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Rapports de Loto-Québec: au moins 2 suicides dans les casinos
C’est ce que souligne la Presse Canadienne en se fiant aux documents, finalement obtenus de Loto-Québec par Bill Clennett.
Est-ce que Loto-Québec tente de minimiser la détresse humaine relié au jeu compulsif? Je suis intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. Peu de temps après l’ouverture du casino, nous avons eu à intervenir avec de grandes quantités de personnes qui avaient tout perdu au Casino de Montréal et qui voulait en finir avec la vie.
Le Casino de Montréal avait été rencontré. Nous voulions intervenir plus près de la détresse des joueurs, c’est-à-dire, directement dans le Casino. Ce qui m’avais choqué c’était que les dirigeants du Casino nous garantissait qu’il n’y avait pas de problème et qu’il n’y avait pas de matière à intervenir.
Pourtant, les histoires d’horreur n’ont pas cessé de se multiplier. Pourtant, en Suisse, pour qu’un casino puisse opérer, il doit y avoir un intervenant de crise sur place, près à intervenir.
Deux suicides reliés aux casinos nous dit Loto-Québec. Désolé, avec l’expérience que j’ai eu de leur capacité à jouer à l’autruche, je serais porter à dire: “Deux suicides reliés aux casinos que Loto-Québec ne réussit pas à s’en laver les mains”.
Textes sur le gambling et commentaires sur le jeu compulsif.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
Gamblers, toxicomanes ou alcooliques?
Lors d’une visite sur le blogue de Toxico Québec, quelques statistiques attirent mon attention: “Au Québec, le pourcentage de toxicomanes du jeu (joueurs compulsifs), se situe, selon les études, entre 2,1 et 5% alors qu’il n’y a que 0.9% de toxicomanes (drogues illicites) et 1.9% d’alcooliques”.
Des chiffres qui peuvent faire réfléchir sur les conséquences que le jeu peut avoir sur les Québécois.
Toxico Québec a mis en ligne un blogue sur les différentes addictions: drogues, alcool et jeu compulsif. Même si le site Toxico Québec existe depuis de nombreuses années, le blogue semble être tout nouveau, quelques semaines seulement.
Il n’y a pas de commentaires sur les textes publiés, mais le trafic générés par le site semble indiquer que beaucoup d’Internautes se questionnent sur ces problématiques.
Le gouvernement est-il responsable dans sa gestion du jeu?
Loto-Québec en finançant la Fondation Mise sur toi fait de la prévention du jeu compulsif. Avec toutes le conséquences que le jeu compulsif crée et les frais que cela occasionne en coût, le ministère de la Santé fait de même.
Le message lancé est de dire que les joueurs devraient avoir un comportement responsable. Si, pour toi, le jeu n’est plus un jeu, appelle, fait quelque chose pour régler TON problème.
La question que je lance. Si le gouvernement veut que nous soyons responsable vis-à-vis notre façon de jouer, est-ce que le gouvernement est responsable dans sa façon de gérer le jeu? Quand Loto-Québec nous vend le rêve et l’illusion dans ses publicités, gère-t-il le jeu ou tente-il de développer le marché, au risque d’augmenter le nombre de joueur compulsif? Quand un joueur compulsif décide d’arrêter de jouer mais que Loto-Québec lui envoie des promotions à la maison pour qu’il revienne jouer, gère-t-il le jeu ou tente-il de fidélliser sa clientèle? Quand le ministère des Finances demande à Loto-Québec d’augmenter ses revenus provenant du jeu, est-ce que nous gérons le jeu des Québécois ou tentons de l’augmenter?
Commentaires sur Loto-Québec. Textes sur le jeu compulsif.
Cigarettes et loterie dans les dépanneurs
Dans le Journal de Montréal du 7 décembre, Yvon Laprade souligne que Québec s’apprête à dicter aux détaillants comment “cacher” les produits du tabac à la vue des consommateurs.
Selon Wikipédia, auQuébec, 5% de la population admet avoir un problème de jeu compulsif. Les problèmes de jeu d’un joueur compulsif touchent une dizaine de personnes (conjoint, enfants, amis, employeurs…). C’est donc dire que près de 50% de la population est affecté par le jeu compulsif.
Toujours selon Wikipédia, chercheurs, intervenants, gouvernement et Loto-Québec s’entendent pour dire (à des degrés différents) que l’accessibilité est un facteur déterminant dans le développement du jeu compulsif.
Si nous considérons que les produits du tabac sont nocifs et que pour en réduire les méfaits il faut éviter d’en faire la publicité et éviter de montrer le produit, ne devrions-nous pas étendre ce principe aussi aux loteries? Le gouvernement est-il incohérent dans sa volonté de nous garder en santé?
Suicide, Bill Clennett, Loto-Québec et le jeu compulsif
L’an dernier, j’avais félicité Bill Clennett pour son implication contre Loto-Québec. Bill Clennett tentait de connaître la vérité sur le nombre de suicide relié au jeu compulsif dans les casinos du Québec. Loto-Québec tentait, par tous les moyens, d’éviter d’avoir à présenter la réalité du suicide dans ses casinos.
Radio-Canada nous annonçait que M. Bill Clennett avait réussi à gagner en cour d’appel contre Loto-Québec. Loto-Québec devra nous parler “honnêtement” de ce qu’il se passe dans les casinos.
Étrange que l’on doive aller en cour contre une société d’État pour tenter de connaître la vérité. Étrange que cette même société d’État, après avoir perdu une première fois, ait été en appel pour éviter de nous présenter la vérité. Une société d’État n’est-elle pas censé être au service de sa société?
Textes sur le gambling. Commentaires du rédacteur sur Loto-Québec.
Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention.
Le banquier, la religion et le gambling: Dieu n’est pas un joueur
Dimanche soir. Je reviens du travail avec ma conjointe Danielle. Nous n’avons pas encore souper. Une émission que Danielle regarde de temps à autre débute. Le banquier avec Julie Snyder. Nous décidons de souper dans le salon en même temps que l’émission. Une façon de se déconnecter du boulôt pendant quelques instants.
C’était la première fois que je regardais cette émission. Un diacre tente sa chance pour rénover son église. Pendant toute l’émission, ce religieux ne cesse de dire que c’est Dieu qui a mené ce projet, qu’il est convaincu de repartir avec le gros lot… Rien ne peut l’arrêter. Avec ses fidèles, ils se mettent à prier Dieu pour de meilleurs résultats.
Avec une foi inébranlable, il ira jusqu’au bout, convaincu que Dieu le soutient. Après avoir eu une offre de 182 000$ qu’il refusera, il s’en retournera réparer son église avec 500$.
J’ai rencontré beaucoup de gens avec des dépendances de toutes sortes. Toxicomanes, alcooliques, dépendants affectifs, gamblers… Les joueurs compulsifs prient Dieu pour gagner, lui fait toutes sortes de promesses… Les gamblers sont superticieux et ont toutes sortes de rituels.
Je suis navré pour cet homme d’église qui est retourné bredouille dans son quartier avec 500$ après avoir reçu une offre de 182 000$ qu’il a refusé. Mais il aurait fait un grand tort aux citoyens si sa foi en Dieu avait été récompensé et avait gagné le gros lot.
Son échec de gagner le gros lot va peut-être aidé des joueurs prisonniers de leurs machines à sous. L’exemple est maintenant donné que vous pouvez arrêter de prier Dieu pour gagner à la loterie. Dieu n’est pas un joueur. Votre spiritualité ne pourra pas se vivre derrière une “slot machine”.
Pour ceux qui auront été ébranlé par l’expérience de cet homme d’église, c’est maintenant l’heure d’appeler les ressources d’aide pour joueurs compulsifs:
Gamblers Anonymes: Groupe de soutien. Pour le Québec: 1-866-484-6664, États-Unis: 212-386-8789
- CASA . Centre de traitement de dépendance pour toxicomanes et joueurs compulsifs, c’est le «le premier centre de thérapie certifié au Québec».
Premier entre spécialisé au Québec dans la prévention et le traitement de la codépendance et des multiples dépendances : affective, émotive, dépendance au jeu, au sexe, à la nourriture, au travail, à la drogue, à l’alcool, etc.
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Si tu as joué récemment. Si tu te sens coupable après avoir joué. Si tu trouves que tu joues plus longtemps que tu ne l’avais prévu. Si tu joue plus d’argent que tu n’aurais voulu. Si le gambling ne représente plus un jeu. Il est peut-être temps de regarder pour des ressources pour t’aider. Parles-en. Ne reste pas seul avec ce que tu vis. Tu n’es pas seul à vivre des difficultés dans la gestion de ton jeu.
Si ton jeu te fait mal. Tu cherches comment arrêter de jouer. Je te laisse quelques références, des lignes d’écoute, des sites Internet, des centres de traitement et de thérapie pour t’aider dans ta démarche. Ne reste pas seul. Appelle et mise sur toi.
Gamblers Anonymes: Groupe de soutien. Pour le Québec: 1-866-484-6664, États-Unis: 212-386-8789
- CASA . Centre de traitement de dépendance pour toxicomanes et joueurs compulsifs, c’est le «le premier centre de thérapie certifié au Québec».
- Centre Dollard-Cormier. (514) 385-0046
- Maison Jean Lapointe. (514) 288-2611
- Pavillon Foster (Anglais et Chinois) (514) 486-1304
- Orientation Praxis (514) 723-2585
- Centre de prévention et de traitement de la codépendance et des multiples dépendances (CAFAT) .
Premier entre spécialisé au Québec dans la prévention et le traitement de la codépendance et des multiples dépendances : affective, émotive, dépendance au jeu, au sexe, à la nourriture, au travail, à la drogue, à l’alcool, etc. - Gambling Research and Treatment Center . University of Connecticut.
- Gambling Research Unit . University of Sydney (Australie).
- Jeu : aide et référence . Québec (514) 527-0140
- National Center for Responsible Gaming . Kansas City.
- National Council on Problem Gambling . Site américain.
- PAF rétablissement financier O.S.B.L.F . Organisme sans but lucratif situé à Montréal et offrant un service de fiducie pour les joueurs excessifs. C’est un service unique en son genre, fort utile pour le joueur qui désire se rétablir.
- Responsible Gambling Council (Ontario) .
- S.O.S. Joueurs . Association française venant en aide aux joueurs compulsifs et à l’entourage de ceux-ci. Elle offre, en autre, des services de référence; d’aide et de traitement.
Les cadeaux du Casino
Michel B., Volume 16 no 1. Octobre 2007
J’ai été un gros joueur au Casino de Montréal. Un très gros joueur. Gagner ou perdre plus de 75 000 $ dans une journée était chose fréquente. Au début, j’ai commencé par gagner des montants appréciables. Plus je gagnais et plus je devenais arrogant et hautain.
Étant un gros joueur, les gens du Casino étaient à mon service. Je pouvais boire et manger tout ce que je voulais gratuitement. Je ne bois aucun alcool. Il m’arrivait de commander du champagne à 500 $ la bouteille et de le donner à de parfaits inconnus. Je pouvais manger dans n’importe quel restaurant du Casino. Quand j’étais tanné de toujours manger la même chose, je leur demandais de sortir. Avec leur grosse limousine, ils m’amenaient dans un restaurant en ville et me ramenaient au Casino.
Dès que je mettais les pieds dans le Casino, une personne était attitrée pour répondre à mes moindres exigences. Un jour mon hôtesse me fait passer, par inadvertance, par une porte réservée au personnel seulement. Après avoir fait ce que j’avais à faire dans cette section, je lui demande pour ressortir par cette même porte. J’avais le goût de voir jusqu’où le Casino était prêt à aller dans leur service à la clientèle. Je lui dis qu’il n’est pas question de repasser par une autre porte. Je suis une personne superstitieuse. Je suis entré par une porte, je dois ressortir par la même porte. Elle était vraiment embêtée. Elle fait venir différentes personnes. Finalement, un haut gradé décide d’accepter que je repasse par la section réservée au personnel.
À une autre occasion, je leur dis que j’ai toujours froid aux pieds dans leur Casino. Pas de problème! Ils me proposent de leur amener une deuxième paire de souliers qu’ils vont garder au chaud. Quand j’arrive, je n’ai qu’à leur demander mes souliers pré-chauffés qui sont gardés au vestiaire du salon VIP.
Quand je joue à la roulette, en plus de placer plusieurs jetons à différents endroits, je place toujours 200 $ sur le 0. Les croupiers me connaissent et le savent. Un jour, après le changement de croupier, un nouveau qui ne me connaît pas part la roulette et lance son traditionnel «Rien ne va plus, les jeux sont faits». Je n’avais pas eu le temps de mettre mon 200 $ sur le 0 et c’est la banque qui gagne. Je me mets à crier. Le chef de section vient à ma rencontre et analyse la situation. Pour éviter que je ne m’emporte plus, il décide de me payer le gain tout de même. 35 fois la mise de 200 $ me donne tout de même 7 000 $!
Le Casino m’a offert toutes sortes de gracieusetés. Soupers, spectacles, billets pour les Expos et une loge au centre Bell pour voir les Canadiens de Montréal, voyages dans Charlevoix, etc. Je peux vous assurer que même s’il ne m’avait rien donné, j’aurais joué quand même et aussi fort. Un gros joueur ne joue pas pour un souper gratuit ou un voyage. Il peut se le payer au centuple. J’ai été un gros joueur parce que j’étais malade du jeu. Avec ou sans gratuité. Juste à regarder les gens qui sont pris avec les vidéo-pokers dans les bars. Ils n’ont aucune gratuité et ils y dépensent des fortunes. Ils n’ont même pas la chance de gagner un gros lot qui se respecte et ils jouent quand même. C’est bien la preuve que Loto-Québec dépense son argent inutilement pour toutes ces gratuités.
Loto-Québec pourrait bien arrêter de distribuer toutes ces gratuités et remettre le tout en profit supplémentaire au ministre des Finances. Est-ce normal qu’on demande au personnel du Casino d’endurer une personne qui a été insolente et hautaine comme je l’ai été? Loto-Québec ne devrait-il pas exiger que les clients respectent leur personnel comme des êtres humains? N’est-ce pas contraire aux normes du travail d’obliger ses employés à tolérer un tel traitement? L’insolence de certains clients peut faire plus mal qu’un bon coup de poing sur le nez. Un nez peut se réparer assez rapidement. Certaines blessures psychologiques ou émotionnelles ne guérissent jamais.
Les coûts sociaux du jeu
Gabriel Alexandre Gosselin, volume 15 no 6 août 2007
Loto-Québec encaisse chaque année des centaines de millions de dollars de profits. Or, les coûts sociaux suivants sont entraînés par le jeu:
- Traitements (publics et privés), prévention et recherches
- Coûts judiciaires (ex.: délit pour dettes non payées d’un joueur voulant continuer à jouer)
- Coûts juridiques (ex.: divorce dû au comportement d’un joueur pathologique)
- Coûts en service policiers et pénaux (ex.: vol à la caisse pour faire de
l’argent rapidement)
- Soins pour problèmes de santé (ex.: stress, drogue, alcool, tentative de suicide)
Le problème d’un joueur pathologique crée inévitablement des répercussions négatives sur ses proches, et sur sa famille particulièrement. Celle-ci peut vivre à son tour des problèmes du même type que ceux décrits précédemment, et engendrer des coûts supplémentaires.
Les coûts sociaux associés au jeu n’ont pas encore été évalués au Québec. En 2002-2003, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) faisait de ces recherches sur le sujet une des quatre priorités de son plan d’action sur le jeu. Ces études n’ont toujours pas été entamées.
Autres textes sur l’environnement.
Le jeu chez les jeunes
Gabriel Alexandre Gosselin, volume 15 no 6, août 2007
La perception des conséquences du jeu pour un jeune est différente de celle d’un adulte. “Les adultes ont une sorte de patrimoine, explique une spécialiste en prévention pour le jeu chez les jeunes de l’Université McGill, Isabelle Martin. Leurs problèmes de jeu ont un impact sur leur conjoint ou leur conjointe, sur leurs enfants, et même sur leur famille élargie. Ils vont aussi pouvoir parier leur voiture, leur maison, ce qui peut avoir un plus gros impact sur une vie. Les jeunes n’ont pas ces responsabilités. Il se sentent moins à risque.”
Cette insouciance qu’ils ont à l’égard du jeu ne rend les jeunes que plus vulnérables à développer une dépendance. Des études de l’Institut de la statistique du Québec le démontrent: il y a plus de joueurs pathologiques chez les jeunes (2,5 %) que chez les adultes (environ 1 %).
“C’est connu, les jeunes de 16-17 ans peuvent entrer dans les bars. Ils aiment spécialement les appareils de loterie vidéo”, donne en exemple Isabelle Martin, qui croit qu’une prévention est de mise auprès des jeunes, mais aussi chez les parents, qui ont grandi dans un univers de normalisation du jeu.
Autres textes sur l’environnement.
Accessibilité restreinte aux appareils de loterie vidéo
Gabriel Alexandre Gosselin, volume 15 no 6, août 2007
Dans le but de réduire l’accessibilité au jeu, Loto-Québec travaille depuis 2004 à un projet de retrait d’appareils de loterie vidéo (ALV) partout au Québec. À la fin de ces opérations, 1142 bars et restaurants sur 3663 autorisés à posséder de ces machines s’en seront départies.
La majorité des ALV retirés sont relocalisés dans 4 salles de jeu dans la couronne nord de Montréal, à Québec, Trois-Rivières et à Mont-Tremblant. En fin de compte, sur 14 300 appareils existant sur le territoire québécois, 730 disparaîtront.
Un geste insuffisant
Les mesures entreprises par Loto-Québec pour retirer les appareils de loterie vidéo (ALV) de plusieurs bars et restaurants du Québec ne suffisent pas à régler le problème de dépendance que peuvent engendrer ces machines, selon le sociologue et chercheur à l’Institut national de santé publique (INSP), Serge Chevalier. Il reconnaît les efforts de la société d’État, mais relève plusieurs accrocs dans sa démarche, surtout dans le cas de la nouvelle concentration d’ALV dans les cinq principales salles de jeu du Québec.
“Ça prend du personnel sur place qui observe le comportement des joueurs et qui signalerait toute anomalie. Il faudrait aussi munir les appareils d’un compteur de temps pour limiter la période de jeu”, lance Serge Chevalier. Il réfléchit d’ailleurs à l’idée d’une carte de joueur. Celle-ci serait insérée dans l’appareil avant la pièce de monnaie, et empêcherait le joueur de passer d’une machine à une autre pour miser plus longtemps. “Il faut également retirer tous les guichets automatiques des sites de jeu.”
Témoignage d’un joueur compulsif : Jouer sa vie à la roulette russe.
Michel B. volume 15 no 6, août 2007.
Enfant, je n’avais qu’un rêve: posséder un garage de 4 portes et faire beaucoup d’argent. Mes rêves se sont réalisés. J’ai eu un garage de 8 portes. J’ai fait de l’argent comme jamais je n’aurais pu l’imaginer. Je pouvais me payer tout ce que je voulais. Des voyages ordinaires jusqu’aux plus extravagants.
Des clients veulent m’acheter des pneus pour exporter en Algérie. Les profits de cette transaction vont m’être payés en argent comptant pour payer moins d’impôt. Je dois rencontrer mes partenaires algériens dans un restaurant de Montréal. Surprise! Le restaurant a récemment passé au feu. Il est fermé. On convient d’aller souper au restaurant du Casino de Montréal.
Je ne savais même pas comment m’y rendre. Arrivé au Casino, je stationne ma voiture. Je soupe avec mes clients et je conclus la transaction. Au moment de nous quitter, mes clients prennent leur voiture au service de valet. Moi je dois retourner dans le Casino pour me diriger vers le stationnement sous terrain.
2 $ de trop…
Pendant le trajet, je vois une femme se lever de sa machine. J’ai 3 pièces d’un dollar dans ma poche et l’enveloppe de ma transaction. Je me dirige vers la machine. Je mets 1$. Je ne gagne rien. La dame à côté me mentionne que ce sont des machines avec des lots progressifs et que, pour gagner, il faut mettre 2 $. Je mets les 2 $ qu’il me reste.
Pendant un certain temps, je n’ai pas compris ce qui se passait. Des lumières, des sirènes, tout le monde criaient autour de moi. Je vois des employés du Casino qui se dirigent vers moi. J’ai le goût de leur dire que ce n’est pas moi qui a brisé la machine. Ils m’expliquent que je viens de gagner le lot progressif. Près de 128 000 $!
La piqûre fait vite son effet. Le lendemain et le surlendemain, je vais au Casino. J’avais toujours mal jugé ceux qui faisaient la ligne au Casino à 10 h le matin pour être les premiers quand le Casino ouvre ses portes. Le Casino ouvre à 11 h, qu’ils arrivent à 11 h, pas 10 h! En peu de temps, je me suis retrouvé moi aussi dans la ligne à 10 h le matin. La machine que tu as laissée à 3 h le matin et qui ne t’a pas encore payé, tu es convaincu qu’elle est à la veille de le faire. Tu dois être le premier le matin pour aller jouer dessus.
J’ai appris à jouer au Black Jack, finalement, au Shuffle Master. À l’époque, le Casino ne se servait que d’un jeu de cartes. J’ai appris à compter les cartes et je gagnais souvent. J’ai fait beaucoup d’argent avec le Casino.
De joueur anonyme à joueur VIP
Ma femme ne savait rien de ma vie de joueur. Je lui racontais toutes sortes de menteries pour justifier mes absences. Des réunions, un surplus de travail au garage, des clients à rencontrer… Quand je gagnais de gros montants, j’étais seul dans mon euphorie. Quand je perdais, j’étais aussi seul dans ma détresse.
Je suis devenu un client VIP. Le Casino m’avait même offert un coffret de sécurité gratuit pour éviter que je ne me promène avec trop de liquidité. Le Casino m’a offert toutes sortes de gratuités. Des voyages, des limousines, des spectacles, des soupers. Même avec des invités, le Casino payait la facture. Je suis devenu arrogant, hautain et rempli d’orgueil. Mon grand rêve, mon garage 8 portes était devenu un à-côté dans ma vie de joueur.
Rêves en faillite
J’ai commencé à être suivi dans mes déplacements au Casino par un usurier qui prêtait de l’argent à des joueurs réguliers. Mais, vu que j’avais gagné beaucoup d’argent, je n’avais pas besoin de ses services. Au contraire, j’ai fini par lui prêter de l’argent et recevoir une partie des intérêts qu’il collectait. Vu que j’avais un coffret de sécurité au Casino, je lui ai donné l’avantage de l’utiliser et d’y déposer son argent. Le Casino devait sûrement se douter que son coffret de sécurité servait au crime organisé.
Quand le Casino a mis 8 jeux de cartes dans les sabots, j’ai commencé à perdre. De gros montants. Je ne pouvais plus compter les cartes. J’ai toujours pensé qu’un joueur qui perd est un sans-dessein. Il a juste à arrêter pour ne pas perdre ce qu’il avait amassé.
Je commence alors à me voler moi-même au garage, à prendre tout le comptant que je peux. Me rendre au Casino avec 35 000 $ ou 40 000 $, c’était normal et habituel. Je manque de liquidités. J’emprunte de l’argent dans le coffret de sécurité qui appartient à l’usurier. J’espère pouvoir me renflouer et replacer l’argent sans qu’il s’en rende compte. Cela fonctionne à quelques reprises, mais la situation commence à se corser. Un jour, tout s’est effondré. Je n’ai pas réussi à rembourser les intérêts, encore moins le capital.
Je me suis retrouvé dans un de leur bunker. Ils m’ont mis un revolver dans la bouche. Si je ne trouvais pas une façon de les rembourser, non seulement ils allaient me descendre, mais ma femme et mes enfants aussi.
Criminel par survie
Ils me font alors une offre. Travailler pour eux pour rembourser ma dette. Faire du transport. Chaque voyage me permet de diminuer de 2 500 $ ma dette. Je leur dois plus de 130 000 $! Me reste-t-il d’autres choix? Me sauver? Complètement inutile. Ils finissent toujours par retrouver ceux qu’ils cherchent.
Les conditions de travail sont moins intéressantes que prévu. Ils pouvaient m’appeler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et il fallait être disponible. Pas question de dire qu’il y a d’autres choses plus importantes. Parfois, ils m’appelaient et me disaient de regarder par la fenêtre. Une automobile ouvrait et refermait ses lumières. Une façon de dire que je suis surveillé dans tous mes gestes.
Un soir, ils m’appellent. Ils me disent de me rendre dans le stationnement d’un centre d’achat sous le lampadaire numéro 24. Après une quinzaine de minutes d’attente, je reçois un autre appel. Je dois me diriger dans le stationnement d’un autre centre d’achat, toujours sous un lampadaire qu’ils déterminent. Troisième appel. Ils me demandent d’ouvrir la valise de l’automobile, de retourner derrière le volant de mon véhicule et de regarder en avant. Une camionnette s’arrête derrière l’auto. On dépose quelque chose dans la valise et ils referment le coffre. Je reçois mes consignes pour la destination: Sherbrooke, Trois-Rivières… Toujours pas très loin d’un bunker. Même scénario pour qu’ils prennent possession de la marchandise. Je ne voyais jamais personne.
Parfois, après 2 ou 3 déplacements, ils annulaient le transport. Était-ce des feintes volontaires ou y avait-il trop de risque cette journée-là? Aucune idée. Lorsque le transport était annulé, je n’étais pas payé. Pas question de me plaindre aux Normes du travail.
J’ai finalement réussi à payer mes dettes au complet. Ils ont voulu que je continue pour faire de l’argent et retourner jouer. Mais j’ai arrêté. Mon objectif était simple: payer ma dette pour me sortir de ce merdier dans lequel je m’étais foutu et tout arrêter.
Je n’ai plus jamais entendu parler d’eux. Le crime organisé et les différentes mafias sont remplis de gens qui tiennent à ce que vous honoriez vos engagements. Faire faillite ou tenter de sauter des paiements, une chose très difficile avec eux. C’est moi qui ai commencé par vouloir leur emprunter de l’argent. C’est moi qui me suis mis dans cette situation. Jamais ils ne m’ont forcé pour prendre leur argent. J’ai assumé.
Personne n’est à l’abri
Malgré mon abstinence du jeu, je me rappelais mes heures de gloire au Casino. Je ramassais de l’argent en cachette. J’avais utilisé le système d’auto-exclusion pour éviter une rechute. J’étais tellement connu au Casino de Montréal que je ne pouvais pas y retourner. Je suis donc allé au Casino de Hull. On ne m’y connaissait pas. C’était plus facile d’y entrer incognito.
Je me suis endetté à nouveau. En revenant du Casino de Hull, au lieu de prendre l’autoroute 40, je passe par la route 158. Près de Masson, il y a beaucoup de camions. Je pleurais tellement, que je ne voyais presque rien. J’ai vu les lumières d’un camion en avant de moi. J’ai fait une prière et j’ai donné un coup de roue vers le camion. Le conducteur du camion, pour m’éviter, a perdu le contrôle et s’est retrouvé dans le champ. J’ai su par la suite que le camion avait eu de gros dommages, mais que le conducteur s’en était tiré indemne.
Je me retrouve sur l’autoroute. Je place mon automobile sur l’accotement et je sors mon gallon de lave-glace. J’espère qu’un camion passe pour me jeter devant. Tout le monde va penser que c’est un accident et que je n’ai pas été chanceux. Aucun camion n’est passé. Je suis complètement gelé. Je mets les mains dans mes poches pour me réchauffer. Je trouve une photo de mon garçon. Je décide de remettre mon projet au lendemain.
Je lève les yeux vers le ciel et me dis: si tu existes vraiment, fais quelque chose. Je retourne à la maison. Je veux parler à ma femme. Elle dort. Je ne la réveille pas. Le lendemain matin, je prends ma douche. En préparant le linge pour l’envoyer chez le nettoyeur, ma femme trouve des papiers du guichet. Des retraits de 5000 $ et de 10 000 $ chacun. C’était le signe que Dieu m’a envoyé.
Mon château de cartes venait de s’écrouler. Toutes mes combines viennent d’être découvertes. J’avais magouillé avec le banquier pour pouvoir sortir autant de comptant que je voulais dans mon compte. Quand je ramenais beaucoup de comptant à la maison, je disais à ma femme que j’avais fait une autre transaction de pneus. J’en avais fait une seule. Mais il fallait que je justifie mes sorties fréquentes. Ma femme se questionnait. Elle pensait que j’avais une maîtresse.
Remonter et retomber
Ma femme était anéantie par ce qu’elle venait de découvrir. J’ai avoué mon problème. J’ai rencontré un thérapeute. J’ai commencé à fréquenter les rencontres de Gamblers Anonymes. J’avais admis mon problème. J’avais joué mon commerce, mes placements. Tout l’argent que j’avais de disponible, et même l’argent qui ne m’appartenait pas. J’avais perdu tous mes rêves de jeunesse. Mais je n’avais pas accepté d’avoir été battu par le jeu. Inconsciemment, je voulais me refaire. J’avais gardé une porte ouverte. Je ne pratiquais pas les règles de rigoureuse honnêteté enseignée dans Gamblers Anonymes.
Dure réhabilitation
Aujourd’hui, ça fait 2 ans et demi que j’ai cessé de jouer. J’ai admis et j’ai accepté que je ne puisse plus jamais jouer normalement, que jamais je ne puisse regagner ce que j’ai perdu. Je suis retourné à Gamblers Anonymes et je me suis accroché à un nouveau mode de vie. J’y ai découvert de nouveaux outils pour m’aider.
Quand je ne me sens pas bien, il faut que j’en parle à une personne de confiance. Ça se dissipe. Je me sens confortable après. La seule façon d’y arriver, c’est juste d’être honnête. Sans amplifier ce qu’il m’arrive, sans banaliser non plus. Une rigoureuse honnêteté. Faire face à la musique en temps opportun.
Depuis que je vais chez Gamblers Anonymes, la vie est simple. Avec le quart de l’argent que j’avais, avec le dixième de l’aisance passée, j’ai une belle vie et je suis heureux. J’ai un bon travail, de bonnes conditions, un bon salaire. Je me permets des choses raisonnables avec ma famille. Maintenant, mes priorités sont ma famille, son bien-être, la santé et être heureux.
Les valeurs aux bonnes places
Avec Gamblers Anonymes, j’ai réappris à mettre les valeurs aux bonnes places. Je sais que j’ai du potentiel. Ce qui est à moi est à moi. Tout ce que j’ai forcé à obtenir, je l’ai perdu en cours de route. Si on m’offre une opportunité sans magouille, c’est correct. Autrement, je débarque.
J’ai fait la paix avec mon passé. Je ne m’en veux plus. Je peux mourir sans remords, sans ressentiment. Je regarde en avant et je fais de mon mieux. Je regarde la vie différemment et je l’apprécie. Je veux goûter à tous les petits moments de bonheur que la vie m’accorde.
Pour éduquer mes enfants, je sais que cela doit se faire dans la paix, l’amour et la patience. Je dois aussi avoir un équilibre entre le travail et le repos. Je réussis tranquillement, un jour à la fois.
Ma femme est toujours là, parce qu’elle m’aime inconditionnellement. Elle a connu le vrai Michel. Elle a subi le mauvais. Elle sait reconnaître le retour du nouveau. Je n’aurais jamais pu accepter tout ce que je lui ai fait subir. Aujourd’hui, je suis heureux, comme jamais je l’ai été.
J’essaie de fréquenter des gens qui ont la même façon de voir la vie. Des gens honnêtes et bons. J’ai fait le point sur le passé. Je le laisse en arrière. Mais je ne l’ai pas oublié. Il faut que je m’en souvienne pour éviter d’y retourner, parce que c’est facile de retomber. C’est important d’en parler, quand ça ne va pas. C’est aussi important d’en parler quand tout va pour le mieux.
Vous pensez peut-être que je suis sans le sou et sur l’aide sociale. Détrompez-vous. Je suis un père de famille habillé veston-cravate. Je conduis toujours des automobiles de l’année. Si un jour vous me croisez sur la rue, jamais vous ne pourrez imaginer que cette histoire est la mienne. Faites attention à ceux que vous fréquentez.
Les 50 ans de Gamblers Anonymes
Même si les problèmes de jeu compulsif sont plus récents au Québec, Gamblers Anonymes existent depuis maintenant 50 ans à travers le monde. Pour souligner cet événement, dans le numéro d’août de Reflet de Société, un témoignage touchant est présenté par un joueur qui a connu autant de grandes heures de gloire qu’une déchéance des plus terribles.
Le témoignage est accompagné d’encadré situant la problématique du jeu compulsif au Québec.
Pour plus d’informations sur les événement entourant le 50e anniversaire de Gamblers anonymes ou si encore si le jeu vous fait souffrir, appelez Gamblers Anonymes au (514) 484-6666 ou 1-866-484-6664.
Les salons de jeu, la santé publique et Loto-Québec
Dans La Presse et le Journal de Montréal du 21 février, nous pouvions lire que les 18 directeurs de la Santé publique étaient très préoccupés par l’implantation des nouveaux salons de jeu de Loto-Québec. La Santé publique propose 22 mesures de prévention pour réduire les risques d’augmenter le jeu pathologique.
En rapport avec ce débat, je suis content de voir que nous ne sommes plus les seuls à questionner les agissements de Loto-Québec. Depuis quelques années, les médias et la Santé publique sont devenus très critiques envers Loto-Québec.
Ce qui me surprend cependant c’est de voir Loto-Québec tenter d’attaquer la crédibilité du rapport de la Santé publique. Loto-Québec a un mandat de gestion des loteries. La Santé publique a un mandat de prévention et d’intervention en matière de santé. Si la Santé publique dénonce ou questionne Loto-Québec, leur rapport doit être faux. Même vis-à-vis la Santé publique Loto-Québec joue à la veuve offensée et refuse de voir la réalité des dégats qu’ils causent!
Il y a tout de même un paradoxe important. D’un côté Loto-Québec paye des gens pour créer des jeux qui suscitent le goût de retourner jouer et des promotions pour attirer le public. De l’autre, nous avons la Santé publique qui demande une évaluation scientifique pour réduire la dangerosité des appareils de loteries vidéos. Loto-Québec veut permettre “à la famille” de pouvoir aller dans ces salons de jeu, tandis que la Santé publique voudrait restreindre l’accès aux 18 ans et plus!
Ça prend 18 ans pour acheter des loteries au Québec. Mais dans ces salons de jeu, on permet aux jeunes d’entrer dans les hippodromes pour s’imprégner de la culture du jeu. Une façon de faire de la promotion pour garantir une relève de futurs joueurs. À leurs yeux, les salons de jeu et les hippodromes sont une sortie familiale! Wow! Quelle famille!
Depuis près de 15 ans que je participe aux débats sur les loteries et les casinos. La crédibilité de Loto-Québec s’effrite comme une montagne de sable devant la mer. Dommage que les différents ministres des Finances soient devenus dépendants de Loto-Québec. Leur compulsion les empêchent d’écouter la raison de la Santé publique et de l’intérêt du citoyen.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/14/billet-de-649-gratuit-dans-une-pharmacie/
Mon père a joué ma tirelire
Écrit par Aude, Vol 14-2
J’étais toute petite. En jaquette, je suis sortie de ma chambre. Des inconnus étaient dans la maison le soir. Notre mère nous a demandé de retourner à nos chambres. Le lendemain, il n’y avait plus d’auto ni de piano.
Il y a 4 ou 5 ans, on a commencé à parler de ça. Depuis l’âge de 12 ans, je découvrais peu à peu que quelque chose n’allait pas, mais je ne savais pas ce que c’était.
De 12 à 14 ans, ma soeur et moi, on travaillait. On «passait» des journaux, on gardait chez des voisines. Notre père nous empruntait des 20$ par-ci par-là. Mon frère, ma sœur et moi, on ne s’en parlait pas. Il nous disait à chacun: «tu n’as pas besoin d’en parler». Imaginez: tu as 12 ans et ton père t’emprunte de l’argent qu’il ne te remet jamais…
C’était quand même un bon père… Il était serviable. Mais il avait toujours besoin d’argent. À 12 ans, on ne le prenait plus au sérieux. Tout ce qu’il disait, on pensait que c’était de la bullshit. Notre mère nous cachait le problème, ne sachant pas qu’il faisait ces tractations avec nous.
Quand j’étais en 6e année, il a perdu la maison. On a vécu par la suite dans des 3 et 1/2. On a eu des appartements à St-Henri, à Ville LaSalle, on ne payait pas les loyers. On a eu des maisons sur la Rive-Sud (il faisait des coups d’argent, semble-t-il), puis il fallait partir.
Mon père nous laissait dans la voiture le samedi matin, avec des chips et des bonbons. Il disait avoir des commissions. Il allait jouer au vidéopoker. Ça ne durait pas plus de deux heures. J’ai une amie, en France, qui est restée toute une nuit dans la voiture alors que sa mère jouait au casino…
À Noël, il y avait un rituel. Il nous donnait des billets de loterie. Mais un soir de Noël, il est arrivé à une heure du matin, prétextant avoir aidé quelqu’un sur la route.
Je suis partie de la maison à 16 ans. J’ai eu des problèmes de drogue. J’en ai vendu. Quand il l’a su, il a cherché à m’emprunter de l’argent. Ma sœur a quitté l’école jeune. Les compagnies de cartes de crédit la harcelaient d’offres. Mon père l’a convaincue d’en prendre une et de l’utiliser pour lui refiler de l’argent.
J’ai eu un enfant à 19 ans. Un jour, je suis allée me reposer à la campagne. Mon père s’est offert pour nourrir mon chat pendant mon absence. Il est venu me reconduire, à condition que je paie l’essence. De retour, j’ai découvert qu’il avait encaissé mon retour de TPS. Il avait eu une crevaison, s’est-il défendu. Jeune maman, j’avais besoin de cet argent. Je me suis dit: «t’es un malade, mon gars!» C’est alors que j’en ai parlé à ma mère. Ce fut un choc. Elle a décidé de le laisser. J’ai eu le divorce sur les épaules. Il me doit beaucoup d’argent. J’avais reçu 5000$ de mes grands-parents. Il a vidé mon compte de banque.
Depuis deux ans, il a l’air d’aller mieux. Il est revenu avec ma mère, avec le soutien de Gamblers Anonymes. Je suis allée en thérapie. Je suis devenue menteuse compulsive. Ça venait tout seul. Je m’inventais facilement une autre vie. Aujourd’hui, notre père est retourné à l’église. Il nous fait souvent la morale. Mais, depuis peu, il nous donne de bons conseils.
Autres textes sur le jeu compulsif
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
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Mort d’un gambler
Écrit par Robert B. St-eustache, Vol 14-4
Il ne me reste que deux semaines à vivre. Je suis membre de Gamblers Anonymes depuis presque deux ans. J’ai aimé et j’aime encore jouer. Le jeu a détruit ma vie. Est-ce que je retourne jouer pour profiter de mes dernières semaines?
Un ami m’a posé cette question. Pour me faire réfléchir un peu. Pour me préparer à cette éventualité. Pour connaître l’état de mon cheminement et de mon rétablissement. Il me regardait droit dans les yeux. J’avais l’impression de faire face à mon médecin. Il me demande de m’imaginer que je viens d’apprendre qu’il ne me reste que deux semaines à vivre. Est-ce que je retourne jouer? La question m’a bouleversé. En arrêtant de jouer, j’ai récupéré le pouvoir de ma vie. J’ai récupéré un équilibre dans toutes les sphères de ma vie.
J’ai un nouveau mode de vie, je suis plus près de ma famille, j’ai des amis sur qui compter… J’ai atteint une sérénité et une harmonie, résultat de ce geste que j’ai posé il y a deux ans, de prendre les moyens pour arrêter de jouer. Je vis une journée à la fois. Comme si c’était ma dernière journée à vivre. Je prends le temps d’exprimer à tous et chacun ce qui se passe en moi. Autant mes joies que mes peines.
Pour mes dernières semaines, pourquoi je ne continuerais pas comme j’ai déjà commencé? Et si le médecin se trompait et que finalement il me restait 6 ou 12 mois à vivre? Pourquoi je ne profiterais pas de ces derniers instants pour serrer mes enfants dans mes bras, dire à ma conjointe que je l’aime, prendre un dernier repas avec mes amis?
J’ai le goût que mes proches se souviennent de moi dans la sérénité de ces derniers instants de relation, de joie et de bonheur. Pas comme celui qui a perdu sa vie dans une machine à sous. Même si la question m’a ébranlé, je suis maintenant convaincu que retourner jouer n’est pas une solution envisageable pour moi.
Merci à cet ami qui m’a fait réfléchir pendant quelques instants. Face à ma souffrance et mes difficultés, j’ai tendance à m’isoler et à me cacher. Face à ce verdict final, si je veux éviter de perdre le contrôle, je dois me préparer. Aviser mes proches de m’aider à briser mon isolement. Leur dire que je veux rester près d’eux, même dans les derniers instants.
Un peu comme on prépare sa retraite, on peut se préparer à vivre ses derniers jours. Parce que la vie, c’est comme un bon café: c’est bon jusqu’à la dernière goutte.
Textes sur le jeu compulsif:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/
Pile ou face
Écrit par Johnny QUATRAS, Vol13-4

Je lance une pièce de monnaie. Voici les 3 derniers résultats que j’ai obtenus:
P= pile
f= face
00000000000
00000000ppp
D’après vous, quel devrait être le résultat du prochain lancer?
00000000000
00000fffppp
Maintenant, je vous montre les 6 derniers résultats obtenus:
fffffffffff
ffffffffppp
D’après vous, quel devrait être le résultat du prochain lancer?
Maintenant, voici les 30 derniers résultats obtenus:
D’après vous, quel devrait être le résultat du prochain lancer?
La réponse: peu importe les théories ou les justifications que je peux m’inventer pour tenter de deviner un résultat, j’ai toujours une chance sur deux d’avoir la bonne réponse dans cet exemple.
Si je ne regarde que les trois derniers lancers, avec trois piles en ligne, il est facile de s’imaginer que le résultat du prochain lancer devrait être une face. Mais sachant que sur 30 lancers, je n’ai obtenu que trois piles, je peux ici supposer que j’aurais un autre pile.
Tout cela pour dire que si vous tentez de jouer au devin avec les lancers d’une pièce d’argent, même si une certaine séquence semble vous donner une impression de pouvoir deviner le prochain lancer, dites-vous que la pièce de monnaie a bien plus d’expérience que vous. Elle a des milliers de coups derrière elle que vous ne connaissez pas. Alors pourquoi essayer de deviner. Pire, pourquoi penser qu’on est meilleur que le hasard?
Textes sur le gambling
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/les-jeux-de-cartes-entre-amis/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/maudite-machine/
Les jeux de cartes entre amis
Écrit par Johnny QUATRAS

Dans plusieurs familles ou groupes d’amis, on s’amuse ensemble et on joue aux cartes. Pour mettre un peu de piquant, de défi, certains jouent à l’argent. Une semaine, c’est Pierre qui gagne 20$, la semaine suivant c’est Claude qui en gagne 30$. Au bout de l’année, théoriquement, le hasard des cartes va ramener les comptes à peu au même. Tout le monde aura eu son heure de gloire et ses instants de malchance.
Croyez-vous maintenant que les jeux de cartes du Casino sont comme ces jeux en famille? Il ne faut pas oublier que lorsque nous sommes au Casino, il y a un intrus qui prend place parmi nous. Un intrus silencieux qui prend sa quote-part. Il a bien calculé le tout et à chaque partie, il pige un peu dans les sommes misées. À la fin de l’année, tout le monde se retrouve un peu plumé. Seul le Casino a fait ses frais. Il fait suffisamment d’argent pour vous payer des breuvages, vous en mettre plein la vue, investir votre argent dans des tonnes de publicité…
Pour plus d’information ou si vous sentez que vous êtes vulnérables aux illusions créées par les jeux de hasard et d’argent, contactez l’une des ressources spécialisées dans le traitement des joueurs ayant perdu le contrôle de leur vie. N’attendez pas qu’il soit trop tard. Avant de mettre votre dernier 25 sous dans une machine, prennez le temps d’appeler. C’est le meilleur rendement que votre 25 sous pourra avoir.
Textes sur la gambling:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/15/pile-ou-face/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
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Maudite Machine!
Écrit par Biz, rappeur du groupe Loco Locass, Vol 13-4

Plein de verbe et d’intensité, Biz et son ami, Christian Fournier, producteurs autodidactes, se sont lancés dans la grande aventure de la création d’un documentaire. Écoutons Biz conter son histoire.
Initialement, le documentaire devait porter sur la vie dans les tavernes. Pendant plus de trois ans, après avoir fait le tour des clients, la présence de René Lacroix, le gérant, se fait de plus en plus intéressante.
Puis c’est le contact avec les machines vidéos qui ornent le fond de la taverne. Une toute nouvelle histoire s’est écrite devant mes yeux. J’ai écouté les confidences de René qui sera la vedette du documentaire.
Moi qui ne suis pas un joueur, je ne connaissais rien de la problématique du jeu. Avec la caméra, j’ai écouté René parler de son cheminement. Comme tant de joueurs, René gagne au début. Puis il commence à s’engouffrer. Il ment pour trouver de l’argent pour jouer. Puis, un jour, René s’est décidé de ne plus se conter de menteries et tente de s’en sortir.
Je ne pouvais pas soupçonner l’ampleur du problème. René me raconte l’histoire de trois de ces clients qui se sont suicidés, après avoir tout perdu dans ces maudites machines en moins d’une année. Nous avons décidé d’en faire le titre du documentaire: «Maudite machine».
Avant de tourner ce documentaire, je jugeais les joueurs qui avaient des problèmes. Je me disais qu’ils étaient bien niaiseux de dépenser toute leur paye dans ces machines. Ils n’avaient qu’à s’arrêter. Aujourd’hui, j’ai une vision différente du jeu compulsif. J’ai de l’empathie pour le joueur qui éprouve des difficultés. J’ai maintenant une idée de l’horreur qu’il peut vivre. Et ce n’est pas juste une vie qui est détruite. C’est tout un milieu qui souffre, des amis, des proches, des collègues de travail… Beaucoup de monde en paie le prix.
J’avais besoin d’une entrevue avec Loto-Québec. Nous avons rencontré M. Jean-Pierre Roy, leur éternel porte-parole. Il ne reconnaît pas que les vidéo-pokers créent un taux de dépendance plus grand que les autres loteries. Pourtant Loto-Québec ne se permet pas de faire de la publicité sur ceux-ci mais le fait sur les autres jeux. Est-ce une façon hypocrite de dire qu’ils sont conscients que ce produit est dangereux?
Je comprends qu’il soit préférable que le gouvernement gère le jeu plutôt que les groupes criminalisés. On n’arrêtera pas les gens de jouer. Mais je ne comprends pas pourquoi le gouvernement siphonne les plus pauvres. De grands revenus pour le gouvernement et des miettes sont remis aux organismes pour aider les dépendants et les plus souffrants.
La taverne est un lieu de solitude. Ensemble les joueurs sont moins tristes que seul, chacun devant une machine.
Pourquoi ne pas centraliser les machines dans des casinos plutôt que de tenter d’accrocher les clients dans tous les lieux fréquentés et accessibles? Pourquoi accepter que le Conseil du Trésor négocie des dividendes toujours de plus en plus élevés provenant de Loto-Québec? Cette pression du gouvernement pour augmenter les ristournes met de la pression pour inciter les gens à jouer.
Je n’ai qu’un seul message à lancer. Le gambling fait partie d’un problème social global. Nous sommes bombardés de publicités qui nous disent que nous devons avoir de l’argent pour acheter toutes sortes de bébelles. Avec Star Académie qui crée des vedettes instantanées, il faut tout, tout de suite. Le gambling est le seul espoir d’entrer du cash pour certains. Ils misent sur du rêve.
A-t-on perdu la valeur de l’argent? Rien ne tombe du ciel. L’argent est une mesure du travail. Dans mon travail j’exprime ma passion. Et ce travail me rapporte de l’argent. Mon but n’est pas l’argent, mais de m’exprimer. Si tu veux faire du cash, reste à l’école. Plus tu es instruit, plus tu fais de l’argent. J’aime mieux gagner mon argent comme un entrepreneur que de dire que je l’ai gagné au Casino. La fierté de l’accomplissement relié au travail. C’est moi qui l’ai fait, pas le hasard.
Les gens devraient se questionner avant de donner des gratteux à des jeunes. Pourquoi donner du vent. Tu lui donnes un billet, il gratte. Après avoir perdu, il lui reste quoi? Du vent!
Saviez-vous que nous avons autant de chances de se faire foudroyer que de remporter le gros lot du 6/49?
NDLR. Le vidéo Maudite machine est disponible auprès de Film en vue (514) 276-9556
Textes sur le gambling:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
Autres textes sur le Hip Hop
Rien ne va plus, les jeux sont faits
Écrit par Raymond Viger, Vol 14-5
Des études de faisabilité de 3 millions de dollars pour déménager le Casino, mais nous n’avons pas 150 000$ pour aider 30 joueurs compulsifs au Centre Dollard-Cormier!
En pleine campagne de prévention contre le jeu pathologique, au moment où les demandes d’aide sont en augmentation, une subvention non récurrente se termine pour le Centre Dollard-Cormier. C’est 22% de l’équipe d’intervention qui a été congédiée le 31 mars dernier, soit 2 intervenants, sur un total de 9. Pendant ce temps, Loto-Québec se plaint que ses profits stagnent, qu’il faut investir dans de nouvelles installations pour le Casino de Montréal.
Le déclin de Loto-Québec?
Est-ce que les revenus stagnent parce qu’il n’y a plus assez de nouveaux joueurs compulsifs pour nourrir l’appétit féroce de Loto-Québec? Il faut tout de même comprendre que lorsqu’un joueur perd 100 000$ par année dans les jeux de hasard, quand il a tout perdu, qu’il se met en faillite personnelle, entraînant souvent des entreprises et d’autres personnes avec lui, il est vrai que Loto-Québec perd des revenus.
Si les revenus de Loto-Québec ont atteint leur maximum, les besoins en thérapie pour les gens qui ont souffert à cause du jeu ne font que commencer. Il y aurait près de 180 000 joueurs compulsifs au Québec qui ont besoin d’aide selon une étude de l’Université McGill. Aurions-nous déjà atteint cette phase critique tant décriée et qui en inquiéte plusieurs? Est-ce que les coûts reliés à l’aide aux joueurs compulsifs vont dépasser les revenus qu’il nous reste à faire? Loto-Québec, après avoir atteint son apogée, est-elle sur le déclin?
Dommages collatéraux
Avec des revenus qui vont baisser, et des dépenses qui vont augmenter, aurons-nous les moyens d’offrir le soutien aux joueurs compulsifs? Est-ce la définition de dommages collatéraux qui s’applique ici? Est-ce à dire que Loto-Québec a réussi à saboter notre société?
Textes sur le jeu compulsif:
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/
http://journaldelarue.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
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Gam-Anon: fraternité d’entraide pour les proches des joueurs compulsifs
écrit par Raymond Viger, Vol 15-1, octobre 2006
Il y a plus d’une centaine de meetings Gamblers Anonymes à travers le Québec. Ces rencontres gratuites permettent à des joueurs compulsifs de se retrouver pour se soutenir vis-à-vis de leur volonté d’arrêter de jouer.
Il existe une autre fraternité d’entraide proche de Gamblers Anonymes, mais moins connue; Gam-Anon. Cette fraternité regroupe les conjoints, les enfants et tous les proches du joueur compulsif pour les aider à s’assumer par rapport aux gamblers.
Vivre dans l’entourage d’un joueur compulsif peut être traumatisant et difficile à accepter. Au départ, Gam-Anon va aider les proches à retrouver un équilibre dans leur vie et les soutenir dans leur démarche auprès du joueur. Il est arrivé régulièrement que la démarche d’une personne dans Gam-Anon permette d’aider le joueur à faire éventuellement sa propre démarche.
Un joueur compulsif trouble et dérange plus d’une dizaine de personnes autour de lui. Nous pourrions supposer qu’il y aurait dix fois plus de meetings Gam-Anon. Pourtant non. Gam-Anon a de la difficulté à remplir ses salles de rencontres et il n’existe qu’une dizaine de meetings à travers le Québec.
Il y a pourtant un principe de base en intervention. Si tu veux aider quelqu’un, tu dois aussi accepter d’être aidé. Si je veux aider un gambler à découvrir un nouveau mode de vie, il faut que j’accepte que j’ai aussi des choses à travailler sur moi. D’où l’importance de cette fraternité Gam-Anon.
Pour les Alcooliques Anonymes, il existe l’équivalent Alanon. Pour Narcotiques Anonymes, il existe Nar-Anon… Même pour les adolescents, il y a Alateen, une fraternité spécialisée dans l’entraide auprès d’adolescents vivant près d’une personne alcoolique.
Les ressources pour nous aider à intervenir auprès d’un proche qui vit des difficultés sont là. N’hésitez pas à les utiliser.
Gamblers Anonymes et Gam-Anon (514) 484-6664 ou 1-800-484-6664
Narcotiques Anonymes (514) 249-0555 ou 1-800-463-0162
Nar-Anon (514) 725-9284
Alcooliques Anonymes (514) 376-9230
Textes sur le jeu compulsif, la famille:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
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D’une dépendance à l’autre
Par Marie-Lyne Caisse Vol 14, No 5
Quand je dis codépendance, à quoi pensez-vous? Au conjoint d’un dépendant ou une personne à multiples dépendances? Saviez-vous qu’il existe des centres de thérapie qui réunissent dans un même groupe des dépendants aux drogues, des dépendants au sexe et d’autres au jeu compulsif?
La codépendance fait référence au fait d’avoir plusieurs dépendances. Les centres d’aide amènent souvent les personnes à cesser leurs dépendances et comportements nocifs. D’après Madame Diane Borgia du centre CAFAT (Centre de prévention et de traitement de la codépendance et des multiples dépendances), cette méthode n’est pas idéale. «Pour régler une dépendance quelconque, vous devez d’abord régler un problème plus profond.»
Madame Borgia soutient que: «En apparence, votre dépendance peut être de n’importe quelle nature: alcool, drogue, Internet, travail, etc. C’est du pareil au même! Vous souffrez de dépendances affective et émotive. Une personne qui arrête juste de jouer ou de prendre de la drogue, si elle ne règle pas le cœur du problème, elle ne fera qu’un transfert de dépendances en dépendances.»
Jean B., membre de Gamblers Anonymes, affirme: «Mon problème de jeu ne représentait que 15% du problème. Le 85% qui reste est ma difficulté de gérer et de vivre mes émotions et mon affectivité. Quand j’ai voulu arrêter de jouer, j’ai mis toutes mes énergies sur le problème de jeu ou dans une autre dépendance. Il a fallu que je fasse un cheminement, changer mon mode de vie pour apprendre à vivre et à assumer le gros du problème, c’est-à-dire mon comportement face à mes émotions. Les émotions qui autrefois me poussaient à jouer, maintenant que j’ai appris à les verbaliser, me permettent de ne plus retourner jouer.»
Pour Bruno, membre de plusieurs fraternités d’entraide: «Quand un événement vient jouer dans mes émotions, j’ai tendance à fuir dans une bulle où plus rien ne me touche. Cette bulle a été le jeu, le sexe, la drogue, l’alcool… Pour régler mon problème, c’était pas juste de péter ma bulle, mais de travailler sur ce qui me poussait à fuir.»
Mieux se connaître pour mieux vivre. Avez-vous déjà entendu cette phrase? La connaissance de soi est essentielle à une vie saine et équilibrée. Plus vous travaillez sur vous et moins de chances vous aurez d’être pris au piège de multiples dépendances ou de comportements compulsifs. En connaissant vos motivations profondes et vos valeurs, et en donnant un sens à votre existence, vous serez mieux armés face aux situations de la vie courante. Vous aurez plus de facilité à prendre une décision et à vous fixer des buts. Il n’y a pas de plus beau cadeau à s’offrir que de se découvrir…
Textes sur le gambling, alcool et drogue:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/que-signifie-etre-dependant/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/ma-renaissance-face-a-la-drogue/
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