You are currently browsing the category archive for the 'MTS-Sida' category.

Les adieux de Nathalie Simard

Plusieurs médias ont annoncé la retraite de Nathalie Simard dans l’industrie du Show Business.

Après un long silence, un silence qui tue, en 2003 Mme Simard fait son coming out et dénonce les abus sexuels qu’elle a subi de la part de son gérant et pédophile Guy Cloutier. S’en suit un procès éprouvant. Il ne faut vraiment pas banaliser la charge émotive d’un tel procès médiatisé pour une victime d’abus sexuel.

À la fin du procès, s’enchaînera à un rythme d’enfer: entrevues médiatiques, lancement d’un livre, création de la Fondation Nathalie Simard, séries de conférences sur les abus sexuels à travers le Québec, une chicane familiale… Un retour à la vie publique dès plus essoufflants.

Ensuite Nathalie Simard planifie son retour à la chanson, sa carrière, sa raison d’être professionnelle. Épuisement, fatique, panique… Les détenteurs de billets pour une tournée trop “booké” pourront se faire rembourser. Nathalie Simard quitte la vie publique, se retire.

Cela n’est pas sans me rappeler plusieurs histoires qui ont certaines similitudes. Un parent qui a perdu en enfant par suicide, une femme qui perd sa soeur dans une tuerie, un père qui a perdu sa fille au main d’un meurtrier, un père dont son fils s’est suicidé à cause du jeu compulsif, un joueur compulsif qui a survécu a une tentative de suicide, un homme séropositif… Lise Mondor, Heidi Rathjen, Pierre-Hugues Boisvenu, Sol Boxenbaum, Did Tafari Bélizaire, François Blais… Et j’aurais pu mettre une quantité énorme de noms.

Lorsque nous traversons des événements qui nous sont pénibles, il n’est pas rare d’observer qu’une des réactions est de vouloir sauver le monde et tous les autres qui passent par les mêmes souffrances que nous. Nous devenons hypersensibles. La cause prend le dessus. Au départ, la mission que l’on se donne peut être une forme de thérapie. Elle peut aussi rapidement devenir un fardeau lourd à porter. Très lourd.

J’ai vu des gens vouloir partir des fondations et des organismes d’intervention. Des gens qui ont fait un burn out, d’autres qui se sont suicidés. Par respect pour les survivants, je ne mettrais pas de noms sur ces victimes qui sont devenues leurs propres bourreaux.

Je suis content d’apprendre que Nathalie Simard a su se respecter et mettre des limites. Question de se respecter. Question de respecter toutes les victimes d’abus sexuels qui se sont reconnues en elle et qui n’auraient pas pu survivre à un burn out qui aurait pu amener à son suicide.

Merci Mme Simard de prendre soin de vous.

Succès, espoir et résistance
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

Chercheur renommé en virologie, Mark Wainberg a été l’un des premiers scientifiques canadiens à plonger dans la lutte contre le VIH. Il a participé à l’élaboration du traitement 3TC (trithérapie) et poursuit ses recherches au sein du McGill AIDS Centre qu’il dirige.

Grand activiste et conférencier, Mark Wainberg a présidé la Société internationale sur le Sida, de 1998 à 2000, et a organisé le Congrès international de Durham. Il a été nommé Officier de l’Ordre du Canada (2001) et Officier de l’Ordre national du Québec (2005). En 2006, il a coprésidé la XVI International AIDS Conférence de Toronto (1).

Dans le cadre de la Journée internationale du Sida, Mark Wainberg, le directeur du McGill AIDS Centre et l’un des éminents scientifiques canadiens de la lutte contre le VIH, se confie à l’Agence Science Presse.

ASPQu’est-ce qui a changé depuis le début de votre implication, en 1983-84, dans la lutte contre le sida?

Mark Wainberg — Le développement des médicaments qui connaît un grand succès. Actuellement, quelqu’un qui se soigne peut vivre très longtemps, jusqu’à 90 ans. Il mourra d’une crise cardiaque, mais pas du sida.

ASPOù en êtes-vous dans vos recherches au sein de l’Université McGill?

Mark Wainberg — Nous travaillons dans le domaine de résistance aux médicaments, nous cherchons des molécules susceptibles de la contrer. Malheureusement, il se développe différentes mutations de différents sous-types du VIH. Il nous faut comprendre comment le virus opère pour muter si rapidement et résister aux médicaments.

ASP - Où en sommes-nous du côté du diagnostic ? Quelles sont les avancées majeures?

Mark Wainberg — Les journaux ont annoncé récemment le développement d’un test rapide basé sur les anticorps — développé par Biolytical Laboratory — et susceptible de donner une réponse au médecin en 60 secondes. Il faut généralement de 10 à 14 jours pour avoir savoir si la personne est infectée. Nous désirons que le gouvernement du Québec approuve son utilisation – le test est déjà approuvé par Santé Canada. Obtenir un résultat rapide améliore d’autant la prévention.

ASPOù en sommes-nous du côté de la prévention ? À part le port du condom, existe-t-il des technologies prometteuses?

Mark Wainberg — Pas beaucoup. Que cela soit du côté d’un vaccin ou d’un onguent microbicide vaginal, qui permettrait de protéger les femmes de l’infection, la plupart des essais cliniques ont échoué. La seule piste vient de la circoncision. On a découvert que les hommes circoncis diminuaient jusqu’à 60 % leur risque de contracter le VIH. C’est, pour l’instant, notre seul espoir.

ASPVous affirmez que du côté de la thérapie, c’est très positif. Vous dites même que «nous sommes victimes de notre succès». Pouvez-vous nous expliquer ce que vous entendez par là?

Mark Wainberg — Il y a l’émergence d’une drôle de mentalité, particulièrement chez les hommes gais qui pensent que ce n’est pas grave d’être infectés puisque la thérapie permet d’y survivre, alors ils font moins attention et adoptent des rapports sexuels non protégés. C’est une attitude stupide. Ce n’est pas à moi de leur dire ça, mais les groupes de pairs doivent délivrer le message qu’en dépit du succès traitement, il reste important de rester en santé… et leurs partenaires aussi.

ASPÊtes-vous optimiste ? Comment voyez-vous les prochaines années?

Mark Wainberg — Bien sûr que je le suis, je n’ai pas le choix. Nous allons continuer à trouver d’autres médicaments. Il faut aussi développer l’accès de la thérapie auprès des malades des pays en voie de développement. Nous vivons plus que jamais dans deux mondes, celui du Nord où l’on peut se soigner et celui du Sud où l’on continue de mourir du sida.

(1) La prochaine conférence internationale sur le Sida se déroulera à Mexico du 3 au 8 août prochain.

Pour les insatiables

Courte présentation de Mark Wainberg :
http://www.mcgill.ca/microimm/department/associate_adjunct_prof/wainberg/

XVI International AIDS Conference, 2006:
http://www.aids2006.org/

Société canadienne du sida:
http://www.cdnaids.ca

VIH et sida par Santé Canada:
http://www.hc-sc.gc.ca/dc-ma/aids-sida/index_f.html

Centre canadien d’information sur le sida:
http://www.aidssida.cpha.ca/

Réseau canadien d’info-traitements sida:
http://www.catie.ca/fre/Home.shtml

Safe sex passport. Passeport pour du sexe sécuritaire

Dans le magazine L’actualité du mois de février dans la chronique Santé, la journaliste Binh An Vu Van nous présente le Safe sex passeport. La société SSP BioAnalytics fait l’émission de certificats de santé sexuelle. Après avoir payé 75$ pour les droits d’adhésion et 225$ pour les analyses sanguines, le membre reçoit un certificat virtuel valide pour 6 mois qu’il peut ajouter à son profil en ligne dans les sites de rencontre ou dans MySpace.

Mais ce passeport pour la pratique du sexe sécuritaire est-il vraiment sécuritaire? Qu’est-ce que cela nous dit vraiment? Cela nous dit, qu’au moment de passer les tests, la personne n’avait pas de maladies vénériennes. Mais après quelques mois d’activités sexuelles, peut-on encore considérer que le certificat peut encore se porter de la santé sexuelle du candidat? Si je peux télécharger le certificat pour le mettre sur mon MySpace, qu’est-ce qui m’empêche de le télécharger sur le site d’une connaissance atteint d’une maladie vénérienne?

Les prisons, le Sida et l’hépatite C

Dans le quotidien La Presse du 9 janvier, Denis Lessard nous présente un article intitulé: “Le nombre de prisonniers infectés atteint des niveaux alarmants”.

Une étude nous apprend qu’un prisonnier sur quatre a consommé de la cocaine en prison, 4% des prisonniers ont reconnu avoir pris de la drogue par injection et plus d’une fois sur deux, ont admis avoir partagé leur seringue avec un autre détenu. Le rapport de recherche a été transmis au ministre de la Sécurité publique au début 2005. En plus de l’échange de seringues, le tatouage est aussi une source de transmission des virus.

Si l’on se fie à ce sondage, la prostitution à l’intérieur des prisons est presque absente, seulement 1%, mais le tatouage en rejoindrait 40%.

Ces informations ont été remises au ministre de la Sécurité publique du Québec au début 2005. Est-ce que le ministre de la Sécurité publique du Canada a été mis au courant de cette étude? En décembre 2006, lorsque le ministre Stockwell Day a refusé un programme d’échange de seringue avait-il cette information datant de 2005? Notons aussi qu’un programme sécuritaire pour le tatouage en prison avait aussi été abandonné en 2006.

En ce qui concerne la prostitution en prison, un article que nous avions publié dans Reflet de Société sur un prisonnier traitant de la sexualité en prison nous dit que la prostitution est plus fréquente que ce que le rapport mentionne ici:  “Plusieurs détenus utiliseront le service des jeunes prostitués de façon si discrète que vous ne pourrez jamais deviner leur penchant. La honte, la peur qui les grugent de l’intérieur les empêchent de sortir du placard”.

L’ignorance au pouvoir

(Agence Science-Presse) – Depuis plusieurs années, le président d’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, est sous les projecteurs des sidéens : il a longtemps nié l’association entre le virus (VIH) et le sida et il a pour cette raison longtemps mis des barrières à l’entrée de médicaments anti-sida dans son pays. Depuis des années, sa ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang fait quant à elle la promotion de fruits et légumes pour «guérir» le sida. C’est plutôt à son adjointe, Madlala-Routledge, que l’on doit la première stratégie efficace anti-sida dans ce pays (5,5 millions de citoyens sont atteints), lancée ce printemps. Eh bien en août, c’est à elle que le président a demandé de démissionner. Ce départ coïncide avec le retour de sa patronne à son poste, après des mois d’absence pour raisons de santé. On ignore ce qu’il adviendra de la stratégie sud-africaine anti-sida, à l’heure où les forces vives de ce pays sont de plus en plus ravagées par la maladie.

La sexualité au pénitencier
Jean-Pierre Bellemare – Prison de Cowansville, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008

Il existe beaucoup de préjugés sur les mœurs sexuelles en prison. Entres autres, les viols que subiraient les jeunes ainsi que la dominance homosexuelle, la prostitution et les relations entre membres du personnel et détenus.

La sexualité dans le milieu carcéral est plutôt discrète pour ne pas dire carrément secrète. Lorsqu’il y a des rumeurs, elles deviennent rapidement une tumeur maligne pour celui qui la subit. Ceux qui sont le moindrement fragiles psychologiquement deviennent des boucs émissaires.

Prostitution
La prostitution existe aussi. Certains jeunes détenus âgés de 18 à 25 ans recherchent la protection d’un détenu plus gros qu’eux ou ayant une grosse réputation en échange de sexe avec lui. Les pires prostitués sont ceux qui vendraient père et mère pour leur dose de drogue. D’autres, coincés par un gros endettement, accepteront de vendre leurs corps au lieu de recevoir une raclée pour couvrir leurs dettes. Cela ressemble beaucoup à ce qui se passe dans notre société, à la différence près qu’aucun détenu ne fait ça pour payer ses études.

Plusieurs détenus utiliseront le service des jeunes prostitués de façon si discrète que vous ne pourrez jamais deviner leur penchant. La honte, la peur qui les grugent de l’intérieur les empêchent de sortir du placard.

Le milieu carcéral étant très macho, les homosexuels effeminés travestis, ceux qui s’affichent ouvertement sont victimes de commentaires disgracieux, et ce, sur une base quotidienne. Voilà une bonne raison pour laquelle les homos ne s’affichent pas ouvertement ou ne le font que rarement. De plus, les maladies transmises sexuellement ont parfois des conséquences mortelles qui ralentissent les ardeurs sexuelles de plusieurs.

Homosexualité
Pour certains gais, la prison devient, à maints égards, le paradis. Ils ont accès à une clientèle vulnérable et souvent désemparée, facile à conquérir par la drogue, le chantage et autres. De plus, contrairement aux apparences, ceux qui paraissent coriaces et sans cœur et qui prêchent l’anti-homosexualité, pratiquent parfois eux-mêmes cet échange de services sexuels.

Il y naît de véritables histoires d’amour entre hommes; jalousie, tricherie, mensonge, réconciliation. Il est surprenant de voir à quel point ils ressemblent à de vrais couples hétérosexuels. Le pénitencier n’autorise pas ce genre d’activités à l’intérieur des murs, car un détenu surpris en train d’avoir un rapport sexuel est puni sévèrement.

N’oublions pas ceux qui ont de sérieux problèmes de déviances sexuelles, ils chassent tels de véritables prédateurs les plus faibles. Les viols en prison sont extrêmement rares pour la simple raison qu’il y a trop d’hommes consentants. Lorsqu’un viol se produit, il est souvent dû à une surconsommation de boisson avec pilules. Résultat? le gars devient gaga, fou. Dans ma longue période de détention, ces cas sont des exceptions à la règle.

Détenus et membres du personnel
L’amour transcende toutes les frontières, toutes les barrières, les menottes et efface les uniformes. C’est connu que les plus belles histoires proviennent d’amoureux que tout sépare: la richesse, le clan, la religion, le lieu. Roméo et Juliette, Tristan et Iseult pour citer quelques exemples. L’interdit est un sacré aphrodisiaque pour ceux ou celles qui s’y risquent.

Ici, au pénitencier, le sexe avec un membre du personnel est un sujet plus que tabou, il est sanctionné sévèrement par les autorités. J’imagine qu’être directeur de la prison, je ferais la même chose, mais étant un détenu et ayant déjà vécu ce genre d’expérience, je vois les choses d’un tout autre œil.

Nous apprenons à apprécier la femme comme aucun homme à l’extérieur ne peut le faire. Notre manque affectif et amoureux, qui ne cesse de croître, fait en sorte que notre désir fait de nous de véritables Casanova. Pour les femmes qui succombent, elles découvrent un chapitre sur l’amour digne d’un roman Harlequin. Les autorités en place font leur possible pour que cela n’arrive pas, voilà pourquoi il est plutôt rare de voir un détenu en compagnie d’une femme seule et à l’abri des regards. Ce qui est cocasse, pendant qu’ils surveillent les femmes, certains membres masculins du personnel et d’orientation gaie ont les coudées franches. L’amour au pénitencier est exception, mais lorsqu’il se produit, cela ressemble à une fleur perçant l’asphalte en plein centre-ville, magnifique triomphe de l’amour sur les éléments ou les conventions.

La recherche de la beauté suprême avec un corps de déesse devient totalement secondaire. Notre besoin d’être aimé reste présent même si nous sommes incarcérés. Je sais que plusieurs d’entre nous attendent leur sortie pour exprimer leurs besoins légitimes d’être reconnus et aimés. Personnellement, je sais par mon expérience que le déni de nos envies sexuelles et affectives cause des dommages à notre famille, à nous-mêmes et à notre future conjointe.

Il s’est produit de belles histoires d’amour entre les membres du personnel (professeur, secrétaire, agent de libération, bibliothécaire, gardienne) et certains détenus. Naturellement l’administration étouffe le tout de son mieux. Étrangement, la beauté d’aimer devient un acte criminel, abject et ridiculisé par les autorités. À tel point que lors de la formation des membres du personnel, un volet important y est accordé: comment ne pas succomber aux détenus! Des lavages de cerveaux, on convainc les femmes que les détenus veulent uniquement les utiliser pour rentrer de la drogue ou leurs soutirer des informations sécuritaires.

Cela n’est pas la norme. Est-ce que toutes les secrétaires qui couchent avec leurs patrons le font uniquement pour de l’avancement? Non, il arrive qu’ils s’aiment vraiment et deviennent conjoints. Il se passe la même chose au pénitencier.

Qu’un détenu craque pour une femme est considéré comme un geste inadmissible. Trahison, voilà l’idée que veut faire naître l’administration à ceux ou celles qui auraient envie d’écouter leur cœur plutôt que leur tête.

La rigueur de l’environnement carcéral complique le flirt au maximum. Plusieurs détenus ne tolèrent pas qu’un de leurs semblables joue dans le camp ennemi. Il va de soi que les autres membres du personnel qui voient le manège d’un détenu réagissent négativement à la chose. Donc, une opération de séduction doit être soigneusement étudiée pour qu’elle aboutisse un jour. La prison est remplie de caméras, mais aussi d’informateurs qui se font un devoir de vendre leurs confrères ou consœurs de travail.

L’approche est si progressive que la douceur que nous développons en est enivrante. L’amour qui fait craquer nous ramène comme des ados à leurs premiers véritables amours. Pour le détenu plus rien ne semble compter, il est prêt à tout. Je vous le dis, un véritable fleuve de passion et de désir.

Ce sont des histoires qui font rêver et lorsqu’elles se réalisent, c’est le bonheur total, au grand dam des autorités en place. Mon expérience personnelle m’a coûté très cher vis-à-vis de l’autorité, mais je ne regrette rien. Le plaisir retiré, les souvenirs créés valaient amplement les années incarcérées. Pour l’amour, des explorateurs ont traversé l’océan, des rois ont fait la guerre, moi je me suis rempli de souvenirs indélébiles qui valent leur pesant d’or.

Je pourrais vous écrire une histoire d’amour si touchante, si bouleversante que des larmes vous viendraient. Malheureusement l’amour carcéral ne peut se vivre que dans la clandestinité.

Encadré
Premier mariage gai en prison

Les relations sexuelles sont peut-être interdites dans les pénitenciers du Québec, mais les instances ne peuvent rien contre l’amour. À preuve, le 29 octobre dernier, dans la prison de Cowansville, où notre collaborateur Jean-Pierre Bellemare est incarcéré, les détenus Sony-Jean Martin et David Bédard se sont unis pour le meilleur et pour le pire, dans l’établissement où ils purgent leur peine respective. Une juge de la paix les a mariés lors d’une courte cérémonie.

C’était la première fois qu’un tel événement prenait place dans un pénitencier du Québec. Mais il pourrait bien en inspirer plusieurs autres, puisque la pratique est conforme à la Charte canadienne des droits et libertés.

Les nouveaux tourtereaux sont emprisonnés dans des départements différents, et il n’est pas question pour la prison de leur permettre de se rapprocher. Mariés, mais déjà séparés!

Encadré
Capoté!

Bien que proscrites, les relations sexuelles dans les pénitenciers sont protégées… par les autorités, qui distribuent des condoms aux détenus! «De cette façon, on réduit le risque d’infections transmises sexuellement» explique Jean-Yves Roy, gestionnaire aux communications pour le service correctionnel du Canada section Québec.

P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

Voir les autres textes de Jean-Pierre Bellemare.

Textes sur la sexualité.

Commentaires du rédacteur en chef sur le thème de la sexualité.

Le SIDA tue encore
Annie Mathieu, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008

Le sida est disparu depuis l’arrivée de la trithérapie, croient les Québécois. Conséquence: exit le condom et bonjour les comportements sexuels à risque. Reflet de Société a rencontré le docteur Réjean Thomas, président de la Clinique médicale l’Actuel, qui soigne les patients atteints du VIH et de MTS depuis 1984.

Le sida n’est pas un sujet vendeur. Sauf le 1er décembre, journée mondiale contre le sida. Les images d’enfants du tiers-monde atteints de la maladie confirmeront un préjugé vieux comme le virus: le sida, c’est la maladie «des autres».

«Les gens ont l’impression que c’est une maladie africaine parce que la plupart des reportages sont faits dans les pays du tiers-monde, affirme d’entrée de jeu le docteur Thomas. À cause de l’accès à la trithérapie, on pense le problème réglé. C’est faux. On est dans une période de négation collective face au sida.» Une attitude qui se traduit par le peu d’intérêt des médias et qui rend la prévention, déjà difficile, presque impossible.

«Aucun message ne peut prévenir la maladie, croit le docteur. L’important, c’est d’être régulier, provocateur, drôle et surtout, répéter les messages. C’est ce qu’on fait avec le tabagisme par exemple et qu’on ne fait pas avec le sida», déplore-t-il.

Ce qu’il reproche à la journée mondiale de lutte contre le sida? On en parle trop et qu’à un seul moment de l’année. Un avis partagé par ses patients qui détestent le 1er décembre. «Je dis souvent aux élèves “si votre prof est atteint du cancer, il va recevoir des mots, des fleurs, il va être entouré”. Un sidéen, lui, sera seul dans sa chambre et personne ne le saura.»

Des campagnes insignifiantes
S’il considère que les médias n’ont pas toujours abordé le sida de manière intelligente, Réjean Thomas croit tout de même qu’ils ont joué un rôle plus important que les campagnes de prévention: «Les médias ont sauvé plus de vies que les campagnes gouvernementales de santé publique ou de prévention. Ce que je vois, c’est nul. Il n’y en a pas assez. Je les trouve insignifiantes.»

Le sida n’est pas un enjeu social important au Québec, estime le docteur. «Ç’a l’a été mais ce ne l’est plus depuis que la maladie n’est plus mortelle et qu’il y a des traitements. On vit, explique-t-il, une épidémie hallucinante de maladies transmises sexuellement qui touche tous les groupes d’âges, les hommes autant que les femmes. Un jeune de 18 ans à qui tu annonces sa séropositivité, ça ne reste pas drôle. Il va prendre des médicaments toute sa vie. Que va-t-il va faire? Sa carrière? Va-t-il pouvoir voyager? L’inquiétude face à sa maladie, la mort, aux relations sexuelles, tomber amoureux; sa vie ne sera plus jamais comme avant. Ce n’est pas juste de mourir qui est grave!» insiste-t-il.

«Un sidéen en 2007 est plus fautif qu’un sidéen des années 80 qui pouvait plaider l’ignorance. On lui pardonnait. Aujourd’hui, on se dit que les victimes auraient dû être plus vigilantes. Je me demande s’il n’y a pas plus de préjugés qu’avant», questionne Réjean Thomas, convaincu que les malades se sentent plus coupables en 2007.

Des préjugés tenaces
«Ils souffrent aussi d’une grande détresse. On leur dit d’en parler à un ami très proche parce que tout seul, c’est difficile, explique-t-il. J’ai tellement peur qu’ils en parlent trop! Je sais qu’ils souffriront des préjugés ! J’ai des patients qui ont perdu des jobs!»

La discrimination à l’égard des ces populations marginalisées est toujours très présente, croit M. Thomas. «Par exemple, il y a eu cet été une épidémie de rougeole chez les enfants. Il y a eu, quoi, 4-5 cas ? Donc pour 5 cas de rougeole on sort tout l’arsenal de santé publique au Québec et pendant ce temps-là, il y a 500 cas de syphilis chez les homosexuels. Qu’est ce qu’on a fait ? On a mis des mini posters dans les saunas. Comme si les jeunes de la rue, les toxicos, les homos, c’était vraiment des parias!»

Au diable la prévention
Les adolescents sont une nouvelle génération «très à risque», explique Réjean Thomas. «Parce que la trithérapie est arrivée, on a arrêté, dans les écoles, les cours de formation personnelle et sociale où l’on parlait du sida et des MTS.» Résultat ? Une augmentation de syphilis, de gonorrhée et de VIH au Québec.

Le grand coupable: le condom, de plus en plus oublié par les partenaires sexuels. «Dans les années 1990, explique Réjean Thomas, quand un patient disait “j’ai pas mis de condom”, c’était un aveu grave. Plus aujourd’hui.» Les films pornos, source appréciée des jeunes pour parfaire leur éducation sexuelle, sont en partie responsable de la baisse de popularité de l’enveloppe de caoutchouc. Peu à peu, la protection disparaît des films XXX. «Je ne suis pas sociologue ni anthropologue mais il se passe quelque chose !» s’inquiète le docteur.

Il faut ramener le condom comme une norme, prescrit-il. Il suffit de faire des campagnes et marteler que le sida est une maladie qui se prévient. «Des pays pauvres ont réussi, pourquoi pas nous?» Le Québec a démissionné, déplore le docteur Thomas.

L’étape du dépistage est aussi bâclée, voire ignorée: «Il y a au moins 25% des gens qui sont séropositifs et qui ne le savent pas. C’est énorme !» s’insurge-t-il. Les urgences reçoivent encore des cas de sidéens non diagnostiqués en phase terminale. «Il n’y a pas de raison, en 2007, de mourir du sida !» répète le docteur qui considère inadmissible pour des personnes de 30 ans et plus de ne jamais s’être soumis à un test de dépistage.

Encore faut-il que des médecins puissent y veiller. «La relève médicale est loin d’être garantie dans le domaine du sida et des MTS, selon Réjean Thomas. Il n’y a pas beaucoup de jeunes médecins qui s’y intéressent. Le milieu médical a les mêmes préjugés envers le sida et les MTS que la société en général. C’est le défi dans 10 ans, explique-t-il, puisque les sidéens d’aujourd’hui ne meurent plus de la maladie.» Une augmentation de malades inversement proportionnel au nombre de médecins disposés à les traiter. Un enjeu qui devrait inquiéter les autorités médicales, selon le président de la Clinique Actuel.

Sent-il le besoin de se réinventer pour intéresser la population et ses confrères à la maladie? «Je ne suis pas un artiste qui a un produit à vendre! Je suis là avant tout pour soigner les malades!» Il affirme ne parler du sida que lorsque qu’on l’interroge à ce sujet. Et parce qu’il sent un devoir moral de le faire, consent-il.

Devoir qu’il prend au sérieux. Le docteur Thomas a établi son diagnostic: le Québec souffre d’indifférence face au sida. Heureusement, la maladie n’est pas incurable.

Encadré
Le sida chiffré

Dans le monde
- 39,5 millions de personnes vivent présentement avec le VIH/sida dans le monde;
- 17,7 millions sont des femmes;
- 2,3 millions sont des enfants de moins de 15 ans;
- Il y avait 4,3 millions de nouveaux sidéens en 2006;
- 2,9 millions de personnes sont mortes du sida en 2006.
L’ONU tire cette observation de statistiques récentes: «Les taux d’infection ont diminué dans certains pays en 2005, mais la tendance globale reflète toujours une augmentation de la transmission.»
Source: Rapport ONUSIDA/OMS, 21 novembre 2006.

Au Québec
- En 2005, 3158 Québécois sidéens étaient répertoriés;
- Un peu plus de la moitié d’entre eux étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH);
- 20% était des usagers de drogues injectées (UDI);
- 77% était des hommes;
- En 2005, le Québec a recelé autant de nouveaux sidéens qu’en 2002. Par contre, le nombre de HARSAH infectés a augmenté, contrairement au nombre d’UDI infectés qui a diminué;
- 67% des cas diagnostiqués étaient à Montréal, 9% à Québec et 7% en Montérégie.
- En 2005, le taux de mortalité associé au sida était 5 fois inférieur à celui de 1995. Les traitements plus efficaces aujourd’hui permettent de prolonger la vie des sidéens.
Source: Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec - Année 2005 (et projections 2006), ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Encadré
FUCK le sida tue !

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de la publicité «Fuck le sida tue» qui a été boudée par les médias ?
Des jeunes m’ont entendu à la radio et ont trouvé effrayant d’apprendre qu’il est difficile de parler du sida. Ils ont proposé à la Clinique ce concept de publicité et nous avons eu envie de l’utiliser. Je connaissais ceux à qui appartenait le grand espace publicitaire du boulevard Saint-Laurent [coin Sherbrooke]. Ils nous ont donné gratuitement le mur pour deux mois pour que l’on puisse mettre la publicité. La Ville de Montréal a refusé.

Pourquoi la Ville a-t-elle refusé ?
Elle a dit que c’était à cause du français. [Rires] «Fuck», ce n’est pas un mot français…C’était une raison, un prétexte. Nous avons essayé de le traduire mais ça ne s’apprêtait pas. L’objectif visé, c’était d’interpeller les jeunes qui passent sur Saint-Laurent.

Est-ce que vous vous êtes battus ?
Oui, mais il n’y avait rien à faire. On a pris des publicités dans les magazines et une page complète dans le Devoir. Ç’a a fait parler autant. C’était l’objectif.

Est-ce que vous le referiez autrement?
Autrement? Non. C’est sûr qu’on avait une publicité provocatrice. En même temps, ce n’était pas nous qui l’avions inventée. À mon âge, j’essaie toujours d’être proche du terrain mais je vieillis aussi [rires]. Puisque ça venait des jeunes, que ça parlait aux jeunes, on l’avait pris tel quel et on avait trouvé ça intéressant.

Réjean Thomas, clinique l’Actuelle et le sida

Pour le numéro de décembre du magazine Reflet de Société, notre nouvelle rédactrice en chef, Annie Mathieu, nous prépare un dossier sur le sida. Réjean Thomas, une sommité sur la question a participé à notre dossier.

Le sida tue et tue encore. Pendant un certain nombre d’années, nous avons fait de la prévention et de la sensibilisation sur cette maladie qui affecte des milliers de gens au Québec, des millions à travers le monde.

Ou en sommes-nous rendu aujourd’hui? Ce reportage, en l’honneur du 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le sida saura actualiser ce sujet encore tabou. 

Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.

Une chlamydia avec ça?
Dominic Desmarais, Volume 16 no 1. Octobre 2007

Robert vient d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal. Bon à l’école, sportif, un emploi à temps partiel pour payer l’université. Le jeune homme, maintenant dans la fin vingtaine, passait plusieurs soirées par semaine à festoyer dans les bars. Il fut un temps, «la belle époque» comme il aime l’appeler, où il s’amusait à accumuler les conquêtes.

«Comme je ne connaissais pas mes partenaires, je mettais toujours un condom, affirme Robert d’un ton sérieux. Sauf un soir de party. Je suis sorti prendre l’air avec une demoiselle. On s’est embrassés…» Robert ne termine pas sa phrase. Son large sourire suffit pour comprendre qu’ils ont échangé davantage qu’un baiser. «Je n’avais pas de protection avec moi. J’étais plus que pompette. Et ça faisait quelque temps que je la reluquais.»

Robert n’a pas eu de maladie des suites de cette aventure. «Ça m’a donné l’idée que baiser sans condom, c’était pas si dramatique. Remarquez, les relations suivantes, j’en portais. J’y étais habitué.» Mais l’impression qu’il ne lui arrivera rien ne le quitte pas.

Des mois plus tard, l’histoire se répète. «Cette fois, j’ai poussé ma chance un peu trop loin, se souvient le jeune homme. Je l’ai su dès le lendemain, en allant aux toilettes.» Robert rit de cet épisode aujourd’hui. Mais cette journée-là, il vivait nerveusement. «Je travaillais et, aux cinq minutes, j’allais au petit coin en espérant que ça ne me chaufferait plus, que tout irait mieux. Je ne pensais qu’à ça.»

Robert n’a pas mis de temps à visiter une clinique spécialisée dans le traitement des maladies sexuelles. Une expérience qu’il espère ne plus jamais revivre. «Ça fait mal! Et comme les résultats d’analyse sortent après quelques jours, tu stresses en attendant. Je savais que j’avais attrapé quelque chose. Mais je ne savais pas quoi. Je suis passé à la bibliothèque regarder des livres sur ces maladies. Pour savoir ce que ce pourrait être. Je m’imaginais le pire scénario.»

Robert a été sensibilisé au port du condom à l’école secondaire. Mais il ne connaissait pas les infections qu’il pouvait attraper. «Je connaissais les noms des ITS. Pas leurs symptômes ni leurs conséquences. Lesquelles ne disparaissent jamais? J’étais dans l’inconnu et ça m’a fait paranoïer.»

Robert se considère chanceux. Il a attrapé la chlamydia. «Je devais prendre deux pilules et, en 24 heures, j’étais guéri. Ça m’a permis d’en rire avec mes amis. Mais intérieurement, je ne riais pas fort», dit-il en s’esclaffant, 10 ans plus tard. Les erreurs de jeunesse sont du passé. Depuis, il a toujours porté un condom. «Une autre fille que je désirais depuis un bon moment m’a demandé de ne pas en enfiler un. Elle se disait clean. Je n’ai pas voulu. Pas après ma mauvaise expérience.» Robert a poursuivi quelque temps sa vie d’aventures. Plus jamais il n’a eu de relation sans protection.

Ces années l’ont fait réfléchir. «J’ai changé! Ces histoires d’un soir me rendaient de plus en plus vide. Je me sentais seul. Mais vu mon tempérament, il fallait que je passe par là pour me rendre compte que ce n’est pas pour moi. J’ai bien vécu ma jeunesse et je suis prêt aujourd’hui pour une vraie relation!»

Vouloir le bien, causer le mal

Lors des festivités entourant l’ouverture du centre pour femmes de l’organisme Cambodian Women crisis center (CWCC), j’ai passe l’heure du diner en compagnie d’un jeune directeur d’organisme cambodgien. À son bureau, il m’explique son travail. Son organisme fait de la prévention auprès des jeunes sur la drogue et auprès particulierement des femmes sur la reproduction (methodes contraceptives, maladies sexuelles, connaissance de leurs droits). Son organisme recoit des fonds de donneurs occidentaux.

Je ne doute pas de la bonne volonte de ce jeune homme, pas plus que de ses employes. Mais je m’interroge a l’utilite de ces programmes… C’est qu’ils discutent avec les consommateurs de drogue. Fort bien. Ceux-ci, apparemment, consomment en raison de problemes familiaux (la violence domestique est assez grave dans cette province, parait-il), du manque de travail, pour essayer. S’il y a une chose que j’ai apprise depuis mon arrivee au Journal de la Rue, c’est que la consommation en soit n’est pas le probleme. C’est la raison pour laquelle on consomme. Et l’organisme n’est ni outille pour regler les problemes familiaux, ni de chomage, pas plus qu’elle ne fait de travail social. Au moins, sa prevention dans les ecoles peut-elle faire reflechir les jeunes sur les ravages causes par la drogue.

Quant au programme axe sur les femmes, il est a se demander s’il ne cree pas les problemes plutot qu’il ne les regle. L’organisme explique aux femmes qu’elles ont le droit de refuser d’avoir des relations sexuelles avec leur epoux. Tout a fait vrai. Mais il faut regarder la mentalite des gens de la region, voire du pays. L’homme pense avoir tous les droits sur sa femme. Lorsque son epouse lui refuse ses avances, elle cree une frustation. Elle n’est pas censee opposer de resistance. J’ai vu de nombreuses photos de femmes battues - a mort - dans la region. Une s’est fait ouvrir l’entrejambe par un rasoir pour avoir refuse, a deux reprises, d’avoir des relations sexuelles avec son mari. L’histoire, dans son cas, ne dit pas si elle a refuse parce qu’elle avait appris qu’elle avait le droit de dire non. Mais un programme qui ouvre la porte a ce genre d’actes, si rien n’est fait pour changer la mentalite de l’homme, me semble dangereux. Meme si, pour le principe, il a sa raison d’etre.

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/19/sophea-et-la-mentalite-cambodgienne/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/19/frustrations-culturelles/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.

Nous n’avons pas l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution
écrit par Raymond Viger, Vol 13.4 , Mai 2005

Le débat sur la légalisation de la prostitution est faussé. Il n’existe pas une forme de prostitution mais plusieurs formes de prostitution.

Une personne prostituée à 4 000$ pour un week-end qui couche avec des politiciens ou des grosses vedettes internationales ne vit pas dans le même contexte qu’une autre à 20$ pour une pipe, qui est toxicomane, avec des champignons dans la bouche et atteinte du Sida.

Certaines personnes se positionnent en faveur de la légalisation de la prostitution, sous prétexte de vouloir venir en aide aux personnes qui font de la prostitution de rue, assurer leur sécurité… Mais qu’adviendra-t-il de ces personnes lorsque nous aurons légalisé toutes les formes de prostitution?

Les dangers d’une légalisation sans encadrement

De la «viande fraîche»
En autorisant l’ouverture de bordel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie du sexe, pour utiliser leur langage, vont vouloir engager de la «viande fraîche» pour satisfaire leurs clients. Par «viande fraîche» on pense à des personnes de 18 à 23 ans en santé. Pour la majorité des personnes se prostituant dans la rue, l’entrée dans ces bordels leur sera refusée et elles devront continuer à exercer dans la rue. Dans les faits, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans!

Pire, après un certain nombre d’années, lorsque les premières personnes ayant travaillé dans ces bordels commenceront à vieillir, les entrepreneurs qui veulent bien traiter leurs clients vont remplacer leurs personnels par des plus jeunes. Il y aura donc encore plus de personnes exerçant la prostitution dans les rues. Ceci se vérifie par les expériences des pays ayant légalisé la prostitution depuis une dizaine d’années et qui se retrouvent avec 3 à 10 fois plus de prostitués de rue qu’avant la légalisation (Australie, Pays-Bas, Allemagne…).

Les clients indésirables
Mais si un client peut aller en toute légalité dans un bordel pour engager une personne jeune et attrayante, pourquoi utiliserait-il les services d’une personne exerçant dans la rue? Parce qu’il est violent et qu’il se ferait sortir des bordels? Parce qu’il veut exiger de faire des choses qui devraient être refusées dans le bordel comme avoir une relation sans condoms? Ou encore parce qu’il veut payer moins cher? Pour toutes ces raisons et pour plusieurs autres, les personnes exerçant la prostitution de rue seront encore plus dans le trouble après la légalisation. Le nombre de mauvais clients rencontrés sur la rue sera encore plus grand et il sera encore plus risqué d’être une personne prostituée.

Citoyens et commerçants
Et que dire de nos honorables citoyens! Puisque la prostitution est maintenant légalisée, l’intolérance de ceux-ci aura monté d’un cran. «Puisque c’est légal et qu’il existe des bordels, je ne veux plus te voir traîner dans les rues de mon quartier ou devant les vitrines de mon commerce». Comment vont réagir ces citoyens quand ils vont s’apercevoir que non seulement la légalisation n’a pas diminué le nombre de personnes devant leur honorable résidence, mais qu’en plus, il y en a maintenant 3 fois plus! L’intolérance ne fera que grimper.

Bordels en région
En légalisant, le gouvernement fédéral ne doit pas s’en laver les mains en disant que ça sera du ressort des villes de gérer le tout?

Pourquoi les groupes criminalisés sont si forts en région? Parce que les petites municipalités avec un seul policier n’ont pas les moyens d’avoir le contrôle sur ces puissants groupes. Quand le policier en question est connu de tous, que tout le monde sait où il demeure et que tout le monde connaît sa famille au complet et à quelle heure sa petite fille sort de l’école, pensez-vous qu’il sera assez fou pour tenir tête aux groupes criminalisés? C’est un policier qui fait de son mieux, pas une personne suicidaire. Cela n’est pas sans rappeler encore une fois les pays ayant déjà fait l’expérimentation de la légalisation, qui avouent avoir perdu le contrôle. De plus, ils deviennent incapables de gérer ce nouvel engouement pour le sport sexuel.

Tous les paliers de gouvernements devront s’impliquer dans une approche multidisciplinaire. Pas question de laisser les municipalités se démerder seules dans une industrie qui est déjà internationale et qui a de gros moyens financiers pour brouiller les cartes.

L’industrie du tourisme
Un bel exemple que j’ai vécu personnellement. L’état du Nevada permet aux municipalités de légaliser la prostitution. Las Végas, malgré ses innombrables Casinos et ses spectacles grandioses, se refusent de légaliser la prostitution. La ville voisine a légalisé la prostitution. C’est pourquoi nous voyons sur certains coins de rue de Las Végas des dizaines de Mexicains qui tendent des annonces pour inciter l’achat de services sexuels dans la ville voisine. La ville de Las Végas est allée en cour pour tenter d’empêcher ces Mexicains de venir faire de la sollicitation dans les rues de Las Végas. Pour le bénéfice de la libre entreprise et de la liberté d’expression, la ville de Las Végas a perdu contre les Mexicains.

Ceux qui font le rabattage de clients sont majoritairement des garçons. Mais ce qui m’a déchiré le cœur, a été de voir une fille mexicaine d’environ 12 ans, faire du rabattage. Les questions que je me pose encore: le faisait-elle pour sa sœur ou sa mère? Va-t-elle se prostituer et à quel âge risque-t-elle de commencer?

Ce qui s’est passé à Las Végas risque de nous arriver. Montréal avec ces grands festivals et ces grands rassemblements ne tolérera pas de prostitution sur son territoire. Les entrepreneurs de bordels vont s’établir à Terrebonne ou à Bois-des-Filions. Ça va être bon pour l’industrie du taxi. Les gens viennent de partout pour un festival ensuite le taxi pour les bordels en banlieue. Parce que la prostitution, ce n’est pas bon pour l’industrie du tourisme. Ce n’est pas bon pour l’image d’un grand centre urbain. Quand on voit de nouveaux logements sociaux des auberges du cœur passer criminellement au feu dans le sud-ouest de Montréal, quand des gens font pressions pour empêcher des organismes communautaires comme Cactus de se relocaliser dans le Centre-ville de Montréal, les principes de «pas dans ma cour» vont continuer à se faire prévaloir.

Pénurie de main-d’œuvre
Les bordels vont se multiplier en région et les nouveaux entrepreneurs vont y faire la pluie et le beau temps. À un point où il ne serait pas surprenant qu’il manque de main-d’œuvre. Un peu comme il s’est passé quand on a légalisé les danses à 10$. On a manqué de filles pour aller travailler dans les isoloirs. Va-t-on créer un programme pour permettre à des danseuses exotiques étrangères de venir travailler au Canada? Devrons-nous réouvrir ce programme et l’élargir aux artistes de la prostitution? N’est-ce pas ce programme où des fonctionnaires et des intervenants du milieu mentionnent qu’il a profité aux groupes criminalisés? Plusieurs de ces danseuses ont disparu. Le gouvernement américain affirmait en 2003 que le Canada est une plaque tournante pour le trafic des femmes et des enfants.

Conditions essentielles
Si nous sommes sérieux dans notre volonté de légaliser la prostitution, il y a des préalables essentiels. La prostitution concerne des êtres humains qui doivent être considérés dans leur globalité. Ceci nous oblige à prévoir une approche multidisciplinaire.

Il faut faire de la prévention en ce qui concerne les jeunes de la rue et ceux placés par la DPJ. Ils sont des victimes vulnérables. La réforme de la DPJ devra tenir compte de cette vulnérabilité. Il faut aussi faire de la prévention et de la sensibilisation dans les écoles et les différents milieux de vie des jeunes.

Pour s’assurer que la prostitution est bel et bien un choix, et non pas un manque de choix face à la pauvreté ou à d’autres difficultés, il faut s’assurer d’offrir un soutien et un encadrement aux personnes concernées.

Il faut prévoir une aide accrue aux organismes d’intervention auprès des personnes prostituées de rue. Nous ne pouvons pas penser légaliser le marché du sexe sans aussi donner les services d’aide et de soutien aux personnes dans le besoin qui seront exclues et marginalisées. Si une municipalité veut ouvrir un bordel, les services aux personnes se prostituant doivent être présents avant son ouverture.

Il faut prévoir des mécanismes de contrôle et de sécurité avant la légalisation. Nous avons laissé à eux-mêmes des groupes criminalisés pendant des décennies. Ils sont devenus des forces redoutables, organisées, structurées et très bien financées. Reprendre le contrôle après coup est très coûteux, sinon impossible. La prostitution, ne se limite pas aux limites géographiques d’une ville, mais fait partie d’un réseau international, qui nécessitera une coordination des différents corps policiers qui devront apprendre à travailler efficacement ensemble. Cela nécessitera de généreux budgets aux différents corps policiers.

Il faudra donc s’assurer qu’il y ait une prise en charge complète par le gouvernement de ces bordels, à tous les niveaux: sécurité, administration, gestion, encadrement, surveillance, finance… Il n’y a pas d’entre-deux possibles pour éviter que la situation ne dérape et qu’il y ait abus.

Il ne faut pas s’imaginer que les revenus de taxes et d’impôt sur la prostitution permettront de compenser les investissements que nous aurons à faire pour légaliser la prostitution. Les pays qui ont déjà légalisé, ont perdu le contrôle et se sont retrouvés avec plus d’effets pervers que de problèmes résolus. Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour nous impliquer adéquatement, nous en aurons encore moins après.

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/11/lettre-ouverte-a-jean-francois-lisee-de-lactualite/

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/02/24/avons-nous-largent-necessaire-pour-legaliser-la-prostitution/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/22/maria-mourani-et-mario-dumont-chez-les-francs-tireurs-richard-martineau-et-patrick-lagace/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/effets-pervers-de-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/doit-on-legaliser-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/certaine-formes-de-prostitution-sont-plus-legales-que-dautres/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-lendemains-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-premiers-pas-vers-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/au-secours-on-a-legalise-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/pour-ou-contre-la-legalisation-de-la-prostitution/

Voter pour ce texte.

Stockwell Day refuse un programme d’échange de seringues dans les prisons

Un programme de tatou pour diminuer le nombre de détenus qui héritent du VIH-Sida a échoué dernièrement. Maintenant les autorités carcérales refusent un programme d’échange pour les détenus.

Je sais que dans nos fantasmes de citoyens, nous supposons qu’il n’y a pas de drogues qui circulent dans les prisons. La réalité en est tout autre. Il ne faut tout de même pas jouer à l’autruche. Il y en a. Et il y a des détenus qui attrapent toutes sortes de virus, entre autres, avec des seringues. Le risque d’être contaminé en prison et de 10 à 30 fois plus élevé qu’à travers la population!

Un programme d’échange de seringue est une façon de diminuer les risques de contacter une maladie. Dans les différents milieux de consommation, des travailleurs de rue ont accès à de tels programmes pour diminuer les risques de contamination. Pourquoi les autorités carcérales seraient-elles plus prudes et plus conservatrices que la Régie régionale quand il s’agit de la santé des citoyens?

Un programme d’échange de seringue va plus loin que simplement de remettre une seringue neuve à quelqu’un qui veut s’injecter. C’est aussi une occasion pour établir une relation avec la personne et l’aider dans son cheminement. Un programme d’échange de seringues n’augmente pas la consommation des personnes toxicomanes. Le programme permet de le faire dans des conditions plus sécuritaires.

Et un tel programme ne permet pas d’augmenter la sécurité seulement des personnes toxicomanes, mais de toutes la population. Pour mettre un peu plus de pression sur l’importance d’un tel programme dans les prisons je vais expliquer un peu plus ce point. Et je parle d’exemples concrets et réels.

Un détenu s’injecte avec des seringues souillées. Il contracte le VIH. Il a une relation amoureuse avec un autre détenu qui ne s’injecte pas. Ce dernier contracte le virus. Celui-ci a une relation amoureuse avec une employée de la prison. Celle-ci a finalement une relation amoureuse avec le directeur de prison. Ce dernier en arrive à avoir le Sida, le transmet à sa femme, honnête citoyenne d’un quartier cossu de banlieux…

Histoire possible et plausible. Un programme d’échange de seringues protège les prisonniers qui s’injectent. Mais aussi toute la population en général. Parce qu’une personne infectée peut répandre le virus a travers différentes activités. Ce prisonnier qui s’infecte va éventuellement devenir un citoyen en liberté.

Je me souviens que lorsque l’épidémie VIH-Sida avait débuté et qu’elle ne touchait que les Africains et les populations homosexuelles, personne en faisait de cas. Mais dès que la population dite plus “conventionnelle” a été touché, on a commencé à se presser de faire des programmes de prévention. Devons-nous attendre que la femme du directeur de prison tombe malade pour qu’on accepte des programmes d’échange de seringues dans les prisons?

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/12/les-prisons-les-tatous-et-les-tests-mts-sida/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/29/les-prisons-les-tatous-et-le-journal-de-montreal/

Autres textes sur la sexualité et sur la santé.

Prostitution; légalisation ou décriminalisation

Le débat va recommencer pour la nieme fois. Les rumeurs mentionnent qu’un comité de travail va se remettre en branle à l’automne pour débattre encore une fois du statut de la prostitution. Les journalistes s’activent et ont commencé à contacter différents intervenants pour faire des panels télévisés sur la question fin août, début septembre.

Je commence à être fatigué de répéter sans cesse nos positions sur ce sujet qui ne cesse d’être redondant. D’un côté le Bloc Québécois avec quelques alliés de Vancouver semble vouloir porter le débat sur la légalisation de la prostitution jusqu’à ce que leurs idées finissent par passer. Est-ce de la démocratie ou de l’acharnement politique? On consulte jusqu’à ce qu’on finisse par entendre ce qui fait notre affaire.

Notre magazine d’information et de sensibilisation, Reflet de Société a déjà réalisé plusieurs reportages sur les effets pervers de la légalisation de la prostitution, des conséquences de la légalisation de la prostitution sur les régions. Je ne recommancerais pas à en faire le débat dans mon blogue. Je vous laisse les liens de quelques articles que nous avons écrits et nous attendons vos commentaires.

Autres articles sur la prostitution:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/effets-pervers-de-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/doit-on-legaliser-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/certaine-formes-de-prostitution-sont-plus-legales-que-dautres/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/pour-ou-contre-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-lendemains-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-premiers-pas-vers-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/au-secours-on-a-legalise-la-prostitution/

Fuck, les médias tuent

Par Raymond Viger Volume 14.3, Février 2006

La clinique l’Actuel, spécialisée dans le traitement de patients séropositifs, a conçu une publicité provocante en matière de prévention du sida chez les jeunes. Le slogan; «Fuck, le sida tue».

L’Université McGill, le cégep du Vieux-Montréal, le Conseil d’arrondissement du Plateau Mont-Royal ainsi que The Gazette, ont refusé de publier le message. Trop vulgaire, a-t-on dit. On accepte pourtant la publicité sur la bière, malgré les concours de calage qui font des ravages chez les étudiants. On accepte aussi les publicités de Loto-Québec, malgré le nombre de joueurs compulsifs qui se suicident après avoir tout perdu, malgré la déchéance de centaines de milliers de joueurs qui perdent leur dignité. On accepte aussi les publicités de Wal-Mart, malgré toutes les illégalités et les immoralités dont cette multinationale est accusée. Mais on refuse une publicité pour prévenir le sida, sous prétexte qu’elle est trop vulgaire!

Quand on sait que le sida est encore un fléau qui affecte plusieurs couches de la population. Quand on sait qu’on ne parle plus du sida dans les écoles. Pouvons-nous nous limiter à un argument de vulgarité pour refuser de faire la promotion auprès des jeunes?

Reflet de Société ne pouvait rester indifférent à ce manque de cohérence de la part de ces décideurs et d’un média tel que The Gazette. Notre magazine a contacté le docteur Réjean Thomas, président de la clinique l’Actuel, pour offrir gratuitement un espace publicitaire.

Vous pouvez voir cette publicité à la page arrière. La question qui tue: The Gazette avait-il raison de refuser de publier cette publi-cité? Nous attendons vos commentaires sur cette publicité.

Autres textes sur la sexualité et sur la santé.


Légalisation
de la prostitution


Des jeunes de l’école secondaire de La Magdeleine à Laprairie nous ont fait parvenir leurs positions. 70% sont contre la légalisation et 30% sont pour. Ces pourcentages demeurent les même parmi les 64 filles et les 19 garçons qui nous ont écrit.

Légaliser la prostitution fera en sorte que l’image de la femme reste encore celle d’un objet sexuel. Cela ne va provoquer qu’une hausse de la demande comme la «saucisse Hygrade». La légalisation de la prostitution n’apportera rien de bon aux prostituées et ne signifiera que «l’exploitation de l’un par le plaisir de l’autre». Isabelle Grenier

Le plus scandaleux pour moi, c’est que ces femmes risquent de passer des années derrière les barreaux tandis que les hommes, à qui elles ont offert leurs services, ne payent qu’une petite amende! Tania Raymond

Il faut arrêter de réprimer les prostituées de rue qui font simplement partie de la chaîne des diverses formes de prostitution. Sellina-Anne

En tant que société, nous avons le devoir de subvenir à leur sécurité psychologique, physique et sociale. Justine Lajoie

Avant de légaliser la prostitution, nous ferions mieux d’établir des programmes pour aider les prostituées qui veulent s’en sortir. Amélie Lévesque Rousselle et Alexandre Vincart-Emard

La sollicitation est illégale, alors pourquoi laisser des annonces dans nos magazines? C’est de la sollicitation et pourtant, personne n’est puni. Claude Côté Dupuis

Pourquoi légaliser un métier où les pratiquants ne demandent qu’à s’en sortir? Stephany

Elle ne vend pas son corps, mais des services sexuels. Les prostituées sont parfois les seules voies d’accès au plaisir physique, notamment aux personnes invalides ou handicapées. Amanda Mesbah

Il est sûr que les groupes criminels seront les principaux administrateurs de ces bordels. Si nous légalisons la prostitution et que les groupes criminels s’en occupaient, nous ne pourrions plus dire que c’est légal. Nous croyons qu’il est temps de ne plus poser la question. Il est temps que nos politiciens mettent leurs culottes et prennent la meilleure décision possible pour que la société soit en meilleures conditions. Simon G. Lamarre et Guillaume Leclerc

Si les prostituées devenaient des travailleuses autonomes, elles obtiendraient certainement des avantages et auraient à payer des impôts. Mais sommes-nous naïfs au point de croire qu’il serait possible de gérer le domaine? D’un autre côté, légaliser, c’est non seulement montrer aux organisations criminalisées que nous ne pouvons rien contre elles, mais aussi leur offrir une plus grande liberté d’action. Charles Lapointe

Ce qu’il faut changer, ce n’est pas la réglementation, mais la mentalité des gens. Alexandre Raymond-Beaulieu

Je n’ai pas envie d’élever mes enfants dans un monde où la prostitution est omniprésente. Je ne me vois pas en train d’expliquer à mes enfants pourquoi, dans le journal, il y a des femmes presque nues qui disent être des vraies cochonnes au lit! Virginie Godin

Il est vrai que la pornographie et la prostitution ont connu un essor incroyable durant les dernières années. Il est rendu impossible de naviguer sur Internet sans se faire harceler par l’une de ces satanées publicités! Tenez-vous vraiment à montrer aux prochaines générations à quel point il est dégradant d’être une femme? C’est l’effet que laissera paraître la légalisation de la prostitution sur la société de demain. Édith Plamondon

Les abus persisteront même si la prostitution est légalisée. Si le client profite de la prostituée, elle ne va pas nécessairement aller le dénoncer. Même de simples citoyennes n’y vont pas! Natacha Binette et Vanessa Costa

En légalisant les danses à dix, les groupes criminels ne se sont pas éloignés des bars. Pourquoi il n’en serait pas de même avec la prostitution? Keven et Anthony

Ce métier est en fait une forme de discrimination pour les femmes puisque celui-ci est basé sur son apparence et non sur son expérience. Élisabeth Lefort et Mélanie Leduc

La prostituée qui se promène sur la rue n’est pas plus illégale que le gérant d’une agence qui fait de la publicité. Serait-ce qu’une prostituée, à moitié nue, à moitié consciente, à moitié refaite, qui se promène sur le trottoir est plus choquante qu’une petite annonce? L’image est drôlement plus dramatique pour la «coureuse des rues». Gabrielle Godin

Nous entendons parler d’histoires d’horreurs. Même si ces jeunes femmes vendent leur corps, elles sont quand même des êtres humains. Il y a des prostituées qui se font violer, qui se font battre et gardent le silence parce que leur gagne-pain est illégal. Elles ont autant le droit à la justice que quiconque. Dans certains emplois, nous devons obligatoirement porter des caps d’acier. Les clients devraient porter le condom. Mériam Duchesne

La prostitution fera toujours partie de notre société. Alors, pourquoi ne pas apprendre à vivre avec? Je ne suis pas nécessairement pour la légalisation de la prostitution. Je crois que nous devrions les aider plutôt que de leur étamper dans le front «criminel ayant aucun droit». Catherine Perrault

La légalisation de la prostitution serait un cadeau aux proxénètes et à l’industrie du sexe. En légalisant, la loi leur permettra de continuer leurs crimes. Amine Soulhi

Sous prétexte que cela serait légal, le gouvernement permettrait d’utiliser la femme comme un objet. La légalisation de la prostitution serait un affront à toutes les femmes qui se sont battues pour l’égalité. Stéphanie Bannon et Sandy Lebeau

Qu’elle soit permise ou non, cela ne changerait rien à la situation. Que la fille soit dans un bordel ou dans la rue, le client est «roi» et il a tous les droits sur elle. Karine Albert et Geneviève Boissonneault

Imaginez votre enfant qui vous annonce qu’il a trouvé la formation qu’il désire suivre: Prostitution. Pensez à ce qu’il apprendrait dans son cours. Certains disent que c’est un métier comme un autre. Vendre son corps ou vendre des voitures, c’est complètement différent. Marie-Pier Lavallée et Bénédicte Millien

La prostitution n’est pas un travail comme un autre, mais principalement une conséquence des inégalités sociales dont les femmes et les enfants sont les premières victimes. Leur situation ne s’est améliorée dans aucun pays qui a libéralisé les lois sur la prostitution. Vendre son corps est une exploitation des plus pauvres qui porte atteinte à leur dignité. Cela n’a rien à voir avec la liberté sexuelle.

En légalisant la commercialisation du sexe, le proxénétisme devient vertueux. Trop de femmes subissent les pressions et les violences de leurs proxénètes. Aimeraient-elles que leur condition de femmes bafouées soit reconnue et légalisée? Jessica Pelletier et Vanessa Lopez-Robert

Les filles ayant déjà des maladies et des problèmes de drogues ou d’alcool ne seront pas engagées dans les bordels légaux. Elles vont continuer à se faire de l’argent comme elles l’ont toujours fait, en se prostituant dans la rue. Mélissa Tremblay et Marie-Claude Gendron

La meilleure solution serait de dépénaliser les prostituées, mais pas les proxénètes. Ces derniers devraient se retrouver derrière les barreaux. Les jeunes, quant à eux, devraient être pris en charge sans être punis. Aucun mineur n’aurait voulu se prostituer de plein gré. Légaliser entraînerait une augmentation du trafic au noir. L’organisation pour les droits des enfants estime que dans un pays où le proxénétisme a été légalisé, le nombre de mineur vendant leur corps est passé de 4 000 à 15 000 en à peine cinq années. Pourquoi ne pas essayer de trouver un moyen qui ne soit ni tout blanc, ni tout noir? Catherine

J’ai de la difficulté à m’impliquer dans ce débat car j’ai plusieurs arguments pour et contre. Il devrait y avoir un juste milieu. Nous pouvons aider les prostituées à s’en sortir, mais pas en changeant la loi. Geneviève Ladouceur

Ce dont une prostituée a besoin, ce n’est pas d’être forcée à être aidée, mais de savoir qu’elle a droit à de l’aide si elle désire en recevoir. De toute façon, on ne peut pas aider une personne qui ne veut pas de notre aide. Marie-Christine Boucher

Légaliser la prostitution serait une grosse erreur. Elle nous entraînerait dans un cercle vicieux où il nous serait désormais impossible de nous en sortir. Jessie Tremblay Brosseau

La police n’a ni les moyens, ni le personnel suffisant pour enquêter dans les bordels afin de poursuivre les dirigeants illégaux. Prenez la loi des cigarettes dont la vente est interdite aux mineurs. Malgré les efforts faits pour empêcher les jeunes de fumer, combien le font malgré tout? Il y aura toujours de la fraude.

Un article de Janice G. Raymond de l’Université du Massachusett mentionne que la Coalition contre le trafic des femmes (CATW) a mené une étude révélant que 80% des victimes affirment avoir subi des violences physiques de la part des proxénètes et des clients avec des conséquences sur leur santé. La protection des femmes contre les abus est secondaire voire sans importance. Karine et Andréa

Autres textes sur la prostitution:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/11/lettre-ouverte-a-jean-francois-lisee-de-lactualite/

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/02/24/avons-nous-largent-necessaire-pour-legaliser-la-prostitution/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/22/maria-mourani-et-mario-dumont-chez-les-francs-tireurs-richard-martineau-et-patrick-lagace/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/trois-prostituees-nous-parlent/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/effets-pervers-de-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/doit-on-legaliser-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/pour-ou-contre-la-legalisation-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/certaine-formes-de-prostitution-sont-plus-legales-que-dautres/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-lendemains-de-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/les-premiers-pas-vers-la-prostitution/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/au-secours-on-a-legalise-la-prostitution/

Journal de la Rue, Reflet de Société, CAFÉ-GRAFFITI.

Soutenez notre travail auprès des jeunes en vous abonnant à notre magazine d'information et de sensibilisation Reflet de Société. WWW.REFLETDESOCIETE.COM (514) 256-9000 journal@journaldelarue.ca

Des honneurs

Le blogue du rédacteur en chef

Position éditoriale, commentaires sur l'actualité sociale et communautaire: raymondviger.wordpress.com

Catégories

Raymond Viger, écrivain

Raymond Viger, écrivain sur WWW.EDITIONSTNT.COM