficile à relever. Mais pour l’équipe du magazine, tous membres actifs de l’INM, rien n’est à l’épreuve des idées novatrices.

L’apparition du magazine À go commence lors de l’édition 2005 de l’École d’été de l’INM. Pendant ces événements, des jeunes de partout au Québec se réunissent pour discuter, débattre et proposer de nouvelles idées face aux enjeux qui les préoccupent.

En 2005, l’INM lance comme défi aux participants à cette école de citoyenneté de créer des projets concrets pour changer le monde. En réponse à cette activité, Marie-France Bazzo suit 4 de ces projets pendant 1 an à Indicatif présent, sur les ondes radiophoniques de Radio-Canada. Un constat s’impose: sur les 38 projets présentés lors de l’École d’été, seulement 5 ont été réalisés: «On s’est rendu compte qu’il y avait une volonté chez les jeunes, mais que peu d’entre eux passaient à l’action», relate Sophie Gélinas, une des cofondatrices du magazine.

Entrepreneuriat social
C’est alors que Miriam Fahmy et Sophie Gélinas découvrent le concept d’entrepreneuriat social. Qu’est-ce que l’entrepreneuriat social? «Son objectif est de mettre en œuvre, par le biais de l’entreprise, des solutions concrètes pour contrer une problématique sociale ou environnementale précise», explique Sophie, qui donne aujourd’hui des conférences sur le sujet. L’entreprise sociale prend plusieurs formes: compagnie privée, coopérative ou organisme à but non lucratif.

C’est avec un désir de mettre de l’avant des valeurs, la conviction de vouloir changer le monde et des pratiques concrètes validées par la communauté concernée qu’une entreprise sociale voit le jour: «Contrairement à la génération précédente, notre génération va préférer réaliser ses idéaux au quotidien. On va plutôt s’impliquer personnellement en recyclant, en faisant du vélo. C’est ça l’entrepreneuriat social: une initiative individuelle qui veut être au service de la communauté», croit Sophie Gélinas.

Basées sur ce concept, Miriam et Sophie entreprennent alors avec l’INM la création d’une publication qui révélerait au grand public les nombreuses facettes de l’entrepreneuriat social au Québec et ailleurs.

Motiver la jeunesse
Selon Sophie Gélinas, À go n’est pas un simple magazine d’information: «La publication s’inscrit dans la mentalité de l’INM: informer, débattre, proposer, agir. On veut montrer qu’il existe des gens qui réussissent en entrepreneuriat social. Non seulement en créant leur propre entreprise, mais en la mettant au service de la communauté. Et cela dans différents milieux d’intervention.»

Plusieurs angles sont utilisés pour passer le message: les solutions entrepreneuriales qui existent en réponse aux problématiques sociales, des points de repère pour lancer une entreprise à répercussion sociale, les jeunes qui s’investissent pour leur cause. On y présente aussi les grandes personnalités de l’entrepreneuriat social, telles que Muhammad Yunus, fondateur d’une banque populaire spécialisée dans le microcrédit pour petites entreprises, ou encore le Dr Gilles Julien, qui a inventé le concept de pédiatrie sociale.

«Le but du magazine est d’inspirer, en utilisant l’utopie de l’entrepreneuriat social ainsi que son côté pragmatique. On veut détruire le stéréotype de l’homme d’affaires avec sa mallette et sa cravate», précise Sophie Gélinas.

À go, on part!
Le magazine À go n’en est qu’à ses débuts. Une seule publication a vu le jour depuis sa création en août dernier. On remarque, dans cette première édition, un magazine de qualité, autant visuelle que rédactionnelle.

D’ailleurs, plusieurs noms participent au magazine: Michel Venne, ancien chroniqueur au Devoir, François Cardinal de La Presse et de La vie en vert diffusé à Télé-Québec, ainsi que Patrick Lagacé, également à La Presse et aux Francs-Tireurs à Télé-Québec. Sophie Gélinas dévoile une stratégie derrière ces big shots: «En ayant des personnalités médiatiques connues qui participent activement au projet, on enlève du même coup la marginalité qui peut être associée à l’entrepreneuriat social.»

La fréquence de publication ainsi que sa forme sont indéterminés pour l’instant. «On ne sait pas exactement la direction que va prendre le magazine. On envisage actuellement de nous allier aux médias de grande envergure pour frapper encore plus fort», explique Sophie Gélinas. «On ne s’impose pas de formes. De toute façon, à l’INM, on a toujours plein d’idées», conclut-elle.

Le magazine À go est en vente pour 8,50$ sur le site internet de l’INM: www.inm.qc.ca

Encadré

À go on change le monde!
À go est un produit du programme À go on change le monde. Créé en collaboration avec la Caisse d’économie solidaire Desjardins, le programme vise à valoriser, soutenir et stimuler les jeunes entrepreneurs sociaux. À go on change le monde! outille les jeunes entrepreneurs sociaux en leur offrant des formations, des conseils, du soutien financier et un accès à plusieurs réseaux. Un service d’accompagnement, une trousse de réalisation de projet ainsi qu’un Club des entrepreneurs sociaux sont également des activités proposées.
www.agoonchangelemonde.qc.ca

On parle enfin des coopératives de santé!

En avril 2006, il y a presque 2 ans, Reflet de Société présentait un dossier sur les alternatives en matière de santé. Cela nous a permis de présenter un reportage sur les coopérative de santé. Les coopératives de santé existent depuis maintenant 25 ans. Des rapports qui datent aussi de 25 ans mentionnent que les coopératives sont une voix importante à explorer en matière de santé.

Nous avions aussi présenté Jonquière Médic. Un système de médecins à domicile qui s’autofinance depuis 25 ans. Nos lecteurs du Saguenay avait été heureux et surpris qu’enfin un média provincial parle d’eux en dehors de leur région. C’était la première fois que Jonquière Médic était mis de l’avant sur la scène provinciale dans un média!

Pour compléter le dossier sur les alternatives en matière de santé, nous avions tenté d’obtenir une entrevue du Ministre de la Santé et des Services Sociaux, Philippe Couillard. Les dates possibles d’entrevues ont toujours été repoussé et nous n’avons jamais eu l’entrevue. Nous avons présenté un article sur les questions demeurées sans réponses que nous voulions poser à M. Couillard.

En décembre 2006, nous vous présentions le livre de Jean-Pierre Girard: Notre système de santé, autrement. M. Girard y présentait les coopératives de santé dans son livre publié en septembre 2006.

Lors du débat des chefs, Mario Dumont avait questionné André Boisclair et par la suite Jean Charest sur l’avenir des coopératives de santé comme alternative à exploiter. Ni André Boisclair, ni Jean Charest n’ont répondu à Mario Dumont. Ils n’ont même pas prononcé le mot coopérative de santé! J’avais souligné en mars 2007 ma joie d’entendre enfin le mot coopérative de santé dans la bouche d’un politicien.

En juin 2006, Reflet de Société présentait un article avec le Dr Bernard Gélinas. Ce médecin à la Clinique coopérative de santé d’Aylmer en avait long à dire. Il lance la question: “La santé des Québécois serait-elle gérée à des fins politiques plutôt que par souci du bien-être collectif?”

En avril 2006, L’actualité présentait un reportage de Véronique Robert sur les réussites du système de santé à Alma. Encore une fois, le Saguenay-Lac-St-Jean nous ouvre la porte à des propositions alternatives en matière de santé qui fonctionnent.

Après tous ces écrits et questionnements sur la réalité des alternatives en matière de santé, voilà que nous pouvons lire, sous la plume de Jean-François Coderre, le 21 février 2008 dans le Journal de Montréal que le concept des coopératives de santé a inspiré le rapport Castonguay!

Ce qui m’a cependant surpris dans cet article c’est le commentaire de Marie-Joelle Brassard du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité qui fait la promotion des coopératives de santé: elle est vexée de voir le concept s’étendre!

Va-t-on vraiment finir par étudier les alternatives en matière de santé? D’ou vient cette résistance à parler librement? Nous le saurons peut-être dans un autre 25 ans.

Le troc, c’est pas du toc!
Guillaume Brodeur, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008

Forme de commerce la plus ancienne, le troc n’a rien de révolutionnaire. Quoiqu’en cette ère où tout se vend et tout s’achète, il soulève un vent de fraîcheur en remettant le citoyen au cœur de l’échange. Cofondatrices de l’organisme Troc-tes-Trucs, les dynamiques Maude Léonard et Véronique Castonguay font la promotion de la consommation responsable et du développement durable… tout en réalisant de belles économies!

Troquer son vieux grille-pain en inox et quelques morceaux de linge qui végètent dans la garde-robe contre un ordinateur, sans même sortir son porte-monnaie. Voilà un échange en apparence surréaliste, illogique et farfelu… Sauf aux rencontres de Troc-tes-Trucs. Depuis juin 2006, ce groupe communautaire convie aux deux mois les habitants de Villeray, quartier populaire de Montréal, à se départir de biens devenus inutiles –mais non inutilisables! –qui feront ensuite le bonheur de concitoyens intéressés à leur offrir une nouvelle demeure.

«Troc-tes-trucs est né du constat que les familles d’aujourd’hui ont de moins en moins d’enfants, explique Véronique Castonguay. Les vêtements et les jouets ne sont donc plus utilisés jusqu’à être usés à la corde.» Ainsi, plutôt que d’hériter de la paire de patins déjà portée par 8 cousins, les parents d’un hockeyeur en pleine croissance doivent aujourd’hui en racheter une paire chaque année. «Troc-tes-trucs a voulu offrir un réseau, un espace où les gens peuvent combler leurs besoins sans se ruiner.»

Car contrairement au dépôt dans les fameuses «boîtes rouges» de la Société Saint-Vincent-de-Paul, celui qui donne ses biens à Troc-tes-Trucs ne repart jamais les mains vides : un système de jetons virtuels permet au donneur de se procurer des objets apportés par ses pairs. Ici, donner c’est recevoir.

Plus qu’un bazar
Inspirées par les travaux de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, les deux jeunes femmes revendiquent une certaine globalité à leur action. «On touche évidemment le domaine économique par le troc, explique Maude Léonard, mais aussi l’aspect social en réunissant de purs inconnus pour qu’ils s’échangent des trucs, mais surtout pour qu’ils se connaissent et s’entraident par la suite.» À l’entrée, histoire de briser la glace, des amuse-gueules et des breuvages sont offerts gracieusement aux participants.

On ne saurait ignorer les bienfaits environnementaux du troc, discrets mais omniprésents selon Maude. «En augmentant la durée de vie d’objets qui se seraient retrouvés au dépotoir, on respecte la règle des 3 R-V: Réduire, Réutiliser, Recycler et Valoriser. On peut se targuer de faire du vrai développement durable!» dit-elle fièrement.

Foule bigarrée
Le 25 novembre dernier, avec sa foule de participants, le Centre de Loisirs Communautaires Lajeunesse ressemblait à une vraie fourmilière. De jeunes mères avec leur poussette, deux dames d’origine asiatique, un grand monsieur à la crinière argentée, des étudiants aux habits bohèmes… Une mixité exemplaire! «Ça rassemble des gens de différents milieux qui ne se rencontreraient pas autrement, constate Maude. Tout le monde ressent le désir et le besoin d’échanger l’inutile contre des objets convoités.»

Ils étaient plus d’une centaine à arpenter les étals classés par genre et valeur: vêtements, articles de sport, bibelots, etc. Troc-tes-Trucs attire une foule hétéroclite avec des objets tout aussi discordants! Aussitôt arrivé, un bataillon de bénévoles se met en charge de classifier les objets apportés selon leur échelle de valeur, établie selon le principe du «gros bon sens.»

Pas juste pour les pauvres
Quelques heures plus tard, des centaines de trucs avaient changé de mains dans une ambiance bon enfant. À la différence des marchés aux puces et autres ventes de garage, pas de négociation. Le «prix» est fixe, et minime. «Le troc permet aux familles d’alléger leur fardeau financier et de mettre l’argent sur des choses peut-être plus essentielles», avance Véronique.

On pourrait croire qu’il s’agit d’une activité de «pauvres», ce que dément sa complice Maude. «Oui, plusieurs viennent par nécessité. Mais d’autres participent dans l’idée de réduire leur consommation et leurs déchets. On parle beaucoup de consommation responsable, mais il n’y pas 36 000 façons de la mettre en pratique. Troc-tes-Trucs ne fonctionnerait pas si c’était juste une activité de pauvres! Les gens ont compris qu’on ne doit pas apporter des vieilleries, mais des biens qui seront utiles aux autres, pour leur donner une deuxième vie.»

Trésors cachés
Pas de tableau de Van Gogh ou de Riopelle, lors du dernier Troc-tes-Trucs, mais, quand même, des découvertes intéressantes. Comme cette version du jeu vidéo Zelda dénichée par Mikaël, 20 ans, «aujourd’hui introuvable. Ç’a fait ma journée.»

Quant à Juan, un nouveau bénévole né au Salvador, il voit son implication comme «un petit coup de pouce pour changer le monde. J’apprécie bien sûr cette alternative pour économiser des sous, mais j’aime surtout voir des gens de toutes les cultures échanger entre eux.» Sa présence avait tout de même un motif personnel : «J’aime ramasser des choses… Il y a beaucoup de trésors cachés.» Sa meilleure prise de la journée? Un hachoir à viande.

Petits gestes, grands effets
Un coup d’épée dans l’eau du pessimisme ambiant, les rencontres de Troc-tes-Trucs? Au contraire, soutient Véronique, même si l’on baigne dans une société qui encourage l’hyperconsommation –les ménages québécois n’ont jamais été aussi endettés qu’en 2007–. «L’accumulation de petites actions a de l’impact à long terme sur le mode de vie des gens. Regardons le cas du recyclage : ça a commencé par des gestes isolés avant de quasiment devenir une obligation sociale si l’on ne veut pas se faire regarder de travers!»

Signe de la popularité de Troc-tes-Trucs, Maude Léonard souligne que le nombre de participants a quadruplé depuis un an et demi, pour s’établir à 300 membres. L’activité ponctuelle est par ailleurs en voie de se constituer en organisme structuré, question d’épauler les groupes qui voudraient implanter des rencontres à l’extérieur du quartier Villeray. Dernière initiative en date, la ville de Québec aura sous peu son propre Troc-tes-Trucs.

Je troque, tu troques, il troque…

Encadré

Dehors l’argent, vive les jetons
Difficile d’enlever toute valeur quantifiable à un bien. C’est ce qu’on découvert Maude et Véronique au moment d’élaborer le projet. «Au départ, on avait pensé ne pas mettre de valeur du tout : un objet pour un objet, expliquent-elles. Mais les gens n’auraient pas voulu embarquer. On a déjà reçu des cafetières à espressos, des ordinateurs…» En général, les objets de grande valeur octroient plus de jetons virtuels que des petits cossins. «Mais avec 9 pièces de vêtements, on peut quand même se payer un ordinateur. Au magasin, c’est 1000 piastres!»

Malgré l’imposition d’une échelle de valeur, le principe égalitaire s’impose à l’intérieur des catégories de biens. «Chez nous, un jeans Diesel et un jeans de L’Aubainerie ont la même valeur, poursuit Maude. On ne veut pénaliser personne. Le système des jetons est un peu arbitraire, mais il fallait simplifier les transactions. On pourrait croire que ce n’est pas juste, mais une chose dont tu n’as plus besoin n’a plus de valeur pour toi.»

1 jeton : vêtement, petit accessoire et petit jouet.
3 jetons : accessoire et jouet moyen (ex : jeu de société), livre, manteau, ensemble de neige, petit article de sport (bâtons de hockey), etc.
5 jetons : équipement sportif (patins à roues alignées, skis), petits meubles, accessoires pour bébés, etc.
7 jetons et plus : meubles, appareils ménagers, appareils électroniques, etc.

Les enfants au micro
Terre des Débrouillards
Des projets de développement pour une planète solidaire
Chronique d’Agence Science-Presse préparée en collaboration avec le magazine Les Débrouillards

Des enfants afghans prennent le micro. Pour faire connaître leurs droits. Mais aussi pour chanter et lire de belles histoires.

Shukria a treize ans. Elle anime l’émission La voix des enfants. Tous les dimanches et tous les mercredis à 11 h, des milliers de jeunes oreilles se mettent à l’écoute de Radio Sahar. Elle leur parle d’histoire ou de géographie, leur donne des conseils et leur récite des poèmes ou des contes. Cette station de radio communautaire de Hérat, en Afghanistan, a été fondée grâce à l’appui du Canada.

À l’école de la radio
Comme plusieurs autres filles et garçons, Shukria a suivi des ateliers pour apprendre à faire de la radio. En Afghanistan, peu de gens possèdent une télé et beaucoup d’enfants et d’adultes ne savent pas lire. La radio est donc un excellent moyen d’apprendre et de se distraire.

Une autre émission de Radio Sahar renseigne les enfants sur leurs droits : le droit à la vie, à l’éducation, au divertissement, au respect et à la sécurité. Parfois, l’animatrice invite un enfant. Laieq, un garçon de 11 ans, est ainsi venu expliquer sur les ondes qu’il aimerait beaucoup aller à l’école. Malheureusement, il doit vendre des biscuits dans la rue toute la journée pour gagner de l’argent, car son père, malade, ne peut pas travailler.

Encadré
Avec l’aide de Canadiennes
Des spécialistes canadiennes ont aidé des Afghanes à mettre sur pied des stations de radio communautaires dans plusieurs villes pour renseigner les femmes sur leurs droits et sur une foule d’autres sujets.

Radio Sahar, qui se trouve dans la ville de Hérat, à l’ouest du pays, est l’une d’elle. Quand les talibans étaient au pouvoir, il était interdit aux femmes de travailler et aux filles de fréquenter l’école. Voilà pourquoi sept Afghanes sur dix ne savent pas lire.

Ce sont également des Canadiennes qui ont donné les premiers ateliers pour apprendre à des enfants de 5 à 17 ans les rudiments de la radio. Comme Shukria, ces jeunes continuent aujourd’hui d’animer leurs émissions.

Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Suicide et intervention de crise en France

L’organisme, Le Journal de la Rue, possède 2 sites Internet et plusieurs blogues. Cela permet de faciliter la navigation des Internautes selon leurs besoins et leurs goûts.

Nous avons donc un site artistique et culturel pour le Café-Graffiti. www.cafegraffiti.net. Nous avons le site général de l’organisme, www.journaldelarue.com. Nous sommes à finaliser un nouveau site, spécifiquement pour le magazine, www.refletdesociete.com.

Nous gérons plusieurs blogues. Les 2 principaux sont celui des archives de Reflet de Société. www.journaldelarue.wordpress.com et le blogue du rédacteur en chef, www.raymondviger.wordpress.com.

Cela nous amène un trafic différent mais aussi de provenance différente pour chacun de ces sites et blogues. Les 2 sites Internet génèrent un trafic 100% canadien. Selon les statistiques d’Alexa, le Café-Graffiti se retrouve pour le Canada à la 20 254e place, tandis que le site pour Reflet de Société arrive à la 40 663e place. Seulement à titre de référence pour mieux comprendre ces statistiques, le site de L’actualité génère 63% de trafic canadien et il obtient ainsi la 17455e place pour le Canada.

Ce qui m’a surpris, c’est le trafic généré par les 2 blogues. Le blogue du rédacteur en chef génère un trafic à 56% de France et 11% provenant du Canada. Celui de la revue en a 39% de France et 18% du Canada. En France, ces blogues arrivent en 104 929e place et 95 719e place. Celui de L’actualité arrivant au 132 221e place. 

Quelles sont les textes qui génèrent un si grand trafic provenant de la France? Les textes sur le suicide. En plus de générer beaucoup de visites, les textes reliés au suicide génèrent beaucoup de commentaires, surtout provenant de gens habitant la France.

Lors de ma tournée de conférence en France en avril dernier, j’avais remarqué que le suicide est une problématique ou les intervenants n’osent pas prendre leur place, ne laissant que les services spécialisés tel la psychiâtrie intervenir. Malgré l’expérience de plusieurs, lorsque j’ai donné une formation sur l’intervention auprès de personnes suicidaires, pour plusieurs des intervenants français, c’était une révélation d’apprendre qu’ils pouvaient et qu’ils se devaient d’intervenir. 

À partir des commentaires reçus d’Internautes français vivant des difficultés, j’ai eu l’occasion d’établir un relation thérapeutique par mail. Le manque de ressources pouvant intervenir en France est flagrant et évident. Cela isole encore plus les personnes en crise.

Le Québec demeure encore un endroit privilégié pour ses ressources communautaires et son implication auprès des personnes plus démunies, que ce soit physiquement, financièrement ou émotivement.

Esprit blessé mais cœur intact
Chronique Les Débrouillards (collaboration avec Agence Science-Presse)

Tu aimes te dépasser ? Les handicapés intellectuels aussi ! Vois comment ils aident avec cœur des jeunes déficients d’Haïti.

Cap vers les Antilles
C’est quoi, l’Arche ? C’est une communauté qui offre aux personnes handicapées intellectuellement un foyer où elles se sentent appréciées et utiles. À l’Arche Carrefour d’Haïti, tout le monde travaille ensemble, dans un atelier, selon ses capacités. On y fait du mamba, c’est-à-dire du beurre d’arachides. Certains écalent les cacahuètes, d’autres les torréfient dans une barrique au-dessus d’un feu de charbon, d’autres les broient à l’aide d’un moulin. On produit aussi du miel, du maïs et on élève de petits animaux. De quoi occuper tout le monde et gagner un peu d’argent.

Les plus jeunes fréquentent l’école «Cœurs contents». La classe de l’Arche est aussi ouverte aux enfants du quartier. Chacun apprend à son rythme.

Une famille pour Ismaël
Il y a quelques années, le curé a trouvé un enfant de 4 ou 5 ans abandonné. On l’a tout de suite accueilli à l’Arche Carrefour. Ismaël souffre de paralysie cérébrale. Il ne parle pas, ne marche pas, mais il voit et entend tout. Aujourd’hui âgé d’une dizaine d’années, il sait manger seul. Et surtout, il a découvert une famille.

Québec ♥ Haïti
Haïti est un des pays les plus pauvres du monde. Les deux Arches du pays manquent d’argent pour s’occuper de leurs 65 pensionnaires. C’est pourquoi les huit communautés de l’arche du Québec leur viennent en aide.

«Cette année, nous avons fait deux activités pour Haïti, relate Marie-Josée Hardy, qui réside au foyer La Moisson, de l’Arche Mauricie. D’abord, une vente de t-shirts. Comme dessin, on a choisi deux bateaux avec des gens qui se donnent la main. Cela représente les deux arches du Québec et d’Haïti qui s’entraident. On les a tous vendus !»

Ensuite, les pensionnaires ont organisé une vente de garage, qui a très bien marché. «On a aussi fabriqué des tirelires pour chacun des trois foyers de l’Arche Mauricie et à l’Atelier, dit Marie-Josée. Pendant toute l’année, les gens donnent. Tout va à Haïti.»

L’Arche est une organisation internationale fondée en 1964 par le Canadien Jean Vanier. Il voulait sortir les personnes ayant une déficience intellectuelle de l’oubli et de l’indifférence. Il existe aujourd’hui plus de 130 communautés de l’Arche, dans une trentaine de pays. Leurs 5 000 membres forment de véritables petites familles. L’entraide est un principe fondamental de l’Arche et plusieurs pays du Sud sont jumelés à des pays du Nord, comme Haïti et le Québec.

On compte au Québec 224 000 personnes ayant une déficience intellectuelle. Les huit communautés de l’Arche en accueillent 123.

Haïti en bref
Superficie : 28 000 km2
Population : 8,5 millions d’habitants (Québec : 7,6 millions)
Capitale : Port-au-Prince
Espérance de vie : 52 ans (80 ans au Canada)
Haïti occupe la partie ouest de l’île d’Hispaniola, dans la mer des Antilles. Haïti est le moins développé des pays des Amériques : sept habitants sur dix vivent sous le seuil de la pauvreté.

Régime enregistré d’épargne retraite (REER) et la Banque Nationale

Notre organisme intervient auprès de jeunes marginalisés. Notre personnel accepte de travailler dans des conditions plus difficiles que dans l’entreprise privée. Le salaire est moins élevé, il faut souvent se débrouiller avec moins d’équipement, moins de personnel et il faut travailler plus fort.

Il est vrai que pour certains employés, ils viennent chercher une expérience de travail qui leur permettra de se trouver un emploi fort intéressant. Pour d’autres, la passion des jeunes, la volonté de faire une différence pour certains jeunes, l’intérêt d’aider la société à voir les choses sous un autre angle, les amènent à continuer de s’impliquer dans l’organisme.

Pour ces employés, notre organisme veut les soutenir dans leur continuité. Nous ne pouvons offrir toutes les assurances et avantages sociaux que les grandes entreprises peuvent offrir. Nous tenons cependant à cotiser à un régime enregistré d’épargne retraite (REER) au nom de l’employé. Qu’il continue ou non chez nous, nous espérons qu’il conservera cette discipline.

Débuté jeune, les argents placés dans un REER permettent, avec un montant minime, de garantir d’avoir les fonds nécessaires à la retraite pour subvenir à nos besoins. Mais voilà que cette bonne intention n’est pas facile à gérer avec les institutions financières. Un montant régulier hebdomadaire n’est pas suffisant pour ouvrir un compte. Certaines banques exigent un premier versement de 500$ pour ouvrir un compte REER.

D’autres institutions, comme ING, ne sont pas reconnu ni par les Caisses Desjardins, ni par la Banque Nationale pour que l’on puisse faire des transferts à cette institution. Pour un régime collectif, les Caisses Desjardins exigent des versements hebdomadaires plus grand que l’ensemble des cotisations que notre organisme est prêt à faire à ses employés.

Nous allons trouver une façon de faire pour contourner toutes les exigences de ces banques. Mais je suis surpris qu’il y ait tant d’embûches. Les REER de nos employés vont grossir rapidement. La constance et la fidélité de l’organisme dans cette préparation à la retraite de nos employés est un placement long terme pour la banque. Cela leur permet d’assurer des placements qui seront substanciels avec les années.

Au lieu de nous dérouler le tapis rouge et de vouloir s’arracher notre clientèle, voilà que les banques font leur difficile et ont toutes sortes d’exigences. Je comprends que pour rester en affaire nous devions rationaliser les opérations. Mais il y a un minimum de rationalisation dans le service à la clientèle qui peut être acceptable. Vis-à-vis une banque, je me sens comme un numéro, un cas problème, un moins que rien qui dérange. Pourtant, je suis un client et ces banques font de l’argent avec nous.

Voter pour ce texte.

Crise et croissance d’un organisme

Que ce soit une entreprise privée ou un organisme communautaire, la croissance passe par différentes périodes de crise.

N’oublions pas que le mot “crise” vient du grec et veut dire “changement”. Comme un adolescent qui tente de devenir adulte, l’organisme passe par des crises existencielles qui causent des tensions intenses. On ne peut se permettre de demeurer constamment en crise. Cela demande beaucoup d’énergie. On risque d’épuiser son personnel et ses partenaires.

Deux choix s’offrent à nous. D’une part, réduire la taille de l’organisme et oublier le potentiel de croissance que l’organisme possède. Un choix difficilement acceptable pour des batisseurs. En plus, il existe un dicton dans le milieu des affaires qui dit que de rester sur place c’est reculer. Parce que le marché dans lequel vous évoluez continue de s’ajuster.

D’autre part, c’est trouver les moyens et les outils pour traverser cette crise et passer à une autre étape. Plusieurs entreprises ont échoué le test. Il y a là un véritable choc des cultures dont il faut être conscient, un changement de mentalité qu’il faut adopter.

C’est à un nouvel administrateur du Journal de la Rue, M. Marc De Roussan, que je dois une meilleure compréhension de ce passage de la crise. Merci bien pour vos éclaircissements.

Un organisme va croître avec les batisseurs qui l’ont mis au monde. La croissance de l’organisme fait augmenter les charges de travail des pionniers de l’entreprise. Il faut plus de personnel pour tout faire, donc plus de budget. L’organisme qui était rentable avec une personne généraliste qui faisait tout peut perdre sa rentabilité en engageant trop de personnel pour faire le travail.

Premier dilemne. Les pionniers de l’entreprise l’ont vu grandir. Ils en maîtrisent tous les rouages. La taille de l’entreprise rend impossible de trouver une personne capable de remplacer le fondateur et de faire tout ce qu’il fait. Autre problème. L’entreprise n’a pas encore les budgets et les outils nécessaires à l’embauche de spécialistes qui vont prendre en main chacune des fonctions du fondateur.

Cette pédiode fragilise l’entreprise. C’est la période de crise ou l’embauche de nouveaux employés n’est pas facile. Il n’y a pas encore suffisamment de travail pour un spécialiste qui ne fait qu’une fonction. Il faut créer des postes de travail temporaire ou le nouvel employé devra assumer plusieurs définitions de tâches avant d’en arriver éventuellement à une phase ou il pourra exercer à plein temps une fonction bien précise. Il faut donc rechercher les futurs spécialistes de l’entreprise qui sont, pour l’instant, versatiles et flexibles. Capable de s’adapter dans un environnement de travail qui va changer pendant un certain temps.

Les fondateurs de l’entreprise doivent être ouvert d’esprit. L’organisme va changer. Les anciennes procédures, les anciennes façons de faire vont soient disparaître, soient être modifiées de fond en comble. Ce qui était vrai hier ne le sera plus demain. Il faut se poser de nouvelles questions. Dans les habitudes de travail que nous avons développé, qu’est-ce qui fait parti intégrante de l’essence de l’organisme, qu’est-ce qui peut être rajeuni?…

Les nouveaus employés devront aussi être ouvert d’esprit. On ne peut tout mettre à la poubelle du revers de la main. Et tout ne pourra pas être changé en même temps. Il faut se donner un agenda, décider ensemble des priorités de changement, vers quoi on veut tendre… Il faut analyser chaque procédures, chaque tâche et la redéfinir. Les repères n’existent pas encore. Cela va prendre beaucoup de complicité entre les vieux meubles de l’entreprise et les nouveaux qui veulent y faire leur place.

Dans le plan d’action qui sera réalisé, les fondateurs devront accepter de lâcher-prise sur certaines fonctions et procédures. Les nouveaux employés devront accepter que certains changements, jugés non prioritaires, ne seront pas réalisés à court terme.

Les crises de croissance d’un organisme demandent beaucoup d’acceptation de part et d’autres, beaucoup d’ouverture d’esprit et beaucoup de communication. L’équipe de travail se retrouvent pendant une période de temps à négocier l’espace des anciens et l’espace des nouveaux.

Qui va faire quoi, comment, avec quel budget et pour atteindre quels objectifs? Une remise en question constante qu’il ne faut pas négliger.

Les coûts communautaires de Norbourg, Enron et autres fraudes

Je n’aurai pas imaginé que les fraudes telles Enron ou Norbourg aurait pu influencer un organisme communautaire comme le nôtre. Notre vérificateur externe vient de nous aviser que, dû aux différentes fraudes qu’il y a eu, les normes de vérification comptable seront plus sévères pour l’an prochain. Cela veut dire des coûts de vérification supplémentaires. Cette augmentation des coûts me fait peur. Le comptable va nous faire parvenir un estimé de la prochaine facture. Il nous a cependant avisé que nous devrions envisager de ne plus avoir des états financiers vérifiés, car l’augmentation va être très salée.

Les fraudes de ces grandes entreprises n’auront pas fait des victimes qu’au sein d’investisseurs. Elles viennent même affecter de petits organismes communautaires!

Privatisation de la santé, Claude Castonguay, Québec solidaires et  Arnold Relman

Dans le blogue de Cent papiers, Michel Monette nous mentionne que Claude Castonguay va recevoir de la part de Québec solidaire : un ouvrage publié par Arnold Relman, professeur émérite à la Harvard Medical School et ex-éditeur en chef du New England Journal of Medicine.

M. Relman est on ne peut plus clair: laisser les entreprises à but lucratif s’emparer de notre système de santé équivaut à lui injecter du poison. “la plupart, sinon la totalité, des problèmes que connaît actuellement le système de soins de santé des États-Unis, et ils sont nombreux, résultent de l’empiétement croissant des entreprises privées à but lucratif et des marchés concurrentiels sur un secteur de notre vie nationale qui est à juste titre du domaine public”.

Les assureurs privés sont entrés dans le système de santé américain au début des années 1990. Le résultat ne s’est pas fait attendre : les coûts ont été gonflés de frais administratifs se situant entre 15 et 30 p. 100 du coût total des assurances.

De notre côté, notre magazine Reflet de Société a fait une série de reportage sur la question des moyens alternatifs en matière de santé. Nous sommes étonné que les différents ministre de la Santé ne veulent pas envisager ces moyens qui ont fait leur preuve depuis près d’un quart de siècle.

Les coopératives de santé ont démontré qu’elles peuvent baisser les coûts d’intervention et faire une prévention efficace. Il existe des rapports de recherche qui ont été réalisé dans l’ouest du Canada démontrant les avantages des coopératives de santé.

Jonquière Médic est un autre projet intéressant existant depuis plus de 25 ans. Jonquière Médic offre, au Saguenay, des médecins à domicile. Au lieu d’engorger les urgences, les gens peuvent demeurer à la maison en attendant la visite du médecin. Ce système s’autofinance et est un bel exemple de prise en charge par le milieu.

Nous avons demandé depuis près de 2 ans à M. Philippe Couillard une entrevue pour expliquer la position du ministère de la Santé sur la santé alternative au Québec. Nous n’avons pas réussi à avoir une date d’entrevue qui est toujours repoussé de semestre en semestre.

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/11/le-systeme-de-sante/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/25/un-medecin-recalcitrant/

La mort de Dominic Arpin le blogueur

Lettre ouverte à Dominic Arpin 

La blogosphère vit un deuil. Je venais à peine de commencer à suivre ton blogue. J’avais fait un lien sur mon blogue pour présenter le tien. Au moment ou tu annonces ton départ et la fermeture de ton blogue, j’avais mis la mention “Il y a des blogueurs que l’on sait qu’ils vont bloguer”. Comme quoi j’avais pris pour acquis ta présence dans la bloguosphère.

Tu as été une inspiration pour mon blogue et celui de mon organisme. Une drogue que tu m’as partagée.

Je ne suis pas un grand savant des nouvelles technologies. Je ne maîtrise pas encore toutes les fonctionnalités. Après 1 an et demi à bloguer, je commence à peine à comprendre comment ça marche. Et voilà que tu nous quittes pour d’autres technologies. J’ai ma page dans Facebook. Mais je ne sais même pas comment ça marche. J’en ai sûrement pour quelques années avant de m’y sentir à l’aise.

Je peux comprendre toute l’énergie qu’un blogue peut demander. Moi-même, il m’arrive parfois de me dire que je pourrais profiter de quelques heures de plus de sommeil à chaque jour. Ébranlé par l’émotion que je vis par ce deuil que tu me fais vivre, je ne prendrais pas de décision pour l’instant. Je suis trop en état de choc.

Je te remercie pour l’inspiration que tu as été. Je te souhaite une bonne continuation dans ton nouveau monde.

Jeunes, bénévolat et gang de rue

Je viens de lire le blogue de Folliculaire sur le bénévolat. Une vision intéressante qui nous montre que les jeunes ne sont pas que des membres de gangs de rue, des alcooliques, toxicomanes et autres.

Pour les jeunes, le bénévolat est une implication et une présence importante dans notre société. En étant bénévole dans un milieu donné, le jeune expérimente sa citoyenneté, crée des relations, socialise, se trouve un milieu d’appartenance… On ne peut sous estimer l’importance d’avoir un milieu d’appartenance. C’est la meilleure façon de faire de la prévention aux gangs de rue. C’est souvent par défaut que les jeunes se retrouvent intéressés ou attirés par les gangs de rue. Les jeunes ont besoin d’appartenir à un milieu et d’y évoluer.

Le bénévolat n’est pas juste une présence continue dans un milieu de vie. C’est un état d’esprit. Aider une vieille dame à traverser la rue, balayer le trottoir devant sa résidence… ce sont aussi des façons de faire du bénévolat, ponctuel, à notre rythme, au hasard des rencontres.

DVD sur la promotion du bénévolat.

Éducaloi et les jeunes 

Hier matin, j’ai assisté à l’inauguration d’un nouveau site internet d’Éducaloi. Éducaloi est un organisme à but non lucratif qui vise un accès plus facile aux rudiments du monde de la justice et de la loi pour les gens de tous les milieux. Une cause que je trouve fort défendable, vu les minces connaissances que nous avons de nos droits aujourd’hui, et vu l’importance qu’ils peuvent avoir dans la vie de tous les jours.

C’est pour le lancement de Carrières en justice, un outil web qu’Éducaloi vient de créer avec de nombreux collaborateurs, que plusieurs personnes ont été convoquées hier à la Cour d’appel du Québec. Carrières en justice se veut une source d’information pour les jeunes qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur une profession quelconque qui gravite autour du monde de la justice.

C’est sur le site www.jeunepourjeunes.com qu’on peut retrouver cette nouveauté d’Éducaloi. Tout y a été adapté pour que le jeune se sente concerné. Et pour qu’il s’y plaise surtout, ce qui n’est pas peu dire, car comme le faisait remarquer hier le juge en chef du Québec, l’honorable J.J. Michel Robert, les jeunes ont souvent une opinion négative du monde de la justice, et ont besoin de se faire prouver le contraire.

Allez voir ça : www.jeunepourjeunes.com 

                        www.educaloi.qc.ca

Gabriel

Micro Crédit : Quand les banques disent non…

Morgane Lapeyre, volume 15 no 6, août 2007

Fondé sur les principes de solidarité et de réciprocité, le micro crédit était originellement destiné à enrayer la pauvreté dans les milieux ruraux, bidonvilles et quartiers défavorisés des pays en développement. Ce concept ingénieux, qui consiste à prêter aux petits entrepreneurs à risque, doit son succès et sa popularité au fondateur de la Banque Grameen au Bangladesh et prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. De nombreux pays industrialisés s’en sont ensuite inspirés. Au Québec, les exclus du système bancaire traditionnel peuvent, depuis maintenant 20 ans, adresser leurs demandes à 22 organismes d’emprunt communautaire.

Travailleurs autonomes ou propriétaires de petites entreprises, ils ont un historique de crédit négatif ou n’ont pas d’antécédents de crédit. D’autres sont au chômage ou travaillent à temps partiel. Ils représentent une clientèle précaire et donc un risque financier aux yeux des banques traditionnelles, qui refusent par conséquent de leur accorder un prêt. Cet argument est toutefois contestable, puisque le taux de remboursement est d’environ 90 % dans le secteur de la micro finance.

Au Québec, les institutions de micro crédit sont connues sous le nom d’organismes de crédit communautaires. Financés par la communauté et non par des organisations financières internationales ou des ONG, ils pallient le manquement des banques conventionnelles en offrant une aide technique et financière à une clientèle marginalisée. À leurs yeux, chacun a un potentiel et personne ne devrait être limité dans la réalisation de ses projets.

Dans les pays émergents, 50 $ suffisent à acheter l’engrais ou les machines nécessaires pour augmenter le rendement de la production agricole ou établir un commerce. Au Québec, les prêts varient entre 3 000 $ et 20 000 $. Divergence de pouvoir d’achat oblige.

Chacun sa clientèle

Le Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC) rassemble les fonds et cercles d’emprunt qui sont à l’origine de sa création. Ils partagent les mêmes valeurs et se sont donc regroupés “pour se donner une force”, selon la coordinatrice du réseau, Lucie Villeneuve. Leur clientèle et leurs modalités de remboursement sont toutefois différentes.

La mission d’un cercle d’emprunt est d’apprendre à ses membres comment développer un projet d’entreprise à partir d’une idée. Les prêts n’excèdent pas 5000 $ et la période de remboursement se limite à trois ans. Un fonds d’emprunt s’adresse au contraire à des entrepreneurs ayant déjà une ébauche d’un plan d’affaires, voire un projet élaboré. Les conseillers du Fonds les accompagnent dans leur démarche et les prêts concédés atteignent 20 000 $.

Le Réseau effectue un travail de coordination entre ses membres et négocie avec le gouvernement pour obtenir des subventions. Il a également comme fonction de faire connaître le crédit communautaire pour que les organismes soient reconnus au même titre que d’autres institutions financières.

Viabilité avant tout

Le principal critère d’admissibilité est la “viabilité raisonnable du projet”, explique Jean Desbiens. Leur clientèle subit diverses formes d’exclusion sociale et économique, notamment parce que leur situation professionnelle est instable. Aux yeux des conseillers, les projets retenus doivent être irréprochables. “Nous sommes très exigeants dans la mesure où ces personnes sont déjà en situation d’échec.”

Faire faillite risquerait d’augmenter leur sentiment d’insuccès. D’autre part, 70 % des personnes qui se présentent auprès de l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) n’auraient pas de plan d’affaires, note Yasmine Nacro, conseillère au suivi et soutien des entreprises au sein de l’organisme.

“Il y a cependant encore trop de refus”, estime Jean Desbiens. La forte sélection des projets d’entreprise est toutefois justifiée puisqu’elle assurerait le succès des nouvelles entreprises parrainées par le Fonds. Les conseillers évaluent le potentiel de gestion des entrepreneurs et jugent ainsi de la nécessité de leur offrir une formation de 30 heures échelonnée sur 6 semaines.

Cette formation initiale comprend l’utilisation d’outils informatiques, des cours de marketing et de comptabilité, précise-t-il. Ils apprennent par exemple à faire une étude de marché et à réaliser un budget. Par la suite, ils peuvent participer à des ateliers sur les techniques de planification publicitaire et budgétaire. Les membres bénéficient également d’un suivi régulier et individualisé, une particularité des organismes de crédit communautaire.

Clé du succès

Les exigences et la rigueur des conseillers financiers garantissent un taux de remboursement élevé. Le bon fonctionnement des fonds et cercles d’emprunt s’explique également par le lien de confiance entre les investisseurs, les conseillers et leurs débiteurs. Chaque organisme repose sur le soutien financier de nombreux investisseurs, tels des syndicats, des communautés religieuses ou encore des caisses Desjardins.

Les organismes de micro crédit peuvent prêter à une clientèle à risque, puisque leur taux d’intérêt est plus élevé que celui des banques traditionnelles. S’il est inacceptable pour eux qu’une clientèle à risque soit condamnée à vivre dans la précarité, il est parfois difficile de proposer une alternative raisonnable aux 6 % de projets qui échouent. Ces organismes doivent donc assurer leurs arrières et compenser pour les prêts non remboursés.

Le Fonds d’emprunt communautaire de Québec aurait ainsi contribué à la mise sur pied d’une soixantaine d’entreprises depuis sa création en 1997, d’après Jean Desbiens. Le secteur d’activité le plus exploité est celui de l’artisanat.

Yasmine Nacro explique que les seuls projets non admissibles sont les franchises, les cybercommerces ainsi que le secteur des nouvelles technologies. Dans le cas des cybercommerces, les clients pourraient se retrouver impliqués dans des situations de fraude, et le fonds, être involontairement complice, dit-elle. Quant aux nouvelles technologies, cela demanderait trop de ressources.

Desjardins fait fructifier la petite entreprise

Le partenariat entre le RQCC et le Conseil des représentants des caisses Desjardins de Québec Est, qui regroupe les présidents de chacune des 18 caisses de la région, remonte à 2002. Les deux parties s’étaient alors rencontrées pour discuter d’un projet d’alliance visant à soutenir le micro crédit au Québec. L’entente prévoit notamment le versement annuel de 75 000 $ aux organismes de crédit communautaire.

En laissant libre choix aux caisses régionales d’apporter un soutien financier à ses organismes, le Mouvement Desjardins rejoint indirectement une clientèle à risque et favorise le développement économique régional. Outre leur volonté de s’impliquer, les caisses doivent cependant être en mesure de prêter sans intérêt aux fonds et cercles d’emprunt communautaire.

Les caisses participantes offrent un volet capitalisation aux institutions de crédit communautaire locales. Leur rentabilité financière leur permet de partager leurs excédents annuels après impôts entre les ristournes individuelles aux membres et les ristournes collectives, c’est-à-dire destinées à la communauté. En 2006, environ 55% des excédents de l’ensemble de ces caisses auraient ainsi été versés à la collectivité.

Ce produit de solidarité Desjardins a son équivalent international, Développement international Desjardins. Fondé en 1997, son mandat consiste à donner aux communautés locales des pays en voie de développement les moyens de gérer de manière autonome leurs caisses d’épargne collective à travers la création d’une expertise locale et la mise en place de coopératives.

Autres textes sur l’environnement.

Donnez-moi de l’oxygèneClaire Gaillard, Volume 15 no 6, août 2007.

Ce qui devait être l’un des plus beaux jours de l’existence de Rémi (nom fictif) a été le premier d’un long chemin de croix. Après la naissance de sa fille, sa conjointe, victime d’une dépression post-partum, se laisse complètement aller, s’en prend à lui et ne s’occupe pas du bébé. Elle devient incontrôlable et imprévisible. Le quotidien de Rémi bascule et la famille dont il avait toujours rêvé vit au rythme de la violence.

L’homme de 32 ans est alors soudeur et monteur de structure. “Je gagnais bien ma vie. Je m’enlignais pour acheter une maison avec ma femme et on voulait fonder une famille.” Le couple a mûri sa décision pendant 5 ans avant de faire un enfant. La mère refuse cependant de prendre le nouveau-né dans ses bras et de s’en occuper. Le personnel médical finit par signaler son cas à la DPJ pour négligence d’enfant. “Il a fallu que je leur garantisse que j’allais être très présent pour m’occuper de ma fille, rapporte Rémi. À partir de là, ç’a été la descente aux enfers.”

Sa copine refuse toute aide. Son comportement entraîne la séparation du couple en 2005. “Elle n’arrêtait pas de sauter sa coche, elle négligeait la petite, mais ne voulait pas vraiment que je m’en occupe. Elle la disputait tout le temps. Elle pitchait des affaires partout à travers la pièce. Il fallait que j’envoie la petite chez ma mère ou qu’on aille se réfugier dans les toilettes”, confie Rémi.

“Une enfant, c’est un travail à temps plein. Ç’a beaucoup perturbé mon travail, j’étais trop absent et j’ai fini par perdre ma job. Toutes celles que je retrouvais, je les perdais. Je suis tombé sur le bien-être social.” Sa conjointe ne travaillant pas, leur situation financière se détériore rapidement, tout comme l’ambiance à la maison.

La famille connaît une courte période d’accalmie lorsque la mère est diagnostiquée dépressive et qu’on lui prescrit un traitement. “Elle a fini par mélanger alcool et médicaments. Finalement, les choses sont devenues pires. Elle ne s’occupait jamais de la petite. Elle était toujours saoule ou gelée.”

Entre temps, le couple avait dû accueillir un colocataire avec qui la conjointe de Rémi a entamé une relation. “Les deux ont commencé à m’écœurer, à rire de moi sans arrêt, à me provoquer en me demandant sans arrêt “t’es jaloux, hein ?”. C’était de la violence psychologique, mais ça fait mal pareil, remarque Rémi. Ils voulaient que j’explose, que je m’énerve. J’ai tout fait pour ne pas craquer… Alors, je pleurais dans ma chambre.”

En plus du harcèlement moral, Rémi a reçu des coups, il a eu plusieurs doigts cassés et a subi des crises nerveuses, hurlements et autres objets qui volaient dans sa direction. “Un jour, elle a voulu me lancer une bouteille de liqueur dans la face, raconte-t-il, mais c’est ma fille qui l’a reçu. Ça lui a ouvert le front.”

Peu après Noël, “elle a voulu m’assommer avec une bouteille de champagne vide devant la petite, raconte Rémi. Je l’ai maîtrisée sur le lit et menacée de porter plainte”. Quelques jours plus tard, sa conjointe part vivre dans la famille de son nouvel amoureux. “Elle est partie avec l’argent du loyer et son nouveau chum m’appelait tout le temps pour me menacer. J’ai gardé les messages et j’ai appelé la police. Mais ma copine a tout retourné contre moi et a porté plainte pour violence conjugale. C’est ce dont j’avais toujours eu peur, poursuit-il. J’aurais dû tout dénoncer avant, mais les lois ne sont pas faites pour les hommes. C’était sa parole contre la mienne. Pourquoi appeler si on sait qu’on fera rire de soi?” Rémi obtient finalement la garde de sa fille, traumatisée par les événements. Encore plus pauvre qu’avant, il perd cependant son logement et mettra trois mois à récupérer les allocations familiales adressées au nom de sa femme.

Rémi et sa fille seront hébergés, dans des conditions sommaires, chez plusieurs membres de la famille. Il s’adresse à un CLSC pour trouver de l’aide. On le redirige vers la Maison Oxygène, rare ressource pour les hommes avec enfants en difficulté. “Aujourd’hui, je regagne ma tranquillité. Ma fille va commencer l’école en septembre, ce qui me permettra de recommencer à travailler. J’ai bien hâte. Mais, toute cette histoire, c’est quand même 9 ans d’efforts scrappés. J’y ai perdu tous mes rêves.”

Oh maman blues !Les femmes sont fréquemment atteintes d’instabilité émotionnelle durant les premiers jours qui suivent une naissance. Cet état passager, communément appelé baby-blues, est provoqué par un changement hormonal brutal. La dépression post-partum, ou dépression postnatale, fait également suite à l’accouchement, mais s’avère beaucoup plus profonde et durable. Il s’agit pourtant d’un phénomène encore assez méconnu. Selon l’Association canadienne de santé mentale, “les femmes qui en sont atteintes éprouvent les symptômes suivants: découragement, tendance à pleurer constamment, sentiment de ne pas être à la hauteur, culpabilité, anxiété, irritabilité et fatigue. Les symptômes physiques comprennent des maux de tête, de l’engourdissement, des douleurs thoraciques et de l’hyperventilation. Une femme souffrant d’une dépression post-partum peut éprouver des sentiments d’ambivalence, de négativité ou de désintérêt envers son enfant.”

Maison Oxygène: www.cafaho.org/heberge.htm ou 514-523-9283

Des hommes d’affaires donnent au suivant

Charles Messier, Volume 15 no 3, février 2007Cet automne, Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont concrétisé leur projet de bénévolat d’affaires, une idée qui est née il y a deux ans. Près d’une centaine de gens d’affaires ont jusqu’à maintenant offert leurs services à plus d’une vingtaine d’organismes à but non lucratif qui œuvrent dans les domaines culturel, social, environnemental, de la santé, etc.

“J’ai mon bureau en haut d’une tour, d’où je vois le monde à l’envers, d’où je contrôle mon univers.” Les bénévoles d’affaires qu’Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont réunis pour donner un coup de main à des organismes de la grande région de Montréal ne fredonnent pas ces paroles du “Blues du businessman”. Plutôt que d’être seuls en haut de leur tour, ils en descendent pour venir appuyer les causes qui leur tiennent à cœur.

 

Les tâches qu’ils effectuent sont intimement liées à leurs forces dans leur vie professionnelle, comme siéger à des conseils d’administration, élaborer des plans d’affaires et offrir des conseils relatifs à la gestion des ressources humaines.

Depuis le lancement de leurs activités, l’intérêt suscité est surprenant, selon Ugo Dionne. À la suite d’un article paru en novembre dans un quotidien montréalais, la responsable de l’administration de l’organisme aurait reçu en une seule journée des dizaines d’appels de gens d’affaires pour proposer leur service. Certains, de Granby et de Québec notamment, auraient même manifesté leur désir d’élargir à leur région le rayonnement de Bénévoles d’affaires, qui cible actuellement la grande région de Montréal.

Avant de lancer officiellement le projet, Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort l’ont élaboré pendant deux ans. Pendant cette période, leur travail a consisté principalement à réunir plusieurs partenaires financiers, médias, de services et des partenaires qui les ont conseillés relativement à l’action bénévole. Ils ont ainsi amassé suffisamment de fonds pour s’assurer de rémunérer pendant une année une employée qui travaille à temps plein. Ils aussi ont obtenu un bureau équipé de tout le matériel nécessaire, ce qui lui permet d’être le plus efficace possible.

L’utile ou l’agréable?

Devant l’enthousiasme des gens d’affaires, Ugo Dionne pense déjà à engager une deuxième personne l’an prochain. Selon lui, le bénévolat leur permet bien sûr d’élargir leur réseau de contacts et, parfois, de dorer leur image, mais il demeure persuadé que le nouvel organisme répond surtout à leur besoin d’aider la collectivité en mettant à profit une expertise qui coûte habituellement très cher à leurs clients. Ils allient ainsi l’utile à l’agréable. “Tout le monde gagne”, résume Ugo Dionne.

Lui-même entrepreneur, il croit que, même si certains ne s’impliquent pas “pour les bonnes raisons”, les organismes pour lesquels ils œuvrent sont tout de même gagnants au bout de la ligne. Il pense cependant que la meilleure façon d’être persuadé que les bénévoles le fassent d’abord par altruisme est de leur proposer de travailler pour des causes qui leur tiennent à cœur. “On s’assure aussi que l’organisme a besoin de leur expertise et de leur expérience.” Ils ont ainsi le sentiment d’être réellement utiles.

Bénévoles d’affaires?

Pourquoi avoir mis sur pied Bénévoles d’affaires alors que d’autres organismes accueillent déjà des bénévoles de tous les horizons? “Les gens d’affaires, pour se sentir interpellés, doivent avoir un service qui leur parle directement, et qui ne fait que ça”, explique Ugo Dionne. Pendant les deux années qu’il a passées à élaborer le projet avec Marie-Pierre Dufort, il a d’ailleurs rencontré le Centre d’action bénévole de Montréal, qui s’est réjoui de leur initiative. “Eux, ça n’a pas marché il y a 15 ans. Ça n’a pas pris, parce que les tâches proposées ne sont pas assez liées à leur expertise. On est donc complémentaire.”

Lien Internet: www.benevolesdaffaires.org

Le Cirque du Soleil réinvente le communautaire avec One drop

Comme plusieurs organismes communautaires, le Journal de la Rue et son projet le Café-Graffiti, recevait à chaque année un petit montant du Cirque du Soleil pour nous soutenir dans nos projets auprès des jeunes.

Cette année, quelque chose de différent s’est passé. Au lieu d’un chèque avec une note de continuer notre bon travail, nous avons reçu une lettre mentionnant que le Cirque du Soleil va cesser de soutenir le communautaire pour favoriser un nouveau projet qui lui tient à coeur, la fondation One drop.

Au lieu d’envoyer des miettes un peu partout, Guy Laliberté préfère réunir cet argent et réaliser un projet plus gros et plus solide. Même si nous perdons un commanditaire qui nous avait été fidèle depuis plusieurs années, je tiens à féliciter M. Guy Laliberté et le Cirque du Soleil pour leur nouvelle orientation.

Depuis quelques années, nous voyons de plus en plus des fondations et des mécènes créer leur propre fondation et se lancer dans l’action communautaire. Les années 60 auront été les années où le Québec a sorti de sa noirceur économique avec les Péladeau, Bombardier, Chagnon, Jean Coutu, Lamarre, Lemaire et compagnie. Les années 90 ont été le début d’un Québec culturel international avec le Cirque du soleil, Céline Dion…

Avec le passage de l’an 2000, c’est au tour du communautaire de se faire réformer. Dans les années 60, nous avions un communautaire religieux qui se terminait, remplacé par un communautaire d’état. Avec le désengagement des différents paliers de gouvernement vis-à-vis le communautaire, l’arrivée des grandes fondations qui s’impliquent directement sur le terrain pour réaliser des projets structurants et efficaces va donner une nouvelle vision du communautaire.

Plusieurs organismes ne réussiront pas à s’adapter à cette nouvelle stratégie. Certains vont devoir fermer. D’autres vont réussir à se définir une nouvelle complicité et un partenariat avec ces grandes fondations.

Il y a avantages et désavantages à cette nouvelle orientation communautaire. D’un côté, les causes qui seront soutenus par les grandes fondations seront mieux servi. À tous les niveaux, autant financièrement, que politiquement. De l’autre, les causes orphelines, celles qui ne trouvent pas preneurs risquent d’être sous-financé et de disparaître. Pour les régions, l’impact risquent d’être pire. Une grande fondation sera-t-elle intéressée à s’impliquer dans l’aide et le soutien de deux jeunes marginaux à l’autre bout du Québec?

Le Québec va-t-il trouver un nouvel équilibre communautaire avec ses nouveaux joueurs? De notre côté, nous sommes en réflexion sur l’aide que nous pourrons apporter aux organismes délaissés. Nous voulons tenter d’être le chainon manquant entre les grandes fondations et les petites actions terrains.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/09/25/guy-laliberte-et-le-cirque-du-soleil-prix-nobel-de-la-paix/

France Labelle  et Dan Bigras du Refuge des jeunes et une recherche de Christian Levac sur les jeunes de la rue

Dans le Journal le Plateau du 28 janvier dernier, nous pouvions lire un article sur le lancement de la recherche de Christian Levac, co-écrit avec France Labelle, directrice du Refuge des jeunes, un organisme qui offre soutient aux jeunes de la rue.

Une statistique qui en dit long, 86% des jeunes de la rue rencontrés lors de cette recherche ont été placés par les services sociaux et se retrouvent à la rue! De quoi questionner le soutien offert aux jeunes en difficultés par notre société.

Dan Bigras y questionne le comportement de la Ville de Montréal. “Alors que les ressources pour les jeunes se trouvent au centre-ville, la Ville de Montréal sort un règlement qui évince les jeunes des parcs et des lieux publics. On a demandé une commission parlementaire sur l’itinérance et ç’a été refusé par Québec.”

Là où je dois apporter un grain de sel est l’interprétation que nous pourrions faire des trois constats du chercheur Christian Levac: les jeunes ont vécu dans des familles instables, ils ont été stigmatisés à l’école ou ont vécu de la violence.

Dan Bigras est l’enfant de deux psychiatres, j’ai personnellement rencontré des enfants de riches commerçants, de professionnels… Et pourtant ces jeunes se retrouvent à la rue.

Dans les trois constats de Christian Levac et de France Labelle, se retrouve un mot très important “ou”. Il ne faut pas généraliser et considérer que les trois constats s’appliquent à tous les jeunes de la rue. Un seul suffit. Reste ensuite la définition que l’on donne à ces constats. Quel est le sens de famille instable? Que s’imagine-t-on quand on lance un tel constat?

On peut être pauvre et très stable. Et l’inverse est aussi vrai. Deux parents professionnels et riches à craquer, de bonne éducation peuvent se garocher des assiettes, se chicaner sans cesse et faire vivre une instabilité émotive à l’enfant.

Être stigmatisés à l’école peut se définir comme un élève en trouble d’apprentissage. Mais cela peut aussi être un élève placé dans une grosse école privée à qui l’on en demande trop. Celui-ci aurait bien réussir dans une école conventionnelle, mais être stigmatisé par une grosse école pour génie à l’autre bout du monde.

Reste maintenant la violence. Un batteur de femmes ou d’enfants est-il nécessairement quelqu’un de pauvre dans un quartier défavorisé? La violence verbale peut aussi