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Biocarburants: méfiez-vous des imitations

(Agence Science-Presse) – C’est l’intention qui compte, mais ceux qui achètent des biocarburants n’obtiennent pas toujours ce pour quoi ils ont payé. Le chimiste Chris Reddy, de l’Institut océanographique Woods Hole (Massachusetts), s’est appliqué à analyser les proportions de biodiesel dans les carburants diesel vendus en 2006 sous cette étiquette. Le mélange B20 par exemple, ainsi nommé parce qu’il est censé contenir 20% de biodiesel, en contenait moins, la plupart du temps —voire beaucoup moins: en bas de 10%. Seulement un échantillon sur 100 se situait entre 19 et 21% (source : New Scientist).

Climat plus chaud: moins d’eau

(Agence Science-Presse) – Ces dernières années, les habitants de l’Ouest des États-Unis ont eu droit à moins de neige en hiver, et cette neige fond plus tôt au printemps, provoquant du coup des rivières très hautes au printemps et très basses en été. Cela aurait pu n’être qu’une tendance passagère, mais une équipe américaine, qui publie dans Science une analyse des données remontant à 1950, y conclut que 60% de ces tendances sont causées par l’activité humaine. Résultat, si le réchauffement de la planète se poursuit, les problèmes d’approvisionnement d’eau —qui, déjà, commencent à pendre au nez de l’Ouest des États-Unis— iront en s’amplifiant.

L’océan Arctique retient son souffle
Marie-Pier Désilets – Agence Science-Presse

Depuis maintenant trois ans, Alexandre Forest, doctorant en océanographie, brave le froid du Grand Nord pour y étudier la grande inspiration que prend l’océan Arctique chaque printemps. Cette véritable inspiration – l’étendue d’eau emmagasine une grande quantité de CO2 suite à la débâcle printanière – aide à éliminer naturellement une partie de ce gaz présent dans l’atmosphère.

Au cours des trois années où il s’est retrouvé à bord du brise-glace de recherche Amundsen, Alexandre a noté des variations importantes dans la quantité de CO2 capté dans des algues et déchets organiques. Le jeune chercheur a ainsi en sa possession des données inédites et uniques sur la quantité de CO2 que contiennent ces particules qui tombent au fond de l’océan Arctique.

La compilation des données lui a permis de constater que la quantité de carbone organique que captent ces particules dépend directement de la période à laquelle se produit la débâcle. Si elle est hâtive comme en 2005, la croissance des microalgues est stimulée par la plus longue exposition au soleil favorisant sans doute les consommateurs secondaires comme la morue, mais diminuant la quantité de CO2 qui coule au fond de l’océan pour y être séquestré.

Si au contraire, la débâcle est tardive, comme en 2006, le phénomène inverse se produit : une plus grande quantité de CO2 contenu dans les algues et les déchets se dépose sur le plancher océanique. Par conséquent, on comprend qu’un hiver plus froid favorisera la captation de CO2 par l’étendue d’eau. D’abord, parce que l’eau froide absorbe plus de CO2 que l’eau chaude, ensuite, parce que la débâcle tardive favorise l’exportation de carbone organique vers les fonds marins. «Or il faut un juste milieu entre la rétention de CO2 dans l’océan et une production importante de zooplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire fragile de l’Arctique», explique l’étudiant.

Équilibrer politique et environnement
Le juste équilibre est d’ailleurs l’angle par lequel Alexandre Forest aborde la question des actions à prendre pour contrer le réchauffement climatique. «Il ne faut pas retourner en arrière et oublier toute la technologie au nom de l’environnement, ni ignorer la situation et poursuivre l’exploitation des ressources au même rythme.»

Ainsi, il suggère de se servir des effets a priori négatifs du réchauffement climatique et tenter de voir comment ils peuvent être utiles de façon responsable et durable. Il ajoute que, de concert avec la communauté scientifique, les politiciens doivent se pencher sur des objectifs concrets, ceux de Kyoto par exemple. «L’homme est responsable du réchauffement climatique, c’est sans équivoque. Il faut maintenant que les politiciens trouvent des façons de gratifier l’action citoyenne en matière d’environnement pour qu’elle devienne l’affaire de tous. Je n’entends pas faire de la conscientisation environnementale une mission évangélisatrice, mais je compte bien prêcher par l’exemple», conclut Alexandre Forest.

Marcher pour recharger les batteries

(Agence Science-Presse) – Ça risque de donner un tout autre sens à l’expression «batteries rechargeables». Des ingénieurs de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, ont conçu un système qui, attaché à vos jambes, génère de l’électricité quand vous marchez. Pas beaucoup, mais assez pour recharger votre téléphone ou votre ordinateur! L’idée, en fait, remonte à 2005: des ingénieurs de Pennsylvanie avaient conçu un système semblable, qui consistait en une batterie rechargeable dissimulée dans un sac à dos. Le problème est qu’il fallait transporter 38 kilos pour générer une puissance de 7 watts. Avec leur système, assurent Max Donelan et ses collègues, il suffit d’attelles sur les jambes —un kilo et demi— pour produire 5 watts. On se demande qui va le financer en premier: les clubs de randonneurs, les agences de secouristes… ou l’armée.

Rouler au soleil
Mélissa Girard - Agence Science-Presse

Des scientifiques du Nouveau-Mexique aux États-Unis ont inventé un appareil capable de fabriquer du carburant en recyclant le gaz carbonique de l’atmosphère. Tout ceci fonctionne à partir de l’énergie solaire! Alors que le baril de pétrole a passé le cap des 100 $, voilà une idée très… lumineuse.

Pour passer du soleil à l’essence, les scientifiques des laboratoires Sandia utilisent un réacteur appelé Counter Rotating Ring Receiver Reactor Recuperator ou, plus simplement, CR5. Cet appareil permet de décomposer le CO2 en monoxyde de carbone et en oxygène. Le monoxyde de carbone entre dans la composition des carburants conventionnels.

Des expériences en laboratoire ont démontré que le principe utilisé par le CR5 fonctionne. Les scientifiques espèrent maintenant mettre sur pied un prototype d’ici le mois d’avril. Il consisterait en une immense fournaise solaire, une vaste structure formée de 88 m2 de miroirs capable de transformer l’énergie du soleil en chaleur permettant d’augmenter la température de 14 anneaux de ferrite de cobalt à 1430o C. À cette température, la ferrite de cobalt relâche de l’oxygène. Lorsque les anneaux refroidiront à 1100oC, la ferrite de cobalt, libre de son oxygène, s’emparera de l’oxygène du CO2 atmosphérique, ce qui laissera derrière elle du monoxyde de carbone. Ce monoxyde de carbone pourra alors servir à fabriquer de l’essence ou des biocarburants à base de méthanol.

Très ingénieuse, cette technologie permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre. De plus, le méthanol produit pourra servir à fabriquer des biocarburants, une énergie verte fort prometteuse, sans les effets néfastes engendrés par la culture du maïs. Les scientifiques ne pensent cependant pas pouvoir commercialiser leur appareil avant une ou deux décennies.

Peut-on construire une ville verte dans le désert?

(Agence Science-Presse) - Une ville écologique dans le désert? C’est la question provocante que pose le journaliste de la revue Nature, en décrivant le dernier des rêves fous d’un des émirats arabes. Peut-on être écologique tout en vidant la nappe phréatique?

En effet, il y a quelque chose d’un peu contradictoire entre une ville bâtie suivant des principes écologiques… mais qui pomperait l’eau à un rythme effréné — l’eau, la plus précieuse des ressources du Moyen-Orient, bien plus précieuse que le pétrole.

Masdar City, dont les plans ont été dévoilés le mois dernier, serait construite près d’Abu Dhabi, dans les Émirats arabes unis. Elle serait à tout le moins une cité originale: 100 % énergie solaire… et surtout, pas d’automobiles! Le rêve prévoit jusqu’à 50 000 habitants en 2018, et zéro émission de carbone.

Parmi les critiques émises jusqu’ici : une oasis pour riches, avec ses terrains de golf et ses pentes de neige artificielle; un lieu pour se déculpabiliser d’avoir «l’empreinte de carbone» par habitant la plus élevée au monde — c’est la «performance» des Émirats arabes unis et les troisièmes émissions de gaz à effet de serre par habitant au monde — derrière… deux autres pays du Golfe Persique, le Qatar et le Koweït! Comment croire, alors, au sérieux écologique?

Et pourtant, note Philip Ball, le journaliste de Nature, «que ça nous plaise ou non, nous devons prendre le “vert” là où nous le trouvons». Nous ne devons pas être naïfs, mais pas trop «prétentieux» non plus. De la même façon que les prétentions écologiques de la Chine signifient quelque chose d’important, même si ce pays est voué à voir son empreinte de carbone grossir exponentiellement dans les prochaines années, les prétentions écologiques d’un émirat arabe peuvent finir par avoir un impact bénéfique.

Par exemple, au plan technologique, et plus particulièrement autour du facteur critique, l’eau: la nécessité étant la mère de l’invention, la centrale de désalinisation de l’eau — transformer l’eau salée en eau potable — de Jebel Ali, à 35 kilomètres au sud-ouest de Dubai sur le Golfe Persique, génère déjà 300 millions de mètres cubes d’eau potable par année. Les États arabes sont devenus les chefs de file mondiaux des technologies liées à l’eau, et avec la croissance de la population — sans parler d’un rêve comme Masdar City — ils n’auront pas le choix que d’investir énormément d’argent dans des technologies plus performantes — qui serviront ailleurs dans le monde.

Certes, il vaudrait mieux qu’il n’y ait pas de cité dans le désert du tout — mais comme le fait remarquer Nature, en Israël, la centrale de désalinisation d’Ashkelon a coûté ce qu’aurait coûté un chasseur F-16. Ce fut de l’argent bien dépensé…

Les banques verdissent

(Agence Science-Presse) – Les écologistes se découvrent un allié inattendu: trois des plus grosses banques américaines —J.P. Morgan Chase, Citigroup et Morgan Stanley— ont signé en février un document conjoint, par lequel elles s’engagent à mettre en garde quiconque demande un prêt pour les futures centrales au charbon. Les compagnies électriques se feront demander si elles ont soigneusement examiné les autres alternatives et si elles comptent participer aux marchés du carbone. Il faudra aussi tenir compte, ajoute The Carbon Principles, de la possibilité que soient votées, dans un avenir prévisible, des législations qui resserreraient la vis aux centrales plus polluantes.

L’océan Arctique retient son souffle
Marie-Pier Désilets – Agence Science-Presse

Depuis maintenant trois ans, Alexandre Forest, doctorant en océanographie, brave le froid du Grand Nord pour y étudier la grande inspiration que prend l’océan Arctique chaque printemps. Cette véritable inspiration – l’étendue d’eau emmagasine une grande quantité de CO2 suite à la débâcle printanière – aide à éliminer naturellement une partie de ce gaz présent dans l’atmosphère.

Au cours des trois années où il s’est retrouvé à bord du brise-glace de recherche Amundsen, Alexandre a noté des variations importantes dans la quantité de CO2 capté dans des algues et déchets organiques. Le jeune chercheur a ainsi en sa possession des données inédites et uniques sur la quantité de CO2 que contiennent ces particules qui tombent au fond de l’océan Arctique.

La compilation des données lui a permis de constater que la quantité de carbone organique que captent ces particules dépend directement de la période à laquelle se produit la débâcle. Si elle est hâtive comme en 2005, la croissance des microalgues est stimulée par la plus longue exposition au soleil favorisant sans doute les consommateurs secondaires comme la morue, mais diminuant la quantité de CO2 qui coule au fond de l’océan pour y être séquestré.

Si au contraire, la débâcle est tardive, comme en 2006, le phénomène inverse se produit: une plus grande quantité de CO2 contenu dans les algues et les déchets se dépose sur le plancher océanique. Par conséquent, on comprend qu’un hiver plus froid favorisera la captation de CO2 par l’étendue d’eau. D’abord, parce que l’eau froide absorbe plus de CO2 que l’eau chaude, ensuite, parce que la débâcle tardive favorise l’exportation de carbone organique vers les fonds marins. «Or il faut un juste milieu entre la rétention de CO2 dans l’océan et une production importante de zooplancton, qui est à la base de la chaîne alimentaire fragile de l’Arctique», explique l’étudiant.

Équilibrer politique et environnement
Le juste équilibre est d’ailleurs l’angle par lequel Alexandre Forest aborde la question des actions à prendre pour contrer le réchauffement climatique. «Il ne faut pas retourner en arrière et oublier toute la technologie au nom de l’environnement, ni ignorer la situation et poursuivre l’exploitation des ressources au même rythme.»

Ainsi, il suggère de se servir des effets a priori négatifs du réchauffement climatique et tenter de voir comment ils peuvent être utiles de façon responsable et durable. Il ajoute que, de concert avec la communauté scientifique, les politiciens doivent se pencher sur des objectifs concrets, ceux de Kyoto par exemple. «L’homme est responsable du réchauffement climatique, c’est sans équivoque. Il faut maintenant que les politiciens trouvent des façons de gratifier l’action citoyenne en matière d’environnement pour qu’elle devienne l’affaire de tous. Je n’entends pas faire de la conscientisation environnementale une mission évangélisatrice, mais je compte bien prêcher par l’exemple», conclut Alexandre Forest.

Changements climatiques et médias ne font pas bon ménage
Pascal Lapointe – Agence Science-Presse

BOSTON – Quel est le plus grand danger qui menace la couverture journalistique des changements climatiques? Les médias eux-mêmes et leur culture du clip? Le risque que le public finisse par se lasser d’en entendre parler? Ou bien cette tendance qu’ont les journalistes à toujours prendre le parti de la victime?

La culture du clip
Le changement climatique est effectivement l’un des pires sujets à vendre à un média, a expliqué hier Andrew Revkin, journaliste scientifique au New York Times depuis 14 ans. Revkin s’adressait alors à une salle essentiellement composée de scientifiques, dans le cadre du congrès de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), qui avait organisé un atelier sur la couverture journalistique des changements climatiques. Et les scientifiques présents dans cette salle bondée auraient bien aimé savoir pourquoi les courants atmosphériques, les variations régionales des températures et la circulation thermohaline, entre autres passionnants sujets, ne se retrouvent pas plus souvent à la Une.

Parce que, leur a énuméré Andrew Revkin, «il n’y aura pas d’impact perceptible demain, parce que c’est une science difficile à faire comprendre, parce que ça entre en compétition avec le manque chronique d’espace et de temps…» Qui plus est, tout bon rédacteur en chef réclame pour sa première page une histoire «équilibrée» — les deux côtés de la médaille — et… de l’émotion. Le climat, ça ne fait pas une bonne photo!

N’empêche que les climatologues seraient malvenus de se plaindre. En dépit de tous ces obstacles, le climat a réussi à se tailler une place de choix dans les journaux, comme l’a rappelé Matthew Nisbet, de l’American University à New York, auteur d’une étude sur «Vingt années de changements climatiques dans l’oeil du public». Son tableau — le nombre d’articles publiés dans le New York Times et le Washington Post — montre une ligne qui, frôlant le zéro pendant toutes les années 1980, vit une montée en flèche depuis 2004 — après avoir connu quelques «hauts», comme en 1991 avec le Sommet de Rio, mais surtout des «bas», de 1991 à 1998 et de 2002 à 2004, guerre d’Irak oblige.

Une mode qui va passer?
N’y a-t-il pas un risque que la vague actuelle finisse par passer à son tour, lorsque les rédacteurs en chef — et les lecteurs — se seront lassés? Eh bien oui, c’est ce qui va se passer, admet Revkin, qui juge toutefois que les lecteurs n’y perdront pas au change: sa prévision, c’est qu’au cours des prochaines années, le réchauffement cessera d’être une «histoire», et que les journaux se concentreront plutôt sur les questions d’énergie.

Pour sa part, il estime être passé depuis longtemps au-delà de la couverture journalistique «classique» — des nouvelles, jour après jour, sans mise en contexte: avant même d’entrer au Times, Revkin avait eu le temps d’écrire cinq livres, dont un, The Burning Season, mettait en contexte, dès 1990, les questions économiques et environnementales; il a été traduit en neuf langues et a remporté de nombreux prix. Au Times, ce gagnant du Prix Pulitzer est décrit comme étant celui qui couvre «les questions environnementales dans leur contexte social et politique».

Le risque du parti de la victime
David Dickson, directeur du média britannique SciDev, s’inquiète pour sa part d’un autre biais, méconnu des scientifiques, et que les journalistes préfèrent passer sous silence: «la coalition d’intérêts» qui se dessine entre organisations non gouvernementales et journalistes. «Tous les deux courent après le sujet qui aura le plus grand impact, veulent avoir la nouvelle qui frappera l’imagination… Greenpeace, Les Amis de la Terre, ont été des sources continues de nouvelles: ils savent trouver la bonne idée. Mais ces ONG ont elles aussi leurs intérêts, et les journalistes ont la responsabilité de s’en tenir loin.»

C’est que ces organisations veulent aussi ramasser de l’argent; et pour cela, ils ont tout intérêt à accroître la couverture journalistique de l’environnement, ils augmentent leur financement. Cela implique que les nouvelles qu’ils «créent» peuvent avoir un côté flamboyant, mais pas nécessairement méritant. Beaucoup de voyages de journalistes, à Bali l’an dernier ou à Montréal l’année d’avant, ont par ailleurs été payés par ces ONG, qui organisent aussi des bourses pour étudiants ou journalistes débutants.

La formule est indéniablement utile à notre époque où les médias sabrent dans leurs budgets, mais, note Dickson, «ça laisse un parfum de manipulation».

Des roses empoisonnées
Par les Débrouillards
Marie-Ève Favron

Les roses de la Saint-Valentin sont-elles cultivées par des gens qui s’empoisonnent en travaillant?

Depuis vingt ans, la culture des roses s’est concentrée dans les pays du Sud. Un quart des roses produites dans le monde le sont en Équateur… souvent au mépris de la santé des travailleurs et de l’environnement.

Certains producteurs brûlent leurs terres à force d’utiliser des pesticides toxiques, qui se retrouvent ensuite dans l’eau de consommation. Plusieurs de ces produits sont interdits, même en Équateur! Ils causent maux de tête, irritations, maladies respiratoires, rénales ou sanguines, cancers chez les travailleurs et même des mutations génétiques chez certains bébés. Les enfants ne sont pas épargnés, car plusieurs travaillent pour faire vivre leur famille.

«Les travailleurs ruinent leur santé et n’ont même pas un salaire adéquat et la sécurité d’emploi!» , s’indigne Roberto Nevado, président d’une compagnie de roses équitables en Équateur.

L’espoir bourgeonne
Des associations se sont formées pour aider les travailleurs à obtenir de meilleures conditions de travail. La moitié des 400 entreprises florales équatoriennes se sont jointes à l’association Expoflores. Elles n’embauchent pas d’enfants et respectent l’environnement ainsi que le code international du travail et la déclaration internationale des droits de la personne.

Julia Malquin, de l’association de certification équitable FLO, est fière des accomplissements des plantations équitables: «Chez Agriful, tous les enfants ont reçu un diagnostic de leur état de santé. De son côté, Planterra a monté un programme de diplomation pour les enfants et chez Nevado Ecuador, on a installé une garderie.»

Carmen Lascano travaille pour une ferme de roses équitables. «Sans l’aide apportée par la certification équitable, je n’aurais pas pu envoyer mes enfants à l’école.»

Vancouver d’abord…
Au Canada, ce n’est qu’à Vancouver qu’on retrouve des roses certifiées «commerce équitable». À travers le pays, certaines compagnies vendent des roses cultivées dans des conditions respectueuses des travailleurs et de l’environnement. Espérons que comme pour le café, on verra bientôt des roses équitables dans les supermarchés.

Un symbole de justice
Voici un des symboles du «commerce équitable»: c’est celui de Transfair. Pour l’obtenir dans l’industrie de la rose, certaines exigences doivent être respectées :
• Interdiction du travail des enfants
• Présence d’une garderie pour les enfants des travailleurs
• Respect des congés de maternité et pauses d’allaitement durant la journée de travail
• Accès à des logements décents près du lieu de travail ou à un moyen de transport gratuit
• Sécurité d’emploi et salaire au-dessus du salaire minimum
• Bannissement d’une centaine de pesticides et port d’habits spéciaux pour protéger les travailleurs des pesticides permis.
• Accès à des visites médicales sur demande pour les employés
• Protection de l’environnement à l’intérieur et autour de la plantation

Merci à Éric Bouron pour la traduction de l’entrevue de Julia Malquin.

Une histoire d’eau
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

Inscrits dans la géographie du Québec moderne, les grands barrages ont un impact sur la biodiversité et le paysage. La gestion de ces incontournables pourvoyeurs d’électricité affecterait même les fluctuations naturelles des cours d’eau. «Quarante pour cent des barrages d’Hydro-Québec influencent le cycle naturel des cours d’eau provoquant une inversion du débit entre l’hiver et le printemps», soutient même Ali A. Assani professeur au département de géographie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Le spécialiste de la géomorphologie fluviale étudie depuis des années les impacts des barrages hydroélectriques sur l’environnement. Il donnait une conférence sur ces récents travaux au colloque «Au cœur de la géographie» qui se déroulait il y a quelques semaines à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

À la Manic
La Manicouagan, La Grande… L’ensemble des réservoirs gérés par Hydro-Québec représentait en 2002 une surface de près de 24 000 km2, dont près de la moitié pour le seul complexe La Grande.

La construction de grands barrages a souvent suscité des débats au sein des communautés locales, particulièrement chez les Amérindiens (voir encadré). La création d’immenses réservoirs engendre souvent des déplacements de population et de nombreux problèmes environnementaux.

Ces perturbations se ressentent au sein même du cours d’eau. Ainsi, comme les demandes d’énergie sont en hausse l’hiver, les aménagements hydroélectriques augmentent le débit d’eau puis le réduisent au printemps lorsque la demande est plus faible. Cette gestion planifiée modifie le débit en aval des rivières. Ainsi, il n’est pas rare que le débit printanier soit bien en dessous de celui de l’hiver, ce qui l’inverse du processus naturel.

En altérant ainsi le processus naturel d’inondation des terres au printemps, les barrages ont des répercussions sur les besoins biologiques des marais et des estuaires. Le chercheur relève trois modes d’impact: l’inversion du débit qui affecte les cours d’eau, celui qui le rend constant et un régime sans changement. «Le débit naturel varie suivant la saison, la température et les pluies. S’il est régulier tout au long de l’année, puis s’inverse en hiver et au printemps, ce n’est pas sans occasionner des perturbations écologiques», soutient-il. Nos besoins en électricité — et donc en débit d’eau constant et plus considérable en hiver — empiètent sur les besoins des écosystèmes.

Améliorer la protection
Malgré la présence de nombreux barrages au Québec, aucune étude ne s’était encore penchée sur le respect des normes de débits réservés écologiques – adoptées par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune en 1999 — en aval des barrages. Cette mesure importante vise pourtant à protéger les espèces de poissons et la qualité de l’eau.

Les travaux du professeur Assani et de son équipe démontrent que le mode actuel de gestion s’avère inadéquat et les normes ne peuvent pas être applicables. «Elles ont été élaborées à partir de modèles fondés sur les rivières naturelles», soulève-t-il. Il serait donc temps de les réviser pour tenter d’améliorer la protection des milieux humides.

L’équipe de recherche étudiera cette année les impacts des barrages sur la biodiversité des cours d’eau. «Les espèces moins compétitives sont sûrement celles qui ont le plus de mal à s’adapter. C’est ce que nous allons vérifier», explique-t-il. Il est nécessaire de les quantifier afin de vérifier quelles espèces des milieux humides souffrent des infrastructures hydroélectriques et de leur gestion. Beaucoup de travail en vue pour les prochaines années!

Encadré

Des barrages et des hommes
Les hommes érigent des barrages depuis des milliers d’années pour s’approvisionner en eau, maîtriser les crues, produire de l’énergie, etc. Aujourd’hui, près de la moitié des fleuves du monde comportent au moins un barrage.

Depuis les 60 dernières années, près de 45 000 grands barrages ont vu le jour. Pour qu’un barrage soit considéré comme «grand», il doit posséder au moins une hauteur de 15 mètres ou un volume supérieur à 3 millions de m3, selon la Commission internationale des grands barrages. La moitié des grands barrages sont destinés à l’approvisionnement en eau et à l’irrigation des terres.

Ces constructions suscitent bien des débats au sein de la population et engendrent de nombreux impacts, particulièrement environnementaux. Si les barrages ont largement contribué au développement humain, le prix payé par les communautés, les personnes déplacées et l’environnement a été souvent inacceptable dans de nombreux cas, s’alarmait la Commission mondiale des barrages (CMB) dans son rapport publié en 2000.

Le Canada est l’un des 10 principaux constructeurs de barrages de la planète. Il comptait 650 grands barrages au début des années 1990. La majorité se trouve au Québec, en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve et en Ontario.

Le héros méconnu

(Agence Science-Presse) – Ces dernières années, quand revenait sur le tapis la question de l’ingérence du gouvernement Bush dans la science, un nom surgissait souvent: James Hansen. La saga du réchauffement climatique ne serait pas la même sans ce climatologue de la NASA, un expert de 20 ans du réchauffement planétaire, que la Maison-Blanche a parfois trouvé bien encombrant. Le journaliste américain Mark Bowen vient de lui consacrer un livre, Censoring Science : Inside the Political Attack on Dr James Hansen and the Truth of Global Warming.

Réchauffement climatique… sur la Lune

(Agence Science-Presse) – Une autre bonne raison pour reprendre l’exploration de la Lune: on pourrait en apprendre plus sur le réchauffement. C’est qu’une des données incomplètes aux yeux de ceux qui dressent des modèles informatiques sur l’avenir du climat, c’est l’impact exact des cycles solaires —ces fameuses «taches» solaires qui reviennent tous les 11 ans. Or, des échantillons de Lune de 10 mètres de profondeur fourniraient un relevé des écarts de température remontant jusqu’aux années 1600, qui seraient d’un grand secours pour les climatologues.

Pomper le Soleil du Sahara

(Agence Science-Presse) – Pour satisfaire les besoins en électricité de l’Europe, un grouê d’ingénieurs et d’économistes a imaginé un projet grandiose, sinon pharaonique: éparpiller tout autour du gigantesque désert du Sahara un non moins gigantesque réseau de centrales à énergie solaire, qui renverraient leur énergie, à travers plusieurs milliers de kilomètres de lignes électriques, jusqu’en Europe et au Proche-Orient. Le projet, entériné par le royaume de Jordanie, a été officiellement déposé au Parlement européen le 28 novembre.

Baptisé DESERTEC, il nécessiterait un millier de centrales électriques de 100 mégawatts, équipées de miroirs pour capter l’énergie solaire —dans ce Sahara où, cela va sans dire, le Soleil brille 12 mois par année. Et dans cette Europe qui s’est fixé pour objectif, d’ici 2020, de produire 20% de son énergie à partir de sources alternatives, le projet n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

La technologie existe. Et l’idée de se servir du Sahara pour alimenter l’Europe en énergie solaire remonte à… 1913. Un ingénieur de Philadelphie avait alors construit une centrale solaire expérimentale en Egypte. Mais DESERTEC irait bien au-delà: tellement au-delà que le coût, selon l’estimation déposée au Parlement européen, s’élèverait à environ… 600 milliards de dollars.

Du ski alpin envers et contre tout
Odile Clerc – Agence Science-Presse

Emballage de glaciers
Aux grands maux, les grands remèdes! En Suisse, le réchauffement climatique a entraîné une fonte des glaciers de près de 20 % de leur surface entre 1985 et 2000 alors que ceux-ci n’avaient perdu que 1 % de leur surface entre 1973-1985. Alarmée par les résultats des études publiées en 2004, la station de ski d’Andermatt en Suisse centrale a décidé d’emballer une partie du glacier Gurschen — soit 2500 m2 — de bâches en PVC pour le protéger des rayonnements de chaleur et des rayons UV en été. Une opération d’un coût de 66 000 euros — près de 100 000 $ CA — qui a permis de freiner la fonte de glace de 2 mètres en 2005. Lorsque l’on sait que les petits glaciers ont perdu jusqu’à la moitié de leur surface, les stations familiales à faible budget ont de quoi s’inquiéter!

Du ski en plein désert
Défi mondial architectural, commercial et technique, la station de ski d’intérieur à Dubaï bat tous les records! Ce complexe sportif situé au cœur du désert des Émirats Arabes Unis fascine par sa démesure: 250 millions de dollars pour sa construction, 25 000 m2 de surface, 30 tonnes de neige fabriquée par jour, une capacité d’accueil de 1500 personnes, une température intérieure de -1 °C pour une température caniculaire de 40 °C à l’extérieur. Ouverte en 2005, la station offre 5 pistes de ski de difficultés différentes dont la plus longue fait 400 m et 80 m de haut. En comparaison, certains des plus grands centres de ski du Québec offrent des pistes longues de près de 5 km pour plus de 600 m de dénivelé. En Belgique, un projet rival d’envergure — cinq pistes de ski pour un total de 2300 mètres — devrait voir le jour en 2010. En attendant, rappelons que la première station de ski d’intérieur inaugurée en 1987 en Australie a fermé ses portes en 2005 pour cause de coûts d’exploitation trop élevés…

La glisse sans neige!
Quand on n’a ni montagne ni neige, on les invente! Dans le plat pays du Nord-Pas-de-Calais en France, une piste de ski de plus 6,5 km2 — un record en Europe — a été aménagée en 1996 sur le flanc d’une colline formée de résidus de mine. Dessinée et calculée avec virages et bosses pour procurer aux skieurs les sensations fortes du ski alpin, la piste est recouverte d’un produit à base de polychlorure de vinyle sous lequel est placée une couche de 5 cm de mousse de polyuréthane, véritable amortisseur pour chocs. Une solution pour un ski presque écologique puisqu’elle ne nécessite aucun produit réfrigérant et que l’eau vaporisée sur la piste est récupérée puis filtrée et recyclée en brumisateur sur la piste. Depuis, d’autres projets ont vu le jour en Belgique ainsi qu’aux Pays-Bas. Un loisir indépendant des saisons et à la portée de toutes les bourses!

Skier sur l’herbe
Imaginez-vous, par plus de 30 °C, faire une dernière petite descente à ski dans votre station préférée et vous déchausser au bas des pistes pour siroter une bonne bière fraîche! Pure imagination? Pas du tout! Le ski sur herbe est un sport qui nous vient d’Allemagne à la fin des années 60. Aujourd’hui, discipline non olympique de fédérations nationales de ski, ce sport se pratique l’été sur les pentes de ski aménagées pour l’hiver. Une activité rentable pour les stations de faible altitude et un sport de loisirs et d’entraînement pour les amateurs de ski alpin. Équipés de roulettes ou de chenilles, les skis sont semblables à ceux que l’on utilise l’hiver, la technique étant équivalente au ski alpin sur neige. Un sport à part entière qui compte ses équipes et ses compétitions dont le slalom, le slalom géant et le Super G. Encore inconnu au Québec, ce sport est pratiqué en Europe dans les pays à forte tradition de ski alpin tels que la Suisse, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, mais aussi au Japon, en Iran, en Australie et en Chine.

La neige artificielle est-elle blanche comme neige?
Benoît Lacroix – Agence Science-Presse

Fabriquer le plus de neige possible en un minimum de temps. Voilà ce qui pourrait résumer le défi que se lance la majorité des quelque 80 stations de ski québécoises pour s’adapter aux changements climatiques. Afin d’y arriver, il faut plus de canons à neige, plus de tuyaux, plus d’eau et plus d’électricité. Selon Alexis Boyer-Lafontaine, de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ), les stations devront investir entre 80 et 100 M$ dans les technologies d’enneigement, durant les cinq prochaines années. Reste à savoir quel sera l’impact environnemental d’une telle avalanche de neige fabriquée!

En effet, produire de la neige exige beaucoup d’eau et beaucoup d’énergie. Comme le remarque Charles Lavoie, président de Turbocristal, le seul fabricant canadien de canons à neige, nous sommes face à un paradoxe. «Par notre mode de vie, nous produisons des gaz à effet de serre, qui causent des changements climatiques. Ces derniers nuisent à l’enneigement et nous remédions au problème en fabriquant de la neige. Cela nécessite de l’énergie et cause davantage de gaz à effet de serre!» Pour minimiser l’impact environnemental de la fabrication de neige, il suggère donc que les stations de ski s’équipent suffisamment, de manière à pouvoir produire le maximum de neige lorsqu’il fait froid, c’est-à-dire lorsque cela nécessite le moins d’énergie.

Mais il n’y a pas que l’énergie qui pose problème. La demande en eau inquiète aussi. La station du mont Tremblant, par exemple, possède 1037 canons à neige et peut pomper jusqu’à 35 000 litres d’eau à la minute, ce qui équivaut à tirer la chasse d’eau environ 2 500 fois à la minute! Évidemment, toute cette eau doit provenir de quelque part. Elle est donc puisée dans les cours d’eau et les lacs situés près des stations. Et comme les niveaux d’eau sont souvent déjà très bas en hiver, il faut souvent créer des réserves d’eau, comme des lacs artificiels. Les débits réservés pour les stations de ski doivent toutefois être autorisés par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Ce dernier procède également à une évaluation sommaire de l’impact du prélèvement d’eau sur la faune aquatique.

Une fois sur les pentes, toute cette eau transformée en neige a également des conséquences sur la nature. Mais cette fois, il est plus difficile de trouver des données. Normand Boulianne, du MDDEP constate que le ministère n’étudie pas la question. Par contre, le cas du mont Orford, en Estrie, a suscité des interrogations. À la direction régionale du ministère, le biologiste Richard Cooke a supervisé, de 2004 à 2006, une étudiante de l’Université de Sherbrooke, pour un projet de maîtrise en environnement, portant sur l’impact de l’enneigement artificiel sur l’écosystème du massif du mont Orford. L’étude a permis de mettre en évidence une érosion sévère des sols, une modification des cours d’eau qui reçoivent l’eau de la fonte, un taux de mortalité élevé des arbres et une atteinte à la faune aquatique des réserves d’eau. Anne-Sophie Demers, la chercheuse en question, recommande que les stations de ski limitent leur production de neige artificielle au maximum, en se concentrant sur deux périodes critiques: le début de la saison, moment où il est nécessaire d’assurer une couche de fond et lors des périodes de redoux, afin de réparer la surface skiable.

Alors, toujours blanche, la neige artificielle? Il faudrait aussi ajouter aux risques à évaluer, celui des additifs, ajoutés à l’eau afin de faciliter la formation des flocons. Le Snomax est le produit le plus populaire. Il s’agit d’un concentré de protéines, produites par la bactérie Pseudomonas syringae. La protéine agit directement sur les molécules d’eau, les orientant de façon à accélérer le processus de cristallisation. Il est principalement utilisé lorsque la température extérieure est trop élevée. Le produit permet d’augmenter de 1 à 2 degré celsius la température à partir de laquelle il est possible de fabriquer de la neige. Ainsi, il est possible de produire de la neige plus tôt en saison, ce qui permet de garantir l’ouverture des stations pour la période des fêtes, par exemple. Les études actuelles sur l’impact écologique du Snomax sont trop peu nombreuses et ne concluent pas à des effets importants sur l’environnement. Le produit est malgré tout interdit en Allemagne et à quelques autres endroits dans le monde. Au Québec, il est encore largement utilisé.

Toutes ces considérations écologiques vous donnent le tournis ? Vous pouvez toujours vous élancer sur les quelques pistes de neige naturelle qui subsistent. Quelques centres de ski, dont le Valinoüet, au Saguenay, offrent encore une couverture naturelle à 100 % grâce à une généreuse contribution de dame Nature. Et pour les plus téméraires, la tendance est au télémark et au ski de haute route. S’ouvre alors de nouveaux horizons d’une virginale blancheur, mais, comme le souligne Louis Sirois, amateur de télémark, «pour être le premier à tracer sa ligne, il faut être prêt à investir l’effort.» Les remontées mécaniques sont alors absentes et c’est avec des peaux de phoque (maintenant faites de matière synthétique) accrochées aux skis, que l’on grimpe la montagne. Les destinations sont multiples: les Chic-Chocs, en Gaspésie, le mont Ham, dans les Cantons-de-l’Est, Le Massif, dans Charlevoix, qui offre cette année la possibilité de grimper le mont à Liguori, et plusieurs autres endroits secrets, bien gardés des nombreux passionnés de pentes blanches…

Y a-t-il moins de neige que dans le bon vieux temps?
Benoît Lacroix – Agence Science-Presse

Nous avons tous l’impression qu’il y avait plus de neige quand nous étions petits, que les tempêtes étaient plus violentes et que les bancs de neige étaient plus hauts. Nous nous souvenons tous de voitures ensevelies et de mille autres anecdotes. Mais que dit la science? L’avenir du ski est-il réellement menacé par les changements climatiques?

Si l’on se fie aux données historiques d’enneigement fournies par Environnement Canada, ce n’est pas seulement parce que nous étions petits que l’épaisseur de neige nous semblait plus importante qu’aujourd’hui. En effet, il apparaît que tout le Canada a connu, au cours du 20e siècle, une plus grande couverture neigeuse aux alentours du milieu des années 70. Le manteau neigeux s’est ensuite aminci de façon importante durant les années 80 et 90. Toutefois, les variations annuelles sont considérables et elles ne sont pas dues aux changements climatiques, mais plutôt au déplacement naturel des nuages dans l’atmosphère.

Alors, quel est l’effet des changements climatiques? Ross Brown, climatologue pour Environnement Canada, travaillant présentement pour le consortium Ouranos, dédié à l’étude des changements climatiques en Amérique du Nord, explique : «Quatorze modèles climatiques s’accordent sur deux grandes tendances: d’une part, la durée de la saison de neige va diminuer, d’autre part, la hauteur de neige va diminuer au sud du Québec et va augmenter ou demeurer stable au Nord du Québec.»

Selon Bhawan Singh, professeur à l’Université de Montréal et co-auteur d’un rapport du groupe Ouranos, intitulé «Impact et adaptation aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec» et publié en 2006, les impacts des changements climatiques sur le ski se font déjà sentir. «L’année dernière, le sud du Québec n’avait même pas les conditions nécessaires pour fabriquer de la neige.» Le rapport de 2006 prévoit aussi que les impacts sur la durée de la saison de ski seront variables d’une région à l’autre du Québec, mais les régions de Montréal et des Cantons-de-l’Est seront le plus durement touchées. Pour cette dernière région, les prévisions sont de 67 à 90 jours pour la période 2010 à 2039 et de 36 à 68 jours pour la période 2040 à 2069. Malgré tout, comme le remarque avec joie Alexis Boyer-Lafontaine, de l’Association des stations de ski du Québec, «on a encore un hiver et cette année, c’est un départ canon!»

La science appartient-elle aux politiciens?

(Agence Science-Presse) – Est-ce le bilan d’un gouvernement qui s’achemine vers sa fin, un rapport de fin d’année trop tardif, une petite tape sur l’épaule des critiques pour leur dire: vous aviez bien raison? Le rapport de la Chambre des représentants sur l’ingérence du gouvernement Bush dans la science n’offre rien de nouveau sous le soleil, mais il s’agit d’un bilan pas très reluisant qui passera à l’Histoire.

Des journalistes et des auteurs ont déjà écrit que le gouvernement Bush serait celui qui, de tous les gouvernements américains, aurait le plus souvent réécrit les conclusions des scientifiques qui lui déplaisaient, en particulier lorsque cela touchait au climat. Des climatologues et des Prix Nobel ont signé des pétitions, publié des lettres, pondu des mémoires. Dès 2003, un organisme à but non lucratif, l’Union of Concerned Scientists, tirait la sonnette d’alarme.

Le rapport de la Chambre des représentants, présidé par le Californien Henry Waxman, qui avait lui aussi attaqué ce dossier dès 2003, ne contient donc rien de neuf, si ce n’est qu’il provient, pour la première fois, d’un politicien plutôt que de scientifiques.

Plus exactement, d’un groupe de politiciens. De son nom complet, Commission du contrôle et de la réforme gouvernementale, cette commission permanente a pour mandat d’examiner tout ce qui ne tourne pas rond dans les multiples agences gouvernementales, de la NASA à la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration). Elle peut donc obliger des fonctionnaires à témoigner et elle a pu mettre la main sur 27 000 pages de documents, dont certains étaient restés inaccessibles aux journalistes qui suivaient ce dossier. Le fait que les démocrates aient obtenu la majorité à la Chambre en novembre 2006 lui a aussi donné un coup de pouce…

- Des communications entre scientifiques et médias strictement encadrées, voire refusées (dont le cas James Hansen).
- Des témoignages devant le Congrès et des rapports qui furent épurés de termes aussi scabreux que «réchauffement planétaire».
- Un Conseil de la qualité environnementale qui a servi de paravent à la Maison-Blanche pour carrément censurer des scientifiques payés par le gouvernement…
- Un employé de la Maison-Blanche, Philip Cooney, chargé de réécrire un rapport sur les changements climatiques, lui qui n’a pour toute expérience scientifique que d’avoir été… lobbyiste de l’industrie pétrolière.
- Un rapport de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) sur le climat, où les réécritures du chapitre sur les changements climatiques en changeaient à ce point le sens que l’EPA décida de supprimer le chapitre au complet, plutôt que de le laisser paraître sous cette nouvelle forme.

La stratégie qui se dégage de tout cela est claire, écrit la Commission: faire oublier combien les résultats scientifiques sur le réchauffement sont solides, et répandre l’idée dans le public qu’il existe au contraire une forte incertitude. Ces pratiques se sont amplifiées après le cyclone Katrina, en septembre 2005.

«Le gouvernement Bush s’est engagé dans un effort systématique pour manipuler la science des changements climatiques et tromper les politiciens et le public sur les dangers du réchauffement climatique.»

Le Premier ministre Jean Charest corruptible?

Un billet de Renart L’Éveillé et d’Antipollution souligne que La Presse Canadienne a publié dans le Messager de Lachine un article mentionnant que le Premier ministre, Jean Charest, en plus de son salaire de premier ministre, reçoit du Parti Libéral du Québec depuis 1998 une somme de 75 000$ par année.

Le salaire annuel de Jean Charest étant de 182 717$, ce bonus de son parti ramène son salaire annuel à 257 717$.

Le plus inquiétant dans cette nouvelle se retrouve presqu’à la toute fin de l’article de la Presse Canadienne:

Selon l’ex-président du PLQ, Marc-André Blanchard, qui a quitté ses fonctions dimanche, le versement d’un salaire constitue la meilleure façon de mettre à l’abri le premier ministre de toute pression ou tentative de corruption.

Ce commentaire ne vient pas de l’opposition, mais d’un membre important du Parti Libéral du Québec, celui qui, jusqu’à dimanche dernier en était le président.

Est-ce que cela nous renseigne sur la mentalité qui existe au Parti Libéral? Est-ce qu’on doit interpréter qu’avec un maigre 182 717$ de salaire le premier ministre crève de faim et risque d’avoir à voler et à se corrompre pour réussir à payer son loyer?

Cela remet-il en question l’honnêteté du parti Libéral du Québec dans certains dossiers importants comme la vente du Mont Orford à des amis de Jean Charest et du parti? La privatisation de la santé serait-elle menacée d’être vendu à d’autres amis du parti ou du Premier ministre? Est-ce que cela explique pourquoi le Parti Libéral du Québec ne répond jamais sur les questions de santé alternatives comme les coopératives de santé.

Les questions demeurées sans réponses commencent à me peser lourd sur ma conscience politique. Démocratie et transparence ont-elles encore leur place en politique?

Mourir de chaleur

(Agence Science-Presse) – Un autre impact possible du réchauffement planétaire: les animaux qui, incapables de s’adapter, mourront tout simplement d’un coup de chaleur. Bien qu’on ignore quel est le seuil de résistance de chacune des espèces, on en a déjà une qui nous fournit un aperçu: la chauve-souris. Le 12 janvier 2002, pas moins de 3500 renards volants, une variété australienne de chauve-souris, sont tombés de leur branche, morts, résultat d’une température record de 43 degrés Celsius —14 de plus que la normale.

Une équipe allemande dirigée par Stefan Klose conclut que si le réchauffement se poursuit comme prévu au cours des prochaines décennies, d’autres variétés de chauve-souris seront les premières à tomber comme des mouches. Or, les chauve-souris ne se contentent pas de faire peur: elles sont d’indispensables maillons d’un écosystème, en contribuant à disperser le pollen des plantes et à stabiliser les populations d’insectes. Il est également possible que d’autres espèces aient déjà commencé à être affectées, sans qu’on ne s’en soit aperçu: ce ne sont pas tous les animaux qui meurent de chaleur en tombant d’un arbre…

Témoignage: la perte des arbres, vécue de l’intérieur
Luc Dupont - Agence Science-Presse

«Pendant quatre jours et quatre nuits, on entendait comme des bruits de vaisselle cassée»

Josée Massé est horticultrice au Jardin botanique de Montréal. En octobre 1997, elle et son conjoint font l’acquisition d’une maison et d’un terrain à Saint-Pie (située aux abords de Saint-Hyacinthe), au cœur du funeste Triangle noir de la Montérégie, si touché par le «black out» électrique consécutif au verglas. Leur habitation, qui donne sur la rivière Noire, est cernée par huit beaux grands arbres - érables rouges, érables à Giguère, épinettes, bouleaux - le tout dominé par un majestueux peuplier deltoïde dont la couronne ondulait au vent au bout de ses 30 mètres.

À partir du 5 janvier 1998 – début de la tempête - et pendant les quatre jours et quatre nuits qui suivent, le couple aura eu du mal à vivre et à dormir, c’est le moins que l’on puisse dire. «On entendait continuellement comme un bruit de vaisselle cassée, se rappelle Josée Massé; c’était les branches des arbres, emportées par le poids immense du verglas, qui tombaient à fréquence régulière.»

Au pire de la crise, ce fut comme si le paysage tout entier s’était effondré autour d’eux: dans l’aventure, quatre des huit arbres matures qui ornaient depuis des décennies sa résidence rurale seront emportés. Mais curieusement, pas tous en même temps, le verglas pouvant faire des morts à rebours…

Chronique d’une mort annoncée
«J’en ai d’abord perdu deux sur le coup, qui ont été complètement fauchés, fendus dans la fourche», dit-elle. Il fallait s’y attendre: par manque d’émondage éclairé durant leur croissance, ces arbres avaient formé une ramure déséquilibrée, qui les rendait vulnérables. Quelque deux ou trois ans plus tard, un 3e arbre est devenu la proie de polyspores (champignons en forme de galette qui envahissent agressivement l’écorce). «Le verglas l’avait fragilisé, et rendu vulnérable à la maladie: il a fallu l’abattre, dit l’horticultrice.»

Comble de malchance, l’immense peuplier deltoïde d’une trentaine de mètres, qu’on pensait épargné, devra être abattu dans les prochaines semaines. Autre séquelle, à long terme, du verglas? «Je ne peux pas en être absolument certaine, confie la jeune femme, car l’arbre était déjà creux en son centre.»

Comment s’était-il comporté durant le verglas? «Il avait effectivement perdu d’assez grosses branches, mais pas au point de nous amener à le couper. Visuellement, il était assez bien et continuait, année après année, à produire des feuilles. Mais malgré tout, du fait d’un certain déséquilibre dans sa couronne, on avait fait un gros travail d’émondage il y a trois ans (qui avait diminué de 10 mètres environ sa hauteur), car notre voisin immédiat craignait qu’il ne s’effondre sur son garage, si un nouveau verglas survenait.»

Il y a deux ans, sa santé a soudainement périclité. «Il a commencé à perdre son écorce et le phénomène ne s’est jamais résorbé: l’arbre est donc en train de s’éteindre. Il sera mis à terre avant la fin de l’hiver.» Peut-on parler ici d’un exemple de choc post-traumatique «végétal»?

«Dans certains cas oui, mais pas dans le cas des peupliers deltoïdes, c’est certain, dit Bruno Boulet, pathologiste forestier au ministère des Ressources naturelles à Québec. D’abord parce que ces arbres sont très sensibles à la carie des racines, et la description que sa propriétaire en fait se rapproche de ça. Ensuite, il faut savoir que chaque arbre a une durée de vie limitée; pour les peupliers deltoïdes, c’est entre 30 et 110 ans, dépendant des conditions du sol, etc. Il est fort probable que l’arbre avait atteint la fin de sa vie.»

«N’empêche que je vois encore plein d’effets du verglas, quand je marche dans les forêts des alentours, confie l’horticultrice dont l’œil est rompu à ce genre de choses. Les arbres en général sont moins beaux, il y a une esthétique de la forêt qui a été emportée dans la tempête, et qui n’est pas encore revenue. Qu’importe: je n’ai pas cessé, depuis 10 ans, de replanter arbre après arbre …» Pour la suite du monde, aurait dit Pierre Perrault.

Une crise du verglas nommée El Niño
Odile Clerc - Agence Science-Presse

La crise du verglas de 1998 reste un évènement traumatisant dans nos mémoires. Dix ans plus tard, sommes-nous sur le point de vivre à nouveau une telle catastrophe météorologique? Pascal Yacouvakis, météorologue à Radio-Canada et RDI qui avait couvert l’évènement météo en 1998 tient des propos rassurants… à court terme !

Agence Science-Presse (ASP): Quels sont les risques de revivre cette année une crise du verglas comme celle de l‘hiver 1998?

Pascal Yacouvakis (PY): Aucun. Nous assistons cette année à un comportement inverse des phénomènes qui ont provoqué la crise du verglas en 1998. Un courant d’eau froide remonte vers le Pacifique, c’est La Niña, la sœur «inverse» d’El Niño. C’est ce qui crée cette vague de froid que nous connaissons. Nous sommes bien au-dessous des normes saisonnières de ces 10 à 15 dernières années.

ASP: Quelles sont les conditions particulières pour qu’une crise de verglas comme celle de 1998 se produise?

PY: En 1998, on a assisté au Niño du siècle! Une semaine de pluie verglaçante par vagues successives avec orages, du jamais vu! D’ailleurs si les poteaux à haute tension se sont effondrés sous le poids de la glace, c’est qu’on avait dépassé le scénario du pire ! Le responsable de cette catastrophe, c’est le courant El Niño, ce courant d’eau chaude dans la région pacifique équatoriale, qui était particulièrement puissant cette année-là!

ASP: À l’avenir, devons-nous craindre des crises plus fréquentes de verglas ou d’autres évènements météorologiques d’ampleur exceptionnelle du fait du réchauffement climatique?

PY: Les scientifiques ont des avis controversés sur la question. Avec le réchauffement planétaire, la température des océans augmente et, comme leur influence est considérable — ils représentent les trois quarts de la surface du globe — on peut imaginer que des phénomènes tels qu’un Niño extrême se produisent à nouveau. Mais précisément, on ne sait pas encore très bien comment tout cela fonctionne. Les recherches sont en cours.

Tailler des arbres après une crise: opération indispensable mais délicate
Odile Clerc - Agence Science-Presse

La crise du verglas de 1998 a eu un effet dévastateur sur les arbres au Québec. Dix ans plus tard, Samuel Bertrand, arboriculteur et élagueur au Jardin botanique de Montréal, continue à traiter, élaguer, nettoyer les arbres qui ont souffert. Mais s’il est facile de prendre sa cisaille pour tailler les branches qui dépassent, il est autrement plus délicat de tailler un arbre selon les règles de l’art.

«Les arbres touchés par la crise sont fragilisés et continuent à casser. Par exemple, cet été, nous avons dû procéder à l’élagage et à l’abattage de certains frênes qui étaient devenus dangereux.» Tailler les arbres de manière régulière de sorte que la cime soit aérée et éclairée par les rayons du soleil, que les vents puissent y circuler et que la structure de l’arbre soit respectée, est une opération indispensable et élémentaire d’après le spécialiste.

Mieux vaut prévenir que guérir
Or, selon lui, «le problème majeur de l’après-crise du verglas en 1998 provient du manque de professionnalisme des intervenants. De très nombreux arbres ont été taillés par des élagueurs non formés. D’énormes dommages ont été causés: production de bois mort, pourriture, maladies, champignons, etc.»

«Il est impératif de faire appel à des professionnels qui ont une connaissance précise de la structure de l’arbre, de ce qui doit être enlevé et de la façon de le faire», précise Samuel Bertrand. Selon lui, certains arbres ont davantage souffert d’un traitement inapproprié que du verglas lui-même, l’arbre ayant une bonne capacité d’auto-guérison. De plus, les arbres à croissance lente, tels que les érables à sucre, nécessitent des soins particuliers, de même que ceux dont la croissance est rapide tels que les saules, les peupliers ou les érables argentés. Tailler un arbre pour que celui-ci offre le moins de prise possible au vent et à la glace est donc la solution préventive idéale pour préserver le capital végétal de nos villes et forêts.

Un métier reconnu
«Élagueur est un métier à hauts risques! Vous êtes tenu par des câbles à plusieurs mètres de hauteur et vous tenez des outils tranchants! Mais c’est essentiel d’être perché là-haut. De ce point de mire, vous remarquez des défauts de structure qui ne vous apparaissent pas du sol. Il faut toujours aller dans le sens de l’observation. C’est pourquoi l’élagage professionnel est si important.» À la question de savoir quels ont été les effets de la crise du verglas dans le milieu de l’arboriculture, Samuel Bertrand ne tarit pas d’éloges au sujet des trois écoles québécoises d’arboriculture qui, depuis la crise, ont ouvert leurs portes, mettant sur le marché nord-américain des professionnels reconnus au-delà des frontières provinciales.

«Grâce à une nouvelle technologie allemande, nous sommes en mesure de faire des interventions appropriées au cas par cas. Il n’y a pas que le verglas de 1998 qui ait causé des dégâts, la neige mouillée de l’année dernière a aussi causé des dommages et nous les traitons. Nous sommes prêts si une nouvelle crise devait arriver», termine Samuel Bertrand.

Les arbres du grand verglas: ce qu’il en reste 10 ans plus tard
Luc Dupont - Agence Science-Presse

1998: quelques jours après la fin du grand verglas qui recouvrit l’est de l’Ontario et une bonne partie du sud-ouest du Québec, Jacques Brisson, professeur-chercheur en écologie, s’est rendu en toute hâte constater les dégâts que la plus importante tempête verglaçante de l’histoire moderne du Québec avait laissés, entre les 5 et 9 janvier, sur son boisé… «Je fus à la fois horrifié et rassuré», explique-t-il dix ans plus tard, de son bureau de l’Institut de recherche en biologie végétale.

Rassuré de voir que «ses joyaux», un peuplement de pruches âgées de plus de 300 ans, avait tenu le coup; mais horrifié, en même temps, devant l’image profondément surréelle des milliers de branches cassées qui faisaient linceul sur toute la surface du sous-bois.

Le bilan en chiffres de l’immense chape de glace, qui atteignit en certains endroits 80 millimètres (3 pouces!) d’épaisseur, alourdissant parfois les arbres de quelque 25 fois leur propre poids, tomba quelques semaines plus tard: 17 700 km 2 (1,8 million d’hectares) de superficie des forêts affectées au Québec; 66 %, la portion du territoire boisé où les dommages avaient été considérés comme moyens (30 %) et graves (36 %); 30 000, le nombre de propriétaires dont les forêts avaient été touchées. L’inventaire complété, il restait à voir comment les arbres allaient répondre aux blessures subies; quels seraient les effets sur leur croissance, leur forme, leur résistance à la maladie et leur longévité.

Une forêt ancienne
Le Boisé-des-Muir, que Jacques Brisson avait si hâte de revoir, se trouve en Montérégie (Huntington) dans le fameux Triangle noir, cette portion du Québec durement affectée par le verglas et les pannes d’électricité. Ce site forestier constitue un cas unique au Québec: «C’est une forêt naturelle (11 hectares) comme il n’en existe plus aucune dans le sud de la province, jamais exploitée commercialement, ni perturbée d’aucune façon, une forêt restée intacte depuis la… Nouvelle-France!». Ses plus vieux arbres, des pruches qui dépassent les 300 ans, ont «quasiment» vu naître Montréal — faites le compte!

«À cause justement de son statut unique, cette forêt faisait l’objet d’études depuis de nombreuses années déjà, chacun de ces 2000 arbres ayant été fiché, paramétré, explique le chercheur. C’était une chance en or de pouvoir évaluer, avec grande précision, la survie et la santé des arbres, à la suite du verglas.»

Le taux de mortalité annuel moyen, toutes espèces d’arbre confondues, est passé de 0,8 % (avant la tempête verglaçante) à 1,2 %, sept ans plus tard. Selon les chercheurs, «cette augmentation de la mortalité (…) est très significativement corrélée aux dommages causés aux arbres par le verglas.» La mortalité varie cependant considérablement d’une espèce à l’autre. Caryers et tilleuls, deux espèces ayant pourtant subi de très lourds dommages, ne montrent qu’une hausse de mortalité très modeste. «À l’autre extrême, la mortalité est trois fois plus élevée chez l’ostryer et cinq fois plus élevée chez le hêtre». C’est que, «stimulés» par les blessures, les érables, frênes et caryers de moyenne grosseur ont été l’objet d’une véritable explosion de nouvelles branches, bénéficiant du «boost» lumineux créé par les ouvertures de la voûte. «Ce sont eux les grands gagnants de cet épisode», diagnostique Jacques Brisson. Selon les chercheurs, ce résultat confirme la justesse de la recommandation, que multipliaient à l’époque les ingénieurs forestiers, à savoir qu’il fallait laisser une chance aux arbres en ne précipitant pas leur coupe.

Remettre les forêts… debout!
«Effectivement, malgré la désolation visuelle qu’offraient les forêts, nous avions prôné la prudence et la patience, et je constate avec plaisir aujourd’hui toute la sagesse de notre attitude», ajoute le pathologiste forestier du ministère québécois des Ressources naturelles, Bruno Boulet qui, à la tête d’une équipe de crise, avait été chargé, à cette époque, de survoler en avion les forêts touchées, afin d’en évaluer les dommages.

Bruno Boulet s’est particulièrement concentré sur l’évolution des érablières — leur mortalité, leur rétablissement, leur régénération — qu’il a «accompagnées», tel un bon médecin de famille, pendant les huit premières années post-verglas. Comme Jacques Brisson, il a pu compter sur un outil qui conférait à son travail une précision inégalée: l’existence, à l’intérieur de 69 érablières de la région, de parcelles-témoins installées, aux fins d’études diverses, AVANT le verglas.

«On a remarqué qu’en général les érables endommagés étaient excessivement résilients, dit-il: par exemple, 41 % des érables ayant pu conserver aussi peu que 20 % de leurs cimes, avaient réussi à reprendre le dessus.» Plus le pourcentage de branches restantes augmentait, plus les arbres haussaient leurs chances de survie (à 40 % de branches restantes correspondit un rétablissement complet — 87 % — des arbres en question).

Les scientifiques ont aussi établi que la plus ou moins grande richesse du sol où est située l’érablière entrait en ligne compte dans la résilience des arbres. Les érablières ancrées en sol épais et mésique augmentaient la résistance de leurs sujets, contrairement à des forêts en montagne où le sol est généralement mince. «Des érablières entières, il s’en est perdu 10 à 15 % poursuit Bruno Boulet, et souvent ce fut dans des conditions de sol pauvre.»

Choc post-traumatique «végétal»
Dix ans plus tard, les impacts du verglas de 1998, sur les arbres, ne sont pas tous disparus, du moins selon Jacques Brisson. «Chez les vieux érables, la réparation semble plus difficile et encore très lente. De même, une mortalité légèrement accrue des hêtres s’est manifestée encore récemment (2004-2007), mais le phénomène pourrait cependant être dû à la maladie corticale du hêtre.»

Serait-il farfelu de parler d’une espèce de choc post-traumatique «végétal»? «Pas du tout, assure le chercheur. Un arbre qui cesse de vivre, ce n’est pas aussi clair que chez un animal dont l’absence de pulsations indique sans équivoque qu’il a cessé d’exister. Un arbre, ça meurt longtemps, ça meurt sans qu’on s’en rende compte, parce qu’il reste debout.»

Une chose est sûre: même si nos forêts semblent avoir bien traversé l’épreuve, l’accident climatique est d’ores et déjà inscrit dans les cernes du tronc de chaque sujet. «Un dendro-chronologiste qui «carottera» ces arbres dans 100 ans verra chez les uns un ralentissement de croissance, et chez les autres un développement intense. En comptant bien les cernes, il identifiera à coup sûr la période «problématique» de 1998. Une visite aux archives lui apprendra le reste…

Le verglas: un désastre écologique à Montréal
Odile Clerc - Agence Science-Presse

Près de 360 000 m3 de bois… un volume équivalent à 16 terrains de soccer sur 5 mètres de hauteur! C’est la quantité de bois, tombée au sol — de manière naturelle et après élagage — suite à la tempête de verglas de janvier 1998!

Paul-Émile Rocray, ingénieur forestier à la ville de Montréal et, à l’époque, responsable avec Denis Marcil de l’inventaire et des opérations, commente les chiffres du recensement: «Sur un total de 447 000 arbres à Montréal, 252 000 ont été gravement touchés, 14 000 ont été abattus, 150 000 ont été élagués, etc. Un carnage écologique!» Il faut préciser que les charges de poids qu’ont dû supporter les arbres en quelques jours ont été 40 fois supérieures à la normale. Pas étonnant alors que les arbres à large feuillage tels que les frênes, les érables argentés, les micocouliers et les féviers aient été le plus touchés. Les arbres à la silhouette plus longiligne, comme les chênes rouvre, les peupliers de Lombardie et les chicots du Canada — les champions de la résilience — ont mieux résisté. Comme le roseau, ils ont plié, mais n’ont pas rompu.

Autre facteur de fragilité, l’isolement. «Les arbres isolés, c’est-à-dire ceux des rues, ont beaucoup plus souffert que ceux des parties boisées. Cependant, à cause de son altitude même faible de 230 mètres, le Mont-Royal, plus froid, a été plus touché par la crise. Ce sont 79 % des arbres du Mont-Royal qui ont été endommagés, ajoute Paul-Émile Rocray. Le verglas s’y est maintenu beaucoup plus longtemps qu’en ville. Pourtant, les dégâts en ville étaient de taille, en particulier dans les quartiers du sud-ouest et de l’ouest de Montréal.»

Un bilan encore très lourd
Dix ans plus tard, le handicap des arbres touchés par la crise reste sérieux. «Les nouvelles branches qui ont poussé à partir de celles qui ont été tronçonnées ou naturellement sectionnées sont fragiles et sensibles aux maladies. De plus, les plaies des arbres ont favorisé le développement de champignons. Dans le parc du Mont-Royal, on assiste à un autre problème : une végétation intrusive et prolifique s’est développée dans les sous-bois des zones décimées. On y trouve des érables de Norvège, des anthrisques des bois, des framboisiers, toute une nouvelle végétation qui a tiré profit de l’apport de lumière causé par l’éclaircissement des cimes. Autre impact de la tempête, de nouvelles branches ont poussé à la verticale sur des arbres pliés, tous ces problèmes entraînant une moindre longévité», explique Paul-Émile Rocray.

Après les 8000 arbres plantés l’année suivant la crise, la ville de Montréal et ses 19 arrondissements continuent à se consacrer au reboisement de chaque quartier. «Malheureusement, les arbres handicapés par la tempête le seront à jamais. Le mieux à faire est d’assurer la relève!», conclut Paul-Émile Rocray. En espérant que le poids de la neige qui s’annonce cette année abondante, n’endommagera pas davantage les arbres déjà estropiés.

Jongler avec le climat?

(Agence Science-Presse) – Les scientifiques devraient-ils essayer de manipuler le climat, si l’objectif est de ralentir le réchauffement planétaire? Dans un congrès récent consacré à cette délicate question, la réponse des 50 chercheurs réunis, représentant l’élite de leurs disciplines, fut d’abord qu’il serait plus prudent de ne pas se lancer sur cette voie, considérant les risques: nous en savons encore trop peu sur les processus climatiques à l’échelle de la planète, de sorte que de telles manipulations pourraient empirer le problème. Pourtant, lorsque la question en est venue au vote, ces mêmes scientifiques ont répondu «oui», allons-y, expérimentons. La manipulation du climat, longtemps réservée aux pages de la science-fiction, a été relancée en 2006 par un article du Prix Nobel Paul Crutzen intitulé Climatic Change, qui laisse croire que l’ère du «génie climatique» est peut-être plus près qu’on ne l’imagine.

Plastique intelligent!

(Agence Science-Presse) - Une pellicule de plastique offrant une protection antimicrobienne, qui change de couleur suivant l’état de conservation de l’aliment, qui est 100 % biodégradable… et comestible? Non, ce n’est pas de la fiction! C’est ce sur quoi travaillent des chercheurs de l’Université de São Paulo au Brésil. Fabriqué à partir de manioc et de sucre, ce plastique est encore en phase de développement, mais il pourrait s’avérer une alternative intéressante aux emballages plastiques classiques en raison de sa décomposition rapide. Autre caractéristique: il interagit avec le produit emballé. Au contact de l’aliment, le plastique peut changer de couleur pour signaler son état de conservation grâce à l’ajout d’extraits de chou rouge, de raisin et de cerise.

Domicilié au pôle Nord
Nicolas Martin - Agence Science-Presse

Deux scientifiques, prêts à discuter, apparaissent devant la caméra web. Leur tâche, aujourd’hui, est inhabituelle: présenter, à des jeunes de 12 à 17 ans, leur mode de vie à l’intérieur de la station de recherche polaire Spitzbergen, en Norvège. Cette activité, à laquelle participaient ces jeunes curieux, s’est tenue à Berlin, les 2 et 3 novembre derniers, lors du Forum des sciences franco-germano-québécois.

Eric Lamagnon et Nicolas Le Viavant, chercheurs français à la station polaire, expliquent que la journée type d’un scientifique basé au 79e parallèle n’est pas radicalement différente de celle d’un scientifique du «Sud». Le changement est perceptible lorsqu’ils sortent de la station: grande étendue blanche, noirceur constante en hiver, températures extrêmes; pas de métro ni de panneaux publicitaires. En outre, plusieurs scientifiques n’y séjournent que pour une courte période et repartent aussitôt, souvent sans même avoir pu constater les particularités la région, ajoutent-ils.

Bien que franco-allemande, la station possède le statut de centre de recherche international en territoire norvégien. La langue officielle est l’anglais, et une trentaine de scientifiques provenant d’une douzaine de pays vivent dans ce petit village éloigné. Une piste d’atterrissage permet de garder un lien rapide avec le reste du monde, la communauté norvégienne la plus proche, Longyearbyen (1800 habitants), étant située à 100 km.

Interrogés par un jeune élève sur les effets des changements climatiques observables à partir de la station, Lamagnon et Le Viavant confient que ces effets sont «manifestes» et même «visibles à l’œil nu». En effet, nul besoin de se munir d’instruments pour remarquer que la neige fond plus vite au printemps et que la glace tarde à se former à l’automne. La fonte des glaces augmente chaque année, ce qui a pour effet d’éroder la côte constituée entièrement de glace. Depuis 1993, la côte a reculé d’environ 200 m par an. Par ailleurs, l’eau du fjord se réchauffe constamment depuis 40 ans. Ils ont également constaté que l’ours polaire se faisait de plus en plus rare dans la région depuis quelques années en raison de la diminution de la banquise.

Contribution écologique

(Agence Science-Presse) – Quand on dit que chacun devrait faire sa part pour l’environnement… Les utilisateurs des autobus de Kilmarnock, en Grande-Bretagne, se voient offrir une réduction de 20 pences (environ 40 cents) sur leur billet s’ils apportent un pot d’huile à cuisson usagée —l’huile étant ensuite convertie en biocarburant pour les autobus.

Le maïs OGM menace l’écosystème
Benoît Lacroix - Agence Science-Presse

Le maïs Bt, largement cultivé au Québec, fait des victimes innocentes. Les trichoptères, de petits insectes aquatiques, se nourrissent du pollen et des plants de maïs qui se retrouvent dans les cours d’eau avoisinant les champs. Une étude américaine vient de démontrer que ces insectes, qui ne nuisent pas au maïs, sont affectés par l’insecticide que produit le maïs OGM. Ce dernier possède un code génétique modifié qui lui permet de produire son propre insecticide. Cela lui permet de résister à un insecte nuisible, la pyrale du maïs.

Selon Todd Royer, de l’Université de l’Indiana, les trichoptères nourris avec le maïs Bt grandissent deux fois moins vite que ceux nourris avec du maïs traditionnel. Comme il le remarque, «les trichoptères sont une source de nourriture pour des animaux plus évolués, comme les poissons et les amphibiens». C’est donc tout l’écosystème qui est affecté.

Gilles-Éric Séralini, biologiste moléculaire et spécialiste des OGM, constate que la plupart des études prouvant l’innocuité des OGM sur les organismes vivants qui en consomment sont faites par les fabricants d’OGM, et non par des laboratoires indépendants. D’ailleurs, avant l’homologation du maïs Bt, en 1996, des recherches avaient conclu à l’innocuité de la plante sur la faune aquatique. Toutefois, les tests avaient été faits sur des daphnies, de petits crustacés, et non sur des insectes. Quant aux derniers résultats obtenus avec les trichoptères, professeur Séralini, explique : «Ceux-ci n’ont rien de surprenant. Le maïs Bt a été créé pour tuer des insectes.» De plus, des études du chercheur montrent également que le maïs Bt nuit également aux mammifères.

Santé et éducation à Cuba, une fierté nationale

Je reviens d’une semaine de vacances à Cuba. Je m’étais promis de ne rien faire d’autres que de profiter de la plage, du soleil et d’un peu de lecture. Mais, dans mon cas, une semaine à ne rien faire, ça devient un peu long. Danielle et moi avons donc décidé de faire une journée de visite à la Havane.

J’ai été touché de voir le sentiment d’appartenance que la guide cubaine avait envers son pays. Quand elle nous présentait les différentes décisions que son gouvernement avait pris pour traverser différents événements marquants, j’avais l’impression qu’elle avait été présente pour voter en faveur de ces décisions. Elle les endossait et les assumait.

J’ai pu sentir aussi la fierté qu’elle avait dans les valeurs sociales que Cuba possède. Lors de la révolution en 1959, Cuba n’avait plus de médecin, les 6 000 médecins que Cuba avait se sont tous exilés dans différents pays.

Fidel Castro a reconstruit le système d’éducation. L’éducation est gratuite pour tout le monde. Si tu demeures trop loin de l’université, l’état paye pour ton transport et ta chambre. De quoi faire rêver plusieurs de nos étudiants. C’est plus de 69 000 médecins qui ont été formé entre 1959 et 1992! Ils en ont tellement formé, qu’ils soutiennent les pays du tiers-monde. Le Vénézuela reçoit 20 000 médecins cubains! J’ai laissé le nom du Québec comme pays qui mériterait d’être soutenu par la visite de médecins pour diminuer nos listes d’attente et pour permettre à tous les citoyens d’avoir un médecin de famille. Peut-être que Fidel Castro va recevoir mon message.

La famille est importante à Cuba. Chaque municipalité a sa maison pour soutenir les femmes enceintes.

Famille, Santé et Éducation, des valeurs nationales importantes dans le coeur des Cubains. Et ils ont pris les moyens pour assumer leurs choix sociaux. Est-ce que nous aurons un jour au Québec des politiciens capable d’assumer nos choix sociaux?

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La cause environnementale et la surconsommation
Paru le 7 janvier 2008

Voici ce qui m’est venu à l’esprit à l’aube de la fin de la conférence de Bali sur les changements climatiques en décembre dernier. J’ai pris du temps à mettre le propos en ligne, voulant bien peser mon commentaire. Je l’ai pesé, et je dois vous avouer qu’il n’a pas tant changé:

Les gouvernements font de l’environnement un objectif primordial. Le gouvernement conservateur essaie de refléter l’image d’un parti qui a la réduction des GES à cœur. Je n’en crois plus un mot.

Et je n’en crois pas plus de la part du Parti Libéral du Canada. Depuis 10 ans, le Canada n’a pas fait un pas en avant en matière d’environnement. Depuis 10 ans, les gouvernements tentent de nous convaincre qu’ils agissent dans le sens contraire. Je ne crois pas en cette volonté affichée par les gouvernements de chez nous. Autant au Québec qu’au Canada.

Le problème de nos gouvernements, c’est que la cause environnementale gagne en popularité alors que rien n’est réellement fait de la part des citoyens et des entreprises pour qu’elle gagne en santé… Oui, certaines personnes utilisent moins leur(s) voiture(s), prennent les transports en commun, recyclent, compostent, etc. Mais le problème reste toujours le même: notre consommation. Et je ne parle pas ici de consommation abusive. Notre simple consommation de citoyen averti menace encore la planète.

La cause environnementale a pris tant d’essors, mais dans le mauvais sens à mon avis. Aujourd’hui, on lance des tonnes de produits révolutionnaires, maintenant écologiques, bios, 100% naturels. Ces produits ne sont que la nouvelle surconsommation des occidentaux. Ton char pollue? Achète-toi en un qui pollue moins! Ton frigidaire consomme trop d’électricité? Achète celui avec la petite étoile qui certifie que ton frigidaire va faire un bon travail avec moins d’efforts! Mais on en reste toujours à la même chose : on veut consommer. Et les compagnies profitent d’un nouvel engouement pour nous faire consommer une nouvelle gamme de produits qui se voudraient sauveurs de la planète. Soyons vigilants à ce propos.

C’est notre consommation qui a poussé la planète au bord de ses limites. Faisons attention, et tentons de moins acheter. Je sais, c’est contre notre nature de contemporains du Nord de l’Amérique, mais étudions au moins la question, et demandons-nous : Ai-je vraiment besoin de ci, ou de ça?

La solution se trouve selon moi en grande partie dans la réduction de notre consommation. Et la réduction de notre consommation dépend de nos besoins. Avons-nous trop de besoins? L’homme a appris a survivre pendant la majeure partie de son existence avec le strict minimum. On devrait encore avoir ça dans le sang! Et si tout ce que vous avez à me répliquez, c’est que notre économie risque d’en prendre un bon coup, et bien vous avez raison. Et c’est peut-être ce dont elle a besoin.

Gabriel.

Le troc, c’est pas du toc!
Guillaume Brodeur, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008

Forme de commerce la plus ancienne, le troc n’a rien de révolutionnaire. Quoiqu’en cette ère où tout se vend et tout s’achète, il soulève un vent de fraîcheur en remettant le citoyen au cœur de l’échange. Cofondatrices de l’organisme Troc-tes-Trucs, les dynamiques Maude Léonard et Véronique Castonguay font la promotion de la consommation responsable et du développement durable… tout en réalisant de belles économies!

Troquer son vieux grille-pain en inox et quelques morceaux de linge qui végètent dans la garde-r