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Meeting of Styles 2007
Beaucoup de monde ont fait des recherches et m’ont demandé si notre ami Zeck organisait cette année un autre événement Meeting of Styles. Après m’être informé auprès de lui, il confirme que le premier week-end de septembre, les 1er 2 septembre, pour être plus précis, aura lieu le Meeting of Styles 2007 de Montréal.
Toujours au même endroit, à l’îlot Balmoral, à côté de Musique Plus, juste à l’ouest de la Place des Arts. 2007 sera la deuxième édition de cette convention internationale graffiti. Évidemment, breakers, DJ et rappers seront aussi de la partie. Un événement à ne pas manquer.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/09/09/meeting-the-style-un-succes-international/
Du graffiti en pleine nature au camp Bruchési
Depuis plusieurs années, le graffiti prend sa place dans notre société. D’un art délinquant et rebelle, le Café-Graffiti a réussi à lui donner quelques lettres de noblesse.
Pour 2007, après plusieurs nouvelles réalisations novatrices, le graffiti va se retrouver en pleine nature. L’art urbain devient un facilitateur pour motiver les jeunes à se retrouver dans la nature et développer leur art et leur talent. Assez original.
Le camp Bruchési a engagé un animateur du Café-Graffiti pour offrir une semaine d’exploration et d’étude sur le graffiti. Les jeunes auront la chance de s’initier et d’expérimenter les rudiments de cet art. Le graffiti qui a été longtemps un art qui ne s’apprenait que par observation s’enseigne maintenant dans la nature.
Suite à cette expérience, il est prévu d’offrir des cours de break-dance. Nous espérons aussi pouvoir inclure les autres éléments de la culture Hip Hop, soit le rap, le DJ, la production de beat.
Frank VS Girard, le Hip Hop et le rapper Khyro d’Atach Tatuq
Cette semaine, l’émission Frank Vs Girard à Vrak.TV nous présente un défi avec la culture Hip Hop. Nous avons eu l’opportunité d’entendre Khyro, un des rappers d’Atach Tatuq qui nous donne sa vision du rap et de la culture Hip Hop.
Une culture n’est pas le seul fait de quelques rimes stéréotypés et de quelques vêtements. Une culture part du fond de nos tripes. Le restant, c’est de la récupération commerciale et nous appelons ça une mode.
Félicitations à Khyro qui a su mettre de l’ordre dans les clichés qui entoure la culture Hip Hop.
Autres textes sur le Hip Hop
Hip Hop VS hip-hop
J’ai commencé à écrire sur le graffiti et la culture Hip Hop en 1996. La culture était jeune à l’époque. Très jeune. Les journalistes qui me passaient en entrevue ne savait pas plus que moi comment écrire en bon français certains termes utilisés par cette culture.
Pour les artistes de la canette, un anglicisme existait dans la tradition orale. On parlait d’un «graffer» ou d’un «writer». J’ai publié et mentionné aux journalistes le mot graffiteur. Certains ont préféré utiliser «graffitiste».
J’ai décidé en 1996 d’écrire Hip Hop. Maintenant le mot est dans le dictionnaire. Le correcteur de Reflet de Société, Charles Messier, a repris mon texte et m’a demandé d’écrire hip-hop, tel que le dictionnaire de la langue française l’exige.
Pas facile pour moi qui ait écrit si souvent Hip Hop. J’ai de la difficulté à mettre des lettes minuscules à ce mot. Le trait d’union, je pourrais toujours m’en accomoder. Mais pas les lettres minuscules.
Pour l’instant, dans mes textes, je continue comme je le fais depuis maintenant 10 ans. Pas facile d’en faire mon deuil. Je vais consulter les jeunes artistes concernés et mon comité de rédaction avant de trancher la question. Question de demeurer démocratique même dans mon côté rebelle.
Autres textes sur le Hip-Hop
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/11/la-maison-simons-des-skates-et-des-vitrines/
Motown generation et René Simard au Théâtre St-Denis
Samedi 3 février. C’est ma fête. Bonne fête Raymond. Nous devions, Danielle et moi, entrer au bureau. Une petite journée. De 9:00 à 5:00 pour un changement dans la programmation des ordinateurs de l’organisme.
Pour ma fête, je me suis acheté 2 billets pour le spectacle Motown generation mis en scène par René Simard. Le spectacle étant à 8:00 heures, nous avions le temps de souper dans le centre-ville avant le spectacle.
Erreur dans ma planification. Ç’à beau être ma fête, les ordinateurs, ça ne veux rien comprendre. On réussit à faire le minimum et quitter à 7:25 pour le spectacle. On oublie le souper. Quelques chocolats reçus en cadeaux feront l’affaire.
Nous étions tellement en peine avec les ordinateurs et le consultant qui était venu nous prêter main forte qu’à 6:30 j’avais déjà appelé Lyne, notre collègue et amie pour lui dire qu’il y avait 99% des chances que je lui donne mon cadeau de fête.
J’ai eu à décevoir Lyne qui voulait voir ce spectacle depuis 4 ans. À la dernière minute nous avons réussi à compléter le travail avec le technicien. Nous aurons à revenir dimanche pour compléter le tout, mais les ordinateurs seront opérationels pour lundi matin.
Tout un préambule pour vous parler du spectacle Motown generation, mais ma vie ressemble un peu à tout cela. Je passe d’un extrême à l’autre, d’une émotion à l’autre. Nous voilà donc arrivé au Théâtre St-Denis pour le spectacle.
Spectacle haut de gamme, qui nous tient en haleine du début jusqu’à la fin. Des artistes qui se donnent corps et âmes pour le bonheur d’une foule en délire et qui participe.
Pas question que je me limite à cette synthèse du spectacle. Ça ne serait pas de mon genre. Les gens qui me connaissent seraient déçu. Le spectacle m’a fait vivre de grandes émotions. J’en ai pleuré à plusieurs endroits. Rassurez-vous, le spectacle est gai et joyeux. Ce sont les émotions que j’ai vécu au travers cette musique qui ont touché ma sensibilité.
D’une part, je suis né en 58. C’est donc dire que la musique de Motown a envahit la planète lorsque j’étais tout jeune. Elle a fait parti de mes racines. J’y ai ressenti la période des grands assasinats. En nous présentant Martin Luther King, j’y ai aussi associé John F. Kennedy, Robert Kennedy…
Drôle de coincidence, je venais d’écrire un blogue sur les accomodements raisonnables et le racisme. Le combat contre le racisme fait parti de mes racines. Je suis d’une époque où j’ai vu les premiers immigrants Haitiens arrivés à Montréal. Même s’ils étaient rares, j’ai eu des copains de différentes nationalités.
Ensuite j’y ai revu le début de ces vedettes de races noires qui se sont mobilisés derrière la vision du fondateur de l’étiquette Motown. Le spectacle fait honneur à ces pionniers, ces artistes de la première heure.
Je n’ai pu m’empêcher de faire le parralèle avec les jeunes artistes de la culture Hip-Hop. Ces jeunes qui sont aussi délinquants et rebelles que les artistes de Motown. Vont-ils pouvoir réussir comme ils l’ont fait? Verra-t-on dans 30 ans un René Simard de l’époque faire un spectacle Hip Hop generation en souvenir des premières années de cette culture underground?
Ce qui m’a inquiété le plus c’est que les jeunes artistes rebelles de notre époque doivent faire compétition avec une industrie mieux organisé qu’il y a quarante ans. On cherche des professionnels, structurés, organisés et qui fitent dans ce qu’on leur demande de faire. L’honneur qu’on fera à la culture Hip Hop dans trente ans soulignera-t-elle des noms que nous aurons le temps de connaître ou se limitera-t-elle à souligner le passage et la présence d’artistes inconnus dont on a perdu la trace?
Seul l’avenir nous le dira. Je calculais l’âge que j’aurais à cette époque. J’ai l’intention d’y être. Et si le metteur en scène ne connait pas les noms des artistes qui ont fait naître la culture Hip Hop à Montréal, je serais là pour le lui remémorer.
Au plaisir de vous revoir tous dans une trentaine d’années au Théâtre St-Denis.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/08/13/patrick-huard-bon-cop-bad-cop-et-le-cinema-quebecois/
Autres textes sur le Hip Hop
Atach Tatuq et l’Adisq
Printemps 2006, le Café-Graffiti organise un voyage de 6 semaines en France pour des artistes de la culture Hip Hop. Le but du voyage est de permettre à ces artistes de faire des contacts avec les artisans de la scène Hip Hop française, de faire des spectacles sur leurs scènes et de les aider dans la continuité de leur carrière.
Parmi le groupe de 8 artistes, nous retrouvons Égypto, L’intrus, DJ Naes et Rass, 4 membres du groupe Atach Tatuq. En cours de préparatif, les 4 artistes décident de se désister du groupe. Ils viennent d’apprendre qu’ils sont en nomination pour le Félix de l’album Hip Hop de l’année avec leur CD DeluXXX. S’ils gagnent un Félix, ils veulent être présent pour le recevoir avec les autres membres du groupe.
Ils auront été récompensés. Atach Tatuq a gagné son Félix. Après avoir vu évolué ce groupe pendant plusieurs années, je dois malgré tout faire un deuil. Aujourd’hui, dimanche le 17 décembre 2006 marque la fin de ce groupe qui va maintenant se séparer et amorcer des carrières en solo ou en plus petit groupe. C’est vrai qu’avec 13 membres dans l’équipe, ce n’est pas toujours facile de faire les rencontres et les planifications.
Bonne continuité à tous les anciens membres d’Atach Tatuq et bon spectacle ce soir!
Autres textes sur le hip hop
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/papa-rapper/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/06/de-la-violence-a-la-musique-roberto-mayer/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/rap-et-gangster-rap-ne-chantent-plus-la-meme-rime/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/15/lazy-legs-la-prochaine-vedette-de-reflet-de-societe/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/dj-et-graffiteur-professionel-naes/
Maudite Machine!
Écrit par Biz, rappeur du groupe Loco Locass, Vol 13-4

Plein de verbe et d’intensité, Biz et son ami, Christian Fournier, producteurs autodidactes, se sont lancés dans la grande aventure de la création d’un documentaire. Écoutons Biz conter son histoire.
Initialement, le documentaire devait porter sur la vie dans les tavernes. Pendant plus de trois ans, après avoir fait le tour des clients, la présence de René Lacroix, le gérant, se fait de plus en plus intéressante.
Puis c’est le contact avec les machines vidéos qui ornent le fond de la taverne. Une toute nouvelle histoire s’est écrite devant mes yeux. J’ai écouté les confidences de René qui sera la vedette du documentaire.
Moi qui ne suis pas un joueur, je ne connaissais rien de la problématique du jeu. Avec la caméra, j’ai écouté René parler de son cheminement. Comme tant de joueurs, René gagne au début. Puis il commence à s’engouffrer. Il ment pour trouver de l’argent pour jouer. Puis, un jour, René s’est décidé de ne plus se conter de menteries et tente de s’en sortir.
Je ne pouvais pas soupçonner l’ampleur du problème. René me raconte l’histoire de trois de ces clients qui se sont suicidés, après avoir tout perdu dans ces maudites machines en moins d’une année. Nous avons décidé d’en faire le titre du documentaire: «Maudite machine».
Avant de tourner ce documentaire, je jugeais les joueurs qui avaient des problèmes. Je me disais qu’ils étaient bien niaiseux de dépenser toute leur paye dans ces machines. Ils n’avaient qu’à s’arrêter. Aujourd’hui, j’ai une vision différente du jeu compulsif. J’ai de l’empathie pour le joueur qui éprouve des difficultés. J’ai maintenant une idée de l’horreur qu’il peut vivre. Et ce n’est pas juste une vie qui est détruite. C’est tout un milieu qui souffre, des amis, des proches, des collègues de travail… Beaucoup de monde en paie le prix.
J’avais besoin d’une entrevue avec Loto-Québec. Nous avons rencontré M. Jean-Pierre Roy, leur éternel porte-parole. Il ne reconnaît pas que les vidéo-pokers créent un taux de dépendance plus grand que les autres loteries. Pourtant Loto-Québec ne se permet pas de faire de la publicité sur ceux-ci mais le fait sur les autres jeux. Est-ce une façon hypocrite de dire qu’ils sont conscients que ce produit est dangereux?
Je comprends qu’il soit préférable que le gouvernement gère le jeu plutôt que les groupes criminalisés. On n’arrêtera pas les gens de jouer. Mais je ne comprends pas pourquoi le gouvernement siphonne les plus pauvres. De grands revenus pour le gouvernement et des miettes sont remis aux organismes pour aider les dépendants et les plus souffrants.
La taverne est un lieu de solitude. Ensemble les joueurs sont moins tristes que seul, chacun devant une machine.
Pourquoi ne pas centraliser les machines dans des casinos plutôt que de tenter d’accrocher les clients dans tous les lieux fréquentés et accessibles? Pourquoi accepter que le Conseil du Trésor négocie des dividendes toujours de plus en plus élevés provenant de Loto-Québec? Cette pression du gouvernement pour augmenter les ristournes met de la pression pour inciter les gens à jouer.
Je n’ai qu’un seul message à lancer. Le gambling fait partie d’un problème social global. Nous sommes bombardés de publicités qui nous disent que nous devons avoir de l’argent pour acheter toutes sortes de bébelles. Avec Star Académie qui crée des vedettes instantanées, il faut tout, tout de suite. Le gambling est le seul espoir d’entrer du cash pour certains. Ils misent sur du rêve.
A-t-on perdu la valeur de l’argent? Rien ne tombe du ciel. L’argent est une mesure du travail. Dans mon travail j’exprime ma passion. Et ce travail me rapporte de l’argent. Mon but n’est pas l’argent, mais de m’exprimer. Si tu veux faire du cash, reste à l’école. Plus tu es instruit, plus tu fais de l’argent. J’aime mieux gagner mon argent comme un entrepreneur que de dire que je l’ai gagné au Casino. La fierté de l’accomplissement relié au travail. C’est moi qui l’ai fait, pas le hasard.
Les gens devraient se questionner avant de donner des gratteux à des jeunes. Pourquoi donner du vent. Tu lui donnes un billet, il gratte. Après avoir perdu, il lui reste quoi? Du vent!
Saviez-vous que nous avons autant de chances de se faire foudroyer que de remporter le gros lot du 6/49?
NDLR. Le vidéo Maudite machine est disponible auprès de Film en vue (514) 276-9556
Textes sur le gambling:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
Autres textes sur le Hip Hop
Du Hip Hop à Cuba!
Écrit par Movez, Vol 13-4
Août 2004, le Nomadic Massive, un collectif de Montréal composé d’artistes Hip Hop de diverses origines culturelles, a eu la chance de passer quelques semaines à Cuba où il avait été invité par l’Association Hermanos Saiz, à participer à la 10e édition du Festival International de Hip Hop de La Havane.
Depuis son retour à Montréal, l’objectif du Nomadic Massive est de continuer à faire ce genre d’échanges avec d’autres pays afin de sensibiliser les gens d’ici aux réalités des autres cultures et d’offrir au grand public une alternative aux messages souvent matérialistes et trop légers qu’offre l’industrie musicale Hip Hop d’aujourd’hui.
Le Hip Hop cubain
Le Hip Hop fait son entrée à Cuba dans les années 80 dans la municipalité d’Alamar (à l’est de la Havane) via les ondes des stations de télévision et de radio en provenance de Miami. Loin du circuit culturel et du centre de la capitale, les jeunes cubains habitants des H.L.M. syntonisent les radios du sud de la Floride pour écouter L.L. Cool J, Public Enemy et les autres rappeurs de l’époque.
Au départ, la culture Hip Hop cubaine se développe surtout autour du breakdancing. Au début des années 90, une suite d’événements viendra tout changer. Lors de l’effondrement de l’URSS et le début de ce que les Cubains appelleront «La période spéciale», l’économie du pays se retrouve au bord de l’effondrement. Cette nouvelle réalité amène les jeunes raperos cubains à développer de nouveaux moyens pour exprimer leurs frustrations. Enregistrant, lorsqu’ils le pouvaient, les versions instrumentales des morceaux qu’ils captaient sur leurs radios, les jeunes cubains d’Alamar créent leur propre Hip Hop.
L’expression d’un mouvement Hip Hop propre aux Cubains est facilitée par l’implication de l’exilée politique américaine Nehanda Abiodun, activiste de la Black Liberation Army. Découragée par la naissance d’un Hip Hop qu’elle voyait comme une imitation aveugle de la culture commerciale américaine avec sa violence, sa misogynie et sa glorification de la vie du gangster, elle prit contact avec le Malcom X Grassroots Movement aux États-Unis afin de faire venir des artistes plus progressistes de la scène Hip Hop américaine.
Un festival
Un autre acteur important dans la reconnaissance du Hip Hop comme élément authentique de la culture cubaine a été le collectif Grupo Uno. En 1995, un de ses membres, Rodolfo Renzoli, travaille avec l’aide de l’association Hermanos Saiz (une des principales institutions pour la jeunesse de Cuba) à la mise sur pied d’un premier festival Hip Hop cubain dans le district de Alamar, où tout avait commencé. Croyant fermement que la musique peut aider à changer la société cubaine, Rodolfo fera jusqu’en 2000, la promotion de son festival.
Malgré les interventions fréquentes de la police lors des événements non sanctionnés par l’État, le mouvement Hip Hop cubain ainsi que son public prennent de l’ampleur. Aujourd’hui, on peut compter près de 200 groupes à La Havane et plus de 300 à l’extérieur de la capitale.
La reconnaissance du peuple
Au printemps 1999, le gouvernement cubain adopte officiellement une position favorable au mouvement Hip Hop allant jusqu’à le déclarer «une authentique expression de la culture cubaine».
Il reviendrait à Harry Belafonte le crédit d’avoir expliqué la culture Hip Hop à Fidel Castro. Impressionné, celui-ci aurait même qualifié le Hip Hop «d’avant-garde de la révolution».
En 2002, le gouvernement formera l’Agencia Cubana de Rap offrant aux artistes sa propre étiquette de disque ainsi qu’un magazine, Movimiento. Avec la sanction et les ressources du gouvernement, le festival d’Alamar sera transformé en Festival international annuel de Hip Hop présenté au mois d’août à La Havane. Cet événement attire de nombreux groupes et artistes internationaux dont Mos Def, Talib Kweli, The Roots, Common et Dead Prez. Il permettra aussi la tenue de tables de discussion, d’ateliers et la projection de films sur la culture Hip Hop.
La couleur cubaine
Musicalement, le Hip Hop de Cuba est très différent de celui de son cousin américain. Plusieurs raperos n’hésitent pas à s’inspirer du riche héritage musical cubain, incorporant des rythmes de rumba, de mambo, des instruments tels la guitare basse, les congas, les batas et d’autres percussions traditionnelles.
Bien que le Hip Hop cubain ait capté l’intérêt de plusieurs médias et académiciens étrangers, peu de groupes cubains ont réussi à se faire entendre à l’extérieur de l’île. L’un des principaux producteurs de Hip Hop à Cuba, Pablo Herrera, a déclaré en parlant du futur de la révolution musicale cubaine: «Ce que nous voyons n’est que la pointe de l’iceberg… le Hip Hop d’aujourd’hui à Cuba est ce que la Old School était aux États Unis dans les années 80. Ce qui se fera dans l’avenir ne sera pas que du Hip Hop… ce sera une nouvelle forme de musique cubaine.»
Info: www.nomadicmassive.ca
www.terminus1525.ca/studio/view/1510
Autres textes sur le Hip Hop:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/17/atach-tatuq-et-ladisq/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/12/5-artistes-du-cafe-graffiti-en-europe/
Papa rapper
écrit par Marie-Claude Marsolais, Vol 15-1, octobre 2006

À 12 ans, il enregistrait sa première piste rap. Vingt ans plus tard, père de trois enfants, C-Drik a toujours le même engouement pour la culture hip- hop. Mon show Réalité est le plus récent album du rappeur C-Drick. Sa réalité est à mille lieux des préjugés négatifs attribués à la culture rap. À commencer par le choix de fonder une famille.
D’entrée de jeu, C-Drick avoue en riant avoir «l’instinct maternel». Le rappeur ne se fait pas prier pour parler de ses petites fiertés: un couple de jumeaux de six ans et une petite fille de huit mois. Venant lui-même d’une famille nombreuse, il a toujours voulu des enfants. Ceci ne signifie pas pour autant que la vie familiale soit toujours facile. «Quand je suis en production, je suis souvent absent. Je quitte aussi pour jouer en région», raconte-t-il en soulignant la compréhension de sa conjointe. En vieillissant, C-Drik est moins attiré par la célébrité. «Je trouverais très difficile de partir à l’étranger et de m’éloigner de tout mon petit monde.»
Sa priorité est la famille. Afin qu’elle ne manque de rien, C-Drick travaille à l’entretien à l’Université de Montréal. Il consacre une trentaine d’heures par semaine à la musique. Il commence toutefois à sentir la fatigue. «Trois enfants, c’est beaucoup de travail et d’implication.»
Moins pressé qu’à 20 ans, il vit au jour le jour. Il a compris qu’il ne fait pas de la musique pour devenir riche. C’est plutôt une affaire de passion. «La musique, je l’ai en dedans, c’est dans ma peau», admet-il.
Une passion contagieuse, puisque, fièrement, il évoque sa fille aînée qui fait déjà du hip-hop. Il prévoit faire un album rap avec elle à ses dix ans. «Une chose est certaine, elle sera bien épaulée», assure-t-il d’un ton protecteur.
Impliqué dans sa communauté
Le rappeur est généreux de son temps. Il ne s’en tient pas qu’à ses enfants. Il projette organiser des ateliers sur l’histoire du hip-hop. Le rap est pour lui une musique de rassemblement.
Il voudrait enseigner cet aspect aux jeunes, leur montrer que le rap est autre chose que la violence. «De nos jours, il faut que tu parles de guns pour vendre des disques. Les jeunes ne comprennent pas toujours la réalité de ce mode de vie», dit-t-il.
Conscient du rôle qu’il peut jouer dans sa communauté, C-Drik s’implique. Il envoie des messages constructifs «J’aime les autres, j’aurais aimé être travailleur social, précise-t-il. J’ai toujours été un gars de rue, mais de manière positive.»
Attaché à son quartier, il connaît tout le monde, surtout les jeunes. «Ils m’appellent mon oncle», raconte-t-il, arborant un sourire d’éternel adolescent. Qu’il soit papa ou mon oncle, C-Drick a décidément su agencer sa passion musicale et son amour pour les jeunes.
Autres textes sur le Hip Hop, la famille.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/rap-et-gangster-rap-ne-chantent-plus-la-meme-rime/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/06/de-la-violence-a-la-musique-roberto-mayer/
Les jeunes nous parlent de sexe et des gangs de rue. Août 2005,
Notre journaliste, Dominic Desmarais publie un excellent reportage sur les gangs de rue (vol 13 no 6). Ce reportage a été repris par d’autres médias à travers le Québec. L’école secondaire de la Magdelaine à Laprairie s’est servi de ce reportage pour amorcer une réflexion auprès de leurs jeunes. Nous rapportons ici les commentaires de 14 de ces jeunes du Secondaire IV. Leur âge varie de 15 à 16 ans.
Janyck Beaulieu
Le problème des gangs de rue est devenu inquiétant. Les parents absents sont une cause importante. Avec les années, sans encadrement et à se débrouiller seul, il risque de développer des moyens de survie illégaux. Afin de faire de l’argent, ces jeunes se rassemblent et deviennent des gangs de rue. Il serait important que l’enfant soit bien encadré par des organismes si ses parents ne s’en occupent pas.
Le gouvernement devrait donner plus de fond à ces organismes et en créer de nouveaux. La drogue y est aussi pour quelque chose. La drogue affecte non seulement notre corps mais aussi notre façon de penser et d’agir. Elle provoque une forme de négligence face à l’éducation et à tout ce qui l’entoure. Ne voulant plus aller à l’école, ils se promènent en petite gang et cherche à faire de l’argent. La drogue est un moyen facile pour en faire.
Je crois que les gangs de rue sont un problème de plus dans la société. Ils reflètent bien comment le Québec s’occupent de ses jeunes. Il serait grand temps d’agir et de leur donner la chance d’avoir une vie stable.
Julie Lefrançois et Jean-Michel Tessier
Les acteurs concernés tels que les écoles, les familles ou encore la police devraient s’unir rapidement afin de sauver le plus de jeunes de leur détresse profonde. Les parents doivent s’investir dans leur rôle. Les jeunes ont grandement besoin d’attention, de valorisation ainsi que de protection. C’est aux parents que revient ce devoir. Un enfant qui manque d’affection et d’encadrement risque plus d’adhérer à un gang. C’est le seul moyen qu’il trouve pour combler un vide intérieur.
Les jeunes sont-ils trop influençables? Autrefois, la valeur familiale fracassait le palmarès des valeurs. Aujourd’hui, elle s’est fait déclasser par l’argent. Le gangster RAP, dont le chanteur 50 cents, contribue à véhiculer l’image que l’argent est synonyme de beaux chars, de belles filles, de drogue, d’armes, de sexe. La vie facile. Pourtant, la vision qu’ils offrent dans leur vidéo n’a rien à avoir avec la réalité. Une solution qui aiderait à contrer les gangs serait d’investir dans les milieux concernés et de sensibiliser les gens à cette triste réalité.
Sébastien Houle
Taxage, intimidation, menaces, vente de drogue, prostitution et règlements de compte. Voilà ce qu’est l’enfer des gangs de rue. Les morts ne cessent d’augmenter et la plupart sont reliés aux gangs de rue.
Plusieurs familles pleurent, font le deuil de personnes qui étaient proches d’eux. Pourquoi s’enrôler dans des gangs de rue? Ce problème prend beaucoup d’ampleur. Il faut trouver des solutions qui régleront au plus vite ce problème. Sommes-nous en train de perdre le contrôle de la situation? L’univers des gangs de rue est un système très violent et dangereux. Plusieurs jeunes ne connaissent pas les dangers qu’ils courent en entrant dans les gangs de rue. Ils vivent parfois des problèmes familiaux ou il manque tout simplement d’encadrement.
Nous devrions dès maintenant informer nos jeunes et aider ceux qui sont déjà dans cet univers. Tout cela doit changer au plus vite. Les jeunes sont souvent influencés par les chanteurs de rap. Le style gangster rap est devenu très populaire auprès des jeunes ados. Les vidéo clip ne leur donnent pas toujours un bon exemple. Dans ces vidéos, le chanteur 50 cent fait allusion à la force des armes ou aux pouvoir que peut apporter l’argent. Les jeunes se basent sur ces modèles pour donner un sens à leur vie. Il faut à tout prit intervenir.
Qu’est-ce que ces jeunes deviendront à l’âge adulte? La société doit réagir au plus vite à ce problème et venir en aide aux jeunes ados qui vivent l’enfer des gangs de rue. Pour les autres jeunes, il faut les prévenir des graves dangers qu’ils risquent en s’enrôlant dans un gang. Il faut aussi dire aux parents d’intervenir auprès des jeunes et de faire appel à des organismes pour leur venir en aide.
Joanie et Mélyanne
Le phénomène des gangs de rue touche de plus en plus la jeune population de Montréal. Pour notre part, nous sommes confrontées à la peur et à l’insécurité de sortir seules le soir. Les policiers sont impuissants face aux méfaits des gangs de rue. Comment peut-on se sentir en sécurité lorsque nous regardons ce qui nous entoure? Personne n’est à l’abri de la violence.
Ne croyez-vous pas qu’il serait peut-être temps de réagir à ce trouble de société grandissant? Quel est l’influence des vidéo-clips chez les jeunes? Pourquoi des femmes s’exposent à peine vêtu devant un public de tous âges? Ce phénomène vulgaire et superficiel est incompréhensible. Oui, les chanteurs auront plus de profit en provocant les spectateurs, mais ils ne se soucient pas des méfaits qu’ils causent. Ces méfaits poussent les jeunes vers une pensée négative et les amènent vers les gangs de rue. Pourquoi pousser les jeunes vers la haine au lieu de leur apprendre les belles choses de la vie?
Pour solutionner nos nombreux problèmes sociaux, nous devons premièrement en prendre conscience. Les policiers devraient être plus présents dans les rues pour éviter et diminuer la violence. Les postes de télévision devraient arrêter de passer de tels vidéo-clips et d’en passer des plus réalistes, qui montrent les vraies choses de la vie.
Marie-Lucie Chénier et Jean-Christophe Emond
Les gens ne font que parler des gangs de rue mais personnes ne donnent de vraies solutions. Ils ne comprennent pas réellement ce qui attire les jeunes à aller dans un gang. La plupart des jeunes joignent les gangs de rues pour l’argent. C’est dix fois plus payant qu’un travail légal et ça demande beaucoup moins d’effort.
On devrait encourager les jeunes à travailler légalement en augmentant leurs salaires et en améliorant les conditions de travail des jeunes. Ce qui pousse aussi les adolescents à joindre les gangs est la protection. De nos jours, on ne se bat plus un contre un. Ils appellent tout leurs amis pour se défendre. Un jeune qui appartient à une gang est protégé par les autres membres. Tant que les jeunes pourront se faire de l’argent facile et qu’ils seront protégés par leurs gangs de rues, ils en feront partis. Il faut agir en favorisant le travail légal.
Marc-Alexandre Croteau et Jean-Nicholas Bourdon
Les gangs sont de plus en plus présentent dans les rues. Nous sommes d’avis que le rappeur 50 cents et le gangster rap ont une mauvaise influence sur les jeunes. Tous ces fans veulent faire comme lui. Je connais un ami qui n’écoute que ça. Comme fond d’écran sur son ordinateur il a deux AK47 et deux M4. Il se promène à tous les jours avec un canif sur lui! Le gangster rap montre une mauvaise vision aux jeunes. Les jeunes sont violents parce qu’ils sont trop laissés à eux-mêmes. Les parents ne sont pas assez présents dans la vie de leurs jeunes. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent et les parents n’en savent rien.
Bénédicto Desbiens
De plus en plus de jeunes cherchent à se valoriser. C’est pourquoi ils veulent faire parti de «gangs de rue». Les adolescents ont besoin de se référer à un modèle pour être «cool». Le rappeur 50 cents a une influence sur les jeunes. Les adolescents voient dans ses vidéo-clips qu’il est riche et ils veulent faire pareil. Pour les adolescents, riche signifie: avoir toutes les filles, des grosses maisons, etc. Il faudrait réduire ce phénomène car il grossit d’année en année.
Les policiers ont essayé de trouver des trucs pour réduire ce phénomène, mais sans résultats. Les gangs de rue dureront tant et aussi longtemps que ces modèles existeront. Nous devrions changer leurs perceptions et proposer d’autres modèles. Mais allons-nous vraiment réussir à réduire ce phénomène?
Danny Arseneault
Les gangs de rue sont de plus en plus présente dans notre région. Les jeunes font parti de gangs de rue parce qu’ils veulent avoir une protection. Les jeunes qui ont de la misère avec leur famille et qui sont dans des milieux défavorisés sont plus portés à faire partie d’un gang. Ils se font influencer par d’autres jeunes.
Les jeunes veulent aussi imiter leur idole. Le rappeur 50 cents est un des modèles pour les jeunes. Dans ces vidéos, on peut y voir le luxe, les chars, l’argent, les filles. Les jeunes pensent améliorer leur image en adoptent celle de leur idole.
Marian Kissi
Ce n’est pas tous les membres d’un gang de rue qui sont violents. Le sentiment d’être en sécurité est une des raisons de vouloir appartenir à une gang. En étant en gang, on sait qu’on a un groupe d’amis qui sera toujours là pour nous. Il deviendra notre famille. On se sentira moins seule. Je ne crois pas que c’est la solution idéale pour se sentir aimer.
En regardant les vidéos clips de 50 cents tenant une arme, ça influence les jeunes. Mais c’est la responsabilité des médias. Ce sont eux qui projettent ce genre de vie aux jeunes. On allume le téléviseur. On voit du monde riche. Pleins de voitures coûteuses. Une grande maison. C’est ça que la majorité des gens vont vouloir! Pour que les adolescents n’envisagent pas ce mode de vie, les parents doivent être présents et montrer à leurs enfants qu’ils sont là pour eux. Ils doivent aussi les soutenir dans leurs décisions afin d’assurer leurs futurs.
Marc-Antoine Serré
Il y a trop de jeunes qui sont membres de gangs de rues. Est-ce normal? Dans les écoles, il y a beaucoup trop de violence. Les écoles doivent prendre des mesures de sécurité tels des caméras. Ils conservent même les numéros de casiers des suspect et envoient l’escouade canine. C’est anormal de devoir prendre de tels mesures.
Des jeunes entrent dans les gangs de rues en pensant devenir riches et puissants. Ils ne pensent pas aux conséquences que cela peut leurs apporter. Je partage l’avis de l’inspecteur Jean Baraby de la police de Montréal. Le devoir primordial des parents est de dire à leurs enfants qu’ils les aiment et qu’ils le fassent sentir mieux. De plus, le projet de l’organisme communautaire de la Maison d’Haïti avec ses travailleurs de rue est une très bonne idée pour minimiser la violence. Les gangs de rue existeront toujours. La facilité à se procurer des armes encourage ce phénomène. Mais on peut toujours la minimiser!
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/le-sexe-banalise/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/publicites-sexistes-au-college-notre-dame/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/lhypersexualisation-pas-juste-une-mode/
Autres textes sur gang de rue, le hip hop et sur la sexualité.
Rap et Gangster Rap ne chantent plus la même rime
Par Dominic Desmarais Volume 14.3. Février 2006
Élevé dans la pauvreté, Phast envahit le monde du Hip-Hop avec son attitude de la rue. Il veut redonner ses lettres de noblesse à cette musique, dominée aujourd’hui par les criminels.
Phast a le sourire facile. Le verbe également. Rappeur depuis 5 ans, il aspire à un retour aux sources du Hip-Hop: un mode d’expression qui véhicule un message. Pas tuer des gens. «Ce que j’envisage, c’est de ramener les vraies valeurs du Hip-Hop. Si le jeune veut être un gangster et tuer du monde, ça le regarde. Mais c’est-tu nécessaire d’être pimp, de tuer du monde pour être hot? Le monde comme 50 Cent, ce qu’ils pensent c’est que, si tu n’as pas tué, si tu t’es pas fait tiré, t’es pas hot.»
Phast vient de la vieille école. Celles des racines du Hip-Hop. Dans ses chansons, Phast aborde ses histoires, celles de ses proches. La réalité de la rue, le système carcéral, la pédophilie, le piratage, les femmes qui utilisent les enfants pour en faire baver aux hommes.
«Oui j’ai des thèmes durs. Mais faut séparer le gangster rap de ma musique que je qualifie de hardcore rap. Ma musique sera jamais peace. Je suis capable de faire une toune romantique. Mais mon passé ne me permet pas de faire un beat trop joyeux. J’ai des tracks qui parlent de la rue. Le monde est rendu fou. Les jeunes se promènent avec des couteaux. Mon frère a perdu un de ses chums et sa blonde, enceinte, dans un driveby.» À l’écouter, son authenticité saute aux yeux. Son énergie, ses propos, ressemblent en tous points à sa musique.
Le Hip-Hop doit-il passer par des histoires aussi dures? L’artiste ne le pense pas. «Je refuse de dire que ça prend des textes négatifs pour être écouté. Malheureusement, les jeunes s’identifient à ça. Ça me dérange.»
Son album a un côté négatif. Il l’admet d’emblée. «C’est mes histoires. Ce que j’avais à cracher en 3 ans. Y’a moyen de dire à quelqu’un que tu veux y accrocher le portrait sans parler de gun, de le tuer. Il y a une différence dans la mentalité, dans le message.» Phast est intense. Ses mots sortent sans hésitation, comme une rafale de mitraillette.
Sa réalité n’est pas rose. Celle de la rue. Qu’il est loin d’être seul à vivre. «Avoir une arme dans 5 ans, ça va être nécessaire. Le monde est rendu fou. Mon message, c’est que c’est pas nécessaire d’être violent, mais c’est nécessaire de montrer que tu te laisseras pas marcher sur les pieds.»
Une enfance difficile
«J’ai pas eu une belle vie. Ma mère était seule. Pas d’argent. Elle était sur l’assistance sociale. Mon père était absent, il ne m’a rien donné… C’est pour ça que je me suis battu pour obtenir ce que je voulais. Je suis conscient que j’aurais pu être mieux. Mais je sais aussi que j’aurais pu être pas mal pire. C’est ce qui me tient. Ce qui fait que je vais m’en sortir.»
Plus jeune, Phast passe un peu de temps derrière les barreaux. Jamais pour des crimes reliés à des armes ou la drogue, précise-t-il. Puis, il écope 8 mois pour 9600$ de contraventions impayées. «Ma mère m’a donné de bonnes valeurs. Mais elle peut pas tout faire. Je faisais mes petites passes ben safe. Je venais d’avoir ma fille. Un mois et demi de fait. Je me pogne un job. Je ne fais plus de conneries. Ç’a allait bien.»
La vie allait le rattraper. La mère de sa fille porte plainte pour violence conjugale. Phast retourne alors purger le reste de sa sentence pour ses contraventions. Acquitté, dit-il, il garde un goût amer des libertés conditionnelles: il est retourné en prison en raison d’une plainte non fondée… «La mère de ma fille m’a dit: si tu me laisses pour une autre fille, je vais vous tuer tous les deux. Je l’ai quittée. Moi, j’ai payé pour les caves qui battent leurs femmes…»
De cette mésaventure, il écrit ses premières chansons. Pour la première fois, il rap. Sur cette fille, sur le système carcéral. «Ma musique va me mener sur le droit chemin. Y’a une histoire sur chacune de mes tracks. Fallait que je sorte ça parce que la musique c’est fait pour s’exprimer. C’est sûr que je vendrai pas comme Corneille…» avoue-t-il, le sourire en coin.
Il ne peut changer son passé, ses petites combines. «C’est un choix que j’ai fait. C’est un mauvais choix. J’ai les nerfs finis à cause de ça. Je suis tanné de vivre avec la haine. J’aimerais ça, changer de vibe.» De l’espoir s’en vient: le 22 février, Phast lance son premier album.
Autres textes sur le Hip Hop:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/papa-rapper/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/06/de-la-violence-a-la-musique-roberto-mayer/
Le Hip Hop et le Festival Juste pour rire. Entrevue avec Constance Rozon
Par Raymond Viger
Constance Rozon, la soeur de Gilbert Rozon, est la personne en charge de dépister et d’engager les artistes du Hip Hop, autant de la scène locale de Montréal que les artistes internationaux.
Nous avons rencontré Constance Rozon, responsable de l’introduction de la culture Hip Hop sur les scènes du Festival Juste pour Rire elle a répondu à nos questions.
L’avenir du Hip Hop au Festival Juste pour Rire
Je ne suis pas une personne du milieu Hip Hop. J’ai commencé à faire du repérage de spectacle, notamment pour le théâtre. Par hasard, à New York, j’ai eu la chance de voir un spectacle underground de breakdance. J’ai été charmée. Pendant des années j’ai voulu introduire le breakdance dans le Festival Juste pour rire.
En 2002, le Festival a fait un test et en 2003 on a introduit le Hip Hop à la scène. On tripe et on est content quand on amène un nouveau spectacle, même s’il n’est pas dans la lignée des spectacles d’humour. Gilbert Rozon aime les nouvelles choses. Si on peut aider une culture, quelque chose de nouveau, on va le faire. Ce n’est même pas une question d’argent. Quand on produit les choses que l’on aime, cela fait le succès de l’événement.
Je ne sais pas encore si le Festival Juste pour Rire va décider de conserver le Hip Hop pour 2004. C’est peut-être réservé à une élite. Doit-on investir autant de temps sur une culture qui ne semble pas avoir assez de public? Pourquoi le public n’a pas été présent tout le long des onze jours de programmation pour soutenir les 150 artistes Hip Hop que l’on a présentés?
Les difficultés
Il n’est pas évident de savoir d’où vient le problème. Est-ce moi? Je ne sais pas. Certains artistes sont très sympathiques et fonctionnent bien. Pour d’autres, il m’est arrivé d’avoir à laisser jusqu’à 20 messages avant d’avoir un retour d’appel! Où est la nécessité d’avoir à courir après les artistes du Hip Hop pour leur offrir nos scènes? Je n’ai pas à être une mère pour tout le monde.
On a eu d’autres incidents tels que des rappeurs qui ne se présentent pas pour les sound check, d’autres qui arrivent en retard pour des entrevues avec les médias malgré une confirmation faite la veille.
Quoique dans leur contrat il soit clairement spécifié que personne d’autre que les artistes ne doit être présent dans le back stage, tous leurs amis s’y sont retrouvés (coulisses réservées aux artistes qui se préparent à entrer ou qui viennent de sortir de scène). Il y a eu beaucoup de vol, même que la police a dû intervenir.
Nous avons demandé de voir une pratique pour évaluer leur potentiel avant de confirmer leur présence au Festival. Pour certains groupes, il a fallu attendre de décembre jusqu’à mai! C’est frustrant; moi, ça me vide. Dans le cas d’un certain groupe, nous avions rendez-vous un samedi pour assister à leur pratique. J’ai déplacé quatre personnes du Festival. Sur les 12 artistes prévus, un seul s’est présenté! Ils ont demandé de remettre le tout au dimanche. Le Festival n’est pas habitué de travailler comme cela et a décidé d’annuler la prestation de ce groupe.
Constance la méchante
Quand je tente de leur ramener cette réalité, je passe pour la mauvaise femme, celle qui fait la morale. Et pendant tout le Festival, les techniciens me mettaient de la pression pour s’assurer que tout baignerait dans l’huile. J’ai vécu un vrai cauchemar. Ça prend beaucoup d’énergie.
Le Hip Hop international
Avec les Européens et les Américains, c’est très différent. Ils ne sont pas en retard aux rendez-vous, au contraire, ils sont d’avance, ils me fournissent rapidement leur matériel, ils sont polis, ne prennent jamais d’alcool pendant les prestations.
Mais on ne peut se comparer avec les Américains. Le bassin de population n’est pas comparable. Là-bas, tout est gros. Une pièce de théâtre qui pourrait tenir l’affiche deux semaines à Montréal, tiendrait l’affiche deux ans à New York. Ici le Hip Hop est une culture underground, à New York, c’est main stream, un comptable va écouter du Rap.
Mon appartement à New York est près des ghettos. Pourtant les gens là-bas ne manquent pas de discipline. Aux États-Unis, les loyers sont tellement chers et il n’y a pas d’assurance comme ici. Peut-être que cela t’oblige à être plus discipliné.
Les artistes étrangers pratiquent beaucoup plus. J’en ai vu se pratiquer à tous les jours, sept jours sur sept, sans même savoir si nous les prenions officiellement. Peut-être parce que les possibilités y sont plus grandes, que cela donne plus d’espoir. En France il y a des festivals partout, les artistes sont mieux payés. Ils prennent cela très au sérieux.
Les solutions
Les artistes de Montréal ne veulent pas avoir un autre travail pour se garder disponible pour un spectacle par mois. Pourtant, avoir un travail te permet d’acquérir une discipline, de te donner une structure, d’établir une relation avec l’autorité, de t’aider dans tes finances… Le travail c’est un enseignement pour travailler avec le monde, pour avoir un équilibre dans ta vie. S’il le faut, prend une journée de congé à ton travail si tu as un spectacle à donner. Quand tu auras à prendre trop de congés, tu pourras laisser ton travail, ton cheminement artistique te permettra de vraiment vivre de ton art.
C’est peut-être à nous les dirigeants de festivals, à faire des échanges pour les supporter, appeler d’autres festivals pour les faire connaître, que le gouvernement leur donne des bourses pour les soutenir. Commencer à créer une raison d’être, à leur donner de l’espoir.
Il va falloir que quelqu’un les aide à s’organiser. Je ne parle pas de gérants d’artistes. Je préfère parler directement avec les artistes. J’ai déjà négocié avec un gérant dont son artiste avait manqué un rendez-vous. Il m’a dit: « Faut vous habituer, c’est ça le Hip Hop. » Non, je ne m’habituerai pas. Tout le monde a des échéanciers à respecter.
Est-ce que je vais pouvoir faire une différence? Est-ce que les scènes vont se remplir? Il y a eu des spectacles comme Kardinal Offishall, un gros nom de Toronto. Il n’y a eu que 300 à 400 personnes. Est-ce que le Hip Hop est un spectacle pour une élite? Est-ce accessible pour un public plus large? Il n’y a rien ici qui centralise l’information et qui peut l’apporter au public. On doit pouvoir faire une différence, les aider, parce que ce sont des artistes de chez nous.
Opinion des représentants de la culture Hip Hop
J’ai fait relire cette entrevue à des membres impliqués et reconnus dans la culture Hip Hop: le producteur d’événement, DJ MiniRodz, le producteur de beat Chilly D, le rapper MGM et à DJ Naes. Après avoir eu ce commentaire: «Ça fait mal, parce qu’elle a raison sur presque toute la ligne», ils décident de mettre sur pied un comité de réflexion sur l’avenir du Hip Hop au Québec. Les artistes arrivaient en retard aux réunions et manquaient visiblement de discipline. Ce qui confirme les dires de Constance Rozon.
Johnny Skywalker mentionne: «C’est vrai que les rappeurs se permettent d’arriver en retard, mais ce n’est pas le cas de tous les artistes du Hip Hop.»
Autres textes sur le Hip Hop:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/la-place-du-hip-hop-aux-francofolies/
La place du Hip Hop aux Francofolies
Par Raymond Viger
Laurent Saulnier est le vice-président à la programmation pour les Francofolies. Le Journal de la Rue l’a rencontré pour mieux faire connaître son point de vue et mettre en perspective la difficulté des jeunes artistes de se faire accepter par cette institution.
Vision du Hip Hop
Personnellement, je dois l’avouer, je suis un fan du Hip Hop. Je ne suis pas un fan du gangster rap*. Je suis plus subtil. Les artistes du Hip Hop sont intelligents, extrêmement bright avec toutes les qualités et les défauts que cela implique. La qualité d’une intelligence vive, rapide d’esprit, avec le défaut d’être rusés, sournois.
Difficultés de la culture
Cependant, je suis un peu triste que la culture Hip Hop tourne en rond depuis un à deux ans. Pas juste à Montréal, mais aussi aux États-Unis et en France. J’ai hâte que quelque chose de nouveau brasse la cage, que le Hip Hop retrouve ses lettres de noblesse.
Il faut de la nouveauté, quelque chose pour nous essouffler. La dernière grande claque a été Saïn Supa Crew. Depuis ce temps, il n’y a pas eu de groupes Hip Hop qui m’ont impressionné.
Les solutions
Je n’ai pas idée de ce que pourrait être ce changement à venir, sinon je serais millionnaire! Mais je reproche aux gens du milieu Hip Hop québécois de communiquer en circuit fermé. Et ce problème s’accentue. Malgré l’effort d’ouverture il y a 5 ou 6 ans, cela demeure un milieu où il est difficile d’y pénétrer.
À cette époque, les gens du milieu semblaient croire que leur musique pouvait rejoindre tout le monde. Cela a possiblement créé une désillusion totale. Nous sommes tous très contents quand un album Hip Hop se vend à 20 000 copies. Le milieu espérait en vendre 50 ou 100 000! Est-ce que cette désillusion a créé un refoulement? Au lieu d’être plus ouvert, le milieu se retrouve plus refermé sur lui-même.
Des groupes tels que Muzion, malgré qu’ils aient signé avec une grosse boîte comme Vik recording BMG Canada, n’ont pas été soutenus suffisamment par leur maison de disques. Je n’ai pas entendu parler d’un deuxième single pour l’album.
Perception des artistes
Ce n’est pas toujours facile de négocier avec le milieu Hip Hop. Tout découle du nombrilisme du milieu: les artistes se parlent entre eux. Je n’ai pas 22 ans, j’en ai 40. En 1982, j’écoutais Grand Master Flash. Je n’ai pas le même langage que le milieu Hip Hop d’aujourd’hui.
Relation de Laurent Saulnier avec l’underground
Je n’ai pas de difficulté à entrer dans un show Hip Hop. Je ne tiens pas à être ami des gens du milieu Hip Hop ou de n’importe quel autre milieu. Mon travail c’est de faire travailler tout ce monde.
On me considère main stream, comme l’ennemi à abattre. Pourtant, je ne vois rien dans le Hip Hop qui pourrait remplir le Spectrum présentement. Pas un seul groupe Hip Hop, même provenant de la France. Certains me parlent d’un sombre rappeur marseillais. Les gens sont déconnectés de la valeur de certains artistes. Souvent les CD de ces artistes ne sont même pas distribués! Il y a un manque de réalisme.
Relation des Francofolies avec le milieu Hip Hop
Aux Francofolies, on conserve des scènes extérieures gratuites parce que c’est important de leur donner une vitrine. On devrait continuer à les soutenir de cette façon. Nous traitons tous les artistes, locaux ou internationaux sur un pied d’égalité. Il n’y a aucun privilège spécial pour les artistes internationaux. Il n’y a aucune discrimination de sexe, de couleur ou de culture musicale.
Chez nous, il y a toujours des contrats écrits, des ententes claires. Tout le monde a le droit à son contrat qui respecte les engagements envers l’Union des Artistes.
Les solutions
Le message que je pourrais lancer au milieu Hip Hop c’est de faire le «basic» que beaucoup d’artistes ne font même pas. Pourquoi suis-je obligé d’appeler les gérants d’artistes? Ça serait le fun qu’ils m’envoient leur CD et leur matériel. C’est la base. Faites au moins le minimum. On écoute tout ce que l’on reçoit. Je ne demande rien de mieux.
Je crois que le Hip Hop doit trouver la façon d’être une musique de masse, populaire. Les artistes refusent cette ouverture qui leur serait pourtant profitable, pas juste financièrement, mais aussi émotivement.
Autres textes sur le Hip hop:
B.U. The knowledgist et les journées mondiales de la jeunesse
Par Martin Ouellet
Dimanche le 28 juillet 2002, au Parc Downsview, à Toronto, le pape Jean-Paul II a présidé une messe devant 800 000 jeunes, d’environ 173 pays différents, dans le cadre de la 17e Journée Mondiale de la Jeunesse. B.U. The Knowledgist, rappeur montréalais très empreint de spiritualité, a suivi de près cette manifestation de foi et a partagé sa vision des JMJ avec nous…
Que représentent pour toi les Journées Mondiales de la Jeunesse?
Une formidable occasion pour les jeunes croyants de se rencontrer, d’échanger dans la paix, l’harmonie et le calme! Je le vois comme une sorte de cri du cœur civilisé et organisé, un appel au changement social et un témoignage d’espoir. De jeunes de différentes provenances, de cultures variées, y vont pour s’instruire sur les traditions de l’Église et prier tous ensemble. Il ne s’agit pas juste de s’agenouiller au bon moment ou de se signer de la croix quand il faut, comme des automates, il faut comprendre la signification des rites religieux. Finalement, je dirais que les JMJ sont la preuve qu’il est possible d’utiliser les médias, de mobiliser les jeunes et de créer un événement d’envergure pour passer un message positif, encourageant.
Crois-tu que la foi est encore bien vivante de nos jours, en particulier chez les jeunes?
Je ne suis pas en mesure de répondre pour les jeunes à l’étranger, mais au Québec, je ne crois pas qu’on assiste à un retour de la foi. Bien sûr, la venue du pape à Toronto a provoqué un engouement, une ferveur passagère mais c’est contextuel et ça retombe vite à plat. Il devrait y avoir davantage d’événements rassembleurs pour les jeunes, afin qu’ils participent à l’évolution de leur Église. Quand je pense aux énormes effectifs promotionnels qui ont été mis en place pour les JMJ, je trouve ça dommage de constater qu’il n’y a pas de suivi dans les paroisses. Il faudrait une présence continue de la spiritualité afin de combattre toutes les propagandes néfastes qui éloignent les jeunes de leur beauté intérieure. Souvent, plus ou moins consciemment, les jeunes ressentent un vide spirituel qu’ils essaient de combler par toutes sortes de sensations fortes, mais laisse-moi te dire que rien ne peut égaler ce que tu éprouves en priant et en observant les signes qui te guident vers le vrai sens de ta vie…
Penses-tu que le pape est devenu trop vieux pour être un bon représentant de l’Église catholique? A-t-il encore quelque chose à apporter à ses fidèles?
Je crois qu’il faudrait poser la question à Jean-Paul II lui-même! Ce n’est pas par obéissance aux lois de l’Église que le pape a consacré sa vie à Dieu (et qu’il le fera jusqu’à son dernier souffle), c’est pour servir Dieu… Les gens qui étaient à Toronto ont vu ce vieil homme s’animer, s’énergiser, s’illuminer au contact des jeunes fidèles venus manifester leur foi avec lui. Douter des miracles, c’est douter de Dieu lui-même…
Penses-tu que l’Église catholique devrait moderniser son discours, par exemple sur l’ordination des femmes, la contraception, l’avortement, la reconnaissance des homosexuels?
L’Église doit, comme tout ce qui est, se remettre en question. Son rôle est de partager, non de contrôler. L’Église est une interprétation de la parole de Dieu. La Bible elle-même est une interprétation de l’enseignement de Jésus, écrite par des hommes, remplie de paraboles, de poésie, de symboles. C’est aux fidèles de se l’approprier, d’y découvrir leur vérité. En bout de ligne, c’est Dieu lui-même qui envoie ses réponses.
Si tu avais à choisir un remplaçant à Jean-Paul II, sur quels critères te baserais-tu pour faire un choix?
Tout d’abord, ce devrait être quelqu’un qui a un parcours de foi exemplaire, un homme capable autant de rassembler les foules que de les confronter, qui n’aurait pas peur de ramener certaines valeurs traditionnelles aussi. Mais surtout, il faudrait qu’il dissocie l’Église de la politique et qu’il ne permette plus qu’on invoque Dieu pour déclarer des guerres, qu’on utilise la religion comme bouclier en temps de conflit. Il y a un travail d’éducation à faire pour rapprocher les religions, pour briser le cercle de l’intolérance entre les nations de croyances religieuses différentes. Les religions divisent, alors qu’elles devraient unir.
B.U. The Knowledgist a un nouveau disque sur le marché, intitulé «Réflexions», qui aborde plusieurs thèmes tels que la spiritualité, la politique, l’écologie et bien d’autres phénomènes de société. Plus d’informations sur le site www.cafegraffiti.net
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/journee-mondiales-de-la-jeunesse-2005/
Musique, décrochage et théâtre
Rencontre avec Sans Pression et Léma Par Raymond Viger
Les membres du groupe Hip Hop Sans Pression, forts populaires auprès des jeunes, sont les invités spéciaux et les porte-parole d’une pièce au Théâtre Denise-Pelletier. Quel genre de pièce de théâtre peut toucher et intéresser un rappeur comme Sans Pression.? Une pièce touchant aux effets pervers du décrochage et de la violence dans les relations des jeunes couples. Présentée dans le cadre du projet Décrocher… Puis Après? par des habitués du Foyer des jeunes travailleurs de Montréal, la pièce exprime l’expérience vécue de jeunes adultes face à ces problèmes.
Pour Annie, Éric, Jayme, Léma, Nathalie et Sheila, les jeunes du Foyer des jeunes travailleurs de Montréal, décrocher, c’est comme tomber dans un trou noir, où la drogue, l’incertitude et le manque d’estime prennent souvent trop d’espace. Le décrochage, SansPression connaît bien. «Tout le monde près de moi a décroché, moi le premier. Certains sont revenus, mais pour cela, il faut se raccrocher à quelque chose, avoir un but, vouloir faire quelque chose. On dit qu’un jeune du secondaire sur trois quitte l’école. C’est beaucoup. J’ai un fils de trois ans, Andy, et j’espère qu’il ira longtemps à l’école. Ça t’ouvre les portes, ça te donne plus de chance dans la vie.»
Sans Pression est venu rencontrer les comédiens en herbe et assister à leur représentation. «J’ai parlé aux jeunes. Juste d’être présent, ça leur a fait de l’effet. Pour moi, ça vaut plus qu’un million d’albums vendus. Je communique bien avec les jeunes.»
Le chanteur Hip Hop n’a que des éloges à leur offrir. «C’est du jamais vu. Ces jeunes ne sont pas des acteurs, ils viennent de la rue. La pièce m’a touché et le sujet est profond. Ça se passe partout, il faut en parler. Certains pensent qu’on exagère, mais j’ai vu des jeunes qui n’avaient même pas 20 ans et qui se piquaient à l’héroïne. Ça me dépasse.»
Malgré tout, Sans Pression garde espoir. «Il y a quelque chose à faire. Il faut leur parler avant qu’il ne soit trop tard. Parce qu’il n’est jamais trop tard. Tout le monde fait des gaffes. Même moi, souvent j’ai voulu tout lâcher, j’ai fait une dépression, plus rien ne marchait. Je ne suis pas Superman, je ne suis pas différent d’eux. Je vivais dans un appartement, on était 15 gars à y rester. Je traînais, foutais de la merde. On se disait: «Yo, qu’est-ce que tu fais?» On achetait une bière et on «chillait» ensemble. Il fallait qu’on me sorte de ce milieu. Je faisais du surplace. J’ai été à Tremplin, un centre de thérapie. Il a fallu que je lâche un paquet de monde. Si j’étais resté dans le milieu, je ne serais pas dans la musique. Elle m’a permis de raccrocher. Beaucoup ont choisi la bonne voie. Il faut savoir ce que tu aimes, aller droit vers son but, savoir ce que tu veux faire. Il faut prendre les choses au sérieux.»
L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. «Depuis que j’ai Andy, mon garçon, je le comprends mieux. Depuis que je me lève le matin, je découvre qu’il y a plein de choses à faire, c’est motivant. C’est important de se lever avec le soleil, tu deviens plus actif, plus productif et plus créatif.»
Le rappeur n’est pas tendre envers ceux qui font la promotion de la violence dans la culture Hip Hop. «J’ai été dégoûté en voyant les albums des groupes «50 cents»ou encore «Eminem». Des photos de violence gratuite, de drogue, de gens qui se tirent dessus… On n’a pas à faire la promotion de la violence et du gangster rap, raconte le chanteur qui se dit sensible à la violence suite au suicide de son frère. Avec notre musique, on influence la masse. Ce sont les jeunes qui achètent ce qu’on produit.»
Au Québec, on a la chance de voir le mouvement Hip Hop qui grossit. «Il y a tout le talent pour que ça marche. Il faut continuer. Je suis fier de ce que je fais et de ce que je vois chez les jeunes. Je le vois dans leurs yeux. Je suis un jeune de la rue. Les problèmes des jeunes, si je ne les ai pas vécus, quelqu’un dans mon entourage les a vécus. J’ai pas les gros mots savants de certains, mais par le regard on se parle, on se comprend. I’m just like you.»
Pour compléter l’entrevue, Sans Pression m’a dirigé vers Léma, touché par sa prestation. Sentiment réciproque chez le jeune homme qui estime avoir donné le meilleur de lui-même dans la pièce de théâtre. «Les chansons de S.P. parlent de drogue, de violence de la rue, de femmes battues… Une de ses chansons rejoint mon sketch. Ce sont des gars qui veulent s’en sortir.»
Léma a apprécié l’implication du chanteur et de son groupe Hip Hop dans le projet du Foyer des jeunes travailleurs de Montréal. «C’est bon ce qu’ils font. Sans Pression touche les jeunes qui se cherchent. On a créé de bons liens rapidement avec eux.»
La pièce aura permis de faire des prises de conscience importantes pour Léma. «Dans la vie, il n’y a rien de parfait. Moi aussi j’ai décroché. Mais peu importe quel problème tu rencontres, il faut en parler. C’est en discutant qu’on trouve des solutions pour s’en sortir. Peu importe les temps difficiles, il faut persévérer et toujours continuer. C’est pas facile de se lever le matin, mais c’est pas une raison suffisante pour abandonner.»
Des raisons pour abandonner, Léma aurait pu en trouver facilement. À ses dires, le projet n’a pas été un camp de vacances. «Être neuf à travailler ensemble dans un petit local, c’est pas évident. Il a fallu sortir le meilleur de nous dans les instants de chicane. Il a fallu travailler pour créer une chimie de groupe, se motiver et avoir la discipline nécessaire pour atteindre nos objectifs. Si tu veux rester dans le groupe, tu dois travailler, t’investir. Il y en a trois qui n’ont pu terminer le projet. C’est dur de voir quelqu’un qui quitte le projet.»
Pour Léma, le décrochage n’était qu’un mot sans trop de signification. Son implication lui a permis de réaliser que le décrochage n’est pas juste une question d’école. «Ça touche nos relations familiales, notre rôle de citoyen, notre vie de couple… Le projet a provoqué une réflexion sur le sens à donner à sa vie, au chemin qu’il veut emprunter pour sa continuité.»
Son chemin, Léma l’a trouvé. Le jeune homme a profité du projet pour tenter certaines expériences dont une formation en informatique qui a suscité son intérêt. Il veut poursuivre dans cette direction.
Le coordonnateur du projet qui a pris en charge le groupe dans une période difficile à traverser, M. Germain Bouleau, est fier du travail accompli par son groupe. «Plusieurs de ces jeunes n’ont jamais appris de leçons par cœur. Au théâtre, tu dois connaître ton texte, il y a une rigueur, une discipline, une attitude et un lâcher prise que le groupe doit suivre. Si tu ne connais pas ton texte, tu ne peux pas jouer ton rôle. Et il faut être au moins deux pour jouer. Tu renvoies à l’autre une émotion qu’il doit saisir. Chacun doit être présent dans son rôle. Cela exige un effort moral et physique mais surtout, une remise en question.»
«La créativité des jeunes est essentielle. En bas âge, un enfant saute, dessine, chante… Dès qu’il entre en maternelle, nous perdons notre ouverture d’esprit face au développement de la créativité du jeune. Il faut maintenant réhabiliter une expression qui passe par la parole et le corps. Le théâtre est un art qui permet des applaudissements après chaque représentation. L’appréciation du public est un juste retour du travail accompli», raconte M. Bouleau. »Quand le groupe commence à jouer sur scène, c’est une occasion unique de s’amuser et de partager ses émotions avec son public.»
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/09/le-decrochage-histoire-de-sexe-3/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-multiples-facettes-du-decrochage/




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