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Grossir entre amis
(Agence Science Presse) — Des raisons à l’obésité ? Une alimentation trop riche, le manque d’activité physique, la génétique… et l’amitié? Les sociologues Nicholas Christakis de Harvard et James Fowler de l’Université de Californie, ajoutent en effet cela dans le New England Journal of Medicine. Selon eux, l’obésité serait «contagieuse» en famille, et plus encore entre amis ! Ces conclusions sont tirées du suivi — poids notamment — entre 1971 et 2003 de 12 067 personnes et de leur réseau (proches, voisins, amis). Ainsi, le frère ou la sœur d’une personne obèse court 40 % plus de risque de le devenir à son tour. Le conjoint ? 37 %. L’ami ? 57 %. Et 70 % s’il s’agit d’un ami du même sexe et jusqu’à 171 % pour le meilleur ami ! Un effet boule-de-neige qui s’explique entre autres par un mode de vie souvent similaire entre amis et une meilleure acceptation personnelle de l’obésité…
Une boule dans l’estomac
(Agence Science-Presse) - Des scientifiques italiens ont développé une nouvelle pilule pour vaincre l’obésité ! À l’origine petite et poudreuse, cette pilule à base d’une substance organique, se transforme en une boule gélatineuse dans l’estomac lorsqu’elle est absorbée avec de l’eau. Une fois avalée, la pilule prend ainsi de l’expansion jusqu’à remplir l’estomac, ce qui crée une sensation de satiété pendant cinq à six heures. Comme pour la gastroplastie —l’intervention chirurgicale réduisant la taille de l’estomac— il est encore possible de manger, mais de toutes petites portions.
Des intrus dans la tétée : Le cas des médicaments
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse
Les Québécoises consomment de plus en plus de médicaments. Elles ont des enfants tard dans leur vie mais allaitent plus souvent. « 40% des femmes enceintes prennent une médication, et près de 18% des médicaments sont des antidépresseurs », annonce Anick Bérard, titulaire de la Chaire médicaments, grossesse et allaitement de la Faculté de pharmacie de Université de Montréal.
Une étudiante à la maîtrise, Marie-Pierre Gendron, analyse actuellement les données recueillies auprès de 40 000 femmes enceintes, qui allaitent ou planifient d’avoir un enfant. Elle bénéficie de la banque d’informations Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine.
Les résultats seront connus à l’été 2008 mais le premier constat montre une augmentation : ces femmes consomme 3% de plus de médicaments qu’il y a cinq ans. Pour l’instant, il y a encore peu de données spécifiques sur les femmes qui allaitent. « Avec l’informatisation de nos données, nous allons pouvoir savoir qui elles sont, quels médicaments prennent-elles et à quelle dose », explique le docteur Bérard.
Créé il y a dix ans, le Centre IMAGE fournit de l’information aux professionnels de la santé qui sont consultés par des femmes qui allaitent ou sont enceintes. Il possède aujourd’hui un registre de grossesse rassemblant des données sur près de 180 000 cas.
Médication : continuer ou pas…
L’ensemble des médicaments passent dans le lait maternel mais généralement à des degrés dix fois moins important que le seuil de risque. Il existe toutefois de dangereux produits, avec en tête de liste les tératogènes – thalidomide, alcool, isotrétinoïne (un dérivé de la vitamine A utilisé comme médicament contre l’acné sévère) – à proscrire, tout comme certains anti-cancéreux.
Près de 55% des grossesses québécoises sont suivies par un médecin de famille ou un omnipraticien. Les généralistes vont plutôt opter pour la prudence et suggérer l’abandon de la médication, ce qui ne serait pas forcément une bonne chose pour les mères et leur enfant, particulièrement en cas de diabète ou d’épilepsie. « Il faut aller au delà de la peur et de l’ignorance. De plus, la dépression et l’asthme non traitées peuvent se transmettre à l’enfant lors de la grossesse », souligne Anick Bérard.
Les mères sont de plus en plus âgées, et donc plus susceptibles d’être sous prescription d’antihypertenseurs ou d’antidépresseurs, lorsqu’elles attendent leur première enfant. La chercheuse rapporte une augmentation des dépressions, de l’asthme ou encore de diabète lié à l’obésité, particulièrement chez les jeunes mères.
La hausse de prescriptions serait également liée à un virage du système de santé qui favorise la prévention. « Les médicaments se donnent plus facilement qu’avant et les traitements de prévention primaire sont nombreux alors que les femmes ne sont pas malades », décrie le docteur Bérard. Sans compter le manque de données sur les risques liés aux médicaments récents.
Allaiter quand même
La composition du lait maternel à maturité renferme 88% d’eau, des sucres simples (à 90% du lactose), des protéines, des minéraux (comme du fer, facilement assimilable), des vitamines et environ 3,5% de graisses. Elle varie au cours de la croissance de l’enfant, passant du colestrum très riche des premiers jours à un lait plus allégé. La composition du lait se transforme aussi au cours d’un même boire pour stimuler l’appétit du nourrisson.
La Société canadienne de pédiatrie recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie des nourrissons. Il y a dix ans, 72% des mères québécoises allaitaient leur petit à la naissance et seulement une femme sur dix poursuivait jusqu’à six mois. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a mis en place un plan d’action – dont une semaine pour l’allaitement, en octobre – pour hausser ce taux à 85% pour les premiers jours, 60% à quatre mois et une femme sur deux à six mois.
« Ces objectifs sont presque atteints, sauf pour l’allaitement à six mois. Il y a toujours une seule femme sur dix qui persévère”, relève Thierry Le Bricon, du département de santé environnementale et de santé au travail à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal.
Et malgré les traces de contaminants de toutes sortes (voir « De l’assiette à la tétée »), allaiter reste ce qu’il y a de mieux pour l’alimentation de bébé. Cela aide aussi à construire un lien privilégié entre la mère et son enfant.
À visiter
Centre Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine
http://www.chu-sainte-justine.org/
Être mince ne signifie pas ne pas être gras
(Agence Science-Presse) – Si l’essentiel est invisible pour les yeux alors plusieurs personnes minces risquent de se retrouver avec des problèmes de santé. Certains médecins estiment que le gras interne, invisible à l’oeil nu, qui entoure les organes vitaux tels le coeur, le foie ou le pancréas, serait aussi dangereux pour la santé que le gras externe plus évident et qui gonfle la peau. Depuis 1994, Jimmy Belle, professeur d’imagerie moléculaire au Collège Imperial de Londres surveille la présence de dépôts de gras chez de nombreux patients grâce à la résonance magnétique. Il a dessiné avec ses collègues des cartes pour visualiser les endroits où la graisse tend à s’accumuler dans le corps humain. Selon les résultats de ses recherches, les personnes qui tentent de maintenir un poids santé en surveillant leur alimentation plutôt qu’en faisant régulièrement de l’exercice accumulent davantage de dépôts de gras à l’intérieur de leur corps et ce peu importe leur tour de taille.
LE PETIT GROS EST UN PETIT DORMEURIsabelle Burgun, Agence Science-Presse
L’enfant qui manque de sommeil court trois fois plus de risques de développer de l’embonpoint. Plus encore, une courte nuit aurait plus d’influence sur le poids que la malbouffe ou la sédentarité ont avancé des chercheurs de l’Université Laval l’hiver dernier dans l’International Journal of Obesity.
“L’effet du manque de sommeil dans le contrôle de l’appétit est quasi-immédiat. Le petit dormeur va manger davantage et prendre du poids”, soutient le Pr Angelo Tremblay, professeur à la faculté de médecine de l’Université Laval.
En s’attardant au tour de taille, au poids et à la taille de 422 enfants âgés de 5 à 10 ans de la région de Québec, les chercheurs se sont penchés sur les habitudes de vie et leurs conditions socioéconomiques. Le temps passé devant la télé, le manque d’activité physique, le niveau d’éducation ou l’obésité des parents: aucun facteur ne présentait une si forte influence dans la prise de poids de l’enfant que le manque de sommeil.
Une fille sur quatre et un garçon sur cinq de la cohorte étudiée présentaient un embonpoint.
“Une courte nuit, c’est cinq-six heures pour l’adulte et huit-dix heures chez l’enfant. Ce qui ne veut pas dire que l’enfant dorme dix heures mais c’est bien moins que ce qui est souhaitable à cet âge-là”, précise le Pr Tremblay, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en activité physique, nutrition et bilan énergétique.
Les chercheurs se sont penchés sur le manque de sommeil à la suite d’une recherche américaine parue en 2004 sur la privation de sommeil et les comportements alimentaires (1). “La littérature en épidémiologie suggère également cette relation”.
Sur la même inspiration, l’équipe de l’Université Laval s’est mise à suivre la piste hormonale. “La privation de sommeil va avoir de l’influence sur notre profil hormonal. Cette modification va augmenter notre alimentation et donc influencer notre prise de poids”. Une plus courte nuit diminue la circulation de leptine, une hormone produite par les cellules adipeuses et qui aurait un effet inhibiteur sur l’alimentation. Une courte nuit va aussi augmenter le niveau de ghreline, une hormone produite par la muqueuse de l’estomac qui, elle, augmente l’appétit. “Et une manière de récupérer le sentiment de satiété va être pour l’organisme d’augmenter la réserve de graisse corporelle”, explique le Pr Tremblay.
Depuis dix ans, la recherche sur l’obésité se penche particulièrement sur de nombreux facteurs environnementaux liés à la “modernité” —stress, pollution, tabagisme, travail mental, etc.— de sorte que la piste du manque de sommeil s’avère une hypothèse encore jeune. Mais si c’étaient les personnes plus grosses qui dormaient moins bien ? “Qui de la poule ou de l’œuf … convient Angelo Tremblay. On ignore encore si la personne obèse serait plus stressée et bénéficierait moins des bénéfices du sommeil.”
Comprendre tous les bénéfices d’un bon sommeil risque encore d’occasionner quelques nuits blanches aux chercheurs…
Karine Spiegel et al., “Sleep Curtailment in Healthy Young Men Is Associated with Decreased Leptin Levels, Elevated Ghrelin Levels, and Increased Hunger and Appetite”, Annals Internal Medicine, Déc 2004; 141: 846 - 850.





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