Défendre son emploi malgré la crise économique

Défendre son emploi malgré la crise économique

François Richard    Dossiers Économie, emploi et justice

La Cour supérieure du Québec a accordé une injonction à l’Université du Québec à Montréal le 25 mars dernier. La mesure est dirigée contre les professeurs de l’établissement, en grève depuis deux semaines. Il leur sera interdit pour les dix prochains jours de tenir quelque manifestation que ce soit à l’intérieur de l’université, d’être plus de cinq à la fois sur les lignes de piquetage et de s’approcher à plus de cinq mètres des portes de l’UQAM lorsqu’ils manifestent.

Ces mesures sont extrêmement sévères, vu le peu d’impact de ce conflit de travail sur la société en général. De plus, le juge Jean-François de Grandpré a eu recours à un argumentaire peu crédible pour justifier sa décision, évoquant la sécurité des usagers de l’UQAM qui serait mise en péril par les professeur qui manifestent. Comme si ces derniers étaient un groupe de dangereux trouble-fêtes qui risquaient à tout moment de saccager l’université et de s’en prendre violemment aux étudiants ou aux employées de cafétéria.

Crise économique, licenciements, conflits de travail

Plus de 200 000 Canadiens ont perdu leur emploi depuis le début de la crise économique. Il est inquiétant dans ce contexte de constater que la justice se montre prête à briser un mouvement de contestation légitime au nom de considérations sécuritaires tirées par les cheveux. Avant même que la crise actuelle ne débute, les Québécois et les Canadiens des autres provinces ont été témoins d’un durcissement croissant des relations de travail et d’un effritement des droits des travailleurs au pays. Depuis une dizaine d’années, le phénomène s’aggrave et ce autant dans les entreprises privées que chez les employeurs publics, de Wal-Mart qui ferme ses succursales récemment syndiquées au gouvernement du Québec qui interdit toute forme de militantisme au employés du secteur public sur leurs lieux de travail.

S’il faut qu’en plus les tribunaux se mêlent de conflits de travail qui ne concernent pas la justice, il faut s’attendre à ce que de nombreuses entreprises profitent de la crise pour effectuer des licenciements et des réductions de salaire qui auraient été considérées inacceptables en des temps plus prospères. Pourtant, pour qu’une société soit prospère, il faut que la majorité de sa population le soit aussi. Malgré les conditions difficiles crées par la crise, les travailleurs doivent continuer de défendre leur emploi et leur qualité de vie.

Vos commentaire sur l’emploi en temps de crise économique.

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Muhammad Yunus, le père du micro-crédit

Muhammad Yunus, le père du micro-crédit

Lisa Melia

DOSSIER CONSOMMATION

Prix Nobel de la paix 2006: Muhammad Yunus

En 2006, le bangladais Muhammad Yunus a reçu le prix Nobel de la paix. Ce qui a pu surprendre ceux qui le connaissaient déjà: Yunus est en effet un économiste. Né en 1940 dans ce qui était encore à l’époque une partie de l’Inde sous colonisation anglaise, il étudie d’abord près de chez lui. Il visite cependant pendant sa jeunesse l’Amérique du Nord, l’Europe, et une partie de l’Asie.

En 1957, il part à l’université de Dakha étudier l’économie, obtient son diplôme et devient enseignant. Il s’essaie à diriger une entreprise, et rencontre le succès. Mais il décide finalement de partir étudier aux États-Unis, où il obtient son doctorat.

Il restera pour travailler, mais en 1971 éclate la guerre de libération du Bangladesh. Muhammad Yunus soutient les indépendantistes Muhammad Yunus le 17 mars à Tokyo. Photo AFP/Yoshikazu Tsunoet s’implique. Il rentrera finalement chez lui en 1972, quelques mois après la déclaration de l’indépendance du Bangladesh.

Une banque pour le développement: la Grameen Bank

Il occupe alors le poste de responsable du département d’économie de l’université de Chittagong. La pauvreté qui règne le choque: «Une terrible famine frappait le pays, et j’ai été saisi d’un vertige, voyant que toutes les théories que j’enseignais n’empêchaient pas les gens de mourir autour de moi.»

En étudiant la situation des pauvres, il en vient finalement à la conclusion que le principal problème vient du fait qu’ils n’ont pas accès à des capitaux. Les banques refusent de prêter et les usuriers locaux pratiquent des taux d’intérêts à la limite de l’indécence. L’idée germe alors. En utilisant son propre argent, ils proposent à quelques villageois des «micro-prêts» de quelques dollars, dont les conséquences s’avèrent très positives. En 1977, il crée finalement sa propre banque, la Grameen Bank, qui se consacre au micro-crédit.

Le micro-crédit: qu’est-ce que c’est?

Le fonctionnement est relativement simple. Lors de ses recherches, Yunus a rencontré un groupe d’artisans ayant besoin de 27 dollars pour acheter du bambou. Les banques refusaient de prêter une si petite somme à des clients soi disant insolvables. Yunus a finalement prêté les 27 dollars de sa propre poche, ce qui a permis aux artisans d’acheter le bambou, donc de produire, et même de créer de nouveaux emplois. Ils ont remboursé le prêt sans difficulté. C’est là tout le principe du micro-crédit.

La Grameen Bank propose à des artisans ou entrepreneurs à l’échelle locale des petits prêts à taux d’intérêt nul, ce qui leur permet de financer leurs activités et d’entrer dans une dynamique de production et de profit. L’impact sur le développement social est considérable car le micro-crédit profite à divers secteurs et directement aux plus pauvres qui peuvent alors améliorer leur situation économique par leurs propres moyens.

Cela a également permis l’accès aux services sociaux de bases, ainsi que la revalorisation de la place et du travail de la femme dans plusieurs pays en développement, car ce sont les femmes qui utilisent en majorité ce système de prêt. Le micro-crédit est donc un vecteur de pacification social et d’amélioration de la vie de ses utilisateurs.

C’est pour cela que Muhammad Yunus et son institution la Grameen Bank ont reçus en 2006 le prix Nobel de la paix. La Grameen Bank a soutenu quelques 2,4 millions d’emprunteurs. Selon la Banque mondiale, il y aurait maintenant près de 10 000 institutions de micro-crédit dans 85 pays qui brassent 30 milliards de dollars. Environ 300 millions de personnes dans le monde en bénéficient.

Profiter de la crise économique pour changer le monde

Muhammad Yunus est intervenu ce mardi à Tokyo, où il a estimé que la crise financière était une opportunité de changer le fonctionnement du monde de la finance à l’échelle mondiale en faveur des plus démunis.

Dans le journal Le Monde, il a ainsi déclaré: «Le système financier doit être entièrement repensé. Il ne fonctionne pas pour le peuple de toute façon ! Pour les riches, oui ! Les grandes entreprises, oui ! Mais pas pour le peuple […]. Un petit nombre de personnes d’un seul pays avaient créé une situation désastreuse pour le monde entier, [ce qui démontre] la fragilité du système capitaliste actuel.»

VOS COMMENTAIRES SUR LE MICRO-CREDIT 

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Paul Krugman: Nobel, économiste, à gauche et vert

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Paul Krugman: Nobel, économiste, à gauche et vert

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(Agence Science-Presse) – Paul Krugman, le gagnant du prix d’économie 2008 décerné «à la mémoire d’Alfred Nobel», n’est pas seulement professeur à l’Université Princeton. Il est aussi… blogueur! Et ses interventions publiques montrent depuis des années des penchants très à gauche… et très pro-environnement.

Avant 8 heures du matin, ce lundi 13 octobre, il a sans doute pondu ce qui demeurera l’euphémisme de l’année dans la blogosphère universitaire. Un billet d’une seule ligne : «Quelque chose d’amusant s’est produit ce matin». Avec un hyperlien vers le communiqué du Comité Nobel.

Douze heures plus tard, ce billet avait généré 1900 commentaires.

Paul Krugman

Paul Krugman, 55 ans, a été récompensé pour deux types de travaux, comme d’habitude très obscurs aux yeux des profanes, sur la mondialisation de l’économie et sur la mobilité de la production et de la main-d’oeuvre. Sa «nouvelle théorie des marchés» et sa «géographie de l’économie», dans les années 1980 et 1990, sont censées démontrer comment sont interreliés commerce et géographie, urbanisation, démographie et libre-échange. Pourquoi Toyota, une compagnie japonaise, vend-elle des autos en Allemagne et Mercedes, une compagnie allemande, en vend-elle au Japon?

Mais au-delà de ces travaux connus de la communauté des experts, c’est une des rares fois que le gagnant du prix d’économie «à la mémoire d’Alfred Nobel» (il ne faut pas dire «le Nobel d’économie») est connu du grand public. Souvent invité à la télé, il est un collaborateur régulier de la page Opinions du New York Times depuis 1999, journal sur le site duquel il tient un blogue assez prolifique. Si ses collègues universitaires regrettent l’époque où Krugman était «seulement» un chercheur, le public y a gagné un vulgarisateur hors pair de l’économie.

Controverse autour du Nobel de l’économie

Évidemment, on accusera le choix de ce Nobel d’avoir été politique, à quelques semaines des élections présidentielles, et en pleine crise financière mondiale. Krugman, qui a clairement fait comprendre qu’il se situe à gauche, a plusieurs fois critiqué la politique économique du gouvernement Bush. Il s’est même ouvertement inquiété de la montée de la religion dans la politique de son pays.

Mais plus rare pour un économiste est le fait qu’il se soit prononcé en faveur de mesures fermes pour protéger l’environnement et pour se libérer de la dépendance au pétrole.

Paul Krugman: un économiste écologique

En 2006, iI a salué le film d’Al Gore, Une vérité qui dérange, et attaqué ses détracteurs qui prétendent que les mesures proposées «pourraient détruire l’économie… Eh bien, non, elles ne le pourraient pas. Il y a débat entre les économistes sur la vigueur avec laquelle nous devrions agir pour réduire les gaz à effet de serre, mais il y a consensus sur le fait que même un très fort programme de réduction des émissions n’aurait qu’un impact modeste sur la croissance économique… Et bien que certaines industries perdraient des emplois, d’autres en gagneraient.»

En 2007, il renchérissait : «Laissez-moi vous parler d’un contre-exemple bien réel. Une économie moderne qui est parvenue à combiner une hausse du niveau de vie avec une diminution importante de la consommation d’énergie par habitant, et qui a réussi à garder ses émissions de CO2 plus ou moins stables depuis deux décennies, en dépit d’une croissance rapide de son économie et de sa population… Le nom de cette économie? La Californie.»

Et en juillet dernier, en véritable économiste et mathématicien : «La question est, pouvons-nous convaincre les gens de faire de modestes sacrifices pour se protéger contre une faible probabilité de catastrophe dans un futur éloigné?»

Blogue de Paul Krugman

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La Maison de Jeunes Kekpart: un engagement citoyen

La Maison de Jeunes Kekpart: un engagement citoyen

Dossier Prostitution, Communautaire et Sexualité

Benjamin Boullier

Soucieuse de la réalité des adolescents de Longueuil, la Maison de jeunes Kekpart entre dans l’âge adulte. Ses 27 ans d’expérience permettent de soutenir des milliers de jeunes en leur offrant un statut de citoyen actif et responsable. Par la prévention, la Maison Kekpart veut contrer les problèmes de la prochaine génération: consommation, taxage, prostitution juvénile, gang de rue, décrochage scolaire et détresse psychologique.

Kekpart où ça a commencécommunautaire jocelyne cazin jeunes

La croissance démographique de Longueuil et le manque de structures pour les jeunes au début des années 1980, ont été les éléments déclencheurs de la  création de cet organisme pas comme les autres. Tout droit sorti de l’imagination et de la passion de sa fondatrice, Hélène Rainville, le projet passe du sous-sol d’un CLSC de Longueuil au quartier du Carillon. Désormais située dans la seconde zone la plus défavorisée de la rive-sud, la Maison est immergée au cœur des problèmes qu’elle entend atténuer.

Richard Desjardins, éducateur spécialisé qui a travaillé en Haïti, en République Dominicaine et en milieu carcéral avec des condamnés à vie, est engagé comme directeur. Plutôt du genre à fuir la routine, il est toujours en poste après 18 ans. Il n’a jamais songé fuir la maison de jeunes Kekpart. «Ici tu ne t’ennuies pas, les journées sont toutes différentes et chargées.»

La prévention comme outil de travail

Monsieur Desjardins nourrit de grands espoirs: «En réadaptation on peut enregistrer 1% de réussite, alors qu’en prévention c’est 99%», explique-t-il en soulignant la différence entre son travail actuel et l’époque où il travaillait avec des prisonniers. Le ton est donné, l’action est de mise et le résultat doit être au rendez-vous. De nombreux projets verront donc le jour, chacun pour aider les jeunes à résoudre leurs problèmes et pour en faire des citoyens responsables.

Le dernier né, le Centre de Formation des Arts de la Scène Desjardins, est la preuve vivante de la foi de l’équipe Kekpart. Après deux ans de démarches administratives, de recherche de financement et une bonne dose de passion, la Maison s’agrandit. Elle se dote de studios et d’équipements à en faire pâlir les idoles artistiques de nos jeunes.

Visite de la Maison de jeunes Kekpart

salle rona jeunes communautaireLa visite commence par l’accueillant salon permettant, en toute autonomie, de jouer aux jeux-vidéo, d’écouter de la musique, de visionner la télé ou tout simplement d’être ensemble à l’abri.

Dans la cuisine, les jeunes peuvent apprendre la préparation de repas et ainsi comprendre les bases de la vie autonome. A la salle d’informatique, on peut à sa guise travailler ou flâner sur internet.

La maison est équipée de matériel plus pointu permettant de pratiquer des activités culturelles. Salle de montage vidéo, de conférence, d’exposition, cinq studios de musique et un d’enregistrement sont à la disposition des jeunes pour apprendre ou approfondir leurs talents.

Cet agrandissement permet aujourd’hui à Kekpart de faire vivre 21 employés dont 5 anciens jeunes participants. De plus, 6 000 jeunes participent chaque année à un projet (écoute, repas communautaires, pratique de sport ou de musique, suivi psychologique).

Kekpart entre décrochage scolaire et responsabilisation de la personne

Le centre propose également un projet novateur en prévention du décrochage scolaire. La Relève émane d’un constat simple: pour qu’un jeune échappe au décrochage et à l’exclusion sociale, il faut l’intégrer dans un projet motivant et favoriser son intérêt à s’instruire.

La base du projet est un contrat signé entre le jeune, son école et la Maison Kekpart. En s’engageant à être assidu en cours et à compléter son année scolaire, le jeune accède à un stage de trois mois en art de la scène, en techniques sonores ou en vidéo. «Ces activités accrocheuses donnent de l’espoir aux jeunes et leur démontrent qu’ils peuvent devenir quelqu’un souligne Jocelyne Cazin, marraine de l’organisme depuis 2003.

Des projets pour raccrocher

Après des écarts de conduite, Alex, alias Lexzibé du groupe Xplicite, intègre ce programme via l’école Jacques Rousseau de Longueuil. Ce rappeur de 17 ans a désormais des projets plein la tête. Il se montre assidu en classe. «Si tu manques l’école, on peut t’enlever une journée de stage», résume-t-il. Lorsqu’on est passionné par son projet comme lui, on ne souhaite pas que cela arrive!

Durant les trois mois de son immersion, Alex a ainsi appris le travail en studio d’enregistrement, participé à la création d’un court métrage et travaillé avec des professionnels reconnus tels DJ Eklipse, Sans Pression, Caya ou encore Pop Star.

Une intervention qui inspire

Le stage achevé, il ne quitte pas Kekpart, sa «deuxième maison», comme il aime l’appeler. Il prépare, en collaboration avec l’organisme, une compilation ainsi qu’une tournée d’une dizaine de villes en Montérégie.

Pour son avenir, Alex envisage maintenant fréquenter le CEGEP en Technique de son, une fois son secondaire terminé. Ses relations avec ses parents se sont améliorées et il a trouvé sa voie: il travaillera dans les studios et dans le Hip Hop.

Avec ses programmes originaux et un équipement à la hauteur de ses ambitions, cet organisme a su devenir un lieu dynamique remplissant ses missions. «Espérons que la Maison de Jeunes Kekpart fera des petits au Québec» ajoute Jocelyne Cazin. C’est tout le bien que nous lui souhaitons.

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.26-27

Kekpart en Kek’ chiffres :

1 salle de spectacle (disponible à la location)

1 salle de conférence (disponible à la location)

1 salle d’exposition (disponible à la location)

5 studios de pratique pour groupes de musique (disponibles à la location)

1 studio d’enregistrement (disponible à la location)

1 salle de montage vidéo

1 salon pour les jeunes

1 salle d’ordinateur

7 plans de soutien :

Projet Komma : dépendances alcool et drogues

Projet Focus : taxage, victimes et bourreaux

Projet Mordicus : détresses psychologiques

Projet Sans P ni E : prostitution juvénile

Projet L’École j’l’apprend et Projet La Relève : décrochage scolaire

Projet Adrénaline : gang

VOS COMMENTAIRES SUR LA MAISON DE JEUNES KEKPART

Dossier Prostitution et Sexualité.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Les joies de la prostitution?

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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VOS COMMENTAIRES SUR LA MAISON DE JEUNES KEKPART

Séropositif : la double condamnation

Séropositif : la double condamnation

Robin Drevet       Dossiers MTS-SidaSexualité et Homosexualité

L’épidémie de VIH est une réalité rarement ancrée dans le concret. Pourtant, les personnes séropositives méritent d’être entendues, surtout depuis les dernières décisions prises à leur encontre par les instances judiciaires et gouvernementales.

L’histoire de Diane, séropositive

 

sida L’exemple le plus frappant est le cas de Diane. Cette femme a rencontré un homme avec qui elle a eu une relation sexuelle protégée. Elle ne lui a pas mentionné sa séropositivité. Ils décident ensuite de rester ensemble. Diane lui annonce alors immédiatement son statut sérologique.

Après 4 ans d’union, elle porte plainte pour violence conjugale. La justice blanchit son conjoint, décision justifiée par le fait qu’elle a d’abord caché son infection à son partenaire. Son conjoint est excusé pour son comportement violent.

Les mésaventures de Diane ne s’arrêtent pas là. Le juge décide de la condamner à un an de détention pour avoir exposé son conjoint à un danger.

Pas de justice pour les séropositifs au Québec

Cette décision ne fait qu’entériner les fortes discriminations existantes envers les personnes séropositives, que ce soit l’interdiction de circuler aux États-Unis, ou les difficultés de trouver un emploi.«L’administration québécoise est la première à refuser d’embaucher une personne car elle est séropositive, alors qu’elle devrait montrer l’exemple d’intégration et d’égalité des chances», s’exclame M. René Légaré, coordinateur en communication à la Coordination des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA)

La discrimination à l’emploi envers les personnes séropositives peut survenir dès l’embauche par l’utilisation de questionnaires dont certaines questions, illégales, portent sur la santé du demandeur. Parfois, ces renseignements personnels sont ébruités, ce qui pousse les porteurs du VIH vers la porte. Les gens ont peur de travailler avec un séropositif.

Campagne de peur contre le Sida

Les campagnes du gouvernement ou des organismes communautaires, comme COCQ-SIDA, sont souvent basées sur l’aspect dangereux et mortel du virus. «Ma position par rapport à l’épidémie, c’est que ca fait peur. Les publicités mettent l’accent sur la peur, justement», dit un jeune homosexuel de 22 ans.

Justifié par la dangerosité du VIH qui a des conséquences mortelles, ces publicités masquent une autre réalité: «on ne meurt plus du sida aujourd’hui, bien qu’on ne puisse pas en guérir. Les traitements antirétroviraux permettent d’avoir une espérance de vie d’environ 40 ans après la découverte de la maladie», explique M. René Légaré.

Discrimination: sidéens ou homosexuels?

Ces campagnes d’épouvante sont accompagnées de nombreuses mesures discriminatoires associant les séropositifs et les homosexuels et renforcent, du même coup, les préjugés et la peur que suscitent ces deux populations distinctes.

HémaQuébec, organisme collectant les dons du sang, interdit formellement aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes de donner leur sang. «Cependant, toute personne ayant eu une relation sexuelle avec une prostituée n’a qu’une période d’exclusion de 12 mois.  Nous travaillons donc à réduire la période d’exclusion à 12 mois également pour les hommes gais», répond M. Légaré. Comme si la sexualité et l’infidélité étaient moins répandues chez les couples hétérosexuels.

Dans la même veine, le gouvernement conservateur de M. Harper a fait interdire les dons d’organes par les homosexuels. Cette décision a été justifiée par le fait que le sida s’étend à tous les organes et que les homosexuels sont plus exposés que les autres au virus. Est-ce à dire que seul un homosexuel peut contracter le virus du Sida?

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.24

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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Gang de rue et suicide

Gang de rue et suicide

 Dominic Desmarais       Dossiers Gang de rue et Suicide

Les jeunes membres de gang sont présentés comme des voyous violents. Et si derrière cette façade de tough se cachait un être en détresse, en proie aux idées suicidaires? Et si le gang offrait ce refuge pervers qui retient le délinquant de s’enlever la vie? Comment, alors, le sortir de son enfer? Reflet de Société vous présente les gangs de rue sous un angle différent: celui de la détresse, de la désorganisation. Conversation avec Claude Hallé, l’âme dirigeante de la Fondation québécoise des jeunes contrevenants (FQJC).

Fusillade dans un bar entre deux gangs de rue rivaux. Meurtre d’un jeune lors d’une transaction de drogue. Enlèvement, séquestration pouvant mener à la torture, l’ombre des gangs se profile.

Violence expliquée

La gravité des gestes commis par les jeunes membres de gangs, des adolescents de 14, 15, 16 ans, fait froid dans le dos. Cette violence est difficile à justifier. Pourtant, certains de ces jeunes sont aux prises avec le désespoir lorsqu’ils s’engouffrent dans cette violence. «Les jeunes qui ont des idées suicidaires, souffrent d’une dépression, présentent des problèmes de santé mentale, ce sont eux qui se font ramasser par les gangs. Ce sont des gens à risque. Ils sont vulnérables» explique Claude Hallé, coordonateur à la FQJC.

Ce jeune, qui n’a pu être signalé par l’école, la famille et la communauté, trouve un réconfort auprès de sa famille d’adoption, son gang. En y comblant ses besoins, par l’estime et la compréhension de ses pairs délinquants, le jeune tisse des liens qui forment une toile d’araignée. Une toile qui le sécurise et étouffe ses idées suicidaires. Une toile qui rend ses amis de plus en plus indispensables.

Le gang, centre de la vie

«Le gang peut sauver temporairement le jeune du suicide», confirme M. Hallé. La jeune cinquantaine, l’homme s’exprime davantage comme un intervenant qui a passé sa carrière sur le terrain, avec des contrevenants. Son propos est imagé, comme s’il s’adressait à un adolescent. «Pour certains jeunes, la vie c’est comme passer à l’épicerie. Dans le chariot, tu mets l’amour, l’église, le travail, les partys, le sport, etc. Moi, quand je remplis mon panier, je vais prendre un peu de travail, d’amour, de loisir, de party, un peu de spiritualité. Nos gars, ils sont tellement fuckés, déséquilibrés, qu’ils remplissent leur chariot d’une seule chose: le gang.

Le problème, c’est la violence qui y est très présente. Si tu es en dépression, tu risques d’être enrôlé par le gang. Et le gang a un impact externe. Tu vas rebondir sur les gens autour. Comme, dans un cas extrême, tirer sur quelqu’un dans la rue», explique le coordonnateur de la FQJC.

Ces jeunes, déséquilibrés, ont de la difficulté à quitter la famille qu’ils se sont créée. «Les jeunes se sont bâti une société en soi, le gang. Quand on désaffilie un jeune, il faut le réinsérer socialement. C’est la même chose quand tu sors quelqu’un d’une secte.»

Des jeunes fragiles

À l’arrestation du délinquant, le centre jeunesse prend le relais du gang. Sa jeune clientèle souffre de problèmes multiples: consommation, signes précurseurs maniaco-dépressifs ou schizophrènes, idées suicidaires. Plusieurs ont subis des abus ou vivent des situations familiales difficiles. «On ne les a pas placés en centre jeunesse pour rien», s’exclame M. Hallé pour qui le problème criant survient lors du retour à la maison.

Réintégration difficile

Quand il ressort du centre jeunesse, il retrouve le même environnement qu’il a quitté pour quelques mois. «Le jeune va être confronté avec SA réalité. Nous, au centre jeunesse, on va lui dire où trouver un emploi, des amis, des loisirs. Mais il part déjà avec un handicap social: terminer son secondaire et travailler sur son comportement. Et ce double défi va l’amener à commettre des gestes nuisibles», raconte M. Hallé.

«Lorsque le jeune retourne chez lui, dans son milieu, il est laissé à lui-même, avec ses défis et ses réalités. Ça augmente la possibilité de suicide. Souvent, la famille n’est pas ouverte à sa réintégration. On parle de jeunes qui ont commis un délit. C’est un constat d’échec important, au sein de la famille. Les parents se sentent coupables et ils ne veulent pas nécessairement le prendre sur leurs épaules», précise l’ancien intervenant.

Jeune délinquant seul restera jeune délinquant…

M. Hallé considère qu’on demande beaucoup à ces jeunes délinquants dont la vie se résume à quelques années. «Moi, j’ai 51 années d’expérience de vie. Eux, ils en ont 14, 15, 16. C’est peu d’ancienneté pour leur faire porter le poids de leurs choix. Il faut les guider, mieux les appuyer.»

On peut bien aider nos jeunes délinquants pour les réinsérer dans la vie. Mais les laisser seuls, sans appui à 14 -15-16 ans, lorsqu’ils quittent le centre jeunesse, c’est les renvoyer à leur ancienne vie.

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009 p.14-15

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE  (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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Une visite au Spectre de rue

Une visite au Spectre de rue

Sophie Moreau-Parent, stagiaire en intervention au Café-Graffiti

Dossier ToxicomanieProstitution et Sexualité, Itinérance

Je suis allée visiter le Centre de jour Spectre de rue dans l’après-midi du jeudi 8 janvier 2009. Suite à ma participation à un de leurs ateliers de poésie, j’ai pu me familiariser avec l’organisme et ses différents services. Au Spectre de rue, il y a un centre de jour, un centre fixe, du travail de rue, du travail de milieu, le projet TAPAJ et le projet Hépatite C. Tous ces services se retrouvent au même endroit, soit au coin de la rue Ontario et De la Visitation.

Cet organisme naît dans les années 1980 sous un autre nom et se transforme jusqu’en 1994, où l’ajout du site fixe et du centre de jour le font renaître sous le nom de Spectre de rue. Ce centre a plusieurs mandats: «Prévenir et réduire la propagation des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), du VIH/Sida et des diverses formes d’hépatites; sensibiliser et éduquer la population et le milieu aux réalités de ces personnes pour favoriser leur cohabitation et soutenir les démarches de nos membres vers la socialisation et l’intégration sociale (Spectre de rue, 2009).»

Sensibiliser la rue

La clientèle du Le Spectre sont des personnes marginalisées de 16 ans et plus qui habitent le territoire du centre-ville de Montréal et qui ont des difficultés liées à la toxicomanie, à la prostitution, à l’itinérance et à la santé mentale. Le centre de jour est un endroit de répit ou les gens de la rue peuvent venir passer du temps, poser des questions et répondre à des besoins divers. Il y a une infirmière qui est présente 2 après-midi par semaine.

Le site fixe s’occupe de la distribution de matériel d’injection/d’inhalation afin de prévenir la propagation d’infections transmises par le sang. De plus, ils récupèrent les seringues utilisées dans les rues de Montréal. Les intervenants du volet travail de rue se plongent directement dans le milieu des individus qui vivent des problèmes et les accompagnent dans leur cheminement.

Du la rue à la communauté

Le travail de milieu diffère grandement du travail de rue. Cet axe de l’organisme le représente au sein de la communauté en général. Ces intervenants informent et sensibilisent les gens sur les phénomènes qui sont vécus par les gens qui fréquentent Le Spectre de rue.

D’autre part, TAPAJ est un projet divisé en trois étapes qui permet aux gens de la rue de faire du travail rémunéré à la journée. De cette manière, ils peuvent subvenir à leurs propres besoins. Même si cet argent n’est suffisante pour répondre à leurs besoins que pour une courte période de temps, cette aide est grandement appréciée par les bénéficiaires et permet de les encourager à continuer à gagner leur propre sous. Enfin, le projet Hépatite C offre des activités d’information et de sensibilisation pour vivre en santé même s’ils sont atteints de cette maladie.

Une intervention valorisante

Ma visite au Spectre m’a été très agréable. J’ai pu discuter avec plusieurs personnes qui ont vécus des expériences très différentes de moi et qui en ont long à raconter. L’approche de réduction des méfaits et d’empowerment valorisés par cet organisme m’ont beaucoup plue. La réduction des méfaits, pour être plus exact, c’est une «approche centrée sur la diminution des conséquences négatives de l’usage des drogues plutôt que sur l’élimination de l’usage. (Spectre de rue, 2009)» Tandis que l’empowerment, c’est d’intervenir de sorte à redonner le pouvoir aux gens qui ne croyaient pas nécessairement en avoir. En fait, c’est de les aider à réaliser qu’ils ont le pouvoir de décision et de choix, qu’ils sont les acteurs les plus importants dans leur vie.

La valorisation de ces deux approches est très réaliste et efficace en ce qui concerne le milieu et la clientèle du Spectre de rue. Tous les intervenants m’ont accueillie à bras ouverts et remplie d’enthousiasme. Même extrêmement occupés, ils ont pris un moment pour m’expliquer leur rôle dans l’organisme. J’ai pu percevoir les efforts constants de ces intervenants et tout le temps qu’ils consacraient aux gens qui fréquentent le centre. Je compte y retourner au printemps pour offrir mon aide lorsqu’ils ramasseront les seringues souillées du quartier. Faute de temps, je ne sais pas si je pourrai retourner passer des après-midi en compagnie de ces charmants individus. Par contre, je peux assurément affirmer que j’ai passé de beaux moments à jaser de tout et de rien, à bricoler et à faire de la poésie avec les gens du centre.

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Les vieilles

Les vieilles

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) Quand devient-on vieille? Femmes, âge et travail au Québec 1940-1980 est un livre qui s’adresse peut-être un peu plus aux femmes, des mères aux filles. Aline Charles y trace le portrait du vieillissement des femmes alors que s’instaurait au quotidien, avec la Seconde Guerre mondiale, le travail salarié.

Le lecteur suivra avec intérêt le passage du travail gratuit à celui rémunéré au sein des hôpitaux, la trame de fond de l’ouvrage. Le portrait des femmes actives se modifie avec la progression d’une reconnaissance du travail féminin et de sa rémunération, mais aussi de l’essor de la retraite « au féminin ».

Difficile de vieillir

À quel âge devient-on trop vieille pour travailler dans cette période où féminin ne rime pas toujours avec retraite? Cet ouvrage met en perspective le vieillissement des salariées et celui des femmes issues des communautés religieuses et des bénévoles.

Il offre un visage pas si suranné de femmes vieillissantes où déjà émergent des problèmes très actuels : l’âgisme et les préjugés, le temps partiel, l’activité post-retraite, etc., jusqu’au difficile état d’être vieille compris entre 53 et 77 ans.

« Quand devient-on vieille ? Femmes, âge et travail au Québec 1940-1980 » par Aline Charles, collection Culture & société, Les Presses de l’Université Laval, 3ème trimestre 2007.

 

 

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Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
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Aide à l’emploi pour les plus de 40 ans

Aide à l’emploi pour les plus de 40 ans

L’organisme montréalais Eureka offre des services de réorientation de carrière et de réinsertion sur le marché du travail aux plus de 40 ans. Un blogue vient d’être mis en ligne, où les gens en recherche d’emploi peuvent poser des questions à l’équipe d’Eureka, ainsi qu’échanger conseils et expériences avec d’autres personnes vivant la même situation qu’eux. 

Le blogue n’a qu’une douzaine de jours d’existence. Le peu de contenu qui s’y trouve jusqu’à maintenant m’empêche donc de juger de sa qualité. Par contre, les services offerts par Eureka semblent utiles, facilement accessibles et gratuits. Dans le contexte de crise économique que nous vivons actuellement, ce type d’initiatives pourra certainement s’avérer utile.

Je vous invite donc à visiter le site Internet d’Eureka et leur blogue.

Pour commenter ce billet veuillez consulter le lien suivant.

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