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En matière de Santé, le privé coûte plus cher et est moins efficace
Fallait que je le dise et que je le répète. Je n’invente rien ici. C’est maintenant la Presse Canadienne qui ramène cette information, provenant de l’Institut de recherche et d’information socio-économique.
Les chercheurs Jean-François Landry et Guillaume Hébert de l’Université du Québec à Montréal affirment que ce n’est pas le vieillissement de la population qui est responsable de l’augmentation des coûts de la santé mais plutôt l’usage accru des médicaments.
Pire, en comparant les dépenses en matière de santé sur le Produit Intérieur Brut (PIB), les dépenses demeurent stables depuis 25 ans! Leur conclusion est frappante: le privé est plus coûteux, moins efficace et moins accessible.
M. Landry a observé d’autres pays qui ont privatisé une partie de leur système de santé. Rien ne nous encourage à faire de même.
À la lumière de ces informations additionnelles, est-ce que le ministre de la Santé, M. Philippe Couillard peut nous répondre pourquoi nous faisons une obsession d’un virage vers le privé? Avons-nous vraiment étudié toutes les alternatives pour soutenir notre système de santé, telles que les coopératives de santé?
Ah! J’oubliais. Je pose les questions à M. Philippe Couillard pour rien. Cela fait 2 ans qu’il refuse de nous rencontrer pour répondre à nos questions.
Reportages sur les coopératives de santé.
Nouveau regard sur les vieux et le système de santé
Une entrevue du gériatre Réjean Hébert réalisé par Louise Gendron dans L’actualité du 1er décembre attire mon attention: “Attention, les vieux arrivent”. Un article qui mérite d’être commenté car il attaque plusieurs légendes urbaines qui font la une de plusieurs médias.
Il est facile de dire que tous nos problèmes de budget et de santé sont dû au vieillissement de la population. D’entrée de jeu Réjean Hébert sort une statistique qui fait du bien: “80% des vieux ne sont pas malades”.
Autre fait intéressant sur les coûts en matière de santé souligné par Réjean Hébert: “La technologie de pointe coûte cher, mais ceux qui en bénéficient le plus sont soit des patients âgés de moins d’un an, soit des adultes ayant entre 20 et 45 ans, atteints d’un cancer par exemple”.
Finalement, Réjean Hébert pose le dernier clou sur les légendes urbaines: “L’espérance de vie en bonne santé augmente. Les 6 mois précédant le décès sont les plus coûteux pour le système, mais plus vous êtes vieux au moment de vivre ces 6 derniers mois, moins ils coûtent cher”.
Je me devais de souligner ces commentaires de Réjean Hébert dans son entrevue avec Louise Grenon. Un éclairage nouveau présentant le vieillissement de la population différemment. De belles munitions pour réagir aux politiciens qui cherchent des boucs émissaires au déficit et aux problèmes de gestion dans la Santé. Une réalité qui pourra confronter les gros titres de certains quotidiens qui aiment alimenter les légendes urbaines.
Félicitations à Louise Grenon pour cet article.
Voter pour cet article sur Cent Papier.
Les aînés, la retraite, être veuf: les mots de Marie-Lou
Dans son magazine, Reflet de Société, une nouvelle chronique sera présenté à compter du 1er décembre: Les mots de Marie-Lou. Une réflexion et un débat sur les gens du 3e âge, le moment de la retraite, devenir veuf… Une série de question existenciel qui peut en mettre plusieurs en crise.
Le débat mérite d’être soulevé. Les médias nous parlent d’une société vieillissante, des soins de santé de plus en plus dispendieux. Est-ce que les médias sont en train de tuer le rêve de vivre une belle retraite bien méritée? Notre rédactrice en chef, Annie Mathieu va aussi développer une série d’article sur ce sujet.
Reflet de Société est disponible par la poste en appelant au (514) 256-9000. Vous pouvez aussi consulter les archives du magazine.
Vieillissement de la population; négocier le virage grisDanièle Jodoin Lajoie opinion d’une lectrice. Volume 15 no 6, août 2007
L’être humain est résolument tourné vers des valeurs de jeunesse. Il cherche à ralentir les effets du vieillissement par l’usage d’élixirs ou par la chirurgie esthétique. Conséquence: la perception du vieillissement s’avère trop souvent négative. Il devient pressant de lever les préjugés et les tabous.
Les jeunes font souvent preuve d’âgisme envers leurs aînés. Des préjugés regrettables et bien enracinés font perdre de l’importance aux rôles sociaux valorisants que les aînés peuvent jouer dans notre société. Faire le pont entre les générations devient alors essentiel.
Une bonne nouvelle!Pour le sociologue Jean Carette, le vieillissement de la population est une bonne nouvelle. Les baby-boomers qui deviendront les aînés de demain ont une chance incroyable: bénéficier d’un capital de santé et des revenus assurés. Ils auront pour eux le temps et l’expérience.
Ce sont leurs exploits et l’émergence d’une force mature qui ont gravé leurs rides. Ils possèdent un bagage d’expériences et la sagesse. Ils devraient être considérés comme un apport précieux plutôt qu’une calamité. Pourquoi donc une majorité de personnes croit que le vieillissement de la population amènera des lendemains difficiles, des coûts incommensurables pour la société et la maltraitance des personnes âgées?
Vieillissement et vieillesse sont 2 notions souvent confondues. Le vieillissement se reconnaît à des signes objectivement observables — notamment sur le corps —, mais il est plus difficile d’identifier la vieillesse. Si le vieillissement humain est un processus normal composé de déclins, il est aussi ponctué de nombreux développements.
La sagesse, pas la vieillesseIl faut voir au-delà des signes physiques, car la vieillesse est avant tout est un état d’esprit: la sagesse. En transmettant les secrets qui ont permis aux aînés de contourner les pièges du découragement, de la solitude et de l’échec, on parvient à faire reculer la vieillesse.
Il semble difficile pour un jeune de regarder avec lucidité le vieillissement d’une personne âgée, puisque rien ne lui permet d’être complètement conscient de cette possible étape de sa vie. Pour comprendre ce phénomène, il faut acquérir des connaissances en créant un pont entre les générations.
Travailler ensemble pour faire une différence et avoir la volonté de négocier le virage gris, c’est faire en sorte de vivre pleinement chacune des phases de la vie, en comptant sur la santé, la sagesse et la sérénité. N’est-ce pas là une aspiration que nous devrions tous partager?
La société doit comprendre qu’il est primordial de bien négocier le virage gris. Progressivement, il s’impose et permet à la population vieillissante de constituer une force vitale. Vieillir n’est pas une maladie. Avec les progrès de la médecine, c’est non seulement la vieillesse qui change, mais aussi le regard porté sur elle qui doit changer.
Quelques chiffresQuels seront la place et le rôle des baby-boomers dans la société de demain? Quelle perception du vieillissement l’ensemble de la population a-t-elle? Des questions importantes, puisque dans une vingtaine d’années, le nombre de personnes âgées dépassera celui des jeunes de moins de 15 ans. Selon Statistique Canada, il y aurait au pays près de 7 millions de personnes âgées en 2021, soit 19 % de l’ensemble de la population. D’ici 2041, le nombre de Canadiens de plus de 65 ans passerait à plus de 9 millions, soit environ 25 % de la population.
Les motivées de Grande-Vallée
Gabriel Alexandre Gosselin
Juin 2007
À Grande-Vallée, en Gaspésie, des jeunes ont compris ce qu’ils peuvent apporter aux personnes âgées de leur communauté. Les enfants des 2 écoles primaires de la ville participent depuis un an à une activité bénévole intergénérationnelle. Une fois par mois, ils se rendent dans un centre d’hébergement pour personnes âgées où ils présentent de la danse, lisent des poèmes ou chantent.
L’école primaire Notre-Dame-de-Cloridorme (35 élèves) a le malheur d’être située trop loin de la maison des aînés. Ses élèves ne peuvent s’y rendre chaque fois que l’activité a lieu. Mais, Anne Minville, coordonnatrice du projet, a trouvé une solution pour eux: «Ils préparent les décorations avec des bricolages pour la thématique du mois.»
Tous ces jeunes impliqués comprennent très bien ce qu’ils apportent aux aînés. Étienne et Cindy, deux élèves de 11 et 12 ans, sont du même avis: ils rendent ces gens heureux, et leur récompense est de les voir sourire.
Ce projet bénévole, qui avait reçu une aide gouvernementale pour sa première année, devra se passer de subventions à partir de l’an prochain. Anne Minville compte bien le poursuivre, puisqu’il fait autant le bonheur des aînés que des enfants. «Depuis le début, le nombre de participants a presque doublé. Le sous-sol du centre d’hébergement est rendu trop petit pour accueillir tous ceux qui viennent voir les jeunes. Les personnes âgées aiment voir la naïveté des enfants!»
Une présence qui fait la différence
Anne Minville est coordonnatrice pour le Centre d’action bénévole La Grande Corvée. Elle partage son temps entre le centre et les trois écoles de Grande-Vallée. Son travail consiste à rallier enfants et adolescents à l’implication citoyenne. Ses projets ne cessent de trouver de nouveaux adeptes motivés.
Son seul acte de présence dans les écoles la place déjà en avance par rapport à la majorité des établissements scolaires de la province. Peu d’entre eux jouissent d’une personne ressource comme Anne. C’est d’abord avec entrain et un sourire aux lèvres qu’elle parle de bénévolat aux élèves. Elle leur propose ensuite des projets susceptibles de les intéresser.
Grâce son approche, quand on demande à ces enfants d’aller montrer de quoi ils sont capables devant les personnes âgées, ils embarquent dans l’aventure. «Je ne vois aucun problème à confier des projets aux jeunes. J’ai pleine confiance en eux.»
Annie et ses causes
Dès l’âge de 7 ans, le bénévolat appelle Annie-Dominique Chicoine. L’élément déclencheur survient lorsque Pierre Bruneau — journaliste à TVA et père d’un enfant décédé de leucémie — visite sa ville, Grande-Vallée, pour amasser des fonds pour les enfants handicapés. Sensibilisée à la cause, puisque son propre cousin est atteint d’un handicap, Annie-Dominique et son frère cumulent dans leur petit cochon 60 $ pour l’hôpital Sainte-Justine.
«Si j’avais un enfant avec ce genre de problèmes, je serais contente que des gens veuillent m’aider», souligne-t-elle. À 10 ans, elle s’implique de nouveau pour Opération Enfant-Soleil et pour l’hôpital Sainte-Justine. Aujourd’hui âgée de 15 ans, elle orga-nise chaque année une discothèque sur glace avec vente de hot dogs et un lave-auto. Dans sa boîte à idées, il y a aussi l’organisation d’une partie de sucre.
Boule d’énergie
Pendant l’année scolaire, Annie-Dominique pratique le théâtre. L’été, de deux à trois fois par semaine, elle présente bénévolement avec sa troupe, devant la communauté, la pièce de théâtre qu’elle a pratiquée toute l’année. Annie-Dominique s’est aussi engagée dans la Guignolée. Elle a récolté l’argent et les denrées non périssables à son école secondaire, en plus de faire du porte-à-porte pour récolter les dons de tous les citoyens de Grande-Vallée.
L’adolescente compte également participer à la Marche de la Mémoire, qui sert à amasser des dons pour la recherche sur l’Alzheimer. Sa grand-mère est décédée de cette maladie. «J’étais très près d’elle, et je trouvais ça triste de ne plus me faire reconnaître.» Elle commandite sa mère qui, pour l’occasion, est marcheuse élite.
Entre son chum, ses amis et ses études, cette adolescente ne compte pas arrêter de sitôt tous les efforts qu’elle offre à sa communauté. Le prix de la relève bénévole qu’elle vient de se voir décerner l’encourage d’ailleurs à continuer à s’impliquer et à donner de son temps. «Je sais que je ne fais pas ça pour rien.»
Fin d’un mythe : la génération sacrifiée
Marie-Hélène Croisetière, Agence Science-Presse
Aujourd’hui dans la trentaine, les X travaillent dans une aussi grande proportion que les baby-boomers lorsque ceux-ci avaient le même âge. Serait-il temps de déboulonner le mythe de la génération sacrifiée ?
“ Il semble que oui ”, répond le démographe Jacques Légaré, qui vient de publier une étude sur le sujet. Avec son étudiant Pierre-Olivier Ménard, le chercheur de l’Université de Montréal croyait “ confirmer que la génération X s’est ‘fait avoir’ par les baby-boomers ”. Il a dû se rendre à l’évidence : “ les données contredisent cette croyance ”.
Bien que les jeunes nés entre 1966 et 1975 aient connu une entrée plus difficile sur le marché de l’emploi, ils sont maintenant aussi nombreux à travailler que les baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge. Début trentaine, 91 % des hommes de la génération X occupent un emploi, contre 92 % des baby-boomers jadis. Et les femmes X, elles, font encore mieux que leurs aînées : elles travaillent dans une proportion de 78 % contre 70 % des baby-boomeuses du même âge !
Dans leur rapport publié cet automne, les chercheurs remarquent que les emplois à temps plein ne sont pas plus rares aujourd’hui que dans les années 1980 et 1990. Parmi les travailleurs de 30 à 34 ans de la génération X, 88 % sont à temps plein. À titre de comparaison, les “ vieux ” baby-boomers nés entre 1946 et 1956 travaillaient à temps plein dans une proportion de 89 %, et les “ jeunes ” baby-boomers faisaient moins bien, avec 84 %.
Les chercheurs ne fournissent toutefois pas de données sur la rémunération ou la stabilité des emplois. Jacques Légaré soutient que “ ce sont des questions très importantes et qu’il faudra les aborder très bientôt ”. Ils remarquent en revanche que les X épargnent autant que leurs parents. Au tournant de la trentaine, ils ont au moins le même taux de participation aux régimes des rentes du Québec et aux REER que les baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge.
Les chercheurs ont enfin remarqué que la génération X est plus scolarisée. “ Ils ont profité davantage que leurs aînés de la réforme des années 1960, qui a facilité l’accès à l’éducation postsecondaire ”, commente M. Légaré. Lorsque les X étaient âgés entre 25 et 29 ans, 28 % d’entre eux avaient déjà obtenu un diplôme d’université, soit le double des “ vieux ” baby-boomers du même âge.
Malgré ces données, Jacques Légaré prévient que tout n’est pas complètement réglé pour les X : “ nous avons évalué quelques paramètres seulement de la qualité de l’emploi. Il faut encore voir si les X ont des emplois stables, de bons revenus et si des mesures sociales seront prises pour réduire le fardeau fiscal que représentent la retraite et le vieillissement des baby-boomers ”. Le chercheur se prépare d’ailleurs à chercher des données sur le revenu, la stabilité d’emploi et la satisfaction vis-à-vis de l’emploi de cette génération et de sa suivante, les Y. Et, puisqu’il n’est ni baby-boomer, ni X, ni Y, il se sent “ tout désigné pour regarder la situation avec un regard neutre ” !
Le rapport : www.socserv.mcmaster.ca/sedap
Canicules à Montréal : protéger les plus vulnérables
Mélanie Robitaille, Agence Science-Presse
Les plus de 65 ans sont les plus vulnérables en cas de canicule. Dans son plan d’intervention, la direction de la santé publique leur porte une attention particulière : information, sensibilisation et accès à des lieux climatisés. Mais le plus grand défi reste de les trouver.
Des 235 000 personnes de 65 ans et plus —17% des Montréalais— 20 000 sont encore plus vulnérables. Elles ont été hospitalisées dans les cinq dernières années pour une insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale ou pour le diabète. Louis Drouin, médecin à la Direction de la santé publique de Montréal, explique qu’on veut les trouver et les informer. Leur objectif d’ici 2009, c’est que “ 100% de la population vulnérable et des aidants naturels connaissent les impacts sur la santé des épisodes de chaleur, et les mesures de protection ” que chacun peut prendre (boire de l’eau, se baigner, aller dans un endroit climatisé et se protéger du soleil).En cas de canicule, un plan d’intervention a été élaboré. La sonnette d’alarme se déclenche dans deux cas : si on note une hausse de la mortalité de 60% par rapport aux 25 à 55 décès quotidiens habituels; et si la température atteint 33°C le jour et ne descend pas sous 20°C la nuit pour trois jours consécutifs. Le plan assure par exemple l’accès à un abri climatisé dans chacun des arrondissements de la ville. Par contre, 75% des personnes âgées interrogées refuseraient d’y passer la nuit. Dans ce cas, il faudrait s’assurer que la personne âgée ait de l’aide pour atténuer les effets de la chaleur.
Jusqu’ici, deux épisodes de chaleur en 2005-2006 ont approché le seuil d’intervention, mais le plan n’a jamais été mis en branle.
Autres textes sur la santé.
Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement
DVD pour la promotion du bénévolat
Le Café-Graffiti et le Journal de la Rue ont réalisé un DVD pour la promotion du bénévolat. Des jeunes de la culture Hip Hop, des missionnaires qui en ont fait leur mode de vie, des travailleurs s’impliquant dans une cause… l’art du don de soi n’a pas de limite ni à travers les âges, ni à travers les régions.
Le bénévolat est encore une implication qui intéresse, stimule et favorise l’épanouissement du citoyen. Témoignage de jeunes et moins jeunes qui ont su s’épanouir à travers le bénévolat et leurs implications.
Pour informations www.journaldelarue.com ou (514) 256-9000
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/26/le-festival-orgue-et-couleurs-leglise-st-nom-de-jesus-les-journees-de-la-culture-et-le-hip-hop/
Les aînés du Japon et les vieux du Québec
Je viens de terminer la lecture d’un article d’Emmanuelle Garnaud dans L’actualité du 1er novembre. Oui, je sais, je suis en retard sur mes lectures. Le salon du livre de Montréal suivi du congrès des journalistes a ralentit ma production des dernières semaines.
Cet article, l’eldorado des têtes grises, nous présente la vision japonaise du vieillissement de la population. Malgré que le Japon soit le pays développé qui vieillit le plus vite, cela semble être vécu très positivement par les Japonais. Il faut dire que les Japonais se prépare au vieillissement de la population depuis 1970!
Leur vision et la réalité est intéressante. Les personnes âgées sont vues comme étant des gens qui ont payés leur maison, terminé leurs engagements financiers envers leurs enfants, qui ont du temps et de l’énergie à investir dans leur société. L’entreprise s’est préparé ont offrant des gammes de produits adaptés au vieillissement de la population. Tout le monde y trouve son compte et est heureux.
Très différent de ce que l’on vit au Québec. On ne cesse de lire dans les médias qu’à cause du vieillissement de la population, on va avoir des problèmes de santé, des problèmes à équilibrer nos budgets… À cause des vieux ça va devenir la fin du monde.
Trois possibilités. Soit que les Japonais ont pris le temps de planifier le vieillissement de leur population pour qu’il se vive dans l’harmonie et la sérénité et qu’au Québec, notre vision court terme nous ait fait manquer le bâteau. Soit que certains médias, avec leur tendance à vendre des mauvaises nouvelles pour conserver et augmenter leur part de marché s’amusent à amplifier les risques de difficultés d’intégration de nos aînés. Finalement, soit que le vieillissement de la population soit devenu le bouc émissaire des politiciens pour cacher leurs erreurs et leurs incompétences. Dans ce choix de réponses, il n’y a pas une bonne réponse. La réalité est souvent un mix de plusieurs réponses.
sexualite et aînés
12/21/2005 Perle
Je viens de voir que dans le prochain numéro vous aller parler de la sexualité des aînés. Ça me fait vraiment plaisir car, c’est un sujet, disons-le, tabous. Il est très difficile de s’imaginer sa grand-mère entrain de s’envoyer en l’air. Mais en même temps, j’aimerais bien que lorsque j’aurais cet âge, que ma sexualite ne sois pas éteinte. Ça ne sera pas comme à 20 ans, avec l’arthrite qui commence déjà!
Mais il a quelque chose qui me répugne. Dans les centre pour personnes âgées, jamais je n’ai vu de chambres pour les couples. Est-ce que ça veut dire que lorsque tu es vieux et malade tu ne peux plus profiter de cette proximité? Ça ne me donne pas envie de vieillir. La dernière chose que je puisse m’imaginer est de dormir dans une autre chambre que mon mari. Et peut-être même sur un autre étage! Comment peut-on oser séparer des couples sous prétexte qu’ils sont malades ou en perte d’autonomie? De quoi ont-ils peur? Est-ce qu’ils s’imaginent que la sexualité est absente dans ces centres? Si c’est le cas, croyez-moi, je serai la première à me cacher dans le garde robe à faire de beau calins à mon bel italien et à l’écouter me sussurer mia piccola bambola. Je suis certaine que je ne me lasserais jamais de la chaleur de ses bras et de son souffle chaud dans mon coup qui réchauffe mes rêves.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/sexe-entre-grand-mere-et-ado/
Les aînés mal-aimés
Sylvie Daneau
Il y a onze ans, Francine Dufresne a pris sa retraite après avoir été enseignante 25 ans en éducation spécialisée au CÉGEP du Vieux-Montréal. Membre du conseil d’administration du Forum des citoyens aînés de Montréal et de l’Association québécoise de gérontologie, elle participe en plus à des comités de recherche ayant le même objectif: une meilleure qualité de vie des aînés. Dans l’entrevue, elle met en relief une réalité qui la désole: celle d’une société peu attentive aux besoins des 65 ans et plus.
Il n’est pas rare d’entendre, de la part des médias et des gouvernements: «La société coûte cher! Ils vont coûter cher!» Là-dessus, Madame Dufresne s’insurge, s’écriant avec émotion: «Mais, tout le monde voudrait avoir des bons soins de santé!» Après un bref silence, elle interroge. «Les aînés d’aujourd’hui ne sont-ils pas les jeunes d’hier? Pourquoi culpabiliser davantage les 65 ans et plus?» Oui pourquoi? Lorsque les gens vieillissent, des adaptations deviennent nécessaires. Adaptations pour leur permettre de «demeurer à la maison le plus longtemps possible » et ainsi continuer une vie sociale. «Pour les aînés c’est important!» précise Francine qui rajoute que le gouvernement devrait «verser plus de sous pour les soins à domicile… et donner davantage de subventions aux organismes communautaires, aux CLSC.»
Pour mener une vie sociale, encore faudrait-il que le système de transport, autobus et métro, soit plus accessible à tous. Or, ce n’est pas le cas. Résultat, des aînés, hommes et femmes, ont souvent l’impression d’être «mis de côté», pour ne pas dire «exclus», de la société car ils ne peuvent y participer librement. Parmi eux, certains doivent se déplacer en chaise roulante ou avec une marchette. Alors, des aînés restent seuls à la maison. «La personne aînée en vient à souffrir de solitude. La solitude entraîne la maladie et la maladie t’emmène à l’hôpital. Et ça coûte plus cher!» explique Madame Dufresne.
Au sujet de la maladie d’Alzheimer, on en parle trop à son avis. «Ce n’est pas parce que tu perds la mémoire que tu es Alzheimer. Parfois, des gens disent Coudon, t’es-tu Alzheimer toi?» Madame Dufresne ne croit pas qu’ils mesurent la gravité de la situation. Et si la personne l’était? Selon elle, la différence «entre la perte de mémoire normale en vieillissant et celles dûes à la maladie» ne serait pas bien comprise par une partie de la population.
De 2000 à 2002, Madame Dufresne a participé en tant que chercheuse au projet Qualité de vie en milieu urbain: volet Montréal. De cette étude est ressorti la précarité financière des femmes âgées. Les aînées affirmaient: «On est à la retraite, mais il faut payer la nourriture, il faut payer le logement. On voudrait bien acheter des cadeaux à nos petits-enfants et, souvent, il faut choisir entre “bien manger et acheter un cadeau” ou “bien manger et acheter des médicaments.”»
La retraitée se rappelle l’histoire vécue d’une dame âgée. En fauteuil roulant, elle emménage dans une résidence pour personnes âgées. La petitesse de sa chambre l’obligea à donner ses livres. Indignée, elle réagit. «Alors, c’est là qu’on a des images d’une société peut-être bien pensante, mais mal agissante.» Cette réalité qui oblige les aînés à se dépouiller, peu à peu, des biens accumulés de toute une vie, elle appelle cela «être sur le rail à sa retraite». Semblable à un train qui, sur une voie ferrée, dépose ses passagers et s’en va.
«On voit les aînés comme on les voyait avant mais c’est plus la grand-maman qui tricote ou le grand-papa d’autrefois», fait remarquer Francine Dufresne. Les aînés en 2005 ont pris part à la Révolution tranquille et assisté à tous les changements technologiques. «Ce serait respectueux, de penser “ils ont bien le droit de se reposer.” Mais les gens ne réalisent pas que de prendre part à la vie de la société c’est ce qui donne la vie!»
«Le monde nous appartient autant lorsque l’on a 70 ans qu’à ceux qui en ont 20 ou 40» , conclut-elle. La société du XXIe siècle devra s’habituer à des aînés qui veulent s’impliquer, partager leurs connaissances et expériences. Pour Francine Dufresne, il s’agit là «d’un beau rêve réalisable.»
Textes sur la famille:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/10/conflit-de-generations/
Désintox en Gaspésie
Un jeune marginal retrouve un sens à sa vie.
Je m’appelle Jonas. C’est curieux, pendant que tout le monde parle de quitter les régions pour venir «triper» à Montréal, moi j’ai fait le contraire. J’ai quitté l’anonymat, la pression et la violence de la grande ville pour m’établir à St-Maurice de Léchourie, près de Gaspé.
Dans cette magnifique région où, le matin, j’ai le choix entre la montagne et la mer, je suis venu sauver mon esprit, me sauver, rattraper le temps perdu, réapprendre à vivre, devenir quelqu’un. J’ai des objectifs à atteindre.
En arrivant dans la municipalité, j’ai senti un poids de moins sur mes épaules. J’y ai trouvé une vie communautaire, une entraide et une liberté. Tout le monde se connaît! Ils sont gentils, polis et serviables. C’est une nouvelle vie qui commence pour moi.
C’est vraiment spécial. J’ai vu des vieilles photos des parents et des grands-parents. Des gens m’ont conté des histoires autour d’un bon feu de camp. Les gens sont contents, t’encouragent et ils veulent t’aider. Ils sont même venus me chercher pour m’offrir de retourner à l’école! Je vais finir mon secondaire professionnel en entretien d’automobiles.
Les gens t’offrent pleins d’occasions. On m’a offert un travail sur un bateau de pêche, mais je ne suis pas encore capable. Ça demande beaucoup d’énergie, juste pour rester debout dans un bateau qui n’arrête pas de bouger sur la mer.
Tout le monde se respecte et prend le temps de se parler. Au lieu de réagir à un conflit, on s’assoit, on en discute et on trouve une solution. En plus, les jeunes se tiennent avec les plus vieux et vice versa. Les personnes âgées sont respectées et font partie de la communauté.
En région, les jeunes sont vivants et moins nerveux. Il y a moins de vols, les gens n’ont pas peur de mettre un écran géant dans une maison de jeunes. À côté d’eux, j’avais l’impression d’être bon à rien. Ils ont l’habitude de travailler fort. Certains ont même commencé à l’âge de huit ans!
Par contre, quand ces jeunes arrivent dans la ville, ils font confiance trop vite et se font «fourrer ben raide». D’un côté comme de l’autre, il ne faut pas regarder juste l’enveloppe dans laquelle on habite, il faut regarder l’intérieur de la personne, apprendre à la connaître.
C’est Jean-Claude qui m’a accueilli. Il m’encourage. C’est plaisant, il rit tout le temps. Il n’y a jamais une journée noire avec lui. Il s’est créé un vrai lien d’amitié entre Jean-Claude et moi.
Je réapprends à travailler manuellement. J’ai compris l’importance d’une maison et de tout le travail que cela comporte. Où je suis, l’eau n’est pas potable. Il faut aller dans la montagne pour chercher son eau. C’est plaisant, le travail est constant.
Il faut chauffer la maison, ça prend du bois. J’ai presque huit cordes de bois préparées pour l’hiver qui vient. Huit belles cordes bien alignées, toutes placées droites et coupées de mes propres mains! C’est la fierté qui rentre. Ça te met en valeur. C’est ça qui me manquait.
L’été, tu prépares ton hiver. J’ai même coupé du bois pour aider la voisine. Une maison, c’est pas à négliger, il y a toujours quelque chose à faire.
À Montréal, on a peur de ses voisins. Ici, je suis en train de connaître mes 10e voisins de chaque côté! À Montréal, j’avais aussi un problème de consommation d’alcool, de pot et autres. Aujourd’hui, une bière et un joint par semaine me suffisent. Et j’en refuse! Je suis heureux de même!
Je retourne de temps en temps à Montréal pour saluer mes anciens amis. C’est maintenant difficile de passer deux jours à Montréal. Une semaine en Gaspésie, c’est l’équivalent de trois mois de vacances. Ça fait presque cinq mois que j’y suis et je voudrais y rester toute ma vie. En cinq mois, j’ai travaillé plus que dans les trois années que j’ai passées sur l’aide sociale.
Je suis en train de refaire ma vie. J’étais dans la rue, maintenant je travaille, je peux me faire de l’argent et je retourne à l’école. Ça peut paraître stupide, mais je ramasse des branches de sapin. Ça me paye 20 cents la livre. J’en ramasse 600 livres dans une journée, ça me donne 120 $.
Quand tu as faim, tu peux aller dans le bois pour ramener du gibier. Je fais des petits travaux de carrosserie avec Jean-Claude. Quand tu es mal pris, tu fais des échanges avec les voisins: deux cordes de bois contre deux grosses fesses de chevreuil, ou tu répares une auto pour 75 livres de crevettes. C’est une façon de s’entraider.
Je n’échangerais jamais ce que je vis là. C’est tough mais ça fait du bien. C’est un exercice mental premièrement, et physique ensuite. C’est une question d’attitude devant le travail à faire. Un travail qui est ta survie en même temps.
J’avais jamais travaillé avec mes deux mains avant. Jean-Claude m’a enseigné. J’avais tendance à me garrocher sur le travail. Quand tu arrives devant un travail à faire, tu t’asseois et tu regardes ce qu’il y a à faire. Tu analyses comment faire. Regarder avant d’agir. Penser avant de parler.
Jean-Claude n’est jamais stressé. Si ça ne marche pas d’une façon, ça va marcher autrement. Il est très intelligent et habile. Je le remercierai jamais assez pour son aide et son soutien.
Je refais toute mon éducation. Je prends le temps de m’asseoir sur une roche. J’écoute l’eau qui frappe la roche. La nature est un vrai remède à tous les bobos. Quand je suis arrivé, l’air était dur à respirer, trop pur, il a fallu que je réapprenne à respirer! C’est spécial et c’est le fun.
En région, tout le monde parle d’attirer les touristes. Pourtant, ils viennent quelque temps en vacances et s’en retournent après. Moi, je dis qu’il faut trouver des solutions pour inciter les jeunes à aller vivre en région. C’est plein de jeunes qui se perdent dans les grands centres urbains. Ta vie va plus loin que ça. Moi, c’est en région que j’ai découvert ma destinée. Pour m’aider, je prends le temps d’aider les autres.
J’ai hâte de voir le temps des Fêtes en Gaspésie. Les gens sont de bons vivants. C’est LA place ! J’en aurai encore long à vous raconter. Martin, le rédacteur en chef, m’a promis que je pourrais faire un autre article dans le prochain numéro du Journal. J’ai hâte de continuer mon histoire…
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/trip-nouveau-genre/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/26/pour-de-nouvelles-aspirations/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/18/49/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/23/dune-dependance-a-lautre/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/que-signifie-etre-dependant/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/de-la-campagne-a-la-ville-pot-cocaine-et-hepatite-c/
Textes sur la toxicomanie. Commentaires du rédacteur sur la drogue.
Le Vieux Kalunda: histoire d’une famille reconstituée
Par Raymond Viger
Kalunda avait trois enfants. Louise en avait un. Ensemble, ils en ont eu un autre. À sept personnes dans une maison, il devient important de bien planifier l’utilisation de la douche.
Aujourd’hui, les quatre plus vieux volent de leurs propres ailes tandis que le dernier est encore à la maison. Leur bonheur est de garder leurs petits-enfants ou encore leurs filleuls. La mère de ces derniers, monoparentale, travaille à l’étranger. Lorsqu’elle fait garder ses enfants, ce n’est pas juste pour une soirée ou deux. C’est parfois plusieurs semaines!
Être prêt, disponible, faire en sorte que l’enfant se sente soutenu et désiré. Ce n’est pas quantifiable et ça n’a pas de prix. «La disponibilité est un investissement majeur», affirme Kalunda, venu du Congo. Il a été élevé presque exclusivement par son grand-père maternel. Celui-ci a pris toutes les décisions importantes. «Un enfant qui naît chez nous, n’appartient pas seulement aux parents biologiques. C’est un cadeau que les parents offrent à leurs parents. Un enfant n’appartient pas juste a son grand-père, mais à tous les vieux de la place».
Kalunda raconte la vie du village: «Nos maisons ne sont jamais fermées. Mon voisin garde ma maison, je garde la sienne. Je vais éduquer l’enfant de mon voisin et lui éduque le mien. Si une maison prend en feu, tout le monde vient la reconstruire. C’est notre façon de vivre notre esprit familial».
Kalunda explique que c’est la même chose pour l’agriculture: «Si c’est une ferme commerciale, c’est une responsabilité individuelle. Mais si je travaille ma terre pour les besoins de ma famille, tout le monde va venir m’aider. Ensuite on va tous aider un autre voisin. Partager ce qu’on a à manger est une responsabilité de la communauté. On est disponible les uns les autres.»
Et cette philosophie d’entraide communautaire et familiale, Kalunda la partage avec sa conjointe Louise. «Mes enfants sont aussi ses enfants et vice versa. Cela nous amène a développer, tous ensemble, une complémentarité, une solidarité.»
Avec Énoch, le dernier enfant de la famille, c’est différent. Il est arrivé au moment où ses frères et sœurs quittaient la maison. Kalunda ajoute: «Mes disponibilités sont plus grandes. Parce qu’il est seul à la maison, j’ai décidé d’être un frère aîné, tout en étant un papa pour lui. Malgré mon travail, dans mon agenda, ma première préoccupation, ce sont les activités d’Énoch. Les activités professionnelles arrivent après. En ce qui concerne les finances, c’est la même chose. On planifie les activités d’Énoch, ensuite on voit ce qui reste».
On voit de grandes étincelles dans les yeux de Kalunda quand il nous parle des activités d’Énoch: «C’est moi qui l’ai initié au soccer. Il a aimé et veut y participer régulièrement. Aujourd’hui, c’est trois pratiques par semaine en plus d’un match. Les matchs se déroulent souvent à l’extérieur, aussi loin que New-York ou encore le Bas du Fleuve, Sherbrooke, Gatineau! Et c’est comme cela douze mois par année. L’équipe d’Énoch pratique tout l’hiver sur un terrain intérieur. Comme je dit souvent, je ne suis pas seulement son père, mais aussi son porteur d’eau.»
Malgré la grande complicité que Kalunda a développé avec Énoch, tout le monde se divise les différentes tâches. «Si je ne peux aller le chercher, Louise va s’en charger. Et si elle non plus ne peut le faire, nous allons demander au grand frère. Et ce dernier fait de même avec son enfant quand il a besoin d’aide. C’est l’entraide à tous les niveaux».
La sœur de Louise, Thérèse, est une célibataire qui a adopté deux enfants malgaches. Jusque là, rien d’exceptionnel. sauf qu’elle est régulièrement partie pour travailler en Afrique ou en Asie. Qui s’occupe de ses enfants lors de ses séjours à l’étranger? Vous l’avez deviné, c’est le Vieux Kalunda! Les enfants ne sont pas dépaysés, ils vivent dans le même immeuble. Les activités de ses deux jeunes se superposent à celles d’Énoch. Kalunda considère que c’est normal pour lui.
Ici le terme «le vieux» est approprié. En Afrique, l’expression a un sens honorable. C’est le sage, la personne référence, celui sur qui on peut compter. C’est par l’exemple, le propos tenu, le comportement social et familial et la disponibilité qu’on peut hériter de ce compliment. Et ce n’est pas tout le monde qui devient «le vieux». C’est un titre, une forme de noblesse que l’on reçoit. C’est un titre qu’on ne peut s’approprier soi-même. Kalunda se sent investi d’un rôle spécial quand on lui donne ce qualificatif. Il ne veut pas décevoir les gens qui l’interpellent.
Comme s’il n’y avait pas assez de monde chez le bon vieux Kalunda, la famille est restée en lien avec un organisme de Madagascar depuis presque vingt ans. Ils reçoivent régulièrement à la maison des gens qui viennent au Québec pour faire des études ou des stages. Il est aussi vrai que cet organisme reçoit des Québécois qui vont les visiter ou y travailler. Malgré tout, la famille de Kalunda n’est pas un organisme communautaire. C’est une famille qui appartient a la communauté, avec un sens du devoir, de l’entraide et de la solidarité. Une famille qui est «citoyenne du monde ».Lorsque Louise sera à la retraite et qu’Énoch volera de ses propres ailes, il est probable que Kalunda et Louise se retrouveront au Congo ou ailleurs où ils pourront être utiles.
Textes sur la famille:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/famille-des-ressources-tout-pres-de-chez-vous/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/familles-homoparentales-une-realite-a-respecter/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/amour-sans-frontieres/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/10/conflit-de-generations/
Pour la dignité et le bien être des personnes agée
Mario St-Pierre, Trois-Rivières
«De toutes les sciences que l’homme peut et doit savoir, la principale, c’est la science de vivre de manière à faire le moins de mal et le plus de bien possible» (Tolstoï, Lettre à Romain Rolland, 1887).
Dans les années 60, on se penche sur le cas des enfants maltraités. Les années 70 laissent davantage de place aux femmes. Les années 80, quant à elles, nous apportent le respect des minorités visibles. Le 14 décembre 1990, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies proclame le 1er octobre, Journée internationale des personnes âgées.
Pourquoi? Parce que la population vieillit. En effet, le pourcentage de personnes âgées devrait atteindre 33% de la population en 2041, selon l’Institut de la statistique du Québec. Et qui dit population vieillissante, dit apparition d’un nouveau phénomène: l’abus auprès des aînés.
Les médias traditionnels nous ont appris à reconnaître l’abus auprès des aînés lorsqu’il s’agit de mauvais traitements prenant la forme de négligence. En réalité le phénomène est beaucoup plus sournois, moins spectaculaire mais tout aussi dévastateur. L’abus peut être physique ou psychologique.
Le plus alarmant c’est que l’abuseur est souvent un proche de la personne âgée qui vit lui-même de sérieux problèmes. En fait, on peut facilement traduire cette relation comme étant la rencontre de deux grandes solitudes. Une personne âgée isolée physiquement et une personne plus jeune isolée par des problèmes d’argent, de consommation de drogue ou d’alcool ou même menacée et violentée par son conjoint.
Souvent, ni l’abusé, ni l’abuseur ne se reconnaît dans les profils généralement véhiculés. On ne se reconnaît que dans la souffrance de l’autre sans être apte à la nommer et, encore moins, à la prévenir. On nage alors en pleine détresse et seul un observateur extérieur peut intervenir, contacter des ressources et élaborer ensemble un plan d’aide.
Selon Madame Denise Proulx, coordonnatrice de la Table de concertation Abus auprès des aînés de Trois-Rivières, le problème majeur avec lequel les organismes et les aidants doivent conjuguer c’est le silence. «Lorsqu’ils sont abusés, les aînés se taisent. Ils ont peur.» Il devient alors très difficile de trouver de l’aide, des ressources. Surtout si la personne vit seule ou qu’elle est dépendante. «Les aînés ne savent pas toujours qu’il sont abusés. Pour certains c’est normal de souffrir. Ils ont peur et honte. La situation s’améliore en autant qu’on en parle et que des dénonciations sont effectuées» souligne Madame Proulx.
Des pistes de prévention doivent être mises en œuvre avant que la problématique ne s’installe. Des visites plus régulières par les membres de la famille ou par les amis peuvent aider à briser l’isolement de la personne âgée et à la rendre moins vulnérable. D’autres moyens plus techniques comme l’amélioration de la sécurité de la maison, des recours à des services d’accompagnement ou de rencontres réduisent les risques d’abus. Plusieurs ressources sont disponibles. Il ne faut surtout pas hésiter à les contacter.
Comme pour tous les autres types d’abus, c’est collectivement que nous réussirons à agir de façon directe. Les ressources se multiplient, consultez-les. Et un petit truc, que ce soit en institution ou à la maison faites une visite à vos parents à des heures qui vous sont inhabituelles. L’effet de surprise pourrait vous en apprendre long sur des problèmes qui se vivent au quotidien et en silence.
Quelques ressources:
Votre CLSC
FADOQ : Mouvement des aînés du Québec 1 800 828-3344, www.fadoq.ca
Commission des droits de la personne et droits de la jeunesse: 1 800 361-6477, www.cdpj.qc.ca
Ligne Info-Abus aux aînés : 1 888-489-2287
AQDR, Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraites, 1 877 935-1551, www.aqdr.qc.ca
La Fondation pour le bien-vieillir: 514-287-1070
Table de concertation Abus auprès des aînés de Trois-Rivières, 819-376-4150
Autres textes sur la famille:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/10/conflit-de-generations/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/sexualite-et-aines/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/les-aines-mal-aimes/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/01/le-courage-dune-mere-aveugle/
La mort d’un gambler.
Il ne me reste que deux semaines à vivre. Je suis membre Gamblers Anonymes depuis presque deux ans. J’ai aimé et j’aime encore jouer. Le jeu a détruit ma vie. Est-ce que je retourne jouer pour profiter de mes dernières semaines?
Robert B. Ste-Eustache, un ami, m’a posé cette question. Pour me faire réfléchir un peu. Pour me préparer à cette éventualité. Pour connaître l’état de mon cheminement et de mon rétablissement. Il me regardait droit dans les yeux. J’avais l’impression de faire face à mon médecin. Il me demande de m’imaginer que je viens d’apprendre qu’il ne me reste que deux semaines à vivre. Est-ce que je retourne jouer?
La question m’a bouleversé. En arrêtant de jouer, j’ai récupéré le pouvoir de ma vie. J’ai récupéré un équilibre dans toutes les sphères de ma vie. J’ai un nouveau mode de vie, je suis plus près de ma famille, j’ai des amis sur qui compter… J’ai atteint une sérénité et une harmonie, résultat de ce geste que j’ai posé il y a deux ans de prendre les moyens pour arrêter de jouer. Je vis une journée à la fois. Comme si c’était ma dernière journée à vivre. Je prends le temps d’exprimer à tous et chacun ce qui se passe en moi. Autant mes joies que mes peines.
Pour mes dernières semaines, pourquoi je ne continuerais pas comme j’ai déjà commencé? Et si le médecin se trompait et que finalement il me restait 6 ou 12 mois à vivre? Pourquoi je ne profiterais pas de ces derniers instants pour serrer mes enfants dans mes bras, dire à ma conjointe que je l’aime, prendre un dernier repas avec mes amis?
J’ai le goût que mes proches se souviennent de moi dans la sérénité de ces derniers instants de relation, de joie et de bonheur. Pas comme celui qui a perdu sa vie dans une machine à sous. Même si la question m’a ébranlé, je suis maintenant convaincu que retourner jouer n’est pas une solution envisageable pour moi.
Merci à cet ami qui m’a fait réfléchir pendant quelques instants. Face à ma souffrance et mes difficultés, j’ai tendance à m’isoler et à me cacher. Face à ce verdict final, si je veux éviter de perdre le contrôle, je dois me préparer. Aviser mes proches de m’aider à briser mon isolement. Leur dire que je veux rester près d’eux même dans les derniers instants. Un peu comme on prépare sa retraite, on peut se préparer à vivre ses derniers jours. Parce que la vie, c’est comme un bon café: c’est bon jusqu’à la dernière goutte.
Textes sur le gambling:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
Faire parti de Gamblers Anonymes à 75 ans
J’ai toujours fait de l’argent. J’ai bien vécu. J’avais ma maison, ma grosse ba-gnole et tout ce que je voulais. Pendant toutes ces années, j’ai joué. Je gagnais de gros salaires, ce qui me permettais de bien vivre quand même et de profiter de la vie. J’ai joué pour ne pas me sentir seul. Pour avoir du monde autour de moi.
Un jour, la retraite arrive. C’est là que je me suis rendu compte qu’au lieu de prendre des REER, au lieu d’économiser pour mes vieux jours, j’ai laissé des tonnes d’argent dans les machines de Loto-Québec. Si vous saviez…
Toute une vie de travail à faire de l’argent pour en arriver là. Tant que je travaillais, mes gros salaires me permettaient de jouer. Mais à la retraite, je me suis rendu compte que j’avais un problème, un gros problème. Je n’ai pu arrêter de jouer. J’ai perdu ma maison. Je me retrouve maintenant dans une maison de chambre. C’est triste, Beaucoup plus triste que les quelques mots que je réussis à vous transmettre.
À 75 ans, je n’ai pas eu d’autres choix que de joindre Gamblers Anonymes. J’ai juste un conseil à donner aux jeunes de moins de 75 ans. Pensez à la journée où vous allez avoir, comme moi, les cheveux tout blancs. Si j’avais pu connaître Gamblers Anonymes avant, je n’en serais pas rendu là. J’y ai laissé ma chemise, ma spiritualité, tout ce que j’avais.
Aujourd’hui, ma famille, c’est Gamblers Anonymes. Je fais plusieurs meetings chaque semaine pour rencontrer mes nouveaux amis et partager avec eux. Une superstition veut que le chiffre 7 soit chanceux. C’était avant que Loto-Québec ne s’en empare. Pourquoi attendre à 75 ans pour faire un bon choix?
Textes sur le gambling:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/





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