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Rapports de Loto-Québec: au moins 2 suicides dans les casinos

C’est ce que souligne la Presse Canadienne en se fiant aux documents, finalement obtenus de Loto-Québec par Bill Clennett.

Est-ce que Loto-Québec tente de minimiser la détresse humaine relié au jeu compulsif? Je suis intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. Peu de temps après l’ouverture du casino, nous avons eu à intervenir avec de grandes quantités de personnes qui avaient tout perdu au Casino de Montréal et qui voulait en finir avec la vie.

Le Casino de Montréal avait été rencontré. Nous voulions intervenir plus près de la détresse des joueurs, c’est-à-dire, directement dans le Casino. Ce qui m’avais choqué c’était que les dirigeants du Casino nous garantissait qu’il n’y avait pas de problème et qu’il n’y avait pas de matière à intervenir.

Pourtant, les histoires d’horreur n’ont pas cessé de se multiplier. Pourtant, en Suisse, pour qu’un casino puisse opérer, il doit y avoir un intervenant de crise sur place, près à intervenir.

Deux suicides reliés aux casinos nous dit Loto-Québec. Désolé, avec l’expérience que j’ai eu de leur capacité à jouer à l’autruche, je serais porter à dire: “Deux suicides reliés aux casinos que Loto-Québec ne réussit pas à s’en laver les mains”.

Textes sur le gambling et commentaires sur le jeu compulsif.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/

Gamblers, toxicomanes ou alcooliques?

Lors d’une visite sur le blogue de Toxico Québec, quelques statistiques attirent mon attention: “Au Québec, le pourcentage de toxicomanes du jeu (joueurs compulsifs), se situe, selon les études, entre 2,1 et 5% alors qu’il n’y a que 0.9% de toxicomanes (drogues illicites) et 1.9% d’alcooliques”.

Des chiffres qui peuvent faire réfléchir sur les conséquences que le jeu peut avoir sur les Québécois.

Toxico Québec a mis en ligne un blogue sur les différentes addictions: drogues, alcool et jeu compulsif. Même si le site Toxico Québec existe depuis de nombreuses années, le blogue semble être tout nouveau, quelques semaines seulement.

Il n’y a pas de commentaires sur les textes publiés, mais le trafic générés par le site semble indiquer que beaucoup d’Internautes se questionnent sur ces problématiques.

Cigarettes et loterie dans les dépanneurs

Dans le Journal de Montréal du 7 décembre, Yvon Laprade souligne que Québec s’apprête à dicter aux détaillants comment “cacher” les produits du tabac à la vue des consommateurs.

Selon Wikipédia, auQuébec, 5% de la population admet avoir un problème de jeu compulsif. Les problèmes de jeu d’un joueur compulsif touchent une dizaine de personnes (conjoint, enfants, amis, employeurs…). C’est donc dire que près de 50% de la population est affecté par le jeu compulsif. 

Toujours selon Wikipédia, chercheurs, intervenants, gouvernement et Loto-Québec s’entendent pour dire (à des degrés différents) que l’accessibilité est un facteur déterminant dans le développement du jeu compulsif.

Si nous considérons que les produits du tabac sont nocifs et que pour en réduire les méfaits il faut éviter d’en faire la publicité et éviter de montrer le produit, ne devrions-nous pas étendre ce principe aussi aux loteries? Le gouvernement est-il incohérent dans sa volonté de nous garder en santé?

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Suicide, Bill Clennett, Loto-Québec et le jeu compulsif

L’an dernier, j’avais félicité Bill Clennett pour son implication contre Loto-Québec. Bill Clennett tentait de connaître la vérité sur le nombre de suicide relié au jeu compulsif dans les casinos du Québec. Loto-Québec tentait, par tous les moyens, d’éviter d’avoir à présenter la réalité du suicide dans ses casinos.

Radio-Canada nous annonçait que M. Bill Clennett avait réussi à gagner en cour d’appel contre Loto-Québec. Loto-Québec devra nous parler “honnêtement” de ce qu’il se passe dans les casinos.

Étrange que l’on doive aller en cour contre une société d’État pour tenter de connaître la vérité. Étrange que cette même société d’État, après avoir perdu une première fois, ait été en appel pour éviter de nous présenter la vérité. Une société d’État n’est-elle pas censé être au service de sa société?

Textes sur le gambling. Commentaires du rédacteur sur Loto-Québec.

Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention.

Loto-Québec, les casinos en France et le Journal de Montréal

Valérie Dufour signait un article dans le Journal de Montréal du 15 octobre: “Gaspillage à la société d’État? Une stratégie coûteuse de 375 000$ pour obtenir la construction de deux casinos en France et qui vire en queue de poisson.”

Valérie Dufour questionne la stratégie employée par Loto-Québec. Elle pose la question et elle met un point d’interrogation à son titre. Cependant, en qualifiant la stratégie de “coûteuse” et que l’opération “vire en queue de poisson”, nous tombons dans l’accusation. Ce qui aurait pu être correcte selon l’article qu’elle nous présente.

Pour ceux qui me connaissent, j’ai déjà écrit beaucoup d’éditoriaux dénonçant Loto-Québec. Ce n’est pas dans ma nature de prendre la défense de Loto-Québec. Cependant, l’article de Valérie Dufour m’y pousse.

L’article souligne que 2 dirigeants de Loto-Québec ont “dépensé” 375 000$ pour tenter d’obtenir des contrats pour des casinos en France. Si Loto-Québec avait obtenu les contrats de 154 millions d’euros (213 millions de dollars) pour ces casinos, au lieu de parler de dépense, ont aurait parlé d’investissement. On aurait félicité Loto-Québec d’aller chercher des revenus ailleurs que dans les poches des joueurs compulsifs du Québec et d’utiliser leur compétence à travers le monde. On aurait pu les qualifier de nouveaux Cirque du Soleil et de Céline Dion du gambling.

D’un côté, on ne peut espérer aller chercher des contrats internationaux sans faire d’investissements. Surtout avec les Français. Avant de conclure une entente quelconque, les Français veulent vous voir, établir une relation avec vous. Il faut prendre le temps d’aller casser la croute à plusieurs occasion avant même d’espérer commencer à négocier une entente.

D’un autre côté, la France coûte cher. Le litre d’essence à 2$ ou une canette de liqueur au dépanneur à 2$, c’est deux fois plus cher qu’à Montréal. L’article parle des dépenses de M. Labelle de 90 000$. Le tout se déroule sur une période de 3 ans pour 36 voyages en France. Cela fait donc une moyenne de 2 500$ par voyage.

L’article ne dit pas combien de temps les séjours ont duré. Même si une partie des dépenses de voyages ont été payés par d’autres partenaires et que ces voyages auraient coûté 5 000$ chacun, peut-on supposé que les dépenses étaient extravagantes, coûteuses?

Rien dans l’article me le mentionne. Le titre oriente donc le lecteur dans une théorie de dépenses outrageuses de Loto-Québec. Quand Mme Dufour mentionne que le projet de Loto-Québec vire en queue de poisson, malheureusement, je pense que c’est son article qui vire en queue de poisson. La preuve de dépenses coûteuses n’a pas été faites.

Mauvais titre pour cet article, ce qui m’oblige à faire quelque chose que je n’aurais jamais cru possible: défendre Loto-Québec sur la place publique!

Les cadeaux du Casino
Michel B., Volume 16 no 1. Octobre 2007

J’ai été un gros joueur au Casino de Montréal. Un très gros joueur. Gagner ou perdre plus de 75 000 $ dans une journée était chose fréquente. Au début, j’ai commencé par gagner des montants appréciables. Plus je gagnais et plus je devenais arrogant et hautain.

Étant un gros joueur, les gens du Casino étaient à mon service. Je pouvais boire et manger tout ce que je voulais gratuitement. Je ne bois aucun alcool. Il m’arrivait de commander du champagne à 500 $ la bouteille et de le donner à de parfaits inconnus. Je pouvais manger dans n’importe quel restaurant du Casino. Quand j’étais tanné de toujours manger la même chose, je leur demandais de sortir. Avec leur grosse limousine, ils m’amenaient dans un restaurant en ville et me ramenaient au Casino.

Dès que je mettais les pieds dans le Casino, une personne était attitrée pour répondre à mes moindres exigences. Un jour mon hôtesse me fait passer, par inadvertance, par une porte réservée au personnel seulement. Après avoir fait ce que j’avais à faire dans cette section, je lui demande pour ressortir par cette même porte. J’avais le goût de voir jusqu’où le Casino était prêt à aller dans leur service à la clientèle. Je lui dis qu’il n’est pas question de repasser par une autre porte. Je suis une personne superstitieuse. Je suis entré par une porte, je dois ressortir par la même porte. Elle était vraiment embêtée. Elle fait venir différentes personnes. Finalement, un haut gradé décide d’accepter que je repasse par la section réservée au personnel.

À une autre occasion, je leur dis que j’ai toujours froid aux pieds dans leur Casino. Pas de problème! Ils me proposent de leur amener une deuxième paire de souliers qu’ils vont garder au chaud. Quand j’arrive, je n’ai qu’à leur demander mes souliers pré-chauffés qui sont gardés au vestiaire du salon VIP.

Quand je joue à la roulette, en plus de placer plusieurs jetons à différents endroits, je place toujours 200 $ sur le 0. Les croupiers me connaissent et le savent. Un jour, après le changement de croupier, un nouveau qui ne me connaît pas part la roulette et lance son traditionnel «Rien ne va plus, les jeux sont faits». Je n’avais pas eu le temps de mettre mon 200 $ sur le 0 et c’est la banque qui gagne. Je me mets à crier. Le chef de section vient à ma rencontre et analyse la situation. Pour éviter que je ne m’emporte plus, il décide de me payer le gain tout de même. 35 fois la mise de 200 $ me donne tout de même 7 000 $!

Le Casino m’a offert toutes sortes de gracieusetés. Soupers, spectacles, billets pour les Expos et une loge au centre Bell pour voir les Canadiens de Montréal, voyages dans Charlevoix, etc. Je peux vous assurer que même s’il ne m’avait rien donné, j’aurais joué quand même et aussi fort. Un gros joueur ne joue pas pour un souper gratuit ou un voyage. Il peut se le payer au centuple. J’ai été un gros joueur parce que j’étais malade du jeu. Avec ou sans gratuité. Juste à regarder les gens qui sont pris avec les vidéo-pokers dans les bars. Ils n’ont aucune gratuité et ils y dépensent des fortunes. Ils n’ont même pas la chance de gagner un gros lot qui se respecte et ils jouent quand même. C’est bien la preuve que Loto-Québec dépense son argent inutilement pour toutes ces gratuités.

Loto-Québec pourrait bien arrêter de distribuer toutes ces gratuités et remettre le tout en profit supplémentaire au ministre des Finances. Est-ce normal qu’on demande au personnel du Casino d’endurer une personne qui a été insolente et hautaine comme je l’ai été? Loto-Québec ne devrait-il pas exiger que les clients respectent leur personnel comme des êtres humains? N’est-ce pas contraire aux normes du travail d’obliger ses employés à tolérer un tel traitement? L’insolence de certains clients peut faire plus mal qu’un bon coup de poing sur le nez. Un nez peut se réparer assez rapidement. Certaines blessures psychologiques ou émotionnelles ne guérissent jamais.

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling.

Les coûts sociaux du jeu

Gabriel Alexandre Gosselin, volume 15 no 6 août 2007

Loto-Québec encaisse chaque année des centaines de millions de dollars de profits. Or, les coûts sociaux suivants sont entraînés par le jeu:

- Traitements (publics et privés), prévention et recherches

- Coûts judiciaires (ex.: délit pour dettes non payées d’un joueur voulant continuer à jouer)

- Coûts juridiques (ex.: divorce dû au comportement d’un joueur pathologique)

- Coûts en service policiers et pénaux (ex.: vol à la caisse pour faire de

l’argent rapidement)

- Soins pour problèmes de santé (ex.: stress, drogue, alcool, tentative de suicide)

Le problème d’un joueur pathologique crée inévitablement des répercussions négatives sur ses proches, et sur sa famille particulièrement. Celle-ci peut vivre à son tour des problèmes du même type que ceux décrits précédemment, et engendrer des coûts supplémentaires.

Les coûts sociaux associés au jeu n’ont pas encore été évalués au Québec. En 2002-2003, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) faisait de ces recherches sur le sujet une des quatre priorités de son plan d’action sur le jeu. Ces études n’ont toujours pas été entamées.

Autres textes sur l’environnement.

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Accessibilité restreinte aux appareils de loterie vidéo

Gabriel Alexandre Gosselin, volume 15 no 6, août 2007

Dans le but de réduire l’accessibilité au jeu, Loto-Québec travaille depuis 2004 à un projet de retrait d’appareils de loterie vidéo (ALV) partout au Québec. À la fin de ces opérations, 1142 bars et restaurants sur 3663 autorisés à posséder de ces machines s’en seront départies.

La majorité des ALV retirés sont relocalisés dans 4 salles de jeu dans la couronne nord de Montréal, à Québec, Trois-Rivières et à Mont-Tremblant. En fin de compte, sur 14 300 appareils existant sur le territoire québécois, 730 disparaîtront.

Un geste insuffisant

Les mesures entreprises par Loto-Québec pour retirer les appareils de loterie vidéo (ALV) de plusieurs bars et restaurants du Québec ne suffisent pas à régler le problème de dépendance que peuvent engendrer ces machines, selon le sociologue et chercheur à l’Institut national de santé publique (INSP), Serge Chevalier. Il reconnaît les efforts de la société d’État, mais relève plusieurs accrocs dans sa démarche, surtout dans le cas de la nouvelle concentration d’ALV dans les cinq principales salles de jeu du Québec.

“Ça prend du personnel sur place qui observe le comportement des joueurs et qui signalerait toute anomalie. Il faudrait aussi munir les appareils d’un compteur de temps pour limiter la période de jeu”, lance Serge Chevalier. Il réfléchit d’ailleurs à l’idée d’une carte de joueur. Celle-ci serait insérée dans l’appareil avant la pièce de monnaie, et empêcherait le joueur de passer d’une machine à une autre pour miser plus longtemps. “Il faut également retirer tous les guichets automatiques des sites de jeu.”

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Les salons de jeu, la santé publique et Loto-Québec

Dans La Presse et le Journal de Montréal du 21 février, nous pouvions lire que les 18 directeurs de la Santé publique étaient très préoccupés par l’implantation des nouveaux salons de jeu de Loto-Québec. La Santé publique propose 22 mesures de prévention pour réduire les risques d’augmenter le jeu pathologique.

En rapport avec ce débat, je suis content de voir que nous ne sommes plus les seuls à questionner les agissements de Loto-Québec. Depuis quelques années, les médias et la Santé publique sont devenus très critiques envers Loto-Québec.

Ce qui me surprend cependant c’est de voir Loto-Québec tenter d’attaquer la crédibilité du rapport de la Santé publique. Loto-Québec a un mandat de gestion des loteries. La Santé publique a un mandat de prévention et d’intervention en matière de santé. Si la Santé publique dénonce ou questionne Loto-Québec, leur rapport doit être faux. Même vis-à-vis la Santé publique Loto-Québec joue à la veuve offensée et refuse de voir la réalité des dégats qu’ils causent!

Il y a tout de même un paradoxe important. D’un côté Loto-Québec paye des gens pour créer des jeux qui suscitent le goût de retourner jouer et des promotions pour attirer le public. De l’autre, nous avons la Santé publique qui demande une évaluation scientifique pour réduire la dangerosité des appareils de loteries vidéos. Loto-Québec veut permettre “à la famille” de pouvoir aller dans ces salons de jeu, tandis que la Santé publique voudrait restreindre l’accès aux 18 ans et plus!

Ça prend 18 ans pour acheter des loteries au Québec. Mais dans ces salons de jeu, on permet aux jeunes d’entrer dans les hippodromes pour s’imprégner de la culture du jeu. Une façon de faire de la promotion pour garantir une relève de futurs joueurs. À leurs yeux, les salons de jeu et les hippodromes sont une sortie familiale! Wow! Quelle famille!

Depuis près de 15 ans que je participe aux débats sur les loteries et les casinos. La crédibilité de Loto-Québec s’effrite comme une montagne de sable devant la mer. Dommage que les différents ministres des Finances soient devenus dépendants de Loto-Québec. Leur compulsion les empêchent d’écouter la raison de la Santé publique et de l’intérêt du citoyen.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/14/billet-de-649-gratuit-dans-une-pharmacie/

texte sur la santé et la famille.

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Loto-Québec, le poker au casino et Alain Cousineau

Dans mon blogue du 13 décembre dernier, je questionnais le changement de position du président de Loto-Québec, M. Alain Cousineau. Il mentionnait en entrevue à La Presse une profonde remise en question à Loto-Québec qui envisageait de renoncer à toute hausse de clientèle et de ses revenus.

L’éclair qui a frappé M. Cousineau aura été de courte durée. Un mois plus tard, toujours dans La Presse, nous pouvions lire que Loto-Québec s’apprête à lancer un Poker automatisé de type Texas Hold’em au Casino de Montréal.

Il faut se souvenir que Loto-Québec n’est pas autorisé à faire entrer le poker dans ses Casinos. Il doit attendre une autorisation du gouvernement. Donc, pour contourner la lenteur de l’appareil gouvernemental, Loto-Québec remplace le croupier par un ordinateur et le tour est joué. Loto-Québec peut donc faire, avec des appareils qu’il nomme machine à sous, ce qu’il ne pouvait pas faire avant. Est-ce que contourner la lenteur du gouvernement est synonyme de contourner la loi? Est-ce que cette façon de faire est conforme au beau témoignage livré par le président de Loto-Québec, M. Alain Cousineau?

Dernière option possible: l’annonce de l’implantion du poker automatisé dans au Casino de Montréal a été faite par le porte-parole de Loto-Québec, M. Jean-Pierre Roy. Peut-être que M. Roy n’était pas au courant de la remise en question faite par M. Cousineau le mois précédent?

Je n’ai peut-être pas eu tort d’attendre avant de me réjouir en voyant le beau discours de M. Cousineau en décembre dernier. Les fait nous montre bien que Loto-Québec continue d’investir par tous les moyens pour augmenter l’offre de jeu. Et quand la loi ne le permet pas, on passe par la bande pour faire ce que l’on n’est pas autorisé à faire directement.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Billet de 6/49 gratuit dans une pharmacie

Dans son édition du 5 janvier, le Journal de Montréal faisait état d’une pharmacie qui annonçait la promotion suivante: un billet gratuit de 6/49 à l’achat de 20$ de loteries.

Déjà, il est difficile de faire le plein d’essence ou d’acheter une pinte de lait au dépanneur sans se faire offrir un billet de loterie. Le ministère des Finances met de la pression sur Loto-Québec pour faire entrer plus de cash dans les coffres de l’État. Loto-Québec se retourne et met de la pression sur les détaillants qui doivent atteindre des quotas pour conserver leur concession.

Nous sommes loin de la gestion des loteries, mission initiale de Loto-Québec. Nous en sommes rendu à augmenter les ventes par tous les moyens possibles. Ce qui dérange ici, c’est que nous parlons d’une pharmacie. Un endroit pour aider les gens malades à avoir leurs médicaments. Pas nécessaire de créer le vice. Les cigarettes qui ont déjà été vendu dans les pharmacies ont été retiré parce qu’il était incohérent de vendre un produit nocif pour la santé des citoyens dans une pharmacie. Compte tenu des effets pervers du jeu et des conséquences néfastes sur plusieurs familles, pourquoi n’en est-il pas de même avec les loteries?

Le pharmacien se défent en disant que la compétition est trop forte dans son secteur. Une autre pharmacie et deux dépanneurs vendent déjà des loteries. Pour atteindre son quota, il est obligé d’annoncer une vente agressive de loteries. Cela ne fait que prouver qu’il y a trop de détaillants dans ce secteur et que la demande n’est pas là.

Avec toutes ces publicités gratuites que Loto-Québec obtient, je ne comprends toujours pas pourquoi le gouvernement les laissent commanditer toutes sortes d’événements pour aller chercher un peu plus de visibilité. Loto-Québec devrait jouer “low profile” et remettre les 11 millions dépensés dans des événements culturels au gouvernement. Cela diminuerait nos impôts et répondraient mieux à la mission de Loto-Québec.

Textes sur le jeu compulsif:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Mon père a joué ma tirelire
Écrit par Aude, Vol 14-2

J’étais toute petite. En jaquette, je suis sortie de ma chambre. Des inconnus étaient dans la maison le soir. Notre mère nous a demandé de retourner à nos chambres. Le lendemain, il n’y avait plus d’auto ni de piano.

Il y a 4 ou 5 ans, on a commencé à parler de ça. Depuis l’âge de 12 ans, je découvrais peu à peu que quelque chose n’allait pas, mais je ne savais pas ce que c’était.

De 12 à 14 ans, ma soeur et moi, on travaillait. On «passait» des journaux, on gardait chez des voisines. Notre père nous empruntait des 20$ par-ci par-là. Mon frère, ma sœur et moi, on ne s’en parlait pas. Il nous disait à chacun: «tu n’as pas besoin d’en parler». Imaginez: tu as 12 ans et ton père t’emprunte de l’argent qu’il ne te remet jamais…

C’était quand même un bon père… Il était serviable. Mais il avait toujours besoin d’argent. À 12 ans, on ne le prenait plus au sérieux. Tout ce qu’il disait, on pensait que c’était de la bullshit. Notre mère nous cachait le problème, ne sachant pas qu’il faisait ces tractations avec nous.

Quand j’étais en 6e année, il a perdu la maison. On a vécu par la suite dans des 3 et 1/2. On a eu des appartements à St-Henri, à Ville LaSalle, on ne payait pas les loyers. On a eu des maisons sur la Rive-Sud (il faisait des coups d’argent, semble-t-il), puis il fallait partir.

Mon père nous laissait dans la voiture le samedi matin, avec des chips et des bonbons. Il disait avoir des commissions. Il allait jouer au vidéopoker. Ça ne durait pas plus de deux heures. J’ai une amie, en France, qui est restée toute une nuit dans la voiture alors que sa mère jouait au casino…

À Noël, il y avait un rituel. Il nous donnait des billets de loterie. Mais un soir de Noël, il est arrivé à une heure du matin, prétextant avoir aidé quelqu’un sur la route.

Je suis partie de la maison à 16 ans. J’ai eu des problèmes de drogue. J’en ai vendu. Quand il l’a su, il a cherché à m’emprunter de l’argent. Ma sœur a quitté l’école jeune. Les compagnies de cartes de crédit la harcelaient d’offres. Mon père l’a convaincue d’en prendre une et de l’utiliser pour lui refiler de l’argent.

J’ai eu un enfant à 19 ans. Un jour, je suis allée me reposer à la campagne. Mon père s’est offert pour nourrir mon chat pendant mon absence. Il est venu me reconduire, à condition que je paie l’essence. De retour, j’ai découvert qu’il avait encaissé mon retour de TPS. Il avait eu une crevaison, s’est-il défendu. Jeune maman, j’avais besoin de cet argent. Je me suis dit: «t’es un malade, mon gars!» C’est alors que j’en ai parlé à ma mère. Ce fut un choc. Elle a décidé de le laisser. J’ai eu le divorce sur les épaules. Il me doit beaucoup d’argent. J’avais reçu 5000$ de mes grands-parents. Il a vidé mon compte de banque.

Depuis deux ans, il a l’air d’aller mieux. Il est revenu avec ma mère, avec le soutien de Gamblers Anonymes. Je suis allée en thérapie. Je suis devenue menteuse compulsive. Ça venait tout seul. Je m’inventais facilement une autre vie. Aujourd’hui, notre père est retourné à l’église. Il nous fait souvent la morale. Mais, depuis peu, il nous donne de bons conseils.

Autres textes sur le jeu compulsif

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/gam-anon-fraternite-dentraide-pour-les-proches-des-joueurs-compulsifs/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/faire-parti-de-gamblers-anonymes-a-75-ans/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Publicité contre le tabac en Suisse et au Québec

Dans notre organisme, pour nous aider à nous améliorer, nous donnons régulièrement des mandats à des consultants externes. Avec le recul, leur vision de notre organisme nous aide à nous remettre en question.

L’une de ces consultantes avaient lu notre éditorial questionnant Éduc-Alcool et la Fondation Mise sur toi. Deux regroupements, le premier par les fabricants d’alcool et la deuxième par Loto-Québec. Une forme d’obligation sociale de dire que d’un côté nous gérons des substances nocives pour la société, mais que de l’autre, nous en faisons la prévention.

Cette consultante nous mentionnait qu’en Suisse, il y avait des campagnes de prévention du tabagisme qui fonctionnaient très bien. Ces publicités étaient payées directement par les fabricants de cigarettes mais qu’ils n’avaient aucun droit de regard sur les campagnes. Une intégrité à respecter entre ma volonté de vendre plus et de vouloir en faire la prévention. Une intégrité entre un conflit d’intérêt qui apparaît évident pour les Suisses.

Est-ce que cette indépendance et cette intégrité entre les fournisseurs de service et le rôle de prévention est aussi respecté au Québec? Le débat est lancé.

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/16/publicite-contre-le-tabac-en-suisse-et-au-quebec/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/11/la-fondation-mise-sur-toi-le-ministere-de-la-sante-et-la-publicite/

Mort d’un gambler
Écrit par Robert B. St-eustache, Vol 14-4

Il ne me reste que deux semaines à vivre. Je suis membre de Gamblers Anonymes depuis presque deux ans. J’ai aimé et j’aime encore jouer. Le jeu a détruit ma vie. Est-ce que je retourne jouer pour profiter de mes dernières semaines?

Un ami m’a posé cette question. Pour me faire réfléchir un peu. Pour me préparer à cette éventualité. Pour connaître l’état de mon cheminement et de mon rétablissement. Il me regardait droit dans les yeux. J’avais l’impression de faire face à mon médecin. Il me demande de m’imaginer que je viens d’apprendre qu’il ne me reste que deux semaines à vivre. Est-ce que je retourne jouer? La question m’a bouleversé. En arrêtant de jouer, j’ai récupéré le pouvoir de ma vie. J’ai récupéré un équilibre dans toutes les sphères de ma vie.

J’ai un nouveau mode de vie, je suis plus près de ma famille, j’ai des amis sur qui compter… J’ai atteint une sérénité et une harmonie, résultat de ce geste que j’ai posé il y a deux ans, de prendre les moyens pour arrêter de jouer. Je vis une journée à la fois. Comme si c’était ma dernière journée à vivre. Je prends le temps d’exprimer à tous et chacun ce qui se passe en moi. Autant mes joies que mes peines.

Pour mes dernières semaines, pourquoi je ne continuerais pas comme j’ai déjà commencé? Et si le médecin se trompait et que finalement il me restait 6 ou 12 mois à vivre? Pourquoi je ne profiterais pas de ces derniers instants pour serrer mes enfants dans mes bras, dire à ma conjointe que je l’aime, prendre un dernier repas avec mes amis?

J’ai le goût que mes proches se souviennent de moi dans la sérénité de ces derniers instants de relation, de joie et de bonheur. Pas comme celui qui a perdu sa vie dans une machine à sous. Même si la question m’a ébranlé, je suis maintenant convaincu que retourner jouer n’est pas une solution envisageable pour moi.

Merci à cet ami qui m’a fait réfléchir pendant quelques instants. Face à ma souffrance et mes difficultés, j’ai tendance à m’isoler et à me cacher. Face à ce verdict final, si je veux éviter de perdre le contrôle, je dois me préparer. Aviser mes proches de m’aider à briser mon isolement. Leur dire que je veux rester près d’eux, même dans les derniers instants.

Un peu comme on prépare sa retraite, on peut se préparer à vivre ses derniers jours. Parce que la vie, c’est comme un bon café: c’est bon jusqu’à la dernière goutte.

Textes sur le jeu compulsif:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/

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Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Pile ou face
Écrit par Johnny QUATRAS, Vol13-4

gambling

Je lance une pièce de monnaie. Voici les 3 derniers résultats que j’ai obtenus:
P= pile
f= face

00000000000
00000000ppp

D’après vous, quel devrait être le résultat du prochain lancer?

00000000000
00000fffppp
Maintenant, je vous montre les 6 derniers résultats obtenus:

fffffffffff
ffffffffppp

D’après vous, quel devrait être le résultat du prochain lancer?

Maintenant, voici les 30 derniers résultats obtenus:

D’après vous, quel devrait être le résultat du prochain lancer?

La réponse: peu importe les théories ou les justifications que je peux m’inventer pour tenter de deviner un résultat, j’ai toujours une chance sur deux d’avoir la bonne réponse dans cet exemple.

Si je ne regarde que les trois derniers lancers, avec trois piles en ligne, il est facile de s’imaginer que le résultat du prochain lancer devrait être une face. Mais sachant que sur 30 lancers, je n’ai obtenu que trois piles, je peux ici supposer que j’aurais un autre pile.

Tout cela pour dire que si vous tentez de jouer au devin avec les lancers d’une pièce d’argent, même si une certaine séquence semble vous donner une impression de pouvoir deviner le prochain lancer, dites-vous que la pièce de monnaie a bien plus d’expérience que vous. Elle a des milliers de coups derrière elle que vous ne connaissez pas. Alors pourquoi essayer de deviner. Pire, pourquoi penser qu’on est meilleur que le hasard?

Textes sur le gambling

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/

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Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Les jeux de cartes entre amis
Écrit par Johnny QUATRAS

Dans plusieurs familles ou groupes d’amis, on s’amuse ensemble et on joue aux cartes. Pour mettre un peu de piquant, de défi, certains jouent à l’argent. Une semaine, c’est Pierre qui gagne 20$, la semaine suivant c’est Claude qui en gagne 30$. Au bout de l’année, théoriquement, le hasard des cartes va ramener les comptes à peu au même. Tout le monde aura eu son heure de gloire et ses instants de malchance.

Croyez-vous maintenant que les jeux de cartes du Casino sont comme ces jeux en famille? Il ne faut pas oublier que lorsque nous sommes au Casino, il y a un intrus qui prend place parmi nous. Un intrus silencieux qui prend sa quote-part. Il a bien calculé le tout et à chaque partie, il pige un peu dans les sommes misées. À la fin de l’année, tout le monde se retrouve un peu plumé. Seul le Casino a fait ses frais. Il fait suffisamment d’argent pour vous payer des breuvages, vous en mettre plein la vue, investir votre argent dans des tonnes de publicité…

Pour plus d’information ou si vous sentez que vous êtes vulnérables aux illusions créées par les jeux de hasard et d’argent, contactez l’une des ressources spécialisées dans le traitement des joueurs ayant perdu le contrôle de leur vie. N’attendez pas qu’il soit trop tard. Avant de mettre votre dernier 25 sous dans une machine, prennez le temps d’appeler. C’est le meilleur rendement que votre 25 sous pourra avoir.

Textes sur la gambling:

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Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Maudite Machine!
Écrit par Biz, rappeur du groupe Loco Locass, Vol 13-4

Plein de verbe et d’intensité, Biz et son ami, Christian Fournier, producteurs autodidactes, se sont lancés dans la grande aventure de la création d’un documentaire. Écoutons Biz conter son histoire.

Initialement, le documentaire devait porter sur la vie dans les tavernes. Pendant plus de trois ans, après avoir fait le tour des clients, la présence de René Lacroix, le gérant, se fait de plus en plus intéressante.

Puis c’est le contact avec les machines vidéos qui ornent le fond de la taverne. Une toute nouvelle histoire s’est écrite devant mes yeux. J’ai écouté les confidences de René qui sera la vedette du documentaire.

Moi qui ne suis pas un joueur, je ne connaissais rien de la problématique du jeu. Avec la caméra, j’ai écouté René parler de son cheminement. Comme tant de joueurs, René gagne au début. Puis il commence à s’engouffrer. Il ment pour trouver de l’argent pour jouer. Puis, un jour, René s’est décidé de ne plus se conter de menteries et tente de s’en sortir.

Je ne pouvais pas soupçonner l’ampleur du problème. René me raconte l’histoire de trois de ces clients qui se sont suicidés, après avoir tout perdu dans ces maudites machines en moins d’une année. Nous avons décidé d’en faire le titre du documentaire: «Maudite machine».

Avant de tourner ce documentaire, je jugeais les joueurs qui avaient des problèmes. Je me disais qu’ils étaient bien niaiseux de dépenser toute leur paye dans ces machines. Ils n’avaient qu’à s’arrêter. Aujourd’hui, j’ai une vision différente du jeu compulsif. J’ai de l’empathie pour le joueur qui éprouve des difficultés. J’ai maintenant une idée de l’horreur qu’il peut vivre. Et ce n’est pas juste une vie qui est détruite. C’est tout un milieu qui souffre, des amis, des proches, des collègues de travail… Beaucoup de monde en paie le prix.

J’avais besoin d’une entrevue avec Loto-Québec. Nous avons rencontré M. Jean-Pierre Roy, leur éternel porte-parole. Il ne reconnaît pas que les vidéo-pokers créent un taux de dépendance plus grand que les autres loteries. Pourtant Loto-Québec ne se permet pas de faire de la publicité sur ceux-ci mais le fait sur les autres jeux. Est-ce une façon hypocrite de dire qu’ils sont conscients que ce produit est dangereux?

Je comprends qu’il soit préférable que le gouvernement gère le jeu plutôt que les groupes criminalisés. On n’arrêtera pas les gens de jouer. Mais je ne comprends pas pourquoi le gouvernement siphonne les plus pauvres. De grands revenus pour le gouvernement et des miettes sont remis aux organismes pour aider les dépendants et les plus souffrants.

La taverne est un lieu de solitude. Ensemble les joueurs sont moins tristes que seul, chacun devant une machine.

Pourquoi ne pas centraliser les machines dans des casinos plutôt que de tenter d’accrocher les clients dans tous les lieux fréquentés et accessibles? Pourquoi accepter que le Conseil du Trésor négocie des dividendes toujours de plus en plus élevés provenant de Loto-Québec? Cette pression du gouvernement pour augmenter les ristournes met de la pression pour inciter les gens à jouer.

Je n’ai qu’un seul message à lancer. Le gambling fait partie d’un problème social global. Nous sommes bombardés de publicités qui nous disent que nous devons avoir de l’argent pour acheter toutes sortes de bébelles. Avec Star Académie qui crée des vedettes instantanées, il faut tout, tout de suite. Le gambling est le seul espoir d’entrer du cash pour certains. Ils misent sur du rêve.

A-t-on perdu la valeur de l’argent? Rien ne tombe du ciel. L’argent est une mesure du travail. Dans mon travail j’exprime ma passion. Et ce travail me rapporte de l’argent. Mon but n’est pas l’argent, mais de m’exprimer. Si tu veux faire du cash, reste à l’école. Plus tu es instruit, plus tu fais de l’argent. J’aime mieux gagner mon argent comme un entrepreneur que de dire que je l’ai gagné au Casino. La fierté de l’accomplissement relié au travail. C’est moi qui l’ai fait, pas le hasard.

Les gens devraient se questionner avant de donner des gratteux à des jeunes. Pourquoi donner du vent. Tu lui donnes un billet, il gratte. Après avoir perdu, il lui reste quoi? Du vent!

Saviez-vous que nous avons autant de chances de se faire foudroyer que de remporter le gros lot du 6/49?

NDLR. Le vidéo Maudite machine est disponible auprès de Film en vue (514) 276-9556

Textes sur le gambling:

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Autres textes sur le Hip Hop

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Rien ne va plus, les jeux sont faits
Écrit par Raymond Viger, Vol 14-5

Des études de faisabilité de 3 millions de dollars pour déménager le Casino, mais nous n’avons pas 150 000$ pour aider 30 joueurs compulsifs au Centre Dollard-Cormier!

En pleine campagne de prévention contre le jeu pathologique, au moment où les demandes d’aide sont en augmentation, une subvention non récurrente se termine pour le Centre Dollard-Cormier. C’est 22% de l’équipe d’intervention qui a été congédiée le 31 mars dernier, soit 2 intervenants, sur un total de 9. Pendant ce temps, Loto-Québec se plaint que ses profits stagnent, qu’il faut investir dans de nouvelles installations pour le Casino de Montréal.

Le déclin de Loto-Québec?
Est-ce que les revenus stagnent parce qu’il n’y a plus assez de nouveaux joueurs compulsifs pour nourrir l’appétit féroce de Loto-Québec? Il faut tout de même comprendre que lorsqu’un joueur perd 100 000$ par année dans les jeux de hasard, quand il a tout perdu, qu’il se met en faillite personnelle, entraînant souvent des entreprises et d’autres personnes avec lui, il est vrai que Loto-Québec perd des revenus.

Si les revenus de Loto-Québec ont atteint leur maximum, les besoins en thérapie pour les gens qui ont souffert à cause du jeu ne font que commencer. Il y aurait près de 180 000 joueurs compulsifs au Québec qui ont besoin d’aide selon une étude de l’Université McGill. Aurions-nous déjà atteint cette phase critique tant décriée et qui en inquiéte plusieurs? Est-ce que les coûts reliés à l’aide aux joueurs compulsifs vont dépasser les revenus qu’il nous reste à faire? Loto-Québec, après avoir atteint son apogée, est-elle sur le déclin?

Dommages collatéraux

Avec des revenus qui vont baisser, et des dépenses qui vont augmenter, aurons-nous les moyens d’offrir le soutien aux joueurs compulsifs? Est-ce la définition de dommages collatéraux qui s’applique ici? Est-ce à dire que Loto-Québec a réussi à saboter notre société?

Textes sur le jeu compulsif:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

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Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Alain Cousineau et le volte-face de Loto-Québec

Bientôt 15 ans que le Journal de la Rue et moi sommes en croisade sur les agissements de Loto-Québec. Après 15 années de déni, souvent total de la réalité du jeu compulsif, voilà que La Presse nous livre une entrevue avec le président de Loto-Québec, M. Alain Cousineau.

M. Cousineau remet en question les orientations de Loto-Québec et se dit prêt à renoncer à une hausse de sa clientèle. Devons-nous crier victoire? Je demeure perplexe. Que s’est-il passé pour que M. Cousineau change le fusil d’épaules de Loto-Québec? Est-ce parce que les profits stagnaient et qu’il devenait impensable de les augmenter discrètement sans que la population dépasse son seuil de tolérance? Est-ce parce que des partenaires potentiels tels le Cirque du Soleil se sont désistés dans le projet du déménagement du Casino? Et si le Cirque du Soleil avait accepté le partenariat proposé, nous aurions eu une augmentation de l’offre de jeu. Loto-Québec aurait pris une direction qu’elle n’aurait pas pu changer quelques mois plus tard.

De l’autre côté, que se passe-t-il du côté du donneur de commandes, le gouvernement? Le ministre des Finances, Michel Audet ne veut pas donner sa position sur le sujet. Pourtant, il devrait avoir une opinion. Loto-Québec est une Société d’État. Elle raporte des sous dans les coffres de M. Audet. Cette Société d’État veut diminuer les entrées d’argent. M. Audet va devoir refaire ses devoirs et surtout, son budget. Et il n’a pas de position sur le sujet…

Pendant 15 longues années que plusieurs intervenants de divers milieux se questionnent sur la façon que Loto-Québec intervient dans l’offre de jeu au Québec. 15 longues années de souffrance pour des joueurs devenus compulsifs, leurs familles, leurs employeurs, leurs employés…

Dois-je me réjouir qu’il faille attendre 15 ans pour que quelqu’un daigne écouter et peut-être positionner différemment Loto-Québec? Et si cette remise en question contrevenait trop à la vision que le gouvernement se faisait, est-ce qu’Alain Cousineau va se faire tasser comme Mulcair ou d’autres avant lui?

Textes sur le jeu compulsif:

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Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Boycott de Loto-Québec

Isabelle Martineau

loto-quebecJe veux d’abord vous dire que j’ai bien aimé le dernier numéro de Reflet de Société (vol 13-6 août 2005) qui portait notamment sur le bénévolat. J’ai été touchée de lire les circonstances dans lesquelles vous avez été conduit à devenir travailleur de rue… Quelle façon de tirer du bien de votre souffrance et ce, afin d’aider d’autres personnes dans le besoin! Bravo!

J’ai aussi été très intéressée par votre article intitulé «Quand la croupière s’en va-t-en guerre». Quel courage que celui de cette jeune Éléonore Mainguy! Il est certainement souhaitable de continuer à dénoncer les sombres activités de Loto-Québec et les choix contestables que peut faire le gouvernement… Des choix qui semblent aller à l’encontre du bien commun.

Mais il faut faire plus. Beaucoup plus. Dans chacune de nos vies, nous devrions revoir notre soif du gain et notre consommation outrancière. Loto-Québec aura moins de pouvoir le jour où nous arrêterons de l’encourager. Et je ne parle pas ici des gens qui souffrent de dépendance au jeu, mais du commun des mortels qui s’achète des billets de loto. Le gouvernement sera peut-être moins vorace le jour où les citoyens cesseront de considérer l’État comme une Providence. Nous pourrons alors espérer de réels changements dans nos sociétés d’État et nos structures gouvernementales…

N’ayant pas de fonds de pension, je suis allée m’informer auprès de deux institutions financières pour prendre des REER. Quelle ne fut pas ma surprise: les fonds éthiques, en harmonie avec les gens et l’environnement, sont à peu près inexistants. Plus encore, ils ne sont pas en demande! Les conseillers financiers m’ont expliqué que le seul intérêt des investisseurs, comme «monsieur-madame-tout-le-monde», est d’investir là où ça rapporte. Point final. Peu importe les conséquences! Peu importe si on encourage des compagnies qui imposent des conditions de travail inacceptables ou qui brisent l’environnement!!

Alors quand je lis que des bénévoles au coeur d’or ont décidé de s’impliquer gratuitement dans leur communauté et ont fait passer les autres avant leur petit intérêt personnel, ça me fait du bien! Oui, j’abonde dans le même sens que vous: c’est comme cela qu’on bâtit un monde plus humain…

Textes sur le gambling:

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Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Loto-Québec et l’ouragan Katrina

Pierre Péloquin, Vol. 14.1, Octobre 2005

loto-quebecOn peut établir un troublant parallèle entre les effets de l’ouragan Katrina en Louisiane et les effets des activités de Loto-Québec chez nous.

Katrina nous renseigne sur la gestion du risque par les riches et les pauvres. Les riches achètent la sécurité et paient; les pauvres achètent le risque et paient. Le lien avec Loto-Québec? La stratégie de survie. La stratégie des riches et des pauvres du Québec, face au jeu, est identique à ce qu’on a constaté chez les riches et les pauvres de la Nouvelle-Orléans face à la tempête.

Rappelons que l’ouragan tropical Katrina, de niveau 5 (le plus haut niveau), a frappé la Louisiane et les États voisins à la fin août 2005. Le phénomène naturel a fait de terribles dommages. Des digues à la Nouvelle-Orléans ont cédé, la ville inondée à 80%. Le malheur est devenu cauchemar. Mais ce n’était pas la fin du pire. La manière dont les diverses administrations ont répondu aux événements a transformé cette catastrophe météorologique en tempête culturelle et politique.

Suite au constat de faillite des institutions à cerner les besoins des gens les plus mal pris, une conviction s’est formée chez beaucoup d’Américains: les dégâts les plus graves qu’on impute à Katrina ont une origine culturelle et politique. Culturelle parce que la constatation que la société américaine ignorait ce monde d’exclus et ignorait chez celui-ci l’existence de règles de fonctionnement et de survie distinctes de celles qu’on retrouve dans le reste de la population. La révélation à la télévision de ce sous-monde a causé tout un choc chez les Américains. Depuis, les enquêtes des divers médias ont prouvé de toutes sortes de manières que le système politique (jusqu’au sommet) ignorait les réalités de ces gens et que nombre de décisions politiques du passé ont fragilisé le système.

Avant le désastre; la Louisiane et le Québec

La Louisiane aime l’eau qui la fait vivre. L’eau du Mississipi qui transporte les richesses du pays, l’eau des bayous cajuns, l’eau des marais et l’eau des marées qui amène les touristes. L’eau conditionne la vie de cette région. Avec l’eau vient le danger. La saison des tempêtes fait partie depuis toujours de l’expérience des Louisianais et la culture locale en fait foi. Au Québec, on aime Loto-Québec. Loto-Québec soutient des activités culturelles, appuie le secteur communautaire. On fait la fête au Casino. On écoute Télé-Loto en famille. Au centre commercial, il y a souvent la file au Guichet-Loto. Les gens ont besoin de leur Loto et font la file quand il le faut. Mais, avec le jeu, vient le danger. Le jeu cause des problèmes et cette réalité fait partie de l’expérience des Québécois. La culture locale en fait foi.

Dans les deux sociétés, on gère le danger, celui des tempêtes ou du jeu. Avec le temps sont apparues des mesures d’alerte, de précaution et de prévention. Dans le cas d’une forte tempête, on évacue et une grande partie de la population suit la consigne. Bien sûr, à chaque occasion, des gens décident de rester sur place et de courir le risque que le cyclone passe droit sur eux. Parfois, certaines personnes restées sur place périssent, mais les décès restent sans grandes conséquences; la population est habitée par la certitude tranquille que les mesures de précaution, de prévention et d’évacuation sont globalement pertinentes et suffisantes et que les victimes ont causé eux-mêmes leur perte, en voulant affronter la tempête.

Au Québec, les cas problématiques en rapport avec le jeu ont provoqué avec le temps des campagnes de prévention sur les dangers du jeu, la mise en place de services d’écoute, le traitement de clients à problèmes… Parfois, la mort de personnes reliée au jeu est rapportée. Mais les décès restent sans grandes conséquences. La population en général est habitée par la certitude tranquille que les mesures de précaution, de prévention et d’évacuation sont globalement pertinentes et suffisantes et que les victimes ont causé eux-mêmes leur perte, en voulant affronter leur démon du jeu…

Katrina et la prise de conscience collective de la nature de la pauvreté

Puis vient Katrina. Un peu par surprise, l’ouragan, parti de la Floride, s’élance vers la Louisiane et la Nouvelle-Orléans. L’évacuation avait été fortement recommandée à la population. Une stratégie coûteuse en essence, en hébergement, en temps (la congestion routière), en efforts (fermer et barricader la maison), en risques (la quitter pour quelques jours). Devant la réalité du risque et la gravité de la situation, la vaste majorité de la population disposant de moyens financiers et de moyens de transport opte pour une coûteuse évacuation et achète la sécurité.

Restent sur place les immobiles, les citoyens qui ne peuvent se payer aucune stratégie de précaution, de prévention ou d’évacuation. Sans argent et/ou sans moyens de transport, ils affrontent la réalité du risque et la gravité de la situation au moyen de la seule stratégie qu’ils peuvent s’offrir: espérer que la tempête se soucie de leur précaire condition. Mais l’ouragan est venu et a vaincu. Les sans-moyens sont frappés physiquement, leur environnement social et familial détruit. Leur mode de vie s’est interrompu; survivants, il ne leur reste que leur état de fragilité.

En résumé, le drame Katrina a vu les gens qui en ont les moyens, s’offrir la sécurité et attendre. Les pauvres, les gens trop âgés ou trop fragiles n’ont eu pour seule stratégie que d’affronter le danger et d’espérer.

Dans les enjeux de la survie, le jeu au Québec et le sur-place à la Nouvelle-Orléans constituent la dernière option pour les gens précarisés et les pauvres. Le jeu permet en théorie aux gagnants de s’en sortir et aux perdants de perdre tout leur argent. Le danger du jeu est de perdre son argent. Comme on l’a vu avec Katrina, devant ce danger, les «riches» vont s’offrir la sécurité et attendre; ils vont épargner, investir ou hériter mais avec le temps, dans chacun des cas, ils vont s’enrichir. Les riches, à part l’exception des hyper-endettés, ne sont pas des clients de Loto-Québec; ils ont d’autres moyens de s’enrichir.

Dans la classe des sans-moyens, aucune voie de s‘enrichir n’est disponible. On parle de gens dont la condition de vie, l’âge et la santé font en sorte qu’ils ne peuvent pas évacuer leur pauvreté, sauf par le jeu. Le jeu est la seule voie de salut pour ceux et celles qui n’ont plus le temps de gagner de l’argent, qui n’ont plus la santé, qui n’auront jamais d’héritage ou d’appui de leurs proches.

Chez ceux que la pauvreté menace, le danger de perdre au jeu ne constitue pas un frein à l’espoir de s’en sortir. Acheter un billet de loterie est rationnel chez le pauvre, pas chez le riche. Quand la survie devient fragile, la taxation apparaît comme privilège. Par conséquence, les revenus que Loto-Québec perçoit proviennent dans une grande partie de l’argent misé par les pauvres et les endettés. On est loin de la «taxe volontaire» qu’avait institué le maire Drapeau à Montréal dans les années 1970.

Par ses taxes sur le jeu, le gouvernement taxe majoritairement l’épargne des gens pauvres. Le problème est là. Les citoyens dont c’est le seul espoir ont besoin du jeu. Ils ont grand besoin de Loto-Québec. Le jeu constitue chez certains une des seules voies pour conserver la foi en l’avenir. Les conséquences sociales à surtaxer les pauvres sont immenses. La lourde taxation sur le jeu accélère la déchéance économique des gens fragiles économiquement, surtout les retraités et les pré-retraités; des gens dont la stratégie est simplement de conserver leur mode de vie. D’autres plus malades, plus fragiles, comptent également sur des revenus hypothétiques pour corriger leur situation et adoptent le jeu comme tremplin de survie.

Et ce n’est pas tout. L’exemple de la Nouvelle-Orléans nous apprend qu’en cas de problèmes sérieux, l’existence de la métropole toute entière est mise en danger par la dégradation des infrastructures urbaines. Chez nous, les conséquences des ponctions de Loto-Québec sur la qualité de l’habitat urbain sont dévastatrices. Les sommes prélevées sous le lourd niveau de taxation inhérent au jeu vident les poches des gens pauvres et démunis et vident de leur pouvoir d’achat les quartiers où ces gens sont proportionnellement nombreux. Ils s’ensuit une chaîne de conséquences; baisse de la valeur des commerces locaux, diminution des loyers, stagnation des valeurs des immeubles et, en fin de compte, dégradation du quartier. Pour Montréal, on entrevoit surtout des pertes très importantes de revenus en taxes foncières et autres. Il serait intéressant de mesurer les pertes fiscales annuelles de la Ville par tranche de 100 millions de dollars «pompés» en taxes sur le jeu.

Katrina et la prise de conscience collective d’un retard culturel et politique

Katrina a permis à la population nord-américaine de prendre conscience des dimensions réelles de la pauvreté. Par le biais d’une catastrophe régionale, on a vu surgir un débat national, culturel et politique, qui vise à ajuster les protocoles d’interventions fédérales américaines en regard de cette conscience nouvelle.

Personnellement, je nous souhaite de profiter de cette prise de conscience de nos voisins pour améliorer nos manières et façons à l’égard des pauvres. Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas cesser de fragiliser des gens et des quartiers où les besoins sont simplement plus grands et les moyens plus restreints?

Textes sur le gambling:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/13/quand-une-croupiere-sen-va-t-en-guerre-histoire-deleonore-mainguy/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Pétition contre le déménagement du Casino de Montréal

Vol.13, 31 Août 2005

loto-quebec

Aujourd’hui, c’est Montréal. Demain, ce pourrait être ailleurs. Bien que tous les Québécois ne soient pas concernés directement, le déménagement du Casino de Montréal, de l’Île Notre-Dame au quartier résidentiel de Pointe St-Charles, est l’affaire de tous. Oublions le «pas dans ma cour» et réfléchissons à ce problème de choix de société.La question est simple: voulons-nous, oui ou non, faciliter l’accès du Casino au plus grand nombre, avec tous les inconvénients que ça suppose? Faut-il privilégier les coffres de l’État plutôt que le bien-être des citoyens?

Le gouvernement Charest veut déplacer le casino, jugé trop petit et trop isolé. Pourtant, le choix de son emplacement fut justement son côté isolé, plus facile pour la police à surveiller.

Ne nous leurrons pas. Pour la plupart d’entre nous, le jeu demeure un amusement, comme l’alcool ou la drogue ne causent pas problème à la grande majorité. Faut-il pour autant se draper dans notre insensibilité et se dire «c’est leur problème?»

Le jeu qui créé l’endettement, mène au suicide, ça ne me regarde pas? L’endettement qui pousse des gens bien ordinaires au vol, au détournement de fonds, ça ne me préoccupe pas? Le crime organisé qui rôde autour d’un quartier résidentiel, quoi de plus banal?

Il ne faut pas le voir seulement comme un combat contre le Casino de Montréal. Non. Il est grand temps de reprendre ce qui nous revient de droit, notre bien-être. Seuls, nous n’y parviendrons pas. Collectivement, tout est possible.

Lors de l’ouverture du casino, nous ne connaissions pas tous les effets pervers et l’ampleur que l’accès au jeu pouvait occasionner. Maintenant, nous sommes davantage en mesure d’évaluer les coûts sociaux reliés au jeu compulsif. Le gouvernement ne peut plus faire l’autruche.

Pouvons-nous accepter que Loto-Québec, pour vendre son projet, ait acheté des pleines pages de publicité couleur en mettant de l’avant la présence du Cirque du Soleil? Est-ce acceptable de dépenser l’argent des contribuables pour favoriser les projets de Loto-Québec? Est-ce acceptable que Loto-Québec se cache derrière le Cirque du Soleil pour acheter notre conscience?

Appuyez les résidents de Pointe St-Charles en signant la pétition de la coalition Action-Gardien contre le déménagement du Casino. Demain, c’est peut-être vous qui aurez besoin d’aide. Faites vos choix, rien ne va plus!

Vous pouvez envoyer une lettre d’appui à: Action-Gardien de Pointe St-Charles, 1955, rue Centre, Montréal, Qc, H3K

Action-Gardien donnera la pétition aux parlementaires de la province. Envoyez aussi une lettre à votre député dénonçant le déménagement du Casino à Pointe St-Charles.

Textes sur le gambling:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/rien-ne-va-plus-les-jeux-sont-faits/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-le-volte-face-de-loto-quebec/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/maudite-machine/

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

Les publicités sociales qui nous font mal       Par Raymond Viger

La dernière publicité reçue au Journal de la Rue a créé un grand débat et tout un émoi. Pouvions-nous prendre le risque de l’accepter?

Une page pleine en couleur. Wow! C’est plaisant pour aider à payer une partie de la facture d’imprimerie qui commence à être salée. À première vue, l’annonceur a une mission qui se rapproche de la nôtre; Éduc-alcool.

La publicité arrive sur mon bureau. Elle soulève un problème de conscience. J’imagine mes amis, membres de différentes fraternités telles que les Alcooliques Anonymes qui arriveraient face à face avec cette publicité dans le Journal de la Rue. La question est lancée. Je ne peux prendre seul la décision de l’accepter et je profite d’une réunion du comité de lecture pour la présenter.

Certains se questionnent sur la pertinence de dire à des jeunes que l’alcool n’est pas un problème si elle est prise avec modération. Il faudrait parler des signes de dépendance, de perte de contrôle. D’autres considèrent aussi que la présentation visuelle de l’annonce donne soif par l’attrait de toutes les sortes de verres présentés. Même le fond de la publicité est associé à un verre de bière format géant!

Nous sommes obligés de nous questionner sur la vocation d’Éduc-Alcool. Étant financé par les producteurs d’alcool, quel est le mandat précis de cette institution: éviter les abus d’alcool ou de favoriser sa consommation? Est-ce que ce genre de publicité tente de nous donner bonne conscience et d’éviter de regarder la réalité d’un problème social?

Ce questionnement s’est ensuite transporté à d’autres publicités sociales. Loto- Québec termine ses annonces de loteries en disant qu’il faut avoir 18 ans pour acheter des billets de loteries. Le fruit défendu ne devient-il pas un incitatif à faire comme les grands? Ce genre d’avis a-t-il un impact réel pour ne pas inciter les jeunes à acheter des loteries?

Avons-nous trouvé le meilleur moyen de promouvoir une société plus humaine et plus sensibilisé aux causes sociales? Jusqu’où les annonceurs ont un devoir d’agir en bon père de famille? Les petits caractères sous les publicités de fabriquants automobiles mentionnent : «Ce que vous voyez est réservé à des pilotes professionnels sur des pistes d’essai.» Encourageons-nous les excès de vitesse, la conduite dangereuse et la rage au volant? On tente de nous vendre un véhicule en nous montrant les performances qu’elle peut atteindre mais qui serait illégal et dangereux de tenter!

Si chaque annonceur prenait sa responsabilité au sérieux, si chaque annonceur agissait en bon père de famille, nous pourrions, tous ensemble, promouvoir une société où il ferait bon de vivre ensemble. Les organismes communautaires n’ont ni le budget, ni la capacité de concurrencer la violence ou l’attrait de certaines annonces publicit