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Nanotechnologies: peu de certitudes, beaucoup d’inquiétudes
Binh An Vu Van - Agence Science-Presse

Les nanotechnologies sont arrivées: dans la nouvelle machine à laver de Samsung, le papier photo de Kodak, la crème solaire TiO2, Donny le chien un toutou antimicrobien, des chaussettes Lexon, les ustensiles de cuisine, les lentilles photographiques de Nikon, les boissons énergétiques, etc. En tout, en février 2008, on comptait déjà 606 produits en tout genre, contenant des nanoparticules, destinés aux consommateurs. Ces particules sont minuscules – de la taille des atomes, des brins d’ADN ou des virus – mais sont promises à une myriade d’applications. On les imagine saupoudrées par milliard pour radicalement transformer toutes les industries: électronique, médecine, pharmaceutique, matériaux et même alimentaire.

Pas étonnant donc que les nanotechnologies aient fait l’objet de plus d’une douzaine de présentations au récent congrès de l’Association for the Advancement of science à Boston. Et la discussion portant sur la façon de réguler l’avalanche à venir de produits nanotechnologiques sur le marché donne froid dans le dos à ceux qui y ont assisté. Car, bien que les nanotechnologies soient déjà chez le consommateur, on en connaît peu sur elles. «Nous ne savons pas encore s’il faut modifier la structure des législations actuelles, ni comment les modifier ou implémenter de nouvelles normes. Il y a trop d’inconnu», a admis Hermann Stamm de l’Institute for Health and Consumer Protection d’Italie devant une salle remplie de scientifiques et de journalistes. Comment veiller sur la santé des manufacturiers, des consommateurs et de l’environnement? «Il faudra répondre à trois questions avant de gérer les risques: quelles seront les caractéristiques de ces particules? Quelle est leur toxicité? Et dans quelles mesures serons-nous exposés?»

Mais en plus d’êtres nanoscopiques, les nanoparticules seront d’une diversité inimaginable; il suffit de penser à toutes les industries dans lesquelles elles interviendront. Cette diversité qui fait rêver d’applications extraordinaires est aussi la principale préoccupation des législateurs. Les nanoparticules seront manufacturées en toutes sortes de tailles, de matériaux (typiquement ce sont des métaux, des oxydes de métaux ou des nanotubes de carbone) et introduites à tout moment dans les chaînes de production. Certaines s’agglomèrent, se dissolvent ou changent de phase en passant du liquide au solide, d’autres agissent comme catalyseurs chimiques. Pour corser le tout, à l’échelle des atomes, les propriétés physico-chimiques sont imprévisibles.

En plus de caractériser ces molécules, il faudra connaître leurs effets sur notre santé. Car, elles pénètreront sans difficulté le corps humain, par la peau, les voies respiratoires, par ingestion. Elles sont si petites qu’elles peuvent infiltrer les organes, se brancher sur des protéines, se faire ingérer par des cellules et s’accumuler dans le corps.

Devant la nécessité de cette large collecte de données, Hermann Stamm a lancé un appel à une collaboration internationale: «C’est une tâche impossible sans la contribution de tous. Il faut établir des méthodes systématiques pour évaluer avec fiabilité les nouvelles nanoparticules, ce qui nécessitera des physiciens, des chimistes, des biologistes, etc.» Les chercheurs devront mettre les bouchées doubles pour ne pas perdre la confiance du citoyen, déjà échaudé par les OGM, le clonage et autres créations de la science.

Liste de tous les produits:
http://www.nanotechproject.org/inventories/consumer/

Dominic Arpin et Martin Petit… Vous m’inspirez!!!

Merci à toi Dominic. Merci à toi Martin.

Depuis quelques jours, je me questionne sur l’avenir des médias au Québec. En tout cas, au moins celui de Reflet de Société et de l’organisme qui le chapeaute, le Journal de la Rue et son projet Café-Graffiti. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis le directeur de l’organisme, le rédacteur en chef du magazine et le fondateur du Café-Graffiti.

Les abonnements à notre magazine Reflet de Société permettent de soutenir des projets pour les jeunes tels que le Café-Graffiti. Mais voilà que le prix du papier augmente de 6% au printemps, on prévoit une autre augmentation de 6% à l’automne, le timbre poste a augmenté de 5 sous en janvier dernier, le prix de l’essence qui continue de battre des records… On prévoit des baisses et peut-être même la disparition des subventions à l’aide journalistique. Même chose pour la subvention pour les frais d’envois postaux.

Juste de demeurer un média, sans avoir à financer un projet communautaire commence à être du sport. En passant, pour ceux qui pensent que je me plaint pour rien avec mon augmentation de 5 sous par envoie, il faut savoir que nous diffusons près de 500 000 exemplaires de notre magazine par année. Chaque 5 sous d’augmentation finissent par coûter cher.

Cela explique pourquoi depuis un certain temps, je travaille à diversifier nos sources de revenus. J’ai engagé plusieurs consultants pour nous aider dans cet objectif, mais ils ont fait choux blancs. Cela a occasionné des dépenses, mais aucun revenu.

Pour la vente de publicité, il y a transfert des budgets vers l’Internet. Les médias conventionnels attirent moins de publicité que l’Internet réussit à faire. J’ai donc décidé d’appeler quelques régies publicitaires pour nous représenter et vendre de la publicité sur nos blogues et nos sites Internet. Après tout, avec plus de 6 000 visiteurs par jour, on devrait être capable d’attirer quelques publicités.

La première régie publicitaire est spécialisé dans le monde des affaires. On en “fitte” pas dans leur décor. Peut-être à l’automne ou au printemps l’an prochain. On repassera, je n’ai pas le temps d’attendre. Une deuxième régie publicitaire me rappelle, prends quelques informations et ne me rappelle pas! Faut pas me laisser sans nouvelles trop longtemps. J’ai sûrement un profil un peu maniaque. Faut que ça bouge. Ma devise, quand tu fais du surplace, tu recules. Parce que les événements eux continuent d’avancer et à te rentrer dedans. La troisième régie publicitaire ne m’a pas encore retourné mon appel.

Bon! J’ai compris, on ne veut pas de mes 6 000 visiteurs par jour. Tant pis pour eux, quand ils se réveilleront, ils courreront après. Après tout, je ne suis pas intéressé à la publicité Google qui ne donne pas grand chose mais qui pollue les blogues et les sites. De plus, en tant qu’organisme communautaire, nous sommes très difficile sur qui pourrait s’annoncer avec nous. On en refuse plus qu’on peut en prendre.

C’est à ce stade que les constellations se sont enlignés. Je me suis souvenu de l’entrevue que Martin Petit m’avait donné. Il me disait avoir rempli une salle de spectacle avec seulement ses contacts Internet. Ensuite j’ai pensé à Dominic Arpin. Lors d’une conférence devant les relationnistes du Québec, Dominic mentionnait qu’il a décidé de faire cavalier seul et d’avoir son propre blogue, indépendant d’un média. Se vendre lui-même plûtot que de laisser le média le vendre et tout empocher.

Suite à mon délire d’hier soir sur l’avenir de la presse écrite, plus pour faire sourire les gens, j’ai fait un Internet-o-thon en présentant les abonnements du magazine. C’était un gag, une satire, la fin de mon délire, rien de plus. Mais aujourd’hui, je me ravise. Mon fort intérieur était plutôt visionnaire et il m’avait lancé un message pourtant clair, net et précis.

Pourquoi me casser la tête avec une régie publicitaire qui ne semble pas apprécier notre potentiel ou, encore pire, qui ne saurait pas comment nous vendre et à qui nous vendre. Nous n’avons qu’à faire comme Martin Petit et Dominic Arpin. Nous vendre nous-même. Pas vendre la publicité des autres, mais vendre nos propres produits sur nos sites et nos blogues.

Pour un organisme tel le nôtre, de vendre des abonnements à un magazine de réflexion sociale, vendre des documentaires sur l’implication bénévole, vendre des CD de musique des jeunes que nous accompagnons, des livres de cheminement personnel, des guides d’intervention auprès de personnes suicidaires, de joueurs compulsifs et même notre T-shirt à l’effigie du Café-Graffiti, rien de plus naturel. Pour les Internautes qui nous lisent et qui aiment ce que nous écrivons, ce n’est pas de la pollution publicitaire, c’est d’encourager un organisme communautaire dans son orientation en économie sociale et d’offrir des produits et services qui sont la continuité de ce que nous faisons.

Malgré que dans WordPress nous soyons limité dans l’affichage des publicités, nous avions déjà réussi à placer une bannière dans le haut des blogues. Cette bannière annonce les 4 sites de l’organisme. J’ai ensuite fait rajouter une publicité sur chaque côté. Présentement nous y annonçons 2 livres. Nous alternerons régulièrement les publicités pour y présenter l’ensemble de tout ce que nous faisons.

Et voilà ma dernière trouvaille d’hier. À la fin de mes billets apparaîtra une publicité. Elle sera annoncé en caractère gras: PUBLICITÉ. Celui qui ne voudra pas la lire n’aura qu’à arrêter de lire. Mais celui qui aura aimé nos textes, pourra y découvrir les produits et services que nous offrons.

Nous voilà donc dans notre auto-publicité. Nous sommes convaincu que cela sera beaucoup plus pertinent et rentable que les quelques sous qu’on offre pour les “clics” sur des annonces de n’importe quoi. Parce que même si les budgets commencent à se diriger vers l’Internet, les prix offerts pour tout le travail qu’on y fait est encore dérisoire.

Au plaisir de continuer à vous écrire. Au plaisir de vous présenter quelques publicités pertinentes.

PUBLICITÉ
2e journée de notre Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

CROCS prend une mordée au Québec!
Publié le 15 avril 2008

Les CROCS, vous connaissez? Ce sont des espèces de sandales en plastique munies de trous d’aérations un peu partout dans la chaussure. Pour un aperçu, cliquez ici.

L’idée, le concept vient de créateurs du Québec. Le produit a rapidement fait son bout de chemin à travers le monde pour sa simplicité, sa légèreté, son look bon enfant. En été, ils sont parfaits pour quelconque activité de plage. Dans les hôpitaux, il n’est pas rare de croiser une infirmière en porter.

L’entreprise, aujourd’hui entre les mains de propriétaires américains du Colorado, semble en vouloir particulièrement à sa famille créatrice, le Québec.

Un lieu culturel déchiqueté
Dans la capitale provinciale, sur la rue Saint-Jean, CROCS est propriétaire d’une boutique où on vent la fameuse chaussure ainsi que ses produits dérivés tous aussi ridicules les uns que les autres, allant de la chaussure de luxe à la botte de pluie. Jusqu’en janvier dernier, cette boutique avait comme voisin d’en haut un bar chansonnier dénommé Chez son Père. Un bar qui roulait sa bosse modestement depuis plus de 25 ans dans la capitale. Une boîte à chansons qui avait reçu les plus grands: Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Bob Walsh, etc.

L’endroit a ensuite servi de bar de prédilection à bon nombre de résidents de la ville de Québec. On pouvait y entendre plusieurs soirs par semaine des chansonniers sympathiques mener une foule à la fête avec la seule aide d’une guitare, d’un micro et d’un répertoire musical francophone. Un arrêt obligé pour n’importe quel touriste visitant la vieille capitale et souhaitant vivre une expérience typiquement québécoise.

Eh bien, vu l’importance que prenaient les produits CROCS dans la capitale, l’entrepreneur est devenu envahisseur. Alors que Chez son père s’apprêtait à négocier un nouveau loyer avec son propriétaire, les voisins d’en bas sont venus jouer les trouble-fêtes. Ils ont offert à ce même propriétaire une somme faramineuse pour le loyer d’en haut, un montant que le bar chansonnier n’avait certes pas les moyens de concurrencer. CROCS a tout calculé. Le bar a fermé ses portes. Les lieux vont désormais servir…d’entrepôt pour chaussures en plastique!

Déjà là, il y a matière à détester l’entreprise. J’ai passé des soirées au bar Chez son père. Je ne suis pas de la ville de Québec. Mais chaque fois, l’ambiance était des plus divertissantes et chaleureuses. On s’y sentait chez soi. J’ai de beaux souvenirs logés dans cet endroit et je sais que c’est le cas de bien des gens. La fermeture du bar a fait bien des malheureux à Québec, et donne une franche claque en pleine figure à notre culture.

Ce n’est qu’un début
L’envahisseur CROCS n’avait pas l’intention de s’arrêter ici. Ça non. Après être passé d’entrepreneur à envahisseur, l’envahisseur est devenu déserteur.

Sur le site de Radio-Canada, j’apprends aujourd’hui même la fermeture de l’usine CROCS de Québec. L’usine fonctionnait bien, on avait dû rappeler des anciens travailleurs dernièrement pour faire face à la grande demande de production. Le syndicat était en discussion pour un nouveau contrat, mais semble-t-il que tout se déroulait bien. Le siège social à Denver, probablement très conscient de la situation (sentez-vous le sarcasme?), a tout simplement préféré transférer on ne sait où pour l’instant, à Atlanta ou au Mexique… On ne sait pas plus pourquoi.

Ça me dépasse tout ça. L’entreprise est née ici. Et l’acheteur américain ne se donne même pas la peine de respecter l’origine du produit. Un vrai de vrai requin. Ou un vrai de vrai crocodile devrais-je plutôt dire!

Que faire maintenant? Personnellement, j’ai décidé de vouer une haine sans vergogne aux chaussures CROCS. Les faits énoncés ici, je ne me gêne pas pour les chanter à quiconque croise mon chemin avec ces chaussures aux pieds. Et pas besoin de vous préciser que du fin fond de mon bureau, mes grands pieds ne se vautrent pas dans le confort d’une paire de CROCS. À ça non, plus jamais! Elles sont peut-être jolies et pratiques ces chaussures, mais elles sont aujourd’hui trop entachées à mon goût…

85 bonnes raisons pour laisser les Harley Davidson aux Hells Angels Qui ne connaît pas la moto Harley Davidson? Une moto de prestige, qui coûte cher. Pas n’importe qui peut se payer une Harley Davidson. Quand on pense Harley Davidson, comment imagine-t-on son propriétaire?

D’un côté, les rebelles, les bad boys. Membres de groupes criminalisés tel les Hells Angels. Comment puis-je justifier cette théorie. Quand on regarde sur Wikipédia pour Harley Davidson, un article connexe nous réfère aux Hells Angels! Le lien entre Harley Davidson et les Hells Angels n’est plus juste une légende urbaine ou une rumeur. D’un autre côté, les retraités qui veulent vivre leurs retraites, s’évader.

Entre ces deux clientèles totalement différentes il y a quelques autres catégories secondaires de propriétaires de Harley Davidson.

Et voilà que Harley Davidson veut afficher ses couleurs et se faire un peu de publicité. Les résultats sont présentés par André Beauvais dans les Journal de Montréal du 21 mars. La firme OSL Marketing est approchée. Le concepteur de la campagne, Dominic Bourdages propose une campagne dont l’objectif est de provoquer et de faire jaser.

85 panneaux publicitaires sont utilisés pour parodier les panneaux routiers avec des messages, au dire même du concepteur de la campagne, baveux pour promouvoir la marque Harley Davidson.

  • 640 raisons d’aller acheter des cigarettes à Kanesatake.
  • 40 raisons d’aller visiter les frais chiés de Montréal.
  • 40 raisons d’aller s’emmerder à Ottawa.
  • 20 raisons d’aller visiter des têtes carrées à Toronto.
  • 20 raisons d’habiter dans une banlieue plate.

Une publicité qui avait été prévu mais qui ne sera pas affiché : “640 raisons d’aller discuter golf avec un Mohawk de Kanesatake”. Petit sursaut de conscience sociale pour le concepteur de la campagne publicitaire.

Selon M. Bourdages, Harley Davidson peut se permettre une campagne baveuse et des formules irrévérencieuses parce que Harley Davidson inspire une grande liberté et une certaine force.

Je pense que M. Bourdages vient de faire une grave erreur de jugement. Une publicité peut faire la promotion d’une marque, mais peut aussi manquer son coup et vendre le contraire. Et je crois que c’est justement ce que vient de faire M. Bourdages.

Jusqu’où notre société est tolérante et prête à accepter que la publicité dise n’importe quoi pour promouvoir son produit? Jusqu’où une publicité peut baver les citoyens et permettre au produit que l’on tente de vendre d’augmenter ses ventes?

Parce que je suis un propriétaire de Harley Davidson, je peux endosser des illégalités comme la vente de cigarettes à Kanesatake, je peux envoyer promener tout le monde et me penser le nombril du monde. Est-ce que cela représente la philosophie du retraité qui veut vivre sa retraite sur une Harley Davidson? Pas vraiment. Cela représente beaucoup plus la mentalité et la philosophie des Hells Angels. M. Bourdages vient d’associer et d’officialiser encore plus que conduire une Harley Davidson nous donne un caractère de Hells Angels.

Quelles en sont les conséquences possibles? D’une part, les retraités risquent de choisir un autre modèle de moto pour vivre leur liberté sereinement. D’autre part, en donnant un caractère Hells Angels à la Harley Davidson, M. Bourdages vient possiblement de tuer son produit. Parce que les Hells Angels se promènent de moins en moins en moto. Ils deviennent de plus en plus des criminels en habit cravate!

Qui va maintenant acheter les Harley Davidson? Que reste-t-il comme clientèle pour la Harley Davidson? Au lieu de tenter de développer une nouvelle clientèle et un nouveau créneau, M. Bourdages vient possiblement de tuer la Harley Davidson.

Voter pour ce texte sur Cent Papiers.

How computers make our kids stupid: la conclusion sur les ordinateurs à l’école

Tel que promis, j’ai pris le temps de lire la recherche de Michael Zwaagstra. Le rapport de quelques pages étaient très synthèse. Pas de place au débat ou aux explications. J’avais l’impression d’avoir une table des matières avec une série de référence pour d’autres lectures à faire.

Une des références utilisé par Michael Zwaagstra a attiré mon attention. Un texte écrit par Sue Ferguson en juin 2005 pour MacLean’s. How computers make our kids stupid. There’s growing evidence that too much cyber-time dumbs down our children. Traduction maison: Comment les ordinateurs rendent nos enfants stupide. Il est de plus en plus évident que trop de temps passé sur les ordinateurs rendent plus niaiseux nos enfants.

Ce texte est plus consistant et développe plus la problématique. En plus des références à plusieurs chercheurs et études sur le sujet, nous y retrouvons aussi des témoignages d’enseignants, de direction d’école et d’étudiants.

La référence à une étude de la sociologue Janice Newson de York University auprès de 100 membres de la faculté est révélatrice. Le tiers des répondants ont des problèmes de mémoire et des difficultés de concentration qu’ils associent aux ordinateurs. 70% mentionnent qu’au lieu de lire en profondeur ils ne font que survoler l’information. Leur communication est devenue plus superficielle et moins personnelle.

Il en ressort clairement que si on débute trop jeune avec les ordinateurs cela affecte notre développement. Plus on débute jeune et plus on est affecté. Il est proposé que les ordinateurs ne prennent une place dans notre vie qu’à partir de la 9e année, soit vers l’âge de 15 ans. Avant cela nous avons des choses plus “humaines” à expérimenter et l’interaction directe entre l’enseignant et son élève est très importante. Les ordinateurs nous présentent une matière déjà prédigéré par quelqu’un d’autre au lieu de nous laisser expérimenter nous-mêmes notre relation avec notre environnement et les autres.

La conclusion est intéressante. “The world’s full of all kinds of things — automobiles, sexuality, and we have appropriate times and places for all these aspects of our lives. Traduction maison: “Le monde est rempli de toutes sortes de choses: automobiles, sexualité, et nous avons des temps et des places appropriés pour tous ces aspects de notre vie.

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/09/le-journalisme-linternet-et-les-ordinateurs-en-classe/

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/04/lusage-dordinateurs-en-classe-nuit-a-leducation-des-jeunes/

 

Plastique intelligent!

(Agence Science-Presse) - Une pellicule de plastique offrant une protection antimicrobienne, qui change de couleur suivant l’état de conservation de l’aliment, qui est 100 % biodégradable… et comestible? Non, ce n’est pas de la fiction! C’est ce sur quoi travaillent des chercheurs de l’Université de São Paulo au Brésil. Fabriqué à partir de manioc et de sucre, ce plastique est encore en phase de développement, mais il pourrait s’avérer une alternative intéressante aux emballages plastiques classiques en raison de sa décomposition rapide. Autre caractéristique: il interagit avec le produit emballé. Au contact de l’aliment, le plastique peut changer de couleur pour signaler son état de conservation grâce à l’ajout d’extraits de chou rouge, de raisin et de cerise.

La cause environnementale et la surconsommation
Paru le 7 janvier 2008

Voici ce qui m’est venu à l’esprit à l’aube de la fin de la conférence de Bali sur les changements climatiques en décembre dernier. J’ai pris du temps à mettre le propos en ligne, voulant bien peser mon commentaire. Je l’ai pesé, et je dois vous avouer qu’il n’a pas tant changé:

Les gouvernements font de l’environnement un objectif primordial. Le gouvernement conservateur essaie de refléter l’image d’un parti qui a la réduction des GES à cœur. Je n’en crois plus un mot.

Et je n’en crois pas plus de la part du Parti Libéral du Canada. Depuis 10 ans, le Canada n’a pas fait un pas en avant en matière d’environnement. Depuis 10 ans, les gouvernements tentent de nous convaincre qu’ils agissent dans le sens contraire. Je ne crois pas en cette volonté affichée par les gouvernements de chez nous. Autant au Québec qu’au Canada.

Le problème de nos gouvernements, c’est que la cause environnementale gagne en popularité alors que rien n’est réellement fait de la part des citoyens et des entreprises pour qu’elle gagne en santé… Oui, certaines personnes utilisent moins leur(s) voiture(s), prennent les transports en commun, recyclent, compostent, etc. Mais le problème reste toujours le même: notre consommation. Et je ne parle pas ici de consommation abusive. Notre simple consommation de citoyen averti menace encore la planète.

La cause environnementale a pris tant d’essors, mais dans le mauvais sens à mon avis. Aujourd’hui, on lance des tonnes de produits révolutionnaires, maintenant écologiques, bios, 100% naturels. Ces produits ne sont que la nouvelle surconsommation des occidentaux. Ton char pollue? Achète-toi en un qui pollue moins! Ton frigidaire consomme trop d’électricité? Achète celui avec la petite étoile qui certifie que ton frigidaire va faire un bon travail avec moins d’efforts! Mais on en reste toujours à la même chose : on veut consommer. Et les compagnies profitent d’un nouvel engouement pour nous faire consommer une nouvelle gamme de produits qui se voudraient sauveurs de la planète. Soyons vigilants à ce propos.

C’est notre consommation qui a poussé la planète au bord de ses limites. Faisons attention, et tentons de moins acheter. Je sais, c’est contre notre nature de contemporains du Nord de l’Amérique, mais étudions au moins la question, et demandons-nous : Ai-je vraiment besoin de ci, ou de ça?

La solution se trouve selon moi en grande partie dans la réduction de notre consommation. Et la réduction de notre consommation dépend de nos besoins. Avons-nous trop de besoins? L’homme a appris a survivre pendant la majeure partie de son existence avec le strict minimum. On devrait encore avoir ça dans le sang! Et si tout ce que vous avez à me répliquez, c’est que notre économie risque d’en prendre un bon coup, et bien vous avez raison. Et c’est peut-être ce dont elle a besoin.

Gabriel.

Gamblers, toxicomanes ou alcooliques?

Lors d’une visite sur le blogue de Toxico Québec, quelques statistiques attirent mon attention: “Au Québec, le pourcentage de toxicomanes du jeu (joueurs compulsifs), se situe, selon les études, entre 2,1 et 5% alors qu’il n’y a que 0.9% de toxicomanes (drogues illicites) et 1.9% d’alcooliques”.

Des chiffres qui peuvent faire réfléchir sur les conséquences que le jeu peut avoir sur les Québécois.

Toxico Québec a mis en ligne un blogue sur les différentes addictions: drogues, alcool et jeu compulsif. Même si le site Toxico Québec existe depuis de nombreuses années, le blogue semble être tout nouveau, quelques semaines seulement.

Il n’y a pas de commentaires sur les textes publiés, mais le trafic générés par le site semble indiquer que beaucoup d’Internautes se questionnent sur ces problématiques.

Noël en novembre: Qui s’énerve pour rien?
Paru le 8 novembre 2007

L’Halloween vient de se terminer. Et bien, ne vous donnez pas la peine d’enlever les citrouilles et vieilles sorcières de votre cours, déguisez-les plutôt en étoiles de Bethléem et en Pépère Noël, ça revient au même. Parce que le 1er novembre, c’est déjà Noël!

C’est drôle, je ne suis même plus surpris de voir des pubs du temps des Fêtes dans mon téléviseur le lendemain de l’Halloween. C’est devenu chose courante.

La parade du Père Noël est le 9 novembre dans Hochelaga-Maisonneuve. Des trajets d’autobus vont être déviés pour l’occasion. Excusez-moi, mais le 9 novembre, c’est pas un peu tôt pour dévier des autobus histoire de laisser passer le bon vieux barbu? Pour moi, le 9 novembre, ce n’est même pas le début de l’hiver! «C’est commercialement plus rentable», de me répondre mon patron Raymond Viger en m’écoutant me plaindre. Tu as mis le doigt dessus Raymond!

Et sitôt Noël passé, c’est la Saint-Valentin, puis Pâques. On laisse toujours croire aux gens qu’il y a une raison importante d’acheter quelque chose d’important.

Je sais bien, chaque année, on ressort avec le même «chialage». Il y a toujours un énervé pour venir vous dire que Noël, on en parle trop tôt, qu’on devrait plus axer l’événement sur l’amour, la famille, la paix dans le monde. Pas toujours facile quand la télévision t’incite dès le mois de novembre à acheter tes cadeaux au plus sacrant. Bah, de toute façon, un énervé de plus, ça va changer quoi? Ça va peut-être vous rappeler tout ça.

Gabriel.

La Banque Nationale et le tourisme

Un article de La Presse du 11 décembre dernier nous rapporte que la Banque Nationale (BNC) de St-Donat a donné bien du fil à retordre à des touristes Européens. Pour couper dans leurs frais d’opération, la BNC a décidé de ne plus changer l’argent au comptoir pour les touristes qui n’ont pas de compte à la BNC. Les touristes de St-Donat se sont fait référé à un bureau de change à Mont-Tremblant, soit plus de 100 kilomètres de là! Ces touristes se sont fait refuser leur carte de crédit Master Card, le commerçant n’acceptant que Visa!

Pendant ce temps, la ville de St-Donat fait de la publicité pour attirer les touristes dans son patelin. Cela démontre bien qu’un effort individuel ne vaut pas grand chose quand la communauté ne suit pas en arrière. Une banque fait partie d’une communauté. Elle ne peut imposer des règles qui vont à l’encontre du bien-être de sa communauté. Une banque peut avoir des règles centralisées, mais elle se doit de s’adapter et d’être flexible en fonction de la communauté qu’elle sert.

Si on se retrouve dans le Centre-Ville de Montréal et que le touriste a des alternatives telles des bureaux de change à tous les coins de rue, on pourrait tolérer cette règle, même si je ne la trouve pas très attirante. Mais quand on est à St-Donat et que l’alternative proposée est à 100 km. de là, c’est pas pareil.

C’est la convivialité d’une entreprise qui fait sa force. Je suis obligé de sympatiser avec ces touristes. Il m’arrive à moi aussi d’en être un. Et j’espère ne pas avoir à subir ce traitement lorsque je serais en voyage. La Banque Nationale perd un point dans la qualité de son service.

Six touristes de passage à St-Donat ne pèsent peut-être pas lourd dans la balance de la BNC. Mais si j’étais commercant de ce secteur et que j’avais un compte à cette banque, je passerais le mot pour que collectivement, nous fermions nos comptes à cette institution. Une façon claire de démontrer l’importance de la concertation et de la communauté que nous représentons.

D’une dépendance à l’autre

Par Marie-Lyne Caisse Vol 14, No 5

Quand je dis codépendance, à quoi pensez-vous? Au conjoint d’un dépendant ou une personne à multiples dépendances? Saviez-vous qu’il existe des centres de thérapie qui réunissent dans un même groupe des dépendants aux drogues, des dépendants au sexe et d’autres au jeu compulsif?

La codépendance fait référence au fait d’avoir plusieurs dépendances. Les centres d’aide amènent souvent les personnes à cesser leurs dépendances et comportements nocifs. D’après Madame Diane Borgia du centre CAFAT (Centre de prévention et de traitement de la codépendance et des multiples dépendances), cette méthode n’est pas idéale. «Pour régler une dépendance quelconque, vous devez d’abord régler un problème plus profond.»

Madame Borgia soutient que: «En apparence, votre dépendance peut être de n’importe quelle nature: alcool, drogue, Internet, travail, etc. C’est du pareil au même! Vous souffrez de dépendances affective et émotive. Une personne qui arrête juste de jouer ou de prendre de la drogue, si elle ne règle pas le cœur du problème, elle ne fera qu’un transfert de dépendances en dépendances.»

Jean B., membre de Gamblers Anonymes, affirme: «Mon problème de jeu ne représentait que 15% du problème. Le 85% qui reste est ma difficulté de gérer et de vivre mes émotions et mon affectivité. Quand j’ai voulu arrêter de jouer, j’ai mis toutes mes énergies sur le problème de jeu ou dans une autre dépendance. Il a fallu que je fasse un cheminement, changer mon mode de vie pour apprendre à vivre et à assumer le gros du problème, c’est-à-dire mon comportement face à mes émotions. Les émotions qui autrefois me poussaient à jouer, maintenant que j’ai appris à les verbaliser, me permettent de ne plus retourner jouer.»

Pour Bruno, membre de plusieurs fraternités d’entraide: «Quand un événement vient jouer dans mes émotions, j’ai tendance à fuir dans une bulle où plus rien ne me touche. Cette bulle a été le jeu, le sexe, la drogue, l’alcool… Pour régler mon problème, c’était pas juste de péter ma bulle, mais de travailler sur ce qui me poussait à fuir.»

Mieux se connaître pour mieux vivre. Avez-vous déjà entendu cette phrase? La connaissance de soi est essentielle à une vie saine et équilibrée. Plus vous travaillez sur vous et moins de chances vous aurez d’être pris au piège de multiples dépendances ou de comportements compulsifs. En connaissant vos motivations profondes et vos valeurs, et en donnant un sens à votre existence, vous serez mieux armés face aux situations de la vie courante. Vous aurez plus de facilité à prendre une décision et à vous fixer des buts. Il n’y a pas de plus beau cadeau à s’offrir que de se découvrir…

Textes sur le gambling, alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/que-signifie-etre-dependant/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/ma-renaissance-face-a-la-drogue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/01/desintox-en-gaspesie/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/de-la-campagne-a-la-ville-pot-cocaine-et-hepatite-c/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/trip-nouveau-genre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/pour-de-nouvelles-aspirations/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

En harmonie avec la nature 04-05-2006

J’ai mentionné, précédemment, que j’avais rencontré Ginette un samedi après-midi (voir Des oh! et des bah!). Ginette vient de Saint-Jean-sur-le-Richelieu. Fatiguée de sa vie de citadine, de ses 3 ordinateurs, son chalet, ses nombreuses voitures, bref du rythme effréné de la ville et sa surconsommation, Ginette s’est poussée pour adopter une vie qui lui sied mieux. “Ça me rendait agressive”, m’a-t-elle expliqué, à propos de son ancienne vie. Mariée à un haut fonctionnaire, elle ne manquait de rien sur le plan matériel. Ce qui ne l’a pourtant pas empêchée de se pousser. Du mari, de son train de vie… La jeune cinquantaine, habillée d’une jupe de jeans et d’un tricot vert, elle ne donne pas l’impression d’une hippie partie vivre son trip nature.

Sylvain, son conjoint, possédait sa propre compagnie d’aménagement paysager. Ses clients, de riches propriétaires de Westmount (quartier cossu de Montréal), lui assuraient une vie bien peinarde. Il a tourné le dos à cette vie qui l’aidait à répondre à ses besoins toujours grandissants d’alcool et de drogues. “Moi, quand j’étais esclave de la dope, mon pusher c’était mon boss”, affirme-t-il. Bien calé sur sa chaise de bois, sous un soleil de plomb, Sylvain s’ouvre. “Moi, j’ai frappé un mur. 8 fois. Mais ils ne frappaient pas assez fort…”

Il s’est établi avec Ginette en Gaspésie, à l’Anse Pleureuse, depuis 2 ans. Il n’a rien consommé depuis un an. Il met ses énergies sur sa maison, organisée en un écosystème qui bientôt, l’espère-t-il, assurera à son couple tout ce dont ils ont besoin. C’est sa fierté, son rêve.

“J’ai toujours voulu me bâtir un écosystème. Là je le fais. Sur mon terrain. Mes enfants sont très impressionnés par moi”, raconte cet homme des bois, les mains écorchées par le travail.

Sylvain a installé 2 panneaux solaires sur le toit de sa remise. Une toute petite éolienne, sur la maison, vient porter renfort aux moments où il n’y a pas de soleil. Sinon, 4 batteries de 12 volts, des batteries de kart de golf, suffisent à alimenter leur maisonnée. Il a mis sur pied un système qui dirige l’énergie de façon à ce que ses appareils aient la juste force pour leur utilisation.

Derrière sa maison, un profond trou. C’est là, à tous les matins, qu’il va puiser l’eau de la journée. Directement dans la nappe phréatique. 10 minutes lui suffisent pour pomper ses besoins quotidien qu’il évalue à 30 gallons. Soit l’équivalent de 6 chasses d’eau par jour. “Mon moment de bonheur de la journée, c’est le soir, quand on prend notre bain!” Une eau, faut-il le préciser, qui est chauffée par le poelle à bois…

“Moi mon énergie, elle n’est pas rentable, économiquement. Ça m’a coûté 6000$, m’installer tout ça. Mais j’économise sur ma consommation”, dit-il tout en roulant son tabac. La clope au bec, il repart dans sa réflexion.

“Les maisons ne sont pas faites pour l’humain. Elles sont faites pour le quicailler, le constructeur. Si c’était fait pour l’homme, ça coûterait moins cher. Mais ça, ça aide pas dans une société basée sur la croissance économique… Les choses importantes de la vie, on les a oubliées. On a besoin de chaleur, de contact humain, de se déplacer, de la nourriture. Quand tout le monde aura ça, on pourra s’acheter une 2ème télé, un 3ème téléphone. Mais en ce moment, il y a beaucoup d’enfants qui ne mangent pas…”

Parlant de manger, Ginette adore cuisiner. Sur leur grand terrain, les deux tourtereaux ont semé des plantes, légumes et fruits qui leur permettront, dans un avenir pas si lointain, de subvenir à leurs besoins. Ils ont des poulets et attendent des cochons. Ginette fait à peu près tout elle même. Les pots Masson lui sont très utiles!

Ginette et Sylvain, comme nombre de Gaspésiens rencontré en Haute Gaspésie, ne croient pas aux grosses multinationales pour assurer la survie économique de la région. “Si on fait une agriculture intelligente, une foresterie intelligente, de l’eau propre (ce qui est rare), ils viendraient de partout dans le monde pour voir comment on s’y prend. On appelle ça du développement durable. Mais c’est incompatible faire du développement durable et la croissance économique…”, explique-t-il.

L’après-midi tire à sa fin. Je suis attendu à Gaspé. Le temps s’est arrêté, l’espace de 2h30. Un bel échange d’ouverture, humain, entre deux purs inconnus qui se sont quittés avec un large sourire, l’air de dire “quel petit moment de bonheur”.

Comme quoi il suffit de peu de choses…

Les publicités sociales qui nous font mal       Par Raymond Viger

La dernière publicité reçue au Journal de la Rue a créé un grand débat et tout un émoi. Pouvions-nous prendre le risque de l’accepter?

Une page pleine en couleur. Wow! C’est plaisant pour aider à payer une partie de la facture d’imprimerie qui commence à être salée. À première vue, l’annonceur a une mission qui se rapproche de la nôtre; Éduc-alcool.

La publicité arrive sur mon bureau. Elle soulève un problème de conscience. J’imagine mes amis, membres de différentes fraternités telles que les Alcooliques Anonymes qui arriveraient face à face avec cette publicité dans le Journal de la Rue. La question est lancée. Je ne peux prendre seul la décision de l’accepter et je profite d’une réunion du comité de lecture pour la présenter.

Certains se questionnent sur la pertinence de dire à des jeunes que l’alcool n’est pas un problème si elle est prise avec modération. Il faudrait parler des signes de dépendance, de perte de contrôle. D’autres considèrent aussi que la présentation visuelle de l’annonce donne soif par l’attrait de toutes les sortes de verres présentés. Même le fond de la publicité est associé à un verre de bière format géant!

Nous sommes obligés de nous questionner sur la vocation d’Éduc-Alcool. Étant financé par les producteurs d’alcool, quel est le mandat précis de cette institution: éviter les abus d’alcool ou de favoriser sa consommation? Est-ce que ce genre de publicité tente de nous donner bonne conscience et d’éviter de regarder la réalité d’un problème social?

Ce questionnement s’est ensuite transporté à d’autres publicités sociales. Loto- Québec termine ses annonces de loteries en disant qu’il faut avoir 18 ans pour acheter des billets de loteries. Le fruit défendu ne devient-il pas un incitatif à faire comme les grands? Ce genre d’avis a-t-il un impact réel pour ne pas inciter les jeunes à acheter des loteries?

Avons-nous trouvé le meilleur moyen de promouvoir une société plus humaine et plus sensibilisé aux causes sociales? Jusqu’où les annonceurs ont un devoir d’agir en bon père de famille? Les petits caractères sous les publicités de fabriquants automobiles mentionnent : «Ce que vous voyez est réservé à des pilotes professionnels sur des pistes d’essai.» Encourageons-nous les excès de vitesse, la conduite dangereuse et la rage au volant? On tente de nous vendre un véhicule en nous montrant les performances qu’elle peut atteindre mais qui serait illégal et dangereux de tenter!

Si chaque annonceur prenait sa responsabilité au sérieux, si chaque annonceur agissait en bon père de famille, nous pourrions, tous ensemble, promouvoir une société où il ferait bon de vivre ensemble. Les organismes communautaires n’ont ni le budget, ni la capacité de concurrencer la violence ou l’attrait de certaines annonces publicitaires.

Il existe des fonds d’investissements verts pour protéger l’environnement, des fonds d’investissements éthiques pour favoriser des entreprises plus respectueuses. Est-ce que ces fonds analysent l’impact social des publicités véhiculées par ces entreprises?

Pour tenter de solutionner le problème, nous avons demandé à Éduc-Alcool de nous proposer une autre publicité. Une qui respecterait mieux la sensibilité de nos lecteurs et susceptible d’être présenté au grand public. Ils ont refusé. Depuis sept ans, ils présentent cette publicité dans plusieurs médias. C’est la publicité qui représente la mission d’Éduc-Alcool. Nous avons vérifié auprès d’un média communautaire qui travaille avec des gens qui ont des difficultés avec l’alcool. Ils n’ont reçu aucune plainte et n’ont pas hésité à publier cette annonce.

Pouvons-nous risquer d’accepter de présenter cette publicité? Même si des agences de communication nous disent rechercher le bien-être de notre société, cette publicité le fait-elle vraiment?

Nous avons décidé de faire paraître cette annonce d’Éduc-alcool. Nous voulons connaître vos commentaires. N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires.

Certains l’ont déjà dit: la modération n’existe pas pour ceux qui ont des problèmes d’alcool.

Autres textes sur alcool et drogue:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/


Légalisation
de la prostitution


Des jeunes de l’école secondaire de La Magdeleine à Laprairie nous ont fait parvenir leurs positions. 70% sont contre la légalisation et 30% sont pour. Ces pourcentages demeurent les même parmi les 64 filles et les 19 garçons qui nous ont écrit.

Légaliser la prostitution fera en sorte que l’image de la femme reste encore celle d’un objet sexuel. Cela ne va provoquer qu’une hausse de la demande comme la «saucisse Hygrade». La légalisation de la prostitution n’apportera rien de bon aux prostituées et ne signifiera que «l’exploitation de l’un par le plaisir de l’autre». Isabelle Grenier

Le plus scandaleux pour moi, c’est que ces femmes risquent de passer des années derrière les barreaux tandis que les hommes, à qui elles ont offert leurs services, ne payent qu’une petite amende! Tania Raymond

Il faut arrêter de réprimer les prostituées de rue qui font simplement partie de la chaîne des diverses formes de prostitution. Sellina-Anne

En tant que société, nous avons le devoir de subvenir à leur sécurité psychologique, physique et sociale. Justine Lajoie

Avant de légaliser la prostitution, nous ferions mieux d’établir des programmes pour aider les prostituées qui veulent s’en sortir. Amélie Lévesque Rousselle et Alexandre Vincart-Emard

La sollicitation est illégale, alors pourquoi laisser des annonces dans nos magazines? C’est de la sollicitation et pourtant, personne n’est puni. Claude Côté Dupuis

Pourquoi légaliser un métier où les pratiquants ne demandent qu’à s’en sortir? Stephany

Elle ne vend pas son corps, mais des services sexuels. Les prostituées sont parfois les seules voies d’accès au plaisir physique, notamment aux personnes invalides ou handicapées. Amanda Mesbah

Il est sûr que les groupes criminels seront les principaux administrateurs de ces bordels. Si nous légalisons la prostitution et que les groupes criminels s’en occupaient, nous ne pourrions plus dire que c’est légal. Nous croyons qu’il est temps de ne plus poser la question. Il est temps que nos politiciens mettent leurs culottes et prennent la meilleure décision possible pour que la société soit en meilleures conditions. Simon G. Lamarre et Guillaume Leclerc

Si les prostituées devenaient des travailleuses autonomes, elles obtiendraient certainement des avantages et auraient à payer des impôts. Mais sommes-nous naïfs au point de croire qu’il serait possible de gérer le domaine? D’un autre côté, légaliser, c’est non seulement montrer aux organisations criminalisées que nous ne pouvons rien contre elles, mais aussi leur offrir une plus grande liberté d’action. Charles Lapointe

Ce qu’il faut changer, ce n’est pas la réglementation, mais la mentalité des gens. Alexandre Raymond-Beaulieu

Je n’ai pas envie d’élever mes enfants dans un monde où la prostitution est omniprésente. Je ne me vois pas en train d’expliquer à mes enfants pourquoi, dans le journal, il y a des femmes presque nues qui disent être des vraies cochonnes au lit! Virginie Godin

Il est vrai que la pornographie et la prostitution ont connu un essor incroyable durant les dernières années. Il est rendu impossible de naviguer sur Internet sans se faire harceler par l’une de ces satanées publicités! Tenez-vous vraiment à montrer aux prochaines générations à quel point il est dégradant d’être une femme? C’est l’effet que laissera paraître la légalisation de la prostitution sur la société de demain. Édith Plamondon

Les abus persisteront même si la prostitution est légalisée. Si le client profite de la prostituée, elle ne va pas nécessairement aller le dénoncer. Même de simples citoyennes n’y vont pas! Natacha Binette et Vanessa Costa

En légalisant les danses à dix, les groupes criminels ne se sont pas éloignés des bars. Pourquoi il n’en serait pas de même avec la prostitution? Keven et Anthony

Ce métier est en fait une forme de discrimination pour les femmes puisque celui-ci est basé sur son apparence et non sur son expérience. Élisabeth Lefort et Mélanie Leduc

La prostituée qui se promène sur la rue n’est pas plus illégale que le gérant d’une agence qui fait de la publicité. Serait-ce qu’une prostituée, à moitié nue, à moitié consciente, à moitié refaite, qui se promène sur le trottoir est plus choquante qu’une petite annonce? L’image est drôlement plus dramatique pour la «coureuse des rues». Gabrielle Godin

Nous entendons parler d’histoires d’horreurs. Même si ces jeunes femmes vendent leur corps, elles sont quand même des êtres humains. Il y a des prostituées qui se font violer, qui se font battre et gardent le silence parce que leur gagne-pain est illégal. Elles ont autant le droit à la justice que quiconque. Dans certains emplois, nous devons obligatoirement porter des caps d’acier. Les clients devraient porter le condom. Mériam Duchesne

La prostitution fera toujours partie de notre société. Alors, pourquoi ne pas apprendre à vivre avec? Je ne suis pas nécessairement pour la légalisation de la prostitution. Je crois que nous devrions les aider plutôt que de leur étamper dans le front «criminel ayant aucun droit». Catherine Perrault

La légalisation de la prostitution serait un cadeau aux proxénètes et à l’industrie du sexe. En légalisant, la loi leur permettra de continuer leurs crimes. Amine Soulhi

Sous prétexte que cela serait légal, le gouvernement permettrait d’utiliser la femme comme un objet. La légalisation de la prostitution serait un affront à toutes les femmes qui se sont battues pour l’égalité. Stéphanie Bannon et Sandy Lebeau

Qu’elle soit permise ou non, cela ne changerait rien à la situation. Que la fille soit dans un bordel ou dans la rue, le client est «roi» et il a tous les droits sur elle. Karine Albert et Geneviève Boissonneault

Imaginez votre enfant qui vous annonce qu’il a trouvé la formation qu’il désire suivre: Prostitution. Pensez à ce qu’il apprendrait dans son cours. Certains disent que c’est un métier comme un autre. Vendre son corps ou vendre des voitures, c’est complètement différent. Marie-Pier Lavallée et Bénédicte Millien

La prostitution n’est pas un travail comme un autre, mais principalement une conséquence des inégalités sociales dont les femmes et les enfants sont les premières victimes. Leur situation ne s’est améliorée dans aucun pays qui a libéralisé les lois sur la prostitution. Vendre son corps est une exploitation des plus pauvres qui porte atteinte à leur dignité. Cela n’a rien à voir avec la liberté sexuelle.

En légalisant la commercialisation du sexe, le proxénétisme devient vertueux. Trop de femmes subissent les pressions et les violences de leurs proxénètes. Aimeraient-elles que leur condition de femmes bafouées soit reconnue et légalisée? Jessica Pelletier et Vanessa Lopez-Robert

Les filles ayant déjà des maladies et des problèmes de drogues ou d’alcool ne seront pas engagées dans les bordels légaux. Elles vont continuer à se faire de l’argent comme elles l’ont toujours fait, en se prostituant dans la rue. Mélissa Tremblay et Marie-Claude Gendron

La meilleure solution serait de dépénaliser les prostituées, mais pas les proxénètes. Ces derniers devraient se retrouver derrière les barreaux. Les jeunes, quant à eux, devraient être pris en charge sans être punis. Aucun mineur n’aurait voulu se prostituer de plein gré. Légaliser entraînerait une augmentation du trafic au noir. L’organisation pour les droits des enfants estime que dans un pays où le proxénétisme a été légalisé, le nombre de mineur vendant leur corps est passé de 4 000 à 15 000 en à peine cinq années. Pourquoi ne pas essayer de trouver un moyen qui ne soit ni tout blanc, ni tout noir? Catherine

J’ai de la difficulté à m’impliquer dans ce débat car j’ai plusieurs arguments pour et contre. Il devrait y avoir un juste milieu. Nous pouvons aider les prostituées à s’en sortir, mais pas en changeant la loi. Geneviève Ladouceur

Ce dont une prostituée a besoin, ce n’est pas d’être forcée à être aidée, mais de savoir qu’elle a droit à de l’aide si elle désire en recevoir. De toute façon, on ne peut pas aider une personne qui ne veut pas de notre aide. Marie-Christine Boucher

Légaliser la prostitution serait une grosse erreur. Elle nous entraînerait dans un cercle vicieux où il nous serait désormais impossible de nous en sortir. Jessie Tremblay Brosseau

La police n’a ni les moyens, ni le personnel suffisant pour enquêter dans les bordels afin de poursuivre les dirigeants illégaux. Prenez la loi des cigarettes dont la vente est interdite aux mineurs. Malgré les efforts faits pour empêcher les jeunes de fumer, combien le font malgré tout? Il y aura toujours de la fraude.

Un article de Janice G. Raymond de l’Université du Massachusett mentionne que la Coalition contre le trafic des femmes (CATW) a mené une étude révélant que 80% des victimes affirment avoir subi des violences physiques de la part des proxénètes et des clients avec des conséquences sur leur santé. La protection des femmes contre les abus est secondaire voire sans importance. Karine et Andréa

Autres textes sur la prostitution:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/11/lettre-ouverte-a-jean-francois-lisee-de-lactualite/

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/02/24/avons-nous-largent-necessaire-pour-legaliser-la-prostitution/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/22/maria-mourani-et-mario-dumont-chez-les-francs-tireurs-richard-martineau-et-patrick-lagace/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/effets-pervers-de-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/doit-on-legaliser-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/pour-ou-contre-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/certaine-formes-de-prostitution-sont-plus-legales-que-dautres/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-lendemains-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-premiers-pas-vers-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/au-secours-on-a-legalise-la-prostitution/

Trois prostituées nous parlent

prostitution

Claudette

Quand une fille a été abusée durant son enfance, le pimp n’a pas grand-chose à faire pour que la fille fasse de la prostitution. Moi, c’est le père de mes enfants qui me disait avec qui il fallait que j’aille. J’avais 16 ans. On faisait partie du milieu des motards.

J’ai consommé de tout. J’ai fait désintox sur désintox. J’ai eu beaucoup de rechutes. La dernière fois que je suis retournée sur la rue c’est parce que j’avais reconsommé.

Y’a des commerces où les filles achètent. On habite ce quartier, on est leurs clientes. Les propriétaires de logements acceptent le cash de la piaule mais ne veulent pas de la fille qui est devant le logement! Pourtant c’est lié.

Prendre une tasse de café, entre 5h et 8h le soir, quand il fait froid, j’aurai bien aimé ça. Il faudrait une place avec des intervenants, du café, un peu de grignotage, juste pour les femmes qui font la prostitution. Tu peux rester au calme, au chaud. Tu peux parler avec les intervenants. Ils te réfèrent à des thérapies.

Ce qu’il faudrait c’est apprendre au monde à respecter son corps, ses sentiments. Mes parents m’ont rien appris de ça, bien au contraire. J’ai maintenant 35 ans et j’ai appris par moi-même à m’en sortir. Dans les écoles ça serait la meilleure place pour parler des conséquences aux jeunes.

Cindy

Mes parents, ma famille sont tout ce qu’il y a de plus normaux. C’est moi qui ne me sentais pas aimé, pas à ma place, différente. J’avais toujours besoin de l’avis des autres. J’ai été gâtée, peut-être trop. J’étais une solitaire. Toujours le même coin de rue, dans des rues différentes à des périodes différentes. J’allais chez nous avec le client et je ne me mêlais pas aux autres prostituées.

Je me suis prostituée pour consommer. Je vivais avec un drogué alcoolique. Il s’est suicidé. J’ai dû me débrouiller toute seule pour me procurer ma drogue. La prostitution ce n’est pas un choix, c’est pour la drogue que j’en ai fait. Sinon, jamais je n’aurai fait la rue pour payer un compte. Dans la prostitution, y’a rien de bon.

Quand j’avais besoin de ma drogue, j’avais pas peur du client. J’avais des craintes mais j’avais besoin de son argent. Le plus dur sur la rue, c’est le regard des enfants. Ça nous fait mal. On se débrouille pour être sur la rue quand ils n’y sont pas. Les résidants eux, nous insultent.

Pour se faire aider et que ça marche, il faut être prête. Il faut apprendre à se connaître. Moi, j’avais besoin de douceur, de tendresse. Toutes les thérapies que j’ai faites ne m’ont servi à rien tant que je n’étais pas prête. Aujourd’hui, j’y crois. Ceux qui m’entourent, y croient aussi. J’ai maintenant 40 ans et je suis heureuse de m’en être sortie.

Chantale

J’étais en centre d’accueil. J’en suis partie mais je ne savais pas où aller. Ma famille ne voulait plus de moi. J’avais faim. Une fille du centre m’a dit comment faire de la prostitution. Je suis allée sur St-Laurent.

La première fois, c’était facile. Je gagnais beaucoup d’argent. Peu de temps après, je me suis fait violer par un client. J’ai eu très peur. J’y suis retournée quand même.

J’étais tombée en amour avec un gars. C’était un pimp mais je ne le savais pas. Il avait des maîtresses qu’il faisait travailler. Il m’a mis enceinte pour mieux m’attacher à lui. Il était très violent. Il me prenait tout mon argent. J’avais même pas de quoi acheter une pinte de lait pour mon enfant. Et pourtant, j’en ai fait de l’argent. J’ai fait escorte, mais je n’aimais pas parce que l’agence me prenait la moitié. Remarque mon pimp me prenait tout, mais lui c’était pas pareil, je l’aimais! Danseuse, tu es toute seule et tout le monde te regarde. J’aimais pas. Ce que j’ai fait ces derniers temps, c’est de mettre des annonces dans la presse. Tu reçois chez toi et y’a moins de risque avec la police.

Même si on n’est pas devant chez eux, y’a des commerçants qui nous crient après: «Va faire des clients ailleurs, tu nuis à ma clientèle» Y’en a un qui descendait de ses bureaux pour me dire ça. Je me mettais au coin de la rue ou à un arrêt de bus et je ne gênais personne. À une époque, je me suis fait courir. C’était chaud! J’ai changé de quartier, ce n’est pas pareil. Ici, c’est comme la campagne mais en ville. Tout le monde se connaît, se parle. Le monde s’entraide même s’il est pauvre. C’est comme une grande famille.

Il faut aider les filles et aider les familles. Le gouvernement devrait faire plus pour les familles pauvres. Avec l’aide sociale, tu existes mais tu ne vis pas. Les mères seules, elles descendent sur la rue et elles font quelques clients. J’appelle ça de la prostitution de survie. Il faut aller dans les écoles et parler des conséquences de la prostitution aux enfants. Il faut les prévenir de ce que ça fait. J’ai 40 ans et, malheureusement, j’y retourne encore.

Les noms ont été changés pour préserver leur anonymat.

Autres textes sur la prostitution:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/11/lettre-ouverte-a-jean-francois-lisee-de-lactualite/

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/02/24/avons-nous-largent-necessaire-pour-legaliser-la-prostitution/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/22/maria-mourani-et-mario-dumont-chez-les-francs-tireurs-richard-martineau-et-patrick-lagace/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/pour-ou-contre-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/effets-pervers-de-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/doit-on-legaliser-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/certaine-formes-de-prostitution-sont-plus-legales-que-dautres/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-lendemains-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-premiers-pas-vers-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/au-secours-on-a-legalise-la-prostitution/

Quand une croupière s’en va-t-en guerre; histoire d’Éléonore Mainguy Par Raymond Viger vol.13.6 Août 2005

Loto-Québec a retiré le contrôle du jeu des mains du crime organisé. Pourtant, la descente aux enfers des joueurs compulsifs s’aggrave. L’ex-croupière Éléonore Mainguy lève le voile sur les stratégies douteuses de Loto-Québec.

Historiquement, le gouvernement a créé Loto-Québec pour supprimer la mainmise des groupes criminalisés sur les jeux de hasard. Le gouvernement de l’époque réagissait à la loterie du maire de Montréal, Jean Drapeau, qui commençait à faire de l’argent pour financer Terre des hommes (Expo 1967) et le métro. Il y avait de l’argent à faire, pas question de laisser les municipalités en prendre le contrôle. Mais notre société amorçait un dérapage qui nous fera perdre la maîtrise de la gestion du jeu. Même si peu de machines ont été saisies, on évalue que les groupes criminalisés avaient placé un maximum de 25 000 machines de jeu au Québec, Serge Chevalier, sociologue à la Direction de santé publique de Montréal. Loto-Québec les a remplacées par 14 000 appareils de loterie-vidéo dans les bars et 6 000 machines à sous dans les casinos. Mais gare aux apparences: Loto-Québec a augmenté l’accessibilité et le rendement du jeu.

Lorsque les machines sont devenues légales et disponibles partout, plusieurs catégories de personnes sont devenues des joueurs compulsifs alors qu’elles ne l’auraient jamais été avec les machines du crime. Selon des sources qui ont requis l’anonymat, les revenus d’une machine illégale tournaient autour de 40 000$ par année. Selon le rapport annuel 2004 de Loto-Québec, les appareils de loterie vidéo rapportent en moyenne 78 979$ chacune. Le double du crime organisé!

Loto-Québec a créé un département de marketing pour nous vendre l’illusion et le rêve. Publicité, promotion du jeu, techniques de fidélisation des joueurs, contrôle de l’environnement pour garder le joueur le plus longtemps possible, voyages organisés pour les groupes, spectacles, pressions sur les détaillants pour qu’ils atteignent des quotas de vente de loteries (s’ils veulent, par exemple, une machine pour valider les billets de certains tirages), accessibilité démesurée du jeu partout où l’on va… Tout est mis en œuvre pour répondre à la gourmandise du ministère des Finances.

Nous ne sommes plus à vouloir tasser les groupes criminalisés. Nous sommes à vouloir gagner le plus grand bénéfice possible. Loto-Québec, une société d’État, est devenue une grosse machine qui s’emballe et dont nous avons perdu les rênes. Cela fait contraste avec le crime organisé. Avez-vous déjà vu une pub de criminels pour attirer les joueurs? Loto-Québec ne s’en gêne pas…

Des chercheurs nous montrent des chiffres qui devraient nous alarmer. Des joueurs partagent leur calvaire dans les méandres des jeux gérés par Loto-Québec. De nouveaux témoins se lèvent et révèlent un côté obscur de Loto-Québec. Des gens entraînés pour détrousser des joueurs craquent et témoignent. Des employés de cette «vénérable» institution dénoncent leur employeur. Éléonore Mainguy a été croupière pendant près de quatre années au Casino de Charlevoix. Elle partage avec nous la sombre réalité des casinos mis en place par notre gouvernement. «J’ai été entraînée à identifier les besoins du joueur pour le mettre en confiance, lui donner l’illusion qu’il contrôle le jeu. A-t-il besoin que je lui parle? Que je passe les cartes plus lentement? Quand je change l’argent, est-ce qu’il a besoin de petites coupures pour jouer plus longtemps ou de grosses pour s’emballer?… », relate Éléonore Mainguy.

«Il y avait un lexique de mots que nous ne pouvions pas utiliser: “je vous reviendrai plus tard — je ne peux pas — je ne sais pas…”. Tout devait être fait instantanément pour satisfaire le joueur. C’était une prise en charge complète de ses besoins», explique la jeune femme de 25 ans.

Complice du joueur

Mme Mainguy travaillait à Charlevoix, une petite communauté où tout le monde se connaît et se parle. «J’ai eu à participer aux menteries que les joueurs contaient à leur famille. À l’épicerie, quand je croisais la femme d’un de nos bons joueurs, je restais vague sur mes réponses ou je devais carrément être complice du joueur: “non madame, je ne me rappelle pas avoir vu votre mari… Je ne saurais vous dire s’il a perdu…” On nous entraîne à être des “dignes’’ représentants du Casino 24 heures sur 24.»

«Cette illusion que nous vendons, nous la subissons nous-mêmes dans nos vies et notre quotidien.» Cette représentation va beaucoup plus loin que de simples sourires, décrit Mme Mainguy. Les employés doivent subir la violence des joueurs sans broncher et sans faire réagir les joueurs. «À force de se faire traiter de “petite garce” ou de “petite cr…”, ça finit par te peser sur les épaules, dit-elle. Un joueur régulier passe par toutes sortes d’émotions que nous devons subir sans nous plaindre, sans pouvoir mettre nos limites. Des joueurs deviennent agressifs, frustrés, envahis par des émotions intenses et extrêmes. Nous ne pouvions pas leur dire de se calmer. Il nous fallait subir ces agressions avec le sourire, même quand le joueur est malheureux et dépasse ses limites de jeu — des agressions verbales, psychologiques, presque physiques à l’occasion.»

«Les barmaids dans les clubs ont la responsabilité de refuser de servir de l’alcool à quelqu’un qui dépasse ses limites. Au Casino, en aucun temps, un croupier peut suggérer d’arrêter de jouer!», dénonce Mme Mainguy. Juste avant le suicide S’il y a intervention, elle ne se fera qu’à la toute dernière limite, juste avant que le joueur craque, raconte-t-elle. «À la limite de la dépression et de la folie, on laisse le joueur s’en retourner.» À Montréal, par exemple, certains se sont suicidés dans le stationnement du casino, d’autres ont marché jusqu’au pont Jacques-Cartier, situé tout près.

«Des croupiers auront été les dernières personnes à parler à ces gens avant leur suicide. Sachant le désarroi et la détresse qui habitent une personne dans les instants précédant son suicide, même inconsciemment, cette énergie peut devenir un boulet à traîner pour le personnel du casino», se rappelle l’ex-croupière, encore troublée par son expérience.

Ligne 1-800 bidon

Face à tout cela, avec un service à la clientèle qui se veut hors pair pour faciliter le jeu, on peut supposer que le Casino traite aux petits oignons ses employés se trouvant aux premières lignes. «Non, tranche la jeune femme, il n’existe pas vraiment de service d’aide aux employés, sauf une ligne 1-800 bidon. Même si j’ai travaillé près de 4 ans au Casino, je n’avais pas le droit de l’utiliser, car j’étais considérée comme une employée occasionnelle. Seulement ceux qui ont un statut de temps plein et régulier y avaient droit.»

«Nous avions des cours conçus par des psychologues pour reconnaître les pulsions des joueurs, afin de profiter d’eux, mais rien pour nous aider à passer à travers tout le stress que nous vivions.»

«Quand un joueur a tout perdu à ta table, il te fait sentir coupable. Loto-Québec fait de même: tout est comptabilisé et tu es toujours espionné. Si tu donnes plus de gain à ta table que la moyenne, tes patrons te font sentir que ce n’est pas normal. “Une chance que tu ne paies pas comme ça tous les jours!”, te disent-ils. Si, comme le prétend Loto-Québec, le jeu est un hasard, pourquoi nous culpabiliser quand des joueurs gagnent? Ils savent que le facteur humain peut être contrôlé et ils mettent tout en place pour y arriver.» Aux casinos, il n’y a aucune horloge: on fait perdre aux joueurs la notion du temps…

Croupiers compulsifs

Mme Mainguy a observé que plusieurs croupiers développent eux aussi des problèmes de jeux. «En tant qu’employé de Loto-Québec, tu n’as pas le droit de jouer au Québec. C’est pourquoi nous retrouvons des employés qui s’installent des tables de jeux chez eux.» «D’autres ont des problèmes d’alcool ou encore de cocaïne. Beaucoup pleurent et ont des signes physiques du stress que nous subissons. La durée de vie des croupiers avant de craquer est de 3 à 4 ans en moyenne.» En bout de ligne, tout le monde y perd et nous sommes tous victimes: le joueur, sa famille et son entourage, le croupier. La société aura plus tard à ramasser les pots cassés.

L’argent amassé par Loto-Québec n’est qu’illusion, croit l’ancienne croupière. Aurons-nous les moyens de payer les effets pervers de cet argent pompé sur le dos des joueurs, des familles et des employés de Loto-Québec? demande-t-elle.

Milliards de profits et 20 millions pour le jeu compulsif…

Sur les milliards et milliards de profits, est-ce responsable de redistribuer seulement 20 millions par année en intervention et en prévention auprès des joueurs compulsifs? Éléonore Mainguy partage un de ses rêves. «Je refuse d’endosser les patterns préétablis par nos gouvernements sous prétexte qu’ils existent depuis déjà longtemps», affirme-t-elle. Oui, on est là pour changer ce monde qui se ternit au rythme des aberrations de notre système.»

«Loto-Québec doit arrêter de faire l’autruche et de miser sur la faiblesse des gens. Qu’ils s’assument et qu’ils arrêtent de mentir à la population!», conclut la jeune femme, déterminée à poursuivre son combat sur toutes les tribunes.

NDLR: Pour contacter Éléonore Mainguy.

L’adresse que nous avions publié pour rejoindre Éléonore Mainguy n’est plus en activation. Nous avons une autre adresse pour la rejoindre. Nous attendons son autorisation pour la publier. En attendant, vous pouvez nous envoyer vos demandes et nous lui acheminerons: journal@journaldelarue.ca

Textes sur le gambling:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/gam-anon-fraternite-dentraide-pour-les-proches-des-joueurs-compulsifs/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

La mort d’un gambler.

Il ne me reste que deux semaines à vivre. Je suis membre Gamblers Anonymes depuis presque deux ans. J’ai aimé et j’aime encore jouer. Le jeu a détruit ma vie. Est-ce que je retourne jouer pour profiter de mes dernières semaines?

Robert B. Ste-Eustache, un ami, m’a posé cette question. Pour me faire réfléchir un peu. Pour me préparer à cette éventualité. Pour connaître l’état de mon cheminement et de mon rétablissement. Il me regardait droit dans les yeux. J’avais l’impression de faire face à mon médecin. Il me demande de m’imaginer que je viens d’apprendre qu’il ne me reste que deux semaines à vivre. Est-ce que je retourne jouer?

La question m’a bouleversé. En arrêtant de jouer, j’ai récupéré le pouvoir de ma vie. J’ai récupéré un équilibre dans toutes les sphères de ma vie. J’ai un nouveau mode de vie, je suis plus près de ma famille, j’ai des amis sur qui compter… J’ai atteint une sérénité et une harmonie, résultat de ce geste que j’ai posé il y a deux ans de prendre les moyens pour arrêter de jouer. Je vis une journée à la fois. Comme si c’était ma dernière journée à vivre. Je prends le temps d’exprimer à tous et chacun ce qui se passe en moi. Autant mes joies que mes peines.

Pour mes dernières semaines, pourquoi je ne continuerais pas comme j’ai déjà commencé? Et si le médecin se trompait et que finalement il me restait 6 ou 12 mois à vivre? Pourquoi je ne profiterais pas de ces derniers instants pour serrer mes enfants dans mes bras, dire à ma conjointe que je l’aime, prendre un dernier repas avec mes amis?

J’ai le goût que mes proches se souviennent de moi dans la sérénité de ces derniers instants de relation, de joie et de bonheur. Pas comme celui qui a perdu sa vie dans une machine à sous. Même si la question m’a ébranlé, je suis maintenant convaincu que retourner jouer n’est pas une solution envisageable pour moi.

Merci à cet ami qui m’a fait réfléchir pendant quelques instants. Face à ma souffrance et mes difficultés, j’ai tendance à m’isoler et à me cacher. Face à ce verdict final, si je veux éviter de perdre le contrôle, je dois me préparer. Aviser mes proches de m’aider à briser mon isolement. Leur dire que je veux rester près d’eux même dans les derniers instants. Un peu comme on prépare sa retraite, on peut se préparer à vivre ses derniers jours. Parce que la vie, c’est comme un bon café: c’est bon jusqu’à la dernière goutte.

Textes sur le gambling:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/gam-anon-fraternite-dentraide-pour-les-proches-des-joueurs-compulsifs/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling.

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