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Congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ)

Le 27e Congrès des médias écrits communautaires du Québec vient de se terminer. Un week-end qui s’est déroulé à l’hôtel Mont Gabriel à Ste-Adèle. Cette rencontre entre les artisans de la presse communautaire est une occasion pour des retrouvailles, quelques formations et pour reconnaître le travail journalistique de tous ces gens impliqués, souvent bénévolement, pour servir leur communauté.

Personnellement, j’ai assisté à un atelier sur le Web avec Benoît Munger du journal Le Devoir et L’art du portrait avec l’excellent André Ducharme du magazine L’actualité. M. Munger nous a fait découvrir plusieurs fonctions et outils du Web que, malgré le nombre d’heures que je passe devant celui-ci, m’avait encore échappé. M. Munger réussi à rendre intéressante la formation et capter notre attention malgré que la matière soit un peu aride.

J’avais déjà eu l’occasion d’écouter l’atelier d’André Ducharme. Mais on ne peut se tanner d’écouter un journaliste d’expérience comme lui. On en apprend encore et encore. La passion d’André Ducharme pour le portrait le rend attrayant et intéressant à écouter.

Pendant ce temps, Danielle, co-directrice de l’organisme et spécialiste des équipements et logiciels s’est amusé dans les ateliers de conception graphique, autant pour les magazines que pour les tabloids. Elle a pris des notes qui vont être discutés avec l’équipe et qui devraient amener quelques changements dans le magazine.

Pour la remise des prix, je profite de cette occasion pour souligner les prix remportés par l’équipe de Reflet de Société. Dans la catégorie entrevue, Annie Mathieu pour son texte Le SIDA tue encore avec le docteur Réjean Thomas. Dans la catégorie chronique, Jean-Pierre Bellemare, notre chroniqueur de la prison de Cowansville pour son texte Pas banale la vie carcérale. Et finalement, une deuxième place pour Dominic Desmarais dans la catégorie reportage pour Le vin québécois fait son chemin.

Avec ces 3 prix, cela a permis à Reflet de Société d’être 3e pour le média communautaire de l’année, devancé par Graffici de Gaspésie et le Mouton Noir du bas du fleuve. Nous profitons de l’occasion pour les féliciter pour leur travail et cette reconnaissance de leurs pairs.

Le congrès s’est terminé avec une conférence de Laurence Poole de Sherbrooke. Cette conférence de motivation et de leadership a été une vraie révélation pour notre équipe. Je reviendrais sous peu pour vous en faire part avec plus de détails.

Gaspésienne et Gaspésien vivant hors Gaspésie recherché par Graffici

Je suis présentement au congrès des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ). Je viens de rencontrer Frédéric Vincent, le directeur du magazine gaspésien Graffici.

Le magazine Graffiti couvre l’ensemble de la Gaspésie depuis 7 ans. Tous les Gaspésiennes et Gaspésiennes reçoivent ce magazine culturel par la poste. Le rêve et l’objectif de Frédéric est de pouvoir rejoindre l’ensemble des Gaspésiennes et Gaspésiens qui ont quitté la Gaspésie et qui vivent partout à travers le monde.

Je profite de mon blogue pour lancer un appel à tous les gaspésiennes et gaspésiens. Laissez-vous un commentaire avec l’adresse mail de tous gaspésienne et gaspésien que vous connaîssez et qui ont quitté la Gaspésie. Le magazine Graffici veut pouvoir leur envoyer des nouvelles de la Gaspésie par l’intermédiaire d’Internet.

Nous attendons vos adresses mail pour les faire parvenir à Frédéric. Vous pouvez les laisser à la suite de ces textes ou encore nous le faire parvenir sur notre adresse couriel: journal@journaldelarue.ca

Merci de votre coopération.

La neige artificielle est-elle blanche comme neige?
Benoît Lacroix – Agence Science-Presse

Fabriquer le plus de neige possible en un minimum de temps. Voilà ce qui pourrait résumer le défi que se lance la majorité des quelque 80 stations de ski québécoises pour s’adapter aux changements climatiques. Afin d’y arriver, il faut plus de canons à neige, plus de tuyaux, plus d’eau et plus d’électricité. Selon Alexis Boyer-Lafontaine, de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ), les stations devront investir entre 80 et 100 M$ dans les technologies d’enneigement, durant les cinq prochaines années. Reste à savoir quel sera l’impact environnemental d’une telle avalanche de neige fabriquée!

En effet, produire de la neige exige beaucoup d’eau et beaucoup d’énergie. Comme le remarque Charles Lavoie, président de Turbocristal, le seul fabricant canadien de canons à neige, nous sommes face à un paradoxe. «Par notre mode de vie, nous produisons des gaz à effet de serre, qui causent des changements climatiques. Ces derniers nuisent à l’enneigement et nous remédions au problème en fabriquant de la neige. Cela nécessite de l’énergie et cause davantage de gaz à effet de serre!» Pour minimiser l’impact environnemental de la fabrication de neige, il suggère donc que les stations de ski s’équipent suffisamment, de manière à pouvoir produire le maximum de neige lorsqu’il fait froid, c’est-à-dire lorsque cela nécessite le moins d’énergie.

Mais il n’y a pas que l’énergie qui pose problème. La demande en eau inquiète aussi. La station du mont Tremblant, par exemple, possède 1037 canons à neige et peut pomper jusqu’à 35 000 litres d’eau à la minute, ce qui équivaut à tirer la chasse d’eau environ 2 500 fois à la minute! Évidemment, toute cette eau doit provenir de quelque part. Elle est donc puisée dans les cours d’eau et les lacs situés près des stations. Et comme les niveaux d’eau sont souvent déjà très bas en hiver, il faut souvent créer des réserves d’eau, comme des lacs artificiels. Les débits réservés pour les stations de ski doivent toutefois être autorisés par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Ce dernier procède également à une évaluation sommaire de l’impact du prélèvement d’eau sur la faune aquatique.

Une fois sur les pentes, toute cette eau transformée en neige a également des conséquences sur la nature. Mais cette fois, il est plus difficile de trouver des données. Normand Boulianne, du MDDEP constate que le ministère n’étudie pas la question. Par contre, le cas du mont Orford, en Estrie, a suscité des interrogations. À la direction régionale du ministère, le biologiste Richard Cooke a supervisé, de 2004 à 2006, une étudiante de l’Université de Sherbrooke, pour un projet de maîtrise en environnement, portant sur l’impact de l’enneigement artificiel sur l’écosystème du massif du mont Orford. L’étude a permis de mettre en évidence une érosion sévère des sols, une modification des cours d’eau qui reçoivent l’eau de la fonte, un taux de mortalité élevé des arbres et une atteinte à la faune aquatique des réserves d’eau. Anne-Sophie Demers, la chercheuse en question, recommande que les stations de ski limitent leur production de neige artificielle au maximum, en se concentrant sur deux périodes critiques: le début de la saison, moment où il est nécessaire d’assurer une couche de fond et lors des périodes de redoux, afin de réparer la surface skiable.

Alors, toujours blanche, la neige artificielle? Il faudrait aussi ajouter aux risques à évaluer, celui des additifs, ajoutés à l’eau afin de faciliter la formation des flocons. Le Snomax est le produit le plus populaire. Il s’agit d’un concentré de protéines, produites par la bactérie Pseudomonas syringae. La protéine agit directement sur les molécules d’eau, les orientant de façon à accélérer le processus de cristallisation. Il est principalement utilisé lorsque la température extérieure est trop élevée. Le produit permet d’augmenter de 1 à 2 degré celsius la température à partir de laquelle il est possible de fabriquer de la neige. Ainsi, il est possible de produire de la neige plus tôt en saison, ce qui permet de garantir l’ouverture des stations pour la période des fêtes, par exemple. Les études actuelles sur l’impact écologique du Snomax sont trop peu nombreuses et ne concluent pas à des effets importants sur l’environnement. Le produit est malgré tout interdit en Allemagne et à quelques autres endroits dans le monde. Au Québec, il est encore largement utilisé.

Toutes ces considérations écologiques vous donnent le tournis ? Vous pouvez toujours vous élancer sur les quelques pistes de neige naturelle qui subsistent. Quelques centres de ski, dont le Valinoüet, au Saguenay, offrent encore une couverture naturelle à 100 % grâce à une généreuse contribution de dame Nature. Et pour les plus téméraires, la tendance est au télémark et au ski de haute route. S’ouvre alors de nouveaux horizons d’une virginale blancheur, mais, comme le souligne Louis Sirois, amateur de télémark, «pour être le premier à tracer sa ligne, il faut être prêt à investir l’effort.» Les remontées mécaniques sont alors absentes et c’est avec des peaux de phoque (maintenant faites de matière synthétique) accrochées aux skis, que l’on grimpe la montagne. Les destinations sont multiples: les Chic-Chocs, en Gaspésie, le mont Ham, dans les Cantons-de-l’Est, Le Massif, dans Charlevoix, qui offre cette année la possibilité de grimper le mont à Liguori, et plusieurs autres endroits secrets, bien gardés des nombreux passionnés de pentes blanches…

Deux nouvelles vedettes à Miguasha
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

Le poisson fossile le plus célèbre de la planète, l’Eusthenopteron, a fait des petits. Le parc national fossilifère de Miguasha, en Gaspésie, compte aujourd’hui deux autres spécimens rares, un Bothriolepis canadensis et un Eusthenopteron foordi. Deux témoins de l’ère du Dévonien, l’âge des poissons.

«Ce sont des spécimens rares, exceptionnellement bien conservés. Tout est en place : crâne, nageoires…C’est la première fois en 27 ans que je rencontre un si bel état de fossilisation», rapporte Norman Parent. Il a fallu deux ans de travail minutieux au technicien en paléontologie pour libérer de leur ganse de sédiments les deux nouvelles vedettes de Miguasha.

Ce qui rend ces fossiles si précieux, ce n’est pas leur caractère unique — le musée en possède d’autres exemplaires, mais plutôt leur extraordinaire conservation en 3D. «Ils ne sont pas écrasés comme ceux que l’on rencontre habituellement. La forme du crâne est parfaite, tout comme l’ossature», s’exclame Paul Lemieux, directeur adjoint du parc.

La vie, la vie… il y a 380 millions d’années !
Trouvés dans un ancien chenal en 2006 par le patrouilleur Jason Willet, ces deux spécimens illustrent les rouages de l’évolution, il y a 380 millions d’années. Le plus célèbre, celui de l’Eusthenopteron foordi, connu aussi sous le nom du «Prince de Miguasha», témoigne de la transition entre poissons et tétrapodes.

Cette nouvelle trouvaille apporte même son lot de surprises surtout dans le cas du Bothriolepis canadensis. Ce poisson que les paléontologues pensaient plat depuis plus de cent ans de fouilles, possède une épaisseur de 6 ou 7 cm. Ce spécimen confirme donc pour la première fois l’hypothèse soutenue par certains chercheurs sur la morphologie différente de ce poisson à carapace.

Actuellement exposés dans le hall du musée fossilifère, les deux nouveaux spécimens rejoindront bientôt l’exposition permanente. Mais ces vedettes pourraient aussi engendrer de futurs travaux de recherche en raison de leur exceptionnelle fossilisation. «Si toute la structure interne des spécimens est intacte, ce que l’on ignore pour l’instant, cela pourrait amener de nouvelles données pour la recherche en paléontologie», relève Paul Lemieux.

Voilà de nouveaux trésors à ajouter à ceux déjà présents dans le livre paru en 2002 : Le parc de Miguasha. De l’eau à la terre, par Richard Cloutier, Édition MNH. (Voir cette recension : http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2002/75/article2.html). Le centre d’interprétation géologique célébrera 30 ans en 2008, gageons que les deux nouveaux spécimens y trouveront une place de choix !

Encadré

Une renommée mondiale
Le parc national de Miguasha figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis novembre 1999 (http://whc.unesco.org/fr/list/686) et est considéré comme le site fossilifère le plus important au monde de l’ère du Dévonien — l’âge des poissons (- 400 à – 362 millions d’années).

Ses falaises grises renferment des spécimens de cinq des six groupes de poissons fossiles, dont de nombreux Sarcoptérygiens. Symboles du passage de la vie aquatique à la vie terrestre, il s’agit des ancêtres à nageoires des premiers vertébrés terrestres, les tétrapodes. Ces derniers seront ceux qui parviendront à se hisser hors des eaux lors de la période du Carbonifère.

Références

Site de Miguasha :
http://www.sepaq.com/pq/mig/fr/

«Les vies anciennes : chroniques de paléontologie canadienne» sur le site du ministère des Ressources naturelles du Canada :
http://gsc.nrcan.gc.ca/paleochron/22_f.php

«Du Silurien au Dévonien : les sorties des eaux» par Jean-Yves Dubuisson, chercheur du CNRS:
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap2/dubuisson.html

Les motivées de Grande-Vallée
Gabriel Alexandre Gosselin
Juin 2007

À Grande-Vallée, en Gaspésie, des jeunes ont compris ce qu’ils peuvent apporter aux personnes âgées de leur communauté. Les enfants des 2 écoles primaires de la ville participent depuis un an à une activité bénévole intergénérationnelle. Une fois par mois, ils se rendent dans un centre d’hébergement pour personnes âgées où ils présentent de la danse, lisent des poèmes ou chantent.

L’école primaire Notre-Dame-de-Cloridorme (35 élèves) a le malheur d’être située trop loin de la maison des aînés. Ses élèves ne peuvent s’y rendre chaque fois que l’activité a lieu. Mais, Anne Minville, coordonnatrice du projet, a trouvé une solution pour eux: «Ils préparent les décorations avec des bricolages pour la thématique du mois.»

Tous ces jeunes impliqués comprennent très bien ce qu’ils apportent aux aînés. Étienne et Cindy, deux élèves de 11 et 12 ans, sont du même avis: ils rendent ces gens heureux, et leur récompense est de les voir sourire.

Ce projet bénévole, qui avait reçu une aide gouvernementale pour sa première année, devra se passer de subventions à partir de l’an prochain. Anne Minville compte bien le poursuivre, puisqu’il fait autant le bonheur des aînés que des enfants. «Depuis le début, le nombre de participants a presque doublé. Le sous-sol du centre d’hébergement est rendu trop petit pour accueillir tous ceux qui viennent voir les jeunes. Les personnes âgées aiment voir la naïveté des enfants!»

Une présence qui fait la différence
Anne Minville est coordonnatrice pour le Centre d’action bénévole La Grande Corvée. Elle partage son temps entre le centre et les trois écoles de Grande-Vallée. Son travail consiste à rallier enfants et adolescents à l’implication citoyenne. Ses projets ne cessent de trouver de nouveaux adeptes motivés.

Son seul acte de présence dans les écoles la place déjà en avance par rapport à la majorité des établissements scolaires de la province. Peu d’entre eux jouissent d’une personne ressource comme Anne. C’est d’abord avec entrain et un sourire aux lèvres qu’elle parle de bénévolat aux élèves. Elle leur propose ensuite des projets susceptibles de les intéresser.

Grâce son approche, quand on demande à ces enfants d’aller montrer de quoi ils sont capables devant les personnes âgées, ils embarquent dans l’aventure. «Je ne vois aucun problème à confier des projets aux jeunes. J’ai pleine confiance en eux.»

Annie et ses causes

Dès l’âge de 7 ans, le bénévolat appelle Annie-Dominique Chicoine. L’élément déclencheur survient lorsque Pierre Bruneau — journaliste à TVA et père d’un enfant décédé de leucémie — visite sa ville, Grande-Vallée, pour amasser des fonds pour les enfants handicapés. Sensibilisée à la cause, puisque son propre cousin est atteint d’un handicap, Annie-Dominique et son frère cumulent dans leur petit cochon 60 $ pour l’hôpital Sainte-Justine.

«Si j’avais un enfant avec ce genre de problèmes, je serais contente que des gens veuillent m’aider», souligne-t-elle. À 10 ans, elle s’implique de nouveau pour Opération Enfant-Soleil et pour l’hôpital Sainte-Justine. Aujourd’hui âgée de 15 ans, elle orga-nise chaque année une discothèque sur glace avec vente de hot dogs et un lave-auto. Dans sa boîte à idées, il y a aussi l’organisation d’une partie de sucre.

Boule d’énergie
Pendant l’année scolaire, Annie-Dominique pratique le théâtre. L’été, de deux à trois fois par semaine, elle présente bénévolement avec sa troupe, devant la communauté, la pièce de théâtre qu’elle a pratiquée toute l’année. Annie-Dominique s’est aussi engagée dans la Guignolée. Elle a récolté l’argent et les denrées non périssables à son école secondaire, en plus de faire du porte-à-porte pour récolter les dons de tous les citoyens de Grande-Vallée.

L’adolescente compte également participer à la Marche de la Mémoire, qui sert à amasser des dons pour la recherche sur l’Alzheimer. Sa grand-mère est décédée de cette maladie. «J’étais très près d’elle, et je trouvais ça triste de ne plus me faire reconnaître.» Elle commandite sa mère qui, pour l’occasion, est marcheuse élite.

Entre son chum, ses amis et ses études, cette adolescente ne compte pas arrêter de sitôt tous les efforts qu’elle offre à sa communauté. Le prix de la relève bénévole qu’elle vient de se voir décerner l’encourage d’ailleurs à continuer à s’impliquer et à donner de son temps. «Je sais que je ne fais pas ça pour rien.»

Rue de la violence
Dominic Desmarais
juin 2007

Au tournant de l’an 2000, Michelle entame une descente aux enfers. Traumatisée par la mort de deux de ses amis lors d’un accident de la route en Gaspésie, elle débarque à Québec. Elle y perdra ses plus belles années.

L’homme dont elle tombe amoureuse est impliqué dans la vente de drogue et dans la prostitution. Elle ne le sait pas. «J’ai commencé à vendre, parce que j’ai été influencée par de mauvais amis. Ça rapportait pas mal», avoue candidement la jeune femme.

Elle passait toutes ses soirées dans un bar de la capitale nationale à fournir de la cocaïne aux clients. À la fermeture, elle poursuivait son manège dans la rue. Elle s’effondrait sur son lit pendant 2 heures. Au lever, elle pesait et coupait la drogue qu’elle allait vendre en soirée. «Je travaillais 7 jours sur 7, sous les menaces de mort de mon chum et de son ami. J’ai fait ça 5 ans. J’étais à boutte.»

Son corps pour un quart de gramme
Michelle avait trop peur de changer de vie. Elle recevait à longueur de journée des claques sur la gueule. Un jour, elle se fait pincer par la police. Ses malheurs commencent. «Quand j’ai arrêté de vendre, il m’a forcé à prendre du PCP. Il m’a agrippé par la gorge pour m’envoyer sur la rue. Je ne connaissais pas ça, la prostitution.» La jeune femme ne veut pas nommer son petit ami. Elle en est toujours effrayée.

En 2002, elle entame sa nouvelle carrière: la prostitution. «Je n’aimais pas ça. À mon premier client, je pleurais. Je trouvais ça dur. Il était fin avec moi, dit-elle pour l’excuser. Il s’est rendu compte que je n’étais pas habituée.» Michelle travaillait jour et nuit. Soit dans la rue, soit en attendant l’appel de son copain, son proxénète.

«Il m’appelait pour me dire qu’il avait un client pour moi. Je voulais pas. J’allais me cacher chez ma chum. Quand je rentrais, je mangeais quelques claques. Mes clients étaient plus doux que mon chum. Ils savaient ce que je vivais. Je leur disais que j’étais obligée de le faire, que ça ne me tentait pas. Certains me donnaient mon 20 $ sans avoir de relation avec moi.»

Michelle remettait à son petit ami l’argent de ses clients. «En échange, il me redonnait un quart de gramme de coke. Je trouvais ça dur, cette vie. J’ai arrêté de consommer. Mais, j’ai continué de me prostituer, parce que, sinon, j’allais y passer.»

Battre ou se faire battre
Michelle subit la violence au quotidien. On lui crie après, la menace, la bat. Elle doit s’en prendre physiquement à ses amies prostituées. «Je n’avais pas le choix. Mon chum voulait que je batte mon amie. Je l’ai passée par-dessus le comptoir une fois. Je lui ai cassé les côtes, dit-elle, amère. Quand je ne la battais pas, c’est moi qui mangeais les volées. Il a enterré ma chum de fille, une prostituée qui voulait sortir du milieu. Toutes celles qui voulaient se sortir de la rue y passaient. Il les battait à mort. Je ne l’ai pas quitté, parce que j’avais peur. Moi, j’ai pas arrêté de manger des volées.»

Durant cette période, Michelle trouve refuge dans la musique. Elle chante à des événements. En 2004, elle emporte le premier prix d’excellence décerné par la Maison des jeunes de Saint-Sauveur. Un pactole de 4000 $. Un cadeau empoisonné. «Quand il l’a appris, il m’a agrippé par les cheveux. Il m’a dit: “T’es MA chanteuse. Tu m’appartiens.” J’y ai goûté.»

Cet événement a été un électrochoc qui a décidé Michelle d’abandonner cette vie de misère. En 2005, son copain devient fou. Il tente de l’assassiner. «Il me courait après avec un couteau de 12 pouces. Il m’a cassé la jambe avec une patte de la table de cuisine. Je courais sur ma jambe pareil. J’ai pas eu le choix de sauter du 2e étage. Il m’a retrouvée dehors. Il avait son couteau sur ma gorge.»

Michelle revient sans cesse sur cette histoire de grosses cicatrices psychologiques. Elle est suivie au centre Dollard-Cormier pour l’aider à se reconstruire des suites de cette violence. «Chaque fois que je reçois ma lettre pour les victimes d’actes criminels, je pleure», dit-elle, passant de la parole au geste. Elle sanglote juste à en parler. Elle repense à ses années d’enfer, à sa musique qui l’a aidée à s’en sortir. Elle a composé une chanson sur la prostitution. Elle y traite les clients de «vautours».
 
Le salut par l’entraide
Michelle finit par rebondir. Elle revient à Montréal pour repartir à neuf. Avec l’appui et l’amour de sa mère, elle reprend confiance en la vie. Elle fait du bénévolat auprès de femmes violentées. Elle apporte son aide à l’organisme Dopamine, qui travaille auprès des prostituées.

«J’ai fait de la prostitution. J’ai été toxicomane. J’ai été battue. Je veux les aider. C’est un milieu dur. Il faut savoir les comprendre. Avec moi, elles se sentent en sécurité. Je ne les juge pas.»

Michelle se remet lentement de ces 5 années sombres. Elle n’a aucune idée du temps qu’il lui faudra pour panser ses plaies. Elle vient de mettre fin à une relation. «J’ai vu qu’il était agressif. Dès qu’on élève la voix, j’ai peur. Je panique. Je me suis assez fait crier après. Je ne veux pas être démolie à nouveau. Je commence à être bien.»

La jeune femme poursuit sa thérapie et cherche des organismes qu’elle pourrait aider grâce à ce qu’elle a vécu. Elle envisage d’enregistrer un autre disque. Michelle sourit comme une miraculée. Elle pense à son avenir rempli de projets. Une bonne façon de garder son optimisme.

Dopamine:
www.dopamine.ca
Centre Dollard-Cormier:
www.centredollardcormier.qc.ca

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Le soleil du jour

Cet après-midi, j’ai eu droit à un beau moment dans mon dossier sur le bénévolat chez les jeunes. Un téléphone-soleil, que je l’appellerais. Je sentais l’intervenante qui explosait par le combiné tellement l’émotion de l’autre côté était forte, humaine et sincère. Quoi de mieux pour un journaliste quand il trouve ce qu’il cherche : dans ce cas, une motivation chez des gens qui s’impliquent intelligemment. Je crois qu’avoir été en personne à cette entrevue, je serais revenu bronzé comme un serpent d’Afrique (et cela même si j’étais en communication avec la… Gaspésie!).

Avec ce temps de ***** qui continue de faire des siennes dans ce fulgurant Montréal, je n’avais pas besoin de plus pour comprendre que ce n’est pas la température qui fait que ça va mieux ou pas sur notre planète. Par contre, l’implication d’une personne, qui se passionne de son implication, et qui le fait pour le bien de sa communauté, ça, ça peut changer le monde, du moins celui qui nous entoure. Et ça peut le rendre plus beau surtout.

Gabriel Alexandre Gosselin

Les cégeps de Gaspé et de St-Hyacinthe en économie sociale 

Reflet de Société avait présenté un reportage de Dominic Desmarais sur des étudiants de l’Île de la Réunion qui évite de suspendre des cours au cégep de Gaspé. Les frais de cours payés par ces étudiants étrangers permettent d’amener de l’eau au moulin et d’offrir des cours où il n’y avait pas assez d’étudiants Gaspésien pour en garantir la continuité. Une forme d’économie sociale basée sur la mondialisation et l’offre de nos compétences à un marché qui dépasse nos proches frontières.

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/24/des-etudiants-etrangers-stimulent-la-gaspesie/

Sous la plume de Martin Bisaillon, le Journal de Montréal nous a malheureusement montré le 28 février dernier que l’absurde peut aussi se faire en économie sociale. Au cégep de St-Hyacinthe, Luc Chagnon directeur du programme et le directeur général Jean Barbeau avait inscrit gratuitement 12 étudiants étrangers, toutes dépenses payés dans le programme textile. Une dépense de 240 000$.

La mondialisation et l’économie sociale doivent être un soutien aux interventions que nous voulons faire, pas une dépense! Le principe est simple et efficace. À Gaspé ça fonctionne à merveille. Malgré les bons principes et les avantages de l’économie sociale, il y a des limites à ne pas dépasser et à comprendre.

J’ai été surpris de lire la compréhension qu’en avait faite l’ancienne direction du cégep de St-Hyacinthe.

Les régions, une nouvelle vie pour les jeunes marginalisés

Au Journal de la Rue ainsi qu’au Café-Graffiti, nous accompagnons des jeunes marginalisés. Leur vécu est très varié; décrocheur, trouble de comportement, violence, difficulté avec l’autorité, alcoolique, toxicomane et j’en passe.

Suite à leur passage chez nous, plusieurs restent en contact, viennent nous donner des nouvelles, saluer les anciens encore chez nous ou dire bonjour aux nouveaux qui arrivent. Nous avons eu des nouvelles d’un de nos anciens. Il est maintenant en Gaspésie, ils étudient à l’université en environnement. Il a cessé de consommer. L’exil en Gaspésie aura été important pour lui, pour recommencer à zéro. Sortir du milieu.

Et ce n’est pas le premier qui réussit cet exploit en passant par les régions. Le stress des centres urbains, le mode de vie qu’ils ont développés est devenu infernal pour plusieurs. Leur planche de salut passe par un nouvel environnement, une vie plus calme et sereine, un rapprochement de la nature. Nous avons maintenant des anciens qui se sont ainsi rétablit dans plusieurs régions du Québec. Plusieurs s’impliquent auprès des jeunes de leur région adoptive.

Il est venu nous saluer au Café-Graffiti. Il est reparti avec plusieurs copies du magazine Reflet de Société en nous disant: “Il y a plusieurs jeunes là-bas qui en ont besoin”. Ç’a fait chaud au coeur de voir un ancien sensible à la cause des plus jeunes.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/08/les-marginaux-les-regions-et-les-ressources/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/06/les-gangs-de-rue-sexportent-en-region/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/18/refugie-au-saguenay/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/18/exode-ou-migration-labitibi-ramene-ses-enfants-au-bercail/

Textes sur la santé.

Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Sylvie Tremblay

Ces entrevues sont tirées de Debrouill’Art, numéro hors-série du magazine Les Débrouillards.

Propos recueillis par Julie Parent

Q. : “ Y a-t-il moyen de devenir comédienne à notre âge même si nous ne vivons pas à Montréal ? ”

R. : “ Oui, mais comme la plupart des tournages se font à Montréal, tes parents doivent être très coopératifs pour le transport ! Mais c’est possible. Prends par exemple Mirianne Brûlé, qui joue le rôle de Sélina dans Ramdam : elle habitait Joliette quand elle a commencé à jouer il y a plusieurs années. Eh bien, il fallait que ses parents la conduisent aux auditions, puis sur les plateaux de tournage… C’est difficile d’estimer combien de voyages sont nécessaires, cela dépend toujours du rôle obtenu. Mais je peux te dire que si tu joues dans un film, c’est plus facile de prévoir les déplacements parce que le tournage dure seulement une trentaine de jours consécutifs. Par contre, les tournages des séries quotidiennes comme Ramdam sont répartis sur neuf mois. C’est beaucoup plus consistant !Cela dit, l’endroit où tu habites n’influence pas mon choix lors des auditions. Si une personne vient de très loin, de la Gaspésie par exemple, je vais vérifier si ses parents peuvent s’organiser. Je sais bien qu’ils ne feront pas l’aller-retour quotidiennement ! Mais le plus important pour moi est de sélectionner les comédiens qui peuvent le mieux incarner les personnages.

Sylvie Tremblay est la productrice de l’émission Ramdam, diffusée à Télé-Québec. Elle est une sorte de chef d’orchestre qui coordonne le travail des membres de l’équipe. Sylvie assiste également à toutes les auditions, c’est même elle qui choisit les jeunes comédiens ! Avant Ramdam, elle a été script-éditrice pour l’émission Les Débrouillards…

Journal de la Rue, Reflet de Société, CAFÉ-GRAFFITI.

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