You are currently browsing the category archive for the 'reflet de société' category.
Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, journaliste
Dimanche le 11 mai, finalement, Danielle et moi avons réussi, avec plus d’un mois de retard, à pouvoir rencontrer Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville.
Cet événement mérite une entrée en matière. Pendant près de 2 années, Danielle et moi avons été bénévole à l’institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Nous y avons fait plusieurs rencontres, dont celle de Jean-Pierre.
Jean-Pierre a régulièrement envoyé des lettres à des médias. Si elles ont été publié, ça n’a été que dans de rares occasions. En apprenant que nous étions aussi impliqué dans le magazine Reflet de Société, Jean-Pierre nous présente quelques textes déjà écrit. J’ai dû refuser les textes présentés.
J’ai encouragé Jean-Pierre a continué d’écrire. J’ai aussi refusé ceux qu’il a écrit pendant les premiers mois qui ont suivi. Jean-Pierre écoutait les nouvelles télévisées, lisaient plusieurs quotidiens… Il était saturé d’informations de toutes sortes. Son opinion sur la guerre en Afghanistan n’était pas crédible et n’apportait rien de nouveau dans le débat.
Au printemps 2006, j’assiste à une journée de remerciement pour les bénévoles. J’ai l’occasion de manger à la cafétéria avec les autres prisonniers et de passer une journée complète avec eux. J’ai pu ainsi rencontrer les prisonniers responsables des différentes activités. Pour l’occasion, plusieurs d’entre-eux avaient écrit des textes de remerciement pour les bénévoles. Les textes de Pascal, Éric, Pat, Benoît, Jean-Pierre et d’un 2e Éric étaient affichés sur un grand carton.
J’avais été touché par cette reconnaissance que les prisonniers ont témoigné envers les bénévoles qui viennent les visiter. Dans nos vies tumultueuses, la visite d’un ami peut facilement être prise pour acquise. Dans une prison fédérale, quand quelqu’un vient te visiter, même un étranger que tu ne connais pas encore, tu apprécies son geste, le temps qu’il t’offre. Un instant de relation, une parole d’encouragement prennent un sens magique.
Lors de ma rencontre suivantee, Jean-Pierre me remet le grand carton avec tous ces textes de remerciement. Celui-ci est encore installé dans mon bureau. En août 2006, avec l’autorisation de Jean-Pierre et de ses collègues, je publie dans Reflet de Société les textes qu’ils ont écrit. En remettant des exemplaires de ce numéro aux différents prisonniers, une flamme illumine leur regard. Quelqu’un leur a fait confiance pour les publier. Ils voient leurs noms au bas de leur texte. Ils vont être lu par près de 500 000 lecteurs à travers tout le Québec!
Suite à cette expérience, nous avons réussi à publier plusieurs textes de détenus. Danielle et moi leur proposons d’écrire sur ce qu’ils connaîssent: la prison et leur criminalité. En parlant, non pas comme des spécialistes ou des techniciens, mais au JE, avec leur coeur, leur raison et leur passion.
Quelques chroniques se publient avec plusieurs auteurs différents. Un seul continue avec persévérance. Après sa première publication, Jean-Pierre m’a regardé droit dans les yeux pour me dire: “j’ai compris ce que tu veux. Attends de voir mon prochain texte. À partir d’octobre 2006, Jean-Pierre a débuté sa chronique en solo et n’a pas arrêté depuis.
En 2007, Jean-Pierre se fait transférer à la prison de Cowansville. Notre relation va continuer dans l’écrit. Jean-Pierre continue de m’envoyer ses textes et des lettres personnelles. Je lui retourne des exemplaires avec des mots de Danielle et moi.
En janvier 2008, l’équipe journalistique de Reflet de Société se réunit pour choisir les textes qui seront présentés à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) et pour l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM). Dans la catégorie “Meilleure chronique”, à l’unanimité nous présentons la chronique de Jean-Pierre.
Début avril, j’envoie une lettre à Jean-Pierre lui annonçant qu’il est finaliste pour les Grands Prix de journalisme de l’AQEM. Je lui fait parvenir des copies couleurs de tous les documents qui font mention des résultats. Je commence les démarches pour le rencontrer à la prison de Cowansville. Le 25 avril, ouverture du congrès de l’AMECQ. Nous apprenons que Jean-Pierre y est aussi finaliste. Le lendemain nous apprenons qu’il remporte le premier prix de l’AMECQ pour sa chronique. Le 30 avril, lors de la journée des magazines, j’apprends que Jean-Pierre n’a pas remporté le prix de l’AQEM.
L’enthousiasme est à son comble parmi l’équipe de Reflet de Société et de ses collaborateurs. Nous avons reçu plusieurs mots d’encouragements des autres éditeurs, tout aussi content que nous que Jean-Pierre se soit aussi bien classé.
Les démarches pour visiter Jean-Pierre auront été longues et ardues. Je reçois des formulaires que je remplis. Après quelques semaines d’attente, j’apprends qu’on ne m’a pas fait parvenir les bons formulaires, je dois recommencer les procédures. Prises de photos, enquête… Danielle et moi sommes finalement accepté pour la prison de Cowansville. C’est la 6e prison qui m’accepte. Mais ils n’ont aucun système centralisé, il faut recommencer les enquêtes et les procédures à chaque fois. Pendant tout ce temps, aucune lettre de Jean-Pierre sur ses impressions. Cela m’inquiète un peu.
Nous mettons près d’une heure trente minute pour parcourir les 116 kilomètres qui nous séparent de la prison de Cowansville. Presque le même temps nous sera nécessaire pour franchir les 116 pieds séparant le stationnement de la salle pour rencontrer Jean-Pierre. C’était la fête des mères. Il n’y avait presque personne. À l’heure où nous sommes arrivés, nous étions les seuls à vouloir passer les contrôles de la sécurité.
Jean-Pierre se présente finalement. Il se confond en excuse. Une barbe de plusieurs jours le gêne. Quand je le rencontrais à l’institut Leclerc, il connaissait mes soirées de présence. Il arrivait toujours bien rasé, bien parfumé et bien habillé. Aujourd’hui, malgré son habillement, la joie de nous revoir, la fierté de nous parler de ce qu’il ressent nous font oublier tout le reste.
Jean-Pierre m’avait envoyé une lettre qui ne s’est jamais rendu. Il m’en avait envoyé une 2e le vendredi. Je viens tout juste de la recevoir. À vrai dire, j’attendais cette lettre avant d’écrire mon billet. Nous nous permettons de partager avec vous ces quelques lignes:
Un magnifique bonjour.
Est-il nécessaire de vous décrire à quel point vous m’avez surpris avec votre dernier envoi. Mon égo et surtout ma fierté m’ont fait franchir un nouveau stade dans mon développement personnel. J’étais un homme relativement content. Maintenant, je deviens un être accompli. La reconnaissance par ses pairs est la sensation la plus agréable… après le sexe.
Un gros merci encore une fois de votre confiance et de vos encouragements. J’ai su qu’un journaliste voulait me rencontrer. J’ai accepté de le rencontrer.
Je vous envoie mes salutations. Passez un bel été fleuri. J’ai quelques textes en préparation.
Jean-Pierre Bellemare.
Jean-Pierre a été surpris du nombre de personnes qui sont venu le féliciter pour le travail qu’il a fait. D’autres détenus, des gardiens, des bénévoles, des gens de la chapelle… J’ai voulu lui remettre le trophée que Jean-Pierre avait gagné. La sécurité n’avait pas autorisé que je lui amène. Même pas pour lui montrer. J’ai mis le trophée sur le “scanner” et lui ai amené des photocopies couleurs grandeurs natures. Elles vont orner sa cellule.
Ces retrouvailles à la prison de Cowansville me motive à parcourir de nouveau les 116 kilomètres qui nous séparent. Je vais bousculer mon agenda pour trouver les 5 heures nécessaires pour cette visite d’une heure. Mais je ne dois pas aviser. Parce que Jean-Pierre m’a avisé. Trop de visites rend difficile le retour à la cellule. Cela revigore les souvenirs qu’il y a une vie après la prison et, qu’un jour, ce sera son tour à reprendre une vie de citoyen.
Au plaisir de la prochaine rencontre Jean-Pierre.
Amitiés,
Danielle et Raymond.
Découvrir ses dépendances
Vol.16, no3, février-mars 2008
Photos-reportage de Marie-France Beaudry
À travers l’objectif de Marie-France Beaudry, une photographe professionnelle de 28 ans, nous découvrons l’univers de la Maison L’Impératif, un centre de traitement des dépendances situé à Sainte-Madeleine.
Karl, 26 ans, au moment de la rencontre, vient tout juste d’arriver à la Maison. Il se sent déjà mieux. Ici, il est bien entouré, il a même déjà repris du poids.
Geneviève, 29 ans, en est à sa 2e visite. Elle admet que l’échec de son premier séjour est dû au fait qu’elle s’était gardée des portes de sortie. C’est par un heureux hasard, au moment où elle a véritablement touché le fond, que François, lui a téléphoné pour prendre de ses nouvelles. Elle est revenue, mais cette fois, avec la ferme intention de régler ses problèmes.
Hugo, un Français est venu de Paris pour suivre le programme de la Maison. Après 3 mois et demi, il se sent prêt à retourner chez lui. Il a des projets, il souhaite travailler dans la compagnie de sa mère et terminer sa formation de plongeur pour ouvrir une école de plongée avec son frère.
Maxime est le plus ancien de la gang, malgré ses 23 ans. Maxime sait comment il en est arrivé là. Constamment «écœuré» à l’école à cause de son poids, il s’est construit une carapace et s’est réfugié dans la drogue. Depuis son séjour au centre, il a été renvoyé chez lui une semaine pour avoir caché des médicaments. De retour, il a appris sa leçon. Il veut maintenant récupérer son emploi, avoir une 2e chance et repartir du bon pied.
François travaille à la Maison depuis 8 ans. Il y a suivi une thérapie il y a 10 ans. Au début, la douleur est encore fraîche et les interventions sont difficiles. Tranquillement, il apprendra à remplacer la sympathie par l’empathie.
Il est sur place 7 jours sur 7.
En savoir plus sur la photos-reporter, Marie-France Beaudry
L’optimisme des résidents, l’ambiance d’humilité et de sérénité ont marqué la photographe. «On voyait leur intérêt à s’en sortir», explique Marie-France, heureuse de ce que lui a appris son passage à la Maison L’Impératif.
En début de carrière, la jeune femme souhaite parler des «vraies affaires». «Ce que je veux, c’est sensibiliser les gens à ceux qui vivent dans l’ombre, à les démarginaliser. J’admire ceux qui ont le courage de se sortir de situations difficiles. Ils ont beaucoup de mérite», ajoute-t-elle.
Encadré
La Maison L’Impératif
La Maison L’Impératif est un centre de traitement des dépendances. Situé à Sainte-Madeleine, l’organisme a été fondé en juillet 1992 afin de venir en aide aux personnes avec des problèmes d’alcoolisme et/ou de toxicomanie qui empoisonnent leur vie personnelle et/ou professionnelle.
L’objectif de la Maison L’impératif est de briser l’image que la personne s’est fait d’elle-même au fil du temps, de lui apprendre à être elle-même et exprimer ses sentiments. On y enseigne aussi une chose si simple mais pourtant tellement efficace: 15% du problème en est un de consommation et 85%, de comportement. «Identifie tes comportements, et tu seras en mesure d’apporter des corrections.»
Pour plus de renseignements:
Maison L’Impératif
Centre de traitement des dépendances
Drogue, alcool, médicaments
Téléphone: (450) 584-2184
Courriel: info@maisonlimperatif.com
Site Internet: http://www.maisonlimperatif.com
Les blogues ont maintenant leur gala
Découverte ce matin. En vérifiant les statistiques de mon blogue, je remarque que j’ai un trafic provenant d’un blogue nommé exivrogne. Curieux, je clique pour savoir qui me fait une référence et pourquoi.
Intitulé Blogu’or 2008, j’y découvre 18 catégories où des blogues sont mis en nominations. Mon blogue l’est dans la catégorie Meilleur blogueur sérieux… très sérieux. J’y découvre aussi que le blogue du Journal de la Rue est aussi nominé dans la catégorie Meilleure blogueuse sérieuse… très sérieuse.
Je ne connaissais pas ce gala. Je ne savais pas que je me retrouverais en nomination. C’est plaisant d’apprendre que dans la blogosphère, quelqu’un trouvait nos blogues suffisant intéressant pour les proposer à ce gala.
Je reconnaîs plusieurs blogueurs dans les différentes catégories. Martin Petit, Dominic Arpin, Richard Martineau, Renart L’éveillé, le maire Stéphane Gendron, Mario Asselin, Folliculaire, Nicolas Langelier, Un taxi la nuit, Patrick Dion, Carl Charest…
Une belle occasion pour visiter ces différents blogues et apprendre à les connaître. Je remercie les blogueurs qui ont mis mon blogue et celui du Journal de la Rue en nomination. Je remercie aussi les Internautes qui vont aller voter pour nos blogues. Vous avez jusqu’au 16 mai pour faire vos choix. Le Gala aura lieu le 24 mai prochain.
Les Grands Prix de journalisme de l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM)
Mercredi le 30 avril. Une journée spéciale pour le journalisme magazine. Qu’ils soient éditeurs, rédacteurs en chef, journalistes, photographes ou autres, tous se réunissent pour une journée d’échange. Cet événement annuel de l’Association des éditeurs de magazine (AQEM) se termine par une remise des Grands Prix de journalisme magazine pour souligner le travail de ses artisans.
L’équipe de Reflet de Société était très fier de voir Jean-Pierre Bellemare se retrouver finaliste dans la catégorie Chronique. Je profite de cette occasion pour remercier les membres du jury et l’AQEM de reconnaître et d’accepter le travail parfois différent et original de notre magazine.
Le prix du bénévole de l’année a été remis à M. Félix Maltais. Pendant plus de 15 ans M. Maltais a siégé sur le conseil d’administration de l’AQEM. Il a fait partie de plusieurs débats et il est très impliqué dans le journalisme magazine et scientifique. M. Maltais travaille pour Bayard qui publie les magazines Pomme d’Api, J’aime Lire, Les Explorateurs et Les débrouillards. Merci M. Maltais pour votre implication.
Un journaliste m’a touché tout particulièrement lors de cette remise des Grands Prix. M. Daniel Chrétien de L’actualité. M. Chrétien a commencé par remporter le prix Article pratique ou de service. Le dernier prix de la soirée est le prix Jean Paré nommé en l’honneur du fondateur du magazine L’actualité. Ce prix couronne le journaliste de l’année et récompense la constance dans la qualité, l’originalité du traitement, la qualité de la langue et la pertinence des sujets. Félicitations M. Chrétien pour ce prix que vous méritez largement.
J’ai été très fier et heureux de voir M. Chrétien gagné ce prix. J’ai été ému par son allocution. Il remerçiait sa rédactrice en chef, Carole Beaulieu, pour avoir été difficile avec lui, l’avoir fait travailler et retravailler pour en arriver à sortir le meilleur de lui-même. Je le trouvais chanceux d’avoir un tel environnement de travail.
Personnellement, je suis un ancien perfectionniste qui est devenu un généraliste. Je dû m’adapter à faire 12 000 choses en même temps. Je n’ai souvent même pas le temps de relire mes textes! Intervenant, journaliste, blogueur, rédacteur, écrivain, mise en marché, gérant d’artiste, organisateur de spectacles, conférences… Il m’arrive de plus en plus souvent à rêver de ne faire qu’une chose et de pouvoir la perfectionner, d’aller au bout de l’idée, du projet.
Je pensais à l’article sur la transformation extrême de la Mission Bon Accueil organisée par le Groupe Aldo. Cet article va paraître dans notre édition de juin. Même si j’ai fait 6 entrevues et dégagé un photographe pour une journée complète, j’aurais aimé pouvoir amener l’article encore un peu plus loin. M’assurer de pouvoir bien représenter les bénévoles mobilisés dans l’événement, les organismes qui en ont bénéficiés, mais surtout les gens à qui profitent cette action communautaire. Nos textes doivent bien représenter les gens derrière ces événements.
Est-ce le fait qu’un sondage vient de paraître soulignant que notre magazine est maintenant lu par 7% de la population du Québec qui crée cette pression à en faire plus? À cela, nos sites Internet et nos blogues génèrent plus de 6 000 visites par jour. Ça commence à faire beaucoup de monde qui nous lisent. En plus, Internet donnent une permanence à nos textes. J’ai reçu aujourd’hui des commentaires sur des textes que j’ai écrits il y a plusieurs années.
Il y a une pression à toujours faire mieux. En contre-partie, nous avons des limites financières, mais surtout humaine. Je travaille déjà 7 jours, près de 100 heures par semaine. Je mets tout mon coeur dans mes textes. J’aimerais pouvoir y ajouter un peu plus de temps.
Je me remémore tous les sujets que j’aurai voulu faire et qui n’ont jamais trouvé leur espace. Je vis leur absence comme un deuil.
PUBLICITÉ
Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4
Congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ)
Le 27e Congrès des médias écrits communautaires du Québec vient de se terminer. Un week-end qui s’est déroulé à l’hôtel Mont Gabriel à Ste-Adèle. Cette rencontre entre les artisans de la presse communautaire est une occasion pour des retrouvailles, quelques formations et pour reconnaître le travail journalistique de tous ces gens impliqués, souvent bénévolement, pour servir leur communauté.
Personnellement, j’ai assisté à un atelier sur le Web avec Benoît Munger du journal Le Devoir et L’art du portrait avec l’excellent André Ducharme du magazine L’actualité. M. Munger nous a fait découvrir plusieurs fonctions et outils du Web que, malgré le nombre d’heures que je passe devant celui-ci, m’avait encore échappé. M. Munger réussi à rendre intéressante la formation et capter notre attention malgré que la matière soit un peu aride.
J’avais déjà eu l’occasion d’écouter l’atelier d’André Ducharme. Mais on ne peut se tanner d’écouter un journaliste d’expérience comme lui. On en apprend encore et encore. La passion d’André Ducharme pour le portrait le rend attrayant et intéressant à écouter.
Pendant ce temps, Danielle, co-directrice de l’organisme et spécialiste des équipements et logiciels s’est amusé dans les ateliers de conception graphique, autant pour les magazines que pour les tabloids. Elle a pris des notes qui vont être discutés avec l’équipe et qui devraient amener quelques changements dans le magazine.
Pour la remise des prix, je profite de cette occasion pour souligner les prix remportés par l’équipe de Reflet de Société. Dans la catégorie entrevue, Annie Mathieu pour son texte Le SIDA tue encore avec le docteur Réjean Thomas. Dans la catégorie chronique, Jean-Pierre Bellemare, notre chroniqueur de la prison de Cowansville pour son texte Pas banale la vie carcérale. Et finalement, une deuxième place pour Dominic Desmarais dans la catégorie reportage pour Le vin québécois fait son chemin.
Avec ces 3 prix, cela a permis à Reflet de Société d’être 3e pour le média communautaire de l’année, devancé par Graffici de Gaspésie et le Mouton Noir du bas du fleuve. Nous profitons de l’occasion pour les féliciter pour leur travail et cette reconnaissance de leurs pairs.
Le congrès s’est terminé avec une conférence de Laurence Poole de Sherbrooke. Cette conférence de motivation et de leadership a été une vraie révélation pour notre équipe. Je reviendrais sous peu pour vous en faire part avec plus de détails.
Les macaques à l’oeuvre
Publié le 25 avril 2008
Bonjour à tous,
Grosssssssssssse semaine!
D’abord, je tiens à revenir sur les incidents de lundi. Les incidents qui ont mis le feu à 6 voitures de police. Les incidents qui ont transformé une bonne poignée de partisans du Canadien en singes, carrément. Marie-Sophie, une participante au stage au Costa Rica, était sur place pendant une partie de la manifestation. Elle m’a fait comprendre que tout ce qui différenciait un singe d’un manifestant ce soir-là, c’était la quantité de poils sur le corps… Une troupe de macaques quoi.
J’ai ma petite idée sur ce qui a pu se passer. Quelques révoltés se proclamant anarchistes attendaient patiemment à la sortie du Centre Bell. Lorsque la masse de singes (sous l’effet de l’alcool par-dessus le marché) est sortie toute contente du sort de son équipe, la casse pouvait commencer. C’est prouvé, plus une foule est nombreuse, plus elle est conne. Ces casseurs en ont simplement profitée. Je ne vous dis pas que c’est la vérité. Mais ça reste le scénario qui à mes yeux est le plus crédible.
Hier, c’était le premier match Canadiens-Flyers. Aux nouvelles à 22h, les TVA et Radio-Canada de ce monde épiaient la foule, attendant un autre possible carnage. Merde, encouragez-les donc tant qu’à y être! C’est sûr que ça te donnerait un bon topo en tout cas, mon cher ami journaliste.
Que se passera-t-il si le Canadien remporte sa prochaine série dans un match à Montréal? Je l’ignore. Mais j’ai également ma petite idée là-dessus. Je crois qu’il y a une majorité de partisans qui déplore les événements de lundi. Si la scène devait se répéter lors de la victoire (ou de la défaite) du Canadien dans un match à Montréal, j’ai l’impression qu’on pourrait en arriver à une violence encore moins belle à voir… Imaginez: deux bandes de primates en désaccord. Et ils ne se tireront certainement pas que des bananes… Houlala, ça pourrait encore plus compliquer le travail des policiers!
— — — — — — — — —
Sinon, cette semaine, j’ai réalisé deux entrevues pour deux articles du numéro de juin. Deux visites dans le monde des adolescents. Une première à l’école secondaire l’Érablière, à Saint-Félix-de-Valois (1h au nord-est de Montréal). Là-bas, un groupe de jeunes est très motivé à transformer leur école en milieu de vie écologique, solidaire, démocratique et pacifique. Une façon pour eux de se sentir chez eux dans leur école.
Une autre visite à la Maison des Jeunes de Bordeaux-Cartierville m’aura permis de rencontrer l’équipe du magazine Authentik. Deux intervenantes et plusieurs jeunes qui fréquentent l’endroit ont créé un magazine pour adolescente qui se proclame la contrepartie aux publications du genre Filles d’Aujourd’hui. Fort intéressant, je vous l’assure. Et une maudite belle gang de filles, super motivée et qui œuvre toujours dans le plaisir. À lire dans votre prochaine édition de Reflet de Société!
J’ai aussi rencontré hier une jeune femme qui s’investit beaucoup au Costa Rica. Semblerait-il qu’une communauté québécoise est en train de naître là-bas. Ha oui, vraiment? Bref, elle nous a refilé pleins de bonnes idées de reportages, ainsi que pleins de beaux endroits où se loger pour pas cher. Je peux vous dire une chose, la vie au Costa Rica n’a l’air de rien de très compliqué. Tant que tu es sympathique avec les gens. J’adore ça!
Sur ce, je vous souhaite donc une excellente fin de semaine.
Gabriel.
<strong>Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, gagnant du prix du chroniqueur de l’année de l’AMECQ</strong>
Ste-Adèle, 26 avril 2008. Lors de la remise des prix pour le 27e Congrès de l’Association des médias écrits communautaire du Québec (AMECQ), dans la catégorie meilleure chronique, le gagnant est le chroniqueur du magazine Reflet de Société M. Jean-Pierre Bellemare.
M. Jean-Pierre Bellemare est un prisonnier purgeant une sentence à vie à la prison de Cowansville. Son texte, ”Pas banale la vie carcérale” lui a valu les honneurs dans la catégorie chronique.
M. Bellemare est aussi finaliste, toujours dans la catégorie chronique, pour les Grands Prix de journalisme de l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM). Les gagnants des prix de l’AQEM seront dévoilés mercredi le 30 avril prochain.
Pour lire la chronique complète de Jean-Pierre Bellemare.
Dominic Arpin et Martin Petit… Vous m’inspirez!!!
Merci à toi Dominic. Merci à toi Martin.
Depuis quelques jours, je me questionne sur l’avenir des médias au Québec. En tout cas, au moins celui de Reflet de Société et de l’organisme qui le chapeaute, le Journal de la Rue et son projet Café-Graffiti. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis le directeur de l’organisme, le rédacteur en chef du magazine et le fondateur du Café-Graffiti.
Les abonnements à notre magazine Reflet de Société permettent de soutenir des projets pour les jeunes tels que le Café-Graffiti. Mais voilà que le prix du papier augmente de 6% au printemps, on prévoit une autre augmentation de 6% à l’automne, le timbre poste a augmenté de 5 sous en janvier dernier, le prix de l’essence qui continue de battre des records… On prévoit des baisses et peut-être même la disparition des subventions à l’aide journalistique. Même chose pour la subvention pour les frais d’envois postaux.
Juste de demeurer un média, sans avoir à financer un projet communautaire commence à être du sport. En passant, pour ceux qui pensent que je me plaint pour rien avec mon augmentation de 5 sous par envoie, il faut savoir que nous diffusons près de 500 000 exemplaires de notre magazine par année. Chaque 5 sous d’augmentation finissent par coûter cher.
Cela explique pourquoi depuis un certain temps, je travaille à diversifier nos sources de revenus. J’ai engagé plusieurs consultants pour nous aider dans cet objectif, mais ils ont fait choux blancs. Cela a occasionné des dépenses, mais aucun revenu.
Pour la vente de publicité, il y a transfert des budgets vers l’Internet. Les médias conventionnels attirent moins de publicité que l’Internet réussit à faire. J’ai donc décidé d’appeler quelques régies publicitaires pour nous représenter et vendre de la publicité sur nos blogues et nos sites Internet. Après tout, avec plus de 6 000 visiteurs par jour, on devrait être capable d’attirer quelques publicités.
La première régie publicitaire est spécialisé dans le monde des affaires. On en “fitte” pas dans leur décor. Peut-être à l’automne ou au printemps l’an prochain. On repassera, je n’ai pas le temps d’attendre. Une deuxième régie publicitaire me rappelle, prends quelques informations et ne me rappelle pas! Faut pas me laisser sans nouvelles trop longtemps. J’ai sûrement un profil un peu maniaque. Faut que ça bouge. Ma devise, quand tu fais du surplace, tu recules. Parce que les événements eux continuent d’avancer et à te rentrer dedans. La troisième régie publicitaire ne m’a pas encore retourné mon appel.
Bon! J’ai compris, on ne veut pas de mes 6 000 visiteurs par jour. Tant pis pour eux, quand ils se réveilleront, ils courreront après. Après tout, je ne suis pas intéressé à la publicité Google qui ne donne pas grand chose mais qui pollue les blogues et les sites. De plus, en tant qu’organisme communautaire, nous sommes très difficile sur qui pourrait s’annoncer avec nous. On en refuse plus qu’on peut en prendre.
C’est à ce stade que les constellations se sont enlignés. Je me suis souvenu de l’entrevue que Martin Petit m’avait donné. Il me disait avoir rempli une salle de spectacle avec seulement ses contacts Internet. Ensuite j’ai pensé à Dominic Arpin. Lors d’une conférence devant les relationnistes du Québec, Dominic mentionnait qu’il a décidé de faire cavalier seul et d’avoir son propre blogue, indépendant d’un média. Se vendre lui-même plûtot que de laisser le média le vendre et tout empocher.
Suite à mon délire d’hier soir sur l’avenir de la presse écrite, plus pour faire sourire les gens, j’ai fait un Internet-o-thon en présentant les abonnements du magazine. C’était un gag, une satire, la fin de mon délire, rien de plus. Mais aujourd’hui, je me ravise. Mon fort intérieur était plutôt visionnaire et il m’avait lancé un message pourtant clair, net et précis.
Pourquoi me casser la tête avec une régie publicitaire qui ne semble pas apprécier notre potentiel ou, encore pire, qui ne saurait pas comment nous vendre et à qui nous vendre. Nous n’avons qu’à faire comme Martin Petit et Dominic Arpin. Nous vendre nous-même. Pas vendre la publicité des autres, mais vendre nos propres produits sur nos sites et nos blogues.
Pour un organisme tel le nôtre, de vendre des abonnements à un magazine de réflexion sociale, vendre des documentaires sur l’implication bénévole, vendre des CD de musique des jeunes que nous accompagnons, des livres de cheminement personnel, des guides d’intervention auprès de personnes suicidaires, de joueurs compulsifs et même notre T-shirt à l’effigie du Café-Graffiti, rien de plus naturel. Pour les Internautes qui nous lisent et qui aiment ce que nous écrivons, ce n’est pas de la pollution publicitaire, c’est d’encourager un organisme communautaire dans son orientation en économie sociale et d’offrir des produits et services qui sont la continuité de ce que nous faisons.
Malgré que dans WordPress nous soyons limité dans l’affichage des publicités, nous avions déjà réussi à placer une bannière dans le haut des blogues. Cette bannière annonce les 4 sites de l’organisme. J’ai ensuite fait rajouter une publicité sur chaque côté. Présentement nous y annonçons 2 livres. Nous alternerons régulièrement les publicités pour y présenter l’ensemble de tout ce que nous faisons.
Et voilà ma dernière trouvaille d’hier. À la fin de mes billets apparaîtra une publicité. Elle sera annoncé en caractère gras: PUBLICITÉ. Celui qui ne voudra pas la lire n’aura qu’à arrêter de lire. Mais celui qui aura aimé nos textes, pourra y découvrir les produits et services que nous offrons.
Nous voilà donc dans notre auto-publicité. Nous sommes convaincu que cela sera beaucoup plus pertinent et rentable que les quelques sous qu’on offre pour les “clics” sur des annonces de n’importe quoi. Parce que même si les budgets commencent à se diriger vers l’Internet, les prix offerts pour tout le travail qu’on y fait est encore dérisoire.
Au plaisir de continuer à vous écrire. Au plaisir de vous présenter quelques publicités pertinentes.
PUBLICITÉ
2e journée de notre Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4
Chronique de livres
Les coups de coeur de Sébastien Lacombe
Marie-Claude Marsolais, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
L’auteur-compositeur-interprète Sébastien Lacombe nous dévoile ses coups de cœur littéraires. Qu’ont en commun ses bouquins fétiches? Des histoires qui l’ont amené à se questionner sur sa propre histoire.
Sa première rencontre marquante avec la littérature, il la doit à Émile Zola et à son roman Germinal. Alors élève au secondaire, Sébastien n’en avait que pour la bande dessinée. Zola a changé la donne. Germinal traite du monde minier à l’époque de la France industrielle du 19e siècle. Pauvreté, chômage, misère humaine, tout est dépeint durement. «Ce livre m’a fait sortir de ma coquille bourgeoise. Je viens d’une famille aisée de Ville Mont-Royal. Quand j’étais jeune, je ne manquais de rien. J’étais le type d’enfant qui passait ses vacances à jouer au tennis en bermuda blancs. Zola raconte que les gens ne pouvaient pas manger de viande, qu’ils trimaient dur pour survivre. Ça m’a vraiment marqué.»
Ce livre lui est toujours resté en tête. Si bien qu’il a, par la suite, fait du bénévolat pour Action contre la faim, en plus d’organiser un concert-bénéfice pour l’organisme en novembre dernier. «Bien que je n’ai jamais été aussi pauvre qu’en ce moment, je me considère riche et j’essaie de donner de mon temps et de mon énergie à des gens qui en ont vraiment besoin.»
L’Immortalité, de Milan Kundera, a aussi laissé sa marque chez le chanteur. Difficile de résumer cet ouvrage, puisque Kundera s’amuse plutôt à déconstruire le récit qu’à le construire. Qu’à cela ne tienne, Sébastien retient surtout ce que Kundera appelle la petite et la grande immortalité. La petite immortalité, c’est le souvenir que nos proches gardent de nous après notre mort. La grande immortalité, c’est passer à l’histoire grâce à son œuvre, qu’elle soit littéraire, scientifique ou autre. Du coup, ce sont des inconnus qui gardent un souvenir de nous. «L’immortalité est un sujet qui me fascine, j’ai même écrit une chanson là-dessus, Gaspard le homard.» Si Sébastien a ardemment souhaité laisser sa marque en tant qu’artiste, il avoue que depuis qu’il a des enfants, il privilégie plutôt la petite immortalité.
Son troisième livre coup de cœur l’a d’ailleurs fait réfléchir sur sa famille. L’an dernier, le papa de deux jeunes garçons est parti seul en Thaïlande. «J’avais besoin de faire le point, d’affronter ma solitude. Ma blonde est très compréhensive et m’a encouragé à partir.»
Dans les bagages de Sébastien: Comment devenir un monstre. Jean Barbe y raconte l’histoire d’un avocat qui part à l’étranger pour défendre un criminel de guerre. «Quand j’ai lu ce livre, j’étais en grande période de réflexion à propos de ma famille et de ma carrière. Je cherchais ce qui était important dans ma vie. L’avocat dont il est question dans le livre fuit sa famille en prenant des contrats loin de la maison. Finalement, il se rend compte à quel point il veut revoir ses proches. Ce livre m’a tellement touché qu’à la fin, j’ai pleuré comme un bébé! J’ai réalisé que j’avais laissé ma famille derrière. Ce voyage et cette lecture m’ont ouvert les yeux. Je n’ai pas toujours été un bon père, mais là, je peux dire que je le suis.»
Gageons qu’il est aussi bon père que chanteur!
Blogues et démocratie
Joindre le web à l’agréable
Raymond Viger, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Les blogues et l’Internet peuvent créer des histoires d’horreur, de désinformation. On parle même de cyberdépendance. Lorsque j’ai commencé à bloguer, je ne savais pas dans quelle galère je m’embarquais. Reflet de Société étant publié chaque 2 mois, je me retrouvais avec des tonnes d’idées d’articles et de prises de position qui ne peuvent prendre place dans le magazine. Partager avec le cyberespace ces prises de position me permet de trouver un équilibre dans ma vie et de protéger ma santé psychologique.
Au début, je n’ai pas pris au sérieux le potentiel des blogues. J’avais l’impression qu’il y avait des millions de pages dans le cyberespace et que personne ne finirait par tomber sur les miennes. Il est vrai que je ne suis qu’une goutte d’eau dans l’Internet. Mais lorsque j’ai écrit un billet sur une publicité mensongère d’une certaine entreprise, je me suis rendu compte, grâce aux outils statistiques, qu’à tous les jours des gens cherchaient des informations sur le magasin et arrivaient sur mon billet.
Même s’il y a des millions de pages Internet, ma page présentant la publi-cité frauduleuse de ce magasin devenait particulière. Pour la majorité des internautes, ce texte passe inaperçu. Mais pour les internautes désirant faire affaire avec cette entreprise, je suis devenu une source d’information. J’ai partagé ma mauvaise expérience avec les bonnes personnes.
La journée même où je me suis rendu compte qu’il y avait une publicité frauduleuse, j’ai pu en témoigner. Les recours conventionnels tel que l’Office de la protection du consommateur ne me permettent pas de réagir aussi rapidement. Enquête, étude, prise de position avant de rendre disponible l’information: pendant ce processus, un marchand frauduleux continue d’arnaquer des consommateurs. Un blogue permet de lancer un avis rapidement. Il ne remplace pas ces démarches, mais il peut être un outil complémentaire d’information pour le consommateur.
Si j’ai une nouvelle information, je peux la rajouter. Mieux encore, tout citoyen qui a un commentaire à formuler peut le faire aussi. Pas nécessaire d’attendre la publication du prochain magazine. La mise à jour rapide de l’information est un avantage certain.
Les blogues permettent aussi de donner une permanence à l’information. En page 39 d’un grand quotidien, nous avons lu qu’une grande entreprise a été condamnée par l’Office de la protection du consommateur. Peu de gens l’auront vu ou s’en souviendront une semaine plus tard. Si elle est reprise par un blogue, cela permet à tous les consommateurs qui font des recherches de retracer cette nouvelle. Et ça, même des années après les faits. Si un consommateur est insatisfait d’un commerçant, même si l’information n’est pas publiée dans un média, même s’il décide de ne pas porter plainte, il pourra trasnmettre les faits à d’autres consommateurs par l’intermédiaire de son blogue.
Un blogue aura permis d’aider des consommateurs à faire un choix plus éclairé. Cela répond à l’objectif que je me suis fixé: donner une voix plus puissante aux citoyens. Le blogue permet de rajouter un peu de démocratie dans une société devenue trop anonyme.
J’ai vu un organisme communautaire passer en entrevue sur caméra vidéo des politiciens et d’autres acteurs significatifs pour leur communauté. Les vidéos intégrales se retrouvent sur leur blogue. Les promesses des politiciens en visite dans la communauté peuvent maintenant être immortalisées.
Un blogue n’est pas un remède miracle pour tous nos besoins de justice, d’équité et de vérité. Cependant, bien utilisé, il peut faire parti des moyens que nous utilisons pour atteindre nos objectifs.
Blogosphère
Tête à tête avec Martin Petit
Raymond Viger, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Dans une vie sans blogues, je n’aurais pu m’approcher de Martin Petit plus près que la 4e rangée dans une salle où il présente son spectacle. Et voilà que j’échange des courriels avec lui, on partage des liens sur nos blogues respectifs comme si on était de vieux copains.
Pour ceux qui pensent que les ordinateurs créent un isolement… Vlan dans les dents! Les blogues peuvent autant créer une dépendance nocive qu’être un outil valable de relation. Martin a plusieurs anecdotes à nous raconter sur les avantages qu’ils peuvent nous offrir:
Il y a 15 ans, avec mon groupe les Bizarroïdes, on n’avait pas l’argent pour se payer de la publicité. On faisait des affiches que l’on collait dans les cafés. Aujourd’hui, j’ai organisé un cabaret littéraire, rempli à pleine capacité, juste par mes invitations sur Facebook. Je sauve du temps et de l’argent.
Cette expérience de Martin l’amène à questionner l’industrie du spectacle. Grâce à ce contact plus direct avec les gens, peut-on imaginer qu’il y aura moins de coûts publicitaires à l’avenir? Ces coûts représentent plus de la moitié du prix du billet. Est-ce que cela va permettre de baisser le prix du billet?
Les blogues créent des possibilités de nouveaux projets. J’y ai découvert des plumes, des auteurs intéressants. Certains ont pu publier un livre, d’autres ont pu se présenter au cabaret littéraire que j’organise depuis 7 ans. Les blogues créent des réseaux de contacts.
Ils peuvent aussi offrir des outils, des alternatives. Récemment, j’ai frappé le «mur du net»: j’ai l’impression de m’emmerder, que j’ai fait le tour du jardin. Je cherche quelque chose d’intéressant, mais j’ai atteint mes limites. Est-ce la fin de ma vie de blogueur?
J’ai lancé un appel aux blogueurs en leur partageant mon état d’âme. On m’a suggéré d’installer dans mon ordinateur «Stumble». Ce programme prend en notes mes préférences, les sujets que j’aime. Il me propose ensuite des sites qui correspondent à mes intérêts. Un souffle nouveau pour ma carrière de blogueur et je repars à l’aventure.
Martin définit bien ce qui m’avait rejoint dans son blogue. Bloguer élimine le vedettariat. Nous sommes tous égaux. Même si tu es un artiste connu, si tu écris mal, tu ne seras pas lu. Les gens t’apprécient vraiment pour ce que tu es, ce que tu livres. Quand tu es lu, tu gagnes en confiance, ça te donne le goût de passer à autre chose, d’aller plus loin.
Le blogue, c’est un investissement de temps. C’est un média qui carbure à l’huile de bras. Les blogues créent un réseautage, forgent notre conscience aux enjeux. J’y crois parce que c’est un immense laboratoire pour expérimenter et découvrir toutes sortes de choses. C’est un espace de liberté qu’il faut soutenir, encourager.
Internet a aussi influencé le travail d’humoriste de Martin. Dans mon écriture, je dois faire beaucoup de recherche. Pour un «show», je dois lire sur les grands thèmes que je développe. Internet me donne accès à une information rapide. Ça facilite ma recherche et la construction de mon numéro. Parfois, je tombe sur de l’information qui risque de m’intéresser, je l’archive pour y revenir plus tard.
Avec une recherche sur Google, je ne trouve pas toujours ce que je veux. Ça vaut la peine de développer autre chose. Les blogues sont une belle technologie qui anime mon travail à la maison.
C’est comme la machine à café au bureau. Le lieu ou l’on prend sa pause et où l’on jase avec des amis quelques instants avant de retourner au boulot. J’y ai découvert du monde, des nuances. Un ton différent qui tranche avec les médias de masse. Les blogues sont un courant de gratuité qu’il faut encourager, une liberté dans un effort personnel.
Que ce soit Facebook ou les autres programmes pour structurer nos échanges et nos besoins, de grandes corporations veulent s’accaparer le temps que les gens passent devant leur ordinateur. C’est devenu l’enjeu de demain. Pour l’entreprise qui veut grossir ses profits et pour le citoyen qui veut changer le monde.
Vous pouvez visiter le blogue de Martin Petit ainsi qu’une critique de son blogue.
On décolle le 21 mai!
Publié le 14 avril 2008
La vie continue ici à Reflet de Société, sans relâche. Après un bref séjour à Québec la semaine dernière, j’en suis à la rédaction de nouveaux articles et le projet au Costa Rica prend de plus en plus de place dans mes pensée. Dans mon travail aussi.
D’ailleurs, nos billets d’avion sont achetés. Je peux enfin l’écrire: 21 mai, direction Costa Rica! Un soulagement qui fait beaucoup de bien à l’équipe. On voit peu à peu le rêve devenir réalité. Ce que ça fait du bien après tant d’acharnement!
Plusieurs personnes et institutions nous attendent là-bas. Beaucoup de nouveaux apprentissages aussi. Un pays inconnu s’ouvre à nous, et nous avons tous hâte de le rejoindre. Par contre, le retrait de 3 personnes ainsi que les difficultés à amasser l’argent nécessaire au projet commençaient à peser lourd sur notre positivisme.
C’est un retour en force à la réalité qui nous permet aujourd’hui d’envisager le tout avec un peu plus de sagesse. Nous sommes maintenant plus forts, mais surtout plus conscients de la fragilité d’un tel projet, et des efforts nécessaires à sa concrétisation. Nous nous devons de poser un regard d’ensemble sur tout ce qui nous attend, et sur ce que nous avons réussi à réaliser jusqu’ici malgré les embûches.
Somme toute, et histoire de donner une image qui rejoint un peu tout le monde, partir au Costa Rica pour réaliser des reportages internationaux, c’est comme se préparer à la conquête de la Coupe Stanley. Ça prend un esprit d’équipe, quelques défaites au passage, des rectifications stratégiques et une frappe de force qui ne doit pas râter sa cible trop souvent!
La ville est peut-être hockey, mais nous, on est Costa Rica!
Sur ce, bonne semaine,
Gabriel.
Chronique du prisonnier
Condamné à garder ses distances
Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
En prison, nos façons de faire et notre comportement répondent à un code propre au milieu carcéral. Traiter un codétenu de «cochon» ou de «rat» est considéré comme une provocation pouvant entraîner la mort. S’adresser à un gardien comme un ami est une erreur grave. Il existe plein de petites choses qui, sous des apparences anodines, cachent des problèmes potentiels.
Une catégorie de détenus s’adapte plutôt mal à la culture en place: les auteurs de drames passionnels. Par exemple, des pères de famille qui ont sauté les plombs à cause d’un événement dramatique ou d’une accumulation de frustrations. Dans un délire momentané, ils commettent l’irréparable. Ces condamnés sont dénom-més citoyens en prison. Ils ne connaissent pas la barrière qui existe entre les gardiens et les autres détenus. Ces citoyens croient à tort que les gardiens sont là pour les aider. Ceux-ci profitent de leur naïveté pour soutirer des informations. Ce faisant, ils ne réalisent pas les risques auxquels ils s’exposent.
Le mandat des gardiens est d’empêcher les détenus de s’é-chapper pour protéger le public. Le bien-être du détenu n’est pas inclus dans ce mandat. Quand un gardien adoucit la détention d’un prisonnier, c’est pour améliorer sa propre qualité de vie au travail. Un détenu satisfait est moins provoquant ou injurieux envers les gardiens.
Les histoires reliées à la dangerosité de leur travail sont surfaites. C’est un préjugé que les syndicats utilisent pour revendiquer des salaires plus élevés. Les armes artisanales qu’ils affichent devant les caméras ne sont que de la poudre aux yeux. Au pénitencier, lorsqu’un incident violent survient, c’est généralement entre les détenus. Il y a tellement de caméras de surveillance au pénitencier que ceux qui passent à l’acte sont pratiquement toujours pris.
Le pénitencier Leclerc est connu pour ses récidivistes et ses motards criminalisés. Pourtant, de jeunes secrétaires traversent souvent la cour intérieure alors que des centaines de détenus s’y trouvent.
Trop souvent, les gardiens qui désirent des augmentations de salaire poussent les détenus à bout, en utilisant différents stratagèmes. Retarder les repas, faire attendre les familles qui visitent leurs proches, déclencher des fouilles en brisant des choses personnelles, etc. Puis, lorsqu’un détenu crache sur un gardien, ce qui est extrêmement rare, on le transfère dans une prison à sécurité «super maximum». L’évé-nement est considéré comme un assaut. Cela donne du poids à leurs revendications. Les gardiens ont beau jeu: qui nous accorderait de la crédibilité? Ils se permettent des libertés et utilisent les détenus comme boucs émissaires.
Si on comparait leur travail aux dangers qu’affrontent les chauffeurs d’autobus, de taxis ou même les facteurs, on constaterait rapidement que le travail d’un gardien est une vraie sinécure. Beaucoup d’universitaires traînent leurs travaux et complètent leurs devoirs pendant leur quart de travail. J’ai personnellement émis des plaintes pour que les membres du personnel ne lisent pas de magazines, de journaux ou écoutent la télévision pendant leur quart de travail.
Le jour où les détenus seront récompensés pour l’amélioration de leurs comportements plutôt que pour les informations qu’ils donnent, le travail de gardien pourra retrouver un peu plus de dignité. La victime de ce marchandage restera toujours la sécurité du public.
Si la majorité des détenus provient de milieux dysfonctionnels et pauvres où leur voix n’a jamais été entendue, cela ne change pas lorsqu’ils arrivent au pénitencier.
Protection des automobilistes
L’APA à la rescousse
Cidieu Junior Régismé, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
L’Association pour la protection des automobilistes (APA), un organisme privé sans but lucratif situé à Montréal et à Toronto, regroupe des conseillers répondant aux appels d’automobilistes curieux, impuissants, indignés ou frustrés. Leurs principales fonctions sont:
1) de conseiller les consommateurs dans leurs démarches de location ou d’achat de véhicules ou de polices d’assurance.
2) de les assister à résoudre leurs problèmes ou litiges automobiles.
3) de les référer aux services mécaniques recommandés (ex.: inspection et réparation), etc.
La mise en situation suivante est un exemple d’une problématique pouvant être soumise aux conseillers de l’APA :
J’ai acheté une auto neuve chez un concessionnaire XYZ le 16 septembre 2006. Ayant déboursé 1,240$ de frais de transport et préparation, j’ai pris livraison du véhicule le 4 octobre 2006. La semaine suivante, le lave-glace est vide! Y a-t-il véritablement eu préparation ? Si oui, fut-elle adéquatement exécutée?
Trois semaines après, mon véhicule accélère aléatoirement lorsque j’enlève mon pied de la pédale à gaz et la transmission glisse quelquefois. Je remise mon automobile pour le temps de mon absence du pays. Le 12 février 2007, j’avise mon mécanicien des problèmes encourus. Celui-ci l’inspecte et m’avise que la transmission doit être remplacée, réparation effectuée le 22 février.
Une dizaine de jours plus tard, mon récent problème de transmission réapparaît. Le 16 mars, plusieurs témoins lumineux du tableau de bord, incluant celui du moteur, s’allument. L’auto retourne ensuite au garage pour une semaine complète le 25 mars. On m’informe alors que la transmission doit être reprogrammée, les supports des plaquettes doivent être remplacés et le tableau de bord doit être démonté afin d’isoler un bruit inhabituel de craquement.
Notez que même pour les non-membres de l’APA, plusieurs services sont offerts gratuitement contrairement à une consultation avec un avocat expert en droit de la consommation automobile. Évidemment, les consommateurs sont reconnaissants et satisfaits de l’aide offerte. Par ailleurs, pour contrer toute accusation de pratique illégale de la profession d’avocat (conseiller juridique), les conseillers automobiles de l’APA délèguent, entre autres, les cas juridiques à leurs avocats.
En conclusion, dans le but d’éviter certains soucis automobiles, contactez donc l’APA préalablement à toute entente contractuelle. Il est également raisonnable de consulter cet organisme avant d’entreprendre des démarches pour régler un problème automobile. Les conseillers de l’APA pourront notamment vous aider à :
- évaluer la valeur marchande d’un véhicule (prix de liste);
- inspecter une automobile. Un mécanicien se déplace dans la grande région de Montréal pour procéder à toute inspection (mécanique et carrosserie);
- déterminer le prix coûtant d’un véhicule (prix payé par un concessionnaire au manufacturier), ce qui s’avère utile lors de négociations avant achat;
- importer un véhicule des États-Unis sans avoir à voyager ni à vous préoccuper d’une procédure administrative lourde et méconnue;
- obtenir des prix avantageux d’achat ou de location d’automobiles neuves;
- trouver un garagiste fiable et expérimenté;
- résoudre un quelconque problème ou litige automobile;
- vous soutenir dans vos démarches judiciaires;
- vérifier la fiabilité d’un véhicule;
- vous orienter vers la ressource qui pourra le mieux répondre à votre interrogation ou solutionner votre problème;
- profiter d’une panoplie de réductions sur, entre autres, les pièces automobiles, le toilettage intérieur, les traitements antirouille de qualité, etc.
Un consommateur dûment conseillé et averti évitera ainsi certaines erreurs susceptibles de miner non seulement son moral mais également son portefeuille…
Pour rejoindre l’APA : (514)272-5555
Chronique À la découverte des magazines d’ici
Et si on changeait le monde
Gabriel Alexandre Gosselin, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Initié par l’Institut du Nouveau Monde (INM), À go s’est donné une mission: montrer aux Québécois qu’entreprendre et engagement citoyen peuvent aller de pair. Un défi difficile à relever. Mais pour l’équipe du magazine, tous membres actifs de l’INM, rien n’est à l’épreuve des idées novatrices.
L’apparition du magazine À go commence lors de l’édition 2005 de l’École d’été de l’INM. Pendant ces événements, des jeunes de partout au Québec se réunissent pour discuter, débattre et proposer de nouvelles idées face aux enjeux qui les préoccupent.
En 2005, l’INM lance comme défi aux participants à cette école de citoyenneté de créer des projets concrets pour changer le monde. En réponse à cette activité, Marie-France Bazzo suit 4 de ces projets pendant 1 an à Indicatif présent, sur les ondes radiophoniques de Radio-Canada. Un constat s’impose: sur les 38 projets présentés lors de l’École d’été, seulement 5 ont été réalisés: «On s’est rendu compte qu’il y avait une volonté chez les jeunes, mais que peu d’entre eux passaient à l’action», relate Sophie Gélinas, une des cofondatrices du magazine.
Entrepreneuriat social
C’est alors que Miriam Fahmy et Sophie Gélinas découvrent le concept d’entrepreneuriat social. Qu’est-ce que l’entrepreneuriat social? «Son objectif est de mettre en œuvre, par le biais de l’entreprise, des solutions concrètes pour contrer une problématique sociale ou environnementale précise», explique Sophie, qui donne aujourd’hui des conférences sur le sujet. L’entreprise sociale prend plusieurs formes: compagnie privée, coopérative ou organisme à but non lucratif.
C’est avec un désir de mettre de l’avant des valeurs, la conviction de vouloir changer le monde et des pratiques concrètes validées par la communauté concernée qu’une entreprise sociale voit le jour: «Contrairement à la génération précédente, notre génération va préférer réaliser ses idéaux au quotidien. On va plutôt s’impliquer personnellement en recyclant, en faisant du vélo. C’est ça l’entrepreneuriat social: une initiative individuelle qui veut être au service de la communauté», croit Sophie Gélinas.
Basées sur ce concept, Miriam et Sophie entreprennent alors avec l’INM la création d’une publication qui révélerait au grand public les nombreuses facettes de l’entrepreneuriat social au Québec et ailleurs.
Motiver la jeunesse
Selon Sophie Gélinas, À go n’est pas un simple magazine d’information: «La publication s’inscrit dans la mentalité de l’INM: informer, débattre, proposer, agir. On veut montrer qu’il existe des gens qui réussissent en entrepreneuriat social. Non seulement en créant leur propre entreprise, mais en la mettant au service de la communauté. Et cela dans différents milieux d’intervention.»
Plusieurs angles sont utilisés pour passer le message: les solutions entrepreneuriales qui existent en réponse aux problématiques sociales, des points de repère pour lancer une entreprise à répercussion sociale, les jeunes qui s’investissent pour leur cause. On y présente aussi les grandes personnalités de l’entrepreneuriat social, telles que Muhammad Yunus, fondateur d’une banque populaire spécialisée dans le microcrédit pour petites entreprises, ou encore le Dr Gilles Julien, qui a inventé le concept de pédiatrie sociale.
«Le but du magazine est d’inspirer, en utilisant l’utopie de l’entrepreneuriat social ainsi que son côté pragmatique. On veut détruire le stéréotype de l’homme d’affaires avec sa mallette et sa cravate», précise Sophie Gélinas.
À go, on part!
Le magazine À go n’en est qu’à ses débuts. Une seule publication a vu le jour depuis sa création en août dernier. On remarque, dans cette première édition, un magazine de qualité, autant visuelle que rédactionnelle.
D’ailleurs, plusieurs noms participent au magazine: Michel Venne, ancien chroniqueur au Devoir, François Cardinal de La Presse et de La vie en vert diffusé à Télé-Québec, ainsi que Patrick Lagacé, également à La Presse et aux Francs-Tireurs à Télé-Québec. Sophie Gélinas dévoile une stratégie derrière ces big shots: «En ayant des personnalités médiatiques connues qui participent activement au projet, on enlève du même coup la marginalité qui peut être associée à l’entrepreneuriat social.»
La fréquence de publication ainsi que sa forme sont indéterminés pour l’instant. «On ne sait pas exactement la direction que va prendre le magazine. On envisage actuellement de nous allier aux médias de grande envergure pour frapper encore plus fort», explique Sophie Gélinas. «On ne s’impose pas de formes. De toute façon, à l’INM, on a toujours plein d’idées», conclut-elle.
Le magazine À go est en vente pour 8,50$ sur le site internet de l’INM: www.inm.qc.ca
Encadré
À go on change le monde!
À go est un produit du programme À go on change le monde. Créé en collaboration avec la Caisse d’économie solidaire Desjardins, le programme vise à valoriser, soutenir et stimuler les jeunes entrepreneurs sociaux. À go on change le monde! outille les jeunes entrepreneurs sociaux en leur offrant des formations, des conseils, du soutien financier et un accès à plusieurs réseaux. Un service d’accompagnement, une trousse de réalisation de projet ainsi qu’un Club des entrepreneurs sociaux sont également des activités proposées.
www.agoonchangelemonde.qc.ca
L’aventure de la cinquantaine
Gabriel Alexandre Gosselin, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Quand on a 50 ans et qu’on cherche à secouer notre routine, quelle est la meilleure option? Pour Claudette Hade, 51 ans, la réponse à cette question était évidente: partir faire de l’aide humanitaire dans un pays en développement.
«À 50 ans, je me considérais à la mi-temps de ma vie. Je voulais faire quelque chose qui allait me déstabiliser et je tenais à le faire seule», explique Claudette, mère de deux garçons en début de carrière et mariée à un homme qu’elle chérit. Éducatrice spécialisée depuis nombre d’années, elle décide de prendre quelques mois de congé. Appuyée par ses proches, elle s’inscrit dans un organisme québécois qui œuvre au Guatemala, prend des cours d’espagnol pendant 12 semaines… et s’envole.
Une aventure marquante s’amorce pour cette dame de la Montérégie. Partie avec Casira, un organisme basé à Thetford Mines et dirigé par le père Roger Fortin, elle reviendra au Québec complètement transformée 2 mois plus tard. «Même si j’ai eu 1 mois pour me remettre de mes émotions et suis de retour au travail depuis 3 semaines, je me sens encore dans le mood de mon voyage», raconte-t-elle, visiblement absorbée par ses souvenirs.
Pour qui voulait se conscientiser, rien ne manque de ce côté lors de son séjour à l’étranger. À Mixco, près de la capitale Ciudad de Guatemala, Claudette accompagne et fait de l’animation pour des enfants gravement malades ou atteints du VIH et coopère dans un orphelinat pour garçons. Éducatrice spécialisée de carrière, Claudette se plaît sans hésitation dans ce milieu. Les enfants la captivent. Ses souvenirs sont clairs à ce sujet: «Ils avaient un regard incroyable, les yeux toujours marron avec une espèce de couche d’eau dessus.»
Ensuite, en mission sur la côte est, le travail de bras se met de la partie: corvées quotidiennes, pelletage, cassage de ciment, aide aux agriculteurs locaux, construction de bâtiments, etc. «Les bénévoles du groupes étaient essentiellement des retraités d’un âge assez avancé. On était appelé à faire beaucoup de travail physique, mais on pouvait le faire à notre rythme. De toute façon, les Guatémaltèques étaient toujours contents d’obtenir nos services puisqu’on représentait une main d’œuvre gratuite», précise Claudette.
Par contre, ce n’est pas dans la pitié qu’elle vit son expérience: «Une fois, je récupérais du sable dans un dépotoir pour qu’il soit transformé en ciment. Sur le coup, tu peux trouver désolant que des gens doivent faire ça pour survivre. Moi, je riais. Je riais comme une bonne en tamisant mon sable. Je trouvais ça enrichissant, j’avais l’impression de faire quelque chose d’important!» raconte cette femme joviale de nature.
Si le travail constitue la majeure partie de son emploi du temps, les rencontres prennent plus de place dans ses souvenirs: «Les gens là-bas sont tellement chaleureux. Ils veulent t’embrasser, te prendre dans leurs bras comme s’ils te connaissaient depuis toujours, décrit-elle. Ils n’ont pas besoin de plus. Une des choses qui m’a le plus marquée, ce sont les enfants gravement malades qui souriaient et semblaient heureux comme si rien de grave ne leur arrivait.»
«La richesse de ces gens, c’est le temps. Ce qu’ils recherchent, c’est un toit où se loger et de la nourriture», poursuit-elle. Pour Claudette, ce constat en amène automatiquement un autre: ses besoins dans la vie de tous les jours sont-ils exagérés? «Notre richesse à nous nous permet de nous procurer une belle montre en or, mais on n’a même pas le temps de regarder l’heure tellement on est toujours pressés» image-t-elle habilement.
Aujourd’hui, Claudette sait que cette expérience constitue un tournant dans sa vie. Espère-t-elle répéter l’expérience? «Certainement. Ma retraite approche à petits pas. Et si j’ai un conseil à donner, c’est qu’il faut rester actif dans la retraite et ne pas se vautrer dans le monde du plaisir. Il faut continuer à trouver un sens pratique à notre vie. Sinon, on finit inévitablement par se sentir inutile.»
Le mot de Marilou - Retraite
Apprivoiser la mort
Marilou, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Comment réagir? Le médecin avise mon mari qu’il a le cancer. Sa fête de retraité a lieu dans trois jours. Nous recevons la famille pour Noël dans trois semaines. Nous avons décidé de garder le silence. Les fêtes auraient lieu comme prévu. Un cancer ne veut pas dire mort instantanée. Profitons au maximum de ces beaux moments à venir.
J’ai une expérience traumatisante de la maladie. À l’âge de douze ans, j’ai dû arrêter l’école un mois pour surveiller ma mère atteinte de dépression majeure. Sa santé fragile a eu un impact important sur mon adolescence et ma vie de jeune adulte. Ne pouvant me révolter contre ma mère, je faisais des crises de colère qui se retournaient le plus souvent contre moi-même. Je ne savais pas comment exprimer ma douleur, mon désarroi. J’avais peur de la vie. J’avais peur que cette souffrance n’ait plus de fin. Je ne voulais pas avoir d’enfants de peur de leur faire subir le même sort.
Lorsque j’ai rencontré mon conjoint, il a identifié mes difficultés à reconnaître mes sentiments, à les accepter et à les exprimer sans me blesser et sans blesser les autres. Il était confiant qu’avec le soutien approprié, je pourrais me reconstruire. Il m’a appris à faire de mon mieux en toutes circonstances.
J’ai beaucoup lu pour faire face à la maladie de mon mari et pour l’aider. Ça m’a aidée à reconnaître les symptômes de détresse émotionnelle, d’anxiété, de dépression et d’agressivité. Cela se fait en analysant la façon dont on se sent, agit, pense et dont notre corps réagit. J’ai pu trouver ma place, faire face à l’instabilité, suivre le programme de mon mari, ne pas lui imposer le mien et m’informer sans devenir une experte.
Mon mari a pu vivre sa maladie comme il l’entendait. Pour lui, la mort fait partie de la vie. Il a choisi de partager l’évolution de sa maladie avec son entourage. À chacune des étapes, il envoyait un message Internet. Tout le monde avait la même information en même temps. Il terminait chaque message sur une note positive même dans les dernières semaines de sa vie. Il a accompli chacun des deuils que sa condition exigeait : conduire, cuisiner, aller en forêt etc. Il a préparé avec soin ses funérailles, afin que moi et les enfants puissions vivre les premiers instants de notre peine sans ces soucis.
La manière de vivre la maladie de mon mari a été très différente de celle de ma mère. Je l’ai vécue avec sérénité, avec tout l’amour dont j’étais capable pour cet être cher qui est parti trop vite.
Des renforts de l’étranger
Olivier Bachand, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
«J’ai longtemps vécu à Montréal alors je ne suis pas surprise de voir un Noir, dit une paroissienne de Sainte-Anne-des-Plaines, Rosyne Gavrilchik. Ce qui m’étonne, c’est plutôt qu’il y en ait un qui soit prêtre dans une petite ville comme ici!»
Bien que marginale pour l’instant, cette situation risque de devenir de plus en plus commune au Québec, alors que la moyenne d’âge des prêtres catholiques atteint 75 ans et que la relève est nettement insuffisante. «Il y a un manque de prêtres dans plusieurs diocèses, confirme le président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), Mgr Martin Veillette. On se demande comment nous allons faire pour remplacer ceux qui partent.»
Les premiers prêtres appelés en renfort de l’étranger sont arrivés à Montréal il y a une quinzaine d’années, indique-t-il. «Ailleurs en province, c’est beaucoup plus récent. C’est quelque chose que l’on voit seulement depuis quatre ou cinq ans.» À l’heure actuelle, guère plus d’une cinquantaine d’aumôniers venus d’ailleurs ont un ministère sous leur responsabilité au Québec.
L’arrivée de ces ecclésiastiques n’est toutefois pas une solution qui plaît à tous. «On fait venir des prêtres qui ne connaissent pas la culture d’ici. Ils tentent d’imposer leur vision des choses et après, ils s’en vont, soutient l’abbé Raymond Gravel, connu pour ses positions allant à l’encontre de celles du Saint-Siège. On a reproché aux missionnaires québécois d’imposer leur culture ailleurs dans le monde. Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de répéter le phénomène inverse.»
Les bonnes relations entre les prêtres issus de l’étranger et leur communauté d’accueil dépendent largement des qualités personnelles du nouvel aumônier, estime le président de l’AECQ. «Dans certains cas, l’intégration se fait bien, alors que d’autres ont plus de difficulté et n’obtiennent pas le même succès.»
À Sainte-Anne-des-Plaines, le curé Urbain Mumina a su s’intégrer à la population et semble fort apprécié des paroissiens. Comme quoi l’expérience peut être bénéfique pour tous, à condition d’y mettre du sien.
Encadrés
Les prêtres étrangers dans la province
À l’extérieur des paroisses montréalaises, les prêtres étrangers se font rares. Le phénomène est si récent qu’aucune statistique officielle n’est disponible à ce sujet.
Selon l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ), les abbés venus d’ailleurs œuvrant à l’extérieur de Montréal sont surtout des Africains, des Haï-tiens et des Latino-américains. Les seules données comptabilisées quant au nombre de prêtres étrangers et leur provenance concernent la métropole.
Les prêtres étrangers à Montréal
Afrique: 26
Amérique latine: 2
Asie: 4
Europe: 10
Haïti: 4
Proche-Orient: 3
Missionnaires nouveau genre
Olivier Bachand, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Quelque 150 paroissiens prennent place sur les vieux bancs de bois de l’église de Sainte-Anne-des-Plaines, dans les Laurentides. La messe est sur le point de commencer. L’orgue finit par souffler ses premières notes, coup d’envoi d’une procession qui s’amorce à l’arrière de l’église. À la queue du cortège, le curé ne passe pas inaperçu. Sa soutane blanche contraste avec sa peau noire.
«Ça ne m’a pas inquiété d’arriver dans la paroisse, même si je savais qu’il n’y avait pas beaucoup de Noirs, confie l’abbé Urbain Mumina, un Africain. Ça m’a plutôt surpris qu’une ville de la taille de Sainte-Anne-des-Plaines n’ait pas beaucoup de minorités visibles.» Arrivé de la République démocratique du Congo il y a près de trois ans, il est le premier curé «de couleur» de l’histoire de la paroisse, fondée en 1787.
L’homme de 47 ans n’avait jamais mis les pieds au Québec avant de venir y exercer ses fonctions ecclésiastiques. Depuis août 2005, il préside la messe dans la municipalité rurale de 13 000 habitants, où les Noirs et autres minorités se comptent pratiquement sur les doigts d’une main.
«J’ai reçu un accueil chaleureux et je me suis vite senti accepté. Dans plusieurs occasions, je suis le seul Noir présent et ça ne me dérange pas, raconte-t-il. Les gens me posent beaucoup de questions sur mon pays et sur ma famille. Ils m’invitent parfois à souper chez eux. Je leur raconte mon histoire et eux me parlent de celle de la paroisse.»
Pour plusieurs fidèles, voir leur église dirigée par un Noir aurait été impensable il y a quelques dizaines d’années. «Quand j’étais jeune, il n’y avait pas de Noirs ici, lance Reina Racine-Fournelle, une dame enracinée à Sainte-Anne-des-Plaines depuis 76 ans. Maintenant, il y en a partout. Je n’ai donc pas été surprise quand le nouveau curé est arrivé… et je le trouve très bien.»
Depuis qu’il a la responsabilité de la paroisse, Urbain Mumina n’a vécu aucune situation désagréable en raison de son origine ethnique. «Jamais personne n’a passé de commentaire négatif à mon endroit… du moins que je sache. De toute façon, je ne tiens compte que des commentaires positifs!»
Chose certaine, la présence d’un prêtre noir n’a pas fait fuir les habitués de l’église du diocèse de Saint-Jérôme. Il y a quelques années seulement, beaucoup moins de croyants allaient y prier le Seigneur. Maintenant, on peut dire avec justesse qu’il y a du monde à la messe. «Tant mieux si ma présence a ramené des gens, il faut rendre grâce à Dieu!», blague le curé.
S’accommoder au Québec
Le plus grand défi qu’a relevé l’abbé depuis son arrivée a été de s’adapter à la réalité de l’Église catholique d’ici. Au Congo, la majorité de la population est toujours pratiquante, contrairement au Québec, où seul un catholique sur dix fréquente la maison de Dieu. «Dans mon pays, quand vous arrivez en retard à l’église, vous devez passer la messe debout, car toutes les places sont occupées, illustre Urbain Mumina. Ici, il y a toujours de la place.»
S’il ne s’attendait pas à voir arriver une foule pour les célébrations dominicales, il croyait néanmoins que plus de fidèles s’y présenteraient. «C’est rare qu’on voit des enfants, des ados ou des jeunes couples, déplore-t-il. Chez moi, les gens de tous les âges sont pratiquants.»
Le degré de ferveur religieuse n’est pas la seule différence entre l’Église catholique congolaise et québécoise. «C’est dans la manière dont nous exprimons notre foi que ça peut être extrêmement différent. Les célébrations liturgiques chez nous, c’est beaucoup plus vivant, engagé, participant avec toute l’assemblée, explique Urbain Mumina. Tout le monde chante et fait des gestes. Des enfants dansent autour de l’autel, ça met de la joie. Ici, c’est beaucoup plus froid.» L’aumônier a tout de même constaté un engouement de ses paroissiens pour une messe plus dynamique. «On a déjà fait venir une chorale congolaise de Montréal à l’église et les gens ont apprécié cette façon de prier.»
Autre distinction, la situation financière de l’Église catholique au Congo est beaucoup plus difficile que celle des églises de la province, indique l’abbé Mumina. «Les moyens d’une paroisse sont très modestes au Congo. C’est inhérent à l’économie du pays. Beaucoup de gens n’ont pas d’emploi et ceux qui travaillent ne gagnent pas grand-chose. On reçoit surtout des dons en nature. Mais on n’a pas à se casser la tête pour le chauffage, il n’y a pas d’hiver!»
Partir ou rester ?
Prêtre depuis plus de 18 ans, Urbain Mumina peut exercer son ministère à Sainte-Anne-des-Plaines en vertu d’une entente intervenue entre son diocèse d’accueil et celui d’Idiofa d’où il vient. Son contrat avec le diocèse de Saint-Jérôme, qui devait prendre fin en juillet prochain, a été reconduit pour trois autres années. «J’ai eu mon mot à dire quant à savoir si je voulais rester ou non. Mon évêque au Congo a aussi eu à se prononcer, tout comme Mgr Cazabon, l’évêque de Saint-Jérôme.»
Malgré les nombreuses différences entre l’Église catholique au Québec et au Congo, l’abbé Mumina s’est bien accoutumé à la Belle Province et y poursuivra donc sa mission. «Je veux continuer d’aider l’Église d’ici, qui a plus besoin de moi que celle du Congo. Il n’y a pas assez de prêtres et ceux qui sont en place ont un âge avancé (voir autre texte). Ce n’est pas pour rien qu’on ferme des églises et qu’on regroupe des paroisses, fait-il valoir. L’Afrique a reçu beaucoup de missionnaires des pays occidentaux. C’est maintenant à notre tour d’être missionnaires pour les Églises d’Occident.»
Encradré
Le Québec et l’Église catholique
Plus de six millions de Québécois sont catholiques, mais seulement 10% d’entre eux sont pratiquants. La province compte quelque 2 100 prêtres encore actifs, âgés en moyenne de 75 ans. On recense plus de 1 700 paroisses et missions réparties dans 22 diocèses sur le territoire québécois.
PHOTO-REPORTAGE DE CE TEXTE.
Décrocher pour raccrocher
Ghylaine, Abitibi, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Mon neveu Jean en arrache avec ses études. Incapable d’envisager de terminer son secondaire, sa mère Jacqueline me confie son désarroi. Elle voudrait tellement qu’il finisse au moins son secondaire.
Jacqueline voulait se servir de son autorité pour forcer Jean à terminer son secondaire. Voyant toutes les difficultés que celui-ci avait à l’école, je me permets de lui proposer de le laisser faire ses choix et de respecter son rythme.
Jean décide de quitter l’école. Il se trouve un petit boulot. Après quelques années, il veut faire mieux. De son propre chef, il décide de s’inscrire à l’Éducation aux adultes. Il termine son secondaire et apprend un métier. Volontaire pour atteindre son objectif, même s’il a fallu qu’il travaille fort, cela ne s’est pas fait dans la confrontation avec Jacqueline.
Fier du chemin qu’il a parcouru, il a aujourd’hui un bon emploi. Je me suis toujours demandé comment il aurait réagi et ce qu’il serait devenu si Jacqueline l’avait forcé à terminer son secondaire au moment où lui ne se sentait pas prêt à le faire.
Ressources
Entre la rue et l’école
(514)355-4689
Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage scolaire (ROCQLD)
(514)387-0716
ou 1-866-387-0716
Décrocher… un doctorat
Christian Bergeron, Québec, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Dernièrement, mon cousin s’est enlevé la vie. Plusieurs questions demeureront sans réponses. Lorsqu’on perd une personne chère, on se remémore notre histoire personnelle et familiale. On pense généralement aux beaux moments.
Plusieurs jeunes provenant des régions souffrent d’un mal de vivre. Pourquoi? Pour plusieurs raisons. Mais le suicide demeure tabou à bien des égards en région. Mon cousin avait des difficultés d’apprentissage. Il se préparait à un retour aux études à 32 ans. Nous sommes tous les deux natifs de la Côte-Nord. Son suicide me rappelle mon histoire de vie.
Vers la fin de mon 5e secondaire, le directeur de la polyvalente m’avait expulsé pour diverses raisons, dont mes nombreuses absences non motivées. J’ai vécu cela comme un ultime rejet. Cela me ramenait aux nombreux échecs qui ont marqué mon enfance et mon adolescence. Je n’excellais pas dans le sport ni dans la musique et encore moins dans toutes les autres matières! Bref, j’ai toujours détesté l’école. Lorsqu’on ne performe pas comme la moyenne des étudiants, on doit alors apprendre à vivre avec les jugements et remarques désobligeantes des amis, des professeurs et même des orienteurs scolaires.
À cette période, le décrochage scolaire n’était pas encore un fléau comme nous le connaissons maintenant. Cependant, je portais les étiquettes d’un malaise diffus face auquel personne ne savait vraiment quoi faire. Lorsque tout le monde perd espoir en tes capacités d’apprentissage, tu fais comme le conseiller en orientation te dit. Tu te trouves un travail manuel. Durant trois années, j’ai travaillé comme commis dans une pharmacie. Cependant, le désir de terminer mon 5e secondaire me hantait. J’ai entrepris le long parcours d’un retour aux études à l’Éducation aux adultes.
Ma ténacité à terminer mon secondaire m’a donné une énergie nouvelle à foncer malgré les obstacles. En 2001, presque dix ans après mon décrochage scolaire, je m’inscris à l’Université Laval comme candidat adulte. J’ai participé à l’exode des jeunes des régions. À cette époque, on commençait à s’inquiéter de ce mouvement vers les grands centres. Pour moi, changer de réseaux et de région a été salvateur.
Est-ce que le système scolaire est responsable de mes échecs? En partie. Je suis un enfant des nombreuses réformes où les parents, comme les professeurs, ont perdu les repères nécessaires à la réussite scolaire. J’ai mes responsabilités, mes parents également, mais il faut cesser d’imposer un modèle unique de parcours scolaire. En 2004-2005, quatre élèves sur 10 n’ont pas terminé dans les délais prévus leur 5e secondaire…
Voilà maintenant huit ans que je suis inscrit à l’université et je complète actuellement un doctorat. Malgré l’adversité et le jugement des autres, j’ai réussi à gravir les échelons afin de faire ce que j’aime dans la vie: la recherche, et transmettre aux autres mes connaissances.
D’après vous, quel diplôme d’études fut le plus difficile à compléter? Le baccalauréat? La maîtrise? Non, le diplôme d’études secondaires!
Carrière
Faire des choix à 15 ans
Brigitte Fafard, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
L’école secondaire de notre fils de 15 ans nous a convoqués pour nous parler d’un choix en mathématique qu’il doit faire dès maintenant pour l’an prochain (4e secondaire) et qui sera déterminant pour son avenir.
Quel choix conviendrait le mieux à notre fils?
- Culture, société et technique
- Technico-sciences
- Sciences naturelles
Pour être en mesure de choisir, mon fils doit savoir ce qu’il aimerait faire dans la vie. Il ne le sait pas encore. Un jour c’est pilote ou policier, un autre, c’est journaliste sportif, médecin ou enseignant d’histoire ou de philosophie et j’en passe.
Quel choix nous propose-t-on pour éviter de le «catégoriser», pour lui permettre d’avoir encore le temps de choisir tout en se gardant des portes ouvertes dans tous les domaines que peut nous proposer notre planète? Nous avons très peur que l’école le confine dans une orientation qui l’empêchera d’accéder à plus lorsqu’il sera plus mature, capable de savoir ce qui le rendra heureux.
L’école nous demande de nous asseoir dès maintenant avec notre fils, sa conseillère scolaire et son professeur de mathématique (qui ne le connaissent que depuis septembre) afin de cerner ses motivations. Qu’est-ce qui l’intéresse? Qu’est-ce qui est dans son intérêt supérieur? Quelles sont ses forces et ses capacités? Comment apprend-il? Que doit-il améliorer?
Mais voilà, il apprend encore, notre Guillaume. Tout l’intéresse et tout ce qu’il apprend est dans son intérêt. Il est malléable aux diverses méthodes, il est une éponge de connaissances générales, il est curieux des différences, il est à la recherche de ce qui lui ressemble.
Pour lui permettre de construire sa personnalité et de développer son identité, il a besoin autant de situations concrètes issues de la vie que de situations ayant un lien avec le domaine des sciences.
N’est-ce pas là le rôle et la responsabilité de l’école, de la société et de la famille vis-à-vis un adolescent de 15 ans, que de s’assurer de bien le nourrir afin de lui permettre, le moment venu, de poser lui-même son propre diagnostic sur ce qui lui conviendrait le mieux?
Je refuse de choisir maintenant. Je refuse de porter la responsabilité qu’un tel choix aura dans ses études post-secondaires. Je refuse de le confiner dans une «catégorie».
Je souhaiterais que l’école offre à Guillaume l’opportunité de toucher à toutes les options de mathématiques pour lui permettre d’ouvrir toutes les portes de son avenir. Je souhaiterais que l’école joue son rôle de pourvoyeur de connaissances générales pour permettre à mon fils, citoyen de demain, de devenir…
Et les grands dans tout ça?
Gabriel Alexandre Gosselin, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Des enfants préparent eux-mêmes une émission de radio. L’appui et l’engagement de professionnels est primordial dans un tel projet. À Radio-Enfants, des adultes se donnent corps et âme à l’accomplissement des émissions. Coup d’œil sur l’implication de ces «grands» dans une activité 100 % enfants!
Radio Centre-Ville diffuse chaque mercredi l’émission Radio-Enfants. Mais là ne s’arrête pas les efforts du média communautaire pour venir en aide aux jeunes. 4 employés de la chaîne se sont portés volontaires pour soutenir les groupes scolaires dans la préparation et la mise en ondes de leur plage horaire.
Tout comme les jeunes dans le projet, chacun de ces adultes tient un rôle. Marc De Roussan est coordonnateur et chef de file. Sur place à chaque diffusion, il s’assure que tout se déroule dans les règles de l’art radiophonique. Décontracté, il encourage et conseille les jeunes qui sont aux micros: «Je prends ça cool, parce que si j’étais stressé, ce serait encore plus énervant pour ces enfants qui passent en ondes en direct», explique-t-il avant que le technicien lance l’appel au silence.
Coralie Dumoulin et Rodrigo Ortega, quant à eux, assument la réalisation. En plus de coordonner les activités le jour de l’émission, ils se déplacent dans les écoles pendant 6 semaines avant la mise en ondes, à raison de 2 heures par semaine. Ils préparent avec les enfants le contenu de leur émission ainsi que son déroulement et les initient aux réalités de la radio. «Il reste que c’est toujours eux qui mettent l’ambiance et leur touche personnelle», tient à préciser Coralie Dumoulin, enthousiaste de participer à sa première expérience à Radio-Enfants cette année.
Miguel Greco, de son côté, se trouve à la console. Il assiste le jeune attitré au poste de technicien sonore. Un gros contrat puisque l’enfant n’a jamais eu affaire à une machine munie d’autant de boutons. Miguel doit donc s’assurer d’avance que ce jeune est à l’aise avec la technique de la console et qu’il comprend l’importance de la coordination que son rôle comporte.
Outre Radio Centre-Ville, les ensei-gnants jouent un rôle important dans la préparation du projet. Bien avant l’émission, ils accompagnent quotidiennement leurs jeunes en les dirigeant dans leurs choix rédactionnels. Catherine Desjardins, professeure à Victor-Rousseleau, note les avantages d’une telle implication: «c’est sûr que ça me rapproche de mes élèves. C’est en plus un soulagement et une fierté pour eux de mener tout ça à terme, ici, aujourd’hui!», s’exclame-t-elle, presque à bout de souffle après avoir longuement soutenu sa classe dans ce projet.
Défi en direct
Gabriel Alexandre Gosselin, Volume 16, no. 4, Avril-Mai 2008
Des enfants sont assis autour d’une table ronde. Des micros sont suspendus devant eux. Le réalisateur donne le signal.
3, 2, 1,
L’émission peut commencer
«Bienvenue sur les ondes de Radio-Enfants!»
Mercredi matin, Montréal. Un groupe d’élèves de 8 à 12 ans envahit la bibliothèque du quar-tier. Après installation du matériel radiophonique, ils se placent devant les micros. 9h tapant, c’est l’heure!: après 6 semaines intensives de préparation, ils se confient enfin aux oreilles de la métropole.
Chaque année, 18 classes de 18 écoles différentes participent au projet Radio-Enfants, une initiative de Radio Centre-Ville, du Programme de soutien à l’école montréalaise et en collaboration avec les bibliothèques de quartier. Les établissements sélectionnés proviennent de milieux défavorisés. Les élèves ont souvent le français comme langue seconde.
L’objectif: une émission de 2 heures en direct sur les ondes du média communautaire. Un défi de taille qu
