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Contreverse sur une campagne de vaccination au Gardasil pour protéger du Virus du papillome humain (VPH)

Dans le blogue de La Félée, elle nous présente une campagne de vaccination pour les jeunes filles qui est prévue pour septembre 2008. Elle souligne les risques de fausse sécurité de ce vaccin qui ne serait efficace qu’à 70%.

Je ne veux pas faire du copier coller sur son billet et ramener toutes les informations qui nous sont livrées dans ce billet. Je laisse le lien sur son texte et vous y trouverez plusieurs références à des organismes qui pourront vous donner plus d’informations sur le sujet.

Si vous êtes parent d’une jeune fille qui se fera offrir le vaccin Gardasil en septembre prochain contre le Virus du papillome humain (VPH), il pourrait être important et sage de bien vous renseigner avant d’accepter systématiquement ce vaccin.

Communiqué du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes.

Communiqué de la Fédération du Québec pour le planning des naissances. Le regroupement des maisons de jeunes du Québec présente le même communiqué de presse signé conjointement.

Article de Louise Leduc sur Cyberpresse.

Suis-je Francophone ou Québécois?

Le 1er avril dernier, j’ai fait un billet sur mes vacances à Vancouver. Un peu lorsque j’avais fait l’an dernier une tournée de conférence en France sur l’intervention auprès des jeunes, j’ai décidé de faire une catégorie qui regrouperait les billets que je vais écrire sur ma visite à Vancouver.

J’ai aussi rajouté une autre catégorie; Francophone hors Québec. Parce que je suis déjà convaincu que ce voyage à Vancouver va stimuler plusieurs textes, non seulement sur ma visite à Vancouver, mais sur d’autres contacts à travers le Canada.

J’ai reçu mercredi trois messages de Paul de la Riva, directeur des communications pour le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Il m’invite à une visite de l’école de Surrey. 500 élèves du primaire à la 12e année. Vous vous imaginez, une école de 500 étudiants, réparti sur les 13 niveaux du primaire à la 12e année. Cela fait une moyenne de 38 étudiants par niveau! C’est la plus grosse école francophone (langue première) de la Colombie-Britannique.

Je suis déjà touché et ébranlé par ce que peuvent vivre les francophones dans un milieu minoritaire. En plus, une école qui a un haut niveau de multiculturalisme. Je suis surpris d’apprendre qu’il y a 40 écoles francophones à travers la Colombie-Britannique.

M. de la Riva veut me présenter les participats du projet “À vélo pour les sans-abri” - une excursion de 500 km pour appuyer les sans-abri tout en sensibilisant les élèves et la communauté à cette triste réalité.

Mais là ou M. de la Riva m’a vraiment touché c’est le lien qu’il m’a transmis sur une vidéo qui présente des étudiants francophones et la mission que le Conseil scolaire francophone s’est donné. On y parle d’identité, de culture, du droit et du privilège de parler en français et d’étudier en français, l’amour de la langue. De quoi ébranlé un grand sensible comme moi.

J’ai été touché par la vision qu’ils se donnent d’une école francophone: “La réussite scolaire c’est une affaire communautaire. La collaboration, c’est une école communautaire, c’est l’occasion de se parler.”

Je me dois de vous citer 3 étudiants de ce vidéo:

Irina: “À l’école francophone, je fais partie d’une communauté spéciale, avec des profs et des élèves qui se respectent et qui ont une même idée.”

Félix: “Le français c’est une opportunité, surtout en milieu francophone.”

Lisa: “Un message aux jeunes francophones ça serait juste d’être fier d’être francophones.”

C’est le premier message que je reçois des gens de Vancouver pour les 15 jours que je vais y passer. Je suis déjà touché et ébranlé. De voir et d’entendre cette fierté de pouvoir parler et étudier en français. Les liens qui se sont tissés autour d’une école francophone en milieu anglophone.

Peut-être parce que je viens de Montréal. Une ville bilingue où la culture américaine vient ébranler et enterrer notre plaisir d’être juste francophone. Peut-être parce que je travaille depuis 16 ans auprès de jeunes de la culture Hip Hop. Une culture bilingue où les Américains ont plus influencé les montréalais que les Français n’ont réussi à le faire. Peut-être aussi parce que je suis contre les méga-écoles qui comptent 2 000 à 3 000 étudiants.

Merci M. de la Riva, pour votre invitation et pour les liens que vous m’avez partagé.

Décrocher… un doctorat
Christian Bergeron, Québec, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

Dernièrement, mon cousin s’est enlevé la vie. Plusieurs questions demeureront sans réponses. Lorsqu’on perd une personne chère, on se remémore notre histoire personnelle et familiale. On pense généralement aux beaux moments.

Plusieurs jeunes provenant des régions souffrent d’un mal de vivre. Pourquoi? Pour plusieurs raisons. Mais le suicide demeure tabou à bien des égards en région. Mon cousin avait des difficultés d’apprentissage. Il se préparait à un retour aux études à 32 ans. Nous sommes tous les deux natifs de la Côte-Nord. Son suicide me rappelle mon histoire de vie.

Vers la fin de mon 5e secondaire, le directeur de la polyvalente m’avait expulsé pour diverses raisons, dont mes nombreuses absences non motivées. J’ai vécu cela comme un ultime rejet. Cela me ramenait aux nombreux échecs qui ont marqué mon enfance et mon adolescence. Je n’excellais pas dans le sport ni dans la musique et encore moins dans toutes les autres matières! Bref, j’ai toujours détesté l’école. Lorsqu’on ne performe pas comme la moyenne des étudiants, on doit alors apprendre à vivre avec les jugements et remarques désobligeantes des amis, des professeurs et même des orienteurs scolaires.

À cette période, le décrochage scolaire n’était pas encore un fléau comme nous le connaissons maintenant. Cependant, je portais les étiquettes d’un malaise diffus face auquel personne ne savait vraiment quoi faire. Lorsque tout le monde perd espoir en tes capacités d’apprentissage, tu fais comme le conseiller en orientation te dit. Tu te trouves un travail manuel. Durant trois années, j’ai travaillé comme commis dans une pharmacie. Cependant, le désir de terminer mon 5e secondaire me hantait. J’ai entrepris le long parcours d’un retour aux études à l’Éducation aux adultes.

Ma ténacité à terminer mon secondaire m’a donné une énergie nouvelle à foncer malgré les obstacles. En 2001, presque dix ans après mon décrochage scolaire, je m’inscris à l’Université Laval comme candidat adulte. J’ai participé à l’exode des jeunes des régions. À cette époque, on commençait à s’inquiéter de ce mouvement vers les grands centres. Pour moi, changer de réseaux et de région a été salvateur.

Est-ce que le système scolaire est responsable de mes échecs? En partie. Je suis un enfant des nombreuses réformes où les parents, comme les professeurs, ont perdu les repères nécessaires à la réussite scolaire. J’ai mes responsabilités, mes parents également, mais il faut cesser d’imposer un modèle unique de parcours scolaire. En 2004-2005, quatre élèves sur 10 n’ont pas terminé dans les délais prévus leur 5e secondaire…

Voilà maintenant huit ans que je suis inscrit à l’université et je complète actuellement un doctorat. Malgré l’adversité et le jugement des autres, j’ai réussi à gravir les échelons afin de faire ce que j’aime dans la vie: la recherche, et transmettre aux autres mes connaissances.

D’après vous, quel diplôme d’études fut le plus difficile à compléter? Le baccalauréat? La maîtrise? Non, le diplôme d’études secondaires!

Carrière
Faire des choix à 15 ans
Brigitte Fafard, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

L’école secondaire de notre fils de 15 ans nous a convoqués pour nous parler d’un choix en mathématique qu’il doit faire dès maintenant pour l’an prochain (4e secondaire) et qui sera déterminant pour son avenir.

Quel choix conviendrait le mieux à notre fils?
- Culture, société et technique
- Technico-sciences
- Sciences naturelles

Pour être en mesure de choisir, mon fils doit savoir ce qu’il aimerait faire dans la vie. Il ne le sait pas encore. Un jour c’est pilote ou policier, un autre, c’est journaliste sportif, médecin ou enseignant d’histoire ou de philosophie et j’en passe.

Quel choix nous propose-t-on pour éviter de le «catégoriser», pour lui permettre d’avoir encore le temps de choisir tout en se gardant des portes ouvertes dans tous les domaines que peut nous proposer notre planète? Nous avons très peur que l’école le confine dans une orientation qui l’empêchera d’accéder à plus lorsqu’il sera plus mature, capable de savoir ce qui le rendra heureux.

L’école nous demande de nous asseoir dès maintenant avec notre fils, sa conseillère scolaire et son professeur de mathématique (qui ne le connaissent que depuis septembre) afin de cerner ses motivations. Qu’est-ce qui l’intéresse? Qu’est-ce qui est dans son intérêt supérieur? Quelles sont ses forces et ses capacités? Comment apprend-il? Que doit-il améliorer?

Mais voilà, il apprend encore, notre Guillaume. Tout l’intéresse et tout ce qu’il apprend est dans son intérêt. Il est malléable aux diverses méthodes, il est une éponge de connaissances générales, il est curieux des différences, il est à la recherche de ce qui lui ressemble.

Pour lui permettre de construire sa personnalité et de développer son identité, il a besoin autant de situations concrètes issues de la vie que de situations ayant un lien avec le domaine des sciences.

N’est-ce pas là le rôle et la responsabilité de l’école, de la société et de la famille vis-à-vis un adolescent de 15 ans, que de s’assurer de bien le nourrir afin de lui permettre, le moment venu, de poser lui-même son propre diagnostic sur ce qui lui conviendrait le mieux?

Je refuse de choisir maintenant. Je refuse de porter la responsabilité qu’un tel choix aura dans ses études post-secondaires. Je refuse de le confiner dans une «catégorie».

Je souhaiterais que l’école offre à Guillaume l’opportunité de toucher à toutes les options de mathématiques pour lui permettre d’ouvrir toutes les portes de son avenir. Je souhaiterais que l’école joue son rôle de pourvoyeur de connaissances générales pour permettre à mon fils, citoyen de demain, de devenir…

Défi en direct
Gabriel Alexandre Gosselin, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008

Des enfants sont assis autour d’une table ronde. Des micros sont suspendus devant eux. Le réalisateur donne le signal.
3, 2, 1,
L’émission peut commencer
«Bienvenue sur les ondes de Radio-Enfants!»

Mercredi matin, Montréal. Un groupe d’élèves de 8 à 12 ans envahit la bibliothèque du quar-tier. Après installation du matériel radiophonique, ils se placent devant les micros. 9h tapant, c’est l’heure!: après 6 semaines intensives de préparation, ils se confient enfin aux oreilles de la métropole.

Chaque année, 18 classes de 18 écoles différentes participent au projet Radio-Enfants, une initiative de Radio Centre-Ville, du Programme de soutien à l’école montréalaise et en collaboration avec les bibliothèques de quartier. Les établissements sélectionnés proviennent de milieux défavorisés. Les élèves ont souvent le français comme langue seconde.

L’objectif: une émission de 2 heures en direct sur les ondes du média communautaire. Un défi de taille qui signifie beaucoup pour des jeunes de 8 à 12 ans. Le jour de l’émission, on les sent fébriles dès leur arrivée sur les lieux de l’enregistrement: «C’est vrai que c’est un peu énervant d’être en direct, mais c’est très amusant», raconte Laurie-Simon, 9 ans, qui, avec entrain, se débrouille très bien au micro.

100 % enfant
Radio-Enfants ne constitue pas uniquement une tribune pour ces jeunes. C’est aussi une plateforme éducative enrichissante pour eux. Ils élaborent l’émission de A à Z: «C’est nous qui avons décidé ensemble du sujet. Ensuite, nous avons fait les recherches, écrit les textes, choisi la musique et développé les particularités de notre émission», explique Alex, 9 ans. Certains optent pour la simplicité, d’autres ajoutent un scénario, voire un roman-théâtre, comme à l’époque! «Tout ça nous pousse à nous forcer et à travailler ensemble», ajoute Giuseppe, 9 ans également. Un travail d’équipe où tous prennent la parole chacun à sa façon.

L’étape suivante: la mise en ondes. La compréhension du média est un autre aspect marquant de l’expérience. «Ils découvrent l’univers de la radio. Ça leur permet de décoller de la télévision et de voir autre chose», croit Coralie Dumoulin, réalisatrice de Radio-Enfants. En plus d’avoir à assimiler les aspects techniques nécessaires au bon déroulement de leur émission, chaque enfant tient un rôle et doit l’assumer: animateur, chroniqueur ou technicien à la console.

Abdessamad, lui, a obtenu le poste d’animateur, un contrat qui lui va à merveille: «J’ai toujours voulu avoir la grosse part du gâteau», affirme-t-il, sûr de lui. Il a travaillé ses textes avec ses parents et les a récités devant le miroir, «comme le coordonnateur Marc nous avait dit de le faire. Je suis heureux et fier de mon travail» raconte-t-il alors que sa tâche est accomplie.

La fierté, c’est ce qui anime les jeunes. Carol Tremblay, père de Marie-Ève, l’a vite remarqué: «Le fait de passer en direct donne un sentiment de fierté. Ma fille a consacré beaucoup d’efforts pour cette émission, ça lui tenait à cœur. Ça va avoir un impact sur elle. On ne sait pas quel impact exactement, mais on sait qu’il est positif.»

Pour écouter les jeunes sur les ondes de Radio-Enfants, syntonisez le 102.3 tous les mercredis matin, 9h. L’émission est archivée pendant une semaine sur le site http://www.radiocentreville.com/pages/rae4.htm.

Encadré

Dans la langue de Molière, s.v.p.!
Plusieurs des groupes qui participent au projet Radio-Enfants ont souvent le français comme langue seconde et ne le parlent pas à la maison. Mais pas question de réduire la qualité du message pour autant.

Catherine Desjardins, une enseignante dont le groupe multiethnique vient de terminer son émission sur l’environnement, reconnaît les acquis éducatif et culturel qu’un tel événement peut procurer à ses jeunes: «Dans leur émission, les enfants utilisent un langage plus avancé que celui qu’ils emploient en classe ou dans la cour d’école. Ça les force à employer des mots qu’ils n’ont jamais utilisés», mentionne-t-elle.

À titre d’exemple, Hosan, 8 ans, d’origine iranienne, est au Québec depuis 3 ans. «Elle avait peine à lire 2 mots sans trébucher en début d’année et surtout pas avec une intonation propre à la radio!», note son enseignant. Elle apprend présentement le français dans un groupe d’immersion. Les élèves de sa classe communiquent surtout en anglais, une façon d’échanger plus évidente pour la majorité d’entre eux.

Le jour de la mise en ondes de son groupe, elle surprend son enseignant. Elle s’exprime presque naturellement dans la langue de Molière. «La motivation, c’est fou ce que ça peut faire, et parfois d’élèves dont tu t’y attends le moins», s’étonne son professeur. Très à l’aise, Hosan ne cesse de rire au creux de sa main lorsque du bruitage survient dans l’émission ou encore quand un comparse fait une petite erreur.

Mélomanes en herbe
À Radio Centre-Ville, la musique francophone fait également figure de proue. Radio-Enfants n’échappe pas à cette particularité du média communautaire montréalais. «Les enfants ne connaissent souvent pas très bien la musique francophone. Pour l’émission, ils sont poussés à rechercher uniquement dans ce registre et ainsi à s’ouvrir à autre chose que la pop américaine, croit Coralie Dumoulin. Au début, ils ne savent pas vraiment où chercher, mais ils finissent toujours par trouver ce dont ils ont besoin.» Un pari réussi sur tout la ligne pour Radio-Enfants et la langue française.

Le sexe et les jeunes

La Presse Canadienne nous informe que le ministère de l’Éducation laisse tomber les cours d’éducation sexuelle dans les écoles secondaires. Ce sera maintenant la responsabilité de l’ensemble des enseignants de parler de sexe à leurs étudiants. Si le ministre de l’Éducation y croit… moi je n’y crois vraiment pas.

La majorité des enseignants ne voudront pas s’aventurer sur le terrain de la sexualité avec les jeunes. D’une part, ils ont des objectifs à atteindre dans leur matière (Français, mathématiques et autres). Déjà on considère que nos jeunes n’ont pas assez de connaissance dans certaines matières, je vois mal comment un professeur de français va faire pour arrêter son cours et parler sexe avec ses jeunes.

D’autre part, ces enseignants ont-ils la formation et la compétence pour parler de sexe avec des étudiants? C’est pas parce que je trippe sur les formules d’algèbre et que je trippe à enseigner la géométrie que je trippe nécessairement à parler sexe avec mes jeunes.

Il y a aussi un inconfort important qu’il ne faut pas négliger. Avec la peur d’être accusé de pédophilie, la majorité des hommes qui enseignent aux jeunes ne veulent tout simplement pas aborder un sujet comme la sexualité avec les jeunes. Il y a plus de 3 ans, nous avions déjà fait un reportage sur cette problématique.

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/hypersexualisation-le-quebec-abandonne-t-il-ses-enfants/

le Ministère a déjà abandonné le cours de Formation personnelle et sociale (FPS), cours dans lequel on pouvait inculquer des connaissances générales et humaines aux jeunes, une philosophie de vie.

Les jeunes n’arrêteront pas de se questionner sur la sexualité et de vouloir en parler. En tant que société si nous ne prenons pas nos responsabilité, qui va le faire? Internet, un chef de gang, un pimp…?

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Lettre ouverte à René Angelil
Le doctorat honoris causa de l’Université Laval remis à Céline Dion

Je vous écris M. Angelil en toute modestie. Je viens d’apprendre que Mme Dion a été proposé et accepté pour recevoir les honneurs d’un doctorat honoris causa de l’Université Laval.

Je suis totalement en accord avec cette reconnaissance pour Mme Dion. Mme Dion est une citoyenne du monde qui a fait rayonner le Québec partout ou elle a passé. Elle est une fierté pour tous et un exemple remarquable.

Ce qui me dérange cependant dans cette remise, ce sont les motivations de l’Université Laval dans le choix de ses candidats et la façon que les candidatures se sont déroulées. Selon le reportage de Louis Philibert-Morissette du journal étudiant de l’Université Laval Impact Campus

Les membres du Conseil Universitaire ont eu peu de temps pour se préparer à débattre de la valeur des aspirants, juge l’étudiant Jean-François Bergeron, qui siège sur le Conseil Universitaire: “Le 4 février à 16h57, j’ai reçu un courriel de l’Université Laval m’annonçant qu’il y avait un dossier à l’ordre du jour concernant les doctorats honoris causa. Ça ne nous laisse pas beaucoup de temps pour étudier les candidatures.” La réunion se tenait le 5 février!

Nous apprenions aussi que:

De l’aveu même du président du comité des doctorats honoris causa, les honneurs donnés par l’Université Laval s’inscrivent dans une stratégie de la ville de Québec, qui souhaiterait les appâter et faciliter ainsi leur visite dans la capitale cet été.

1- On parle d’une stratégie de la ville de Québec !!!

2- On parle du besoin d’avoir d’avoir de gros noms pour le 400e de Québec.

3- On présente le doctorat honoris causa comme un “appât”.

J’ai l’impression que tout cela n’est devenu qu’une mascarade commerciale. On ne veut pas reconnaître le talent des personnalités, on veut bénéficier de leur présence et de leur visibilité.

Désolé, mais je suis obligé de questionner ces motivations.

- Est-ce qu’il y a prostitution de la mission des doctorats honoris causa au profit des Fêtes du 400e?.

- Est-ce vraiment un honneur pour Mme Dion ou une façon de se servir de sa visibilité pour pas cher (lire cheap labor) ?

M. Angelil, j’ai totalement confiance dans votre capacité à négocier pour Mme Dion. Il est évident que je ne serais pas choqué d’apprendre que Mme Dion est prête à accepter son doctorat honoris causa… après les fêtes du 400e. Question de s’assurer que l’Université Laval veut vraiment lui faire honneur et non pas se servir de sa réputation !

http://raymondviger.wordpress.com/2006/07/21/j-k-rowling-harry-potter-et-un-doctorat-honoris-causa/

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Éducation 2.0: les blogueurs de science se prennent en main
Pascal Lapointe et Josée Nadia Drouin - Agence Science-Presse

Toutes ces notions, ces faits, ces connaissances, qu’un prof a toujours souhaité aborder en classe, mais qu’il a dû écarter, faute de temps: Internet, et tout particulièrement le blogue, le permet ! Et des profs de science sont de plus en plus nombreux à le découvrir.

Lancer les étudiants sur des recherches, démarrer des discussions, susciter des tempêtes d’idées, explorer de nouvelles façons de communiquer… Là où beaucoup de ces pistes se rejoignent, c’est dans la possibilité qu’elles offrent au prof de «sortir du programme», un élément qui a retenu l’attention des participants à l’atelier «Teaching Science», organisé le 19 janvier, en Caroline du Nord, dans le cadre d’un congrès intitulé «Science Blogging» — les blogues en science.

La seule existence de ce congrès est révélatrice que quelque chose d’important est en train de prendre forme dans l’univers anglo-saxon: 225 personnes — scientifiques, journalistes, communicateurs et enseignants — participaient en fin de semaine à ce congrès, tenu pour la deuxième fois à Raleigh.

L’événement s’appelle «North Carolina Science Blogging Conference», parce qu’il a été lancé l’an dernier par une poignée de blogueurs de la région, mais les 225 participants provenaient des quatre coins des États-Unis, et d’un peu au-delà.

On retrouvait dans l’atelier sur l’enseignement des sciences les mêmes préoccupations qui ont animé la non-conférence Vers l’Éducation 2.0, en septembre dernier à Québec: le désir de faire de la classe un lieu plus animé, plus participatif.

L’ensemble du congrès, pour marquer cette tendance plus «participative» qui se manifeste aux quatre coins de l’Amérique et de l’Europe avec les blogues, la balado et le «web 2.0», avait d’ailleurs adopté la formule «non-congrès» (en anglais, unconference), où les projecteurs sont tournés vers la salle, plutôt que vers une table ronde traditionnelle.

Pourquoi, de tous les outils d’Internet, choisir tout particulièrement le blogue? «Parce que c’est facile à mettre en place, a simplement résumé un des participants. Mes étudiants étaient déjà familiers avec le concept, il était possible de choisir entre un blogue public ou privé, et ils pouvaient signer de leur propre nom.»

Pour «sortir du programme», certains profs se servent du blogue, pour lancer les élèves sur des pistes de recherche et de discussions qui les passionnent, mais qu’ils n’avaient pas le temps d’aborder en classe; «ça permet aussi de voir ce qu’ils comprennent et les questions qu’ils se posent encore», a ajouté Salman Hameed, du Collège Hampshire. «S’ils se sentent impliqués, concernés, ils retiendront mieux», a souligné David Warlick, auteur du livre Classroom Blogging.

Révélation: les élèves les plus timides, qui n’osent jamais prendre le plancher en classe, se révèlent aussi volubiles que les autres sur un blogue. Apprentissage: plus le prof se tient en retrait, et plus les élèves participent.

Même dans l’environnement privilégié de ce congrès toutefois, il apparaît évident que, si les outils existent, tout le monde ne se sent pas encore prêt à les utiliser. Cela faisait parfois passer la «non-discussion» du coq à l’âne, entre ceux qui avaient déjà mené des expériences et parlaient avec enthousiasme de leur cours «upgradé», et ceux qui demandaient des ressources de base pour démarrer. La discussion se poursuivra peut-être cette année sur plusieurs des blogues des participants…

Encadré

Un outil encore méconnu : Scivee.tv, un émule de Teacher Tube, lui-même un émule de YouTube, pour les scientifiques et profs de science.

Ce texte a été publié le 25 janvier sur le site de l’Infobourg, l’agence de presse pédagogique à l’adresse suivante :
http://www.infobourg.com/sections/actualite/actualite.php?id=12673

Les étudiants sont à gauche

(Agence Science-Presse) – Leurs élus sont à droite, mais les étudiants américains, eux, sont de gauche. Dépouillant un sondage mené auprès de 15 000 étudiants universitaires, deux politologues de Pennsylvanie en arrivent à la conclusion que non seulement les campus universitaires penchent à gauche, mais que parmi les étudiants qui pensent continuer jusqu’au doctorat, jusqu’à 40% s’identifient à la gauche (ou «libéraux», comme ils disent), contre 20% à la droite et 15% qui se qualifient de «modérés». Les étudiants de gauche seraient-ils plus intelligents? Ou y aurait-il un biais «gauchiste» parmi les profs? Ni l’un ni l’autre, concluent Matthew Woessner et sa collègue: lorsqu’on leur demande les valeurs pour eux les plus importantes, les «libéraux» placent la créativité plus haut, tandis que les «conservateurs» sont orientés vers la famille… et le désir de gagner plus d’argent, plus vite.

Commerce Internet, E-Marketing et H2H interactif

Malgré mon emploi du temps très chargé, je me fais un devoir d’assister régulièrement à des formations données par des spécialistes dans différents domaines. C’est ma façon personnelle de faire une formation continue. Peu importe le domaine dans lequel on se retrouve, la formation continue est essentielle. Accepteriez-vous de vous faire opérer par un médecin qui travaille encore avec les outils et les connaissances d’il y a quelques décennies? Même chose pour le mécano de ma bagnole. Il doit se tenir à l’affût des nouvelles technologies.

Je me retrouve donc à une journée de formation organisée par Magazines Canada donné par Alexandre Hénault de H2H interactif. L’objectif est de nous familiariser avec la vente de publicité sur Internet. Le thème de la journée m’attire parce qu’il faut que notre organisme développe de nouvelles stratégies de ventes. De plus, j’ai déjà eu une journée de formation avec Alexandre Hénault et je le sais très compétent.

Je surpris du peu de personnes qui assistent à la journée de formation. Nous ne sommes que 4 participants représentant 3 médias. Bayard a dégagé 2 personnes et une autre pour L’actualité médicale. Je complète la formation en représentant Reflet de Société.

Je profite de l’occasion pour remercier Alexandre Hénault pour cette journée de formation. J’en ressorts complètement stimulé. J’ai eu des idées qui vont pouvoir me tenir occupé encore une autre décennie.

Les idées sont là. La grande difficulté est de trouver les gens compétents pour arriver à faire ce que j’ai en tête. Plusieurs de ces idées vont nécessiter de la programmation Flash. Malheureusement, les bons programmeurs en Flash sont rares et très en demande. Cela veut dire que les tarifs augmentent en conséquences et qu’ils ont une liste d’attente pour leurs nouveaux clients. On se croiraient dans un corridor d’hôpital!

Étant un organisme communautaire, je dois surveiller mes budgets. Les chances que je puisse engager un programmeur Flash, au taux horaire qu’ils chargent, sont peu probable. Je vais devoir trouver une solution à ce dilemne.

J’ai appris un nouveau terme d’un partenaire que je dois trouver. Une régie publicitaire. Ce sont eux qui font le lien entre les clients qui achètent de la publicité Internet et les sites comme le nôtre. Je vais commencer à les rencontrer pour en choisir une qui nous représentera. L’objectif sera de ramener des revenus pour payer nos prochains investissements Internet.

Journée d’alphabétisation familiale
Les genoux du bonheur
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

C’est elle qui a choisi le livre. Tenu fièrement par sa couverture bariolée, il rejoint les genoux de sa maman où vient de se hisser la petite Maëlle. «Pendant la lecture, nous sommes très complices, c’est comme si on s’évadait ensemble dans un monde imaginaire», explique Bérengère. La maman de la fillette de 4 ans et demi reste fascinée par le plaisir et la curiosité de son enfant pour chaque nouvelle histoire et espère que ce bonheur se prolongera quand Maëlle saura lire toute seule.

En marge de la Journée pour l’alphabétisation célébrée en novembre, la Journée nationale de l’alphabétisation familiale, qui se tenait le dimanche 27 janvier, célèbre depuis bientôt dix ans le plaisir d’apprendre à lire, écrire et compter en famille.

Lancé en 1999 par la Fondation pour l’alphabétisation ABC Canada, cet événement invite les familles à se livrer à différentes activités axées sur l’apprentissage. Son président honoraire, l’auteur jeunesse Robert Munsch, s’apprête même à fêter cette journée sur le thème des pirates avec la famille gagnante du concours Munsch chez soi : les Kurbis-Friesen de Winnipeg. Au Québec, de nombreuses activités encourageaient l’alphabétisation en famille ce dimanche, mais elles sont bien moins nombreuses que dans les provinces anglophones.

Un apprentissage de famille
«La famille, c’est le lieu de reproduction de l’analphabétisme. Lorsque les parents ne lisent pas, ne se sentent pas compétents pour épauler leurs enfants à l’école… C’est un héritage infernal de génération en génération dans les milieux pauvres et faiblement scolarisés», s’exclame Maryse Perreault, présidente-directrice générale de la Fondation pour l’alphabétisation.

Connue pour son programme La lecture en cadeau, la fondation possède aussi une ligne Info-Alpha (1-800-361-9142) d’aide et de référence pour les personnes analphabètes ou en quête de formation de base en lecture et écriture. Et comme le révélait l’enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes, rendue publique en 2005, près de 42 % de la population canadienne possède de faibles ou très faibles connaissances pour fonctionner dans la société actuelle du Savoir.

Il faut aussi changer l’idée reçue que les aînés sont les seuls qui ne savent pas lire et écrire. «C’est un tabou social et il y en a des analphabètes dans toutes les tranches d’âges. La corrélation se fait plutôt avec la pauvreté et le niveau de scolarisation», tranche Maryse Perreault. Elle relève que 36 % des 16-25 ans sont sous le niveau nécessaire (niveau 3 soit l’équivalent des compétences données par le cinquième secondaire) alors qu’ils ont toute leur vie active devant eux.

Les actions ciblées sur les enfants et les adultes, l’aide aux devoirs, les programmes de lutte contre le décrochage des adolescents ne sont pas suffisants. «C’est trop peu et trop tard. Il faut agir auprès des parents et les ramener dans le giron de l’école de leur enfant», pense Maryse Perreault.

Grand lecteur, petit lecteur
La lutte contre l’analphabétisme passe aussi par l’exemple que l’on donne aux enfants: un parent qui lit le journal, une histoire racontée sur les genoux, etc. «Il faut transformer nos valeurs — importance de l’école, de l’éducation et de la lecture — en action. Les femmes ont particulièrement un grand ascendant sur le devenir de la famille et des enfants», affirme Maryse Perreault.

Pas étonnant que le YMCA lance un programme intitulé «ABC en famille» mais il n’est pas le seul à valoriser le foyer comme lieu de partage et d’apprentissage comme le témoignent des projets de recherche-action, tel celui de la Commission scolaire Marie-Victorin, «De A à Z, on s’aide!» ou encore l’incontournable «Une naissance, un livre» actif dans le réseau des bibliothèques de la province.

Sans compter que pratiquer la «lecture de genoux» s’avère une belle activité familiale à valoriser. Source de plaisir et d’échanges. Pour cette journée, et les jours d’après.

Poser les bonnes questions pour avoir des réponses

(Agence Science-Presse) – Voilà qu’un scientifique prétend pouvoir associer quartiers défavorisés et déclin des aptitudes de langage chez les enfants. Selon un sociobiologiste de l’Université Harvard en effet, ceux qui ont vécu, à un moment donné, dans un tel quartier, même s’ils ont déménagé par la suite, présentent un retard de Q.I. L’étude semble être faite sur mesure pour inquiéter les parents: elle apparaît toutefois bien moins impressionnante quand on s’aperçoit que le retard de Q.I. en question n’est que de quatre points. Est-il causé par les quartiers, par l’absence de stimulations intellectuelles dans un plus grand nombre de familles étudiées, par un plus grand nombre d’écoles sans bibliothèques? Quelle que soit la réponse, l’étude, qui couvre la période 1995-2002, ne semble pas l’avoir trouvée —ou cherchée.

Histoires de garçons
Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) - S’asseoir sur les genoux de papa pour écouter une histoire donnerait aux garçons non seulement le goût de la lecture, mais aussi le goût de l’école! Une expérience québécoise de valorisation de la lecture et de l’écriture démontre que, contrairement à ce que l’on pense, les garçons ne seraient allergiques ni l’une ni à l’autre.

«Les garçons ont peu de modèles masculins de lecteurs. Plus ils se sentent compétents, plus ils vont lire», soutient Natalie Lavoie, professeure en sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). Avec son collègue, Jean-Yves Lévesque, elle a mené une expérience auprès d’une trentaine de jeunes garçons de 9 à 13 ans à risque de décrochage scolaire afin de stimuler leur intérêt pour la lecture et l’écriture.

Cette recherche-action menée pendant cinq ans au sein de trois écoles du Bas-Saint-Laurent s’est avérée très positive. Et même si le nombre d’élèves reste modeste, mettre l’accent sur la lecture et l’écriture permet de freiner le redoublement (29,7 % contre 56,3 % dans le groupe témoin) et l’orientation en cheminement particulier (15 % contre 48 %).

Accroître l’intérêt des garçons pour les livres et modifier leurs habitudes de lecture augmentent leur participation aux activités et leur sentiment de compétence. «Cela exerce une influence certaine sur leur activité scolaire et leurs résultats», résume la chercheuse.

Lecture de garçons
Antoine, en sixième année de primaire, ne lisait pas et ne participait pas aux activités de lecture. Un an plus tard, il affirme lire tous les jours «pour apprendre de nouveaux mots» même s’il préfère toujours les livres d’action aux romans.

«Nous avions la préoccupation de partir de l’univers des garçons en leur offrant des livres proches de leur vécu et des modèles masculins, mais aussi, d’élargir l’univers culturel des garçons», explique Jean-Yves Lévesque. Car ceux qui démontrent le plus de difficultés proviennent souvent de milieux où l’on ne lit pas. «Certains n’avaient même jamais ouvert un journal», rapporte le chercheur.

Le spécialiste de la prévention des échecs et du décrochage scolaire à l’UQAR trouve aussi important de s’appuyer sur tous les supports possibles, de la BD jusqu’au cinéma. Les élèves se sont ainsi livrés à une analyse critique d’Astérix et Cléopâtre : «BD ou film, quelle est la meilleure version?»

Lire partout
Les chercheurs ont également mis en pratique de nombreuses recettes : aménager des coins lecture dans la classe, clubs de lecture, discussions autour de textes écrits ou lus, travaux d’écriture communs… jusqu’à la visite de personnalités locales qui venaient lire en classe. L’autre originalité de cette démarche a été de s’assurer différents soutiens – enseignants, municipalités, universitaires —, mais surtout de travailler dans tous les milieux, à l’école comme à la maison.

Le principal changement constaté est l’évolution du regard que les garçons portent sur la lecture. «Cela n’est plus seulement une activité pratiquée à l’école, mais aussi à l’extérieur de l’établissement», résume Natalie Lavoie.

Cette recherche-action de l’UQAR et de la commission scolaire des Phares visait à augmenter la réussite scolaire des garçons. Elle a aussi permis de changer la croyance que «les livres, c’est pour les filles!»

Le M.I.T. 100% en ligne

(Agence Science-Presse) – C’est l’aboutissement de cinq ans de travail: les 1800 cours du Massachusetts Institute of Technology (MIT) sont à présent en ligne. Conférences vidéo, notes de lectures, de l’aéronautique jusqu’à l’anthropologie: depuis ses premiers pas, ce site aurait attiré 35 millions de visiteurs, selon le MIT, la plupart de l’extérieur des États-Unis. (http://ocw.mit.edu)

Note2be: outil à proscrire ou outil de démocratisation?

Suite à la publication de mon billet Le Web 2.0 devant la justice. Est-ce la fin du Web 2.0? sur Cent Papiers, Pierre R. m’a lancé cette question :

J’aimerais connaître votre avis sur cette expérience qui a tourné court en France : la notation en ligne des professeurs. Note2be, un site Internet qui proposait aux élèves d’évaluer leurs enseignants, n’a plus le droit de mettre en ligne le nom des professeurs concernés. Ses créateurs ont fait appel de cette décision, qui devrait faire jurisprudence. Ce cas précis fait appel la justice pour en interdire une notation ad hominem pour protéger les droits des professeurs. En opposition, il y a la liberté pour le citoyen de noter ce professeur au nom d’une information publique. Droit individuel vs droit collectif.

J’ai dû prendre quelques temps avant de répondre à cette épineuse question sur la notation des enseignants par leurs élèves. D’une part, j’ai un emploi du temps épouvantable qui me tient en haleine. D’autre part, parce que je suis déchiré dans la réponse que je vais donner. La réponse étant trop longue pour me limiter à en faire un simple commentaire. J’ai donc décidé d’en faire un billet que je présente à tous.

Certains des enseignants qui ont eu la lourde tâche de m’éduquer et de parfaire mes connaissances ont été d’excellents mentor. D’autres ne méritent aucune référence. Dès mon primaire, je me suis retrouvé régulièrement devant le bureau du directeur pour dénoncer l’incompétence de certains enseignants dont je proposais le congédiement. Ce cirque m’a suivi pendant mes 22 années de scolarité! Ce n’est qu’à l’université que j’ai réussi à faire congédier quelques professeurs dont leur enseignement était archaique.

Je n’ai jamais eu l’impression qu’on m’ait pris au sérieux dans ma demande de congédiement de certains enseignants. J’aurais bien aimé avoir accès à un tel classement quand j’étais étudiant. Le plus honnêtement possible, j’aurais pu reconnaître les grandes qualités de mes mentors, mais aussi y dénoncer quelques enseignants et certaines lacunes de notre système d’éducation. Cela m’aurait permis de débattre avec d’autres étudiants et peut-être d’adoucir certaines de mes opinions très tranchées que j’avais à l’époque. Et l’inverse aurait été aussi vrai.

Tout outil de travail que nous nous donnons a malheureusement ses limites. Il y aurait dérapage. Les mêmes cancres auraient possiblement pris le contrôle de cet outil et nous aurions fini avec un derby de démolition. Mais peut-être aussi qu’avec une bonne modération nous aurions pu conserver un endroit de discussion et de réflexion. Je pense que oui.

En parallèle, je pense au répertoire des écoles du Québec que L’actualité nous présente à chaque année. Répertoire que j’ai questionné pour 2 raisons importantes. D’une part, j’ai vu des directeurs d’école changer leur système de notation pour mieux réussir dans le classement. Leur remontée n’était pas dû à une amélioration des résultats des étudiants, mais à la façon de les présenter. Une école qui était faible en anglais avait divisé leurs étudiants en 2. Les cours d’anglais se donnaient sur la moitié de l’année au lieu de toute l’année. Les moins bons héritaient de la session septembre à décembre, tandis que les meilleurs, ceux qui seraient notés dans le répertoire de L’actualité se retrouvaient avec la session janvier à juin. Belle remontée symbolique.

D’autre part, avec le Père André Durand, nous nous retrouvions à intervenir auprès de plusieurs écoles avec des jeunes qui vivaient des difficultés importantes avec un taux de détresse majeure. L’une de ces écoles figurait bonne dernière du classement tandis qu’une autre figurait toute première. Le classement ne tient pas compte du taux de détresse de ses étudiants. Et cela m’a toujours dérangé énormément. J’imagine un parent bien intentionné et qui décide de tout sacrifier pour envoyer son enfant dans LA meilleure école et qu’en bout de ligne je doive intervenir avec ce jeune pour éviter qu’il ne se suicide. Le choix de LA meilleure école aura-t-il été LA meilleure chose?

Pour conclure ma réflexion, je ne pense pas qu’un outil tel que le Note2be soit problématique. C’est la façon qu’on l’utilise qui pourrait l’être. Et comme certains disent pour l’alcool : La modération a bien meilleure goût.

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Que ceux qui aiment les sciences lèvent la main

(Agence Science-Presse) - Plus le pays est riche, et plus l’élève risque de trouver les cours de science ennuyeux et inutiles. Plus le pays est pauvre, et plus l’intérêt est élevé.

C’est l’un des plus étonnants constats —mais jusqu’à récemment passé inaperçu— d’une l’étude internationale sur l’utilité de l’enseignement des sciences (ROSE, pour Relevance of Science Education). Une étude qui n’est pas terminée, mais dont certains résultats ont déjà commencé à être rendus publics. Et ce résultat-là a fait jaser.

Car la corrélation qui se dégage entre la richesse du pays et l’intérêt pour la science est très forte. Si on classe les pays en fonction de l’indice du développement humain des Nations Unies, les deux courbes se suivent en parallèle. Au bas de l’échelle, dans des pays comme le Bangladesh, le Ghana et l’Ouganda, le désir de devenir un scientifique parmi les enfants de 15 ans est à son plus fort.

Pour ces pays-là, ce n’est pas étonnant, considérant qu’une carrière scientifique peut être vue comme une façon de sortir de la pauvreté. Mais comment expliquer qu’à l’autre extrémité de l’échelle, l’intérêt pour les sciences soit systématiquement aussi bas? Et y a-t-il quelque chose à faire?

Rendre les cours de science moins ennuyants
L’étude, qui porte sur des dizaines de milliers d’enfants, est coordonnée par Camilla Schreiner et Svein Sjoberg, de l’Université d’Oslo, en Norvège. Elle n’est certes pas la première à pointer du doigt que quelque chose ne tourne pas rond dans l’enseignement des sciences. Depuis des décennies, bien des chercheurs occidentaux, comme le Britannique Michael Reiss qui en parle dans le New Scientist, ont constaté que «les enfants de 11 ans qui arrivent à l’école secondaire sont intéressés à étudier les sciences, et enthousisasmés par la perspective de travaux pratiques dans des laboratoires excitants… Mais malheureusement, la majorité auront trouvé les cours de science ennuyants et inutiles.»

Pas assez ancrés dans l’actualité, pas assez d’espace pour des débats, pas assez de choix… Ce sont les critiques qu’on entend dans à peu près tous les pays. Sans compter la pire de toutes: la science, c’est pour les gens plus intelligents que moi.

Parmi les solutions envisagées:
- sortir la science des salles de cours
- encourager l’apprentissage par d’autres canaux comme les musées et leurs salles pour les jeunes
- voir la science comme une façon de résoudre des problèmes plutôt qu’un savoir à apprendre par coeur
- commencer par quelque chose qui suscite l’intérêt des jeunes, comme de simuler la gestion d’une réserve naturelle ou choisir l’emplacement d’une usine de produits chimiques…

Ça nécessiterait, bien sûr, une réécriture majeure des programmes. Sûrement pas le genre de résolution du Nouvel An qui pourrait prendre effet en 2008. Mais un premier pas, qui sait…

How computers make our kids stupid: la conclusion sur les ordinateurs à l’école

Tel que promis, j’ai pris le temps de lire la recherche de Michael Zwaagstra. Le rapport de quelques pages étaient très synthèse. Pas de place au débat ou aux explications. J’avais l’impression d’avoir une table des matières avec une série de référence pour d’autres lectures à faire.

Une des références utilisé par Michael Zwaagstra a attiré mon attention. Un texte écrit par Sue Ferguson en juin 2005 pour MacLean’s. How computers make our kids stupid. There’s growing evidence that too much cyber-time dumbs down our children. Traduction maison: Comment les ordinateurs rendent nos enfants stupide. Il est de plus en plus évident que trop de temps passé sur les ordinateurs rendent plus niaiseux nos enfants.

Ce texte est plus consistant et développe plus la problématique. En plus des références à plusieurs chercheurs et études sur le sujet, nous y retrouvons aussi des témoignages d’enseignants, de direction d’école et d’étudiants.

La référence à une étude de la sociologue Janice Newson de York University auprès de 100 membres de la faculté est révélatrice. Le tiers des répondants ont des problèmes de mémoire et des difficultés de concentration qu’ils associent aux ordinateurs. 70% mentionnent qu’au lieu de lire en profondeur ils ne font que survoler l’information. Leur communication est devenue plus superficielle et moins personnelle.

Il en ressort clairement que si on débute trop jeune avec les ordinateurs cela affecte notre développement. Plus on débute jeune et plus on est affecté. Il est proposé que les ordinateurs ne prennent une place dans notre vie qu’à partir de la 9e année, soit vers l’âge de 15 ans. Avant cela nous avons des choses plus “humaines” à expérimenter et l’interaction directe entre l’enseignant et son élève est très importante. Les ordinateurs nous présentent une matière déjà prédigéré par quelqu’un d’autre au lieu de nous laisser expérimenter nous-mêmes notre relation avec notre environnement et les autres.

La conclusion est intéressante. “The world’s full of all kinds of things — automobiles, sexuality, and we have appropriate times and places for all these aspects of our lives. Traduction maison: “Le monde est rempli de toutes sortes de choses: automobiles, sexualité, et nous avons des temps et des places appropriés pour tous ces aspects de notre vie.

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/09/le-journalisme-linternet-et-les-ordinateurs-en-classe/

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/04/lusage-dordinateurs-en-classe-nuit-a-leducation-des-jeunes/

 

Le journalisme, l’Internet et les ordinateurs en classe 

Mardi le 4 mars, j’ai écrit un billet intitulé: L’usage d’ordinateurs en classe nuit à l’éducation des jeunes. M. Thierry Benquey me laisse un commentaire en mentionnant qu’il aurait aimé que je fasse un lien sur la recherche de Michael Zwaagstra financé par l’organisme Frontier Centre for Public Policy.

Le commentaire de M. Benquey était très pertinent. Après tout, nous sommes sur l’Internet. Rien de plus facile que de faire les liens appropriés. Parce qu’aujourd’hui, les lecteurs ne sont plus des gens passifs qui ne font que recevoir la nouvelle. Ils sont plus curieux. Ils en veulent plus. Ils veulent avoir accès aux documents et se faire leurs propres opinions pour pouvoir commenter et prendre position. Une forme de journalisme interactif.

La nouvelle a été publié par la Presse Canadienne, un média qui offre ses textes à plus de 600 autres médias. C’est pourquoi j’ai pu retrouver la même nouvelle sur les sites de Corus, Canoe, le National Post, le Journal de Montréal… Tout le monde reprend la même nouvelle, textuelle, mais personne ne fait le lien sur la source.

En fouillant sur le site de l’organisme, j’ai finalement réussi à trouver la recherche qui a fait le sujet de la nouvelle. Je ne l’ai pas lu encore. Je ne sais pas si je vais avoir le temps de le faire. Je travaille tout de même 80 heures semaines, il y a une tempête de neige et ma souffleuse neuve ne fonctionne pas!!!

Je vais tenter de le faire et je vous reviendrais sur mes commentaires. Je peux cependant vous partager ma réaction initiale en ayant visité le site de Frontier Centre for Public Policy et vu le document de 4 pages de Michael Zwaagstra. Cela ne semble pas être une recherche indépendante, mais plutôt un mémoire déposé par un organisme qui a une idée à vendre aux autorités en place.

La nouvelle de la Presse Canadienne faisait état d’un rapport, ensuite d’un mémoire et finalement l’étude de Michael Zwaagstra. Cette série de synonyme ne nous permet pas de qualifier si ce mémoire est vraiment sérieux ou une simple prise de position d’un organisme revendicateur.

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/10/how-computers-make-our-kids-stupid-la-conclusion-sur-les-ordinateurs-a-lecole/

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/04/lusage-dordinateurs-en-classe-nuit-a-leducation-des-jeunes/

L’usage d’ordinateurs en classe nuit à l’éducation des jeunes

Au secondaire, j’ai été le dernier étudiant au Québec à utiliser la règle à calcul en classe. J’ai tenté de boycoter et de m’opposer à la venue des calculatrices électroniques. Il est vrai qu’avec une calculatrice on peut plus facilement donner une réponse avec 8 chiffres après le point. Cependant la règle à calcul nous pousse à la réflexion et exige de nous que nous soyons capable de connaître l’ordre de grandeur d’une réponse. Elle oblige à la concentration et au calcul mental. Avec une calculatrice, une erreur de doigté et l’étudiant peut nous sortir une ânerie du style 2 + 2 font 8!

Je m’opposais au fait qu’on exige de moi et ma règle à calcul une précision qui n’avait aucune valeur éducative. Mes professeurs de science m’ont convoqué à leurs bureaux. Je devais accepter l’inévitable et prendre la calculatrice ou accepter de couler mon secondaire. Moi qui était premier de classe, à regret, je me suis résigné.

La Presse Canadienne présente nous présente maintenant un rapport rédigé par Michael Zwaagstra, titulaire d’une maîtrise en éducation pour Frontier Centre for Public Policy. Il en ressort que:

- Le temps passé devant un ordinateur devrait l’être à apprendre la lecture, l’écriture et apprendre à interagir avec l’enseignant.

- On peut perdre beaucoup de temps d’enseignement avec l’ordinateur.

- Les 26 millions par année que le Manitoba consacre à cette technologie pourrait être mieux utilisé.

- Il n’y a aucune preuve d’une corrélation positive entre un accès accru aux ordinateurs à l’école et la réussite scolaire.

Ce rapport ne fait pas concensus dans le milieu de l’éducation. Mais, en tant qu’ancien rebelle qui s’est opposé à la calculatrice en classe, il y a matière à réflexion.

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/10/how-computers-make-our-kids-stupid-la-conclusion-sur-les-ordinateurs-a-lecole/

http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/09/le-journalisme-linternet-et-les-ordinateurs-en-classe/

Un scrapbook scientifique
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

Des dessins d’inventions, des photos de galaxies, des illustrations d’atomes et bien d’autres articles découpés et collés… Le dernier ouvrage du professeur Génius poursuit sa mission: rendre ludiques et attrayantes pour les jeunes les connaissances encyclopédiques qui pourraient les rebuter.

Après La Musique, Le Corps humain ou encore L’Univers, ce nouvel album se veut plus scolaire. Il présente la science, dans sa version «dure»: les mathématiques et leur histoire, la chimie et ses transformations, la physique et ses forces. Plongées dans le quotidien et enrichies d’anecdotes historiques, ces matières scientifiques restent toutefois alléchantes pour un jeune public.

Résultats de hockey, calcul du hasard ou mesures, les mathématiques se déploient dans la première partie de l’ouvrage, de la découverte des chiffres et des nombres à la logique. Sauriez-vous trouver la solution de l’énigme suivante?

DIX=509

«Résoudre un problème mathématique grâce à la logique, c’est un peu comme mener une enquête à la manière d’un détective!» affirme même le professeur Génius. Il donne les grandes étapes à suivre – observation, interrogation, réflexion et déduction — puis propose des problèmes et des jeux à résoudre: le mystère du coffre-fort, le damier, le carré latin – le fameux sodoku! — ou encore les quatre énigmes.

Même la chimie plonge dans la cuisine pour exciter l’attention — et les papilles — de ses jeunes lecteurs. En marge de l’indispensable tableau des éléments de Mendeleïev et des mariages des atomes, la science dans le chocolat chaud et l’eau gazeuse montre de manière stimulante que la science est partout. Il y a même une recette pour récupérer le sel tombé de la salière sur le sol en utilisant la technique de la filtration.

Dans la section «Ce qu’il reste à découvrir…», les pistes de découvertes mélangent prospection scientifique et imaginaire des enfants — le tout illustré des dessins de Maxime, Sandrine ou Bianca — rendant le contenu sympathique et proche du lecteur.

Ce sixième volume illustre que la technique du scrapbooking — articles courts, sujets diversifiés et proches du quotidien — s’avère un choix gagnant auprès des jeunes entre 8 et 14 ans. Ce scrapbooking scientifique, en totale harmonie avec la tendance dominante de s’informer (rapide et ludique) s’adapte facilement dans le monde virtuel d’Internet. Le professeur Génius possède d’ailleurs sa page en professeur branché qu’il est.

Mon album des sciences du Professeur Génius, édition Québec Amérique jeunesse, novembre 2007.

Geniusinfo.net, le site du professeur Génius

Étudier l’optimisme

(Agence Science-Presse) – La dépression est un champ de recherche prolifique. Mais que dire dc l’optimisme? Peu étudié et pourtant fascinant, disent ses défenseurs: parce que, quoi qu’en disent les cyniques, nous sommes une espèce incroyablement optimiste, qui s’attend à gagner à la loterie contre toute attente, qui sous-estime les risques d’accident et s’attend toujours à vivre plus longtemps. La neurologie de l’optimisme, ou «les mécanismes neuronaux qui entraînent un biais optimiste», tel était le sujet d’une recherche récente dans Nature, qui donnera sûrement des idées à d’autres…

Science et jeux, le meilleur des mondes
Odile Clerc – Agence Science-Presse

Quelles relations entretiennent la science et le jeu? À l’occasion du Sommet international du jeu de Montréal (SIJM), l’Agence Science-Presse a enquêté sur la validité scientifique des jeux vidéo. Si jusque-là, leur qualité scientifique n’était pas la préoccupation principale des producteurs — divertissement oblige —, elle devient centrale pour le secteur des «jeux sérieux», véritable passerelle entre industriels et laboratoires de recherches.

Un marché qui monte, qui monte, qui monte
«Au Québec, le marché du jeu vidéo a été multiplié par 4 en 4 ans», annonce d’entrée de jeu Jean-Pierre Boucher, directeur d’Alliance numériQC, le réseau de l’industrie numérique du Québec et organisateur du SIJM. Fini les consoles à manettes qu’il faut manipuler plus vite que son ombre ! «Aujourd’hui, l’heure est à la mobilité, l’interactivité et la jouabilité. Le marché attire de plus en plus de joueurs et s’ouvre sur un nouveau segment en pleine croissance, les serious game».

Jeu sérieux = jeu scientifique?
Le jeu sérieux, thématique présente pour la première fois au SIJM, réunit chercheurs, universitaires, scientifiques, concepteurs et producteurs pour débattre de sujets aussi délicats que nouveaux : comment le définir précisément, comment le valider, quelles sont ses finalités, ses références scientifiques, etc. «Nous ne sommes pas tous d’accord sur sa définition. Disons qu’il s’agit d’un jeu qui a d’autres finalités que le divertissement, mais il peut être divertissant ! On est proche du ludoéducatif!» explique Samuelle Ducrocq-Henry professeure au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Quoi qu’il en soit, tous les protagonistes s’accordent à dire que son contenu scientifique fait sa spécificité. «Et pas question de faire des concessions sur la rigueur scientifique au nom du e-marketing!»

Souriez, c’est bon pour moi
Jeu scientifique ne veut pas dire jeu ennuyeux et inutile! Prenez l’exemple de MindHabits, un jeu conçu par Mark Baldwin, PhD et professeur au département de psychologie de l’Université McGill. En pratiquant ce jeu régulièrement sur votre ordinateur, vous augmenterez votre estime de vous-même et votre résistance au stress. «Mes recherches démontrent que le stress est fortement relié à l’estime de soi. Si vous vous sentez critiqué ou peu apprécié des autres, vous avez deux fois plus de risque de tomber malade», explique Mark Baldwin. «MindHabits joue sur trois procédés psychologiques : l’activation – faire émerger une idée positive de soi, l’association – s’associer un concept positif, et l’inhibition – rompre un processus de pensée négative. Le jeu composé de différents modules consiste à reconnaître, parmi une série de visages, celui qui sourit. Les études montrent que les joueurs ayant une faible estime d’eux-mêmes mettent plus de temps à repérer les visages souriants. L’idée est donc d’exercer le cerveau à reconnaître en priorité les visages souriants.» Et ça marche. D’après les tests, il suffit de pratiquer 5 minutes par jour pendant une semaine pour améliorer son estime de soi et réduire son stress.

Des jeux au service des hommes
Dans le secteur de la santé, nombreux sont les jeux sérieux qui ont fait leurs preuves. À l’Institut des grands brûlés de l’Hôpital de Washington, on a remarqué par exemple que le seuil de tolérance à la douleur est modifié de 37 % à 97 % sous l’effet du jeu virtuel SnowWorld. Autre exemple, Escape from Diab est un jeu très efficace qui aide les enfants diabétiques à gérer leurs contraintes médicales.

Est-ce que pour autant le jeu pourrait remplacer la relation interpersonnelle avec un professeur ou un thérapeute ? «Pas du tout, répond Samuelle Ducrocq-Henry. Nos recherches montrent que le jeu est un soutien à l’apprentissage, mais pas un substitut ; cependant, il est une valeur ajoutée certaine.» Conclusion convergente avec les résultats de recherche de Terry Lavender, diplômé de l’École des arts interactifs et de la technologie de l’Université Simon-Fraser en Colombie-Britannique. «J’ai conçu un jeu interactif afin de voir si le jeu pouvait modifier le comportement des joueurs. Mes résultats montrent que, dans le cas de mon jeu axé sur la problématique des personnes sans domicile fixe, le comportement des joueurs ne change pas, mais la sensibilisation à leur cause est grandement modifiée», commente Terry Lavender.

Que les scientifiques mettent leurs connaissances au service du jeu ou que le jeu fasse appel aux compétences des chercheurs – comme dans le cas du jeu vidéo My Word Coach développé avec l’aide d’un linguiste par Ubisoft - l’industrie du jeu et la recherche ont tout intérêt à travailler main dans la main. «Si les sociétés de production s’intéressaient à notre savoir, nous pourrions les aider à développer des jeux vraiment bénéfiques pour les joueurs», conclut Mark Baldwin.

Et peut-être pourrions-nous rêver d’un monde où la violence serait bannie des jeux, preuves scientifiques de sa nocivité sociale à l’appui?

Santé et éducation à Cuba, une fierté nationale

Je reviens d’une semaine de vacances à Cuba. Je m’étais promis de ne rien faire d’autres que de profiter de la plage, du soleil et d’un peu de lecture. Mais, dans mon cas, une semaine à ne rien faire, ça devient un peu long. Danielle et moi avons donc décidé de faire une journée de visite à la Havane.

J’ai été touché de voir le sentiment d’appartenance que la guide cubaine avait envers son pays. Quand elle nous présentait les différentes décisions que son gouvernement avait pris pour traverser différents événements marquants, j’avais l’impression qu’elle avait été présente pour voter en faveur de ces décisions. Elle les endossait et les assumait.

J’ai pu sentir aussi la fierté qu’elle avait dans les valeurs sociales que Cuba possède. Lors de la révolution en 1959, Cuba n’avait plus de médecin, les 6 000 médecins que Cuba avait se sont tous exilés dans différents pays.

Fidel Castro a reconstruit le système d’éducation. L’éducation est gratuite pour tout le monde. Si tu demeures trop loin de l’université, l’état paye pour ton transport et ta chambre. De quoi faire rêver plusieurs de nos étudiants. C’est plus de 69 000 médecins qui ont été formé entre 1959 et 1992! Ils en ont tellement formé, qu’ils soutiennent les pays du tiers-monde. Le Vénézuela reçoit 20 000 médecins cubains! J’ai laissé le nom du Québec comme pays qui mériterait d’être soutenu par la visite de médecins pour diminuer nos listes d’attente et pour permettre à tous les citoyens d’avoir un médecin de famille. Peut-être que Fidel Castro va recevoir mon message.

La famille est importante à Cuba. Chaque municipalité a sa maison pour soutenir les femmes enceintes.

Famille, Santé et Éducation, des valeurs nationales importantes dans le coeur des Cubains. Et ils ont pris les moyens pour assumer leurs choix sociaux. Est-ce que nous aurons un jour au Québec des politiciens capable d’assumer nos choix sociaux?

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Décrochage scolaire
Entre la rue et l’école
Annie Mathieu, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008

Entre la rue et l’école n’a rien d’un établissement scolaire conventionnel. Situé à Anjou, la coquette maison blanche accueille, depuis une vingtaine d’années, des jeunes de 12 à 17 ans qui sont en raccrochage ou sur le bord de décrocher. L’organisme ne pourrait pas mieux porter son nom.

Dès 9 heures, les premiers décrocheurs –ou futurs décrocheurs– font leur entrée. Il n’y a pas foule, le problème de ces jeunes est bien souvent la motivation ou le manque de discipline qui rend le lever du corps pénible. On est loin du son de cloche strident des écoles publiques.

Café brûlant à la cuisine, murs aux couleurs chaleureuses et bureaux aménagés dans un ancien salon, l’ambiance évoque des souvenirs d’enfance, d’une maison familiale où l’on se sent bien. Les jeunes sont omniprésents, l’un fume dehors, l’autre est assis sagement devant ses cahiers d’exercice.

«On a une atmosphère familiale et chaleureuse», explique Dominique Poulin, directrice de l’organisme depuis plus de 3 ans. Lors du dernier déménagement, c’est elle, ainsi que d’autres membres du comité d’administration, qui ont insisté pour trouver un lieu personnalisé. «Le respect est aussi très important pour nous», ajoute-t-elle.

Le matin, des bénévoles offrent de l’aide aux devoirs pour les adolescents qui veulent garder un pied dans le système scolaire et souhaitent raccrocher dans un avenir prochain. L’après-midi, différents types d’ateliers sont offerts. Par exemple, des conseils en matière de cv et d’entrevue à ceux qui souhaitent se lancer sur le marché du travail. Un moyen de les intéresser à ce qui se passe à l’extérieur tout en incorporant quelques notions techniques et d’apprentissage.

«On leur donne des outils pour s’orienter professionnellement et les aider dans leur recherche d’emploi», explique Marc Griffiths, l’un des deux intervenants jeunesse de l’organisme. Ce dernier doit interrompre son explication, une urgence met fin à l’entretien. Un jeune, laissé à la porte de l’organisme par ses parents, s’est enfui avant d’en franchir le seuil. Du déjà vu pour les intervenants d’Entre la rue et l’école. L’organisme est reconnu par le ministère de l’Éducation comme un établissement scolaire. Un jeune est obligé de fréquenter ce type d’organisme s’il souhaite décrocher sans avoir l’âge requis de 16 ans pour le faire officiellement.

La relation de proximité entre les jeunes et les intervenants, la clef du succès de l’organisme, permet le «cas par cas», selon Dominique Poulin. «L’idéal pour une intervention efficace», croit Kim De Baene, responsable des communications du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage scolaire (ROCQLD- voir encadré) dont Entre la rue et l’école est membre. Elle soutient qu’un ratio minimal –idéalement un intervenant, un élève– ainsi qu’un suivi psychosocial et un accompagnement personnalisé sont des éléments favorisant la réussite d’une intervention auprès d’un jeune à risque.

«L’important est d’assurer le suivi d’un jeune par un adulte en qui il a confiance. Il doit sentir qu’on l’on se préoccupe de lui et de son cheminement», explique Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES).

Un objectif atteint par le personnel de l’organisme. Calculs, grammaire et cahiers scolaires font place à une franche camaraderie le temps de la pause dîner. Assis autour de la table de la cuisine, impossible de dissocier les jeunes des intervenants.

Encadrés

Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage scolaire (ROCQLD)
Né en 2003, le ROCQLD favorise les échanges entre les organismes qui travaillent sur la problématique du décrochage scolaire, assure leur représentation auprès des diverses instances publiques et communautaires et les soutient dans la consolidation et le développement de leurs activités.Le Regroupement compte 34 membres à travers le Québec. Dans la province, il existe, selon Kim De Baene, responsable des communications du Regroupement, environ 200 organismes communautaires qui luttent contre le décrochage scolaire.Une partie de ces organismes sont financés par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du gouvernement du Québec via son programme d’action communautaire sur le terrain de l’éducation (PACTE). D’autres sont financés par différents ministères, de la Famille et des Services sociaux entre autres, ainsi que des fondations et organismes tel que Centraide.

Depuis ses 15 ans d’existence, la clientèle qui fréquente Entre la rue et l’école ne diminue pas. «Aux premiers mois du printemps, les élèves s’aperçoivent qu’ils sont en situation d’échec et qu’il ne vaut pas la peine de continuer», explique Mme Poulin.

Près de 100 jeunes fréquentent annuellement l’organisme sur une période pouvant s’étirer de quelques semaines à une année. «Le trois quart des jeunes raccrochent» affirme humblement la directrice. Réaliste, elle admet toutefois que cela ne signifie pas nécessairement qu’ils ne re-décrocheront pas.

Le décrochage en chiffres
Les données pour 2007 du ministère de l’Éducation indiquent que le taux d’obtention d’un diplôme du secondaire, tant chez les jeunes que chez les adultes, est de 70,2% pour 2005-06. Le gouvernement comptabilise tous ceux qui obtiennent un diplôme d’études secondaires avant l’âge de 20 ans.

Si on considère uniquement les jeunes qui obtiennent un diplôme avant l’âge de 17 ans –soit l’âge moyen pour terminer ses études secondaires– ce taux baisse à environ 60%, souligne Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES).

En 2005-2006, au Québec, 40% des jeunes n’ont pas obtenu leur diplôme d’études secondaires dans un délai ordinaire, soit avant l’âge de 17 ans. Et 29,8% d’entre eux ne l’ont pas obtenu avant l’âge de 20 ans.

Décrochage scolaire
Marie prend un break
Annie Mathieu, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008

Marie, 15 ans, a lâché l’école il y a un mois. Ses piètres résultats scolaires, les professeurs qu’elle juge incompétents et le stress l’ont épuisée. «J’avais besoin d’un break», affirme-t-elle. Pour se garder motivée et en attendant d’aller à l’école pour adultes, elle fréquente Entre la rue et l’école, un organisme qui vient en aide aux décrocheurs de 12 à 17 ans.

Au premier coup d’œil, il est difficile de s’imaginer que cette adolescente timide peut avoir des troubles de comportement et qu’elle était, jusqu’à tout récemment, la bête noire de ses professeurs.

Au moment de la rencontre, Marie fait des exercices dans son cahier d’anglais secondaire 4. Fort probablement, personne ne les corrigera mais au moins, pendant la période d’aide aux devoirs de l’organisme, elle est occupée. Elle prend volontiers une pause pour discuter de son cheminement.

«J’ai le goût d’être enquêtrice, d’être dans l’action», affirme d’entrée de jeu l’adolescente soigneusement maquillée. Ambitieuse, Marie déclare qu’elle ira faire une technique policière au cégep. «Ça ne me tente pas d’avoir une petite job toute ma vie, renchérit-elle. Retourner aux adultes à 25 ans, ça ne va pas me tenter non plus.»

Pour Marie, l’école est synonyme de stress. «Les profs se concentrent juste sur ceux qui sont motivés. Ils voient bien qu’on a besoin d’aide», reproche-t-elle. «Je dirais que j’avais un prof sur six qui était bon. Le prof que j’aimais, c’était un professeur de français et il préparait bien son cours. Les autres, ils font juste dire «ouvrez vos cahiers» et nous font faire des exercices sans expliquer la matière.»

Responsabilité partagée
Les professeurs sont-ils les seuls responsables du décrochage de Marie? Jointe par téléphone, Chantale Payette, la maman de l’adolescente, met de l’eau dans son vin: «Je veux faire attention à mon jugement. Il y a les deux côtés qui peuvent être coupables, les élèves et les professeurs. Elle admet tout de même avoir été déçue de l’attitude de ces derniers: «Je suis allée à toutes les rencontres de profs. J’ai vu des professeurs blasés qui se foutaient s’ils donnaient ou pas leurs cours», explique-t-elle. 

Résultat: les notes de Marie ont chuté de manière catastrophique. Dans les dernières semaines où elle fréquentait les salles de classes, elle obtenait en moyenne 10% dans ses évaluations. «Je n’étais plus capable de me lever à 7 heures le matin pour rien. Je perdais mon temps» explique Marie.

Pour ses parents qui ont vu ses notes dégringoler, il n’y avait plus rien à faire. «Ça ne remontait plus», explique Mme Payette, qui avoue trouver l’épreuve difficile. «À ce qui paraît, c’est très fréquent» avance-t-elle comme pour se rassurer. Ce peu de réconfort n’a pas empêché les parents de l’adolescente de se sentir seuls au monde. «C’est comme un échec en tant que parents», affirme Mme Payette.

Néanmoins, ils ont retroussé leurs manches et cherché, avec l’aide d’amis de la famille et différents intervenants du milieu scolaire, des ressources pour leur fille. «On a fait des recherches par Internet, on ne savait pas par quel bout prendre le problème» explique-t-elle. Ils ont découvert Entre la rue et l’école et immédiatement, une relation de confiance s’est installée: «Ce sont des gens très humains, les parents sont bien accueillis» affirme Mme Payette qui admet que cela donne à son couple le temps de souffler. «Je la sens entre de bonnes mains».

Jacques Cordeau, le père aujourd’hui à la retraite, conduit Marie à la porte de l’organisme tous les jours. Pendant la période d’aide aux devoirs du matin, sa fille utilise ses cahiers d’exercice pour s’avancer un peu dans la matière des cours auxquels elle n’assiste plus, question de ne pas se couper complètement de l’école. Elle ne sera ni notée, ni pénalisée si elle ne progresse pas assez rapidement. Pour Marie, le stress est éliminé, surtout qu’elle peut bénéficier de l’aide aux devoirs donnée par des bénévoles. «Ici, ils sont fins. Ce ne sont pas des vieux qui ne comprennent rien».

Marie a été chanceuse, ses parents sont compréhensifs. «Mes parents savent que mon but, c’est de retourner à l’école. Ils ne sont pas frustrés. Ils m’ont dit ‘‘ok, si t’as besoin d’un break’’. Peut-être qu’en septembre prochain, je vais recommencer à l’école aux adultes, avance Marie. Je travaille mieux de mon propre gré. Je vais peut-être aussi me sentir plus libre.»

Encadré

Des coupables?
«Coupable» n’est pas le mot à employer, selon Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES). Il est plutôt question d’une conjoncture de facteurs lorsqu’il est question de décrochage scolaire.

D’une part, beaucoup d’élèves entrent au secondaire avec un niveau de lecture équivalent à la 3-4e année du primaire, indique-t-il. Les professeurs ne doivent pas laisser filer de tels élèves, croit-il. C’est malheureusement trop souvent le cas. Un faible niveau de lecture entraîne des retards importants dans toutes les matières scolaires, précise-t-il.

Les enseignants, pour leur part, ne manquent pas de bonne volonté. Ils sont souvent très bien formés mais manquent de ressources ou de connaissances pour encadrer ceux qui sont en difficulté, indique Égide Royer. Avec des classes de 25 élèves qui en comptent au moins 5 en difficulté, la situation tend à dépasser le personnel enseignant.

Finalement, M. Royer note une hausse importante de jeunes affichant un comportement d’incivilité, manifestant l’ignorance ou un rejet des règles élémentaires de la vie sociale. Les relations des jeunes avec les adultes se sont profondément modifiées, ajoute-t-il. C’est le problème actuel des enfants rois.

On parle aussi des parents rois qui «prennent fait et cause pour leurs enfants alors que le travail d’un parent c’est de tenir le fort», précise-t-il. Les parents devraient être plus attentifs dans le suivi de l’éducation de leur enfant, croit M. Royer. Ceci commence, par exemple, par la simple lecture d’histoires avant le coucher. Un bon moyen pour initier les jeunes à la lecture et éviter qu’ils accusent un retard crucial au primaire.

Les enfants au micro
Terre des Débrouillards
Des projets de développement pour une planète solidaire
Chronique d’Agence Science-Presse préparée en collaboration avec le magazine Les Débrouillards

Des enfants afghans prennent le micro. Pour faire connaître leurs droits. Mais aussi pour chanter et lire de belles histoires.

Shukria a treize ans. Elle anime l’émission La voix des enfants. Tous les dimanches et tous les mercredis à 11 h, des milliers de jeunes oreilles se mettent à l’écoute de Radio Sahar. Elle leur parle d’histoire ou de géographie, leur donne des conseils et leur récite des poèmes ou des contes. Cette station de radio communautaire de Hérat, en Afghanistan, a été fondée grâce à l’appui du Canada.

À l’école de la radio
Comme plusieurs autres filles et garçons, Shukria a suivi des ateliers pour apprendre à faire de la radio. En Afghanistan, peu de gens possèdent une télé et beaucoup d’enfants et d’adultes ne savent pas lire. La radio est donc un excellent moyen d’apprendre et de se distraire.

Une autre émission de Radio Sahar renseigne les enfants sur leurs droits : le droit à la vie, à l’éducation, au divertissement, au respect et à la sécurité. Parfois, l’animatrice invite un enfant. Laieq, un garçon de 11 ans, est ainsi venu expliquer sur les ondes qu’il aimerait beaucoup aller à l’école. Malheureusement, il doit vendre des biscuits dans la rue toute la journée pour gagner de l’argent, car son père, malade, ne peut pas travailler.

Encadré
Avec l’aide de Canadiennes
Des spécialistes canadiennes ont aidé des Afghanes à mettre sur pied des stations de radio communautaires dans plusieurs villes pour renseigner les femmes sur leurs droits et sur une foule d’autres sujets.

Radio Sahar, qui se trouve dans la ville de Hérat, à l’ouest du pays, est l’une d’elle. Quand les talibans étaient au pouvoir, il était interdit aux femmes de travailler et aux filles de fréquenter l’école. Voilà pourquoi sept Afghanes sur dix ne savent pas lire.

Ce sont également des Canadiennes qui ont donné les premiers ateliers pour apprendre à des enfants de 5 à 17 ans les rudiments de la radio. Comme Shukria, ces jeunes continuent aujourd’hui d’animer leurs émissions.

Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Que faire après le primaire?
Chronique Les Débrouillards
Agence Science-Presse en collaboration avec le magazine Les Débrouillards
Texte : Day Robertho Isaac (Syfia International), adapté par Raphaëlle Derome

En Haïti, la majorité des jeunes qui habitent à la campagne ne peuvent pas faire leur secondaire, faute d’écoles.

Après son primaire, Jeannot a rejoint son père dans la plantation de canne à sucre. «On ne pouvait pas payer le collège», soupire-t-il, triste d’avoir dû abandonner son rêve de devenir agronome.

Jeannot a 14 ans. Il habite à Plaisance, dans le nord d’Haïti. Dans cette région, des milliers d’élèves terminent chaque année leur primaire, mais il n’existe qu’une seule école secondaire publique pour les accueillir. Ceux qui en ont les moyens fréquenteront un collège privé, où les conditions d’apprentissage laissent beaucoup à désirer. Et tant pis pour les autres…

Décrocheurs nombreux
À Plaisance, beaucoup de jeunes abandonnent l’école avant la fin du primaire. Sans métier, ils travaillent dans les plantations, deviennent «restavek»* (littéralement « reste avec », un domestique non payé que leurs parents trop pauvres placent dans des familles plus riches), ou vont grossir le nombre des enfants des rues…

À Desdunes, dans la région de l’Artibonite, la seule école secondaire reçoit plus de 300 élèves… dans le même bâtiment que l’école primaire. Pas étonnant que les jeunes Desduniens aboutissent très tôt dans des rizières.

Pourquoi ?
L’État haïtien est absent en milieu rural. L’accès aux services sociaux est difficile, ou inexistant. La moitié des Haïtiens n’ont pas accès à l’eau potable et plus du quart des jeunes vivent à plus de 15 km de marche d’une école ou d’une clinique médicale.

Heureusement, il y a des solutions. La Fondation Paul-Gérin Lajoie, un organisme non gouvernemental financé en partie par l’Agence canadienne de développement international, a développé un programme original.

Des directeurs d’école et des enseignants québécois à la retraite passent plusieurs mois avec leurs collègues haïtiens des régions de Saint-Marc, de Jacmel et de Port-au-Prince. Ils leur donnent des conseils pour améliorer l’efficacité et la qualité des écoles existantes.

L’appui du Canada a également servi à nettoyer et rénover les écoles endommagées par les graves inondations survenues en 2004 après le passage de l’ouragan Jeanne.

L’éducation, un luxe
À Haïti, plus d’un million d’enfants de 6 à 11 ans n’ont aucun ac