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Il était une fois…
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse
Tous les livres ne se ressemblent pas. Ceux que nous racontait ma mère étaient immenses avec de riches illustrations, sans compter les histoires qui nous tenaient, ma sœur et moi, en haleine et immobiles: des petites filles perdues dans la neige, amies de colombes et de biches, princesses errantes dans des forêts peuplées d’animaux fantastiques, etc.
Pourquoi raconte-t-on des histoires aux enfants? Mis à part le plaisir de partager un moment de complicité, avant la délicate heure du coucher, lire un livre permet de stimuler leurs sens, leur imagination, développer leur écoute, leurs habiletés narratives et bien d’autres choses encore.
Le nouvel ouvrage de l’ergothérapeute québécoise Francine Ferland, Raconte-moi une histoire. Pourquoi? Laquelle? Comment?, explique pourquoi les histoires sont nécessaires au développement de l’enfant, en plus de transmettre le bonheur de lire.
L’art de raconter des histoires
D’une page à l’autre, l’auteure répond aux questions que bien des parents se posent : faut-il raconter des histoires qui font peur aux enfants? Les histoires contribuent-elles à leur développement? Ne risquent-elles pas de leur faire perdre le contact avec la réalité?
«Certains parents ont peur de “mentir” à leurs enfants en leur racontant des événements fantastiques tirés de l’imagination. […] On lui précise qu’on est dans l’imaginaire, le merveilleux et que là, tout est possible», explique la mamie de Gabriel, Maude, Florence et Camélia.
Celle à qui l’on doit l’ouvrage Pour parents débordés et en manque d’énergie (même éditeur, 2006) se penche sur les différentes histoires —comptines, contes, livres d’images, livres à jouer et magazines — et sur les différentes manières de les raconter (à l’endroit, en commençant par la fin, etc.).
Et pour raconter une histoire, on n’a presque pas besoin de livres. Un objet, un sac avec des jouets à identifier, un album de photos… et voilà que les petits moments de la vie de l’enfant deviennent une aventure à partager.
Ce petit guide de 150 pages propose même six petites histoires inédites pour se pratiquer à (re)lire des histoires ou retrouver le plaisir qu’on nous en raconte.
Raconte-moi une histoire. Pourquoi? Laquelle? Comment? par Francine Ferland, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2008, 15 $
http://www.chu-sainte-justine.org/editions/index.asp
Vivre avec l’autisme
Isabelle Binggeli, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
«Pour la première fois, nous envisa-geons des vacances d’été, tous ensemble!», lance avec enthousiasme Hélène Picard, une jeune mère de 33 ans. Elle et son conjoint Maxime sont devenus des experts dans l’organisation de la routine quotidienne et des projets familiaux. Les déplacements et les activités de leurs 2 garçons sont rigoureusement planifiés, le moindre détail pensé et corrigé si nécessaire. Zélés, direz-vous? Non, ils sont simplement les parents de Zachary et Cédric, diagnostiqués autistes alors qu’ils étaient âgés respectivement de 4 ans et 19 mois.
Le cadet, Cédric, est depuis sa naissance un enfant à la santé fragile. En plus de ses problèmes d’alimentation, il présente également des signes de retard du développement, ne réagissant toujours pas à l’appel de son nom à l’âge de 7 mois. «Nous croyions qu’il était un petit peu plus farouche, plus difficile à apprivoiser», raconte sa mère en évoquant ses souvenirs. «Nous ne comprenions pas ses réactions; le moindre mouvement, bruit ou lumière pouvait déclencher chez lui une crise.» L’autisme est diagnostiqué rapidement chez le jeune Cédric et ses parents lui accordent encore plus d’attention. Bien malgré eux, le grand frère Zachary passe parfois inaperçu.
Ce dernier est un garçon extrêmement intelligent, qui sait compter et reconnaître toutes les couleurs en anglais et en français à l’âge de 2 ans. «Zachary avait et a toujours un énorme potentiel, il nous surprend constamment», souligne fièrement Hélène, «mais nos échanges avec lui pouvaient s’avérer laborieux. Nous le sentions souvent bien loin dans son propre univers, dans sa petite bulle.» En effet, alors que les parents décident d’inscrire leurs 2 fils dans un centre de la petite enfance, les éducateurs mentionnent le manque d’interaction entre eux et l’aîné. Son comportement indique des traits anxieux, un déficit de l’attention et des problèmes de communication.
Un deuxième constat frappe de nouveau: Zachary est également autiste, mais autiste de haut niveau. Dans son cas, cela se traduit par de grandes capacités d’apprentissage mais des aptitudes sociales jugées déficientes. La jeune mère de famille confie l’avoir pressenti: «Après le diagnostic de Cédric, nous avons suivi plusieurs formations sur les troubles envahissants du développement, nous sommes devenus membres de la Société de l’autisme de Lanaudière et avons énormément lu sur le sujet. Dès qu’on a formulé des doutes sur le comportement de Zachary, je savais bien vers quoi on se dirigeait.
Réorganiser sa vie
Ce deuxième contrecoup ébranle la famille ainsi que les proches. C’est Hélène qui réagit le plus violemment. Heureusement, son conjoint sait la rassurer, lui rappelant que leurs garçons sont toujours les mêmes malgré une situation difficile à accepter. «Les mères sont généralement plus émotives au début, mais elles se ressaisissent rapidement. Les pères deviennent les piliers sur qui s’appuyer», raconte-elle calmement. «Mais les hommes n’ont-ils pas leurs moments de peine et de détresse? «Mais si, les étapes de la vie telles que vécues normalement par les enfants les touchent davantage. C’est un pincement au cœur pour eux de voir un gamin enfourcher aisément la bicyclette, ou encore entendre un ami raconter sa fin de semaine à la pêche avec son fils. Pourtant, rien n’est impossible, ce sont les délais qui sont plus longs.» Dans ces moments délicats, c’est Hélène qui, à son tour, console Maxime et demeure forte pour sa famille.
Pour eux, la vie continue malgré une totale réorganisation de l’environnement familial. Tout est adapté aux besoins des 2 garçons, des séquences dessinées sur les murs rappelant l’ABC d’une toilette et du brossage des dents jusqu’aux armoires de cuisine barrées et serrures disposées en hauteur. La maman, qui reste à la maison, organise le déroulement des journées et veille à ce que ses enfants ne manquent de rien. Elle en a vu de toutes les couleurs. «Chez nous, négliger un minime détail peut déclencher une aventure complètement folle!» s’esclaffe-t-elle. «Tenez, cela fait plusieurs années que le tube de pâte dentifrice est posé sur le comptoir sans que personne ne lui prête attention. Mais voilà qu’un beau jour, Cédric décide de l’engloutir en entier!»
Si Hélène sourit beaucoup et semble d’un optimisme à toute épreuve, elle admet toutefois que certains instants sont pénibles: «Il arrive que, pendant des semaines, les garçons se lèvent à quatre heures du matin. Pour eux, la journée commence! On ne peut pas leur expliquer la réalité comme à d’autres enfants. Ils ne conçoivent pas le monde à notre manière. Imaginez, cela a pris quatre ans avant que Cédric ne fasse ses nuits!»
Néanmoins, avec le temps, les parents apprennent à gérer de mieux en mieux chaque situation et à anticiper les comportements et idées farfelues qui peuvent passer dans la tête de leurs fils.
Aller à l’école
Cédric et Zachary ont maintenant 6 et 7 ans. Le temps est venu pour eux d’aller à l’école. Ils sont intégrés dans les classes régulières avec l’aide d’une intervenante qui les accompagne 8 heures par semaine. Elle les aide notamment à mieux se concentrer, répète les consignes du professeur, les rassure afin de bien suivre les directives et les calme lorsque survient une crise. Dans leurs groupes, les deux garçons retrouvent des amis qui les connaissent depuis plusieurs années et qui s’accommodent très bien de leurs différences. Certains d’entre eux les prennent même sous leurs ailes.
Selon l’éducatrice spécialisée Corinne Lepage, ce scénario n’est pas monnaie courante. «Les élèves sont généralement très peu sensibilisés à ce qui touche l’autisme ou autre trouble envahissant du développement. Ils jugent ceux qui semblent différents et font parfois des commentaires méchants à leur endroit.» Elle souligne que les limites de temps, d’énergie et de budget se font ressentir: «Les professeurs qui ont un enfant avec un problème d’apprentissage dans leur classe ne sont souvent informés qu’à la dernière minute de son intégration. Ils en ont déjà plein les bras avec la discipline. Le temps qu’ils accordent à l’élève autiste, par exemple, n’est vraiment pas suffisant. Pour cette clientèle, ajoute Corinne avec conviction, il nous faut des ressources supplémentaires!»
Elle revient tout juste d’une formation intensive sur l’autisme et paraît plus que motivée: «Il y a tellement à faire avec ces enfants, et pas seulement à l’école! Ce serait tellement pertinent de travailler de façon systémique, c’est-à-dire de faire le lien entre l’environnement scolaire et familial. Par exemple, nous pourrions transposer à la maison certaines de nos approches éducatives utilisées en classe adaptée.» Cela favoriserait ainsi l’apprentissage et surtout, rassurerait ces enfants qui, comme Zachary, deviennent anxieux face à des instructions ou à des tâches à accomplir.
Même s’il reste beaucoup de chemin à parcourir pour améliorer la compréhension entourant les personnes autistes, la jeune éducatrice insiste sur l’importance d’informer et de sensibiliser davantage la population. Même son de cloche chez Hélène qui est si fière de ses garçons. Chacune à sa manière, elles contribuent à bâtir un monde où la différence signifie l’opportunité de grandir tous ensemble.
Encadré
Quelques faits sur l’autisme
L’autisme est un handicap qui altère le développement normal de la communication, comme les interactions sociales en géné- ral. Il est régulièrement associé à d’autres troubles tels que l’épilepsie, l’hyperactivité et l’oligo-phrénie (faiblesse d’esprit). C’est durant les 3 premières années de la vie que se manifeste l’autisme.
Il figure parmi les troubles envahissants du développement (TED) et affecte près de 10 personnes sur 10 000, sans consi-dérations sociales, ethniques ou raciales. Cependant, on observe qu’il touche majoritairement les garçons (quatre pour une fille), et que ses causes et symptômes varient considérablement d’un enfant à l’autre.
Les valeurs ne foutent pas tant le camp
(Agence Science-Presse) – Les valeurs familiales ont décliné depuis le début du 20e siècle? Peut-être bien, mais il en reste quelque chose de plus solide qu’on ne le croit, selon deux Britanniques qui ont comparé des couples sans enfants de 1910 avec ceux d’aujourd’hui. Aux États-Unis, révèlent les données du recensement, ces couples étaient jadis trois fois plus nombreux à héberger neveux ou nièces que les couples avec enfants: on pense ici aux orphelins ou aux enfants de familles trop démunies qu’oncles et tantes décidaient alors de prendre sous leur toit. Certes, cette situation est moins courante aujourd’hui: les parents font moins d’enfants et ceux-ci courent moins le risque d’être sans foyer. Pourtant, écrivent Thomas Pollet et Robin Dunbar, il en subsiste quelque chose: une analyse des familles belges a révélé que les femmes sont plus susceptibles de recevoir des coups de fil ou des courriels de leurs neveux et nièces si elles sont elles-mêmes sans enfants. Un individu est également plus susceptible de donner de l’argent à un proche parent, si celui-ci a des enfants (source: Journal of Biosocial Science).
Journée d’alphabétisation familiale
Les genoux du bonheur
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse
C’est elle qui a choisi le livre. Tenu fièrement par sa couverture bariolée, il rejoint les genoux de sa maman où vient de se hisser la petite Maëlle. «Pendant la lecture, nous sommes très complices, c’est comme si on s’évadait ensemble dans un monde imaginaire», explique Bérengère. La maman de la fillette de 4 ans et demi reste fascinée par le plaisir et la curiosité de son enfant pour chaque nouvelle histoire et espère que ce bonheur se prolongera quand Maëlle saura lire toute seule.
En marge de la Journée pour l’alphabétisation célébrée en novembre, la Journée nationale de l’alphabétisation familiale, qui se tenait le dimanche 27 janvier, célèbre depuis bientôt dix ans le plaisir d’apprendre à lire, écrire et compter en famille.
Lancé en 1999 par la Fondation pour l’alphabétisation ABC Canada, cet événement invite les familles à se livrer à différentes activités axées sur l’apprentissage. Son président honoraire, l’auteur jeunesse Robert Munsch, s’apprête même à fêter cette journée sur le thème des pirates avec la famille gagnante du concours Munsch chez soi : les Kurbis-Friesen de Winnipeg. Au Québec, de nombreuses activités encourageaient l’alphabétisation en famille ce dimanche, mais elles sont bien moins nombreuses que dans les provinces anglophones.
Un apprentissage de famille
«La famille, c’est le lieu de reproduction de l’analphabétisme. Lorsque les parents ne lisent pas, ne se sentent pas compétents pour épauler leurs enfants à l’école… C’est un héritage infernal de génération en génération dans les milieux pauvres et faiblement scolarisés», s’exclame Maryse Perreault, présidente-directrice générale de la Fondation pour l’alphabétisation.
Connue pour son programme La lecture en cadeau, la fondation possède aussi une ligne Info-Alpha (1-800-361-9142) d’aide et de référence pour les personnes analphabètes ou en quête de formation de base en lecture et écriture. Et comme le révélait l’enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes, rendue publique en 2005, près de 42 % de la population canadienne possède de faibles ou très faibles connaissances pour fonctionner dans la société actuelle du Savoir.
Il faut aussi changer l’idée reçue que les aînés sont les seuls qui ne savent pas lire et écrire. «C’est un tabou social et il y en a des analphabètes dans toutes les tranches d’âges. La corrélation se fait plutôt avec la pauvreté et le niveau de scolarisation», tranche Maryse Perreault. Elle relève que 36 % des 16-25 ans sont sous le niveau nécessaire (niveau 3 soit l’équivalent des compétences données par le cinquième secondaire) alors qu’ils ont toute leur vie active devant eux.
Les actions ciblées sur les enfants et les adultes, l’aide aux devoirs, les programmes de lutte contre le décrochage des adolescents ne sont pas suffisants. «C’est trop peu et trop tard. Il faut agir auprès des parents et les ramener dans le giron de l’école de leur enfant», pense Maryse Perreault.
Grand lecteur, petit lecteur
La lutte contre l’analphabétisme passe aussi par l’exemple que l’on donne aux enfants: un parent qui lit le journal, une histoire racontée sur les genoux, etc. «Il faut transformer nos valeurs — importance de l’école, de l’éducation et de la lecture — en action. Les femmes ont particulièrement un grand ascendant sur le devenir de la famille et des enfants», affirme Maryse Perreault.
Pas étonnant que le YMCA lance un programme intitulé «ABC en famille» mais il n’est pas le seul à valoriser le foyer comme lieu de partage et d’apprentissage comme le témoignent des projets de recherche-action, tel celui de la Commission scolaire Marie-Victorin, «De A à Z, on s’aide!» ou encore l’incontournable «Une naissance, un livre» actif dans le réseau des bibliothèques de la province.
Sans compter que pratiquer la «lecture de genoux» s’avère une belle activité familiale à valoriser. Source de plaisir et d’échanges. Pour cette journée, et les jours d’après.
How computers make our kids stupid: la conclusion sur les ordinateurs à l’école
Tel que promis, j’ai pris le temps de lire la recherche de Michael Zwaagstra. Le rapport de quelques pages étaient très synthèse. Pas de place au débat ou aux explications. J’avais l’impression d’avoir une table des matières avec une série de référence pour d’autres lectures à faire.
Une des références utilisé par Michael Zwaagstra a attiré mon attention. Un texte écrit par Sue Ferguson en juin 2005 pour MacLean’s. How computers make our kids stupid. There’s growing evidence that too much cyber-time dumbs down our children. Traduction maison: Comment les ordinateurs rendent nos enfants stupide. Il est de plus en plus évident que trop de temps passé sur les ordinateurs rendent plus niaiseux nos enfants.
Ce texte est plus consistant et développe plus la problématique. En plus des références à plusieurs chercheurs et études sur le sujet, nous y retrouvons aussi des témoignages d’enseignants, de direction d’école et d’étudiants.
La référence à une étude de la sociologue Janice Newson de York University auprès de 100 membres de la faculté est révélatrice. Le tiers des répondants ont des problèmes de mémoire et des difficultés de concentration qu’ils associent aux ordinateurs. 70% mentionnent qu’au lieu de lire en profondeur ils ne font que survoler l’information. Leur communication est devenue plus superficielle et moins personnelle.
La conclusion est intéressante. “The world’s full of all kinds of things — automobiles, sexuality, and we have appropriate times and places for all these aspects of our lives. Traduction maison: “Le monde est rempli de toutes sortes de choses: automobiles, sexualité, et nous avons des temps et des places appropriés pour tous ces aspects de notre vie.
http://raymondviger.wordpress.com/2008/03/09/le-journalisme-linternet-et-les-ordinateurs-en-classe/
À quand le retour de La Soirée du hockey? demande Amir Khadir
Dans le courrier du lecteur du Journal de Montréal du 26 février dernier, Amir Khadir nous parle de son intégration au Québec dans les années 1970 grâce, entre autre, à La Soirée du hockey qui a su remplacer sa ferveur du soccer.
Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire propose que La Soirée du hockey effectue un retour au jeu sur le réseau de télévision publique pour que La Soirée du hockey soit accessible à tous les Québécois, toutes origines confondues. Amir Khadir nous parle de son intégration et de l’importance qu’un réseau de télévision publique soit un outil d’information, d’éducation et de divertissement populaire.
Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec un article qu’un travailleur de rue, Alain Martel de la Rive-Sud avait publié dans Reflet de Société il y a près de 2 ans. Cet article présentait la relation qu’un père pouvait établir avec son fils lors de la La Soirée du hockey. Alain Martel était attristé que La Soirée du hockey ne soit plus accessible gratuitement à tous les Québécois et à leurs enfants.
Radio-Canada et les Canadiens vont-ils entendre ces cris du coeur?
Nouveau regard sur les vieux et le système de santé
Une entrevue du gériatre Réjean Hébert réalisé par Louise Gendron dans L’actualité du 1er décembre attire mon attention: “Attention, les vieux arrivent”. Un article qui mérite d’être commenté car il attaque plusieurs légendes urbaines qui font la une de plusieurs médias.
Il est facile de dire que tous nos problèmes de budget et de santé sont dû au vieillissement de la population. D’entrée de jeu Réjean Hébert sort une statistique qui fait du bien: “80% des vieux ne sont pas malades”.
Autre fait intéressant sur les coûts en matière de santé souligné par Réjean Hébert: “La technologie de pointe coûte cher, mais ceux qui en bénéficient le plus sont soit des patients âgés de moins d’un an, soit des adultes ayant entre 20 et 45 ans, atteints d’un cancer par exemple”.
Finalement, Réjean Hébert pose le dernier clou sur les légendes urbaines: “L’espérance de vie en bonne santé augmente. Les 6 mois précédant le décès sont les plus coûteux pour le système, mais plus vous êtes vieux au moment de vivre ces 6 derniers mois, moins ils coûtent cher”.
Je me devais de souligner ces commentaires de Réjean Hébert dans son entrevue avec Louise Grenon. Un éclairage nouveau présentant le vieillissement de la population différemment. De belles munitions pour réagir aux politiciens qui cherchent des boucs émissaires au déficit et aux problèmes de gestion dans la Santé. Une réalité qui pourra confronter les gros titres de certains quotidiens qui aiment alimenter les légendes urbaines.
Félicitations à Louise Grenon pour cet article.
Voter pour cet article sur Cent Papier.
Enfin des enfants
Jean-Guy Roy, radio Ville-Marie, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008
Depuis des années, on nous rabâche des statistiques pessimistes sur le vieillissement de la population. C’est une tendance inexorable, nous affirment les démographes. Le Québec prend un coup de vieux, les résidences de personnes âgées poussent comme des petits champignons, 60% des lits d’hôpitaux sont occupés par des aînés. Saviez-vous que le Québec compte 1300 centenaires? Mais voilà une bonne nouvelle, les Québécois renouent avec la natalité.
Les statistiques publiées en décembre 2007 parlent d’un bond de 8% de la natalité au Québec. Le Québec a vu sa population grimper de 82 100 enfants de plus entre juillet 2006 et juillet 2007. La fécondité des Québécois atteint maintenant 1,62 enfant par femme. Les observateurs signalent que cette augmentation significative n’avait pas été observée depuis plus de 60 ans. Avec ce bond, le Québec a franchi le cap des 7,7 millions d’habitants. C’est une excellente nouvelle!
On ne peut pas qualifier cette augmentation de baby-boom ou encore d’une réelle tendance; il faut une dizaine d’années pour mesurer tout cela. Comment se fait-il qu’il y ait tant de naissances? Plusieurs éléments concourent à cette croissance et je pense que les mesures sociales et gouvernementales mises en place favorisent beaucoup cette croissance. La situation économique favorable, les garderies à sept dollars, les programmes gouvernementaux et ceux des employeurs contribuent sans aucun doute à relancer la natalité au Québec.
Plus le gouvernement favorisera la famille, plus les parents seront désireux de faire des enfants. En fait, plus les parents seront rassurés d’un support adéquat, plus ils auront le goût de mettre au monde des enfants. Nous connaissons très bien les défis que représente l’arrivée d’un enfant dans un couple. Le contexte des pays industrialisés ne favorise pas spontanément la natalité, tout est tourné vers l’individualisme et le consumérisme.
Un peuple qui ne se renouvelle pas est un peuple qui s’éteint, qui se meurt. L’avenir du Québec passe nécessairement par la natalité et l’immigration. Nous ne pouvons assurer un avenir à notre culture et à notre langue sans enfants. C’est une vérité de La Palice. Devant cette réjouissance du boum de natalité et de l’augmentation de la population, il y a une ombre au tableau. Le Québec fait face à un flux migratoire inquiétant vers les autres provinces canadiennes; le flux a même augmenté sensiblement. S’il est bon de faire des enfants, encore faut-il savoir les garder chez nous. Il est évident que l’on ne peut attacher les gens; il s’avère toutefois important d’offrir à nos jeunes des lieux d’épanouissement très compétitifs avec l’ensemble canadien.
Le Québec conserve malgré tout une population active et occupe toujours la 2e place sur le plan démographique au Canada, après l’Ontario. Pour maintenir le Québec à flot, la province doit trouver des incitatifs pour favoriser la natalité et l’accueil en plus grand nombre de nouveaux arrivants. Ce qu’il y a de réjouissant dans ces récentes statistiques, c’est que les Québécois ont encore envie de faire des enfants. Les experts estiment que les naissances dépasseront 84 000 en 2007. La population du Québec continue toutefois de vieillir ; l’espérance de vie est de 78 ans chez les hommes et de 83 ans chez les femmes.
Outre les questions de valeurs et de choix, les enquêtes montrent que la question monétaire est un critère important dans le nombre d’enfants que les parents souhaitent avoir. On ne fait pas des enfants pour s’enrichir monétairement, mais autrement. Mettre des enfants au monde est un risque qu’il faut parfois calculer. Il arrive que nous nous efforçons trop souvent de donner à nos enfants tout ce qui nous a manqué dans notre jeunesse et nous négligeons malheureusement de leur donner ce dont nous avons bénéficié.
«L’argent est une richesse morte, les enfants sont une richesse vivante.» nous dit un proverbe chinois.
La mort d’un rêve
Mot de Marilou
Marilou, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008
La planification de la retraite se fait en plusieurs étapes. Même bien préparée, elle réserve parfois de grosses surprises.
Mon mari et moi avons commencé tôt à nous préparer financièrement. Comme projet de vie, nous voulions avoir plus de temps pour les activités que nous pratiquions déjà. Dans cet esprit, en 1999, nous avons fait l’acquisition d’un camp de pêche. Voilà de quoi occuper une bonne partie de nos étés de retraités!
Au cours de l’année 2002, mon mari a décidé qu’il prendrait sa retraite à l’automne 2003. Pour lui, elle représentait un achèvement. Il avait le goût de rendre grâce pour la vie qu’il a vécu, pour tout le bonheur qu’il a eu, pour la satisfaction que le travail lui a procuré et d’être encore plus présent auprès de sa famille. C’est ce qu’il a fait.
Quelques mois plus tard, je me suis posé la question. Et moi, qu’est-ce que je fais? Est-ce que je continue de travailler ou j’arrête? Je ne voyais pas ce que je pouvais donner de plus au travail. J’avais le sentiment d’avoir fait le tour. Je voulais être disponible pour mon mari au cas où il voudrait voyager, aller au camp, faire du bénévolat.
Quel plus beau projet de vie pouvions-nous avoir après nous être si bien investis dans nos carrières respectives et dans notre famille? À quelques reprises, avant de prendre ma retraite, je disais à mes collègues: « Je ne voudrais pas avoir à dire un jour ‘‘J’aurais donc dû’’». Voilà ce qui m’a motivée à arrêter en même temps que mon mari.
Nous avons profité pleinement de notre première année de retraite ensemble, en prenant soin de nos enfants, petits-enfants, en voyageant, en rénovant notre camp, en faisant des activités ensemble et individuellement.
À l’automne 2004, mon mari décide d’aller chez le médecin pour un examen de routine. Peu de temps après, nous recevons l’invitation pour souligner son départ à la retraite. Nous nous réjouissions d’avance de cet heureux moment.
Mais voilà qu’un événement imprévu survient: le médecin convoque mon mari à son bureau. Un indicateur dans sa prise de sang n’est pas normal, cela pourrait indiquer soit un cancer des intestins, soit un cancer du poumon. Comme mon mari a déjà fumé, le médecin lui recommande d’aller prendre une radiographie des poumons. Ce que mon mari a fait peu de temps après.
Nous sommes sur le qui-vive. Est-ce possible? Qu’est-ce qui va se passer avec la fête? Dans quel état serons-nous? Comment faire face?
Nouvelle convocation chez le médecin. Le verdict tombe : cancer du poumon. Nous n’avions pas envisagé cette hypothèse. Aurait-t-on pu la prévoir? Sûrement pas. Nous aurions bien aimé que les événements se déroulent autrement, mais cela fait partie des éléments de la vie sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.
Nous avons pu constater que lorsque le cancer entre dans une famille, toutes les priorités changent, les activités habituelles sont mises de côté, des examens de toutes sortes sont planifiés. J’ai dû rapidement faire le deuil de ma retraite rêvée et m’adapter à cette nouvelle réalité. Face à une situation semblable, on n’est plus en mode «retraite» mais en mode «survie».
Notre vie venait de changer.
Marilou
http://journaldelarue.wordpress.com/2007/12/16/la-retraite-bouleversements-a-apprivoiser/
Santé et éducation à Cuba, une fierté nationale
Je reviens d’une semaine de vacances à Cuba. Je m’étais promis de ne rien faire d’autres que de profiter de la plage, du soleil et d’un peu de lecture. Mais, dans mon cas, une semaine à ne rien faire, ça devient un peu long. Danielle et moi avons donc décidé de faire une journée de visite à la Havane.
J’ai été touché de voir le sentiment d’appartenance que la guide cubaine avait envers son pays. Quand elle nous présentait les différentes décisions que son gouvernement avait pris pour traverser différents événements marquants, j’avais l’impression qu’elle avait été présente pour voter en faveur de ces décisions. Elle les endossait et les assumait.
J’ai pu sentir aussi la fierté qu’elle avait dans les valeurs sociales que Cuba possède. Lors de la révolution en 1959, Cuba n’avait plus de médecin, les 6 000 médecins que Cuba avait se sont tous exilés dans différents pays.
Fidel Castro a reconstruit le système d’éducation. L’éducation est gratuite pour tout le monde. Si tu demeures trop loin de l’université, l’état paye pour ton transport et ta chambre. De quoi faire rêver plusieurs de nos étudiants. C’est plus de 69 000 médecins qui ont été formé entre 1959 et 1992! Ils en ont tellement formé, qu’ils soutiennent les pays du tiers-monde. Le Vénézuela reçoit 20 000 médecins cubains! J’ai laissé le nom du Québec comme pays qui mériterait d’être soutenu par la visite de médecins pour diminuer nos listes d’attente et pour permettre à tous les citoyens d’avoir un médecin de famille. Peut-être que Fidel Castro va recevoir mon message.
La famille est importante à Cuba. Chaque municipalité a sa maison pour soutenir les femmes enceintes.
Famille, Santé et Éducation, des valeurs nationales importantes dans le coeur des Cubains. Et ils ont pris les moyens pour assumer leurs choix sociaux. Est-ce que nous aurons un jour au Québec des politiciens capable d’assumer nos choix sociaux?
Voter pour ce texte dans Cent Papier.
«Ta vie t’appartient»
Entretien avec Vivian Barbot
Sylvie Daneau, La Marie Debout, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008
Dans le cadre du 8 mars, Journée internationale de la femme, Reflet de Société vous présente le texte d’une membre de La Marie Debout, un organisme communautaire dédié à la condition féminine. Sylvie Daneau a rencontré la politicienne Vivian Barbot, une femme pour laquelle elle voue un grand respect.
J’ai connu Vivian Barbot il y a 18 ans. Elle a été ma «prof» au cégep de Victoriaville. En 2002, je l’ai retrouvée à Montréal, alors qu’elle était la présidente de la Fédération des femmes du Québec. Depuis, nous avons gardé le contact. J’ai réalisé cette entrevue pour mieux vous faire connaître la femme profondément humaine derrière la politicienne.
La politique a toujours été présente dans tous les engagements sociaux de madame Barbot et ce, bien qu’elle soit entrée en politique active depuis 2006 seulement. Sa fonction de députée lui permet de se retrouver avec des personnes qui –comme elle– ont à coeur les éléments de changement et d’amélioration de la société. Pour la députée de Papineau, c’est extrêmement important.
«Quand on arrive au Parlement, confie-t-elle, on ne peut pas s’empêcher de penser aux générations de gens qui sont passés avant nous.» D’être l’une des trois cents et quelques personnes qui s’y réunissent, pour une population énorme et diversifiée est, pour Vivian Barbot un privilège. «Cela ne donne pas seulement un sens de l’importance de ce que l’on fait mais aussi du sérieux qu’on doit y mettre. De représenter des gens qui ont mis une petite croix à côté de notre nom, ce n’est pas rien!», s’exclame Vivian, qui trouve cet aspect gratifiant en soi.
Parcours intéressant
Depuis 1967, Vivian Barbot a fait beaucoup de chemin et elle en est très fière. Son parcours de vie, elle le trouve important et significatif pour la société. «En particulier, précise-t-elle, pour les gens de la communauté haïtienne et les immigrants qui me disent souvent que je leur sers de modèle.» Elle croit qu’il est nécessaire pour les nouveaux venus d’avoir des modèles diversifiés dans le paysage politique québécois.
«Je n’aurais pas pensé, enfant, que je deviendrais députée au Canada.» N’ayant jamais fait de plan de carrière, Vivian Barbot trouve que la vie lui a fait un beau cadeau. «Je dis souvent que l’avantage que j’ai, c’est d’avoir eu une mère qui nous disait : ‘‘La vie, c’est chaque jour. Tu te lèves, tu fais ce qu’il y a à faire et tu le fais de ton mieux.’’ C’est là où cela m’a menée.»
Un boulot exigeant
Dans ce métier où elle travaille tous les jours avec des gens, elle admet, paradoxalement, n’avoir jamais été questionnée sur la solitude qu’elle pouvait parfois ressentir : «On est seul à prendre la décision pour soi, même si on est en groupe. Seul aussi dans les temps où on se déplace d’un lieu à l’autre, pour rencontrer des gens. Cette solitude-là est très présente, parce qu’on n’a ni conjoint, ni enfants, ni famille avec nous. Mais parce qu’on est toujours en action, on n’a pas trop le temps d’y penser.»
La famille passe-t-elle au second plan ? «C’est inévitable», répond la députée, qui apprécie exercer cette fonction maintenant que ses enfants sont grands. C’est un travail sept jours par semaine. Il n’y a pas d’heure. Il faut vraiment y aller selon les priorités politiques», précise-t-elle.
L’exigence du métier laisse peu de place au repos, à la famille et aux amis, du moins pendant la période électorale. Aussi, pour se retrouver parmi les siens, lors d’une semaine plus calme, madame Barbot n’hésite pas à avertir son équipe qu’elle n’est pas disponible cette fin de semaine.
Amour maternel
Fière de sa mère, comme celle-ci l’est de sa fille, madame Barbot se considère chanceuse d’habiter avec elle. Avec admiration, elle raconte : «C’est une femme forte, qui malgré ce que l’on appelle les vicissitudes de la vie, n’a jamais baissé les bras. Elle est toujours restée intègre et nous a légué cela. C’est ce qui nous a permis –à nous ses enfants– de nous accomplir. Et puis, on a eu la chance d’arriver dans un lieu propice, le Québec, qui permet aux gens qui viennent d’arriver de prendre leur place, de se développer. Cela n’arrive pas pour tout le monde, mais moi, j’ai eu cette chance-là. Et j’en suis très reconnaissante.»
Vivian n’a jamais oublié que ses parents l’ont toujours encouragée à se réaliser pleinement dans la vie. Elle cite une phrase que leur père leur disait souvent: «C’est toi qui décides de ce que tu veux faire. Il y a des conséquences si tu choisis une voie plutôt qu’une autre. Mais ta vie t’appartient! En vieillissant, explique Vivian, on apprend à faire la part des choses, mais sans jamais aller à l’encontre de nos principes et de ce que l’on estime être juste et équitable.»
A-t-elle, à son tour, dit à ses enfants «ta vie t’appartient»? «Absolument. Les parents sont là pour guider. Tu ne peux pas savoir où tes enfants vont vivre. Tu ne peux pas savoir quel est leur destin. Ce sont eux qui sont porteurs de ça. On peut guider, mais la décision leur revient.»
«Nous voulons tous que nos enfants se réalisent dans ce qui les intéressent. Qu’ils soient des citoyens honnêtes, par exemple. C’est les principes qu’on leur donne. Puis, avec cela, il faut leur faire confiance. Leur vie ne sera pas la nôtre. Alors, il faut les laisser aller et les laisser découvrir ce qu’il y a autour d’eux. Et qu’ils fassent des choix. Je suis très fière de mes enfants.»
Merci Vivian Barbot.
Décrochage scolaire
Marie prend un break
Annie Mathieu, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008
Marie, 15 ans, a lâché l’école il y a un mois. Ses piètres résultats scolaires, les professeurs qu’elle juge incompétents et le stress l’ont épuisée. «J’avais besoin d’un break», affirme-t-elle. Pour se garder motivée et en attendant d’aller à l’école pour adultes, elle fréquente Entre la rue et l’école, un organisme qui vient en aide aux décrocheurs de 12 à 17 ans.
Au premier coup d’œil, il est difficile de s’imaginer que cette adolescente timide peut avoir des troubles de comportement et qu’elle était, jusqu’à tout récemment, la bête noire de ses professeurs.
Au moment de la rencontre, Marie fait des exercices dans son cahier d’anglais secondaire 4. Fort probablement, personne ne les corrigera mais au moins, pendant la période d’aide aux devoirs de l’organisme, elle est occupée. Elle prend volontiers une pause pour discuter de son cheminement.
«J’ai le goût d’être enquêtrice, d’être dans l’action», affirme d’entrée de jeu l’adolescente soigneusement maquillée. Ambitieuse, Marie déclare qu’elle ira faire une technique policière au cégep. «Ça ne me tente pas d’avoir une petite job toute ma vie, renchérit-elle. Retourner aux adultes à 25 ans, ça ne va pas me tenter non plus.»
Pour Marie, l’école est synonyme de stress. «Les profs se concentrent juste sur ceux qui sont motivés. Ils voient bien qu’on a besoin d’aide», reproche-t-elle. «Je dirais que j’avais un prof sur six qui était bon. Le prof que j’aimais, c’était un professeur de français et il préparait bien son cours. Les autres, ils font juste dire «ouvrez vos cahiers» et nous font faire des exercices sans expliquer la matière.»
Responsabilité partagée
Les professeurs sont-ils les seuls responsables du décrochage de Marie? Jointe par téléphone, Chantale Payette, la maman de l’adolescente, met de l’eau dans son vin: «Je veux faire attention à mon jugement. Il y a les deux côtés qui peuvent être coupables, les élèves et les professeurs. Elle admet tout de même avoir été déçue de l’attitude de ces derniers: «Je suis allée à toutes les rencontres de profs. J’ai vu des professeurs blasés qui se foutaient s’ils donnaient ou pas leurs cours», explique-t-elle.
Résultat: les notes de Marie ont chuté de manière catastrophique. Dans les dernières semaines où elle fréquentait les salles de classes, elle obtenait en moyenne 10% dans ses évaluations. «Je n’étais plus capable de me lever à 7 heures le matin pour rien. Je perdais mon temps» explique Marie.
Pour ses parents qui ont vu ses notes dégringoler, il n’y avait plus rien à faire. «Ça ne remontait plus», explique Mme Payette, qui avoue trouver l’épreuve difficile. «À ce qui paraît, c’est très fréquent» avance-t-elle comme pour se rassurer. Ce peu de réconfort n’a pas empêché les parents de l’adolescente de se sentir seuls au monde. «C’est comme un échec en tant que parents», affirme Mme Payette.
Néanmoins, ils ont retroussé leurs manches et cherché, avec l’aide d’amis de la famille et différents intervenants du milieu scolaire, des ressources pour leur fille. «On a fait des recherches par Internet, on ne savait pas par quel bout prendre le problème» explique-t-elle. Ils ont découvert Entre la rue et l’école et immédiatement, une relation de confiance s’est installée: «Ce sont des gens très humains, les parents sont bien accueillis» affirme Mme Payette qui admet que cela donne à son couple le temps de souffler. «Je la sens entre de bonnes mains».
Jacques Cordeau, le père aujourd’hui à la retraite, conduit Marie à la porte de l’organisme tous les jours. Pendant la période d’aide aux devoirs du matin, sa fille utilise ses cahiers d’exercice pour s’avancer un peu dans la matière des cours auxquels elle n’assiste plus, question de ne pas se couper complètement de l’école. Elle ne sera ni notée, ni pénalisée si elle ne progresse pas assez rapidement. Pour Marie, le stress est éliminé, surtout qu’elle peut bénéficier de l’aide aux devoirs donnée par des bénévoles. «Ici, ils sont fins. Ce ne sont pas des vieux qui ne comprennent rien».
Marie a été chanceuse, ses parents sont compréhensifs. «Mes parents savent que mon but, c’est de retourner à l’école. Ils ne sont pas frustrés. Ils m’ont dit ‘‘ok, si t’as besoin d’un break’’. Peut-être qu’en septembre prochain, je vais recommencer à l’école aux adultes, avance Marie. Je travaille mieux de mon propre gré. Je vais peut-être aussi me sentir plus libre.»
Encadré
Des coupables?
«Coupable» n’est pas le mot à employer, selon Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES). Il est plutôt question d’une conjoncture de facteurs lorsqu’il est question de décrochage scolaire.
D’une part, beaucoup d’élèves entrent au secondaire avec un niveau de lecture équivalent à la 3-4e année du primaire, indique-t-il. Les professeurs ne doivent pas laisser filer de tels élèves, croit-il. C’est malheureusement trop souvent le cas. Un faible niveau de lecture entraîne des retards importants dans toutes les matières scolaires, précise-t-il.
Les enseignants, pour leur part, ne manquent pas de bonne volonté. Ils sont souvent très bien formés mais manquent de ressources ou de connaissances pour encadrer ceux qui sont en difficulté, indique Égide Royer. Avec des classes de 25 élèves qui en comptent au moins 5 en difficulté, la situation tend à dépasser le personnel enseignant.
Finalement, M. Royer note une hausse importante de jeunes affichant un comportement d’incivilité, manifestant l’ignorance ou un rejet des règles élémentaires de la vie sociale. Les relations des jeunes avec les adultes se sont profondément modifiées, ajoute-t-il. C’est le problème actuel des enfants rois.
On parle aussi des parents rois qui «prennent fait et cause pour leurs enfants alors que le travail d’un parent c’est de tenir le fort», précise-t-il. Les parents devraient être plus attentifs dans le suivi de l’éducation de leur enfant, croit M. Royer. Ceci commence, par exemple, par la simple lecture d’histoires avant le coucher. Un bon moyen pour initier les jeunes à la lecture et éviter qu’ils accusent un retard crucial au primaire.
L’avortement, 20 ans après sa légalisation
Le 28 janvier 1988, la Cour suprême du Canada déclarait inconstitutionnel l’article 251 du Code criminel. Les raisons: il restreignait les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité des femmes.
Le pionnier dans cette lutte est le Dr Henry Morgentaler, qui a été emprisonné pour la cause qu’il défendait: le droit des femmes de choisir elles-mêmes le moment de leurs grossesses et d’avoir accès à des services d’avortement sécuritaires.
Mais rien n’est acquis. Périodiquement, on remet en question le droit des femmes à des services d’avortement, et ce dans la population comme des deux côtés de la Chambre des Communes.
Voici quelques articles.
* “Avortement 1988-2008 - Vingt ans de liberté et d’égalité”, par Des groupes de femmes du Québec
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2879
* “20e anniversaire de l’arrêt Morgentaler - Il y a 20 ans, l’avortement était enfin décriminalisé”, par le Conseil du statut de la femme du Québec
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2880
* “Avortement - “Si aujourd’hui j’apprends que je suis enceinte…”, par Cathy Wong, étudiante en droit
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2878
* “Le point sur l’accessibilité aux services d’avortement dans les hôpitaux canadiens - Recul”, par L’Association canadienne pour la liberté de choix
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2883
* “Des hôpitaux canadiens accueillent cavalièrement les demandes d’information sur l’avortement”, par Isabelle N. Miron
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2710
* “L’Église engage un bras de fer contre l’avortement”, par Anne Roy et Gaël De Santis (L’Humanité)
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2881
* “Avortement - Un sujet tabou”, par Margaret Somerville
Et la réplique de Nathalie Collard de La Presse: “4 mois, 3 semaines et 2 jours”
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2882
Dossier Avortement http://sisyphe.org/rubrique.php3?id_rubrique=128
Carl Charest du portail Branchez-vous: handicapé pour sa marche pour la Slérose en plaque
Mardi dernier, je vous ai raconté l’histoire touchante de Sophie et Maxime, un couple d’ami de Carl Charest, atteint de la Sclérose en plaque. Carl Charest, le directeur de contenu du portail Branchez-vous va participer en avril prochain à une marche pour la Sclérose en plaque. Carl s’est fixé un objectif de 500$ pour cette activité.
J’ai invité les Internautes à aller sur le site de Carl pour faire des dons et que sa marche soit significative. Pour donner le bon exemple, j’ai brisé la glace et fait le premier don. J’ai eu plusieurs commentaires d’Internautes me disant qu’ils ne réussissaient pas à trouver sur le texte de Carl comment s’inscrire pour faire un don à la Sclérose en plaque pour cette marche.
Première problématique, les billets de Carl sont écrits sur un fond foncé. Il faut s’arracher les yeux pour comprendre qu’à la fin de son texte il y a un lien (presque de la même couleur que le fond d’écran) pour aller sur la Sclérose en plaque.
Deuxième problématique, Carl, voyant que j’avais fait un don, a écrit un billet me remerçiant. Se faisant, lorsque les Internautes cliquaient sur le lien que j’avais laissé arrivaient sur ce nouveau billet. Il fallait alors comprendre que le lien se retrouvait à la fin du 2e texte!
L’opération devenant plus difficile, nous n’avons pas encore atteint notre objectif de 500$ pour faire marcher Carl Charest lors de cet événement de financement de la Sclérose en plaque. Je réitère donc mon invitation, mais cette fois-ci en vous dirigeant directement à la page de financement de la marche de Carl.
Vos dons vous permettent d’avoir un reçu pour fin d’impôts.
Merci à tous de soutenir la Sclérose en plaque et merci de votre persévérance.
Carl Charest n’était pas un des conférenciers de cette formation. D’une part, il n’a pas pu s’empêcher de prendre le micro pour mettre son grain. D’autre part, les relationnistes présents dans la salle n’ont pu s’empêcher de questionner M. Charest.
Suite à la formation, j’ai pris quelques instants pour rencontrer M. Charest et discuter un peu de la refonte en cours des sites Internet de l’organisme Le Journal de la Rue et de son projet Café-Graffiti ainsi que de nos blogues. En peu de temps, je me suis vite rendu compte qu’il était évident que l’expertise de M. Charest valait la peine que je le rencontre.
Question de mieux connaître le blogueur qui se cache derrière le personnage que je venais de rencontrer, j’ai décidé d’aller visiter son blogue. Dans son blogue, une catégorie m’accroche: “Engagement”. Un seul texte s’y retrouve. Daté de novembre dernier, ce texte nous présente un couple d’ami, Sophie et Maxime, qui vivent avec la Sclérose en plaque.
Carl a décidé de s’impliquer et de les aider. Il va participer en avril prochain à une marche pour la Sclérose en plaque. Dans son texte de présentation, un lien nous amène sur le site de la Sclérose en plaque. L’objectif de Carl est d’amasser 500$ pour la Sclérose en plaque.
Malheureusement, le thermomètre de Carl était à zéro. Touché par le geste de Carl, j’ai pris la décision que je lui donnerais un petit coup de pouce. Après tout, si nous voulons qu’il marche en avril, il faut bien qu’il atteigne son objectif de 500$. J’avais pensé dire à tous les gens qui me lisent d’aller faire un don pour la cause que Carl soutient.
Évidemment, il fallait que je donne l’exemple. J’ai brisé la glace et fait le premier don. Pas un gros don. Mais je me suis dit qu’avec les milliers de personnes qui naviguent sur Internet nous devrions être capable de défoncer le thermomètre de Carl.
Allez Carl, prépare-toi à marcher en avril et à bien nous représenter.
P.S. J’entends déjà certaines voix s’élever dans la blogosphère. Mais qu’est-ce qu’un journaliste-intervenant faisait à une formation pour des relationnistes? Je ne veux pas gâcher cet instant magique que je vous offre avec Carl et sa cause auprès de Sophie et Maxime. Je vous expliquerais dans un autre billet qui sera publié demain.
Voter pour ce texte sur Cent-Papier.
Les singes parlent bébé
(Agence Science-Presse) – Les mamans singes utilisent elles aussi le «parler bébé» avec leurs enfants! On ne parle pas ici d’un vocabulaire gaga-gougou, mais du ton : cette voix haut percée que les mamans —et les adultes— utilisent en présence d’un bébé. Des «vocalisations», décrit Dario Maestripieri, de l’Université de Chicago, «qui permettent aux adultes d’entamer un contact social ou visuel avec les enfants». On sait maintenant que cette habitude nous vient de loin!
Grossir entre amis
(Agence Science Presse) — Des raisons à l’obésité ? Une alimentation trop riche, le manque d’activité physique, la génétique… et l’amitié? Les sociologues Nicholas Christakis de Harvard et James Fowler de l’Université de Californie, ajoutent en effet cela dans le New England Journal of Medicine. Selon eux, l’obésité serait «contagieuse» en famille, et plus encore entre amis ! Ces conclusions sont tirées du suivi — poids notamment — entre 1971 et 2003 de 12 067 personnes et de leur réseau (proches, voisins, amis). Ainsi, le frère ou la sœur d’une personne obèse court 40 % plus de risque de le devenir à son tour. Le conjoint ? 37 %. L’ami ? 57 %. Et 70 % s’il s’agit d’un ami du même sexe et jusqu’à 171 % pour le meilleur ami ! Un effet boule-de-neige qui s’explique entre autres par un mode de vie souvent similaire entre amis et une meilleure acceptation personnelle de l’obésité…
Le mot de Marilou
La retraite, bouleversements à apprivoiser
Marilou, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008
Je m’appelle Marilou, je demeure dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. J’ai proposé cette chronique afin de partager avec vous mon vécu, mes réflexions, mes doutes, mes questionnements et peut-être aussi quelques certitudes.
Je suis la 4e d’une famille de 8 enfants. Notre enfance a été marquée par les maladies de notre mère : dépression, diabète, etc. Dès l’âge de 12 ans, j’ai dû interrompre pendant un mois mes études afin de prendre soin des plus jeunes, de la maison, tout en ayant le mandat de surveiller ma mère en dépression majeure.
À l’époque, les options pour les femmes étaient enseignantes, infirmières ou secrétaires. Mes parents n’avaient pas les moyens de payer pour de longues études. J’ai donc entrepris des études en secrétariat sur la recommandation de ma mère: «En secrétariat, tu n’auras jamais de problème à te trouver un emploi».
À 17 ans, une amie et moi avons décidé de nous inscrire à des cours de catéchèse aux adultes donnés par un prêtre stagiaire dans notre paroisse. Cet événement a été à la source d’un changement majeur dans ma vie.
Cela m’a permis de me questionner sur ce que je désirais, moi, et sur ce que je ne désirais pas. Déjà, à cet âge, j’ai pris conscience que je ne voulais pas faire vivre à des enfants les souffrances que j’ai vécues. Ce prêtre stagiaire a été très précieux dans mon cheminement.
Après avoir fait du bénévolat aux côtés de ce prêtre, après avoir travaillé deux ans en entreprise privée, j’ai rencontré mon conjoint, un professeur de catéchèse. Nous avons été mariés trente et un an, «jusqu’à ce que la mort nous sépare». Après un an de retraite, il est décédé d’un cancer du poumon diagnostiqué lors d’un examen de routine.
J’ai 2 garçons, 3 petits-enfants, une belle-fille et un gendre (j’ai un garçon qui est homosexuel et qui est en couple).
Pendant 17 ans, j’ai occupé différents postes de commis de bureau, dans des entreprises de transport, d’assurance, et dans la fonction publique provinciale. Ensuite, j’ai pu mettre à contribution les études universitaires en administration que j’ai complétées tout en élevant mes enfants. J’ai travaillé comme gestionnaire dans une grande entreprise de distribution et dans de plus petites entreprises de services par la suite.
Le décès de mon mari, il y a deux ans, a remis en question tout mon avenir. Je me retrouve seule du jour au lendemain, sans emploi. Ce n’était pas ce que j’avais planifié lorsque j’ai pris la décision de prendre ma retraite en même temps que mon mari. Dans le prochain numéro de Reflet de Société, je vous ferai part des conséquences qui en ont résulté dans ma vie.
Je suis très excitée par cette nouvelle expérience. J’ai la tête pleine de sujets de chronique. Par exemple: Prendre sa place dans la société. Drop-out du marché du travail. La gestion du temps. Choisir d’être heureux. Être au service d’une communauté ou être au pouvoir pour le pouvoir. Quels modèles sommes-nous pour les jeunes? Refuser certains héritages. Suis-je une extra-terrestre? Les coûts de santé avant l’assurance-maladie. Pourquoi je boude les médias. Les liens d’amitié précieux.
Vous pouvez enrichir cette chronique en me faisant part de vos propres expériences sur ces sujets ou sur d’autres sujets qui vous tiennent à cœur.
Au plaisir de vous lire!
Marilou
redaction@refletdesociete.com
http://journaldelarue.wordpress.com/2008/02/15/la-mort-dun-reve/
Enseignante sexy et hypersexualisation des enseignants
Petite trouvaille sur Internet. Le blogue de journaliste d’estrade est écrit par une enseignante. Elle nous y présente le déguisement d’Halloween d’une de ses collègues de travail. Un déguisement qu’elle décrit comme suit:
“Dans un party d’adultes consentants, ça va. Mais dans une maison d’enseignement? Pour moi, c’est un manque flagrant de jugement”. Cinq autres collègues de travail se sont exprimés dans les commentaires de ce blogue et dénonçant un déguisement inacceptable pour une enseignante devant ses élèves.
Journaliste d’estrade reprend la parole pour nous mentionner que cette enseignante n’en est pas à sa première tenue sexy devant ses étudiants: “C’est une habituée des vêtements inappropriés: elle portait, aux temps chauds, une jupe de denim trop courte pour le code de vie de l’école”. Est-ce qu’une enseignante, chargée de faire respecter un code de vie peut se permettre de l’enfreindre? Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais! À l’heure ou l’on a écrit beaucoup sur l’hypersexualisation des jeunes, nous avons oublié de parler de l’hypersexualisation des enseignants.
Pour l’instant, les enseignants se sentent mal à l’aise de faire une plainte à la direction de l’école. Pour aider à mobiliser les gens vis-à-vis le questionnement soulevé, je mentionnerais que c’est une école de Terrebonne. Avis aux parents concernés.
Textes sur la sexualité et commentaires sur la sexualité.
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De l’assiette à la tétée : La pollution
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse
Le lait maternel que l’on pense aussi pur que la maman qui le donne, peut se retrouver plus ou moins pollué. Lorsque maman mange des aliments contaminés, cela passe dans le lait. Résidus toxiques et polluants figurent à l’état de traces dans le tout premier aliment de la vie.
« Le lait maternel est la première mesure d’exposition aux contaminants. On y retrouve de tout mais à l’état de microtraces », avance Thierry Le Bricon du département de santé environnementale et de santé au travail à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal.
Dans le cadre d’un mémoire en toxicologie agroalimentaire, il s’est intéressé à l’allaitement maternel et aux substances chimiques susceptibles de le contaminer. Se penchant sur une cinquantaine d’études, il a suivi la variation de contamination de ce liquide nourricier.
Le lait maternel se trouve contaminé par des substances chimiques auxquelles la mère est exposée, par son alimentation notamment. « Et les substances bio persistantes peuvent mettre plus de 20 ans avant d’être éliminées de l’organisme », s’alarme l’étudiant en toxicologie.
Les substances chimiques présentes dans l’assiette de maman vont des médicaments vétérinaires, tels les anabolisants, présents dans les produits animaux (viande, lait, œufs), aux polluants industriels, en passant par les pesticides ou les engrais agricoles et les additifs de la production agroalimentaire.
Une fois consommées, les substances qui présentent une forte affinité pour les graisses s’accumulent dans le tissu adipeux, le cerveau, les os, le foie et même le tissu mammaire. Lors de l’allaitement, elles seront transmises au nourrisson dans le lait maternel.
Et l’eau…
Alors que la ville de Montréal vient d’émettre des avis sur le taux de plomb présent dans certaines tuyauteries montréalaises présentant un risque lors de la consommation de l’eau chez les femmes enceintes et les enfants de moins de six ans, Thierry Le Bricon se veut rassurant.
« Il s’agit d’un neurotoxique grave pour l’enfant de moins de 3 ans mais le plomb passe mal dans le lait maternel. Les bénéfices de l’allaitement dépassent le plus souvent une possible contamination », soutient l’étudiant qui s’est mérité le Prix d’excellence en vulgarisation scientifique du Fonds d’investissement des cycles supérieurs de l’université de Montréal pour son travail.
« Six enquêtes de Santé Canada, conduites entre 1967 et 1992, montrent que la contamination du lait maternel par les polluants industriels et agricoles est à la baisse », relève aussi l’étudiant.
La prise de conscience du niveau élevé des pesticides et des dérivés du chlore dans l’environnement a entraîné des interdictions et l’adoption de normes pour de nombreux polluants. Et les cas d’infractions détectés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments seraient rares. Ainsi seulement 26 infractions aux médicaments vétérinaires ont été relevées en 2003-2004.
Par contre, on ignore encore les risques liés aux nouveaux produits remplaçant ceux qui sont frappés d’interdiction. « Il y existe un décalage entre les données scientifiques et l’arrivée des nouveaux toxiques. Une zone d’incertitude subsiste », convient l’étudiant. Ainsi, les dérivés du brome, utilisés comme retardateurs de combustion (biphénylethers et des bisphénols-A), sont susceptibles d’être des perturbateurs endocriniens. On ignore encore s’ils peuvent passer dans le lait.
À lire
Les travaux de Thierry Le Bricon publiés dans la revue DIRE à l’été 2006 sous le titre « L’allaitement maternel face au défi chimique : promouvoir tout en protégeant. L’exemple du Canada et du Québec »
http://www.ficsum.qc.ca/dire/
L’article de Penny Van Esterik, professeure du World Alliance for Breastfeeding Action (WABA) « Communication sur les risques environnementaux et l’allaitement des nourrissons »
http://www.cewh-cesf.ca/bulletin/fv3n2/page7.html#2
« Towards Healthy Environments for Children » www.ibfan.org/english/pdfs/contaminantsfaq03.pdf
Trop beau pour être vrai
(Agence Science-Presse) – Quand il est question de mariage, les femmes se méfient des hommes séduisants et prospères. Selon des tests psychologiques réalisés à l’Université Central Lancashire, aux États-Unis, les femmes évitent de s’engager avec des hommes très attrayants qui occupent des postes prestigieux parce qu’elles craignent qu’ils ne soient infidèles et peu disponibles pour leur famille. Pour tester l’influence du statut d’un homme sur ses possibilités à convoler en justes noces, Simon Chu et ses collègues ont créé des petites annonces personnelles fictives dans un courrier du coeur. Les textes révélaient des informations sur la carrière des prétendants et étaient accompagnés de photos d’hommes peu, modérément et très attrayants. La majorité des 186 femmes invitées à se prononcer pour choisir un candidat afin de s’engager dans une relation à long terme ont préféré les hommes modérément attrayants avec des emplois stables mais sans grand prestige.
Textes sur la famille.
Du lait maternel parfumé
(Agence Science-Presse) – Des traces de parfums synthétiques, de déodorants et de produits de beauté ont été trouvées dans le lait maternel de nombreuses femmes aux États-Unis. Selon Kurunthachalam Dannan, du Département de santé de l’État de New York, le taux de parfums synthétiques trouvé chez les femmes américaines est cinq fois plus élevé que celui observé chez les Européennes il y a quelques années.
Puisque les parfums ne s’accumulent pas dans les tissus humains, l’augmentation du taux de parfum est donc causée par une plus grande exposition à différentes fragrances. Les chercheurs ont aussi observé une augmentation de la concentration des parfums dans le sol, l’eau, la nature et le gras humain. Est-ce dangereux? Les scientifiques ne le savent pas. En fait, les effets de ces muscs polycycliques sur la santé sont encore peu connus.
Autres textes sur la santé et commentaires du rédacteur sur la santé.
Des courbes de croissance pour bébés costauds
(Agence Science-Presse) – Plusieurs nouvelles mamans suivent avec anxiété la courbe de croissance de leur rejeton pour s’assurer qu’il ne soit ni trop maigre ni trop grassouillet. Une nouvelle recherche révèle que la charte des poids utilisée par les pédiatres encourage depuis plusieurs années les mamans à trop nourrir leurs bébés et pourrait même les conduire à l’obésité.
La charte qu’utilisent les pédiatres de plusieurs pays occidentaux pour mesurer la courbe de croissance des bébés a été élaborée par le US National Center for Health Statistics (NCHS) il y a plus de 30 ans. Cette charte avait été réalisée pour vérifier que les bébés ne souffrent pas de malnutrition durant leur croissance. À l’époque, les médecins avaient choisi, pour l’élaboration de la charte, un groupe témoin de quelques bébés particulièrement costauds. Presque tous avaient été nourris au biberon et provenaient de familles de classe moyenne de l’Ohio, aux États-Unis. Les médecins réalisent aujourd’hui que cette charte n’est pas représentative de tous les bambins qu’ils voient défiler quotidiennement dans leurs bureaux. “Pendant des décennies, les médecins ont encouragé les mamans à trop nourrir leurs bébés”, explique Bert Koletzko, chercheur à l’Université de Munich, en Allemagne.
Selon les travaux de Koletzko, les bébés nourris au lait maternisé enrichi de protéines deviennent plus gras plus rapidement que ceux qui sont nourris au sein ou avec des formules de lait à faible taux de protéines. Des études précédentes parvenaient aux mêmes conclusions mais n’avaient pas été retenues puisqu’elles ne tenaient pas compte des facteurs socio-économiques des familles. L’étude de Bert Koletzko est la première qui tient compte de ces facteurs et démontre un lien hors de tout doute entre la nourriture absorbée par les bébés et leur prise de poids. Plus de 1000 enfants de cinq pays européens ont été suivis durant leurs deux premières années de vie. Certains étaient nourris au sein, d’autres avec des formules de lait protéinées et un troisième groupe avec des formules de lait peu protéinées. À tout moment, les bébés nourris au lait maternisé à forte concentration de protéines étaient en moyenne deux fois plus lourds que les autres bébés. Le chercheur suivra ces enfants au cours des prochaines années afin de vérifier si les plus lourds d’entre eux sont plus à risque de devenir obèses.
Pourquoi les laits maternisés protéinés rendent-ils les enfants plus gras? Koletzko croit que les acides aminés supplémentaires stimulent la production d’insuline qui encourage le stockage de gras dans les cellules des enfants. Bien que les résultats de Koletzko ne soient pas encore publiés, les médecins sont de plus en plus convaincus que la charte de 1977 de la NCHS est dépassée. Le mois dernier, des représentants de 31 pays européens se sont rencontrés en Italie, pour discuter de l’adoption d’une nouvelle charte. Celle-ci pourrait être élaborée à partir des données recueillies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la croissance de 8500 enfants provenant de six pays différents.
http://www.newscientisttech.com/article/mg19426014.100
Autres textes sur la santé et commentaires du rédacteur sur la santé.
Mon enfant, un élève difficile
Égide Royer, Volume 15 no 6, août 2007.
Les acteurs des milieux scolaires blâment souvent les parents lorsqu’il s’agit de trouver la cause des difficultés de comportement d’un jeune. À l’opposé, plusieurs parents accusent les enseignants et l’école d’être responsables des problèmes scolaires ou disciplinaires de leur progéniture.
L’influence des parents joue assurément un grand rôle dans la réussite scolaire de leur enfant. Le style d’éducation prodigué et la participation au suivi scolaire sont directement reliés à la réussite d’un enfant. Plus il est soutenu dans son apprentissage, meilleures sont ses chances de réussite scolaire.
Discipline inégale ou inexistante
Une difficulté majeure est de délimiter ce que peut faire ou ne pas faire un enfant. Par exemple, lorsque des parents “ouverts” acceptent que des “partys de drogues” aient lieu à la maison, que leur jeune puisse inviter deux adolescentes à partager son lit ou qu’un père fume un joint de pot avec son fils, question de s’en rapprocher, il faut se poser des questions sur les conséquences de l’absence d’interdits à l’adolescence.
À l’autre extrême, les parents d’enfants agressifs ont souvent recours à des pratiques disciplinaires dures et inconsistantes. D’autres ne s’impliquent pas de manière positive dans la vie de leur enfant et ne supervisent que faiblement ses activités quotidiennes. Quant à l’utilisation des félicitations et des punitions, elle n’a souvent aucune relation logique avec le comportement de l’enfant.
La plupart des jeunes qui développent des problèmes sérieux de comportement grandissent dans ces environnements imprévisibles et peu encadrés. Ils apprennent d’ailleurs à contrôler leur environnement familial avec des comportements agressifs et irrespectueux. Agissement qu’ils rapportent ensuite dans leur sac à dos jusqu’à l’école. Les enseignants doivent ainsi faire face à des jeunes qui, dès la maternelle, refusent de suivre les consignes.
Relation enseignant-parents
De manière générale, les facultés d’éducation sont très peu loquaces sur la façon de collaborer efficacement avec les parents. Une collaboration qui continue d’être un vœu pieux, une pensée magique qui est présente dans tous les textes officiels et discours des gestionnaires et des politiciens qui s’occupent d’éducation.
On se retrouve très souvent avec des enseignants à court de moyens qui discutent avec des parents qui, de leur côté, ne savent pas quoi faire avec leur jeune. Ces parents se demandent surtout comment travailler avec une école qui leur laisse entendre qu’ils sont responsables du comportement de leur enfant en classe, dans la cour de récréation ou dans l’autobus scolaire. Il s’agit pourtant de trois endroits sur lesquels ils n’ont aucun contrôle direct.
Demander aux parents de changer quelque chose à la maison, voire dans leur vie conjugale, pour améliorer le comportement de leur enfant à l’école est une entreprise habituellement vouée à l’échec. Afin d’éviter ce cul-de-sac et favoriser une relation étroite entre parents et enseignants, certaines composantes sont essentielles:
a) Développer un climat positif avec les parents.
b) Maintenir des communications régulières avec eux.
c) Intervenir en utilisant une approche de résolution de problèmes.
d) Favoriser les interventions sur mesure et concertées entre l’école et les parents.
e) Permettre aux parents d’échanger et de développer leurs habiletés sur la manière de mieux gérer le comportement de leur enfant à la maison.
Par ailleurs, l’école doit être en mesure d’intervenir le plus tôt possible auprès des jeunes et des familles à risque. Il est primordial que la participation active des parents soit encouragée dans toute intervention visant la prévention des conduites agressives des jeunes, tout particulièrement à la maternelle et au début du primaire.
Cinq pratiques parentales sont essentielles au développement de comportements positifs et coopératifs chez les enfants et adolescents:
a) Une discipline juste et non punitive.
b) La supervision et le suivi des activités du jeune.
c) L’implication des parents dans la vie de leur enfant.
d) L’encouragement, le soutien et la mise en valeur de ses réussites.
e) L’habileté à résoudre les conflits entre les membres de la famille.
Les parents sont parmi les seuls adultes à avoir un lien affectif suffisamment privilégié et durable pour investir de façon significative dans le développement à long terme des jeunes. Les enseignants, les directions d’école, les psychologues et les psycho éducateurs passent… mais les parents demeurent.
Autres textes sur l’environnement.
Donnez-moi de l’oxygèneClaire Gaillard, Volume 15 no 6, août 2007.
Ce qui devait être l’un des plus beaux jours de l’existence de Rémi (nom fictif) a été le premier d’un long chemin de croix. Après la naissance de sa fille, sa conjointe, victime d’une dépression post-partum, se laisse complètement aller, s’en prend à lui et ne s’occupe pas du bébé. Elle devient incontrôlable et imprévisible. Le quotidien de Rémi bascule et la famille dont il avait toujours rêvé vit au rythme de la violence.
L’homme de 32 ans est alors soudeur et monteur de structure. “Je gagnais bien ma vie. Je m’enlignais pour acheter une maison avec ma femme et on voulait fonder une famille.” Le couple a mûri sa décision pendant 5 ans avant de faire un enfant. La mère refuse cependant de prendre le nouveau-né dans ses bras et de s’en occuper. Le personnel médical finit par signaler son cas à la DPJ pour négligence d’enfant. “Il a fallu que je leur garantisse que j’allais être très présent pour m’occuper de ma fille, rapporte Rémi. À partir de là, ç’a été la descente aux enfers.”
Sa copine refuse toute aide. Son comportement entraîne la séparation du couple en 2005. “Elle n’arrêtait pas de sauter sa coche, elle négligeait la petite, mais ne voulait pas vraiment que je m’en occupe. Elle la disputait tout le temps. Elle pitchait des affaires partout à travers la pièce. Il fallait que j’envoie la petite chez ma mère ou qu’on aille se réfugier dans les toilettes”, confie Rémi.
“Une enfant, c’est un travail à temps plein. Ç’a beaucoup perturbé mon travail, j’étais trop absent et j’ai fini par perdre ma job. Toutes celles que je retrouvais, je les perdais. Je suis tombé sur le bien-être social.” Sa conjointe ne travaillant pas, leur situation financière se détériore rapidement, tout comme l’ambiance à la maison.
La famille connaît une courte période d’accalmie lorsque la mère est diagnostiquée dépressive et qu’on lui prescrit un traitement. “Elle a fini par mélanger alcool et médicaments. Finalement, les choses sont devenues pires. Elle ne s’occupait jamais de la petite. Elle était toujours saoule ou gelée.”
Entre temps, le couple avait dû accueillir un colocataire avec qui la conjointe de Rémi a entamé une relation. “Les deux ont commencé à m’écœurer, à rire de moi sans arrêt, à me provoquer en me demandant sans arrêt “t’es jaloux, hein ?”. C’était de la violence psychologique, mais ça fait mal pareil, remarque Rémi. Ils voulaient que j’explose, que je m’énerve. J’ai tout fait pour ne pas craquer… Alors, je pleurais dans ma chambre.”
En plus du harcèlement moral, Rémi a reçu des coups, il a eu plusieurs doigts cassés et a subi des crises nerveuses, hurlements et autres objets qui volaient dans sa direction. “Un jour, elle a voulu me lancer une bouteille de liqueur dans la face, raconte-t-il, mais c’est ma fille qui l’a reçu. Ça lui a ouvert le front.”
Peu après Noël, “elle a voulu m’assommer avec une bouteille de champagne vide devant la petite, raconte Rémi. Je l’ai maîtrisée sur le lit et menacée de porter plainte”. Quelques jours plus tard, sa conjointe part vivre dans la famille de son nouvel amoureux. “Elle est partie avec l’argent du loyer et son nouveau chum m’appelait tout le temps pour me menacer. J’ai gardé les messages et j’ai appelé la police. Mais ma copine a tout retourné contre moi et a porté plainte pour violence conjugale. C’est ce dont j’avais toujours eu peur, poursuit-il. J’aurais dû tout dénoncer avant, mais les lois ne sont pas faites pour les hommes. C’était sa parole contre la mienne. Pourquoi appeler si on sait qu’on fera rire de soi?” Rémi obtient finalement la garde de sa fille, traumatisée par les événements. Encore plus pauvre qu’avant, il perd cependant son logement et mettra trois mois à récupérer les allocations familiales adressées au nom de sa femme.
Rémi et sa fille seront hébergés, dans des conditions sommaires, chez plusieurs membres de la famille. Il s’adresse à un CLSC pour trouver de l’aide. On le redirige vers la Maison Oxygène, rare ressource pour les hommes avec enfants en difficulté. “Aujourd’hui, je regagne ma tranquillité. Ma fille va commencer l’école en septembre, ce qui me permettra de recommencer à travailler. J’ai bien hâte. Mais, toute cette histoire, c’est quand même 9 ans d’efforts scrappés. J’y ai perdu tous mes rêves.”
Oh maman blues !Les femmes sont fréquemment atteintes d’instabilité émotionnelle durant les premiers jours qui suivent une naissance. Cet état passager, communément appelé baby-blues, est provoqué par un changement hormonal brutal. La dépression post-partum, ou dépression postnatale, fait également suite à l’accouchement, mais s’avère beaucoup plus profonde et durable. Il s’agit pourtant d’un phénomène encore assez méconnu. Selon l’Association canadienne de santé mentale, “les femmes qui en sont atteintes éprouvent les symptômes suivants: découragement, tendance à pleurer constamment, sentiment de ne pas être à la hauteur, culpabilité, anxiété, irritabilité et fatigue. Les symptômes physiques comprennent des maux de tête, de l’engourdissement, des douleurs thoraciques et de l’hyperventilation. Une femme souffrant d’une dépression post-partum peut éprouver des sentiments d’ambivalence, de négativité ou de désintérêt envers son enfant.”
Maison Oxygène: www.cafaho.org/heberge.htm ou 514-523-9283
Violence à l’école : Stress et formation des enseignantsÉgide Royer
À ne pas savoir où l’on va, on risque d’arriver ailleurs
À la fin d’un séminaire de formation que je donnais sur l’intervention auprès des jeunes qui manifestent des conduites agressives à l’école, une enseignante au seuil de la retraite a formulé le commentaire suivant: “Mon Dieu, si j’avais su!” Les manifestations de violence à l’école n’ont cessé d’augmenter depuis une vingtaine d’années. Néanmoins, je constate que les enseignants ont reçu peu de formation pour faire efficacement œuvre d’éducation auprès des jeunes qui manifestent des conduites agressives.
Les connaissances actuelles sur le sujet indiquent pourtant clairement que certaines interventions sont plus efficaces que d’autres pour prévenir la violence scolaire et composer avec celle-ci. Toutefois, les milieux scolaires ont peu intégré ces savoirs. Lorsque la tolérance zéro, les détecteurs de métaux, la suspension, l’expulsion définitive de l’école et autres approches basées sur la sécurité et la répression sont les seules interventions proposées, il y a de quoi se poser des questions. Dans quelle mesure la formation initiale et la formation en cours d’emploi des enseignants et des autres agents d’éducation leur permettent-elles de faire œuvre d’éducation auprès des jeunes agressifs ou en difficulté de comportement?
Croyances et éducationPlusieurs réformes et autres politiques mises en œuvre par les gouvernements et les organismes scolaires sont basées davantage sur des croyances et des idéologies que sur des évidences empiriques. Il en est souvent ainsi des pratiques des enseignants, des directeurs d’école et des professionnels lorsqu’ils interviennent pour prévenir la violence à l’école et composer avec celle-ci.
L’explication des problèmes de comportement d’un élève, de ses échecs scolaires ou de ses conduites agressives est fréquemment attribuée à certaines de ses caractéristiques (pauvreté, fonctionnement familial). On remet rarement en question la qualité des services offerts par l’école et encore moins la pertinence de l’utilisation de certaines approches disciplinaires, et ce, même lorsque des données empiriques indiquent leur futilité et quelquefois leurs effets négatifs.
Les enseignants quittent l’université sans même posséder les balises essentielles pour les guider lorsqu’ils doivent faire face aux premières manifestations agressives d’élèves de leur classe ou de leur école. Dépourvus de modèles, ils se retrouvent souvent ailleurs: bien loin de l’objectif visé par leurs interventions. Cet ailleurs peut mener l’élève à l’escalade verbale, à la menace, à l’agression physique, aux crises de colère, à l’intimidation, à la suspension et, éventuellement, à l’expulsion de l’école. Il a donc un impact très négatif sur le jeune, ses apprentissages et son insertion sociale (le taux d’échec scolaire des jeunes en difficulté de comportement dépasse 80%). Cette situation explique en grande partie le stress grandissant associé au métier d’éducateur.
Stress et enseignementLe stress est devenu une réalité incontournable du métier d’enseignant, tout particulièrement chez ceux qui travaillent avec des jeunes qui manifestent des conduites agressives. Les carences de la formation reçue à l’université sur cette question ne font qu’amplifier la pression ressentie.
J’ai eu l’occasion d’intervenir, en formation continue, auprès de plusieurs milliers d’enseignants ces 20 dernières années. L’évaluation qu’ils font de leur formation initiale ou en cours d’emploi est assez troublante. Les enseignants se plaignent constamment de la non-pertinence des cours qu’ils ont suivis à l’université pour ce qui est de les aider à prévenir les conduites agressives des jeunes ou à composer avec celles-ci. Ils considèrent leur formation universitaire comme inadéquate.
Ils se disent très mal préparés pour gérer les comportements difficiles en classe, ce qui les conduit souvent à adopter une approche autoritaire qui ne fait qu’amplifier ces comportements perturbateurs et créer des situations d’escalade. La formation reçue pour travailler en collaboration avec les parents est également anémique. Le personnel scolaire les considère très sou
