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Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, journaliste
Dimanche le 11 mai, finalement, Danielle et moi avons réussi, avec plus d’un mois de retard, à pouvoir rencontrer Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville.
Cet événement mérite une entrée en matière. Pendant près de 2 années, Danielle et moi avons été bénévole à l’institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Nous y avons fait plusieurs rencontres, dont celle de Jean-Pierre.
Jean-Pierre a régulièrement envoyé des lettres à des médias. Si elles ont été publié, ça n’a été que dans de rares occasions. En apprenant que nous étions aussi impliqué dans le magazine Reflet de Société, Jean-Pierre nous présente quelques textes déjà écrit. J’ai dû refuser les textes présentés.
J’ai encouragé Jean-Pierre a continué d’écrire. J’ai aussi refusé ceux qu’il a écrit pendant les premiers mois qui ont suivi. Jean-Pierre écoutait les nouvelles télévisées, lisaient plusieurs quotidiens… Il était saturé d’informations de toutes sortes. Son opinion sur la guerre en Afghanistan n’était pas crédible et n’apportait rien de nouveau dans le débat.
Au printemps 2006, j’assiste à une journée de remerciement pour les bénévoles. J’ai l’occasion de manger à la cafétéria avec les autres prisonniers et de passer une journée complète avec eux. J’ai pu ainsi rencontrer les prisonniers responsables des différentes activités. Pour l’occasion, plusieurs d’entre-eux avaient écrit des textes de remerciement pour les bénévoles. Les textes de Pascal, Éric, Pat, Benoît, Jean-Pierre et d’un 2e Éric étaient affichés sur un grand carton.
J’avais été touché par cette reconnaissance que les prisonniers ont témoigné envers les bénévoles qui viennent les visiter. Dans nos vies tumultueuses, la visite d’un ami peut facilement être prise pour acquise. Dans une prison fédérale, quand quelqu’un vient te visiter, même un étranger que tu ne connais pas encore, tu apprécies son geste, le temps qu’il t’offre. Un instant de relation, une parole d’encouragement prennent un sens magique.
Lors de ma rencontre suivantee, Jean-Pierre me remet le grand carton avec tous ces textes de remerciement. Celui-ci est encore installé dans mon bureau. En août 2006, avec l’autorisation de Jean-Pierre et de ses collègues, je publie dans Reflet de Société les textes qu’ils ont écrit. En remettant des exemplaires de ce numéro aux différents prisonniers, une flamme illumine leur regard. Quelqu’un leur a fait confiance pour les publier. Ils voient leurs noms au bas de leur texte. Ils vont être lu par près de 500 000 lecteurs à travers tout le Québec!
Suite à cette expérience, nous avons réussi à publier plusieurs textes de détenus. Danielle et moi leur proposons d’écrire sur ce qu’ils connaîssent: la prison et leur criminalité. En parlant, non pas comme des spécialistes ou des techniciens, mais au JE, avec leur coeur, leur raison et leur passion.
Quelques chroniques se publient avec plusieurs auteurs différents. Un seul continue avec persévérance. Après sa première publication, Jean-Pierre m’a regardé droit dans les yeux pour me dire: “j’ai compris ce que tu veux. Attends de voir mon prochain texte. À partir d’octobre 2006, Jean-Pierre a débuté sa chronique en solo et n’a pas arrêté depuis.
En 2007, Jean-Pierre se fait transférer à la prison de Cowansville. Notre relation va continuer dans l’écrit. Jean-Pierre continue de m’envoyer ses textes et des lettres personnelles. Je lui retourne des exemplaires avec des mots de Danielle et moi.
En janvier 2008, l’équipe journalistique de Reflet de Société se réunit pour choisir les textes qui seront présentés à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) et pour l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM). Dans la catégorie “Meilleure chronique”, à l’unanimité nous présentons la chronique de Jean-Pierre.
Début avril, j’envoie une lettre à Jean-Pierre lui annonçant qu’il est finaliste pour les Grands Prix de journalisme de l’AQEM. Je lui fait parvenir des copies couleurs de tous les documents qui font mention des résultats. Je commence les démarches pour le rencontrer à la prison de Cowansville. Le 25 avril, ouverture du congrès de l’AMECQ. Nous apprenons que Jean-Pierre y est aussi finaliste. Le lendemain nous apprenons qu’il remporte le premier prix de l’AMECQ pour sa chronique. Le 30 avril, lors de la journée des magazines, j’apprends que Jean-Pierre n’a pas remporté le prix de l’AQEM.
L’enthousiasme est à son comble parmi l’équipe de Reflet de Société et de ses collaborateurs. Nous avons reçu plusieurs mots d’encouragements des autres éditeurs, tout aussi content que nous que Jean-Pierre se soit aussi bien classé.
Les démarches pour visiter Jean-Pierre auront été longues et ardues. Je reçois des formulaires que je remplis. Après quelques semaines d’attente, j’apprends qu’on ne m’a pas fait parvenir les bons formulaires, je dois recommencer les procédures. Prises de photos, enquête… Danielle et moi sommes finalement accepté pour la prison de Cowansville. C’est la 6e prison qui m’accepte. Mais ils n’ont aucun système centralisé, il faut recommencer les enquêtes et les procédures à chaque fois. Pendant tout ce temps, aucune lettre de Jean-Pierre sur ses impressions. Cela m’inquiète un peu.
Nous mettons près d’une heure trente minute pour parcourir les 116 kilomètres qui nous séparent de la prison de Cowansville. Presque le même temps nous sera nécessaire pour franchir les 116 pieds séparant le stationnement de la salle pour rencontrer Jean-Pierre. C’était la fête des mères. Il n’y avait presque personne. À l’heure où nous sommes arrivés, nous étions les seuls à vouloir passer les contrôles de la sécurité.
Jean-Pierre se présente finalement. Il se confond en excuse. Une barbe de plusieurs jours le gêne. Quand je le rencontrais à l’institut Leclerc, il connaissait mes soirées de présence. Il arrivait toujours bien rasé, bien parfumé et bien habillé. Aujourd’hui, malgré son habillement, la joie de nous revoir, la fierté de nous parler de ce qu’il ressent nous font oublier tout le reste.
Jean-Pierre m’avait envoyé une lettre qui ne s’est jamais rendu. Il m’en avait envoyé une 2e le vendredi. Je viens tout juste de la recevoir. À vrai dire, j’attendais cette lettre avant d’écrire mon billet. Nous nous permettons de partager avec vous ces quelques lignes:
Un magnifique bonjour.
Est-il nécessaire de vous décrire à quel point vous m’avez surpris avec votre dernier envoi. Mon égo et surtout ma fierté m’ont fait franchir un nouveau stade dans mon développement personnel. J’étais un homme relativement content. Maintenant, je deviens un être accompli. La reconnaissance par ses pairs est la sensation la plus agréable… après le sexe.
Un gros merci encore une fois de votre confiance et de vos encouragements. J’ai su qu’un journaliste voulait me rencontrer. J’ai accepté de le rencontrer.
Je vous envoie mes salutations. Passez un bel été fleuri. J’ai quelques textes en préparation.
Jean-Pierre Bellemare.
Jean-Pierre a été surpris du nombre de personnes qui sont venu le féliciter pour le travail qu’il a fait. D’autres détenus, des gardiens, des bénévoles, des gens de la chapelle… J’ai voulu lui remettre le trophée que Jean-Pierre avait gagné. La sécurité n’avait pas autorisé que je lui amène. Même pas pour lui montrer. J’ai mis le trophée sur le “scanner” et lui ai amené des photocopies couleurs grandeurs natures. Elles vont orner sa cellule.
Ces retrouvailles à la prison de Cowansville me motive à parcourir de nouveau les 116 kilomètres qui nous séparent. Je vais bousculer mon agenda pour trouver les 5 heures nécessaires pour cette visite d’une heure. Mais je ne dois pas aviser. Parce que Jean-Pierre m’a avisé. Trop de visites rend difficile le retour à la cellule. Cela revigore les souvenirs qu’il y a une vie après la prison et, qu’un jour, ce sera son tour à reprendre une vie de citoyen.
Au plaisir de la prochaine rencontre Jean-Pierre.
Amitiés,
Danielle et Raymond.
Photos de Julie Couillard (ex-conjointe d’un Hells Angels et d’un Rockers) et Maxime Bernier, ministre conservateur
Tout un titre direz-vous. Je viens de lire un billet de notre ami Renart l’éveillé qui titre: Enfin, une autre photo de Julie Couillard. Le 8 mai dernier, le scandale éclate en première page du Journal de Montréal. On y voit le ministre Maxime Bernier accompagné de Julie Couillard. La photo est pixellisé pour éviter qu’on reconnaisse Julie Couillard. Le 9 mai, Renart L’éveillé lance son billet sur son blogue. Il se pète les bretelles à dire que beaucoup de gens sont venus sur son site en cherchant des photos de Julie Couillard dans Google.
Toujours le 9 mai, après lecture du billet de Renart, le journal d’un Wannabe écrit le billet suivant: Profitant de l’intérêt pour des photos de Julie Couillard. S’amusant à faire compétion à Renart, il dit avoir reçu 420 clics sur ce billet en seulement une heure!
Bon, je dois faire mon méa culpa de blogueur. J’avais entendu vaguement parler de cette histoire entre Maxime Bernier et son ex-amie Julie Couillard. Je suis souvent 7 à 10 jours en retard sur ma lecture de l’actualité. Je savais que je voulais réagir à cet événement. Et comme il arrive souvent, mon opinion aurait sorti 15 jours après ceux-ci.
Mon ami Renart vient cependant de me faire réaliser une chose importante. Quand je blogue, je ne suis plus un rédacteur dans un magazine publié 2 mois après les événements. Je ne suis plus un écrivain qui peut écrire sur des événements qui se déroulent sur plusieurs années. Le blogue, c’est l’instantannéité, le moment présent. On commence à en parler et à présenter des photos avant même que les événements ne soient terminés!
Ouf!!! Va falloir que je me lève encore plus tôt et que je me couche encore plus tard si je veux arriver à reprendre le beat, à être présent sur le web en même temps que tout le monde. Pour mon opinion sur Julie Couillard et Maxime Bernier, vous allez devoir attendre encore un peu. Mon retard est encore évident. Mais la réflexion va se faire sur ma capacité à être si vite et pouvoir livrer une opinion décente plus rapide, malgré mes 100 heures de travail par semaine déjà à l’agenda.
P.S. Après être retourné sur Google en tapant Photo de Julie Couillard, on peut y retrouver en 40e position le blogue de Stéphane Gendron. Voici la description des tags qui nous amènent à son site: Photos Favorites. Photos Favorites · Photos Favorites …. par association tout simplement parce qu’il s’est lié avec une dénommée Julie Couillard. Beaucoup de photos pour une seule ligne sur Julie Couillard dans son billet!!!
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L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle. 19,95$
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Le crime organisé et les danseuses nues
Un article de la Presse Canadienne publié dans le Journal de Montréal le 24 avril mentionne que la ministre fédérale de l’Immigration, Diane Finley, a reçu des menaces depuis qu’elle a proposé d’empêcher les stripteaseuses étrangères de pratiquer leur métier au Canada.
On y apprend aussi que des fonctionnaires du ministère de l’Immigration ont déjà été la cible de tentatives d’intimidation par le crime organisé lorsqu’il s’agissait de règlements limitant l’accès au Canada de danseuses nues.
Qu’attend-on pour sévir et règlementer encore plus? Doit-on laisser le crime organisé abattre un ministre? Des journalistes ont déjà subi les représailles du crime organisé. C’est su et connu depuis longtemps que les demandes d’immigration pour les danseuses nues sont majoritairement contrôlées par le crime organisé. Le Canada perd la trace de plusieurs immigrantes qui finissent, cachées dans le monde de la prostitution sous le contrôle du crime organisé. Des filles à qui ont leurs enlèvent leur passeport, on les empêchent de demander de l’aide, des filles qui se retrouvent obligé de se prostituer.
Qu’attend-on pour agir? J’ai l’impression parfois que tout le monde est au courant et que personne ne fait rien. Qu’est-ce que je fais de mots tels que “Justice sociale”? Je les mets au poubelle parce que personne n’ose mettre ses culottes? Je les banis de mon vocabulaire parce que personne ne peut s’organiser à désorganiser le crime organisé?
Quel message envoyons-nous à nos jeunes? Est-ce une façon de leur dire qu’ils sont aussi bien d’adhérer à un gang de rue et envisager le proxénétisme comme une bonne source de revenu? Dans les années 1970, nous avons laissé des motards se regrouper, s’organiser et devenir des institutions. La criminalité est le reflet de notre laxisme social.
Il reste encore un peu d’espoir qui m’habite. Que justice et équité puissent trouver leur place dans notre pays. Mais quand je vois le Canada avoir de la difficulté à prendre sa place et mettre les choses en ordre, comment puis-je espérer que, mondialement, les pays du tiers-monde accèdent eux aussi à cette justice tant espéré?
Pas banale la vie carcérale
Jean-Pierre Bellemare vient de quitter l’Institut Leclerc. Il a été transféré à la prison de Cowansville.
Parce que nous, les prisonniers, vivons dans un milieu fermé, nous apprenons à nous connaître en détails très rapidement. Les gens qui m’entourent possèdent tous un bagage personnel très intéressant. Il est pratiquement impossible de s’ennuyer lorsqu’un compagnon d’infortune raconte son vécu.
Tous ceux qui ont fait la première page des journaux se retrouvent ici. On est en mesure de vérifier les allégations des journalistes avec les personnes directement concernées. On réalise que, trop souvent, les médias déforment la réalité pour la rendre plus attrayante aux lecteurs. On découvre l’envers de la médaille expliquant ces comportements qui semblent, à prime abord, incompréhensibles. Surtout si l’on ne se fie qu’aux journaux qui sombrent trop facilement dans le sensationnalisme.
“Il a reçu 25 coups de couteau.” Pourquoi autant d’acharnement? Cette façon de communiquer la nouvelle est vendeuse. Pour moi, qui me trouve en prison et qui rencontre l’auteur de ces actes, je comprends mieux les raisons qui l’ont mené à réagir de la sorte. Je prends le temps de l’écouter me raconter le calvaire des 18 ans où il a été abusé sexuellement par la “supposée victime”, sa faillite psychologique qui explique la perte de contrôle, l’expression d’une douleur si grande, si forte, si puissante que la raison a fait place à la folie, une sorte de black-out.
À l’intérieur des murs, j’ai l’impression qu’on a l’occasion de connaître ceux qui font l’actualité québécoise de façon beaucoup plus objective. C’est généralement une suite consécutive de malheurs, d’échecs, d’abandons, de solitudes qui font glisser inexorablement un tel individu vers la surdose, le suicide, l’agression, voire le meurtre.
Cette façon d’exprimer sa douleur est un exutoire aux conséquences catas-trophiques pour tous. Cette souffrance s’exprime par des actes abominables pour la simple raison qu’elle est insupportable. Une personne en feu peut se jeter en bas d’un édifice seulement pour éviter de ressentir la douleur intense l’envahir. Imaginez-vous en train de subir cette douleur qui brûle à l’intérieur de soi…
Je reviens à l’intensité de la vie carcérale, celle de fréquenter ces gars avec qui on ne s’ennuie jamais. D’être continuellement surveillés par des gardes armés nous questionne sérieusement sur notre criminalité. Une sécurité de plusieurs millions de dollars autour de nous finit par créer un effet certain dans notre esprit. Être entouré de gars qui vivent des dépressions les unes après les autres, des psychoses, des complexes aigus ou de sérieux troubles de personnalité égaye une journée comme vous ne pouvez pas l’imaginer. Dans le même après-midi, on rencontre toute la gamme de criminels inimaginables avec leur propre façon de se comporter. Lorsqu’on a un conflit avec l’un d’eux, toutes les surprises sont possibles, et elles ne s’avèrent pas toujours agréables!
Vivre aussi intensément pendant plusieurs années augmente la difficulté à se réhabiliter et à retrouver sa place en société. Le premier obstacle est une sorte de morosité qui s’installe. La quiétude, qui est recherchée par la majorité des gens, est effrayante pour un gars de prison. Elle représente pour lui le moment avant un meurtre, le moment avant la fouille générale, le moment avant l’émeute.
Le silence en prison est très rare. Lorsqu’il se présente, cela ne présage jamais rien de bon. Voilà peut-être, en partie, pourquoi nous avons de la difficulté à nous réinsérer. Vous seriez étonné des effets secondaires que peut créer une longue période d’incarcération.
Vivre intensément peut paraître grisant lorsqu’on pratique un sport ou quand on triche sa femme pour la première fois. Mais, une longue période d’incarcération cause des dommages dans la façon de percevoir le quotidien et son silence.
*Tous mes textes sont soumis à des codétenus pour être jugés avant publication.
Autres chronique de Jean-Pierre Bellemare.
Les macaques à l’oeuvre
Publié le 25 avril 2008
Bonjour à tous,
Grosssssssssssse semaine!
D’abord, je tiens à revenir sur les incidents de lundi. Les incidents qui ont mis le feu à 6 voitures de police. Les incidents qui ont transformé une bonne poignée de partisans du Canadien en singes, carrément. Marie-Sophie, une participante au stage au Costa Rica, était sur place pendant une partie de la manifestation. Elle m’a fait comprendre que tout ce qui différenciait un singe d’un manifestant ce soir-là, c’était la quantité de poils sur le corps… Une troupe de macaques quoi.
J’ai ma petite idée sur ce qui a pu se passer. Quelques révoltés se proclamant anarchistes attendaient patiemment à la sortie du Centre Bell. Lorsque la masse de singes (sous l’effet de l’alcool par-dessus le marché) est sortie toute contente du sort de son équipe, la casse pouvait commencer. C’est prouvé, plus une foule est nombreuse, plus elle est conne. Ces casseurs en ont simplement profitée. Je ne vous dis pas que c’est la vérité. Mais ça reste le scénario qui à mes yeux est le plus crédible.
Hier, c’était le premier match Canadiens-Flyers. Aux nouvelles à 22h, les TVA et Radio-Canada de ce monde épiaient la foule, attendant un autre possible carnage. Merde, encouragez-les donc tant qu’à y être! C’est sûr que ça te donnerait un bon topo en tout cas, mon cher ami journaliste.
Que se passera-t-il si le Canadien remporte sa prochaine série dans un match à Montréal? Je l’ignore. Mais j’ai également ma petite idée là-dessus. Je crois qu’il y a une majorité de partisans qui déplore les événements de lundi. Si la scène devait se répéter lors de la victoire (ou de la défaite) du Canadien dans un match à Montréal, j’ai l’impression qu’on pourrait en arriver à une violence encore moins belle à voir… Imaginez: deux bandes de primates en désaccord. Et ils ne se tireront certainement pas que des bananes… Houlala, ça pourrait encore plus compliquer le travail des policiers!
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Sinon, cette semaine, j’ai réalisé deux entrevues pour deux articles du numéro de juin. Deux visites dans le monde des adolescents. Une première à l’école secondaire l’Érablière, à Saint-Félix-de-Valois (1h au nord-est de Montréal). Là-bas, un groupe de jeunes est très motivé à transformer leur école en milieu de vie écologique, solidaire, démocratique et pacifique. Une façon pour eux de se sentir chez eux dans leur école.
Une autre visite à la Maison des Jeunes de Bordeaux-Cartierville m’aura permis de rencontrer l’équipe du magazine Authentik. Deux intervenantes et plusieurs jeunes qui fréquentent l’endroit ont créé un magazine pour adolescente qui se proclame la contrepartie aux publications du genre Filles d’Aujourd’hui. Fort intéressant, je vous l’assure. Et une maudite belle gang de filles, super motivée et qui œuvre toujours dans le plaisir. À lire dans votre prochaine édition de Reflet de Société!
J’ai aussi rencontré hier une jeune femme qui s’investit beaucoup au Costa Rica. Semblerait-il qu’une communauté québécoise est en train de naître là-bas. Ha oui, vraiment? Bref, elle nous a refilé pleins de bonnes idées de reportages, ainsi que pleins de beaux endroits où se loger pour pas cher. Je peux vous dire une chose, la vie au Costa Rica n’a l’air de rien de très compliqué. Tant que tu es sympathique avec les gens. J’adore ça!
Sur ce, je vous souhaite donc une excellente fin de semaine.
Gabriel.
Les adieux de Nathalie Simard
Plusieurs médias ont annoncé la retraite de Nathalie Simard dans l’industrie du Show Business.
Après un long silence, un silence qui tue, en 2003 Mme Simard fait son coming out et dénonce les abus sexuels qu’elle a subi de la part de son gérant et pédophile Guy Cloutier. S’en suit un procès éprouvant. Il ne faut vraiment pas banaliser la charge émotive d’un tel procès médiatisé pour une victime d’abus sexuel.
À la fin du procès, s’enchaînera à un rythme d’enfer: entrevues médiatiques, lancement d’un livre, création de la Fondation Nathalie Simard, séries de conférences sur les abus sexuels à travers le Québec, une chicane familiale… Un retour à la vie publique dès plus essoufflants.
Ensuite Nathalie Simard planifie son retour à la chanson, sa carrière, sa raison d’être professionnelle. Épuisement, fatique, panique… Les détenteurs de billets pour une tournée trop “booké” pourront se faire rembourser. Nathalie Simard quitte la vie publique, se retire.
Cela n’est pas sans me rappeler plusieurs histoires qui ont certaines similitudes. Un parent qui a perdu en enfant par suicide, une femme qui perd sa soeur dans une tuerie, un père qui a perdu sa fille au main d’un meurtrier, un père dont son fils s’est suicidé à cause du jeu compulsif, un joueur compulsif qui a survécu a une tentative de suicide, un homme séropositif… Lise Mondor, Heidi Rathjen, Pierre-Hugues Boisvenu, Sol Boxenbaum, Did Tafari Bélizaire, François Blais… Et j’aurais pu mettre une quantité énorme de noms.
Lorsque nous traversons des événements qui nous sont pénibles, il n’est pas rare d’observer qu’une des réactions est de vouloir sauver le monde et tous les autres qui passent par les mêmes souffrances que nous. Nous devenons hypersensibles. La cause prend le dessus. Au départ, la mission que l’on se donne peut être une forme de thérapie. Elle peut aussi rapidement devenir un fardeau lourd à porter. Très lourd.
J’ai vu des gens vouloir partir des fondations et des organismes d’intervention. Des gens qui ont fait un burn out, d’autres qui se sont suicidés. Par respect pour les survivants, je ne mettrais pas de noms sur ces victimes qui sont devenues leurs propres bourreaux.
Je suis content d’apprendre que Nathalie Simard a su se respecter et mettre des limites. Question de se respecter. Question de respecter toutes les victimes d’abus sexuels qui se sont reconnues en elle et qui n’auraient pas pu survivre à un burn out qui aurait pu amener à son suicide.
Merci Mme Simard de prendre soin de vous.
85 bonnes raisons pour laisser les Harley Davidson aux Hells Angels Qui ne connaît pas la moto Harley Davidson? Une moto de prestige, qui coûte cher. Pas n’importe qui peut se payer une Harley Davidson. Quand on pense Harley Davidson, comment imagine-t-on son propriétaire?
D’un côté, les rebelles, les bad boys. Membres de groupes criminalisés tel les Hells Angels. Comment puis-je justifier cette théorie. Quand on regarde sur Wikipédia pour Harley Davidson, un article connexe nous réfère aux Hells Angels! Le lien entre Harley Davidson et les Hells Angels n’est plus juste une légende urbaine ou une rumeur. D’un autre côté, les retraités qui veulent vivre leurs retraites, s’évader.
Entre ces deux clientèles totalement différentes il y a quelques autres catégories secondaires de propriétaires de Harley Davidson.
Et voilà que Harley Davidson veut afficher ses couleurs et se faire un peu de publicité. Les résultats sont présentés par André Beauvais dans les Journal de Montréal du 21 mars. La firme OSL Marketing est approchée. Le concepteur de la campagne, Dominic Bourdages propose une campagne dont l’objectif est de provoquer et de faire jaser.
85 panneaux publicitaires sont utilisés pour parodier les panneaux routiers avec des messages, au dire même du concepteur de la campagne, baveux pour promouvoir la marque Harley Davidson.
- 640 raisons d’aller acheter des cigarettes à Kanesatake.
- 40 raisons d’aller visiter les frais chiés de Montréal.
- 40 raisons d’aller s’emmerder à Ottawa.
- 20 raisons d’aller visiter des têtes carrées à Toronto.
- 20 raisons d’habiter dans une banlieue plate.
Une publicité qui avait été prévu mais qui ne sera pas affiché : “640 raisons d’aller discuter golf avec un Mohawk de Kanesatake”. Petit sursaut de conscience sociale pour le concepteur de la campagne publicitaire.
Selon M. Bourdages, Harley Davidson peut se permettre une campagne baveuse et des formules irrévérencieuses parce que Harley Davidson inspire une grande liberté et une certaine force.
Je pense que M. Bourdages vient de faire une grave erreur de jugement. Une publicité peut faire la promotion d’une marque, mais peut aussi manquer son coup et vendre le contraire. Et je crois que c’est justement ce que vient de faire M. Bourdages.
Jusqu’où notre société est tolérante et prête à accepter que la publicité dise n’importe quoi pour promouvoir son produit? Jusqu’où une publicité peut baver les citoyens et permettre au produit que l’on tente de vendre d’augmenter ses ventes?
Parce que je suis un propriétaire de Harley Davidson, je peux endosser des illégalités comme la vente de cigarettes à Kanesatake, je peux envoyer promener tout le monde et me penser le nombril du monde. Est-ce que cela représente la philosophie du retraité qui veut vivre sa retraite sur une Harley Davidson? Pas vraiment. Cela représente beaucoup plus la mentalité et la philosophie des Hells Angels. M. Bourdages vient d’associer et d’officialiser encore plus que conduire une Harley Davidson nous donne un caractère de Hells Angels.
Quelles en sont les conséquences possibles? D’une part, les retraités risquent de choisir un autre modèle de moto pour vivre leur liberté sereinement. D’autre part, en donnant un caractère Hells Angels à la Harley Davidson, M. Bourdages vient possiblement de tuer son produit. Parce que les Hells Angels se promènent de moins en moins en moto. Ils deviennent de plus en plus des criminels en habit cravate!
Qui va maintenant acheter les Harley Davidson? Que reste-t-il comme clientèle pour la Harley Davidson? Au lieu de tenter de développer une nouvelle clientèle et un nouveau créneau, M. Bourdages vient possiblement de tuer la Harley Davidson.
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La Banque Nationale en feu, vandalisme dans Hochelaga-Maisonneuve: gang de rue, groupe criminalisé ou anarchistes?
Notre organisme, le Journal de la Rue et son projet Café-Graffiti sont situés en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve. Notre compte de banque se trouve à la Banque Nationale. Celle dont les guichets ont passé au feu.
Un événement malheureux que nous déplorons. Quelques jours plutôt un autre événement s’était produit. 6 auto-patrouilles du poste de quartier 23 sont incendiées, une vingtaine de voitures d’un concessionnaires Mazda et 2 camionnettes de Bell qui stationnent pas loin.
Un communiqué sur le site de la Coalition des médias alternatifs du Québec (CMAQ) revendique les événements. Les anarchistes attaquent, les médias s’emballent et les blogues s’enflamment! De quoi faire peur à toute la population. Même les journalistes Claude Poirier et Paul Arcand parlent d’une possibilité que l’événement des auto-patrouilles de la police soit relié à des groupes criminalisés.
Il faut faire attention pour en pas mettre tout dans le même panier. D’un côté, Claude Poirier, dans son entrevue à LCN parle de cette possibilité pour les auto-patrouilles de la police. Mais il ne fait pas de lien avec la Banque Nationale. Il peut y avoir ici plusieurs événements indépendants les uns des autres.
Pour la Banque Nationale, nous avons été informés que des jeunes de 10 à 12 ans ont utilisé les enveloppes de dépôt en papier pour mettre le feu. Pour les auto-patrouilles, il y a avait des accélérants. Deux histoires qui n’ont pas du tout les mêmes circonstances.
Est-ce que les jeunes qui ont mis le feu à la Banque Nationale ont été influencé par cette montée de vandalisme pour faire le leur? Peut-être. Mais nous n’en savons pas plus pour l’instant et il faut attendre de nouvelles informations avant de spéculer dans toutes les directions.
Est-ce que le quartier Hochelaga-Maisonneuve est plus dangereux qu’un autre quartier? Aucunement. Malgré ces incidents, la violence n’a pas augmenté, au contraire, elle a diminué. La population augmente, les mises en chantier sont les plus hautes à Montréal, le nombre de propriétaires occupants augmentent, des commerces de qualité ne cessent de prendre leur place… Hochelaga-Maisonneuve, un quartier où il fait bon vivre.
Pour qui le crime paie-t-il?
Raymond Viger, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008
J’ai rencontré nombre de personnes qui ont eu des activités illicites. Toutes sortes de magouilles pour faire de l’argent. Des plus petites aux plus grosses.
La très grande majorité de ces personnes sont encore plus pauvres qu’avant. Surprenant. Pourtant, il y a du gros argent qui se brasse dans les différentes mafias et groupes criminalisés. Mais où va tout cet argent?
L’argent mal acquis se centralise autour de quelques individus. Ceux qui contrôlent, ceux qui prennent les décisions. Les petits qui tournent autour et qui pensent devenir riches, généralement, restent pauvres et petits.
Il y a beaucoup de promesses dans le monde criminel. “Fais-le et on va t’arranger ça”. “Fais-nous confiance…” “Là, on est un peu serré financièrement, mais laisse-nous arranger nos finances et on te paye après…”. En réalité ce ne sont que des discours vides. Les criminels sont de grands vendeurs de rêves. Et comme beaucoup de vendeurs, ils sont de vrais menteurs. C’est comme ça qu’ils montent leur fortune.
Pour chaque criminel qui monte en grade et qui fait de l’argent, combien de losers vont demeurer en reste? Les très rares qui ont fait un peu d’argent sont ceux qui ont su s’organiser sans compter sur le crime organisé. Parce que le crime organisé ne sert qu’à organiser leur crime et leur fortune.
Pour le crime organisé et les différentes mafias, tu n’es que de la chair à canon. On t’envoie faire les mauvais coups, on se sert de ton crédit, on te fait travailler gratuitement en te promettant des faveurs qui ne viendront jamais. Ils t’entretiennent dans la misère, sous le seuil de la pauvreté.
Pour être efficace, les dirigeants du crime organisé doivent te contrôler, assurer ta dépendance. Plus tu dépends d’eux, plus tu vas faire des conneries pour eux. Au début, pour espérer faire de l’argent, ensuite, juste pour survivre.
J’ai vu des gars faire de l’argent. Ils se sont fait voler. Bizarre. Qui savait qu’ils transportaient de la drogue ou de l’argent? Pas des groupes ennemis. Trop souvent, les coupables sont ceux que tu appelles tes amis, ta gang. Quand tu ouvres les yeux et que tu finis par comprendre, tu as un dossier criminel, tu dois de l’argent à tout le monde, plus personne ne te fait confiance.
Et ne dis surtout pas que tu n’as pas été chanceux. Tu as choisi le crime. Et le crime est bien plus fort et plus gros que tu ne peux te l’imaginer. Tu te pensais plus intelligent que le crime organisé. Ils sont bien plus organisés que tu ne peux le penser.
Quand il te font attendre parce qu’ils te disent qu’ils doivent finaliser des transactions, dis-toi qu’ils ont décidé de ne pas te payer. Ils vont te faire attendre jusqu’à ce que tu ne sois plus capable d’attendre. Et après, tu fais quoi? Tu vas voir la police pour réclamer ton dû? Tu te retrouves seul dans ton coin et tu essayes de comprendre ce qui s’est passé.
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Les prisons, le Sida et l’hépatite C
Dans le quotidien La Presse du 9 janvier, Denis Lessard nous présente un article intitulé: “Le nombre de prisonniers infectés atteint des niveaux alarmants”.
Une étude nous apprend qu’un prisonnier sur quatre a consommé de la cocaine en prison, 4% des prisonniers ont reconnu avoir pris de la drogue par injection et plus d’une fois sur deux, ont admis avoir partagé leur seringue avec un autre détenu. Le rapport de recherche a été transmis au ministre de la Sécurité publique au début 2005. En plus de l’échange de seringues, le tatouage est aussi une source de transmission des virus.
Si l’on se fie à ce sondage, la prostitution à l’intérieur des prisons est presque absente, seulement 1%, mais le tatouage en rejoindrait 40%.
Ces informations ont été remises au ministre de la Sécurité publique du Québec au début 2005. Est-ce que le ministre de la Sécurité publique du Canada a été mis au courant de cette étude? En décembre 2006, lorsque le ministre Stockwell Day a refusé un programme d’échange de seringue avait-il cette information datant de 2005? Notons aussi qu’un programme sécuritaire pour le tatouage en prison avait aussi été abandonné en 2006.
En ce qui concerne la prostitution en prison, un article que nous avions publié dans Reflet de Société sur un prisonnier traitant de la sexualité en prison nous dit que la prostitution est plus fréquente que ce que le rapport mentionne ici: “Plusieurs détenus utiliseront le service des jeunes prostitués de façon si discrète que vous ne pourrez jamais deviner leur penchant. La honte, la peur qui les grugent de l’intérieur les empêchent de sortir du placard”.
Groupes criminalisés et mafia: le crime paie-t-il?
J’ai rencontré de grandes quantité de personnes qui ont eu des activités illicites. Toutes sortes de magouilles pour faire de l’argent. Des plus petites au plus grosses.
Pour la très grande majorité de ces personnes, elles sont encore plus pauvres aujourd’hui. Surprenant. Pourtant, il y a de la grosse argent qui se brasse dans les différentes mafias et groupes criminalisés. Mais ou va tout cet argent?
L’argent mal acquis se centralise autour de quelques individus. Ceux qui contrôlent, ceux qui prennent les décisions. Les petits qui tournent autour, ceux qui pensent qu’ils vont devenir riches, habituellement, restent pauvres et petits.
Il y a beaucoup de promesses dans le monde criminel. “Fais-ça et on va t’arranger ça”. “Fais-nous confiance…” “Là, on est un peu serré financièrement, mais laisse-nous arranger nos finances pis on te paye après…”. La réalité est que ce ne sont que des discours vide de sens. Les criminels sont de grands vendeurs de rêves. Et comme beaucoup de vendeurs, ils sont de vrais menteurs. C’est comme ça qu’ils montent leur fortune.
Pour chaque criminel qui monte en grade et qui fait de l’argent, combien de loosers vont demeurer en reste? Les très rares qui ont fait un peu d’argent, ce sont des gens qui ont su s’organiser sans compter sur le crime organisé. Parce que le crime organisé ne sert qu’à organiser leur crime et leur fortune.
Pour le crime organisé et les différentes mafias, tu n’es que de la chair à canon. On t’envoie faire les mauvais coups, on se sert de ton crédit, on te fait travailler gratuitement en attendant des faveurs qui ne viendront jamais. Ils t’entretiennent dans la misère, sous le seuil de la pauvreté.
Parce qu’ils aiment ça que tu dépendent d’eux. Plus tu dépends d’eux et plus tu vas faire des conneries pour eux. Au début pour espérer faire de l’argent. Ensuite, juste pour survivre.
J’ai vu des gars faire de l’argent. Ils se sont fait voler. Bizarre. Qui savait qu’ils transportaient de la drogue ou de l’argent? Pas des groupes ennemis. Trop souvent se sont ceux que tu appelles tes amis, ta gang. Quand tu ouvres les yeux et que tu finis par comprendre, tu as un dossier criminel, tu dois de l’argent à tout le monde, plus personne ne te fait confiance.
Et ne dit surtout pas que tu n’as pas été chanceux. Tu as choisi le crime. Et le crime est bien plus fort et plus gros que tu ne peux te l’imaginer. Tu te pensais plus intelligent que le crime organisé. Ils sont bien plus organisés que tu ne peux le penser.
Quand ils te font attendre parce qu’ils te disent qu’ils doivent finaliser des transactions, dis-toi qu’ils ont décidé de ne pas te payer. Ils vont te faire attendre jusqu’à ce que tu ne sois plus capable d’attendre. Et après, tu fais quoi? Tu vas voir la police pour réclamer ton dû? Tu te retrouves seul dans ton coin et tu essayes de comprendre ce qui s’est passé.
Je n’essaye pas de te faire la morale. Seulement te partager l’expérience de beaucoup de gens qui ont passé par là.
L’article 212 de la loi sur la prostitution, le proxénétisme et les annonces classées
L’article 212 du code criminel concernant la prostitution stipule que l’on ne peut vivre pleinement ou en partie de la prostitution d’autrui. Un proxénète qui prend un pourcentage sur le travail d’une prostituée est coupable selon cette loi.
Mais qu’en est-il des médias qui font la publicité des services d’escortes et de prostitution? Ces annonces rapportent des profits. Le média vit en partie de la prostitution d’autrui. Depuis longtemps, nous nous questionnons sur le laxisme des autorités à tolérer cette illégalité au code criminel.
Mais voilà que le vent commence à changer. Le Mercury News un journal de San Jose aux États-Unis, vient de publier un reportage Travis Reed, journaliste de l’Associated Press. Trois vendeurs de publicité pour les annonces d’escorte du Orlando Weekly viennent d’être arrêté le 19 octobre dernier par une escouade de la moralité sous le chef d’accusation de faire de l’argent sur le dos de la prostitution. Ils peuvent se faire condamner à une peine pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison.
En ce qui concerne le média, il peut être condamné à une amende de 15 000$. Le juge pourrait aussi décider d’incarcérer un représentant du Orlando Weekly. Le Metropolitain bureau of investigation a fait enquête pendant 2 ans pour en arriver à réaliser ces arrestations.
Est-ce que cela va influencer les autorités canadiennes et québécoises à appliquer la loi? Est-ce que cela va mettre de la pression sur les gros vendeurs d’annonces sur la prostitution tel que le Journal de Montréal, le ICI et les autres médias?
Textes sur la prostitution. Commentaires du rédacteur sur la prostitution.
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Sexe, drogue et école
Sous la plume de Pierre St-Arnaud, nous pouvions lire dans le Journal de Montréal du 27 novembre dernier que Médecins du monde va donner un cours d’éducation sexuelle et une sensibilisation à la réalité du VIH-Sida à une dizaine d’écoles de Montréal.
En 2005, la réforme de l’éducation fait sauter les cours de Formation Professionnelle et sociale (FPS) ou l’on parlait, non seulement de sexualité, mais aussi de la consommation de drogue. Les taux d’infection des maladies transmises sexuellement (MTS) est en hausse chez les jeunes. C’est ce qui a motivé Médecins du monde à revenir à la charge avec les cours de sexualité dans certaines écoles de Montréal.
On parle ici d’un cours de 2 heures. Cela est peut-être suffisant pour que des jeunes reçoivent l’information de base. Mais est-ce suffisamment? Est-ce que des cours sur la sexualité se limitent aux connaissances reliées au Sida et aux MTS? En tant que travailleur de rue, les 2 sujets que je devais discuter le plus souvent avec les jeunes que je croisais étaient la sexualité et la spiritualité. Ce sont les sujets que les jeunes avaient besoin de parler, de discuter, de partager entre eux et avec des adultes. Que reste-t-il dans les écoles pour nourrir la réflexion de nos jeunes?
Toutes les réformes scolaires que j’ai vues passer semblent oublier l’essentiel. Le besoin des jeunes de s’exprimer et de mieux comprendre la société dans laquelle ils évoluent. Ces instants de réflexion et de débats forment la jeunesse. C’est une gymnastique intellectuelle qui permet d’éviter l’obésité mentale.
Qui doit faire cette réflexion avec les jeunes? Un travailleur de rue lorsque le jeune a décroché, le chef de gang, le pimp du coin… Et si c’était votre enfant qui avait besoin de forger sa réflexion, avec quelles sortes d’adultes voulez-vous qu’il s’initie?
Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.
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Au pays de l’or vert
Claire Gaillard, Volume 16 no 1. Octobre 2007
Anna a 30 ans et travaille à temps plein pour la même compagnie depuis 3 ans. Elle vit une relation amoureuse stable et est entourée d’amis fiables. Son entourage a pourtant toujours pensé qu’elle ne mènerait jamais cette vie «normale». Pendant plusieurs années, le seul revenu d’Anna provenait de la culture du cannabis.
À chaque nouvelle récolte, Anna part travailler dans différents coins du Québec. «Selon la taille de la récolte, on restait de 2 à 5 jours. Il y a des gens de vraiment tous les milieux, de tous les âges. Il y avait même un comptable qui arrangeait mes impôts pour que tout soit officiellement correct. Le transport et les repas étaient fournis et l’on dormait où on pouvait sur place. Je gagnais environ 150 $ par jour», raconte-t-elle.
Son employeur la prend sous son aile pour lui apprendre à faire pousser elle-même, jusqu’à ce qu’un conflit interrompe leur coopération. «J’ai ensuite commencé à trimer pour un autre.» À deux reprises, Anna se voit confier une maison de pousse. Elle y vivra, éloignée de la ville et sans voiture, jusqu’à ce que la place devienne chaude.
«La première fois, le propriétaire réclamait de plus en plus d’argent pour se taire. Mais ça a été pour le mieux: le lendemain du déménagement, la police est venue». La fois suivante, elle est interpellée par les autorités au moment où elle déménage ses affaires personnelles. Elle décide de retourner récupérer la totalité du stock et du matériel la nuit même.
Elle explique que cultiver du pot implique surtout de changer tout son mode de vie. «L’isolement est difficile, surtout au début. En plus, il faut que tu mentes à tout le monde, sauf à ton entourage très proche. Tu dois t’inventer une vie et être cohérente dans tes histoires. Je vivais dans une très belle maison mais je ne pouvais recevoir personne, soit pour garder le secret, soit pour ne pas risquer de leur créer des problèmes.» Elle a aussi dû apprendre à gérer l’argent autrement. «Ton nom vaut rien pour les banques, tu peux faire ni prêt ni gros dépôt. Ta paye, c’est une épaisse liasse de billets. Je les cachais. Il fallait toujours que j’aille dans un dépanneur différent pour pas attirer les soupçons.»
Anna rencontre ensuite quelqu’un qui veut acheter son propre entrepôt. Elle s’associe au projet. «Ça m’a coûté environ 15 000 $ sur nos premières ventes. Ensuite, on faisait nos propres profits et on a commencé à embaucher des employés. On payait aussi quelqu’un pour utiliser son nom sur le contrat de propriété.» Elle se rend quotidiennement sur place comme si elle avait un emploi traditionnel. Un jour où il n’y avait personne, la plantation est découverte par la police. «Le gars dont on utilisait le nom a bien essayé de me soutirer plus d’argent sous peine de me dénoncer, mais je n’ai pas cédé.»
Consciente qu’elle a failli se faire prendre trois fois d’affilée, Anna décide de raccrocher. «Je voulais pas pousser ma luck. J’ai pris ma retraite. J’ai vécu un temps sur mon cash puis je suis retournée à l’école.» Elle a alors 24 ans. Aujourd’hui, Anna se félicite de s’être si rapidement construit une vie plus traditionnelle quand personne ne l’en croyait capable.
«Tout ce qu’il me reste de cette période c’est un char, entièrement payé, et 1000 $ dans mon compte. Arrêter, ça n’a pas été difficile parce que j’avais toujours gardé en tête que ça ne durerait pas. Ça a juste fini soudainement. J’aurais peut-être fait 10 000 $ de plus pour être confortable.»
Depuis quelques mois la jeune femme ne consomme plus de drogue. Elle souligne qu’il aurait été facile de devenir accro à de nombreuses substances auxquelles elle avait accès gratuitement en côtoyant le milieu. «Je ne voulais pas de ça pour mon avenir. C’était juste une manière de faire de l’argent facilement, d’arriver à mes fins plus rapidement qu’avec une job normale.»
Après avoir cessé ses activités, la plus grosse difficulté d’Anna a été de voir son niveau de vie baisser. «Mais au final, ç’a été un gros soulagement d’arrêter. Le stress tombe. Tu ne passes plus ton temps à checker tes arrières pour pas te faire stooler. Quand tu fais ça, tu prends le risque de ne pas rentrer chez vous le soir.»
Légaliser ou décriminaliser les drogues?
Tout un sujet qui s’ouvre ici. Difficile d’y répondre ou de lancer le débat en quelques paragraphes. D’emblée, je ne cacherais que, comme la très grande majorité des intervenants en toxicomanie, je suis pour la décriminalisation de la drogue et cela, dans un but que les gens consomment moins et mieux.
Les avantages d’une décriminalisation sont multiples. Sur la marché noir, le consommateur achète n’importe quoi. Il ne connaît pas la concentration ou encore les produits intégrés à la drogue. Certains produits rajoutés sont plus néfastes que la drogue elle-même. On a déjà vu de la vitre broyé dans de la cocaine de mauvaise qualité, juste pour faire saigner du nez le consommateur et qu’il pense avoir du bon stock! Pour la concentration, certains ont fait des overdoses et en sont morts. Le dealer avait oublié de couper son stock et il était trop concentré!
En décriminalisant, on arrête de taper sur la tête du consommateur qui, dans un marché noir, doit se cacher et se couper des ressources pouvant l’aider. Combien de fois le dealer fait crédit pour soutenir la consommation de ses clients? Il ne veut pas l’aider à arrêter. Il prend les moyens pour que ses clients continuent à consommer. J’ai déjà vu des dealers tout simplement donner gratuitement un peu de drogue à un jeune qui avait arrêté de consommer.
Décriminaliser ne veut pas dire légaliser. Aucune forme de publicité pouvant encourager la consommation de drogue n’est acceptée. Une sorte de Société des drogues permettra d’assurer la qualité du produit et un prix constant. Des intervenants seraient sur place pour aider à diminuer la consommation.
En décriminalisant, cela veut dire enlever de gros revenus aux groupes criminalisés et aux gangs de rue. Ces revenus doivent servir à la prévention et l’intervention.
Il y a certains préalables importants pour en arriver en décriminaliser la drogue. Pour cela, on doit avoir une Société des drogues bien investie d’une mission en réduction des méfaits. Juste le contraire de ce que fait le gouvernement avec Loto-Québec et la Société des Alcools du Québec (SAQ). Le gouvernement ne pourrait pas exiger des revenus de cette entité pour arrondir son budget. Ce n’est pas le Ministère des Finances qui devrait avoir la main mise sur une Société des drogues, mais le Ministère de la Santé.
Textes sur la toxicomanie et commentaires du rédacteur sur les drogues.
Écho de l’intérieur
Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville. Volume 15 no 3, février 2007
Les victimes de mon passé
J’ai une longue sentence à purger. Très longue. J’ai commencé à analyser ce qui s’est passé dans ma vie. Voici le début de mes réflexions. Je suis conscient qu’elles ne sont pas encore terminées et qu’il me reste encore un bout de chemin à faire.
Mes condamnations
Histoire de vous aider à mieux comprendre, évaluer, juger ou condamner mes propos, voici mes condamnations: Enlèvement, séquestration, extorsion, possession d’armes, utilisation d’armes, vol de banques, vol de véhicule, évasion, tentative d’évasion, outils de cambriolage, complot, délit de fuite, résistance à mon arrestation, usurpation d’identité…
Jamais, au plus profond de moi-même, je n’ai eu envie de faire du mal à qui que ce soit. Je ne vous demande pas d’accepter mais d’essayer de comprendre tous ces gestes inacceptables aux conséquences douloureuses et surtout non méritées pour mes victimes. Des gestes qui sont l’aboutissement d’une accumulation de souffrances et de douleurs.
Après l’arrestation
Ma principale préoccupation: comment ai-je pu me rendre là? Comment ai-je pu devenir cet être sans âme, sans amour? Froid et distant, dangereux et violent, mes yeux à la dérive reflétaient mon vide intérieur. Comment aurais-je pu considérer la vie d’un autre si la mienne n’existait plus vraiment?
La détention
Des années d’incarcération m’ont donné le temps de trouver des explications pour découvrir un sens ou des raisons d’être à ces crimes. Au début, les raisons semblent louables: aider ma famille, gâter ceux que j’aime.
Puis, un jour, une pénible réalité fait surface. Un drame caché, qui, de l’intérieur, est venu gruger ma raison, mon amour et mon empathie pour les autres, jusqu’au moment où tout s’effondre. La période de crise qui s’ensuit est étouffée avec la drogue, le jeu, la boisson.
Puis, un découragement si profond qu’on se déconnecte de la réalité, rendant notre comportement irréfléchi et dangereux pour tous ceux que nous rencontrons et pour soi-même. Résultat final ou échappatoire temporaire, le meurtre, le suicide, l’overdose, le vol…
L’homme est un loup pour l’homme
Un animal blessé, apeuré, affamé, et qui est seul, est un danger pour tous ceux qui pourraient le croiser son chemin. Il se balade au gré du vent, cherchant une proie faible et sans défense. Il n’a même plus la force d’attendre ou de réfléchir à une stratégie quelconque. Son seul but est d’oublier le mal qu’il vit.
L’homme devient cet animal. Lorsqu’on lui retire sa dignité, sa pitance, il revient à sa nature profonde d’animal. La plupart du temps, on ne choisit pas de devenir criminel. Une suite d’événements nous entraîne vicieusement là où personne ne voudrait aller de son plein gré.
Un criminel est généralement quelqu’un de désemparé qui, pour se tenir à flot, s’accrochera à tous ceux qu’il croisera sur son chemin, exactement comme quelqu’un qui se noie. Sa peur de mourir, de souffrir, est si forte qu’elle l’empêche de réfléchir. Il panique, rendant son comportement incompréhensible.
La souffrance ne s’apprend pas à l’école!
Contrairement au criminologue, je n’ai pas étudié l’histoire du crime. J’en suis un des auteurs. Mes explications ne proviennent pas d’une interprétation analytique, mais de mon vécu. Étudier la souffrance ou la douleur à travers des livres ne vous donne pas la mesure exacte des effets qu’elle procure.
Certaines personnes choisiront la mort, d’autres prendront les armes. La désorganisation chez certains les rendra agressifs, tandis que d’autres réagiront en se soumettant au premier venu.
Je ne crois pas qu’étudier le cancer vous aide à mieux comprendre les douleurs physiques et mentales du malade. Je crois qu’il en est de même avec la criminalité. Dans la majorité des fraternités, groupes de soutien entre individus qui partagent une même dépendance, tous reconnaissent qu’il n’y a pas mieux qu’un dépendant pour en comprendre un autre. Mes longues années à fréquenter les alcooliques anonymes, narcotiques anonymes, gamblers anonymes et autres, confirment que je ne suis pas unique. Il existe des ressources pour faire une sérieuse remise en question, de façon constructive et efficace. Seul le désir sincère de changer fera la différence.
P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.
Un fléau international
Dominic Desmarais
Juin 2007
Le trafic des êtres humains ne se limite pas qu’aux pays d’Europe de l’Est, d’Asie du Sud-Est ou d’Afrique. Le Canada aussi doit composer avec ce phénomène. Les Nations Unies estiment à près d’un million les victimes à l’échelle planétaire, dont une majorité de femmes et d’enfants. Ce commerce générerait des revenus de 10 milliards $ annuellement. L’argent généré est tel que ce crime est florissant. Il dépasserait même le trafic des armes, en deuxième position derrière celui de la drogue.
«Le problème du trafic des femmes et des enfants est international, plaide le Dr Kek Galabru, présidente de la Ligue cambodgienne des droits de l’Homme (LICADHO). Le trafic est l’œuvre de la mafia. Pour transporter un être humain, il faut des ressources: une personne, c’est plus difficile à dissimuler que du matériel. Comme les victimes n’ont pas de papiers à jour, il faut la complicité des ceux qui appliquent la loi, comme la police. Sinon, comment voulez-vous passer la frontière?»
Accrochées sur le mur, tout près de son bureau, des photographies du docteur en compagnie de François Mitterrand, de Jacques Chirac, de Bill Clinton et de la princesse Diana témoignent de l’importance de son lobby. De grosses pointures pour lutter contre de grands réseaux criminels.
La traite au pays
En septembre 1997, le Canada goûtait à la triste réalité de la traite des personnes. Une opération policière visant des salons de massage à Toronto débouchait sur l’arrestation de 23 prostituées de Thaïlande et de Malaisie. Un an plus tard, la police en appréhendait 68 autres. Le Canada perdait son innocence. Le Code criminel, inadapté à cette réalité, ignorait les crimes de trafic. Ces immigrantes asiatiques, dont celles victimes de trafic, étaient perçues comme des criminelles. Même si elles étaient forcées à la prostitution. Présentes sur un lieu de débauche, elles ont été arrêtées.
Ces femmes devaient en moyenne 35 000 $ à 40 000 $ à leur «acheteur». Elles devaient travailler 7 jours sur 7. Elles ne connaissaient pas l’anglais, sortaient peu de leur lieu de travail. Certaines avaient reçu de faux papiers. Dans plusieurs cas, le proxénète conservait les visas. Plusieurs d’entre elles savaient qu’elles immigreraient au Canada pour grossir les rangs de la prostitution. D’autres ont été trompées sur la nature de l’emploi promis.
Arrêtées dans un pays dont elles ne connaissent ni la langue ni la culture, hormis les mœurs sexuelles de leurs clients, elles n’ont eu droit à aucune aide de la police. Des groupes de défense pour femmes et pour immigrants se sont réunis à pied levé. Dans l’attente de leur procès, il fallait leur trouver un toit, de la nourriture, des vêtements, de l’aide psychologique et juridique, des interprètes, etc.
Des actions contre les trafiquants
Pour faire face à cette nouvelle réalité, le gouvernement fédéral s’est adapté. Huit ans après les descentes de Toronto, le trafic des personnes devenait criminel. Depuis novembre 2005, les forces de l’ordre du pays peuvent ainsi arrêter des gens pour crime de trafic.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC) s’est également mise à jour. Le caporal Sylvain Saint-Jacques, responsable du Centre national de coordination contre la traite des personnes, dispose désormais de 5 agents. En plus, chaque division de la GRC, réparties dans les différentes provinces, affecte deux agents à ce type de crime.
Le changement des mentalités sera toutefois plus long. Les policiers ne connaissent pas les réalités du trafic humain. Les descentes policières, dans les lieux de prostitution, incombent aux corps municipaux qui ne sont pas formés pour distinguer les victimes de traite des prostituées. Seule la police de Winnipeg, au Manitoba, élabore actuellement une politique pour ses agents afin de contrer la menace.
«Un des problèmes, c’est que les gens n’ont pas encore allumé», prétend le sergent Jacques Morin, de la GRC. Il pointe ainsi les organismes qui travaillent avec les femmes et les policiers qui arrêtent des immigrants. «Ils ne sont pas sensibilisés, continue-t-il. Ils ne savent pas reconnaître les signes de la traite, qui se trouvent dans l’histoire de la victime. La fille a besoin de dénoncer qu’elle a été exploitée et qu’on lui a confisqué ses documents pour faire comprendre qu’elle est victime de trafic. Or, elle est accueillie au pays, nourrie et logée par un inconnu, puis elle habite ou travaille dans un endroit qu’elle ne connaît pas.»
À l’instar de ce qui se fait en Asie, l’État a compris qu’il devait agir de façon concer-tée. Constitué au début des années 2000, le Groupe de travail interministériel sur la traite des personnes regroupe 17 ministères et agences gouvernementales. Il a publié une brochure de sensibilisation à l’intention des ressortissants de pays à risque pour les informer des dangers du trafic. Il organise des colloques et des formations, finance des projets de recherche pour mieux comprendre la problématique au pays, publie une brochure pour sensibiliser aux dangers du trafic les ressortissants de pays à risque, etc.
Permis de séjour spécial
Les immigrants illégaux arrêtés sont remis à Citoyenneté et immigration Canada (CIC). Depuis mai 2006, le Ministère peut émettre un permis de séjour temporaire (PST) pour les présumées victimes de la traite. D’une durée de 120 jours, il octroie à son détenteur des soins de santé gratuits, régularise son statut légal et lui procure des services pour l’aider à surmonter ses traumatismes.
Pour Jean Bellefeuille, chercheur au Comité d’action contre le trafic humain interne et international (CATHII), ce permis a une double vocation. Permettre à la police de vérifier si l’immigrant a bel et bien été victime de la traite et donner à la présumée victime un temps de réflexion pour qu’elle envisage de témoigner contre le trafiquant. M. Bellefeuille y voit une condition pour l’obtention d’un visa plus long, ce que réfute CIC. Sa porte-parole, Mélanie Carkner indique que les victimes n’ont pas à témoigner pour obtenir le statut de résident temporaire ou permanent. À ce jour, une seule victime a demandé un tel permis. CIC en a proposé à 4 autres, qui ont plutôt opté pour retourner dans leur pays d’origine.
Cette situation ne surprend guère les membres de groupes de défense des victimes comme sœur Sue Wilson, active en Ontario. «Sur papier, on dirait que le Canada agit. Mais il n’aide pas les victimes. Personne ne demande ce permis. La plupart des victimes vont plutôt demander un statut de réfugié, car ils ont droit à davantage de support. Au Canada, on veut surtout les renvoyer dans leur pays.»
Une aide inadaptée
En demandant le statut de réfugié, les immigrants reçoivent de l’aide à l’emploi, peuvent retourner à l’école, obtenir de l’assurance-emploi. Ils demeurent également au pays plus longtemps. Avant d’obtenir une audience devant un commissaire d’Immigration Canada, le candidat attend environ un an. «Après une décision négative, il peut attendre des années avant qu’on le renvoie», affirme Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés.
Le Canada a été très actif pour la défense et le respect des droits des femmes à l’échelle internationale. Il a signé des conventions contre le trafic des êtres humains qui octroient protection et assistance aux victimes. Or, le pays ne possède aucun centre d’héber-ement adapté aux besoins et réalités des victimes de la traite.
«Actuellement, il n’y a pas de places pour les héberger. On utilise les centres pour victimes de violence pour une nuit ou deux, raconte Louise Dionne, qui siège au sous-comité pour l’hébergement au CATHII. Ce sont des personnes terrorisées, victimes de violence physique et psychologique. Elles sont isolées. Elles ne comprennent pas notre société.» Louise Dionne a aidé trois victimes à trouver un refuge d’urgence: une Éthiopienne, une Haïtienne et une Marocaine.
C’est à l’Auberge Madeleine et au Chaînon qu’elle a pu les placer. Ces centres d’aide sont tous débordés. L’Ontario vit la même problématique. Les refuges opèrent à pleine capacité. Pour aider et assister les victimes de la traite, le Canada devrait se tourner vers les pays du Tiers-Monde. Aujourd’hui, ce sont eux qui possèdent les connaissances.
Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)
Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.
Le Cambodge se mobilise
Dominic Desmarais
Juin 2007
C’est jour de célébration à Monteay Banteay, au Cambodge. Des centaines de personnes célèbrent le 10e anniversaire de l’organisme Cambodgian Women’s Crisis Centre (CWCC) et l’ouverture de son nouveau refuge pour femmes. Pour l’occasion, les 130 pensionnaires du centre, des femmes sorties de la prostitution ou aux prises avec la violence conjugale, ont préparé les repas, dressé le chapiteau et monté la tribune des invités de marque.
Oung Chanthol, présidente de l’organisme, est aux anges. Pendant une journée, elle écarte les histoires malheureuses de ses pensionnaires qui ont marqué les 10 années de CWCC. L’intimidation, les passages à tabac et les meurtres qui ont touché son personnel. Oung Chanthol sait bien que la violence faite aux femmes demeure toujours problématique.
L’égalité des sexes est encore un concept vague au Cambodge. Les prostituées y sont toujours mal vues. Les possibilités de réinsertion sont minces. L’économie du pays est toujours chancelante après 30 ans de conflits. Les femmes ont un accès limité à l’éducation. Elles trouvent difficilement du travail. La police est sous-payée, elle est mal formée pour contrer le trafic et peine à mettre les trafiquants en prison. Sans oublier que la corruption est au cœur du système de justice.
Aujourd’hui, Oung Chanthol se réjouit pour elle, ses employés, le CWCC et, surtout, pour son combat en faveur des droits des femmes. La présence de hauts dignitaires venus dénoncer la traite et la violence qui accablent plusieurs Cambodgiennes est à ses yeux une grande victoire. Des centaines de personnes se sont déplacées pour assister aux cérémonies: signe évident que la question préoccupe la population. La coopération s’améliore entre le gouvernement, les organismes internationaux et les ONG locales. Les gens s’impliquent. Ils sont de plus en plus attentifs aux discours sur les droits de la femme.
Des ONG indispensables
Les pressions internationales, dont celles du Canada, et le lobbying des ONG locales expliquent la mobilisation de plus en plus grande des pays de l’Asie du Sud-Est contre le trafic des personnes. Il y a quelques années, la présence de jeunes filles offertes sur Internet par de grands bordels a alerté des organisations internationales. Sous leurs pressions, le gouvernement cambodgien a fermé les portes de ces établissements. Des ONG recueillent des informations sur les lieux de prostitution qu’elles refilent ensuite à la police anti-trafic. Difficile, pour les forces de l’ordre, d’ignorer ces demandes. Les organismes ont derrière eux le poids de leurs donateurs occidentaux.
C’est le cas de l’organisation Agir pour les femmes en situation précaire (AFESIP). Porté par sa présidente, Somaly Mam, elle-même vendue à deux occasions par son grand-père à des bordels, l’AFESIP est incontournable dans la région. Avec des bureaux au Viêt Nam, au Laos, en Thaïlande et au Cambodge, l’organisme peut suivre les lieux du trafic mieux que les polices nationales.
Débarqué au Cambodge il y a un an, Emmanuel Colineau voulait participer à la lutte contre la traite. Grâce à son diplôme de droit, il est aujourd’hui secrétaire général de l’organisme. Le jeune Français explique que l’AFESIP découvre les victimes de trafic grâce à une équipe d’enquêteurs qui se rend sur les lieux de prostitution. Ils recueillent des informations qu’ils refilent au département juridique de l’organisme.
«Quand on est prêt, on donne les renseignements à la police, qui effectue le sauvetage des femmes trafiquées.» La police anti-trafic, avec qui l’organisme a noué de bons liens, arrête toutes les personnes présentes sur les lieux repérés par les enquêteurs. Cette coopération permet à l’AFESIP de limiter les dégâts. «On observe chaque descente pour nous assu-rer du respect des personnes arrêtées, continue Emmanuel. Des entrevues sont ensuite menées pour distinguer les victimes des intermédiaires et des propriétaires des lieux de prostitution.»
Les raids menés par la police sont souvent traumatisants pour les prostituées. Elles sont acheminées vers des refuges d’ONG adaptés pour les accueillir. «Les victimes sont envoyées dans notre centre de courte durée pour 14 jours. Elles veulent juste sortir. Elles sont libres et retournent à la prostitution, consentantes. Mais, c’est parce qu’elles ne connaissent pas d’autres solutions, estime Emmanuel. On demande à chacune quel est son rêve, ce qu’elle voudrait faire? Ce sont des questions importantes. On veut les aider à le réaliser.»
En montant des dossiers contre les trafiquants, en découvrant les lieux de la prostitution et en assistant les victimes qui désirent porter plainte contre leurs exploiteurs, l’organisme pallie le manque de formation de la police et des procureurs.
La clé de cette réussite est l’approche coopérative. L’AFESIP veut changer, petit à petit, la mentalité des dirigeants du pays. «On maintient la pression, résume Emmanuel Colineau, mais on souligne aussi les bons coups du gouvernement. On ne croit pas à la confrontation.»
Des pressions contre le gouvernement
L’approche consensuelle ne fait cependant pas l’unanimité. Pour la Ligue cambodgienne des droits de l’Homme (LICADHO), le gouvernement ne fait rien. On préfère le talonner. «Le gouvernement fait beaucoup de déclarations. Ça ne coûte rien et ça fait plaisir à tout le monde. Mais, il y a peu d’actions. On a une loi contre le trafic qui n’a que 10 articles… On a un département anti-trafic, mais la femme à sa tête ne fait rien.»
Ces propos tranchés sortent de la bouche du Dr Kek Galabru, présidente de
LICADHO. Contrairement à AFESIP, elle n’apprécie guère la police anti-trafic. L’escouade n’a pas voulu effectuer de descentes dans des bordels désignés par son organisme. Cette dame à l’allure aristocratique travaille sans arrêt. Attablée un vendredi soir à son bureau, Kek Galabru corrige des documents avec un assistant, multiplie les appels et répond aux questions de Reflet de Société. Après, elle assiste à une réception. «C’est très difficile de faire bouger le gouvernement. On a tellement essayé, soupire-t-elle. Si le gouvernement canadien exerçait une pression plus forte, peut-être que ça pourrait améliorer la situation des femmes ici.»
Changer les moeurs
Dans la région, la fille aînée travaille traditionnellement au bordel pour subvenir aux besoins du reste de la famille. «Si elle accepte, est-ce du trafic? se demande le Dr Bruno Maltoni, consultant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Dans certaines provinces, la prostitution est la seule façon de s’en sortir. Il s’agit d’un problème socio-économique. En Occident, on croit que les filles ont été kidnappées. Mais, souvent, ce n’est pas le cas. Plusieurs jeunes femmes veulent faire ce travail. Pas besoin de les forcer.»
Conseiller pour Oxfam Québec au Cambodge, Normand Champoux met en place un nouveau programme contre le trafic à la grandeur de la région du sud-est de l’Asie. «Quand on parle de trafic humain, on a notre perception occidentale, dit-il, corroborant l’idée du Dr Maltoni. Aux yeux de plusieurs Cambodgiens, si la famille ne vend pas sa fille, toute la famille meure. Je n’ai pas de solution au problème… Surtout que la famille ne le voit pas comme du trafic. Leur fille travaille pour leur bien.» La luttes aux réseaux de prostitution demeure essentielle, mais l’amélioration du niveau de vie et l’évolution des mentalités le sont tout autant.
Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)
Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.
Richard Martineau, la pédophilie et sa chronique Franc-parler du Journal de Montréal
Le Québec a malheureusement eu son lot de grandes gueules qui dépassent les bornes et les limites de l’acceptable. Les complètement immoraux tels que Jeff Filion, Champagne, André Arthur, les érudits qui sautent les plombs trop souvent comme Gilles Proulx pour jouer le rôle de l’avocat du diable, ceux qui se cherchent une vocation comme Stéphane Gendron… La liste peut être longue. Trop longue.
Pour différentes raisons, je n’ai pas encore classé un chroniqueur tel que Richard Martineau. Plus difficile à définir. D’une part, parce que je l’ai déjà entendu tenir des positions différentes dans deux débats. Cela aurait tendance à prouver qu’il ne joue qu’une comédie, un jeu de rôle comme plusieurs de ces animateurs. Possiblement parce que plusieurs des débats qu’il a touché sont socialement important. Il ne se limite pas à débratérer sur la sorte de robe que peux porter la mairesse de Québec Andrée Boucher.
Aujourd’hui, Richard Martineau m’a profondément déçu. Dans sa chronique Franc-parler du 21 mai dans le Journal de Montréal, il traite de l’article du magazine Maclean qui traite Montréal de terre d’accueil et de paradis pour les pédophiles. En réponse à un article stupide, Richard Martineau fait de même. Il donne les indications pour trouver l’adresse et le téléphone du pédophile John Robin Sharpe. Il incite ses lecteurs à montrer aux Canada anglais que nous ne sommes pas tolérant envers les pédophiles. Est-ce une incitation à la violence? Jusqu’ou cette violence peut dégénérer? Si quelques psychiatriques, affamés du sensationalisme du Journal de Montréal, prennent à la lettre le texte de Richard Martineau et vont tuer John Robin Sharpe, en fournissant la façon de trouver ses coordonnés, Richard Martineau sera-t-il reconnu coupable de complicité de meurtre?
La violence attire la violence. La violence peut être physique, verbale ou écrite. Avec sa chronique du 21 mai, Richard Martineau nous montre un niveau de violence sociale inacceptable. Inciter à la violence est pire que la faire soi-même. Celui qui se lève pour faire acte des écrits d’un chroniqueur tel que Richard Martineau n’a pas peut-être pas toute sa tête. Mais celui qui a écrit le texte est un acteur social qui est instruit et qui est payé pour faire un travail respectable.
Même si je suis contre la pédophilie et les gestes que peut avoir posé John Robin Sharpe, s’il devait lui arriver quelque chose suite aux textes violents de Richard Martineau, le Journal de Montréal serait aussi complice d’avoir laissé ce droit de parole pour un tel texte. En tant qu’éditeur, le Journal de Montréal a une responsabilité sur les dires et les agissements de son personnel.
Nous récoltons ce que nous semons. Si nous voulons une société plus humaine et plus juste, ou amour et liberté pourront l’habiter, il serait temps que nous commençions à semer un peu plus d’amour.
http://raymondviger.wordpress.com/2007/09/26/richard-martineau-la-pedophilie-et-le-sexisme/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/04/25/richard-martineau-et-le-sexe/
Textes sur la sexualité.
Danseuses nues, Cotroni et la Régie des alcools
Un article d’André Cédilot dans La Presse du 8 mai soulignait que le bar Dice Club, propriété de Giovanni V. Cotroni s’est fait suspendre pour 6 mois son permis de boissons alcoolisés et d’appareils de loterie vidéo.
Le Dice Club a engagé des danseuses nues de 16 et 17 ans à 15 reprises. Le Dice Club a payé une amende et recommencé. En 1998, Giovanni V. Cotroni s’est déjà fait suspendre son permis.
En lisant cet article, j’en ai tombé de ma chaise. Le ton du journaliste de La Presse André Cédilot m’a surpris. Il parle d’une sentence sévère! Quand on se fait suspendre pour une deuxième fois son permis et que l’on s’est fait prendre à 15 reprises pour avoir engagé des danseuses nues qui sont mineures, on est en face d’un récidiviste sans aucune intention de vivre dans la légalité. Les 15 amendes reçues ont été des sentences bonbons. Compte tenu que le permis avait déjà été révoqué, comment se fait-il que dès la première offense, la Régie des alcools des courses et des jeux n’aie pas été plus sévère?
Si on veut une société plus humaine et plus juste, nous allons devoir nous doter de lois et de fonctionnaires plus efficace pour lutter contre la corruption et toutes ces magouilles.
Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.
Pourquoi la France a brûlé?
Des jeunes me soulignent qu’ils sont régulièrement sujet d’abus de pouvoir exercé par les policiers. Ceux-ci, sans aucune raison, se permettent d’enquêter des jeunes. Cela veut dire de se retrouver les mains au mur, les jambes écartés tels de véritables criminels. Fouillés, des claques en arrière de la tête, un discours provocateur des policiers qui tentent de faire monter la pression.
Des jeunes battus, commentaires peut-être pas crédible. On peut se dire qu’ils l’ont cherché, qu’ils ont sûrement dû faire quelque chose de répréhensible. Des intervenants d’organisme communautaire (association), me confirment que le scénario est véridique et constant. Deux de ces intervenants se sont fait battre par la police et emprisonnés. Eux aussi ont dû le chercher. Après tout un intervenant jeunesse, un adulte qui prend la défense de jeunes marginaux, c’est sûrement un fouteur de trouble, un socialiste, communiste ou autre.
Le premier se retrouve dans le local de son organisme avec des jeunes. Il assiste, impuissant à la vérification par la police de deux jeunes. Ceux-ci se retrouvent les mains dans la fenêtre du local. Les policiers les poussent constamment. L’intervenant a peur que la fenêtre se brise sous le choc de ces jeunes qui se font pousser par les policiers. Il sort et avise les policiers que la fenêtre n’est pas solide et qu’elle risque de se briser et de blesser quelqu’un. Il se fait engueuler et provoquer par les policiers. Il ne répond pas. Pas question d’embarquer dans le jeu de ceux-ci. Ils repartent pendant que l’intervenant retourne à son groupe de jeunes.
Trente minutes plus tard, une vingtaine de policiers entrent en trombe dans le local. Un des policiers présent au moment de la fouille des jeunes montre du doigt l’intervenant en disant : «C’est lui». Les policiers lui demandent de s’identifier. Il se lève en mentionnant qu’il doit aller chercher ses papiers dans le vestiaire. Au même moment, les policiers lui sautent dessus et le plaquent au sol, la matraque sur la gorge comme s’il était pour se sauver ou sortir une arme. Il a de la difficulté à respirer. Il commence à devenir bleu et va bientôt tomber dans les pommes. Une des administratrices de l’organisme, une grand-mère de 75 ans me dit qu’elle a dû intervenir pour que les policiers diminuent la pression sur l’intervenant. Elle avait peur qu’il l’étouffe. L’intervenant se retrouvera en prison et se fera tabasser quelque peu.
Un autre intervenant s’est aussi fait arrêter et tabasser par la police. Vous me direz que lui, il l’avait cherché. Il existe une expression en France pour désigner les policiers : «Les Sarco-cops ». Sarco comme dans Sarcozy et cops pour policier. Sarcozy a été le responsable des pouvoirs policiers. Celui qui demande à devenir président de la République française! Les jeunes qui se font tabasser ont créé cette expression. Pas très poli, mais bon, ce sont des jeunes. Qu’un intervenant endosse l’expression et l’utilise, c’est criminel et cela mérite bien d’être battu par les policiers et de passer 24 heures en prison. Au moment de le relâcher, il lui ouvre la première porte de la prison. Pris dans le sas, ils l’ont fait attendre 3 heures avant de lui ouvrir la deuxième porte lui permettant de sortir. « Excuse-nous, on t’avais oublié. » Un autre de répondre : « On ne t’avait pas vu! » Quelle ironie!
Des parents me racontent que lorsqu’ils voient un jeune se faire enquêter, même s’ils ne connaissent pas le jeune, ils arrêtent et observent la scène. Parce que les policiers français sont moins brusques avec les jeunes quand il y a un témoin qui les observent. Pour que les parents en soient rendu là, il y a sûrement matière à réflexion.
On peut comprendre qu’il existe une tension énorme entre les jeunes marginalisés et les institutions policières. Ces jeunes marginalisés se retrouvent en très grande partie dans les cités, ces habitations souvent délabrées et mal entretenues dans lesquelles la société française entassent les gens à faible revenu et les immigrants.
En France, un policier ne va pas dans une cité pour le plaisir d’y aller. Ce sont les équipes spécialisées, les CRS qui y vont, ce que nous appelons en Amérique de Nord les S.W.A.T.. Ce ne sont pas des policiers communautaires chargés de rétablir la communication avec les jeunes.
Un jour des policiers poursuivent deux gamins. 10 et 12 ans. Ceux-ci sont effrayés et ne veulent pas être pris par la police. Ils se sauvent. La première cachette qu’ils trouvent est un local ou ils n’auraient pas dû entrer. Des équipements sous haute-tension s’y trouvent. Les deux gamins meurent électrocutés.
C’est la consternation et le deuil pour les jeunes de la cité. Ils s’attendent à ce que Sarcozy se prononcent, fassent quelque chose. Sarcozy va visiter une cité. Il dit à une citoyenne qu’il va nettoyer la place de la racaille qui s’y trouve. Les jeunes attendent la suite, que Sarcozy se rétracte, fasse des excuses.
Après 2 jours, toujours rien. Une première automobile flambe. Toujours rien de la part de Sarcozy. Le feu se propage.
Qui est responsable de cette flambée de violence en France? Un gouvernement qui n’écoute pas ou des jeunes qui veulent être entendus?
http://raymondviger.wordpress.com/2007/05/01/sarkozy-des-graffitis-et-vandalisme-a-montreal/
Sarkozy, des graffitis et vandalisme à Montréal
Le Journal de Montréal nous apprenait ce matin que le local montréalais de Nicolas Sarkozy a été vandalisé. Des graffitis plein la vitrine, des affiches collées un peu partout avec des mentions telles que: ” Sarkozy, sacre ton camp d’
