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Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, journaliste
Dimanche le 11 mai, finalement, Danielle et moi avons réussi, avec plus d’un mois de retard, à pouvoir rencontrer Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville.
Cet événement mérite une entrée en matière. Pendant près de 2 années, Danielle et moi avons été bénévole à l’institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Nous y avons fait plusieurs rencontres, dont celle de Jean-Pierre.
Jean-Pierre a régulièrement envoyé des lettres à des médias. Si elles ont été publié, ça n’a été que dans de rares occasions. En apprenant que nous étions aussi impliqué dans le magazine Reflet de Société, Jean-Pierre nous présente quelques textes déjà écrit. J’ai dû refuser les textes présentés.
J’ai encouragé Jean-Pierre a continué d’écrire. J’ai aussi refusé ceux qu’il a écrit pendant les premiers mois qui ont suivi. Jean-Pierre écoutait les nouvelles télévisées, lisaient plusieurs quotidiens… Il était saturé d’informations de toutes sortes. Son opinion sur la guerre en Afghanistan n’était pas crédible et n’apportait rien de nouveau dans le débat.
Au printemps 2006, j’assiste à une journée de remerciement pour les bénévoles. J’ai l’occasion de manger à la cafétéria avec les autres prisonniers et de passer une journée complète avec eux. J’ai pu ainsi rencontrer les prisonniers responsables des différentes activités. Pour l’occasion, plusieurs d’entre-eux avaient écrit des textes de remerciement pour les bénévoles. Les textes de Pascal, Éric, Pat, Benoît, Jean-Pierre et d’un 2e Éric étaient affichés sur un grand carton.
J’avais été touché par cette reconnaissance que les prisonniers ont témoigné envers les bénévoles qui viennent les visiter. Dans nos vies tumultueuses, la visite d’un ami peut facilement être prise pour acquise. Dans une prison fédérale, quand quelqu’un vient te visiter, même un étranger que tu ne connais pas encore, tu apprécies son geste, le temps qu’il t’offre. Un instant de relation, une parole d’encouragement prennent un sens magique.
Lors de ma rencontre suivantee, Jean-Pierre me remet le grand carton avec tous ces textes de remerciement. Celui-ci est encore installé dans mon bureau. En août 2006, avec l’autorisation de Jean-Pierre et de ses collègues, je publie dans Reflet de Société les textes qu’ils ont écrit. En remettant des exemplaires de ce numéro aux différents prisonniers, une flamme illumine leur regard. Quelqu’un leur a fait confiance pour les publier. Ils voient leurs noms au bas de leur texte. Ils vont être lu par près de 500 000 lecteurs à travers tout le Québec!
Suite à cette expérience, nous avons réussi à publier plusieurs textes de détenus. Danielle et moi leur proposons d’écrire sur ce qu’ils connaîssent: la prison et leur criminalité. En parlant, non pas comme des spécialistes ou des techniciens, mais au JE, avec leur coeur, leur raison et leur passion.
Quelques chroniques se publient avec plusieurs auteurs différents. Un seul continue avec persévérance. Après sa première publication, Jean-Pierre m’a regardé droit dans les yeux pour me dire: “j’ai compris ce que tu veux. Attends de voir mon prochain texte. À partir d’octobre 2006, Jean-Pierre a débuté sa chronique en solo et n’a pas arrêté depuis.
En 2007, Jean-Pierre se fait transférer à la prison de Cowansville. Notre relation va continuer dans l’écrit. Jean-Pierre continue de m’envoyer ses textes et des lettres personnelles. Je lui retourne des exemplaires avec des mots de Danielle et moi.
En janvier 2008, l’équipe journalistique de Reflet de Société se réunit pour choisir les textes qui seront présentés à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) et pour l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM). Dans la catégorie “Meilleure chronique”, à l’unanimité nous présentons la chronique de Jean-Pierre.
Début avril, j’envoie une lettre à Jean-Pierre lui annonçant qu’il est finaliste pour les Grands Prix de journalisme de l’AQEM. Je lui fait parvenir des copies couleurs de tous les documents qui font mention des résultats. Je commence les démarches pour le rencontrer à la prison de Cowansville. Le 25 avril, ouverture du congrès de l’AMECQ. Nous apprenons que Jean-Pierre y est aussi finaliste. Le lendemain nous apprenons qu’il remporte le premier prix de l’AMECQ pour sa chronique. Le 30 avril, lors de la journée des magazines, j’apprends que Jean-Pierre n’a pas remporté le prix de l’AQEM.
L’enthousiasme est à son comble parmi l’équipe de Reflet de Société et de ses collaborateurs. Nous avons reçu plusieurs mots d’encouragements des autres éditeurs, tout aussi content que nous que Jean-Pierre se soit aussi bien classé.
Les démarches pour visiter Jean-Pierre auront été longues et ardues. Je reçois des formulaires que je remplis. Après quelques semaines d’attente, j’apprends qu’on ne m’a pas fait parvenir les bons formulaires, je dois recommencer les procédures. Prises de photos, enquête… Danielle et moi sommes finalement accepté pour la prison de Cowansville. C’est la 6e prison qui m’accepte. Mais ils n’ont aucun système centralisé, il faut recommencer les enquêtes et les procédures à chaque fois. Pendant tout ce temps, aucune lettre de Jean-Pierre sur ses impressions. Cela m’inquiète un peu.
Nous mettons près d’une heure trente minute pour parcourir les 116 kilomètres qui nous séparent de la prison de Cowansville. Presque le même temps nous sera nécessaire pour franchir les 116 pieds séparant le stationnement de la salle pour rencontrer Jean-Pierre. C’était la fête des mères. Il n’y avait presque personne. À l’heure où nous sommes arrivés, nous étions les seuls à vouloir passer les contrôles de la sécurité.
Jean-Pierre se présente finalement. Il se confond en excuse. Une barbe de plusieurs jours le gêne. Quand je le rencontrais à l’institut Leclerc, il connaissait mes soirées de présence. Il arrivait toujours bien rasé, bien parfumé et bien habillé. Aujourd’hui, malgré son habillement, la joie de nous revoir, la fierté de nous parler de ce qu’il ressent nous font oublier tout le reste.
Jean-Pierre m’avait envoyé une lettre qui ne s’est jamais rendu. Il m’en avait envoyé une 2e le vendredi. Je viens tout juste de la recevoir. À vrai dire, j’attendais cette lettre avant d’écrire mon billet. Nous nous permettons de partager avec vous ces quelques lignes:
Un magnifique bonjour.
Est-il nécessaire de vous décrire à quel point vous m’avez surpris avec votre dernier envoi. Mon égo et surtout ma fierté m’ont fait franchir un nouveau stade dans mon développement personnel. J’étais un homme relativement content. Maintenant, je deviens un être accompli. La reconnaissance par ses pairs est la sensation la plus agréable… après le sexe.
Un gros merci encore une fois de votre confiance et de vos encouragements. J’ai su qu’un journaliste voulait me rencontrer. J’ai accepté de le rencontrer.
Je vous envoie mes salutations. Passez un bel été fleuri. J’ai quelques textes en préparation.
Jean-Pierre Bellemare.
Jean-Pierre a été surpris du nombre de personnes qui sont venu le féliciter pour le travail qu’il a fait. D’autres détenus, des gardiens, des bénévoles, des gens de la chapelle… J’ai voulu lui remettre le trophée que Jean-Pierre avait gagné. La sécurité n’avait pas autorisé que je lui amène. Même pas pour lui montrer. J’ai mis le trophée sur le “scanner” et lui ai amené des photocopies couleurs grandeurs natures. Elles vont orner sa cellule.
Ces retrouvailles à la prison de Cowansville me motive à parcourir de nouveau les 116 kilomètres qui nous séparent. Je vais bousculer mon agenda pour trouver les 5 heures nécessaires pour cette visite d’une heure. Mais je ne dois pas aviser. Parce que Jean-Pierre m’a avisé. Trop de visites rend difficile le retour à la cellule. Cela revigore les souvenirs qu’il y a une vie après la prison et, qu’un jour, ce sera son tour à reprendre une vie de citoyen.
Au plaisir de la prochaine rencontre Jean-Pierre.
Amitiés,
Danielle et Raymond.
Congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ)
Le 27e Congrès des médias écrits communautaires du Québec vient de se terminer. Un week-end qui s’est déroulé à l’hôtel Mont Gabriel à Ste-Adèle. Cette rencontre entre les artisans de la presse communautaire est une occasion pour des retrouvailles, quelques formations et pour reconnaître le travail journalistique de tous ces gens impliqués, souvent bénévolement, pour servir leur communauté.
Personnellement, j’ai assisté à un atelier sur le Web avec Benoît Munger du journal Le Devoir et L’art du portrait avec l’excellent André Ducharme du magazine L’actualité. M. Munger nous a fait découvrir plusieurs fonctions et outils du Web que, malgré le nombre d’heures que je passe devant celui-ci, m’avait encore échappé. M. Munger réussi à rendre intéressante la formation et capter notre attention malgré que la matière soit un peu aride.
J’avais déjà eu l’occasion d’écouter l’atelier d’André Ducharme. Mais on ne peut se tanner d’écouter un journaliste d’expérience comme lui. On en apprend encore et encore. La passion d’André Ducharme pour le portrait le rend attrayant et intéressant à écouter.
Pendant ce temps, Danielle, co-directrice de l’organisme et spécialiste des équipements et logiciels s’est amusé dans les ateliers de conception graphique, autant pour les magazines que pour les tabloids. Elle a pris des notes qui vont être discutés avec l’équipe et qui devraient amener quelques changements dans le magazine.
Pour la remise des prix, je profite de cette occasion pour souligner les prix remportés par l’équipe de Reflet de Société. Dans la catégorie entrevue, Annie Mathieu pour son texte Le SIDA tue encore avec le docteur Réjean Thomas. Dans la catégorie chronique, Jean-Pierre Bellemare, notre chroniqueur de la prison de Cowansville pour son texte Pas banale la vie carcérale. Et finalement, une deuxième place pour Dominic Desmarais dans la catégorie reportage pour Le vin québécois fait son chemin.
Avec ces 3 prix, cela a permis à Reflet de Société d’être 3e pour le média communautaire de l’année, devancé par Graffici de Gaspésie et le Mouton Noir du bas du fleuve. Nous profitons de l’occasion pour les féliciter pour leur travail et cette reconnaissance de leurs pairs.
Le congrès s’est terminé avec une conférence de Laurence Poole de Sherbrooke. Cette conférence de motivation et de leadership a été une vraie révélation pour notre équipe. Je reviendrais sous peu pour vous en faire part avec plus de détails.
Pas banale la vie carcérale
Jean-Pierre Bellemare vient de quitter l’Institut Leclerc. Il a été transféré à la prison de Cowansville.
Parce que nous, les prisonniers, vivons dans un milieu fermé, nous apprenons à nous connaître en détails très rapidement. Les gens qui m’entourent possèdent tous un bagage personnel très intéressant. Il est pratiquement impossible de s’ennuyer lorsqu’un compagnon d’infortune raconte son vécu.
Tous ceux qui ont fait la première page des journaux se retrouvent ici. On est en mesure de vérifier les allégations des journalistes avec les personnes directement concernées. On réalise que, trop souvent, les médias déforment la réalité pour la rendre plus attrayante aux lecteurs. On découvre l’envers de la médaille expliquant ces comportements qui semblent, à prime abord, incompréhensibles. Surtout si l’on ne se fie qu’aux journaux qui sombrent trop facilement dans le sensationnalisme.
“Il a reçu 25 coups de couteau.” Pourquoi autant d’acharnement? Cette façon de communiquer la nouvelle est vendeuse. Pour moi, qui me trouve en prison et qui rencontre l’auteur de ces actes, je comprends mieux les raisons qui l’ont mené à réagir de la sorte. Je prends le temps de l’écouter me raconter le calvaire des 18 ans où il a été abusé sexuellement par la “supposée victime”, sa faillite psychologique qui explique la perte de contrôle, l’expression d’une douleur si grande, si forte, si puissante que la raison a fait place à la folie, une sorte de black-out.
À l’intérieur des murs, j’ai l’impression qu’on a l’occasion de connaître ceux qui font l’actualité québécoise de façon beaucoup plus objective. C’est généralement une suite consécutive de malheurs, d’échecs, d’abandons, de solitudes qui font glisser inexorablement un tel individu vers la surdose, le suicide, l’agression, voire le meurtre.
Cette façon d’exprimer sa douleur est un exutoire aux conséquences catas-trophiques pour tous. Cette souffrance s’exprime par des actes abominables pour la simple raison qu’elle est insupportable. Une personne en feu peut se jeter en bas d’un édifice seulement pour éviter de ressentir la douleur intense l’envahir. Imaginez-vous en train de subir cette douleur qui brûle à l’intérieur de soi…
Je reviens à l’intensité de la vie carcérale, celle de fréquenter ces gars avec qui on ne s’ennuie jamais. D’être continuellement surveillés par des gardes armés nous questionne sérieusement sur notre criminalité. Une sécurité de plusieurs millions de dollars autour de nous finit par créer un effet certain dans notre esprit. Être entouré de gars qui vivent des dépressions les unes après les autres, des psychoses, des complexes aigus ou de sérieux troubles de personnalité égaye une journée comme vous ne pouvez pas l’imaginer. Dans le même après-midi, on rencontre toute la gamme de criminels inimaginables avec leur propre façon de se comporter. Lorsqu’on a un conflit avec l’un d’eux, toutes les surprises sont possibles, et elles ne s’avèrent pas toujours agréables!
Vivre aussi intensément pendant plusieurs années augmente la difficulté à se réhabiliter et à retrouver sa place en société. Le premier obstacle est une sorte de morosité qui s’installe. La quiétude, qui est recherchée par la majorité des gens, est effrayante pour un gars de prison. Elle représente pour lui le moment avant un meurtre, le moment avant la fouille générale, le moment avant l’émeute.
Le silence en prison est très rare. Lorsqu’il se présente, cela ne présage jamais rien de bon. Voilà peut-être, en partie, pourquoi nous avons de la difficulté à nous réinsérer. Vous seriez étonné des effets secondaires que peut créer une longue période d’incarcération.
Vivre intensément peut paraître grisant lorsqu’on pratique un sport ou quand on triche sa femme pour la première fois. Mais, une longue période d’incarcération cause des dommages dans la façon de percevoir le quotidien et son silence.
*Tous mes textes sont soumis à des codétenus pour être jugés avant publication.
Autres chronique de Jean-Pierre Bellemare.
Gaspésienne et Gaspésien vivant hors Gaspésie recherché par Graffici
Je suis présentement au congrès des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ). Je viens de rencontrer Frédéric Vincent, le directeur du magazine gaspésien Graffici.
Le magazine Graffiti couvre l’ensemble de la Gaspésie depuis 7 ans. Tous les Gaspésiennes et Gaspésiennes reçoivent ce magazine culturel par la poste. Le rêve et l’objectif de Frédéric est de pouvoir rejoindre l’ensemble des Gaspésiennes et Gaspésiens qui ont quitté la Gaspésie et qui vivent partout à travers le monde.
Je profite de mon blogue pour lancer un appel à tous les gaspésiennes et gaspésiens. Laissez-vous un commentaire avec l’adresse mail de tous gaspésienne et gaspésien que vous connaîssez et qui ont quitté la Gaspésie. Le magazine Graffici veut pouvoir leur envoyer des nouvelles de la Gaspésie par l’intermédiaire d’Internet.
Nous attendons vos adresses mail pour les faire parvenir à Frédéric. Vous pouvez les laisser à la suite de ces textes ou encore nous le faire parvenir sur notre adresse couriel: journal@journaldelarue.ca
Merci de votre coopération.
Suis-je Francophone ou Québécois?
Le 1er avril dernier, j’ai fait un billet sur mes vacances à Vancouver. Un peu lorsque j’avais fait l’an dernier une tournée de conférence en France sur l’intervention auprès des jeunes, j’ai décidé de faire une catégorie qui regrouperait les billets que je vais écrire sur ma visite à Vancouver.
J’ai aussi rajouté une autre catégorie; Francophone hors Québec. Parce que je suis déjà convaincu que ce voyage à Vancouver va stimuler plusieurs textes, non seulement sur ma visite à Vancouver, mais sur d’autres contacts à travers le Canada.
J’ai reçu mercredi trois messages de Paul de la Riva, directeur des communications pour le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Il m’invite à une visite de l’école de Surrey. 500 élèves du primaire à la 12e année. Vous vous imaginez, une école de 500 étudiants, réparti sur les 13 niveaux du primaire à la 12e année. Cela fait une moyenne de 38 étudiants par niveau! C’est la plus grosse école francophone (langue première) de la Colombie-Britannique.
Je suis déjà touché et ébranlé par ce que peuvent vivre les francophones dans un milieu minoritaire. En plus, une école qui a un haut niveau de multiculturalisme. Je suis surpris d’apprendre qu’il y a 40 écoles francophones à travers la Colombie-Britannique.
M. de la Riva veut me présenter les participats du projet “À vélo pour les sans-abri” - une excursion de 500 km pour appuyer les sans-abri tout en sensibilisant les élèves et la communauté à cette triste réalité.
Mais là ou M. de la Riva m’a vraiment touché c’est le lien qu’il m’a transmis sur une vidéo qui présente des étudiants francophones et la mission que le Conseil scolaire francophone s’est donné. On y parle d’identité, de culture, du droit et du privilège de parler en français et d’étudier en français, l’amour de la langue. De quoi ébranlé un grand sensible comme moi.
J’ai été touché par la vision qu’ils se donnent d’une école francophone: “La réussite scolaire c’est une affaire communautaire. La collaboration, c’est une école communautaire, c’est l’occasion de se parler.”
Je me dois de vous citer 3 étudiants de ce vidéo:
Irina: “À l’école francophone, je fais partie d’une communauté spéciale, avec des profs et des élèves qui se respectent et qui ont une même idée.”
Félix: “Le français c’est une opportunité, surtout en milieu francophone.”
Lisa: “Un message aux jeunes francophones ça serait juste d’être fier d’être francophones.”
C’est le premier message que je reçois des gens de Vancouver pour les 15 jours que je vais y passer. Je suis déjà touché et ébranlé. De voir et d’entendre cette fierté de pouvoir parler et étudier en français. Les liens qui se sont tissés autour d’une école francophone en milieu anglophone.
Peut-être parce que je viens de Montréal. Une ville bilingue où la culture américaine vient ébranler et enterrer notre plaisir d’être juste francophone. Peut-être parce que je travaille depuis 16 ans auprès de jeunes de la culture Hip Hop. Une culture bilingue où les Américains ont plus influencé les montréalais que les Français n’ont réussi à le faire. Peut-être aussi parce que je suis contre les méga-écoles qui comptent 2 000 à 3 000 étudiants.
Merci M. de la Riva, pour votre invitation et pour les liens que vous m’avez partagé.
Le Café-Graffiti “ride again”
Cela fait un certain temps que je ne vous ai pas parlé des jeunes du Café-Graffiti. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas des nouveautés à vous annoncer. C’est qu’il y en a trop, je ne sais plus par où commencer.
Animé par une culture urbaine et underground, le Hip Hop, les artistes du Café-Graffiti sont devenus des professionnels dans leur art. Entreprises, agences de communication, festivals internationaux, cinéma… tout le monde fait appel au Café-Graffiti pour avoir accès à des professionnels du Hip Hop.
Dans sa mission de création d’emploi et de réinsertion, le Café-Graffiti représente ces artistes maintenant devenus des professionnels, mais encadrent et soutient la relève, ceux qui seront les artistes de demain.
Que ce soit les vitrines des magasins Simon’s, l’Hôtel alt quartier Dix-30 à Brossard ou encore celui de Québec, l’aréna des Olympiques de Gatineau, les Francofolies, un décor de 10 000 pieds carré pour le Bal en Blanc, les magasins Oakley, la promotion de Volkswagon au Mont St-Anne ou encore celle au Lac Louise en Alberta, je ne réussis même pas à mettre bout-à-bout la liste de tous les contrats où les artistes urbains ont performés.
Vous pouvez voir plusieurs de leurs réalisations sur le site mis-à-jour du Café-Graffiti. J’en profite pour mentionner que l’organisme n’est pas subventionné. C’est à partir des abonnements à la revue Reflet de Société que nous pouvons continuer notre soutien aux jeunes. Pour la venue du printemps, le Café-Graffiti vous offre aussi un souvenir pour montrer votre soutien à la cause.
Suicide d’un homme de 70 ans à sa sortie du Casino de Montréal
Une nouvelle qui a plus d’une semaine déjà. Volontairement, je n’ai pas commenté à chaud cette nouvelle. Tous les médias en parlaient déjà. Je préfère être en avance ou en retard. De toute façon, le suicide et le jeu compulsif fait partie de mon répertoire depuis près d’une quinzaine d’années. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais arrêter d’en parler. Je n’ai pas besoin non plus d’attendre un événement malheureux pour souligner la détresse d’un joueur.
Loto-Québec a eu 2 réactions vis-à-vis ce suicide. Une conférence de presse était prévu pour l’annonce de la construction d’un casino au Mont-Tremblant. Première réaction: la conférence est annulé. Le “timing” n’était pas favorable pour annoncer une augmentation de l’offre de jeu.
Gabrielle Duchaine, journaliste au Journal de Montréal demande à Loto-Québec dans un article du 4 avril, la réaction de la Société d’État sur le suicide du joueur. Deuxième réaction qui nous vient de Jean-Pierre Roy, le valeureux porte-parole de Loto-Québec: “On essaie de comprendre s’il a perdu gros avant de partir”.
Ce commentaire est une façon de gagner du temps et de ne pas répondre à la question. Du côté de Loto-Québec, on espère peut-être que le sujet sera moins chaud et qu’on ait pas à répondre à la question. En ce qui me concerne, en tant qu’intervenant de crise auprès de personnes suicidaires, cette réponse démontre que M. Jean-Pierre Roy et Loto-Québec ne comprennent pas grand-chose au suicide et à ses motivations.
Que laisse sous-entendre une telle réponse? Le joueur qui se suicide, s’il a perdu 100$, ce n’est pas à cause du jeu et s’il a perdu 1 000$ c’est peut-être à cause du jeu? Mais qu’elle est la valeur de l’argent pour un individu donné à une période précise de sa vie?
Si le joueur est allé au Casino de Montréal avec le dernier 100$ qu’il a réussi à voler. Si après ce dernier 100$ il sait qu’il n’a plus d’argent pour payer son loyer et que tout le monde va se rendre compte qu’il est un gambler. Ce dernier 100$ peut représenter beaucoup pour lui.
Souvenons-nous de Did Tafari Bélizaire qui avait sauté du pont Jacques-Cartier après avoir tout perdu au Casino de Montréal. Il n’avait perdu que 500$. Mais ce 500$ était le dernier des derniers. Ce 500$ il l’avait volé dans la petite caisse de son employeur. S’il ne ramenait pas 500$, c’était la fin de tout. Pour lui, 500$, c’était la fin du monde. La fin de son monde.
Dans un état de crise suicidaire, ce n’est pas le dernier événement qui est important. Ce déclencheur n’est que le résultat d’un mode de vie qui a duré un certain temps. Ce sont les années de jeu qui en sont la cause. Pas seulement le dernier soir de gambling.
Ce qui me fait rire (plutôt pleurer) le plus dans la réaction de Loto-Québec et de son représentant Jean-Pierre Roy c’est que si le joueur compulsif se suicide contre un pilier de ciment à 100 kilomètres d’un casino, ils s’en lavent les mains, ce n’est pas à cause du jeu. Si le joueur se suicide en sortant du Casino, il faut examiner combien il a perdu pour s’assurer que c’est vraiment à cause du jeu. Toutes les théories sont bonnes pour se disculper.
Finalement, ce texte n’est peut-être pas écrit 15 jours après les incidents. Il est peut-être écrit à l’avance. Si Jean-Pierre Roy fait une sortie éventuelle pour dire que ce n’est pas à cause du jeu que le gambler de 70 ans s’est suicidé parce qu’il n’a perdu que 100$, et bien, ma réaction aura déjà été publié.
J’espère que le journaliste qui entendra ce commentaire éventuel de Jean-Pierre Roy aura lu mon billet et qu’il n’acceptera pas cette vulgaire réponse.
- Histoire d’Anne Panasuk de Radio-Canada contre Loto-Québec.
- Dénonciation d’Éléonore Mainguy, ex-croupière au Casino de Charlevoix, contre les agissements de Loto-Québec.
Journaliste en prison avec une sentence à vie, finaliste aux Grands Prix 2008 des éditeurs de magazines
Le magazine Reflet de Société, spécialisé dans les sujets sociaux, publie depuis quelques années une chronique d’un prisonnier, Jean-Pierre Bellemare. J’ai connu Jean-Pierre lors de mes années de bénévolat à l’Institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Par la suite, Jean-Pierre a été transféré à la prison de Cowansville. Nous sommes resté en contact par la poste et Jean-Pierre a continué sa chronique dans notre magazine.
À chaque année, l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM), organise un concours pour souligner les meilleurs journalistes dans différentes catégories. Pour les Grands Prix 2007, la gagnante dans la catégorie “Chronique d’humeur, billet” a été Geneviève St-Germain de Châtelaine. Les finalistes avaient été Richard Martineau d’Elle Québec ainsi que Bernard Arcan et Serge Bouchard pour Québec Science.
Pour les Grands Prix 2008, les finalistes sont Jean-Pierre Bellemare de Reflet de Société. Les 3 billets présentés étaient:
- Pas banale la vie carcérale.
- Traitement de faveur pour délateurs.
- La sexualité au pénitencier.
Les 2 autres finalistes dans cette catégorie sont Émilie Dubreuil de Urbania et André Marois d’Info Presse.
La remise des prix aura lieu le 30 avril. Une demande de sortie spéciale est demandé à la prison de Cowansville pour permettre à M. Bellemare d’être présent lors de la remise des prix. Si la permission spéciale est refusée, à titre de rédacteur, je serais présent pour le représenter.
Toute l’équipe de Reflet de Société est extrêmement fière de la reconnaissance qui est ici offerte à M. Jean-Pierre Bellemare.
Nous avons envoyé l’information à M. Bellemare par la poste et attendons ses réactions. Nous vous tiendrons au courant de ses commentaires dès qu’ils nous parviendrons.
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Lettre ouverte à René Angelil
Le doctorat honoris causa de l’Université Laval remis à Céline Dion
Je vous écris M. Angelil en toute modestie. Je viens d’apprendre que Mme Dion a été proposé et accepté pour recevoir les honneurs d’un doctorat honoris causa de l’Université Laval.
Je suis totalement en accord avec cette reconnaissance pour Mme Dion. Mme Dion est une citoyenne du monde qui a fait rayonner le Québec partout ou elle a passé. Elle est une fierté pour tous et un exemple remarquable.
Ce qui me dérange cependant dans cette remise, ce sont les motivations de l’Université Laval dans le choix de ses candidats et la façon que les candidatures se sont déroulées. Selon le reportage de Louis Philibert-Morissette du journal étudiant de l’Université Laval Impact Campus
Les membres du Conseil Universitaire ont eu peu de temps pour se préparer à débattre de la valeur des aspirants, juge l’étudiant Jean-François Bergeron, qui siège sur le Conseil Universitaire: “Le 4 février à 16h57, j’ai reçu un courriel de l’Université Laval m’annonçant qu’il y avait un dossier à l’ordre du jour concernant les doctorats honoris causa. Ça ne nous laisse pas beaucoup de temps pour étudier les candidatures.” La réunion se tenait le 5 février!
Nous apprenions aussi que:
De l’aveu même du président du comité des doctorats honoris causa, les honneurs donnés par l’Université Laval s’inscrivent dans une stratégie de la ville de Québec, qui souhaiterait les appâter et faciliter ainsi leur visite dans la capitale cet été.
1- On parle d’une stratégie de la ville de Québec !!!
2- On parle du besoin d’avoir d’avoir de gros noms pour le 400e de Québec.
3- On présente le doctorat honoris causa comme un “appât”.
J’ai l’impression que tout cela n’est devenu qu’une mascarade commerciale. On ne veut pas reconnaître le talent des personnalités, on veut bénéficier de leur présence et de leur visibilité.
Désolé, mais je suis obligé de questionner ces motivations.
- Est-ce qu’il y a prostitution de la mission des doctorats honoris causa au profit des Fêtes du 400e?.
- Est-ce vraiment un honneur pour Mme Dion ou une façon de se servir de sa visibilité pour pas cher (lire cheap labor) ?
M. Angelil, j’ai totalement confiance dans votre capacité à négocier pour Mme Dion. Il est évident que je ne serais pas choqué d’apprendre que Mme Dion est prête à accepter son doctorat honoris causa… après les fêtes du 400e. Question de s’assurer que l’Université Laval veut vraiment lui faire honneur et non pas se servir de sa réputation !
http://raymondviger.wordpress.com/2006/07/21/j-k-rowling-harry-potter-et-un-doctorat-honoris-causa/
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Le Premier ministre Jean Charest corruptible?
Un billet de Renart L’Éveillé et d’Antipollution souligne que La Presse Canadienne a publié dans le Messager de Lachine un article mentionnant que le Premier ministre, Jean Charest, en plus de son salaire de premier ministre, reçoit du Parti Libéral du Québec depuis 1998 une somme de 75 000$ par année.
Le salaire annuel de Jean Charest étant de 182 717$, ce bonus de son parti ramène son salaire annuel à 257 717$.
Le plus inquiétant dans cette nouvelle se retrouve presqu’à la toute fin de l’article de la Presse Canadienne:
Selon l’ex-président du PLQ, Marc-André Blanchard, qui a quitté ses fonctions dimanche, le versement d’un salaire constitue la meilleure façon de mettre à l’abri le premier ministre de toute pression ou tentative de corruption.
Ce commentaire ne vient pas de l’opposition, mais d’un membre important du Parti Libéral du Québec, celui qui, jusqu’à dimanche dernier en était le président.
Est-ce que cela nous renseigne sur la mentalité qui existe au Parti Libéral? Est-ce qu’on doit interpréter qu’avec un maigre 182 717$ de salaire le premier ministre crève de faim et risque d’avoir à voler et à se corrompre pour réussir à payer son loyer?
Cela remet-il en question l’honnêteté du parti Libéral du Québec dans certains dossiers importants comme la vente du Mont Orford à des amis de Jean Charest et du parti? La privatisation de la santé serait-elle menacée d’être vendu à d’autres amis du parti ou du Premier ministre? Est-ce que cela explique pourquoi le Parti Libéral du Québec ne répond jamais sur les questions de santé alternatives comme les coopératives de santé.
Les questions demeurées sans réponses commencent à me peser lourd sur ma conscience politique. Démocratie et transparence ont-elles encore leur place en politique?
On parle enfin des coopératives de santé!
En avril 2006, il y a presque 2 ans, Reflet de Société présentait un dossier sur les alternatives en matière de santé. Cela nous a permis de présenter un reportage sur les coopérative de santé. Les coopératives de santé existent depuis maintenant 25 ans. Des rapports qui datent aussi de 25 ans mentionnent que les coopératives sont une voix importante à explorer en matière de santé.
Nous avions aussi présenté Jonquière Médic. Un système de médecins à domicile qui s’autofinance depuis 25 ans. Nos lecteurs du Saguenay avait été heureux et surpris qu’enfin un média provincial parle d’eux en dehors de leur région. C’était la première fois que Jonquière Médic était mis de l’avant sur la scène provinciale dans un média!
Pour compléter le dossier sur les alternatives en matière de santé, nous avions tenté d’obtenir une entrevue du Ministre de la Santé et des Services Sociaux, Philippe Couillard. Les dates possibles d’entrevues ont toujours été repoussé et nous n’avons jamais eu l’entrevue. Nous avons présenté un article sur les questions demeurées sans réponses que nous voulions poser à M. Couillard.
En décembre 2006, nous vous présentions le livre de Jean-Pierre Girard: Notre système de santé, autrement. M. Girard y présentait les coopératives de santé dans son livre publié en septembre 2006.
Lors du débat des chefs, Mario Dumont avait questionné André Boisclair et par la suite Jean Charest sur l’avenir des coopératives de santé comme alternative à exploiter. Ni André Boisclair, ni Jean Charest n’ont répondu à Mario Dumont. Ils n’ont même pas prononcé le mot coopérative de santé! J’avais souligné en mars 2007 ma joie d’entendre enfin le mot coopérative de santé dans la bouche d’un politicien.
En juin 2006, Reflet de Société présentait un article avec le Dr Bernard Gélinas. Ce médecin à la Clinique coopérative de santé d’Aylmer en avait long à dire. Il lance la question: “La santé des Québécois serait-elle gérée à des fins politiques plutôt que par souci du bien-être collectif?”
En avril 2006, L’actualité présentait un reportage de Véronique Robert sur les réussites du système de santé à Alma. Encore une fois, le Saguenay-Lac-St-Jean nous ouvre la porte à des propositions alternatives en matière de santé qui fonctionnent.
Après tous ces écrits et questionnements sur la réalité des alternatives en matière de santé, voilà que nous pouvons lire, sous la plume de Jean-François Coderre, le 21 février 2008 dans le Journal de Montréal que le concept des coopératives de santé a inspiré le rapport Castonguay!
Ce qui m’a cependant surpris dans cet article c’est le commentaire de Marie-Joelle Brassard du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité qui fait la promotion des coopératives de santé: elle est vexée de voir le concept s’étendre!
Va-t-on vraiment finir par étudier les alternatives en matière de santé? D’ou vient cette résistance à parler librement? Nous le saurons peut-être dans un autre 25 ans.
À quand le retour de La Soirée du hockey? demande Amir Khadir
Dans le courrier du lecteur du Journal de Montréal du 26 février dernier, Amir Khadir nous parle de son intégration au Québec dans les années 1970 grâce, entre autre, à La Soirée du hockey qui a su remplacer sa ferveur du soccer.
Amir Khadir, porte-parole de Québec solidaire propose que La Soirée du hockey effectue un retour au jeu sur le réseau de télévision publique pour que La Soirée du hockey soit accessible à tous les Québécois, toutes origines confondues. Amir Khadir nous parle de son intégration et de l’importance qu’un réseau de télévision publique soit un outil d’information, d’éducation et de divertissement populaire.
Je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec un article qu’un travailleur de rue, Alain Martel de la Rive-Sud avait publié dans Reflet de Société il y a près de 2 ans. Cet article présentait la relation qu’un père pouvait établir avec son fils lors de la La Soirée du hockey. Alain Martel était attristé que La Soirée du hockey ne soit plus accessible gratuitement à tous les Québécois et à leurs enfants.
Radio-Canada et les Canadiens vont-ils entendre ces cris du coeur?
Une politique repoussante?
Paru le 22 janvier 2008
Depuis 5 mois, je suis installé à Montréal. Ayant grandi dans un petit village de la Montérégie et ayant passé mes trois dernières années d’étude au Saguenay, une nouvelle réalité s’étend devant moi: les Québécois de nationalités étrangères. J’en croise, j’en recontre aussi. Ça me permet de faire certaines constatations sur notre façon d’accueillir et d’entretenir les immigrants qui souhaitent vivre ici.
On aura beau se vanter de faire des accommodements raisonnables au Québec, on ne donne certainement pas l’impression aux nouveaux arrivants que nous souhaitons les garder pour longtemps.
Il y a bien sûr ces diplômes étrangers que les ordres professionnels s’entêtent à refuser. Ces diplômes étrangers mais qualifiés qui aideraient grandement l’immigrant à se tailler une place rapidement dans son domaine professionnel et à s’intégrer plus facilement. Ces diplômes étrangers qui, s’ils étaient valider par le Québec, pourraient largement aider notre société qui en arrache entre autres en santé.
Mais là n’est pas l’unique problème que croise un nouvel arrivant sur son passage. J’ai la chance de cotoyer plusieurs de ces immigrants. Fort sympathiques d’ailleurs. J’ai deux exemples à partager avec vous aujourd’hui, qui m’ont un peu étonné :
- Exemple #1: Olivier vient de la Côte d’Ivoire. Depuis 4 ans, il est au Québec, où il est entré en tant qu’étudiant. Olivier n’étudie plus, il travaille maintenant. Un petit boulot dans un resto qui lui permet de vivre ce qu’il y a de plus normal. Mais Olivier est loin de se sentir Québécois: il doit encore payer chaque année un montant de près de 1000$ pour ses assurances-santé. Un service gratuit pour n’importe quel Québécois. Mais pour un immigrant installé depuis 4 ans, et bien là, on parle de tout autre chose! Hein?
- Exemple #2: Rodrigo vient du Mexique. Il est à Montréal depuis quelques mois, pour voir et vivre cette ville du Québec. Après multiples découvertes qui l’ont charmé, il souhaite maintenant venir étudier ici. Et bien, ne me demandez pas pourquoi, mais si Rodrigo veut étudier au Québec…il doit retourner au Mexique. Vous m’avez bien entendu. Il doit retourner au Mexique pour faire officialiser ses papiers, obtenir les permissions, etc. Un investissement pour un billet d’avion aller-retour s’impose donc, en plus des déboursements pour son visa d’étudiant et toute cette captivante paperasse. Un montant important qui pourrait démoraliser n’importe qui. Mais Rodrigo tient à son projet. Et le Québec de lui répondre: «Retourne chez toi si tu veux vivre ici l’ami!»
C’est certain, il y a des questions à se poser sur ces deux histoires. Fait-on vraiment une place accueillante pour ces immigrants qui veulent vivre ici? Ou leur fait-on plutôt comprendre qu’ils sont mieux de s’en tenir à la base, se trouver un petit boulot pour survivre, payer plus cher qu’un Québécois né ici s’ils veulent espérer se tailler une place (aussi minime soit-elle) au Québec?
J’en reste là pour aujourd’hui. Je demeure à l’affût, j’observe et j’apprends. Je réfléchis aussi. Parce que la question de l’immigration au Québec n’en est pas qu’une de culture et de nation, mais de réflexion sur nous-mêmes, et sur ceux qui constituent notre société.
Gabriel.
Jeff Fillion, CHOI, Patrice Demers et Genex Communications
Dans le Journal de Montréal du 26 janvier, on y lit un article provenant de la Presse Canadienne. Jeff Fillion est poursuivi par son ancien employeur, CHOI, Patrice Demers et Genex Communications. Ses biens personnels ainsi que ceux de sa conjointe, Marie-Claude Grenier ont été saisi par Patrice Demers et Genex Communications. Patrice Demers veut récupérer la quote-part de Jeff Fillion dans les actions en justice que les deux partis ont perdu vis-à-vis Sophie Chiasson, Pierre Jobin de TVA ainsi que Robert Gillet.
Jeff Fillion, pour sa défense, tente de nous faire pleurer. Il mentionne qu’il n’a pas à payer pour la témérité de Patrice Demers. Ce dernier a voulu aller à procès contre Sophie Chiasson. Cela leur a couté 300 000$. Jeff Fillion voulait tenter d’éviter d’aller devant le juge, ce qui aurait peut-être pu se faire avec une entente hors cours à coût moindre.
Même si Jeff Fillion considère qu’il n’a pas à payer pour la témérité de Patrice Demers, peut-être que Patrice Demers n’a pas à payer pour les injures profanées par Jeff Fillion sur les ondes!
Départ d’Amédé Landry et arrivé d’Alexandre Blackburn
Le service à la clientèle du magazine Reflet de Société vient de changer de voix. Depuis 2 ans, Amédé Landry a été notre voix auprès de nos lecteurs. Provenant de l’Abitibi, Amédé est arrivé à Montréal à l’âge de 16 ans et demi. Il a débuté un travail chez nous, lui permettant de connaître la grande ville et de vivre des expériences importantes dans sa vie. Après 2 annnées, fort de cette expérience, il a décidé de retourner dans son Abitibi natale.
Pour le remplacer, Alexandre Blackburn vient de faire son arrivée. Ne vous inquiétez pas pour ceux qui étaient habitués au sourire et à la bonne humeur d’Amédé, Alexandre a le même sourire et la même joie de vivre.
Amuse-toi bien Amédé en Abitibi, tu vas nous manquer. Bienvenu Alexandre et bonne continuité chez nous.
Un localvore, qu’est-ce que ça mange en hiver ?
Benoît Lacroix - Agence Science-Presse
(Agence Science-Presse) - Vous l’aurez deviné, un localvore est quelqu’un qui mange « local »! Qu’ils se disent localvores ou non, qu’ils soient d’Europe, des États-Unis ou d’ici, les consommateurs qui achètent en priorité des aliments produits localement sont de plus en plus nombreux. Ils le font principalement pour encourager l’économie locale, diminuer leur impact sur l’environnement et mieux connaître ce qu’ils mangent.
Consommer des produits locaux. Facile à dire, mais comment faire ? Selon André Filteau, directeur général du Marché du Vieux-Port de Québec et président de l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ), il vaut mieux privilégier le marché public où l’étiquetage et la traçabilité ne demandent aucune réglementation complexe. «Vous levez les yeux au-dessus de l’étalage et vous savez d’où viennent les produits. Vous avez des questions ? Appelez donc le producteur !»
Pour moderniser le concept des marchés publics, André Nault, et Étienne Doyon, respectivement président et coordonnateur des AmiEs de la Terre de l’Estrie, ont pensé à Internet. Ils ont ainsi développé le premier «marché de solidarité régionale». «Les consommateurs font leur commande par Internet auprès de 23 producteurs régionaux, qui offrent plus de 1 000 produits. Ils n’ont ensuite qu’à récupérer leur commande au point de chute de Sherbrooke, à la date prévue. Le concept est tellement populaire qu’il a été repris par les sections locales des AmiEs de la Terre de Waterloo, Saguenay et Québec. Si le Québec ne ciblait que 50 % de consommation locale, ce qui ne demande presque aucun effort pour le consommateur, l’impact serait énorme sur l’économie régionale et l’environnement», résume Étienne Doyon.
Mais l’hiver québécois est long, direz-vous ! Comment fait-on lorsque l’on est localvore ? Pour Marie Lacasse, coordonnatrice de la Coopérative La Mauve, qui regroupe une trentaine de producteurs des régions de Bellechasse et de Chaudière-Appalaches, manger local à l’année longue est simple grâce aux paniers d’été et d’hiver. «L’été, on congèle une partie de la récolte pour garnir les paniers d’hiver. Si on ajoute à cela les légumes de conservation, on obtient des paniers diversifiés, même en hiver.» Il faut aussi investir un peu de temps dans la cuisine, remarque Isabelle Joncas, chargée de projets pour le réseau québécois d’agriculture soutenue par la communauté (ASC), chez Équiterre. «Vous avez intérêt à préparer des conserves, à congeler et à déshydrater les produits frais en saison.»
Références
- http://www.marchespublics-mtl.com/
- http://www.bonjourquebec.com/qc-fr/accueil.html (Recherche: Marché public)
- http://lamauve.com/index.html
- http://www.atmsrq.org/MSR/VISITEUR/CADRE/cadre_principal.php
- http://www.atvwaterloo.com/MSR/VISITEUR/presentation.php
- http://www.atsaglac.com/MSR/VISITEUR/CADRE/cadre_principal.php
Le traitement journalistique des accommodements raisonnables
Lors du Congrès de la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) de novembre dernier, j’ai assisté à un atelier sur le traitement journalistique des accommodements raisonnables. Sur le pannel, nous retrouvions Mme Carole Beaulieu de L’actualité et M. Vincent Marissal de La Presse. Mme Beaulieu a clairement dénoncé le manque de rigueur journalistique concernant les accommodements raisonnables.
M. Marissal, tant qu’à lui, considère que les médias ont déconné depuis 1 an sur les accommodements raisonnables. Au lieu de traiter l’information que La Presse avait reçu par courriel, s’ils avaient tout simplement pesé sur “delete”, cela aurait réglé le problème.
Lors de cet atelier, il a été dit que l’histoire de la cabane à sucre n’était pas sérieuse, que la directive du service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’était pas vrai, que les journalistes ont pris un Imam comme porte-parole mais qu’il n’était pas représentatif de sa communauté, que des animateurs ont donné la paroles à des gens qui n’étaient pas pertinents, que le sondage n’aurait pas dû être fait auprès d’une population piqué à vif, qu’un sondage on peut lui faire dire ce que l’on veut, que les titres et les chapeaux déformaient les textes…
Tant qu’à Rachid Rafa, président du Carrefour Culturel Sésame de Québec et présent sur ce pannel, il a mentionné que les journalistes ont alimenté le débat inutilement pour créer le dérapage.
En guise de conclusion, la question qui a été lancé: “Est-ce que les journalistes savent comment couvrir ce qui touche à la religion?”
De plus, une rencontre entre Kathya Gagnon de La Presse avec Mme Beaulieu allait dans le sens qu’il y a eu dérapage et que, pour citer Mme Gagnon qui a parti le bal avec son article: “Quand le ciment est pris, qu’est-ce qu’on peut faire?”
Je remercie et félicite encore une fois Mme Carole Beaulieu pour sa prise de position lors de cet atelier et pour sa capacité à mettre de l’ordre dans les réflexions journalistiques.
Le mot de Marilou
La retraite, bouleversements à apprivoiser
Marilou, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008
Je m’appelle Marilou, je demeure dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. J’ai proposé cette chronique afin de partager avec vous mon vécu, mes réflexions, mes doutes, mes questionnements et peut-être aussi quelques certitudes.
Je suis la 4e d’une famille de 8 enfants. Notre enfance a été marquée par les maladies de notre mère : dépression, diabète, etc. Dès l’âge de 12 ans, j’ai dû interrompre pendant un mois mes études afin de prendre soin des plus jeunes, de la maison, tout en ayant le mandat de surveiller ma mère en dépression majeure.
À l’époque, les options pour les femmes étaient enseignantes, infirmières ou secrétaires. Mes parents n’avaient pas les moyens de payer pour de longues études. J’ai donc entrepris des études en secrétariat sur la recommandation de ma mère: «En secrétariat, tu n’auras jamais de problème à te trouver un emploi».
À 17 ans, une amie et moi avons décidé de nous inscrire à des cours de catéchèse aux adultes donnés par un prêtre stagiaire dans notre paroisse. Cet événement a été à la source d’un changement majeur dans ma vie.
Cela m’a permis de me questionner sur ce que je désirais, moi, et sur ce que je ne désirais pas. Déjà, à cet âge, j’ai pris conscience que je ne voulais pas faire vivre à des enfants les souffrances que j’ai vécues. Ce prêtre stagiaire a été très précieux dans mon cheminement.
Après avoir fait du bénévolat aux côtés de ce prêtre, après avoir travaillé deux ans en entreprise privée, j’ai rencontré mon conjoint, un professeur de catéchèse. Nous avons été mariés trente et un an, «jusqu’à ce que la mort nous sépare». Après un an de retraite, il est décédé d’un cancer du poumon diagnostiqué lors d’un examen de routine.
J’ai 2 garçons, 3 petits-enfants, une belle-fille et un gendre (j’ai un garçon qui est homosexuel et qui est en couple).
Pendant 17 ans, j’ai occupé différents postes de commis de bureau, dans des entreprises de transport, d’assurance, et dans la fonction publique provinciale. Ensuite, j’ai pu mettre à contribution les études universitaires en administration que j’ai complétées tout en élevant mes enfants. J’ai travaillé comme gestionnaire dans une grande entreprise de distribution et dans de plus petites entreprises de services par la suite.
Le décès de mon mari, il y a deux ans, a remis en question tout mon avenir. Je me retrouve seule du jour au lendemain, sans emploi. Ce n’était pas ce que j’avais planifié lorsque j’ai pris la décision de prendre ma retraite en même temps que mon mari. Dans le prochain numéro de Reflet de Société, je vous ferai part des conséquences qui en ont résulté dans ma vie.
Je suis très excitée par cette nouvelle expérience. J’ai la tête pleine de sujets de chronique. Par exemple: Prendre sa place dans la société. Drop-out du marché du travail. La gestion du temps. Choisir d’être heureux. Être au service d’une communauté ou être au pouvoir pour le pouvoir. Quels modèles sommes-nous pour les jeunes? Refuser certains héritages. Suis-je une extra-terrestre? Les coûts de santé avant l’assurance-maladie. Pourquoi je boude les médias. Les liens d’amitié précieux.
Vous pouvez enrichir cette chronique en me faisant part de vos propres expériences sur ces sujets ou sur d’autres sujets qui vous tiennent à cœur.
Au plaisir de vous lire!
Marilou
redaction@refletdesociete.com
http://journaldelarue.wordpress.com/2008/02/15/la-mort-dun-reve/
Costa Rica et les étudiants en journalisme d’ATM à Jonquière
Gabriel Alexandre Gosselin et Dominic Desmarais, deux journalistes du magazine Reflet de Société, préparent un voyage de formation au Costa Rica pour les étudiants en journalisme d’Art et Technologie des médias du Cégep de Jonquière.
Huit étudiantes ont décidé de se porter volontaires pour ce stage original. Une expérience de journalisme international qui saura enrichir leur C.V. Le voyage est prévu au début de l’été 2008.
Vous pouvez suivre les péripéties des préparatifs de ce voyage sur le blogue tenu par Gabriel. Prenez le temps aussi de leur laisser quelques commentaires et quelques encouragements.
Magog et les parcomètres
Petite balade à Magog pour rencontrer des amis. Je me stationne. Un ami me fait signe pour capter mon attention: “Pas nécessaire de mettre de l’argent dans les parcomètres en décembre”.
Un peu stupéfait, je m’avance vers le parcomètre et regarde son emballage. À la place de la traditionnelle flèche qui nous indique combien de temps il nous reste, nous avons un carton coloré nous souhaitant Joyeux Noel. Un peu incrédule, je regarde les autres parcomètres, ils ont tous le même carton.
J’ai été touché par cette délicate attention de la Ville de Magog. Comme si la municipalité était contente de me recevoir chez elle. Cela fait changement des parcomètres de Montréal.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/06/15/ville-de-montreal-et-ses-parcometres/
Maigrir rapidement, sans douleur, sans effort: les centres d’entraînement Curves
Danielle veut se remettre en forme et perdre quelques livres. Attiré par une publicité, elle décide d’aller visiter le centre de conditionnement Curves.
Pendant une trentaine de minutes, une représentant de Curves lui fait la tournée des appareils et du mode de fonctionnement de ce centre minceur. Je l’attends pendant ce temps à l’extérieur. Les hommes ne sont pas admis dans ces centres.
Danielle s’est fait dire que le temps de chaque visite chez Curves ne doit pas dépasser 30 minutes. Leur justification: “nos machines étant hydrauliques, 30 minutes chez Curves équivaut à 1:30 heures sur un autre appareil”. Oups! Ma formation scientifique en prend pour son rhume. En ce qui me concerne, si tu mets 30 livres de pression hydraulique ou que je doives bouger 30 livres de poids, c’est 30 livres dans les 2 cas. Donc la même chose. Sans pousser plus loin mon enquête, je suis convaincu que c’est un argument d’un vendeur qui correspond à la définition d’un menteur.
Ma théorie est de penser très sérieusement qu’ils limitent la visite à 30 minutes parce que Curves veut être le “fast-food” des centres d’entraînement pour maigrir. Ayant de petites salles d’entraînement, tu te limites à 30 minutes parce qu’il faut faire entrer d’autres madames qui veulent maigrir.
Autres choses qu’il faut savoir sur le centre d’entraînement Curves. Il y a une animatrice qui vous laissent faire 30 secondes d’entraînement sur une machine. Après, tout le monde joue à la chaise musicale et change de place. Un peu fatiguant de se faire dire de changer de machines à toutes les 30 secondes.
Avant de signer un contrat avec un centre d’entraînement pensez-y à 2 fois. Il vous font signer un contrat de 6 ou 12 mois. Beaucoup de gens se découragent après quelques scéances d’entraînement. Mais vous devez payer pendant encore un bout de temps.
En ce qui concerne les centres d’entraînement Curves, j’ai visité le site de l’Office de la protection du consommateur. On peut y lire que le Centre Curves de Lennoxville a fermé ses portes, Curves Outremont aussi, Curves Joliette, Curves St-Étienne des Grès, Curves Rivières des Prairies… À ce point, j’ai arrêté de lire. Les propriétaires sont des compagnies à numéro tous indépendantes une de l’autre. Si le Curves de votre coin ferme, les autres centres Curves ne se tiendront pas responsables des argents que vous aurez versé d’avance.
Prenez le temps d’être un consommateur averti et posez les bonnes questions.
Voter pour ce texte.
Karina Goma, le CLSC et les accommodements raisonnables à Tout le monde en parle
Le 18 novembre, Karina Goma, documentariste, est invité par Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle. Elle y mentionne que les cours prénataux qui ont été offert à diverses communautés culturelles ou les hommes ne pouvaient être présents est une formule inventée pour un groupe spécifique.
L’action posée par le CLSC pour rejoindre un groupe de citoyens a été mal interprété par les médias, que toute l’histoire a été monté en épingle et que certains en ont fait du capital politique. Si les gens avaient été sur le terrain au lieu de demeurer dans leur tour d’ivoire, ç’a aurait été très différent. On n’aurait pas parlé de scandale des accommodements raisonnables.
Posons-nous la question sur comment on en est arrivé là. Le tout débute avec les vitres givrées du YMCA. Les journalistes crient au scandale et nous mettent en une le fait que le YMCA se plie aux exigences des juifs pour cacher le corps de ces dames qui s’entraînent.
Pourtant, si on se fie aux dires de Super Cath qui fait un commentaire sur le blogue de François Rodrigue: “Et, honnêtement, toute l’histoire des accomodements raisonnables, c’est une tempête dans un verre d’eau créée par les médias! L’histoire des vitre teintées du YMCA… J’ai su d’une de leurs clientes que la clientèle demandait depuis longtemps à faire teinter les vitres pour une question d’intimité, mais le YMCA n’avait pas les fonds nécessaires pour le faire. Alors lorsque la communauté juive a proposé de le faire - à ses frais! - c’est évident qu’ils allaient accepter. C’est juste drôle que cette partie de l’histoire n’est pas été rapportée dans les nouvelles.”
L’histoire du YMCA serait donc une entente de bon principe entre 2 organisations qui s’entraident. Un exemple de bon voisinage. Rien à voir avec un scandale sur les accommodements raisonnables.
Ces deux histoires en une des médias devient une cible pour Mario Dumont qui saute sur l’actualité comme un chien enragé devant un os et qui n’a pas mangé depuis belle lurette. On le place en une lui aussi.
Avec tout ce qui est lu en une par les médias, on fait peur aux gens d’Hérouxville. Aux armes citoyens, protégeons notre communauté. Par peur, sur la défensive, ils écrivent un texte qui se retrouve lui aussi à faire la une. Ils y parlent des immigrants, sans trop connaître ce que c’est. Juste au cas ou une communauté de l’autre bout du monde, en regardant un globe-terrestre s’exclame: “Nous voulons quitter notre pays, nous voulons nous établir à Hérouxville”.
Pour alimenter le débat, un journaliste demande au directeur général des élections: “Si une femme voilée voulait voter, pourrait-elle le faire?” Le DGE, au lieu de répondre qu’il se posera la question quand on sera vis-à-vis cette réalité, prend les devants et nous sort la connerie de dire qu’on peut voter voilé. Cela fait encore la une. Des citoyens mécontents décident de jouer le jeu des médias et vont voter voilés. Une autre nouvelle qui fait la une.
Pour prendre position, si le DGE avait demandé l’avis aux intéressés, il se serait fait répondre que, dans leur pays, les gens doivent s’identifier pour voter!!!
Dans toutes ces histoires, il n’y a pas de conflits entre immigrants et le Québec. Ce n’est qu’une tempête dans un verre d’eau de journalistes en manque de sensationnalisme pour vendre du papier.
Tout cela nous amène à créer une commission qui va nous coûter la peau des fesses, ou des gens vont s’en servir pour canaliser leur violence verbale. Certains diront que ça sera une forme de thérapie sociale pour que le méchant sorte. Désolé, une thérapie se fait à huis clos. On peut bitcher qui on veut en thérapie, parce que seul le thérapeute va savoir ce que vous avez dit. On ne fait pas de thérapie en public et encore moins sans thérapeute!!!
Dans cette histoire, c’est un bel exemple de mauvais journalisme. Un journalisme qui crée la nouvelle plutôt que de couvrir les nouvelles.
J’étais pour dire que ce genre d’histoire me fait honte d’être journaliste. C’est vrai que je fais du journalisme. Mais je ne me considère pas comme un journaliste. Pour moi, question de sauver mon intégrité, cela fait une grande différence.
Privatisation de la santé, Claude Castonguay, Québec solidaires et Arnold Relman
Dans le blogue de Cent papiers, Michel Monette nous mentionne que Claude Castonguay va recevoir de la part de Québec solidaire : un ouvrage publié par Arnold Relman, professeur émérite à la Harvard Medical School et ex-éditeur en chef du New England Journal of Medicine.
M. Relman est on ne peut plus clair: laisser les entreprises à but lucratif s’emparer de notre système de santé équivaut à lui injecter du poison. “la plupart, sinon la totalité, des problèmes que connaît actuellement le système de soins de santé des États-Unis, et ils sont nombreux, résultent de l’empiétement croissant des entreprises privées à but lucratif et des marchés concurrentiels sur un secteur de notre vie nationale qui est à juste titre du domaine public”.
Les assureurs privés sont entrés dans le système de santé américain au début des années 1990. Le résultat ne s’est pas fait attendre : les coûts ont été gonflés de frais administratifs se situant entre 15 et 30 p. 100 du coût total des assurances.
De notre côté, notre magazine Reflet de Société a fait une série de reportage sur la question des moyens alternatifs en matière de santé. Nous sommes étonné que les différents ministre de la Santé ne veulent pas envisager ces moyens qui ont fait leur preuve depuis près d’un quart de siècle.
Les coopératives de santé ont démontré qu’elles peuvent baisser les coûts d’intervention et faire une prévention efficace. Il existe des rapports de recherche qui ont été réalisé dans l’ouest du Canada démontrant les avantages des coopératives de santé.
Jonquière Médic est un autre projet intéressant existant depuis plus de 25 ans. Jonquière Médic offre, au Saguenay, des médecins à domicile. Au lieu d’engorger les urgences, les gens peuvent demeurer à la maison en attendant la visite du médecin. Ce système s’autofinance et est un bel exemple de prise en charge par le milieu.
Nous avons demandé depuis près de 2 ans à M. Philippe Couillard une entrevue pour expliquer la position du ministère de la Santé sur la santé alternative au Québec. Nous n’avons pas réussi à avoir une date d’entrevue qui est toujours repoussé de semestre en semestre.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/11/le-systeme-de-sante/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/25/un-medecin-recalcitrant/
Journalisme étudiant, congrès Libre expression
Vendredi 19 octobre 2007, je suis invité à prononcer la conférence d’ouverture pour le congrès provincial de journalisme étudiant, le congrès Libre expression.
Organisé pour une 2e année au Cegep Ste-Hyacinthe, ce congrès réunit une soixantaine d’étudiants qui font du journalisme dans leur Cegep et université. L’invitation aux journaux universitaires est nouvelle de cette année. L’an prochain l’invitation s’étendra possiblement aussi aux radios étudiantes. Wow! Ça bouge en grand.
La conférence a lieu dans un bar, le Bilboquet. Avant le début de la conférence, j’étais quelque peu effrayé par cette salle. D’une part, les sièges ne pouvaient être disposé devant moi, j’ai dû faire quelques accrobaties pour regarder tout le monde. D’autre part, on m’avait installé un micro, nouvelle technologie, celui qui fait le tour des oreilles et dont le micro se retrouve en permanence à quelques centimètres de votre bouche. Le genre de micro qui t’empêche de t’éclaircir la voix. C’était la première fois que j’utilisais cette technologie. Finalement, je devais demeurer debout, loin d’une table et d’un papier pour prendre des notes.
Malgré ces handicaps, je pense avoir donné un bon spectacle et avoir gardé mon public en haleine. J’ai eu plusieurs questions très pertinentes, autant pendant qu’après la conférence. Je crois que ma présence aura permis d’aider plusieurs à définir leur vocation. J’ai bien apprécié les interrelations avec les étudiants en journalisme et je me suis bien amusé à donner cette conférence.
Un tel congrès provincial permet aux journalistes étudiants de briser leur isolement et de les soutenir avec différentes formations. Félicitations à tous les journalistes étudiants. Continuez votre bon travail et votre implication.
J’ai cependant pris un coup de vieux au retour. J’étais accompagné de Gabriel Alexandre-Gosselin, notre nouveau journaliste qui va couvrir les régions. Étant un ancien de Ste-Hyacinthe, lorsque nous avons pris le boulevard Girouard, je lui ai demandé si ce boulevard avait été nommé en l’honneur de Gaétan Girouard. Il m’a demandé qui était Gaétan Girouard! J’ai essayé de lui expliquer que c’était le journaliste de l’émission JE. Ça ne lui a pas sonné de cloches. Gabriel était trop jeune à l’époque de Gaétan Girouard pour l’avoir connu. Pourtant, j’avais l’impression que c’était hier…
Un mouton qui a du mordant
Guillaume Brodeur, Volume 16 no 1. Octobre 2007
La concentration des médias québécois a fait disparaître tous les journaux régionaux indépendants. Tous? Non. Le Mouton Noir, un petit périodique de Rimouski, résiste encore et toujours à l’envahisseur. Fier de sa différence, cet animal engagé ouvre grandes ses pages aux journalistes citoyens avides de culture, de politique et d’environnement. La rédactrice en chef Isabelle Girard nous fait découvrir ce mouton qui se prend pour un loup.
Propos d’Isabelle Girard , rédactrice en chef du Mouton Noir, recueillis par Guillaume Brodeur
Artiste multidisciplinaire, Jacques Bérubé réalise en 1995 que les citoyens ne peuvent s’exprimer dans la presse régionale. Il soumet à l’hebdo local de Rimouski un article satirique où il «personnifie» des hommes politiques en animaux. Le rédacteur en chef refuse l’article sans même l’avoir lu. Choqué, Jacques décide de fonder son propre journal avec sa blonde graphiste, le metteur en scène Eudore Belzile et quelques amis. Le Mouton Noir est né de cette idée fondatrice: donner une voix aux gens.
Combler le trou noir
Au départ, Le Mouton Noir avait surtout pour mission de combler les lacunes des hebdos régionaux. Personne ne couvrait la culture locale, hormis Radio-Canada. Ce que nous faisons avec notre cahier spécial Champ libre. Alors que des politicailleux s’opposaient depuis 30 ans à la création d’une salle de spectacle à Rimouski, une mobilisation populaire encouragée par les articles du Mouton est par exemple parvenue à convaincre le gens du bien-fondé du projet.
Par la suite, Le Mouton a pris position sur toutes sortes de dossiers politiques et environnementaux d’importance, comme la construction de ports méthaniers et le développement anarchique de l’industrie porcine. Des dossiers ont été montés pour empêcher que des porcheries s’installent sur le 2e rang du Bic, un endroit hyper touristique. Les principes qui animent Le Mouton Noir sont ceux de solidarité et de justice sociale. Indépendants d’esprit, nous prenons position sur les dossiers régionaux les plus importants.
Oui, nous voulons suivre l’actualité régionale, mais surtout proposer des solutions. Le fait que le journal soit périodique nous permet d’avoir un recul sur certaines questions sociales et politique, et de plus en plus environnementales.
Chien de garde des régions
Plus récemment, le développement de l’énergie éolienne est devenu notre nouveau cheval de bataille. La région a été littéralement envahie par des promoteurs quand le gouvernement a lancé des appels d’offre sans donner des conditions structurantes aux MRC et aux municipalités. Il en résulte un bordel total. Il y a eu beaucoup d’abus dans la région de Matane… Des promoteurs sollicitaient les propriétaires terriens le soir en leur disant : «Signez là, y en aura pas de problème». L’agriculteur se trouvait pourtant à aliéner sa terre pour 50 ans à des prix dérisoires.
Sans se vanter, avant que Le Mouton Noir n’accorde une certaine importance à ce dossier, on n’en entendait jamais parler dans les médias régionaux ou nationaux. Comme par hasard, des articles de fonds dans Le Soleil et Le Devoir ont suivi la publication de nos dossiers sur l’éolien. Quand les gens ont commencé à se plaindre, le gouvernement a encadré le processus et imposé un prix plancher.
Le Mouton Noir se veut un peu le chien de garde de ce qui se passe en région et d’une certaine conscience sociale. À l’interne, on se perçoit comme des éveilleurs de consciences quand les gens «dorment sur la switch». Paradoxalement, notre présence a eu l’effet de rehausser la qualité de la presse régionale qui ne peut plus se permettre de manquer le bateau. Historiquement, nous étions dans une dynamique de confrontation avec eux. Maintenant, on se complète sans trop se côtoyer.
L’important pour nous, c’est de redonner envie aux gens de s’exprimer, de prendre position sur des sujets qui les touchent. Ça tombe bien, car en l’absence de rémunération des collaborateurs, le contenu du journal dépend des articles qu’on reçoit. À l’exception du thème central, je n’ai aucune idée de ce que va avoir l’air le prochain numéro! Tout dépend de la récolte finale. On a une banque d’une centaine de collaborateurs et des nouveaux s’ajoutent régulièrement.
Un petit côté animal
Il n’y a ni censure ni idéologie fermée au Mouton. On ne va jamais empêcher quelqu’un d’exprimer son opinion contre une idée mise de l’avant dans nos pages, on souhaite toujours montrer les deux côtés de la médaille. La qualité des plumes importe, bien sûr, et on essaie de cultiver un certain côté satirique et humoristique. Un créneau surtout occupé par nos chroniqueurs Jacques «Le Stylo Sauvage» Bérubé, Pierre «Faux docteur de campagne» Landry et Michel «Veni Vedi» Vézina à la culture. On est d’ailleurs considéré comme un journal très baveux par les politiciens du Bas-Saint-Laurent, qui demeurent sur leurs gardes lorsqu’on assiste à leurs conférences de presse. Le nom «Mouton Noir» évoque notre esprit grégaire, et son slogan «Plus mordant que le loup…», le côté plus frondeur.
Le Mouton est très lié à la nature et à la réalité régionale, un penchant qui se traduit par des noms de chroniques fort imagés : «Chronique d’une vieille chouette», «La brebis goûteuse», etc. On évite par ailleurs de publier des pubs de char par exemple, même si la publicité demeure notre revenu principal. Le Mouton préfère avoir des pubs discrètes, esthétiquement belles, qui respectent nos valeurs sociales et environnementales.
Survivre dans la jungle
Des projets, j’en aurais pour 10 ans. Développer le site Internet en y ajoutant des forums de discussions et des nouvelles chaque jour, avoir les moyens d’envoyer des collaborateurs sur tout le territoire, les rémunérer pour consolider notre noyau dur, s’ouvrir davantage aux jeunes, etc. Le Mouton Noir poursuit plusieurs objectifs, mais le principal est d’éviter que la survie du journal ne soit en péril. Malgré certaines difficultés, je souhaite à toutes les régions d’avoir un journal comme Le Mouton Noir. Le jeu en vaut la chandelle.
Je viens de Montréal et je suis pleinement consciente que ça n’intéresse pas tout le monde ce qui se passe à Saint-Eugène-de-Ladrière, le petit village de 200-300 habitants où j’habite. Cependant, les gens doivent connaître les enjeux régionaux, savoir que plusieurs écoles risquent de disparaître en raison du vieillissement de la population même s’il y a toujours des enfants… Quand l’école ferme, le bureau de poste et le dépanneur suivent, et les gens sont condamnés à avoir un char et à faire 15 km pour acheter une pinte de lait. Ça fait partie des missions du Mouton de donner la voix à ces gens-là pour aider à sauver les villages, à dynamiser la région.
C’est valorisant de se promener dans la rue et de rencontrer des lecteurs qui nous remercient d’avoir défendu telle ou telle cause. Il y a une relation très directe entre le lectorat et Le Mouton. Plusieurs gens, comme des immigrants, s’adressent à nous lorsqu’ils ne comprennent pas trop comment fonctionne la société. On est vraiment ancré dans notre milieu. Pour nous, un collaborateur basé à Montréal est un correspondant en région!
Encadré
La vie rurale
Contrairement à ce que les gens de Montréal peuvent penser, des régions comme le Bas-Saint-Laurent offrent beaucoup de travail aux jeunes qui viennent s’y établir. L’endroit profite d’une vie culturelle très, très dynamique. Beaucoup d’artistes décident d’y vivre. Le Mouton Noir fait partie de la Coopérative Paradis, une coop regroupant plusieurs acteurs communautaires qui soutiennent divers projets artistiques. Du cinéma d’auteur au théâtre, de la musique aux arts visuels. Il y a plus de solidarité en campagne, du troc… Je connais même quelqu’un du fond d’un rang, sans voiture, qui monte sur la gratte pour aller faire son épicerie au village durant l’hiver. C’est un autre rythme de vie, il se passe moins de choses, mais on en profite mieux.
Encadré
Le Mouton Noir et son troupeau
- Tiré à plus de 10 000 exemplaires
- De 500 à 600 abonnés, dont une majorité d’hommes
- Lecteurs principalement d’âge mûr
- Banque d’environ 100 collaborateurs
- 4 employés à temps plein
- 12 pages en broadsheet (grand format)
- 8 publications par année
- Contenu publicitaire maximum: 30%
- Gratuit au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, 3,50$ ailleurs au Québec
Le vin québécois fait son chemin
Dominic Desmarais, Volume 16 no 1. Octobre 2007
Répartis principalement dans les Basses-Laurentides, les Cantons-de-l’Est, le Centre-du-Québec, Lanaudière, la Montérégie et Québec, les 60 vignobles de la province luttent pour leur reconnaissance. Après plus de 20 ans d’existence, la culture viticole québécoise aimerait bien prendre son envol et devenir un moteur économique pour les régions. Pour ce faire, il faudra une volonté politique comme en Ontario qui a décidé, dans le milieu des années 1990, de dérouler le tapis rouge pour ses producteurs de vins.
En cette saison de vendanges, Reflet de Société vous fait parcourir la route des vins du Québec et la réalité des vignobles de chez nous. Dans le prochain numéro (décembre / janvier), l’impact économique et les choix politiques du Québec, en comparaison avec l’Ontario, seront observés afin de permettre à chacun de prendre part au débat: nous serait-il plus profitable d’encourager nos vignobles?
Jean-Paul Scieur dégage une bonne humeur contagieuse. C
