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Chronique À la découverte des magazines d’ici
Et si on changeait le monde
Gabriel Alexandre Gosselin, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Initié par l’Institut du Nouveau Monde (INM), À go s’est donné une mission: montrer aux Québécois qu’entreprendre et engagement citoyen peuvent aller de pair. Un défi difficile à relever. Mais pour l’équipe du magazine, tous membres actifs de l’INM, rien n’est à l’épreuve des idées novatrices.
L’apparition du magazine À go commence lors de l’édition 2005 de l’École d’été de l’INM. Pendant ces événements, des jeunes de partout au Québec se réunissent pour discuter, débattre et proposer de nouvelles idées face aux enjeux qui les préoccupent.
En 2005, l’INM lance comme défi aux participants à cette école de citoyenneté de créer des projets concrets pour changer le monde. En réponse à cette activité, Marie-France Bazzo suit 4 de ces projets pendant 1 an à Indicatif présent, sur les ondes radiophoniques de Radio-Canada. Un constat s’impose: sur les 38 projets présentés lors de l’École d’été, seulement 5 ont été réalisés: «On s’est rendu compte qu’il y avait une volonté chez les jeunes, mais que peu d’entre eux passaient à l’action», relate Sophie Gélinas, une des cofondatrices du magazine.
Entrepreneuriat social
C’est alors que Miriam Fahmy et Sophie Gélinas découvrent le concept d’entrepreneuriat social. Qu’est-ce que l’entrepreneuriat social? «Son objectif est de mettre en œuvre, par le biais de l’entreprise, des solutions concrètes pour contrer une problématique sociale ou environnementale précise», explique Sophie, qui donne aujourd’hui des conférences sur le sujet. L’entreprise sociale prend plusieurs formes: compagnie privée, coopérative ou organisme à but non lucratif.
C’est avec un désir de mettre de l’avant des valeurs, la conviction de vouloir changer le monde et des pratiques concrètes validées par la communauté concernée qu’une entreprise sociale voit le jour: «Contrairement à la génération précédente, notre génération va préférer réaliser ses idéaux au quotidien. On va plutôt s’impliquer personnellement en recyclant, en faisant du vélo. C’est ça l’entrepreneuriat social: une initiative individuelle qui veut être au service de la communauté», croit Sophie Gélinas.
Basées sur ce concept, Miriam et Sophie entreprennent alors avec l’INM la création d’une publication qui révélerait au grand public les nombreuses facettes de l’entrepreneuriat social au Québec et ailleurs.
Motiver la jeunesse
Selon Sophie Gélinas, À go n’est pas un simple magazine d’information: «La publication s’inscrit dans la mentalité de l’INM: informer, débattre, proposer, agir. On veut montrer qu’il existe des gens qui réussissent en entrepreneuriat social. Non seulement en créant leur propre entreprise, mais en la mettant au service de la communauté. Et cela dans différents milieux d’intervention.»
Plusieurs angles sont utilisés pour passer le message: les solutions entrepreneuriales qui existent en réponse aux problématiques sociales, des points de repère pour lancer une entreprise à répercussion sociale, les jeunes qui s’investissent pour leur cause. On y présente aussi les grandes personnalités de l’entrepreneuriat social, telles que Muhammad Yunus, fondateur d’une banque populaire spécialisée dans le microcrédit pour petites entreprises, ou encore le Dr Gilles Julien, qui a inventé le concept de pédiatrie sociale.
«Le but du magazine est d’inspirer, en utilisant l’utopie de l’entrepreneuriat social ainsi que son côté pragmatique. On veut détruire le stéréotype de l’homme d’affaires avec sa mallette et sa cravate», précise Sophie Gélinas.
À go, on part!
Le magazine À go n’en est qu’à ses débuts. Une seule publication a vu le jour depuis sa création en août dernier. On remarque, dans cette première édition, un magazine de qualité, autant visuelle que rédactionnelle.
D’ailleurs, plusieurs noms participent au magazine: Michel Venne, ancien chroniqueur au Devoir, François Cardinal de La Presse et de La vie en vert diffusé à Télé-Québec, ainsi que Patrick Lagacé, également à La Presse et aux Francs-Tireurs à Télé-Québec. Sophie Gélinas dévoile une stratégie derrière ces big shots: «En ayant des personnalités médiatiques connues qui participent activement au projet, on enlève du même coup la marginalité qui peut être associée à l’entrepreneuriat social.»
La fréquence de publication ainsi que sa forme sont indéterminés pour l’instant. «On ne sait pas exactement la direction que va prendre le magazine. On envisage actuellement de nous allier aux médias de grande envergure pour frapper encore plus fort», explique Sophie Gélinas. «On ne s’impose pas de formes. De toute façon, à l’INM, on a toujours plein d’idées», conclut-elle.
Le magazine À go est en vente pour 8,50$ sur le site internet de l’INM: www.inm.qc.ca
Encadré
À go on change le monde!
À go est un produit du programme À go on change le monde. Créé en collaboration avec la Caisse d’économie solidaire Desjardins, le programme vise à valoriser, soutenir et stimuler les jeunes entrepreneurs sociaux. À go on change le monde! outille les jeunes entrepreneurs sociaux en leur offrant des formations, des conseils, du soutien financier et un accès à plusieurs réseaux. Un service d’accompagnement, une trousse de réalisation de projet ainsi qu’un Club des entrepreneurs sociaux sont également des activités proposées.
www.agoonchangelemonde.qc.ca
Le gros débat
(Agence Science-Presse) – Si vous êtes à la recherche d’un ouvrage de synthèse sur les cellules-souches, bonne chance. Le sujet touche autant à la science qu’à la politique, l’économie et la religion. Un groupe d’auteurs américains a tenté de relever le défi dans Fundamentals of the Stem Cell Debate: The Scientific, Religious, Ethical and Political Issues (University of California Press, 2007). L’ouvrage, qui a notamment obtenu une bonne note de la revue Nature, prétend viser un public le plus large possible. On saura dans quelques mois s’il a atteint son but, mais en attendant, l’effort d’avoir mis sous une même couverture des points de vue aussi contrastés le place dans une catégorie à part, parmi les livres de science.
Le marché des dinosaures
(Agence Science-Presse) – Le Nord-Est de la Chine est devenu depuis des années la terre d’élection des chasseurs de dinosaures. Et les fermiers locaux le savent: récemment, sept paysans du village de Shaping, dans la province du Henan, ont été emprisonnés pour avoir tenté d’empêcher des agents du gouvernement de confisquer des fossiles trouvés chez eux. C’est qu’il y a là un marché très lucratif, et les paysans réclament de plus en plus leur part du gâteau. Ils seraient des milliers, selon le paléontologue américain David Eberth, à fouiller eux-mêmes, dans l’espoir de trouver le gros lot. Dans certains pays, il est très clair qu’un fossile trouvé sur le territoire national appartient à l’État, mais la législation est plus floue en Chine. Résultat, un paysan qui fait une trouvaille et réussit à la vendre lui-même à une université ou un centre de recherche vient de s’assurer un revenu largement supérieur à ce que sa terre lui aurait rapporté.
Des projets de développement pour une planète solidaire
Terre des Débrouillards - Agence Science-Presse
Chronique préparée en collaboration avec le magazine Les Débrouillards
Le karité, l’arbre à beurre
Qu’y a-t-il de commun entre du chocolat et une crème pour le visage ? Le beurre de karité, qui aide des milliers de familles du Burkina Faso.
Le karité est un arbre sacré qui pousse en Afrique occidentale. En Afrique, les femmes fabriquent du beurre avec les fruits du karité depuis toujours. Elles s’en servent pour cuire leurs aliments, faire du savon et en enduisent leur peau pour l’hydrater et la guérir.
De l’amande au beurre
De juin à septembre, les fruits mûrs du karité tombent par terre. On en mange la pulpe. Les femmes collectent les noyaux et en retirent les amandes. Elles les lavent, les trient, les sèchent au soleil et les cuisent à feu vif. Elles en font ensuite une pâte, semblable à du chocolat, mais sans son odeur sucrée.
Cette pâte est barattée pour séparer le beurre des autres composantes. Une fois bouilli et filtré le beurre est prêt pour la vente. Dans les villages, les productrices de beurre font tout manuellement. Mais lorsqu’elles travaillent au sein d’associations, comme l’ASY, elles utilisent des appareils qui leur facilitent la tâche : concasseur, moulin, etc.
S’associer pour tripler son salaire
Honnore Ilbouldou est productrice de beurre de karité. Cette mère de quatre enfants fait partie de l’Association Songtaab-Yalgré (ASY), un regroupement de femmes du Burkina Faso qui produit surtout du beurre de karité biologique pour les cosmétiques
Grâce à ce travail, Honnore gagne 100 $ par année. C’est peu, mais trois fois plus que lorsqu’elle fabriquait du beurre conventionnel chez elle et le vendait au marché. Ses consœurs de l’ASY, qui collectent des amandes, étaient dans la même situation qu’elle. S’associer, ça rapporte !
Dur, le marché du chocolat!
Dans le monde, le beurre de karité est surtout utilisé par les fabricants de chocolat car il est un bon substitut au beurre de cacao. Or, les fabricants s’approvisionnent auprès de sociétés européennes, qui transforment eux-mêmes les amandes de karité. L’ASY ne peut donc pas percer ce marché. Il est difficile de trouver des clients.
Malgré tout, les femmes de l’ASY sont optimistes. Et Honnore Ilbouldou, elle, aime retrouver ses consœurs, chaque jour, dans le bâtiment de production de l’Association.
* L’Association Songtaab-Yalgré, nom qui signifie « s’entraider largement », en langue moré, est soutenue par le CECI, un organisme canadien de coopération. L’ASY compte 2 000 membres.
Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).
Le troc, c’est pas du toc!
Guillaume Brodeur, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008
Forme de commerce la plus ancienne, le troc n’a rien de révolutionnaire. Quoiqu’en cette ère où tout se vend et tout s’achète, il soulève un vent de fraîcheur en remettant le citoyen au cœur de l’échange. Cofondatrices de l’organisme Troc-tes-Trucs, les dynamiques Maude Léonard et Véronique Castonguay font la promotion de la consommation responsable et du développement durable… tout en réalisant de belles économies!
Troquer son vieux grille-pain en inox et quelques morceaux de linge qui végètent dans la garde-robe contre un ordinateur, sans même sortir son porte-monnaie. Voilà un échange en apparence surréaliste, illogique et farfelu… Sauf aux rencontres de Troc-tes-Trucs. Depuis juin 2006, ce groupe communautaire convie aux deux mois les habitants de Villeray, quartier populaire de Montréal, à se départir de biens devenus inutiles –mais non inutilisables! –qui feront ensuite le bonheur de concitoyens intéressés à leur offrir une nouvelle demeure.
«Troc-tes-trucs est né du constat que les familles d’aujourd’hui ont de moins en moins d’enfants, explique Véronique Castonguay. Les vêtements et les jouets ne sont donc plus utilisés jusqu’à être usés à la corde.» Ainsi, plutôt que d’hériter de la paire de patins déjà portée par 8 cousins, les parents d’un hockeyeur en pleine croissance doivent aujourd’hui en racheter une paire chaque année. «Troc-tes-trucs a voulu offrir un réseau, un espace où les gens peuvent combler leurs besoins sans se ruiner.»
Car contrairement au dépôt dans les fameuses «boîtes rouges» de la Société Saint-Vincent-de-Paul, celui qui donne ses biens à Troc-tes-Trucs ne repart jamais les mains vides : un système de jetons virtuels permet au donneur de se procurer des objets apportés par ses pairs. Ici, donner c’est recevoir.
Plus qu’un bazar
Inspirées par les travaux de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde, les deux jeunes femmes revendiquent une certaine globalité à leur action. «On touche évidemment le domaine économique par le troc, explique Maude Léonard, mais aussi l’aspect social en réunissant de purs inconnus pour qu’ils s’échangent des trucs, mais surtout pour qu’ils se connaissent et s’entraident par la suite.» À l’entrée, histoire de briser la glace, des amuse-gueules et des breuvages sont offerts gracieusement aux participants.
On ne saurait ignorer les bienfaits environnementaux du troc, discrets mais omniprésents selon Maude. «En augmentant la durée de vie d’objets qui se seraient retrouvés au dépotoir, on respecte la règle des 3 R-V: Réduire, Réutiliser, Recycler et Valoriser. On peut se targuer de faire du vrai développement durable!» dit-elle fièrement.
Foule bigarrée
Le 25 novembre dernier, avec sa foule de participants, le Centre de Loisirs Communautaires Lajeunesse ressemblait à une vraie fourmilière. De jeunes mères avec leur poussette, deux dames d’origine asiatique, un grand monsieur à la crinière argentée, des étudiants aux habits bohèmes… Une mixité exemplaire! «Ça rassemble des gens de différents milieux qui ne se rencontreraient pas autrement, constate Maude. Tout le monde ressent le désir et le besoin d’échanger l’inutile contre des objets convoités.»
Ils étaient plus d’une centaine à arpenter les étals classés par genre et valeur: vêtements, articles de sport, bibelots, etc. Troc-tes-Trucs attire une foule hétéroclite avec des objets tout aussi discordants! Aussitôt arrivé, un bataillon de bénévoles se met en charge de classifier les objets apportés selon leur échelle de valeur, établie selon le principe du «gros bon sens.»
Pas juste pour les pauvres
Quelques heures plus tard, des centaines de trucs avaient changé de mains dans une ambiance bon enfant. À la différence des marchés aux puces et autres ventes de garage, pas de négociation. Le «prix» est fixe, et minime. «Le troc permet aux familles d’alléger leur fardeau financier et de mettre l’argent sur des choses peut-être plus essentielles», avance Véronique.
On pourrait croire qu’il s’agit d’une activité de «pauvres», ce que dément sa complice Maude. «Oui, plusieurs viennent par nécessité. Mais d’autres participent dans l’idée de réduire leur consommation et leurs déchets. On parle beaucoup de consommation responsable, mais il n’y pas 36 000 façons de la mettre en pratique. Troc-tes-Trucs ne fonctionnerait pas si c’était juste une activité de pauvres! Les gens ont compris qu’on ne doit pas apporter des vieilleries, mais des biens qui seront utiles aux autres, pour leur donner une deuxième vie.»
Trésors cachés
Pas de tableau de Van Gogh ou de Riopelle, lors du dernier Troc-tes-Trucs, mais, quand même, des découvertes intéressantes. Comme cette version du jeu vidéo Zelda dénichée par Mikaël, 20 ans, «aujourd’hui introuvable. Ç’a fait ma journée.»
Quant à Juan, un nouveau bénévole né au Salvador, il voit son implication comme «un petit coup de pouce pour changer le monde. J’apprécie bien sûr cette alternative pour économiser des sous, mais j’aime surtout voir des gens de toutes les cultures échanger entre eux.» Sa présence avait tout de même un motif personnel : «J’aime ramasser des choses… Il y a beaucoup de trésors cachés.» Sa meilleure prise de la journée? Un hachoir à viande.
Petits gestes, grands effets
Un coup d’épée dans l’eau du pessimisme ambiant, les rencontres de Troc-tes-Trucs? Au contraire, soutient Véronique, même si l’on baigne dans une société qui encourage l’hyperconsommation –les ménages québécois n’ont jamais été aussi endettés qu’en 2007–. «L’accumulation de petites actions a de l’impact à long terme sur le mode de vie des gens. Regardons le cas du recyclage : ça a commencé par des gestes isolés avant de quasiment devenir une obligation sociale si l’on ne veut pas se faire regarder de travers!»
Signe de la popularité de Troc-tes-Trucs, Maude Léonard souligne que le nombre de participants a quadruplé depuis un an et demi, pour s’établir à 300 membres. L’activité ponctuelle est par ailleurs en voie de se constituer en organisme structuré, question d’épauler les groupes qui voudraient implanter des rencontres à l’extérieur du quartier Villeray. Dernière initiative en date, la ville de Québec aura sous peu son propre Troc-tes-Trucs.
Je troque, tu troques, il troque…
Encadré
Dehors l’argent, vive les jetons
Difficile d’enlever toute valeur quantifiable à un bien. C’est ce qu’on découvert Maude et Véronique au moment d’élaborer le projet. «Au départ, on avait pensé ne pas mettre de valeur du tout : un objet pour un objet, expliquent-elles. Mais les gens n’auraient pas voulu embarquer. On a déjà reçu des cafetières à espressos, des ordinateurs…» En général, les objets de grande valeur octroient plus de jetons virtuels que des petits cossins. «Mais avec 9 pièces de vêtements, on peut quand même se payer un ordinateur. Au magasin, c’est 1000 piastres!»
Malgré l’imposition d’une échelle de valeur, le principe égalitaire s’impose à l’intérieur des catégories de biens. «Chez nous, un jeans Diesel et un jeans de L’Aubainerie ont la même valeur, poursuit Maude. On ne veut pénaliser personne. Le système des jetons est un peu arbitraire, mais il fallait simplifier les transactions. On pourrait croire que ce n’est pas juste, mais une chose dont tu n’as plus besoin n’a plus de valeur pour toi.»
1 jeton : vêtement, petit accessoire et petit jouet.
3 jetons : accessoire et jouet moyen (ex : jeu de société), livre, manteau, ensemble de neige, petit article de sport (bâtons de hockey), etc.
5 jetons : équipement sportif (patins à roues alignées, skis), petits meubles, accessoires pour bébés, etc.
7 jetons et plus : meubles, appareils ménagers, appareils électroniques, etc.
Éthanol, l’or vert du Brésil
Marc Gallichan - Agence Science-Presse
(São Paulo) — Une automobile totalement verte, roulant au biocarburant, composée de pièces de plastique dérivées de l’éthanol. Une réalité peut-être pas si lointaine pour bon nombre de Brésiliens. Bienvenue au pays de l’éthanol!
Allez dans une station de service et la question sera toujours la même. Alcool ou «gasolina»? Ici, les véhicules roulent à la canne à sucre. Ou plutôt, à l’éthanol. Il est offert à toutes les pompes. L’essence? Elle contient 25% d’éthanol. En comparaison, le Québec s’est donné comme objectif d’ajouter, dans son essence d’ici 2012, seulement 5% de carburant de provenance bio.
«Ce succès, le Brésil le doit aux voitures flex-fuel», affirme l’Union de l’industrie de la canne à sucre de São Paulo. Sous le capot: un moteur permettant autant l’usage de l’alcool, de l’essence ou un mélange des deux. Le moteur conventionnel accepte jusqu’à 10% d’éthanol, au-delà de ce pourcentage, on doit le modifier. Mise au point par des ingénieurs de Volkswagen, le moteur flex-fuel se retrouve déjà dans 87,7% des voitures neuves.
Ce n’est pas d’hier que l’alco-essence coule au pays de la samba. En réponse à la crise du pétrole en 1975, on a commencé à la produire dans le cadre du programme Pro-alcool. Il visait à mettre fin à la dépendance du pays envers le pétrole. Cette longue expérience a permis aux chercheurs d’acquérir un bagage de connaissances sur la canne à sucre, ses dérivés et sur le processus de fabrication de ce nouveau carburant.
De là, de nouvelles innovations surgissent. Qu’on pense au premier polyéthylène vert certifié fait à partir d’éthanol de la compagnie Braskem, par exemple. Cette résine unique contient 100% de matières premières renouvelables. On travaille déjà à l’élaboration de propène et polypropène – plastiques utilisés notamment dans l’industrie de pièces automobile.
Des sommes colossales sont aussi investies pour tenter d’extraire de l’éthanol de la cellulose à partir des rejets de canne à sucre à l’aide de la technique enzymatique – qui comme son nom l’indique utilise des enzymes pour aider la cassure des molécules de cellulose. Le Projet Bioéthanol réunit environ 150 chercheurs de 14 universités brésiliennes, en plus de centres de recherche nationaux et étrangers.
L’usage de l’éthanol comme carburant au Québec gagnera-t-il en popularité? Chose certaine, si on veut atteindre la cible de 2012, le maïs ne suffira pas à la demande. On devra utiliser autre chose. La fabrication d’éthanol à partir de la biomasse forestière et agricole, et des déchets urbains semble prometteuse. Le gouvernement Charest a d’ailleurs annoncé le printemps dernier des investissements dans la recherche sur l’éthanol cellulosique en Estrie.
Régime enregistré d’épargne retraite (REER) et la Banque Nationale
Notre organisme intervient auprès de jeunes marginalisés. Notre personnel accepte de travailler dans des conditions plus difficiles que dans l’entreprise privée. Le salaire est moins élevé, il faut souvent se débrouiller avec moins d’équipement, moins de personnel et il faut travailler plus fort.
Il est vrai que pour certains employés, ils viennent chercher une expérience de travail qui leur permettra de se trouver un emploi fort intéressant. Pour d’autres, la passion des jeunes, la volonté de faire une différence pour certains jeunes, l’intérêt d’aider la société à voir les choses sous un autre angle, les amènent à continuer de s’impliquer dans l’organisme.
Pour ces employés, notre organisme veut les soutenir dans leur continuité. Nous ne pouvons offrir toutes les assurances et avantages sociaux que les grandes entreprises peuvent offrir. Nous tenons cependant à cotiser à un régime enregistré d’épargne retraite (REER) au nom de l’employé. Qu’il continue ou non chez nous, nous espérons qu’il conservera cette discipline.
Débuté jeune, les argents placés dans un REER permettent, avec un montant minime, de garantir d’avoir les fonds nécessaires à la retraite pour subvenir à nos besoins. Mais voilà que cette bonne intention n’est pas facile à gérer avec les institutions financières. Un montant régulier hebdomadaire n’est pas suffisant pour ouvrir un compte. Certaines banques exigent un premier versement de 500$ pour ouvrir un compte REER.
D’autres institutions, comme ING, ne sont pas reconnu ni par les Caisses Desjardins, ni par la Banque Nationale pour que l’on puisse faire des transferts à cette institution. Pour un régime collectif, les Caisses Desjardins exigent des versements hebdomadaires plus grand que l’ensemble des cotisations que notre organisme est prêt à faire à ses employés.
Nous allons trouver une façon de faire pour contourner toutes les exigences de ces banques. Mais je suis surpris qu’il y ait tant d’embûches. Les REER de nos employés vont grossir rapidement. La constance et la fidélité de l’organisme dans cette préparation à la retraite de nos employés est un placement long terme pour la banque. Cela leur permet d’assurer des placements qui seront substanciels avec les années.
Au lieu de nous dérouler le tapis rouge et de vouloir s’arracher notre clientèle, voilà que les banques font leur difficile et ont toutes sortes d’exigences. Je comprends que pour rester en affaire nous devions rationaliser les opérations. Mais il y a un minimum de rationalisation dans le service à la clientèle qui peut être acceptable. Vis-à-vis une banque, je me sens comme un numéro, un cas problème, un moins que rien qui dérange. Pourtant, je suis un client et ces banques font de l’argent avec nous.
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L’économie des extra-terrestres
(Agence Science-Presse) – Des extra-terrestres se sont écrasés sur notre planète. Ils ont des décisions de nature économique à prendre. Et vous pouvez les aider. C’est le détour qu’ont trouvé deux enseignants de l’Université de Caroline du Nord pour rendre l’économie moins ennuyeuse pour les étudiants. Et Economics 201 n’est pas seulement un jeu informatique destiné à alléger le cours : c’est le cours. Le succès ou l’échec à aider les Sarboniens à survivre et à réparer leur vaisseau détermine la note de l’étudiant. Le graphisme est plutôt primitif, si on le compare aux « vrais » jeux, mais s’entremêlent aux déboires des Sarboniens des questionnaires et des textes, rendant le tout, espèrent les deux enseignants, plus intéressant que la lecture du « vieux » manuel d’économie. Il est toutefois trop tôt pour avoir une évaluation indépendante du succès de ce « nouveau » cours, en comparaison du « vieux » manuel…
La bourse, les transactions d’initiés et le citoyen
Même si j’ai l’intention de prendre ma retraite à 86 ans et que je ne m’attends pas d’avoir besoin d’un gros montant pour ma retraite, je ne prends pas de chance. Il peut arriver que la fatigue ou la maladie m’oblige à changer mes plans. Je prends donc une partie de mon salaire que je place dans des fonds de placement pour assurer un minimum de revenu à la retraite.
On m’a toujours dit que les placements doivent être vu dans une perspective de long terme. Il peut arriver qu’un placement ait un rendement négatif pour quelques années avant de revenir dans le positif. Les fonds de placement, représentant des centaines et des milliers d’entreprises répartit le risque et permet, théoriquement, d’obtenir un rendement supérieur à des certificats de dépots sans trop de risque.
J’ai investit dans plusieurs fonds différents pour éviter de mettre tous mes oeufs dans le même panier. Malgré tout, sur des périodes de 15 ans, aucun fonds ne m’a satisfait et me fait sursauter de joie. Certains fonds ont même traversé des périodes très difficiles, perdant jusqu’à 50% de leur valeur. Après des années d’attente, le courtier me mentionne que ce fonds fait peur aux investisseurs et qu’il serait préférable de prendre la perte et de transférer le tout dans un autre fonds.
Je me questionne énormément sur la pertinence des fonds de placement pour le simple citoyen qui n’a pas ni le temps ni l’intérêt de suivre le cours des actions. D’un côté, ça ne semble pas être très rentable pour le citoyen. De l’autre, quand je lis certaines chroniques sur les transactions d’initiés, ça semble être très payants pour les gens impliqués. Les gens en place semble toujours acheté leurs actions la semaine avant que les actions ne doublent de valeur et les revendent la semaine avant que les titres ne tombent en chute libre.
Les gens du milieu qui possèdent des actions dans les entreprises qui les concernent ont un certain temps pour déclarer leurs transactions aux Autorités des marchés financiers (AMF). L’AMF agirait comme chien de garde pour protéger l’intégrité des transactions boursières. À voir le nombre d’initié qui contreviennent aux règles, qui payent les amendes sans réchigner, il semble que le chien de garde ne mord pas fort. Les amendes que les initiés doivent payer semblent être ridicule devant l’ampleur des argents que les initiés font semblent.
Et pendant ce temps, des citoyens qui travaillent toute leur vie pour assurer leurs vieux jours se font arnaquer. Soit par des fraudes monstrueuses et énormes telles Norbourg, soit par des transactions d’initiés qui affectent le rendement des différents fonds.
Je n’ai pas de grandes solutions à vous offrir. Il est important de prévoir sa retraite. Prenez le temps de bien y penser. Et, comme tout investissement, ne prenez pas pour vrai tout ce qu’un courtier peut vous dire. Prenez le temps de bien vous informer pour établir la stratégie de placement qui vous corresponds.
Lueurs d’espoir en Haïti
Dominic Desmarais, Volume 16 no 1. Octobre 2007
La communauté internationale participe à sa 5e intervention en Haïti depuis 1993. Déployée en 2004, la plus récente mission des Nations Unies doit assurer la sécurité d’Haïti et rétablir l’État de droit pour permettre au pays de se développer. Un défi qui prendra des années à se réaliser alors que tout est à faire. Santé, éducation, économie, criminalité, incompétence et mentalités sont indissociables pour comprendre l’ampleur de la reconstruction de ce pays de 8 millions d’habitants.
Reflet de Société vous présente le premier volet de son grand reportage sur l’impact de l’insécurité dans la vie des gens.
Jean a le cœur brisé en se promenant sur les montagnes de Marmelade, dans la région de l’Artibonite, au nord d’Haïti. Au loin, il a aperçu deux hommes qui s’échinent à scier de larges troncs d’arbre. Jean s’arrête, les montre du doigt. «Il n’y a plus d’arbres dans mon pays, rage-t-il. Quand j’étais jeune, on plantait un arbre à chaque naissance. Un arbre, c’est la vie.»
La vue, du haut des cimes de Marmelade, donne raison à Jean. La végétation cède la place aux roches et à l’herbe rase. Les pluies torrentielles n’épargnent pas ce pays montagneux, comme le rappellent les inondations de mai et septembre 2004 qui ont fait près de 4000 morts, 2000 disparus et des centaines de milliers de sinistrés. La pluie érode la roche et la traîne vers le bas. À regarder les champs, sur le bord des routes, on s’imagine qu’il y pousse de la rocaille.
À l’image de la commune de Marmelade, Haïti vit un problème environnemental important. De 35% qu’il était dans les années 1960, le couvert végétal du pays recouvre à peine 2 à 3% du pays aujourd’hui. Sans végétation, en terrain montagneux, l’érosion risque de mettre sur la paille nombre d’Haïtiens. 90% des activités du pays sont agricoles. Jean peut bien se plaindre. Chaque arbre coupé menace le garde-manger de la population. Et pousse les gens à s’exiler vers les villes.
La marche calme Jean. Les deux hommes, avec leur scie, l’ont secoué. La nature, c’est sa vie. Il aide les agriculteurs à contrer l’érosion en construisant des murets de pierres ou en plantant des ananas, de la canne à sucre ou des herbes. Il leur apprend à mieux cultiver leurs champs. Jean est technicien agricole pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
L’agriculture n’est qu’une porte d’entrée pour la FAO. Car son projet, ce sont les préoccupations et les solutions de la population de Marmelade. C’est elle qui décide de tout: ses priorités et ses représentants au sein du Comité de Développement (CD). La population s’est limitée à 5 priorités: santé, eau potable, érosion, commerce pour les femmes et éducation: ces choix sont indissociables pour rehausser la qualité de vie dans la région.
«Au début, c’était difficile parce qu’ils sont habitués à des projets dirigistes, interventionnistes. Là, c’est un projet de la commune», raconte Eduardo Seminario, responsable technique à la FAO. Il est à la tête d’une équipe de 16 Haïtiens, dont la plupart sont originaires de Marmelade.
L’éducation: une préoccupation majeure
Le matin, les rues de Marmelade sont envahies par des écoliers en uniforme. Certains élèves mettent 4 heures pour se rendre à l’école. Un aller-retour équivalent à une journée complète de travail.
L’une des priorités, entre les mains du CD, est de favoriser l’accès à l’éducation. La construction d’une école pour 1000 élèves est un pas dans cette direction. «Mais c’est difficile d’apprendre quand les enfants sont mal nourris», explique un membre du CD. Selon la FAO, près de la moitié des 8,4 millions d’Haïtiens souffrent de faim. Près du quart des enfants de moins de 5 ans souffriraient de malnutrition chronique.
La faim n’est qu’un des nombreux obstacles qui expliquent qu’un Haïtien sur deux n’a pas complété ses études primaires. Madeleine, une enseignante québécoise à la retraite, est venue donner un coup de pouce à ses collègues haïtiens par l’entremise de la Fondation Paul Gérin-Lajoie (FPGL). Accompagnée de Jean-Luc, son époux, également retraité de l’enseignement, elle appuie des professeurs pour améliorer le système scolaire. «Je veux les faire bouger davantage, favoriser leur créativité, dit-elle d’un ton énergique. L’enseignement est répétitif. Ce n’est pas motivant. Ici, on a l’impression que les enfants sont une quantité négligeable. Ils ne sont pas habitués qu’on s’intéresse à eux.»
Madeleine est arrivée il y a un mois. Elle qui rêvait de s’impliquer n’a travaillé que 10 jours. Tous les matins, Madeleine se présente à l’école sans savoir s’il y aura classe. En zone rurale, la pluie est une bonne excuse pour élèves et professeurs de ne pas se présenter à l’école. Ce vendredi, malgré le beau temps, elle se butte à des classes vides; 4 des 9 enseignants ne se sont pas présentés. Il n’y a pas eu de cours depuis 3 jours. La direction n’intervient pas. Deux groupes se sont joints à d’autres classes. Les locaux vides sont envahis par des filles qui dorment, affalées sur les bancs d’école. Le regard fuyant, elles ne veulent pas expliquer pourquoi elles ne retournent pas à la maison. «Certaines sont des restavecs, explique Madeleine, compatissante. De jeunes filles offertes comme domestiques à des familles plus fortunées, dans l’espoir que ces familles paient pour les éduquer. Elles préfèrent rester à l’école. C’est leur seul moment de détente, ici», poursuit l’enseignante québécoise.
Dans la classe des 3e année, on ouvre les cahiers de mathématique. Elles ne sont que 13, cette journée-là. L’air circule mieux qu’en temps normal, alors qu’elles sont 43. Le rythme de la classe est lent. Chacune, à tour de rôle, se présente au bureau du professeur pour corriger ses exercices. Elles sont peu actives, peu participatives. À l’image du professeur qui récite sans âme des leçons sur les fractions.
L’enseignante québécoise n’est pas prête à lancer la pierre aux enseignants haïtiens. «Moi ce soir, j’ai de l’eau, un bon repas. Pas eux. Leur salaire ne vient jamais. Ils sont fatigués. Je les vois se coucher sur leur bureau 10 minutes. Trois enseignantes suivent une formation de soir. Ils ont leur classe à s’occuper, leur famille et leurs travaux. Pour la plupart, ils sont en mode survie et ça paraît. Ils auraient besoin de beaucoup d’encouragements. On ne souligne pas leurs bons coups. Alors ils agissent de même avec leurs élèves. Quand tu prends le temps de regarder ce qu’ils vivent, tu ne peux pas les juger. Mais ça ne donne pas de résultats auprès des élèves.»
Le défi de l’accès à l’éducation est de taille. Malnutrition qui rend difficile la concentration, longues heures de marche pour atteindre l’école, professeurs peu motivés et absents, écoles souvent fermées, surpeuplement dans les classes. Autre obstacle majeur: un examen national décide si l’élève de 6e année peut passer au secondaire. Le test est en français. En zone rurale, on parle créole. Tant à la maison qu’à l’école. Malgré la bonne volonté des jeunes, très peu terminent le niveau primaire.
Médecine de guerre
Autre souci pour la population de Marmelade, l’accès aux soins de santé. Les 40 000 habitants de la commune possèdent un minuscule centre de santé. Avec ses 4 médecins, dont deux Cubains, le Centre fonctionne au ralenti. Pas d’équipements pour traiter des fractures, encore moins pour opérer. La majorité des malades qui se présentent ont des problèmes de malnutrition ou de typhoïde en raison d’une consommation d’eau non potable. «L’eau est un véritable problème, affirme un membre du Comité de développement de la commune. Certains marchent la nuit pour en puiser dans la montagne. La population consomme la même eau que le bétail.» Pour Marmelade, l’amélioration de la santé passe par la captation d’une source d’eau potable.
Les statistiques parlent d’elles-mêmes. En Haïti, un enfant sur 12 meurt avant d’avoir atteint 5 ans. On compte 523 décès de femmes enceintes pour 100 000 naissances. L’un des taux les plus élevés au monde. La cause est simple, selon Médecins Sans Frontières (MSF): peu de femmes ont accès aux soins obstétriques d’urgence. Pour répondre à ce problème, MSF opère un hôpital pour aider les femmes enceintes de milieux défavorisés.
«Notre objectif est de pratiquer 280 accouchements vaginaux et 120 césariennes par mois, explique Colete Gadenne, chef de mission de MSF. Nous voulions nous en tenir aux cas compliqués.» Un mois après l’ouverture de l’hôpital Jude Anne, en mars 2006, MSF atteignait son objectif. Certains mois, l’organisme pratique plus de 1000 accouchements.
Colette fait tout en même temps. Signer des chèques, régler des problèmes au téléphone, prévoir la journée du lendemain, recevoir des journalistes. Sa voix dénote un état d’urgence permanent. «Nous travaillons en surcharge totale. Nous avons dû engager plus de médecins, acheter plus de matériel que prévu. Nous recevons des gens de partout. Ça montre qu’il y a un énorme problème.»
L’hôpital Jude Anne, situé à La Saline, dans un bidonville de Port-au-Prince, ressemble à une école. À l’intérieur, le personnel est à la course. La salle d’opération est protégée par une bâche de plastique. À l’étage, les lits sont empilés les uns sur les autres pour accueillir le plus de patients possibles. Les patientes sont dans un état catatonique.
Par manque d’espace, des femmes sur le point d’accoucher attendent à la grosse chaleur dans la cour intérieure. Assises sur des bancs de bois, elles ne font rien, si ce n’est s’éponger le front. Elles observent, de l’autre côté de la grille, la longue file de gens qui espèrent recevoir des soins prodigués par MSF. L’heureux papa d’une petite fille, appelé au porte-voix depuis la cour intérieure, peine à rentrer pour rejoindre sa progéniture et son épouse. Contre la porte d’entrée, personne ne bouge. Personne ne veut céder sa place. Sortir de l’hôpital est tout aussi périlleux. Les gens sont à cran, las d’attendre.
MSF ne veut pas se substituer aux hôpitaux haïtiens. Mais la gratuité des soins offerts par l’organisme est un luxe que la grande majorité des habitants de Port-au-Prince ne peuvent laisser passer. Le coût des soins, dans le système haïtien, n’est pourtant pas élevé. Mais les gens n’ont pas d’argent. Ce qui fait rager Colette. «Le ministère de la Santé se ferme les yeux, s’emporte-t-elle. Il dit qu’il est débordé. Mais si tu fais le tour des hôpitaux, les maternités sont vides.»
Estimé et Yves, médecins haïtiens, ont une perception différente de Colette. Estimé a obtenu sa maîtrise à l’Université de Montréal. Yves, lui, a étudié aux États-Unis. Ils illustrent l’effet pervers de l’action de MSF. «À l’hôpital d’État de l’Université, le plus grand au pays, le système d’obstétrique et de gynécologie n’est pas fonctionnel. MSF est arrivé et a dit qu’il s’occupait des accouchements compliqués. Nous n’avons donc plus de cas pour former nos médecins», raconte Yves.
Ces deux médecins constatent le manque de services offerts à l’extérieur de la capitale. «La quasi-totalité des médecins restent à Port-au-Prince. Ils ne veulent pas s’installer dans les provinces à cause du manque d’infrastructures. Si tu ne peux pas opérer sans anesthésiste, tu ne veux pas y travailler», affirme Estimé.
Si les régions sont peu attirantes pour les professionnels de la santé, les bidonvilles sont également ignorés en raison de l’insécurité qui y règne.
Bidonvilles, source d’insécurité
MSF a pris le relais dans les quartiers dangereux, négociant des couloirs humanitaires avec les chefs de gangs. Femmes enceintes, blessés par balles, victimes de violence sexuelle, MSF pratique une médecine de guerre. Les gangs des bidonvilles, autrefois animés par des motivations politiques, sont passés à l’ère criminelle: massacres à la machette, fusillades dans les lieux publics, kidnappings et viols, maisons brûlées.
Apparus timidement en 2005, les kidnappings contre rançons ont atteint des sommets à l’été 2006 avec 10 cas par jour. «Les gangs contrôlaient le pays. Ils étaient partout», rapporte Edmund Mulet, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Haïti. Les Casques bleus se sont installés dans les bidonvilles, faisant passer les morts violentes de 2 par jour à 2 par mois.
Depuis février 2007, le calme est revenu dans le pays, hormis quelques zones encore problématiques comme les Gonaïves. Les chefs de gangs ont été arrêtés, tués, ou ont déguerpi. Les autres membres se sont dispersés. Les gangs n’effraient plus autant la population. Les voyous d’hier deviennent les victimes d’aujourd’hui. «Maintenant, on voit de plus en plus d’actes de justice populaire, affirme M. Faggart, représentant spécial pour la Commission internationale des Droits de l’Homme en Haïti. Une foule a lynché un jeune soupçonné d’avoir assassiné un flic. Ils en ont profité pour mettre le feu au marché ou se réunissaient les jeunes criminels. Quand on pense que le marché est le seul lieu de ravitaillement de ces gens, c’est fou!» s’indigne M. Faggart.
La population, particulièrement dans les bidonvilles, endure des conditions de vie inhumaines et explose de façon spontanée. La Saline est un dépotoir à ciel ouvert. Les gens vivent au milieu de déchets et d’eau boueuse. Les gens n’ont pas d’emploi. Quelques-uns opèrent de petits commerces, mais les acheteurs sont peu nombreux.
Il est difficile de sortir de La Saline, ne serait-ce que pour trouver un emploi. Car pour sortir, il faut un moyen de transport. Le transport coûte des sous, quand il passe. Les routes de sable, pleines de trous à faire taire les dénigreurs des rues du Québec, repoussent les conducteurs de tap-tap, des camionnettes dans lesquelles on s’entasse. L’insécurité aussi les fait prendre une autre direction.
Jean-Claude, un chauffeur de taxi, évite les bidonvilles. La suspension de sa Corolla 1984 n’est plus jeune pour rouler dans ces rues laissées à l’abandon. Les nombreux trous, leur profondeur, ne valent pas qu’il mette en péril le gagne-pain de sa famille.
La violence a réduit ses heures de travail et l’épaisseur de son portefeuille. Jean-Claude ne se lève plus à 3 heures le matin pour conduire des femmes au marché. Il ne prend plus ce risque. Ses clientes non plus, d’ailleurs. Car les femmes, piliers de la famille, étaient visées par les gangs. «Les marchés sont composés à 95% de femmes, estime Éric Calpas, de la section Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) de l’ONU. Elles ont la charge de la famille. En réduisant l’activité des marchés, les femmes rapportent moins d’argent pour combler les besoins de la famille. Les enfants ont peur d’aller à l’école.»
Malgré ces conditions, de nouveaux arrivants cognent à la porte des bidonvilles tous les jours. Ils viennent des provinces, le ventre creux. «Quand ils sont incapables de subsister, les paysans quittent pour la ville, explique M. Seminario, de la FAO. Mais les villes ne sont pas capables de les recevoir.»
Économie chancelante
Par son projet d’agriculture, la FAO espère limiter l’exode qui crée les bidonvilles, terrain fertile pour la criminalité. «En augmentant la production, on augmente le couvert végétal, donc on limite l’érosion. On ne perd pas la fertilité des sols. L’eau des rivières est plus pure, les agriculteurs font plus d’argent», analyse M. Seminario.
Marmelade vivait auparavant de la culture du café. La chute des prix combiné à l’état des routes ont forcé les gens à abandonner la production. Ils ont besoin de semences et de l’expertise d’agronomes pour augmenter et diversifier leur production.
Le Comité de développement délivre les semences fournies par la FAO. Le bénéficiaire doit remettre, à la récolte, les semences qu’il a reçues plus 1/6. Ce léger surplus permettra, l’année suivante, à plus d’agriculteurs de recevoir des semences.
En partenariat avec la Caisse populaire de Marmelade, membre du réseau Développement International Desjardins, la FAO soutient des prêts aux agriculteurs pour acheter du bétail ou stocker du grain.
Les femmes sont aussi visées. Le CD choisit d’octroyer de petits prêts de 2000 à 6000 gourdes (de 60 à 180 dollars) aux plus défavorisées. Par manque de moyens, les femmes se rassemblent en groupes de 5 à 10 pour obtenir un prêt. Elles achètent, avec l’argent reçu, des produits alimentaires pour vendre. L’équipe de M. Seminario et des employés de la Caisse les forment à la gestion et la comptabilité.
54 prêts ont été octroyés à 324 femmes qui les ont remboursés dans 95% des cas. Le CD aimerait toucher davantage de femmes, avec cette activité. «Beaucoup de femmes ne reçoivent pas de crédit», se plaint Melinda, membre du CD, tout en critiquant le taux d’intérêt de 26%.
De façon générale, la situation s’est améliorée à Marmelade. «Avec l’aide de la FAO, nos récoltes sont maintenant 4 à 5 fois plus volumineuses», raconte Lucien, un agriculteur de la région.
Cette amélioration risque de plafonner. Le délabrement des routes oblige les agriculteurs à écouler leurs surplus dans la communauté. Une production plus élevée et le manque d’acheteurs entraînent du gaspillage. Les récoltes, faute de débouchés, deviennent périmées.
Les routes d’Haïti, qui freinent le relèvement du pays, pourraient être la planche de salut du pays. Un vaste projet de construction de routes et de bâtiments mijote. «Ce qu’il faut, on le verra cette année, ce sont des travaux publics. Beaucoup de gens vont travailler. Ils vont construire des routes. Ça va déclencher une augmentation de l’activité économique», évalue l’ambassadeur Mulet, à la tête de la MINUSTAH.
La population n’attend que ça. Elle s’impatiente. Avec les trois quarts de ses habitants qui vivent avec 2$ ou moins par jour, le quart de ses jeunes de 18 ans et moins qui sont considérés comme orphelins ou enfants vulnérables, le pays risque de replonger dans ses vieilles habitudes. «On a besoin de plus de projets visibles et avec un impact direct, estime Thierry Faggart, des Droits de l’Homme. La population a besoin de voir une différence dans ses conditions de vie suite à l’amélioration de la sécurité et, pour une fois, la présence d’un gouvernement légitime. Faute de quoi, on peut basculer dans l’insécurité à nouveau.»
Un gouvernement faible
Jean L’Hérisson est à la tête d’Haïti Solidarité internationale, une ONG qui sensibilise la population sur les enjeux de la justice et de la décentralisation des pouvoirs. Selon lui, le gouvernement de René Préval hérite d’un État en décrépitude totale. «Le pays est dépourvu de tout. On sent que ce gouvernement, en place depuis un an, a des velléités de mises en chantier. Mais de la volonté, nous n’en sommes pas certains.»
L’ambassadeur Mulet y voit un problème de compétences et non un manque de volonté. «80% des gens éduqués sont partis. Il n’y a pas de cadres. C’est un problème pour l’État, la société civile et le privé», déplore-t-il. Haïti, sous dictature 35 ans depuis les 50 dernières années, n’a pas formé ses gens à prendre des initiatives.
Ce manque se fait sentir à Marmelade, comme partout au pays. Après 8 ans de formation, les agriculteurs de Marmelade ne sont toujours pas aptes à gérer des budgets significatifs malgré leurs besoins pressants. «On augmente les fonds petit à petit, explique M. Seminario. Ils ne peuvent pas en absorber plus. On décaisse l’argent progressivement, au fur et à mesure qu’ils apprennent à gérer les fonds.» M. Seminario préfère former les habitants de Marmelade de façon durable et former de nouveaux leaders locaux qui deviendront, qui sait, les politiciens de demain.
En impliquant les gens dans le développement de leur région, M. Seminario obtient des résultats inattendus. Lors des violences entourant le départ de l’ancien président Aristide, en 2004, les membres du Comité de développement ont protégé les institutions et infrastructures qu’ils avaient mises en place. «Ça démontre leur engagement, constate M. Seminario. En raison des troubles, l’équipe du FAO a quitté la région. Ils ont pris le relais. Tout est resté intact.»
Sur le chemin du retour, à bord du 4×4 de la FAO, le choc des cultures se fait sentir. Gary, comptable du projet, explose à la vue des déchets qui ornent les rues. «Je veux être dictateur, dit-il sérieux. Je vais obliger les Haïtiens à agir pour leur bien. Il y a une loi qui interdit de jeter ses déchets sur la rue. C’est pour éviter les problèmes de santé. Sous la dictature, la loi était respectée.»
Gary a 43 ans. Il est diplômé universitaire. Il a vécu sous la dictature et subi des gouvernements inefficaces. Il n’a plus de patience. Et il n’est pas le seul. C’est là tout le problème de la reconstruction d’Haïti. Elle demande du temps. 10 à 20 ans. Pour Gary, c’est trop long.
Penser comme un économiste
(Agence Science-Presse) – Les économistes ont mauvaise presse. On les accuse de bien des maux. Mais ce que les « profanes » n’ont pas compris, défend la journaliste Diane Coyle, c’est qu’être économiste, c’est avant tout une façon différence de penser. C’est ce que soutient dans son dernier livre The Soulful Science (littéralement : la science avec une âme), cette « vulgarisatrice économique ». Soit, mais est-ce une meilleure façon de penser? C’est également ce que soutient l’auteure, qui met par exemple de l’avant le cas de l’aide internationale : les économistes ont jadis été ceux qui ont fourni l’argumentation nécessaire à des programmes massifs d’aide au développement —et ils sont aujourd’hui ceux qui fournissent les argumentations nécessaires à « démontrer » que cette aide nuit aux pays en voie de développement ou ne contribue en rien à leur croissance. Une preuve que l’économie est une véritable science, capable de s’auto-critiquer et d’évoluer? Il en faudra plus pour convaincre les sceptiques, mais des ouvrages qui jettent un regard critique sur l’économie, au bénéfice du grand public, sont encore trop rares.
(Diane Coyle, The Soulful Science : What Economists Really Do and Why It Matters, Princeton University Press, 2007).
Le micro crédit mis en scèneStéphane Antoine Comtois, Fonds d’emprunt communautaire de Québec
Volume 15 no 6, août 2007
Danseur professionnel pendant 25 ans, il a souhaité transmettre ses connaissances et mettre son talent au service d’autres artistes de tous âges. En 1995, il fonde avec sa femme Isabelle Mode é arto: une agence de mannequins et une école de formation professionnelle à la danse et au théâtre.
Essuyant un refus auprès d’une banque traditionnelle en 2000, ils ont pu concrétiser leur projet d’expansion grâce au Fonds d’emprunt communautaire de Québec. Stéphane Antoine Comtois pense que Mode é arto a été perçue comme une entreprise à risque, puisque qu’elle offre exclusivement des services. Le Fonds les a accompagnés dans leur démarche.
“Ils savent ou ils s’en vont, lance-t-il, faisant allusion au dynamisme des gestionnaires du Fonds. Ils sont à l’écoute”. Stéphane Antoine Comtois a aujourd’hui accès au financement traditionnel, une transition “qui s’est faite toute seule”.
Parcours d’une jeune femme téméraireNenita, Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM)
À son arrivée au Canada, la jeune femme originaire des Philippines travaille comme gardienne d’enfants puis cumule de petits emplois dans la restauration et le textile. Elle s’inscrit par la suite dans une école de coiffure avant d’ouvrir son premier salon de en 1999.
“Ma plus grande erreur, explique-t-elle, a été de donner l’opportunité à un client et ami dépressif de travailler avec moi. C’était un ouvrier et il ne connaissait rien aux affaires. Il était frustré que je gère le salon et s’est mis à être agressif envers mes clients et moi.”
Nenita commence à avoir des soucis financiers et s’adresse alors à l’ACEM dont elle reçoit un prêt de 10 000 $. Depuis un an et demi, Nenita est coiffeuse et esthéticienne dans son nouveau salon. Elle ne regrette pas son choix et tente d’oublier les épisodes noirs des débuts. “La coiffure m’a donné toute l’assurance dont j’ai besoin.”
Autres textes sur l’environnement.
Micro Crédit : Quand les banques disent non…
Morgane Lapeyre, volume 15 no 6, août 2007
Fondé sur les principes de solidarité et de réciprocité, le micro crédit était originellement destiné à enrayer la pauvreté dans les milieux ruraux, bidonvilles et quartiers défavorisés des pays en développement. Ce concept ingénieux, qui consiste à prêter aux petits entrepreneurs à risque, doit son succès et sa popularité au fondateur de la Banque Grameen au Bangladesh et prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. De nombreux pays industrialisés s’en sont ensuite inspirés. Au Québec, les exclus du système bancaire traditionnel peuvent, depuis maintenant 20 ans, adresser leurs demandes à 22 organismes d’emprunt communautaire.
Travailleurs autonomes ou propriétaires de petites entreprises, ils ont un historique de crédit négatif ou n’ont pas d’antécédents de crédit. D’autres sont au chômage ou travaillent à temps partiel. Ils représentent une clientèle précaire et donc un risque financier aux yeux des banques traditionnelles, qui refusent par conséquent de leur accorder un prêt. Cet argument est toutefois contestable, puisque le taux de remboursement est d’environ 90 % dans le secteur de la micro finance.
Au Québec, les institutions de micro crédit sont connues sous le nom d’organismes de crédit communautaires. Financés par la communauté et non par des organisations financières internationales ou des ONG, ils pallient le manquement des banques conventionnelles en offrant une aide technique et financière à une clientèle marginalisée. À leurs yeux, chacun a un potentiel et personne ne devrait être limité dans la réalisation de ses projets.
Dans les pays émergents, 50 $ suffisent à acheter l’engrais ou les machines nécessaires pour augmenter le rendement de la production agricole ou établir un commerce. Au Québec, les prêts varient entre 3 000 $ et 20 000 $. Divergence de pouvoir d’achat oblige.
Chacun sa clientèle
Le Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC) rassemble les fonds et cercles d’emprunt qui sont à l’origine de sa création. Ils partagent les mêmes valeurs et se sont donc regroupés “pour se donner une force”, selon la coordinatrice du réseau, Lucie Villeneuve. Leur clientèle et leurs modalités de remboursement sont toutefois différentes.
La mission d’un cercle d’emprunt est d’apprendre à ses membres comment développer un projet d’entreprise à partir d’une idée. Les prêts n’excèdent pas 5000 $ et la période de remboursement se limite à trois ans. Un fonds d’emprunt s’adresse au contraire à des entrepreneurs ayant déjà une ébauche d’un plan d’affaires, voire un projet élaboré. Les conseillers du Fonds les accompagnent dans leur démarche et les prêts concédés atteignent 20 000 $.
Le Réseau effectue un travail de coordination entre ses membres et négocie avec le gouvernement pour obtenir des subventions. Il a également comme fonction de faire connaître le crédit communautaire pour que les organismes soient reconnus au même titre que d’autres institutions financières.
Viabilité avant tout
Le principal critère d’admissibilité est la “viabilité raisonnable du projet”, explique Jean Desbiens. Leur clientèle subit diverses formes d’exclusion sociale et économique, notamment parce que leur situation professionnelle est instable. Aux yeux des conseillers, les projets retenus doivent être irréprochables. “Nous sommes très exigeants dans la mesure où ces personnes sont déjà en situation d’échec.”
Faire faillite risquerait d’augmenter leur sentiment d’insuccès. D’autre part, 70 % des personnes qui se présentent auprès de l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) n’auraient pas de plan d’affaires, note Yasmine Nacro, conseillère au suivi et soutien des entreprises au sein de l’organisme.
“Il y a cependant encore trop de refus”, estime Jean Desbiens. La forte sélection des projets d’entreprise est toutefois justifiée puisqu’elle assurerait le succès des nouvelles entreprises parrainées par le Fonds. Les conseillers évaluent le potentiel de gestion des entrepreneurs et jugent ainsi de la nécessité de leur offrir une formation de 30 heures échelonnée sur 6 semaines.
Cette formation initiale comprend l’utilisation d’outils informatiques, des cours de marketing et de comptabilité, précise-t-il. Ils apprennent par exemple à faire une étude de marché et à réaliser un budget. Par la suite, ils peuvent participer à des ateliers sur les techniques de planification publicitaire et budgétaire. Les membres bénéficient également d’un suivi régulier et individualisé, une particularité des organismes de crédit communautaire.
Clé du succès
Les exigences et la rigueur des conseillers financiers garantissent un taux de remboursement élevé. Le bon fonctionnement des fonds et cercles d’emprunt s’explique également par le lien de confiance entre les investisseurs, les conseillers et leurs débiteurs. Chaque organisme repose sur le soutien financier de nombreux investisseurs, tels des syndicats, des communautés religieuses ou encore des caisses Desjardins.
Les organismes de micro crédit peuvent prêter à une clientèle à risque, puisque leur taux d’intérêt est plus élevé que celui des banques traditionnelles. S’il est inacceptable pour eux qu’une clientèle à risque soit condamnée à vivre dans la précarité, il est parfois difficile de proposer une alternative raisonnable aux 6 % de projets qui échouent. Ces organismes doivent donc assurer leurs arrières et compenser pour les prêts non remboursés.
Le Fonds d’emprunt communautaire de Québec aurait ainsi contribué à la mise sur pied d’une soixantaine d’entreprises depuis sa création en 1997, d’après Jean Desbiens. Le secteur d’activité le plus exploité est celui de l’artisanat.
Yasmine Nacro explique que les seuls projets non admissibles sont les franchises, les cybercommerces ainsi que le secteur des nouvelles technologies. Dans le cas des cybercommerces, les clients pourraient se retrouver impliqués dans des situations de fraude, et le fonds, être involontairement complice, dit-elle. Quant aux nouvelles technologies, cela demanderait trop de ressources.
Desjardins fait fructifier la petite entreprise
Le partenariat entre le RQCC et le Conseil des représentants des caisses Desjardins de Québec Est, qui regroupe les présidents de chacune des 18 caisses de la région, remonte à 2002. Les deux parties s’étaient alors rencontrées pour discuter d’un projet d’alliance visant à soutenir le micro crédit au Québec. L’entente prévoit notamment le versement annuel de 75 000 $ aux organismes de crédit communautaire.
En laissant libre choix aux caisses régionales d’apporter un soutien financier à ses organismes, le Mouvement Desjardins rejoint indirectement une clientèle à risque et favorise le développement économique régional. Outre leur volonté de s’impliquer, les caisses doivent cependant être en mesure de prêter sans intérêt aux fonds et cercles d’emprunt communautaire.
Les caisses participantes offrent un volet capitalisation aux institutions de crédit communautaire locales. Leur rentabilité financière leur permet de partager leurs excédents annuels après impôts entre les ristournes individuelles aux membres et les ristournes collectives, c’est-à-dire destinées à la communauté. En 2006, environ 55% des excédents de l’ensemble de ces caisses auraient ainsi été versés à la collectivité.
Ce produit de solidarité Desjardins a son équivalent international, Développement international Desjardins. Fondé en 1997, son mandat consiste à donner aux communautés locales des pays en voie de développement les moyens de gérer de manière autonome leurs caisses d’épargne collective à travers la création d’une expertise locale et la mise en place de coopératives.
Autres textes sur l’environnement.
Dumont, Boisclair, Charest et le débat des chefs
André Boisclair a été plus naturel et plus à l’aise que lors de l’émission Tout le monde en parle. Cette même émission qu’il a eu l’occasion de nommer à Mario Dumont en référence à son cadre financier qui n’était pas encore chiffré.
Malgré de nombreuses attaques envers ses deux rivaux, Mario Dumont s’est vite retrouvé sur la défensive. Ce qui a permis à André Boisclair de faire des gains et de bien paraître. Boisclair a paru en contrôle, se permettant de passer de l’attaque, à l’insistance et à l’humour. Il semblait le mieux préparer à parler d’une vision et des actions de son parti pour le Québec.
Jean Charest est revenu régulièrement pour dire que le gouvernement précédent avait mis le Québec en péril. La plus plate excuse que je peux accepter d’un premier ministre qui a passé quatre ans au pouvoir. Il est facile de se déresponsabiliser sur les erreurs des autres. Ça peut tenir la route la première année au pouvoir. Mais pas pendant un mandat complet. Un bon gouvernement doit être capable de nous montrer comment il a sorti son épingle du jeu, indépendamment du gouvernement précédent. J’ai été surpris de remarquer que Jean Charest a bégueillé à trois reprises pendant le débat des chefs!
Un thème que j’ai été agréablement surpris d’entendre a été les coopératives de santé. Depuis plus d’une année que nous tentons d’avoir la position du gouvernement sur ce sujet, un thème carrément absent des médias. Et voilà que Mario Dumont nous parle de coopératives de santé à deux reprises. Ni André Boisclair, ni Jean Charest n’ont embarqué sur ce terrain. Comme s’ils n’avaient rien entendu! C’est un sujet qui nous tient à coeur. Dans notre magazine, Reflet de Société, nous avons fait un dossier complet sur ce sujet l’an dernier. Il ne nous manque que la position du ministre de la Santé pour compléter le tout. Philippe Couillard a retardé l’entrevue à plus d’une reprise. Nous sommes comme les patients en attente d’être soigné. Nous sommes sur la liste d’attente!
Malgré que Mario Dumont a été le premier politicien de qui j’entends parler de coopératives de santé, il a perdu énormément de point en étant incapable de chiffrer la marge de manoeuvre du Québec. Il en a perdu encore plus lorsque les journalistes ont remis en contexte la note de service sur le pont qui s’est écroulé. La note ne proposait pas de réparations! Le lapin que Mario Dumont a tenté de sortir à Jean Charest n’a pas fait le même effet que celui que Jean Charest avait sorti à Bernard Landry au dernier débat des chefs.
Plusieurs questions intéressantes ont été soulevés, mais l’expérience de Jean Charest pour éviter d’y répondre ne nous a pas permis d’avoir des réponses. Jean Charest se lave les mains vis-à-vis des problèmes de santé en disant que c’est la faute à Lucien Bouchard qui a diminué les effectifs. Mario Dumont dit que Jean Charest refuse d’augmenter les possibilités de travail des médecins qui sont prêts à en faire plus. Qui dit vrai. Comme nous a fait remarquer Julie Miville Duchesne, le débat a été rempli de demi-vérités. Un politicien ne conte pas de mensonges, mais dit rarement une vérité complète. Ce qui donne raison à l’adage que les chiffres ont peut leur faire dire n’importe quoi. Et je rajouterais, surtout en politique.
La formule du débat des chefs ne m’a pas excité outre mesure. J’aurais aimé qu’un journaliste intervienne pour synthétiser la question d’un des politiciens et exiger de son vis-à-vis d’y répondre. Sans la présence d’un journaliste pour contrôler le débat, les questions pleuvent, mais les réponses se font rares.
http://raymondviger.wordpress.com/2007/03/06/andre-boisclair-vis-a-vis-guy-a-lepage-et-dany-turcotte-a-tout-le-monde-en-parle/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/20/les-politiciens-a-tout-le-monde-en-parle/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/24/maudite-campagne-electorale/
Autres textes sur la santé et la famille.
Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement
Les cégeps de Gaspé et de St-Hyacinthe en économie sociale
Reflet de Société avait présenté un reportage de Dominic Desmarais sur des étudiants de l’Île de la Réunion qui évite de suspendre des cours au cégep de Gaspé. Les frais de cours payés par ces étudiants étrangers permettent d’amener de l’eau au moulin et d’offrir des cours où il n’y avait pas assez d’étudiants Gaspésien pour en garantir la continuité. Une forme d’économie sociale basée sur la mondialisation et l’offre de nos compétences à un marché qui dépasse nos proches frontières.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/24/des-etudiants-etrangers-stimulent-la-gaspesie/
Sous la plume de Martin Bisaillon, le Journal de Montréal nous a malheureusement montré le 28 février dernier que l’absurde peut aussi se faire en économie sociale. Au cégep de St-Hyacinthe, Luc Chagnon directeur du programme et le directeur général Jean Barbeau avait inscrit gratuitement 12 étudiants étrangers, toutes dépenses payés dans le programme textile. Une dépense de 240 000$.
La mondialisation et l’économie sociale doivent être un soutien aux interventions que nous voulons faire, pas une dépense! Le principe est simple et efficace. À Gaspé ça fonctionne à merveille. Malgré les bons principes et les avantages de l’économie sociale, il y a des limites à ne pas dépasser et à comprendre.
J’ai été surpris de lire la compréhension qu’en avait faite l’ancienne direction du cégep de St-Hyacinthe.
Rapport de vérification de l’Agence de revenu du Canada
Par l’intermédiaire de La Presse et du Journal de Montréal, La Presse Canadienne nous présente un rapport de vérification de l’Agence de revenu du Canada.
Je suis étonné et déçu d’y apprendre que les contrôleurs du fisc du gouvernement fédéral hésitent à faire leur travail convenablement devant les plus grandes entreprises canadiennes. Le fisc qui a peur de faire son travail adéquatement devant les grands de notre pays! Inconcevable.
Ce qui est encore plus navrant, c’est d’y lire que le vérificateur général du Canada avait déjà dénonce ces lacunes il y a une décennie! Triste réalité. Ceux qui ont accès aux meilleurs avocats et comptables pour éviter de payer leurs impôts sont aussi ceux que l’on vérifie avec le moins d’efficacité.
Dans cet article, les contrôleurs du fisc ont eu le droit à un qualificatif qui résume très bien la situation: une “approche peureuse”.
Charest, Harper, Boisclair, Dumont et les transferts d’argent du fédéral
Voilà bien le style de débat stérile qui me fait hair la politique. Jean Charest lance la première pierre. Dans le cas d’un OUI au référendum, Jean Charest affirme le 26 février que c’est du délire et ridicule que le fédéral continue ses transferts au Québec en mentionnant les pensions de vieillesse, le Supplément de revenu garanti, les prestations pour enfants…
En soirée, André Boisclair accuse Jean Charest de faire du chantage. Du côté de Stephen Harper, il tente de s’en laver les mains en disant qu’il ne veut pas intervenir dans les élections du Québec.
L’insistance et la persévérance des journalistes de La Presse ont permis de faire confirmer par le ministre des Finances, Jim Flaherty, que le déséquilibre fiscal sera réglé dans le prochain budget, peu importe ce qui se passera dans d’autres dossiers. Il confirme aussi qu’il n’y aura absolument pas de réduction dans les paiements de transfert au Québec si le Parti québécois remportait la victoire.
Jean Charest, de reculons, revient ensuite sur ses propos et a admis que l’élection du Parti québécois n’entraînerait pas de coupes substancielles des transferts fédéraux.
Du côté de Mario Dumont, il nous dit que c’est un débat qui est sans intérêt!
Une vraie débat politique de bas étage. Après que Jean Charest ait lancé cette pierre dans la marre, que Mario Dumont nous dise que l’histoire est sans intérêt pour les Québécois, je trouve ça très surprenant. Que Stephen Harper veuille s’en laver les mains sous le prétexte qu’il ne veut pas intervenir dans les élections provinciales, désolé, mais lorsque le Premier ministre du Québec parle des intentions d’Ottawa et parle au nom du fédéral, il est interpellé et se doit de prendre position.
Les propos de Jean Charest m’ont énormément déçu. D’une part, prendre la parole au nom du fédéral. D’autre part, dire des menteries éhontées. Stephen Harper n’a pas osé parler pour éviter de mettre Charest dans un bourbier assez embêtant.
Tout cela n’est pas un débat, mais un combat. Dans toute guerre, il n’y a que des perdants. Ce n’est pas la façon de faire qui m’inspire et m’attire. Où est le débat sur les solutions à trouver et inventer pour nous donner une société forte et bienveillante pour ses citoyens? Que nous soyons au pouvoir ou dans l’opposition, la politique devrait être un endroit où, ensemble, nous travaillons pour le bien-être de nos citoyens.
Je n’y vois que des combats de coq. Est-ce que l’égo de nos politiciens et de leur parti politique supplante le bien-être des citoyens qu’ils représentent? Qu’est-ce qui est le plus important? Faire élire son parti ou donner des outils à une société pour éduquer les enfants, les nourrir, les soigner…?
http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/24/maudite-campagne-electorale/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/20/les-politiciens-a-tout-le-monde-en-parle/
Fin d’un mythe : la génération sacrifiée
Marie-Hélène Croisetière, Agence Science-Presse
Aujourd’hui dans la trentaine, les X travaillent dans une aussi grande proportion que les baby-boomers lorsque ceux-ci avaient le même âge. Serait-il temps de déboulonner le mythe de la génération sacrifiée ?
“ Il semble que oui ”, répond le démographe Jacques Légaré, qui vient de publier une étude sur le sujet. Avec son étudiant Pierre-Olivier Ménard, le chercheur de l’Université de Montréal croyait “ confirmer que la génération X s’est ‘fait avoir’ par les baby-boomers ”. Il a dû se rendre à l’évidence : “ les données contredisent cette croyance ”.
Bien que les jeunes nés entre 1966 et 1975 aient connu une entrée plus difficile sur le marché de l’emploi, ils sont maintenant aussi nombreux à travailler que les baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge. Début trentaine, 91 % des hommes de la génération X occupent un emploi, contre 92 % des baby-boomers jadis. Et les femmes X, elles, font encore mieux que leurs aînées : elles travaillent dans une proportion de 78 % contre 70 % des baby-boomeuses du même âge !
Dans leur rapport publié cet automne, les chercheurs remarquent que les emplois à temps plein ne sont pas plus rares aujourd’hui que dans les années 1980 et 1990. Parmi les travailleurs de 30 à 34 ans de la génération X, 88 % sont à temps plein. À titre de comparaison, les “ vieux ” baby-boomers nés entre 1946 et 1956 travaillaient à temps plein dans une proportion de 89 %, et les “ jeunes ” baby-boomers faisaient moins bien, avec 84 %.
Les chercheurs ne fournissent toutefois pas de données sur la rémunération ou la stabilité des emplois. Jacques Légaré soutient que “ ce sont des questions très importantes et qu’il faudra les aborder très bientôt ”. Ils remarquent en revanche que les X épargnent autant que leurs parents. Au tournant de la trentaine, ils ont au moins le même taux de participation aux régimes des rentes du Québec et aux REER que les baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge.
Les chercheurs ont enfin remarqué que la génération X est plus scolarisée. “ Ils ont profité davantage que leurs aînés de la réforme des années 1960, qui a facilité l’accès à l’éducation postsecondaire ”, commente M. Légaré. Lorsque les X étaient âgés entre 25 et 29 ans, 28 % d’entre eux avaient déjà obtenu un diplôme d’université, soit le double des “ vieux ” baby-boomers du même âge.
Malgré ces données, Jacques Légaré prévient que tout n’est pas complètement réglé pour les X : “ nous avons évalué quelques paramètres seulement de la qualité de l’emploi. Il faut encore voir si les X ont des emplois stables, de bons revenus et si des mesures sociales seront prises pour réduire le fardeau fiscal que représentent la retraite et le vieillissement des baby-boomers ”. Le chercheur se prépare d’ailleurs à chercher des données sur le revenu, la stabilité d’emploi et la satisfaction vis-à-vis de l’emploi de cette génération et de sa suivante, les Y. Et, puisqu’il n’est ni baby-boomer, ni X, ni Y, il se sent “ tout désigné pour regarder la situation avec un regard neutre ” !
Le rapport : www.socserv.mcmaster.ca/sedap
Le guide des entreprises en économie sociale
Je viens de recevoir le guide des entreprises en économie sociale. Possiblement une première au Québec. J’ai vérifié si notre organisme, le Journal de la Rue ainsi que son projet Café-Graffiti se retrouvait dans la liste. Effectivement, nous sommes listés dans ce guide pour ce que nous réalisons en économie sociale.
En feuilletant par hasard quelques pages, le mal de coeur commence à m’envahir. D’une part, je vois des listes à n’en plus finir de Centre de la Petite Enfance. Ces organismes que le gouvernement a classé en entreprise sociale pour diminuer son engagement envers nos jeunes. D’autre part, j’y vois des noms d’entreprises qui, à mon sens, ne sont que des entreprises privées déguisées en organisme communautaire. Une façon détournée d’aller chercher des subventions pour se les mettre dans ses poches. Si vous pensez que je fabule, je respecte votre réaction. Mais j’ai croisé quelques unes de ces entreprises et certaines ont déjà reçues des blames pour mauvaises gestions de subvention. Mais certaines autorités ont préféré étouffer l’affaire plutôt que de la rendre publique. Question de protéger les autorités qui supervisent ces dossiers je suppose.
À chaque fois que notre bon vieux gouvernement nous invite différentes catégories, cela ne fait que changer la magouille de place. Certains détournent l’argent qui devrait aller aux organismes communautaires pour intervenir auprès des jeunes. Pas pour enrichir certains petits vites qui voient les failles de notre système.
Ce qui est malheureux, c’est que lorsque nous tentons de dénoncer ces fraudes, personne ne se sent assez responsable pour recevoir nos plaintes. C’est plus facile de jouer à l’autruche, de se fermer les yeux et de vouloir tasser ceux qui crient à l’injustice.
Finalement, je suis fier de travailler pour rendre autonome et indépendant les organismes communautaires. En développant une vraie économie sociale, indépendante des subventions du gouvernement, d’une part, cela va coûter moins cher de taxes et, d’autre part, nous allons pouvoir remercier la batterie de fonctionnaires payés pour gérer toutes ces subventions. Là aussi les économies seront appréciables.
4 milliards pour ralentir l’économie
Écrit par Pierre Péloquin, Vol14-2
Loto-Québec se targue de redistribuer les fruits de ses activités au gouvernement et à la collectivité. Ainsi, près de 4 milliards ont été retournés en dividendes, taxes, salaires, lots, commissions et en achat de biens et services. 4 milliards de dollars qui font tourner l’économie et améliorent les services aux citoyens. Fort bien. Mais encore faut-il savoir dans quelles poches sont puisés ces 4 milliards.
Les appareils de loterie vidéo (ALV) pompent le fric des gens. L’an passé, les Québécois ont dépensé 1,2 milliard dans ces machines, dans l’espoir de rafler une mise permettant de donner un coussin à leur budget. Qui joue le plus souvent pour permettre à Loto-Québec de jouer son rôle de distributeur de la richesse? Selon Alexander Norris, du journal The Gazette, les appareils de loterie vidéo sont massivement installés dans les milieux pauvres. Loto-Québec redistribue la richesse tel Robin des Bois? Plutôt le contraire: ce sont les pauvres qui subventionnent les riches.
Les billets de loto et autres gratteux sai-gnent les petits commerces. Les propriétaires de dépanneurs reçoivent 6% des ventes de billets. Donc, pour chaque dollar de loterie vendue, le commerçant garde 6 cents. Sur les autres marchandi-ses, sa marge de profit oscille entre 25 et 30%. Pour un dollar de vente, le dépanneur garde 25 à 30 cents. 4 à 5 fois plus que les billets de loto.
L’an passé, Loto-Québec a vendu pour 1,85 milliard de loteries. À 6% de marge de profit, les vendeurs de billets ont conservé 111 millions. Le même montant, dépensé dans les commerces avec une marge de 25 à 30%, aurait donné de 400 à 500 millions d’effets directs. Rajoutez un autre 400 à 500 millions d’effets indirects pour les grossistes, les fournisseurs de matière première, de services, la taxe de vente et la taxe municipale, l’argent ainsi amassé circule et fait fructi-fier l’économie.
S’il y a plus d’argent qui entre dans la caisse du dépanneur, cela signifie qu’il y a plus d’argent qui va dans les poches des fournisseurs, des employés. Nous sommes dans un univers commercial. Si je vends plus, je vais devoir engager plus d’employés, investir de l’argent dans mon commerce pour
l’agrandir, acheter davantage de marchandises.
Dans l’est de Montréal, on coupe la chaîne de production de la richesse. Dès le début. L’économie des quartiers pauvres manque cruellement de cet argent dépensé par ses résidents dans les appareils de loterie vidéo et les billets de loto…
Qui dit augmentation des ventes dit augmentation de la valeur foncière. Le seul critère pour un loyer commercial, au regard de la taxe municipale à Montréal, est le montant des ventes au pied carré. En vendant des billets de loto qui ne rapportent que 6% de bénéfice, soit 4 à 5 fois moins que les autres produits, la valeur du loyer est moindre. Ce qui explique que la Ville de Montréal subit une perte incro-yable de taxes foncières.
La loterie et les ALV sont un cancer qui ronge l’économie. Le problème, c’est que ce cancer est le seul espoir de ces gens. Pourquoi, pensez-vous, la classe affaires est-elle en faveur du déménagement du Casino? Parce que les pauvres vont dilapider leurs maigres revenus en espérant s’enrichir et sortir de leur situation précaire.
Mais Loto-Québec, vache à lait par excellence du gouvernement, ne remettra jamais en prix ce qu’elle prend chez les joueurs. Difficile de gagner contre une institution dont le but premier est de ver-ser un imposant dividende au gouvernement. Loto-Québec est la seule institution
qui suscite de l’espoir. Taxer l’espoir semble une stratégie efficace.
Loto-Québec a redistribué près de 4 milliards l’an passé. Pour donner une marge de manœuvre dans le budget du gouvernement. 4 milliards pompés en grande partie au sein de la classe pauvre. Dire que certains s’indignent du peu d’efforts de nos plus démunis parce qu’ils ne paient pas d’impôts… •
Pierre Péloquin est économiste. Il a commencé à la fin des années 1970 dans les Cantons de l’Est, à l’époque où la récession poussait les entreprises vers la faillite. Il voyait à la relance ou au recyclage de ces compagnies en difficulté financière. Suite à la crise économique de 1987, son aide est demandée pour redresser la barre des caisses de retraite de la Ville de Montréal.En plus d’agir comme consultant, M. Péloquin a enseigné en économie pendant 15 ans à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
Fausses représentations de certaines cartes de crédit
Écrit par Raymond Viger, Vol13-4
Je suis assommé de voir que des institutions qui font tant de profits n’ont aucun respect pour leur clientèle.

Oui. Encore un texte pour aviser des fausses représentations faites par certaines institutions financières pour nous arracher quelques dollars.
Je suis quelqu’un qui aime utiliser les cartes de crédit, mais qui paie son compte en entier pour éviter de payer les frais d’intérêts. Je reçois mon compte et, dès réception, j’envoie un chèque du montant complet à la date demandée sur le relevé. Ce faisant, je suis sûr de ne pas oublier le compte et je m’assure qu’il sera là à temps.
J’ai toujours fonctionné comme cela depuis près de trente ans et je n’ai jamais eu ni frais d’intérêts, ni problème. Tout récemment, malgré que mon compte soit payé à temps, Master Card MBNA et Master Card Canadian Tire me facturent des frais d’intérêts. J’appelle pour relever l’erreur qu’ils ont faite. On m’explique qu’ils n’ont pas fait d’erreurs. Le compte était dû pour le 22 du mois. J’ai fait parvenir un chèque pour le 22. Le 22 étant un samedi, ils n’ont pu l’encaisser avant le lundi 24. Ils me chargent donc l’intérêt comme si je n’avais jamais payé.
Après m’être obstiné vertement avec les préposés, ils ont fini par me créditer les intérêts. Une mention apparaît encore une fois dans mon dossier. Si cela se reproduisait, je ne pourrais plus faire créditer les intérêts. Même s’ils nous demandent un paiement pour le 22, c’est notre responsabilité de s’assurer que le 22 est une journée où les banques sont ouvertes!
Je trouve cela tout simplement écœurant (excusez-moi l’expression) que des institutions financières s’amusent à chercher des détails comme ceux-là pour nous facturer plus d’intérêts. Dans mon cas, j’ai pu m’en rendre compte parce que je paie le compte au complet. Mais pour celui qui garde un solde, il n’aurait sûrement pas vu la fumisterie.
Ce que je remarque c’est qu’il y a différentes sortes de cartes de crédit Master Card. Je n’ai jamais eu de tels pro-blèmes avec des cartes émises par des banques reconnues et bien implantées. J’en ai eu cependant avec MBNA et Canadian Tire. La gestion de la carte de crédit Master Card varie selon l’émetteur. MBNA et Canadian Tire sont des joueurs qui ont plus faim et qui ont une conscience bien moins propre que les banques conventionnelles. Je remarque aussi que dans les autres problèmes que nous avons relevés avec les cartes de crédit, les problèmes étaient plus fréquents et plus agaçants avec ces deux institutions.
J’espère que Master Card sera gêné d’avoir donné accès à sa carte de crédit à ces deux institutions. Une carte de crédit a déjà un fonctionnement qui n’avantage que très peu le consommateur. Quand elle est gérée par des institutions de dernier ordre, c’est encore pire.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/quoi-faire-si-vous-perdez-votre-portefeuille/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/02/quand-notre-argent-disparait-de-la-circulation/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/02/mes-cartes-de-credits-et-mes-vacances/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/quoi-faire-si-vous-perdez-votre-portefeuille/
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http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/02/frais-bancaires/
Recette pour une mondialisation réussie
Pierre Péloquin. Volume 14.6, août 2006
Dans ma chronique de février/mars (Vol. 14, No 3), j’expliquais que les régions devaient prendre le chemin de la mondialisation si elles désiraient cesser de quémander des subventions. Fort bien, mais encore faut-il savoir comment réussir à faire sa niche dans la mondialisation. Quels sont les ingrédients nécessaires pour quiconque souhaite se positionner à l’échelle de la planète?
En fait, les ingrédients sont peu nombreux. J’en dénombre deux: le canal de communication et l’énergie. C’est donc dire qu’il suffit de peu de choses pour réussir sa mondialisation. Cependant, il est également facile de rater la recette. La difficulté réside dans la nouveauté de ce mélange.
Pour bien le préparer, il faut oublier la façon habituelle de cuisiner, car elle n’est pas adaptée. Toutes les règles ont changé. Ce qui est bon pour préparer un mets local ne l’est pas pour un mets international. Il faut donc cuisiner avec l’esprit ouvert, en étant conscient qu’un simple geste peut avoir des retombées insoupçonnées. La difficulté est de composer soi-même sa recette avec d’autres techniques que celles qui ont fait leurs preuves localement.
Premier ingrédient de base: le canal de communication
Pour être dans la mondialisation, il faut communiquer avec quelqu’un quelque part! Il n’y a pas de règle précise, il s’agit simplement de se faire connaître, d’exister mondialement. Les moyens de communication sont variés. À l’époque, nous avions le chemin de fer ou le bateau à vapeur. On échangeait des produits, essentiellement des ressources naturelles. Aujourd’hui, il y a Internet, le téléphone, les regroupements qui agissent en réseau un peu partout sur la planète…
Pour maximiser la saveur du canal, il faut s’insérer dans la nouvelle géométrie de la mondialisation. Pour cela, il faut comprendre sa propre géométrie. Prenons l’exemple de Gaspé. À l’époque, l’économie était de nature territoriale. L’Amérique du Nord s’est d’abord colonisée à Gaspé. 100% de l’économie du territoire s’y trouvait. Ensuite, l’économie s’est déplacée. Gaspé est devenue trop éloignée.
Dans la nouvelle éco
