You are currently browsing the category archive for the 'Santé mentale' category.

Le cerveau du trouble d’attention

(Agence Science-Presse) – Le cerveau des enfants souffrant du trouble déficitaire de l’attention (TDA) croît moins vite. Il souffre en fait d’un retard pouvant aller jusqu’à cinq ans dans le développement de certaines régions du cortex, des régions associées, comme par hasard, au contrôle de l’attention et à la planification des actions. Le développement des autres régions du cerveau suit pourtant les mêmes cycles que chez les autres enfants, écrit le psychiatre Philip Shaw, de l’Institut national de la santé mentale à Bethesda (Maryland). Cela signifierait que le TDA implique un retard du développement, plutôt qu’un développement perturbé.

Un bon système de soins peut-il ignorer la santé de ses soignants?
Luc Dupont - Agence Science-Presse

Peut-on vouloir à la fois protéger les malades - leur qualité de vie, leur dignité et leur survie – et en même temps refuser ces mêmes considérations éthiques à ceux et celles qui s’échinent à leur chevet, médecins, infirmières, spécialistes? Dans les structures actuelles, déficitaires en ressources humaines, où de plus en plus les soignants s’épuisent, il semble bien qu’on en soit arrivé à cette situation aberrante. Au point où des spécialistes ont senti l’urgence d’en faire l’objet d’une table ronde, lors du 5e colloque annuel des Programmes de bioéthique de l’Université de Montréal, tenu récemment.

La conscience blessée de l’infirmière
Professeure adjointe à la faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal et panéliste invitée à cette discussion, Marie Alderson mène, depuis 10 ans, des recherches visant à étayer les liens entre l’organisation du travail des infirmières et leur santé mentale. «Ce que je constate un peu partout, dit-elle, c’est que présentement les sources de plaisir professionnel se tarissent tandis que celles de la souffrance se multiplient.»

Elle note que la charge de travail est de loin la doléance principale de ces travailleuses. «Mais leur souffrance est bien plus subtile, reprend la chercheuse. Cela se manifeste à l’intérieur d’elles par le sentiment d’effectuer un travail bâclé. Elles disent: “Je me sens très loin du genre d’infirmière que je voulais être.” L’écart qui naît entre leur idéal professionnel et les conditions de travail difficiles, qui les obligent tôt ou tard à diminuer leur niveau d’exigence, les atteint de plein fouet dans quelque chose de très intime: leur conscience d’infirmière.» D’où une multiplication de cas de fatigue et de «burn-out».

S’inspirant d’une approche psychodynamique du travail, Marie Alderson a rencontré de nombreuses équipes d’infirmières afin de leur faire verbaliser les difficultés qu’elles vivent au travail. «Une fois les choses dites et identifiées, mon rôle a été d’habiliter les groupes d’infirmières à produire ensemble une demande collective de changement destinée à leurs supérieurs – car dans des problématiques semblables, il n’y rien de pire que l’isolement ou l’atomisation. Les demandes pouvaient prendre la forme suivante: “Dans l’organisation du travail actuellement, il y a telle ou telle chose qui nous blesse; que pourrions-nous faire au quotidien pour alléger cette souffrance?”»

«Et si on répondait à cette question par une autre», ont lancé quelques personnes dans la salle: «à quand l’énoncé d’une éthique des politiques de santé qui éliminerait de telles situations?»

Maladie mentale
Quand ton cerveau t’emprisonne
Annie Mathieu, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008

Tous les midis, Jan s’installe avec ses collègues de travail pour partager son repas. La pause permise est d’une heure mais il ne reste jamais plus de 10 minutes. Calmement, il quitte la table pour passer au dessert : une cigarette qu’il fume seul, à l’extérieur. Âgé de 37 ans, Jan apparaît timide, voire un peu renfermé. Quand on le côtoie régulièrement, on se dit qu’il est tout simplement solitaire. Le diagnostic des psychiatres est plus tranché: il est schizophrène et maniacodépressif.

Il tient à discuter chez lui, dans son appartement de la Petite Italie à Montréal. Une fois la porte de son 4 et demi franchie, son univers s’ouvre, comme s’il lui était plus facile, entre ses quatre murs, de tenter d’expliquer l’inexplicable: les caprices d’un cerveau qui ne roule pas comme celui de tout le monde.

Signes peu visibles
Il ne ménage pas les détails, prêt à démystifier la maladie avec laquelle il cohabite depuis 19 ans. Les préjugés, le manque d’infrastructures dans les hôpitaux et l’image véhiculée dans les médias l’agacent. Chez Jan (nom fictif), les signes sont peu visibles, si ce n’est, comme il l’affirme moqueur, qu’il ne socialise pas à la vitesse de l’éclair. Il tremble aussi un peu des mains, effet secondaire d’un des six médicaments qu’il doit prendre quotidiennement. On est loin du malade mental qu’on imagine et pourtant le cas de Jan est grave.

«Je suis diagnostiqué schizo-affectif», affirme-t-il sur le ton de celui qui annonce qu’il a attrapé un rhume. L’effet est voulu. «Pour beaucoup de gens, cette étiquette est honteuse. Ils n’ont pas réalisé que cette maladie en est une comme les autres, comme le diabète. Un point c’est tout.»

«Je suis schizophrène et bipolaire», élabore-t-il. Patiemment, il poursuit son explication : «Il existe plus de 250 variantes de la schizophrénie selon le Diagnostic and Statistical Manual (DSM)», le livre de référence pour les troubles mentaux. Il précise : «Mon cas est très grave». Surtout que sa maladie est jumelée avec des troubles bipolaires, ou maniacodépressifs, d’après l’ancienne terminologie.

Les schizophrènes sont généralement isolés et vivent des périodes hors de la réalité, qui à leur apogée, sont appelées psychoses. La solitude extrême est aussi un mal commun chez les schizophrènes. Deux chats adorables, Pouêt et Rigatoni, comblent une partie de la solitude de Jan. Mais les félins ne sortent pas au cinéma ni ne partagent sa vie comme une amoureuse. 

«Physiquement, il y a aussi des différences, poursuit Jan. Par exemple, mes yeux ont parfois un comportement anarchique. Je ressens aussi moins les différences de température. C’est pourquoi il y a beaucoup d’itinérants malades qui semblent bien supporter le froid», explique-t-il.

Parenthèse qui le laisse sceptique quant à la désinstitutionalisation des gens atteints de maladie mentale. «Beaucoup se sont retrouvés dans la rue. Ils n’avaient pas, comme moi, de famille pour les soutenir. Ces derniers ne prennent pas la médication requise, ce qui les rend instables. Ceci ne contribue évidemment pas à enrayer les tabous vis-à-vis ces maladies», explique-t-il.

Quant à la bipolarité, cette maladie est caractérisée par des sautes d’humeur, de longues périodes de «down», de déprimes intenses suivies de longues périodes de «high» où on se sent invincible. «On peut même penser avoir énormément d’argent et dépenser de grosses sommes au-dessus de nos moyens réels», illustre-t-il.

Pour Jan, tout a commencé à l’âge de 17 ans. Une grève étudiante au cégep l’oblige à rattraper le retard accumulé. Le stress monte pour le jeune homme qui étudie en sciences pures. Plutôt que sur les bancs d’école, il termine sa session dans un lit d’hôpital. Il y restera six mois, le temps de se remettre de sa première psychose majeure. «J’ai pété un câble, explique calmement Jan. Je croyais avoir des pouvoirs paranormaux…Quand je marchais à l’extérieur de l’hôpital, je pensais que j’étais radioactif!», se rappelle-t-il, entre deux bouffées de cigarette.

Mentalement, l’expérience est épuisante, comme si le cerveau venait de courir un très long marathon. «En sortant de l’hôpital, je n’étais même pas capable de me faire cuire un œuf », poursuit-il. Il est maintenant contraint à prendre quotidiennement des médicaments pour stabiliser son état. «Tu vois ton avenir qui passe tout droit devant toi», explique-t-il, toujours impassible. « Les psychiatres ne te le disent pas directement mais te font comprendre que tu pourras pas faire n’importe quel métier», se rappelle-t-il. L’université est exclue. C’est cette nouvelle réalité qui est la pilule la plus dure à avaler.

Vivre comme tout le monde
Au salon, son diplôme de technicien en informatique sert de décoration sur des murs peu garnis. Il a fallu 8 ans à Jan pour terminer sa scolarité; son rythme de croisière a été ralenti par 4 hospitalisations, 2 psychoses et 3 cours par session. Ses professeurs n’ont jamais été mis au courant et Jan n’aura eu droit à aucun service spécialisé : la maladie mentale n’est pas considérée comme un handicap au même titre que la cécité.

Son diplôme, il en est fier. Il fait partie des 40% de gens atteints de maladie mentale qui ont la capacité de travailler. Pourtant, il n’exerce pas un métier au mieux de ses compétences et de ses capacités intellectuelles. Sa technique en informatique n’est d’aucune utilité dans l’exécution de ses tâches quotidiennes. «L’informatique, ce n’était pas pour moi», explique-t-il, résigné à n’être bon qu’en théorie. Son travail actuel –il est commis de bureau– est routinier et exempt de tout stress. Cela lui convient mieux et correspond aux limites qu’il a appris à se fixer.

Difficile de croire en discutant avec Jan qu’il éprouve des problèmes qui l’empêchent de fonctionner normalement. Il explique avoir du mal à garder son appartement en ordre. Une femme de ménage payée en partie par le gouvernement l’aide à le garder propre. Après hésitations, il tente une explication peu convaincante : «Si tu es mélangé dans ta tête, c’est dur de faire du ménage.» Puis, voyant la réaction de son interlocuteur, il réessaie : «N’oublie pas que c’est le cerveau qui est affecté». L’argument est de taille, à la hauteur d’un homme qui a consacré beaucoup d’énergie à apprivoiser son handicap.

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/10/01/martin-matte-lhumour-les-traumatismes-craniens-a-tout-le-monde-en-parle/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/ma-schizophrenie/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/des-pieds-des-mains-et-de-laudace/

Retour de vacances, le suicide, la semaine de prévention du suicide et le Journal de Montréal

Nous sommes le 8 février. Mon blogue et celui du Journal de la Rue m’ont créé une certaine commotion. Le trafic continue d’augmenter sur les différents textes, mais plus spécialement sur ceux touchant le suicide. Ces textes sur le suicide, à eux seuls, génèrent plus de 475 visites par jour! C’est plus de 3 000 visites de gens qui souffrent et qui cherchent un moyen pour se suicider qui ont passé sur mon site pendant ma semaine de vacances! C’est aussi plus de 70 commentaires ou demandes d’aide qui se sont rajoutés dans les billets et dans mon mail.

Je voudrais remercier mon ami Folly, un autre blogueur, qui est venu intervenir à quelques reprises pour aider les gens qui ont passé par mon blogue. Folly a aussi répondu à une demande du Journal de Montréal pour une entrevue sur le suicide qui a été publié aussi sur Canoe.com. Cela a permis de partager les chiffres et l’achalandage que nous recevons sur nos blogues touchant cette détresse qui nous pousse à vouloir en finir et envisager le suicide comme la seule solution “viable” pour éviter de souffrir.

Jean-Michel Nahas, reporter du Journal de Montréal, a écrit cet article, motivé par la semaine de prévention du suicide du 3 au 9 février. Jean-Michel Nahas m’avait laissé un message samedi le 2 février me demandant de le rappeler la journée même pour compléter son article. Mais j’étais en vacances.

Vous vous demandez peut-être comment une personne, sensible au suicide comme moi, peut se retrouver en vacances pendant la semaine de prévention du suicide? Parce que dans mon cas, le suicide se vit 365 jours par année. On peut profiter d’une semaine thématique pour faire de la prévention dans les médias ou dans les écoles. Mais la détresse est omniprésente toute l’année durant.

Cela faisait 3 années que je n’avais pas pris de vacances. La seule semaine de vacances qui pouvait entrer dans l’agenda était celle-là. Et je l’ai prise.

Merci à tous pour votre fidélité et votre présence dans mon blogue. Continuer à prendre votre place et à vous exprimer.

Une pilule contre le bégaiement?

(Agence Science-Presse) – Peut-on guérir du bégaiement? Un centre de recherche californien est devenu le premier à vouloir se spécialiser dans l’usage de médicaments. Inauguré le 4 octobre, le Centre pour le traitement médical du bégaiement prend bien soin de souligner qu’il n’existe aucune pilule approuvée par les autorités américaines pour guérir ce «mal» qui affecte 1% des adultes. Mais le psychiatre Gerald Maguire s’appuie sur une poignée d’études qui, au fil des années, ont pointé dans la direction d’antipsychotiques et espère pouvoir recruter des «cobayes» pour tester l’efficacité de tels médicaments déjà sur le marché.

J’oublie déjà ce que je ressentais pour toi

(Agence Science-Presse) - Si une équipe américaine a montré que le cerveau est capable d’oubli volontaire de certaines scènes traumatisantes (voir capsule précédente), des chercheurs israéliens ont réussi à effacer des mauvais souvenirs sur commande. Yadin Dudai et Reut Shema de l’Institut Weismann, ainsi que Todd Sacktor, ont injecté à des rats une substance (un inhibiteur de la protéine kinase M zeta) et fait disparaître l’aversion que ceux-ci avaient pour l’eau sucrée. Ce mauvais souvenir avait été créé en associant la consommation d’eau sucrée à une injection de lithium qui rendait les rongeurs malades. L’inoculation de la substance dans le néocortex des rats, région cérébrale qui est le siège de la mémoire à long terme, a empêché le maintien de cette répugnance. Même après plusieurs semaines, le mauvais souvenir n’a jamais reparu. Mais ce sont des rats : on est encore loin du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Oublier pour repartir du bon pied

(Agence Science Presse) — Voilà une étrange découverte sur les fabuleux pouvoirs du cerveau ! Des neurobiologistes de l’Université du Colorado ont mis en évidence un mécanisme développé dans le but de protéger l’individu. On sait que les mauvais souvenirs peuvent créer de véritables traumatismes qui empoisonnent la vie. Or, les chercheurs américains ont montré que la mémoire était capable d’effacer ces douleurs de l’âme. D’abord, ils ont entraîné des volontaires à mémoriser 40 paires d’images, associant la photo neutre d’un visage à celle d’une scène traumatisante (accident de voiture, soldat blessé, etc.). Ensuite des images neutres leur ont été présentées afin de déterminer s’ils pouvaient ou non oublier les photos «choc» correspondantes. Réponse ? Oui. L’imagerie par résonance magnétique a révélé que ce processus d’oubli volontaire se situait dans le cortex préfrontal. Une nouvelle voie thérapeutique, peut-être…

Paul Piché, formule pour prévoir la mode et les tendances à Tout le monde en parle

À Tout le monde en parle dimanche dernier, Guy A. Lepage recevait Paul Piché. J’avais hâte de voir cette entrevue. Paul Piché fait partie des philosophes Québécois qui ont mon admiration. Au même titre que les Richard Séguin, Michel Rivard et Gilles Vigneault.

Au lieu d’avoir une entrevue sur sa philosophie de vie et sociale, nous y avons vu un Paul Piché qui vient de sortir un livre sur une formule qu’il a inventée pour prédire les tendances de la mode et des tendances sociales. Ouf! Complètement pathétique. J’y ai vécu une grande déception. Paul Piché est parti sur tout un trip. Je ne veux même pas commenter le sérieux ou la pertinence de sa formule.

Je suis obligé de me questionner sur l’état mental de ce philosophe qui a eu toute mon admiration pendant si longtemps. Sera-t-il capable de revenir à la chanson et de me charmer par le choix de ses mots. Est-il affligé de maux qui vont détruire le sens de ses mots?

Votre cerveau est bâclé

(Agence Science-Presse) – Loin d’être un assemblage parfaitement fonctionnel, votre cerveau est plutôt un amalgame de composés attachés les uns aux autres à l’à-peu-près. C’est la thèse que défend le neurologue américain David Linden dans son ouvrage de vulgarisation The Accidental Mind (Harvard University Press, 2007) : les neurones, écrit-il par exemple, sont lents, connaissent des ” fuites ” comme un tonneau percé et sont, dans l’ensemble, peu fiables; le cerveau lui-même est rempli de ” restes anachroniques ” hérités de nos ancêtres. Ce qui expliquerait pourquoi notre esprit déforme aussi souvent la réalité et nous permet d’agir aussi souvent de manière totalement irrationnelle.

Suicide sans souffrance, comment se suicider, se donner la mort sans douleur, rapidement, moyens pour se suicider

J’ai fait 2 tentatives de suicide. J’ai été arrêté dans mon geste. Contre mon gré.

J’ai été habité par une colère, une frustration. Pourquoi ne pas respecter le choix que j’ai fait. Celui de me suicider, de me donner la mort? Ne suis-je pas libre de disposer de ma vie comme bon me semble?

J’ai été amené en thérapie. Ça n’a pas été facile au début. J’ai fait peur à plusieurs thérapeutes avant d’en trouver un capable d’entendre l’expression de cette souffrance qui m’étouffait. Ma volonté de mourir était trop intense, la colère qui m’habitait trop violente.

J’ai cherché des moyens pour me suicider. J’ai tenté de trouver la mort. En thérapie j’ai réussi à trouver des gens pour m’écouter et évacuer cette souffrance, cette violence.

Aujourd’hui, je suis reconnaissant envers ces personnes que j’ai croisé qui m’ont aidé et soutenu. Si tu souffres. Appelle. Si quelqu’un dans ton entourage souffre. Appelle. Si tu as le moindre doute, n’hésite même plus. Appelle.

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Guide d’intervention de crise auprès d’une personne suicidaire. Un guide simple et accessible pour tous.

Textes sur le suicide. Blogue du rédacteur sur le suicide.

Se faire vomir sans avoir trop mal

Tu cherches des moyens pour te faire vomir? Tu te sens trop grosse? Tu veux avoir un corps de mannequin? Tu cherches à mieux paraître? Quand tu te regardes dans un miroir, tu n’est pas heureuse de ce que tu vois?

Tu peux essayer de te faire vomir pour éviter de prendre quelques kilos. Est-ce que vomir est la seule solution pour te rendre heureuse? Est-ce dangereux pour toi? Pourquoi cherches-tu tant que cela à vouloir maigrir?

As-tu déjà entendu parlé d’anorexie et de boulimie? J’ai un petit test pour toi. Question de mieux te connaître. http://www.doctissimo.fr/test-sante-ANOREXIE_BOULIMIE.htm Ne reste pas seul avec tes questions. Parles-en à des gens de confiance qui vont pouvoir t’aider dans ta réflexion.

Canada Association québécoise d’aide aux personnes souffrant d’anorexie nerveuse et de boulimie (ANEB Québec) Téléphone : 1-800-630-0907, à Montréal : (514) 630-0907

 www.anebquebec.com

Outremangeurs anonymes (Montréal) www.outremangeurs.org

The National Eating Disorder Information Centre (NEDIC) www.nedic.ca

France Boulimie.fr www.boulimie.frAnorexiques Boulimiques Anonymes Téléphone : 02 96 33 38 64 (24h/24)

Belgique Infor Anorexie & Boulimie (Infor A&B) Un centre d’aide et de soutien, d’information et de prévention, et d’orientation thérapeutique. www.anorexie-boulimie.com Outremangeurs Anonymes

Suisse Association boulimie anorexie Téléphone : 021 329 04 39

États-Unis National Association of Anorexia Nervosa and Associated Disorders (ANAD) www.anad.orgNational Eating Disorders Association www.nationaleatingdisorders.org

Anorexia Nervosa and Related Eating Disorders (ANRED) www.anred.com

Autres textes sur l’anorexie.

La cigarette, source d’hyperactivité

(Agence Science-Presse) – Les enfants dont les mères fument durant la grossesse risquent davantage de souffrir d’un syndrome de déficit d’attention et d’hyperactivité. Une étude menée par l’Institut Karolinska, à Stockholm, en Suède, révèle que la cigarette agit comme un déclencheur pour les enfants déjà génétiquement prédisposés à l’hyperactivité. Les symptômes de ce désordre débutent généralement très tôt dans la vie. Aux États-Unis, 3,3% des enfants de moins de 10 ans souffrent d’hyperactivité ou de déficit d’attention.

Martin Matte, l’humour, les traumatismes crâniens à Tout le monde en parle

Le 16 septembre dernier, Martin Matte, humblement est revenu rencontrer Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle. J’ai découvert un côté du personnage qui m’a touché. On y a appris qu’à l’âge de 17 ans, le frère de Martin Matte a subi un traumatisme crânien. Ayant de sévères problèmes comportementaux et physiques, la famille Matte a tenté, sans succès de trouver un hébergement pour leur enfant. Il n’existait rien pour accueillir une victime d’un traumatisme crânien.

Martin Matte, sensible à la réalité de son frère, a créé une fondation dans le but d’ouvrir des maisons pour héberger ces victimes. J’ai été touché par ce geste et cette sensibilité de Martin Matte.

Martin Matte aurait déjà fait des sketches humoristiques touchant cette problématique. Certains spectateurs n’ont pas apprécié. Cela me déçoit. Car l’humour est important dans nos vies, pas juste pour rire, mais aussi pour dédramatiser les événements tragiques de la vie.

J’ai personnellement fait 2 tentatives de suicide. Je me souviens, lors d’une des phases de mon rétablissement, avoir dit: je pourrais sentir que j’ai fait un bon bout pour m’en sortir lorsque je serais capable d’écrire des textes humoristiques sur le suicide. Cela m’aura pris près de 10 ans pour y arriver. J’ai été pendant plusieurs années intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. Je suis capable de vivre avec les gens l’intensité des émotions véhiculée par la crise suicidaire. Mais je suis aussi capable d’en rire. Sans ridiculiser la réalité des gens qui passent par cette crise ou leur entourage. Un humour qui nous permet de libérer une partie de la tension et du stress accumulée.

Si Martin Matte fait des sketchs humoristiques touchant des thèmes sociaux. En ce qui me concerne, c’est bien correct. Si des spectateurs ont de la difficulté à entendre parler de ces thèmes sociaux, peut-être qu’il y a dans leur vécu des bouts d’émotion qui sont resté bloquées et qui auraient avantages à trouver une voix de sortie. Parlez-en à votre thérapeute, ça ne fera sûrement pas de tort.

Merci et félicitations à Martin Matte pour cette implication sociale.

Fondation Martin Matte.

Textes sur Tout le monde en parle.

Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention

http://journaldelarue.wordpress.com/2008/02/12/quand-ton-cerveau-temprisonne/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/ma-schizophrenie/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/des-pieds-des-mains-et-de-laudace/

Richard Martineau, la pédophilie et sa chronique Franc-parler du Journal de Montréal

Le Québec a malheureusement eu son lot de grandes gueules qui dépassent les bornes et les limites de l’acceptable. Les complètement immoraux tels que Jeff Filion, Champagne, André Arthur, les érudits qui sautent les plombs trop souvent comme Gilles Proulx pour jouer le rôle de l’avocat du diable, ceux qui se cherchent une vocation comme Stéphane Gendron… La liste peut être longue. Trop longue.

Pour différentes raisons, je n’ai pas encore classé un chroniqueur tel que Richard Martineau. Plus difficile à définir. D’une part, parce que je l’ai déjà entendu tenir des positions différentes dans deux débats. Cela aurait tendance à prouver qu’il ne joue qu’une comédie, un jeu de rôle comme plusieurs de ces animateurs. Possiblement parce que plusieurs des débats qu’il a touché sont socialement important. Il ne se limite pas à débratérer sur la sorte de robe que peux porter la mairesse de Québec Andrée Boucher.

Aujourd’hui, Richard Martineau m’a profondément déçu. Dans sa chronique Franc-parler du 21 mai dans le Journal de Montréal, il traite de l’article du magazine Maclean qui traite Montréal de terre d’accueil et de paradis pour les pédophiles. En réponse à un article stupide, Richard Martineau fait de même. Il donne les indications pour trouver l’adresse et le téléphone du pédophile John Robin Sharpe. Il incite ses lecteurs à montrer aux Canada anglais que nous ne sommes pas tolérant envers les pédophiles. Est-ce une incitation à la violence? Jusqu’ou cette violence peut dégénérer? Si quelques psychiatriques, affamés du sensationalisme du Journal de Montréal, prennent à la lettre le texte de Richard Martineau et vont tuer John Robin Sharpe, en fournissant la façon de trouver ses coordonnés, Richard Martineau sera-t-il reconnu coupable de complicité de meurtre?

La violence attire la violence. La violence peut être physique, verbale ou écrite. Avec sa chronique du 21 mai, Richard Martineau nous montre un niveau de violence sociale inacceptable. Inciter à la violence est pire que la faire soi-même. Celui qui se lève pour faire acte des écrits d’un chroniqueur tel que Richard Martineau n’a pas peut-être pas toute sa tête. Mais celui qui a écrit le texte est un acteur social qui est instruit et qui est payé pour faire un travail respectable.

Même si je suis contre la pédophilie et les gestes que peut avoir posé John Robin Sharpe, s’il devait lui arriver quelque chose suite aux textes violents de Richard Martineau, le Journal de Montréal serait aussi complice d’avoir laissé ce droit de parole pour un tel texte. En tant qu’éditeur, le Journal de Montréal a une responsabilité sur les dires et les agissements de son personnel.

Nous récoltons ce que nous semons. Si nous voulons une société plus humaine et plus juste, ou amour et liberté pourront l’habiter, il serait temps que nous commençions à semer un peu plus d’amour.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/09/26/richard-martineau-la-pedophilie-et-le-sexisme/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/04/25/richard-martineau-et-le-sexe/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/06/17/richard-martineau-et-la-pedophilie-encore-plus-violent-et-incoherent/

Textes sur la sexualité.

Démence : l’impasse de l’article 21

Isabelle Burgun, Agence Science-Presse

Pour faire avancer la recherche sur la démence, il serait nécessaire que Québec modifie son Code civil, soutient Philippe Voyer, professeur et chercheur à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval. Les malades atteints d’Alzheimer, notamment, ne peuvent bénéficier de toutes les avancées scientifiques, faute de pouvoir participer aux essais cliniques.

” De nombreux projets de recherche sont bloqués par l’actuel article 21 du Code civil. C’est une situation unique qui sévit qu’au Québec “, soutient le Pr Voyer, co-auteur d’un mémoire visant à modifier cet article de loi.

Près de 8 % des Québécois de plus de 65 ans, soit 90 000 personnes, seraient atteints de démence. Pour que ces patients participent aux travaux de recherche, l’article 21 du Code civil exige qu’ils y soient autorisés par leur représentant légal.

Pourtant, moins de 5 % des aînés québécois ont un représentant légal officiel, c’est-à-dire désigné par la Cour. ” Les gens ne font pas la démarche. C’est onéreux et long “, affirme le spécialiste. Il en coûterait près de 1000 $ pour homologuer un mandat d’inaptitude et entre 3 à six mois de procédure.

L’inaptitude du patient, déterminée par un examen médical et psychologique, ne suffit pas. Les représentants qu’elle désigne peuvent donner leur autorisation pour des soins, mais pas pour participer à des travaux dans le cadre d’une recherche scientifique.

Pas de représentation, pas de recherche

Le Pr Voyer rapporte ainsi des études impossibles à mettre en œuvre sur le massage des pieds susceptible de diminuer l’anxiété des personnes démentes, les soins buccodentaires perçus comme très envahissants par les patients ou encore sur les taux de glaucome. ” Nous n’avons pas réussi à avoir assez de patients. Si 5 % en souffrent, mais que seulement 5 % des aînés ont un représentant légal, il nous reste seulement 4 ou 5 patients. C’est bien insuffisant pour procéder aux travaux de recherche “, soutient le chercheur.

Le Pr Voyer maintient que les recherches présentant peu ou pas de risques devraient pouvoir être autorisées par les proches du patient. Ce qui est le cas dans les autres provinces canadiennes et même en France depuis 2003, à la suite d’un changement du Code civil.

Ainsi, une étude menée en Ontario sur les soins corporels a montré que les bains étaient très anxiogènes : 70 % des patients démontraient de l’agressivité, généralement traitée par une médication aux nombreux effets secondaires négatifs. Elle a permis de modifier l’approche en remplaçant les bains par le lavage à la serviette.

” Cela a permis de diminuer le nombre de patients sous anxiolytiques. Délivrer des soins adéquats, c’est très important. Il s’agit souvent d’une des dernières interactions que l’on a avec la personne démente “, affirme le Pr Voyer.

Les auteurs ont remis une copie du mémoire au ministre québécois de la Justice, Yvon Marcoux et au ministre de la Santé, Philippe Couillard. Cette démarche reçoit l’appui du Conseil des aînés du Québec, de l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval et de la Société Alzheimer de Québec.

À lire :

L’article 21 du Code civil et la recherche auprès des aînés atteints de démence dans les milieux de soins de longue durée au Québec : Une analyse, un constat et une proposition (PDF, 855 Ko)

http://www.conseil-des-aines.qc.ca/publications/autres.asp

Article 21 du Code civil québécois :

http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/CCQ/CCQ.html

Textes sur la santé.

Ma schizophrénie
Écrit par Martin, Vol 13-4

drogue

J’ai 25 ans. Je suis schizophrène depuis quatre ans. Quand je ne prends pas mes médicaments, des antipsychotiques, j’hallucine.

J’imagine que des voix me parlent. Elles me disent des blagues, m’ordonnent des choses plutôt négatives comme de me suicider ou de commettre des meurtres.

Mon histoire débute bien avant l’arrivée de ma maladie. À quinze ans, mes amis m’initient aux drogues. Je commence par fumer du hasch. De temps à autre, puis, de plus en plus souvent. Après un an et demi on me dit que le cannabis est beaucoup plus cool. Je change ma consommation pour le pot. Un an plus tard, j’essaye les champignons, le LSD, la mescaline. À 18 ans je découvre les raves. J’y prends beaucoup d’amphétamine et d’extacy. Je ne savais pas alors que je causais des dommages irréversibles à mon cerveau. Avoir su, je n’aurais pas fait toutes ces expériences avec mon corps.

Quand la maladie me frappe, je suis seul dans mon appartement. J’habite un petit deux et demi. Je travaille en soirée. Des conditions de travail exécrables pour un salaire minable. Je fume tout ce que je peux trouver. Malade que je suis devenu, ma vie familiale n’est pas vraiment bonne. Je mens à mon père; la personne que je respecte le plus sur cette terre. Je ne vois plus ma mère.

À chaque soir, j’arrive chez moi et je mets de la musique techno dans mon système de son. En allant me coucher vers trois heures, j’entends de la musique de guerre. Je ne dors pas de la nuit. Je cro-yais que c’était les voisins. Je me dis qu’ils ont le droit de fêter eux aussi.

Le lendemain, j’écoute encore du techno. Je suis seul. Je fume. Tout à coup, j’ai l’impression que la musique me concerne. Je m’imagine que mes paroles et mes pensées sont entendues. Par la musique, le rappeur répond à mes songes. Le lendemain même chose. Un de mes amis est là. Il me regarde parler au haut-parleur de ma stéréo.

Le surlendemain, je vais voir ma mère. Je n’ai pas encore dormi. Je lui dis toutes sortes de baratin qui n’avait aucun sens. En projetant la bouteille de savon vers ma bouche, je lui dis que ça ne changerait rien si je buvais du savon à vaisselle. Elle appelle l’ambulance. Je me retrouve à l’hôpital psychiatrique. Diagnostique: épisode psychotique (hallucination temporaire.) Je suis enfermé deux mois à l’hôpital.

Après cet incident, je retourne travailler. Je n’en peux plus. Après deux mois, je dis à mon patron que je retourne à l’école. Je m’inscris au centre Champlain, une école secondaire pour adulte.

Après un certain temps, j’ai un autre épisode psychotique. J’ai l’impression d’entendre mes voisins m’adresser la parole. J’ai aussi l’impression que les stations de radio s’adressent directement à moi. L’eau goûte toute de sorte de chose comme le sexe, le poisson, le LSD. Le monde entend mes pensées. J’entends les pensées des autres. Je suis dieu. Je ne mange plus. Il y a plus de quatre jours que je ne dors pas. J’avise mon père que ça ne peut plus durer et je passe un autre deux mois à l’hôpital.

Suite à cela, j’arrête de me droguer. J’arrête même la cigarette. J’obtiens mon diplôme d’études secondaire. Je prépare mon entrée au cégep. Je veux être technicien de laboratoire médical. Janvier 2004, je commence le cégep avec une très bonne motivation. Je réussis tous mes cours.

Je reçois 800$ par mois du ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale. Au cours de l’été, on me dit que je n’ai pas le droit de recevoir cette somme et que je dois rembourser ce que j’ai reçu à la dernière session. J’ai accumulé une dette   de 5 600$. Je m’engage à rembourser 56$ par mois. Plus de 100 mois pour tout rembourser!

Je fais une demande de prêt et bourses. Un mois plus tard, la deuxième session commence. Je vais au local de financement étudiant du collège pour recevoir la première partie de mon prêt. On me remet un chèque de 500$. C’est beau. J’achète mon matériel scolaire et paye ma pension. Il ne me reste plus rien. J’appelle l’agent du ministère du revenu et de la so-lidarité sociale pour lui dire que je ne peux pas faire mes remboursements présentement. De plus, je ne sais pas encore combien les prêts et bourses m’accorderont pour la session d’étude. La dame me comprend et me donne un mois de plus pour rembourser les 56$ que je dois.

Une semaine plus tard, je retourne au local de financement étudiant. Un prêt de 250$ m’est accordé. Je l’accepte. Il est déjà dû et il ne me reste plus rien. À la fin de mon temps alloué pour rencontrer mon engagement, je rappelle au bureau du gouvernement. Ils me disent qu’ils vont me saisir. Un mois et demi plus tard, je connais finalement le montant de prêts et bourses auquel j’ai droit pour la session en cours. Un gros 1 500$ pour passer quatre mois. Il me reste trois mois d’étude. Il ne me reste que 750$ à recevoir. Je me retrouve rapidement sans un sou et il me reste encore deux mois d’école à faire.

Le monde dira que je pouvais aller travailler en même temps. La prise en charge de ma maladie exige beaucoup d’énergie. En plus de mes trente heures de cours, je devais étudier une quinzaine d’heures par semaine. J’ai dû passer beaucoup plus de temps pour trouver de l’argent que pour étudier. Mes notes ont chuté dans la majorité de mes cours.

J’ai abandonné mon rêve de finir mes études. Je suis retourné sur l’aide sociale en attendant de me trouver un emploi. Puisque je suis devenu un nouvel assisté social, je perds le privilège d’avoir mes médicaments payés. En attendant, je dois les quêter à ma thérapeute.

J’aurais aimé partager avec vous une expérience plus heureuse, qui se finit bien. J’avais besoin d’en parler. J’ai voulu prendre une place de citoyen à part entière. J’étais convaincu que j’avais trouvé ma voie et ma réussite. Pourquoi le gouvernement ne met-il pas des programmes spéciaux ou adaptés à ma condition? Est-il plus facile de garder les gens différents sur l’aide sociale toute leur vie que de trouver des façons de pouvoir apprendre à vivre ensemble?

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/des-pieds-des-mains-et-de-laudace/

Textes sur la santé.

http://journaldelarue.wordpress.com/2008/02/12/quand-ton-cerveau-temprisonne/

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/10/01/martin-matte-lhumour-les-traumatismes-craniens-a-tout-le-monde-en-parle/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/des-pieds-des-mains-et-de-laudace/

SCHIZOPHRÉNIE: OÙ S’ARRÊTE LA LIBERTÉ D’UNE PERSONNE MALADE?
écrit par Roberto Mayer, Vol 15-1, octobre 2006

Il y a trois ans, ma meilleure amie me téléphone à 1 h du matin. Elle se sent menacée et poursuivie. Son discours est décousu. Sa sœur jumelle ayant développé cette maladie un peu avant elle, je comprends rapidement qu’elle est en état de psychose. Je l’invite à venir chez moi sans délai. Je tente de la raisonner, mais rien n’y fait. Je me sens dépourvu et impuissant.

Le lendemain, elle part avec son fils de neuf ans vers un chalet dans les bois où elle croit qu’elle sera en sécurité. «De toutes façons, me dit-elle, si je crois qu’ils sont pour nous retrouver, ils vont me trouver pendue avec mon fils dans le garde-robe». Je lui demande si elle est consciente de ce qu’elle vient de me dire. Elle me répond que oui, mais que ce n’est que pour protéger son fils, car ce qu’ils lui feraient serait bien pire, et elle s’en va…

La seule façon que je trouve pour l’aider est d’appeler la Direction de la protection de la jeunesse (D.P.J.). J’ai l’impression de trahir une amitié et j’ai peur qu’elle m’en veuille. Je téléphone aux autorités. Ils agissent, placent l’enfant chez ses grands-parents et incitent la mère à se faire soigner.

Elle quitte ensuite l’hôpital sans aucun encadrement imposé. Avec la désinstitutionalisation, elle n’a qu’à formuler un refus de traitement pour qu’on la laisse partir en prétextant qu’elle n’avait rien dit qui prouvait qu’elle représentait un danger pour sa personne.

À mon avis, son refus de se faire soigner prouvait plutôt le contraire.

Pour l’obliger à suivre un traitement, cinq membres de sa famille devraient intenter un recours judiciaire pour lui retirer ses droits. Si la famille et les gens autour n’ont pas l’idée ou la capacité de le faire, rien ne peut contraindre une personne atteinte de maladie mentale de se faire soigner.

Quatre mois plus tard, je reçois un appel de sa mère. Mon amie s’est pendue. Elle est entre la vie et la mort. Après deux semaines dans le coma, elle garde des séquelles dues au manque d’oxygénation au cerveau. Elle n’a aucun souvenir de moi mis à part mon nom. Elle ignore pourquoi elle est à l’hôpital. Elle ne se souvient pas de son geste… Moi, je m’en souviens.

À mon avis, il est inacceptable que notre société se soit à ce point déresponsabilisée à l’égard de ces personnes au nom de la liberté de la personne et de l’intégration sociale.

Il est plus que temps de regarder notre responsabilité vis-à-vis de ces personnes qui ont besoin d’aide et qui sont laissées à elles-mêmes.

Je suis un intervenant de crise. L’histoire que décrit Roberto, je l’ai vécue à maintes reprises. Malgré la difficulté d’appeler les ressources pertinentes, Roberto a très bien agi en les faisant intervenir. Cette difficulté d’avoir un suivi après la psychiatrie ou l’hôpital est malheureusement réelle. J’ai vu des jeunes faire des tentatives de suicide. Dès que le «physique» du jeune le permettait, l’hôpital le laissait partir. Au mieux, avec un rendez-vous avec un psychiatre, dans six à neuf mois! Pas de suivi. Pas d’encadrement.

La question est bien posée par Roberto. Est-ce acceptable de laisser des gens qui ont besoin d’aide sans encadrement, sans suivi, sans ressources adaptées? R.V.

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/ma-schizophrenie/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/des-pieds-des-mains-et-de-laudace/

Textes sur la santé.

Des pieds, des mains et de l’audace !
écrit par Arianne Clément, Vol 15-1, octobre 2006

dance handicapé

La troupe des arts de la scène Des pieds et des mains se distingue par ses productions de spectacles modernes qui mettent en scène des artistes atteints de déficiences intellectuelles

L’année dernière, on m’a offert un billet pour assister à Leçons, pièce qui fusionnait la danse et le théâtre sur un texte d’Eugène Ionesco. Cinq des huit chorégraphes et acteurs souffrent de différents handicaps mentaux. Par politesse, j’ai accepté l’invitation. Je croyais que les éloges que l’on faisait de ce spectacle relevaient plutôt de la charité humaine que d’une réelle qualité d’interprétation ou de la mise en scène.

J’ai été estomaquée par la puissance du spectacle. La particularité des comédiens donnait un tout nouveau sens au texte qui se veut absurde à la base. L’interprétation franche, naïve et ludique était en parfaite harmonie avec la mise en scène et avec le discours sous-entendu de la pièce. C’était un spectacle de calibre professionnel, riche en symboles, intelligent, inusité et émouvant, qui s’inscrivait tout à fait dans un courant de danse et de théâtre contemporains. J’ai rencontré la chorégraphe Menka Nagrani pour nous parler de ce spectacle.

Arianne Clément: Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler la danse avec des personnes atteintes de déficiences intellectuelles?

Menka Nagrani: J’ai commencé par hasard. J’enseignais la danse à différents groupes quand le Centre d’art des muses, un centre de formation sociale et professionnelle des arts de la scène pour les handicapés, m’a approchée. Je donne des cours pour cet organisme depuis maintenant cinq ans et ce travail m’a permis de rencontrer Richard Gaulin, le metteur en scène avec qui j’ai fondé la compagnie Des pieds et des mains. Nous travaillons encore en collaboration avec le Centre d’art des muses, où nous recrutons tous les comédiens.

A.C.: Considérez-vous que votre travail a un aspect thérapeutique?

M.N.: Oui, mais je ne fais pas d’art thérapie. En art thérapie, ce qui est important, c’est le processus et non le résultat. Pour nous, c’est le contraire; l’important c’est de faire un spectacle de qualité avec des critères artistiques élevés et un fini professionnel. Il n’en demeure pas moins que le processus de création et le fait de participer à un spectacle, d’être vu, entendu et applaudi est assurément thérapeutique.

Les personnes marginalisées sont rarement valorisées dans leur vie quotidienne. L’art permet d’exprimer et de libérer des émotions, ce qui n’est pas rien. Il faut aussi considérer les retombées sociales. Les comédiens sont considérés comme des professionnels. On leur offre un travail rémunéré, ce qui leur permet d’acquérir une certaine autonomie et une meilleure position sociale.

A.C.: Qu’est-ce qui pousse les personnes handicapées à faire de la scène?

M.N.: Les interprètes que nous avons recrutés au centre sont passionnés par les arts de la scène. Ils aspirent à devenir acteurs. D’ailleurs, une des interprètes, Geneviève Morin-Dupart, a actuellement un petit rôle dans un téléroman et elle a déjà joué dans un film.

A.C.: Est-ce qu’ils saisissent le sens ou l’aspect politique de ce qu’ils interprètent?

M.N.: Ils ne comprennent pas tous les sens qu’une réplique peut avoir mais ils comprennent au premier degré. C’est ce qui permet une interprétation juste, brute, pure et non censurée.

A.C.: Quelles sont les difficultés lorsque l’on travaille avec ces personnes?

M.N.: Il faut gérer des comportements souvent primaires et très émotifs. Nous devons créer à partir des contraintes dues aux différentes déficiences des interprètes. Le processus est donc plus compliqué et plus long.

dance handicapé

A.C.: Vous êtes allés présenter la pièce en Belgique. Comment s’est passée l’expérience?

M.N.: C’était dans le cadre d’un festival international de théâtre et de danse consacré aux compagnies travaillant avec des personnes ayant un handicap intellectuel. C’était une superbe expérience car nous avons eu la chance de voir les productions de neuf compagnies venues de partout dans le monde. On a aussi participé à des ateliers, des tables rondes, des discussions et des conférences qui traitaient de l’art et des déficiences intellectuelles. De plus, la pièce a été bien reçue.

A.C.: Considérez-vous la troupe Des pieds et des mains comme une troupe engagée?

M.N.: Absolument. Notre mission est d’intégrer des personnes marginalisées dans le but d’induire des questionnements artistiques et sociaux.

Je crois que les artistes se doivent d’avoir un engagement social. L’art est un bon véhicule pour rejoindre les gens et les sensibiliser. Nous sommes fiers de voir les retombées sociales, mais je dois dire toutefois que le choix de travailler avec des personnes ayant des difficultés intellectuelles est avant tout un choix artistique.

http://journaldelarue.wordpress.com/2008/02/12/quand-ton-cerveau-temprisonne/

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/10/01/martin-matte-lhumour-les-traumatismes-craniens-a-tout-le-monde-en-parle/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/ma-schizophrenie/

Textes sur la santé.

Jacqueline Blais, grande bénévole de la Côte Nord

Par Nathalie Chenel, Côte Nord

Madame Jacqueline Blais, maintenant âgée de 70 ans et mère de 4 enfants, est bénévole depuis plus de 20 ans. Sa fille de 45 ans, est handicapée intellectuelle. Madame Blais s’implique sur différents comités. Son objectif est d’obtenir et de maintenir de nouveaux services adaptés aux besoins des personnes handicapées. L’accessibilité aux services publics représente tout un défi.

Mme Blais a été une pionnière dans la région de Sept-Îles en ce qui concerne l’intégration scolaire qui, à l’époque, était inexistante. Cette artisane a dû soulever de nombreuses barrières. Rien ne peut arrêter le cœur d’une mère déterminée par l’amour de son enfant.

Depuis 10 ans, elle travaille à la préparation et au service du repas de la fête de Noël pour les personnes handicapées. Avec des membres de différentes associations, elle a créé au camp des jeunes la semaine réservée aux personnes handicapées. Elle a apporté réconfort, appui et encouragement aux personnes en quête d’autonomie.

Son implication a profité à plusieurs organismes tels que le Module d’Épanouissement à la Vie de Sept-Îles, le Centre d’activité le Pivot, le camp de vacances pour personnes handicapées, le comité de rêve d’adultes «Lueur d’espoir»…

Nous sommes fiers de souligner que, pour l’ensemble de son oeuvre, Mme Blais a reçu les clés de la ville de Sept-Îles, la médaille du Gouverneur, l’Ordre du Mérite du Nord-Côtier ainsi que le titre de bénévole de l’année. Au mois d’avril 2000, elle recevait le prix «Bénévolat de Québec»! des mains de Monsieur André Boisclair, à l’époque ministre de la Solidarité Sociale. Mme Blais est non seulement un exemple de ténacité pour l’ensemble du Québec, mais aussi, une source de fierté pour les gens de la Côte-Nord.

Comment tout cela a débuté

À Sept-Îles, en 1972, quelques parents ayant les mêmes besoins se regroupent et forment «L’association des parents de l’enfance inadaptée». Leur comité devient le «Module d’épanouissement à la vie de Sept-Îles». Leur mission: faire la promotion et la défense des droits pour les personnes vivant avec un handicap physique ou intellectuel.

Grâce à ce mouvement et à ces nombreux bénévoles telles que Mme Blais, les personnes vivant avec un handicap physique ou intellectuel ont enfin droit à leur place dans la communauté. Les objectifs sont nombreux; ils échangent, s’entraident et se supportent mutuellement. Ils travaillent tous les jours à améliorer la qualité des services. Ils font la promotion de la mise sur pied de nouveaux services. Ces gens aux grands cœurs et qui sont déterminés, aident la personne vivant avec un handicap à se prendre en charge. Les membres donnent de la formation, informent sur les droits ainsi que les lois, services et ressources disponibles pour faciliter la vie en société. Le comité lutte aussi pour l’accessibilité aux lieux publics. Tout cela est un travail ardu.

Aujourd’hui, grâce à ces efforts, ces personnes sont intégrées sur le marché du travail, que ce soit dans le secteur manufacturier ou commercial. Nous pouvons les voir travailler à diverses tâches, ces personnes qui ne sont pas si différentes des autres travailleurs. Félicitations Mme Blais et à tous les bénévoles qui s’impliquent. Bonne continuité!

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/02/donner-aux-autres-apprendre-sur-soi/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/21/cirque-du-monde-lart-de-simpliquer/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/14/implication-sociale-de-lentreprise-privee/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/le-benevolat-un-tremplin-pour-le-travail/

Ensemble pour vaincre le suicide

Par Dominic Desmarais, Vol 14-6

En Outaouais, la coopérative d’ambulanciers dessert seule la totalité de la région. Ses 200 membres ont fait plus de 2000 heures de bénévolat l’an passé. Leur cause: la jeunesse.

Les ambulanciers de l’Outaouais s’inquiètent pour leur jeunesse. Au front tous les jours pour leur travail, ils ont constaté une augmentation des problèmes d’alcool, de drogues et de suicide chez les jeunes. «Ça fait 17 ans que je suis paramédic. Des jeunes de 12-17 ans, je n’en ramassais pas beaucoup quand j’ai commencé. C’est plus fréquent, maintenant.» dit Marc Paquette, président de la coopérative des ambulanciers de l’Outaouais. Ses 200 collègues et lui ont décidé d’agir.

La découverte d’un gamin de 9 ans, retrouvé pendu, avec une lettre de suicide à ses côtés, les a bouleversés. Des questions hantaient leurs esprits. Ils en discutaient entre eux. Pourquoi l’école ne l’a pas vu? Les intervenants? Le milieu? «Ce jeune aurait dû être pris en main avant ça», dit M. Paquette d’un ton sans appel.

Les ambulanciers en ont jasé dans leur réseau. «Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de tribune pour les jeunes. On a décidé de faire un DVD sur les problèmes d’adolescents. Un outil de travail pour les intervenants auprès des jeunes, explique le président de la coopérative.

De la promotion contre le suicide, il y en a. Mais, au lieu de juste en parler, pouvons-nous connaître la réalité vécue par les jeunes afin de mieux les comprendre? L’adolescence que j’ai eue n’a rien à voir avec la leur», remarque M. Paquette.

La communauté

Dr Bernard Gélinas, de la coopérative de santé d’Aylmer, partage le même constat. Partenaire des ambulanciers, le médecin considère que seule la communauté a les outils pour résoudre ce problème. «La tâche en santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins, pense-t-il. Violence, abus, taxage… Ces problématiques n’étaient pas prévues par les fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce sont nos enfants!», s’inquiète le Dr Gélinas, qui remet en cause l’action du Ministère.

«On a demandé un budget pour un travailleur de rue. La Régie de la santé a refusé. Comme le CLSC avait déjà un budget pour ça, nous n’avons pas eu de subvention. Mais je n’ai pas vu d’action sur le terrain», critique le médecin qui y va d’un jeu de mot en parlant de Centre local de service caché (CLSC).

Le médecin se vide le cœur. Quand il cause suicide, il ne met pas de gants blancs pour s’attaquer au gouvernement. «Le programme de prévention suicide existe depuis 1980. Au Québec, pendant cette période, les suicides ont doublés. En Outaouais, ils ont presque triplés!» L’année dernière, le taux de suicide en Outaouais s’est maintenu sur la moyenne des 5 dernières années.

La Santé publique et le suicide

À la Direction de la santé publique, l’approche se décentralise. On forme des organismes de prévention du suicide que l’on subventionne. Ces organismes touchent le milieu des jeunes dans les écoles et dans les Maisons de jeunes notamment. Ils forment à leur tour des intervenants dans la communauté.

En Outaouais, c’est le comité Réaction-Vie, une cellule de l’organisme 24/7, ainsi que Suicide Détour, qui sont mandatés pour organiser le programme d’intervention suicide.

Les principales activités de la santé publique et des organismes d’intervention commencent avant les signes de détresse. «Elles débutent avec des programmes de promotion de compétences personnelles et sociales, d’estime de soi, et des capacité de s’adapter dans certaines régions», explique Geneviève D’Amours, responsable de la lutte au suicide à la Direction de la santé publique. Seule employée affectée au suicide à la Santé publique pour l’Outaouais, Mme D’Amours est également responsable des dossiers de santé mentale. «C’est le lot d’une petite région, dit-elle, il est impensable d’y réunir plusieurs personnes pour un même dossier.»

Mme D’Amours semble bien maîtriser son sujet. Elle parle avec franchise et s’explique davantage comme une enseignante. Elle oriente son approche vers une collaboration entre les milieux scolaires, communautaires et sociaux. «L’objectif est d’aider les enfants à passer au travers des épreuves de la vie», raconte-elle. Nous avons mis sur pied une approche nommée École en santé. «Notre programme de prévention, à la suite d’un suicide, est global. Il vise à prévenir les effets de contamination quand survient un suicide dans une école.

Bientôt, les écoles de la région participeront au Réseau Sentinelle. Une approche où des membres du personnel seront formés pour dépister les cas de détresse. Des adultes à l’écoute. «Ce sera plus efficace. Quand l’environnement est plus sécurisant, c’est plus facile pour le jeune. Mais le Réseau n’est pas encore en place. On attend la formation», avoue l’agente de la santé publique, qui compte déjà sur un noyau d’intervenants dans les écoles, préoccupés par le suicide.

Banaliser le suicide

Mme D’Amours n’est pas une chaude partisane de la stratégie qui consiste à parler abondamment du suicide. Elle se distancie de tout ce qui pourrait banaliser le suicide. «Les dernières années, on en a beaucoup parlé. Est-ce que c’est banal, d’attenter à sa vie? Non. On ne peut pas en parler si le jeune n’est pas rendu là. Il ne faut pas que ce soit tabou, nuance-t-elle, mais pas banal non plus.»

Autres textes sur le suicide:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/06/23/guide-dintervention-aupres-dune-personne-suicidaire

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/09/suicide-dun-ami/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/que-pensez-vous-de-la-foi-pour-contrer-le-suicide-2/

Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention

Que pensez-vous de la foi pour contrer le suicide? Question de Mme Anne Campeau

Réponse de Raymond Viger

C’est une belle question qui peut être développé sous plusieurs angles. Le suicide est une finalité lorsque nous n’avons plus aucun choix qui s’offre à nous. Nous avons tout essayé pour tenter de vivre. Seule une souffrance nous envahit, nous aveugle. Une souffrance devenu intenable. Croire en quelque chose est une façon de nous donner des alternatives, des possibilités qui peuvent nous aider à accepter cette souffrance, lui donner un sens et nous offrir des alternatives au suicide.

Cette croyance peut être une religion quelconque ou encore une philosophie de vie. Croire en quelque chose est une façon de nous garder en relation avec la vie qui nous entoure, de briser notre isolement, de nous ouvrir à une aide qui peut nous aider.

Oui, je crois que la foi peut nous aider à surmonter les épreuves que nous avons à traverser.

Autres textes sur le suicide:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/06/23/guide-dintervention-aupres-dune-personne-suicidaire

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/09/suicide-dun-ami/

 http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/ensemble-pour-vaincre-le-suicide/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/

Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention

Décriminalisation du suicide assisté       Par Raymond Viger

Je suis d’accord avec la décriminalisation du suicide assisté parce que cela se fait déjà et, parfois, dans des conditions misérables, inhumaines et trop rapides.

En décriminalisant le suicide assisté, comme l’ont fait certains pays, cela nous permet de mettre des balises, de garantir que tout ce qui est envisageable de faire pour conserver ou rallumer un espoir de vie à la personne concernée sera fait.

Cela peut nous garantir qu’un geste de compassion prématurée ne sera pas porté. Éviter qu’un sentiment d’impuissance d’un proche le pousse dans une aide prématurée à mourir. Une façon de briser l’isolement de la personne qui souffre et de son entourage.

L’objectif de décriminaliser le suicide assisté n’est pas d’augmenter le nombre de suicide, mais de le diminuer, de retarder l’instant d’un passage à l’acte, d’offrir un encadrement pour s’assurer qu’on va mettre en place tous les moyens pouvant arrêter ou diminuer la souffrance, s’assurer d’aider la personne à apprendre à vivre avec certaines souffrances et surtout, s’assurer que la personne qui veut mourir se donne le droit de changer d’idée.

Nous profitons de cette occasion pour souligner la semaine de prévention du suicide du 6 au 12 février. Les objectifs de cette semaine de prévention sont de:

-Encourager les personnes suicidaires et leur entourage à sortir de l’isolement et à demander l’aide à laquelle ils ont droit;

- Sensibiliser la population au fait que le processus suicidaire est réversible et qu’ensemble on peut prévenir le suicide;

- Informer la population de l’existence de la ligne 1 866 APPELLE.

Nous vous invitons à nous faire parvenir vos opinions et vos positions sur le sujet en nous écrivant ou sur notre forum de discussion.

Brian Mishara, spécialiste reconnu en prévention du suicide: M. Mishara mentionne que les gens qui veulent se suicider ne veulent pas mourir, ils veulent juste arrêter de souffrir. C’est pourquoi il est contre la décriminalisation du suicide assisté.

Suzette Gill: «Je suis malade. En soins palliatifs. Je trouve que le courage dans l’épreuve a bien meilleur goût! Les perspectives sur la vie prennent autrement de l’ampleur. Je reçois chaque jour nouveau comme un cadeau. Je sais que ma souffrance, encore supportable, a une valeur».

Autres textes sur le suicide:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/nouveau-regard-sur-le-suicide-assiste/

Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention

Nouveau regard sur le suicide assisté        Par Isabelle Martineau

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je suis tombée sur l’article de Raymond Viger, intitulé «Décriminalisation du suicide assisté». Votre texte, très court, commence ainsi: «Je suis en accord avec la décriminalisation du suicide assisté parce que cela se fait déjà et, parfois, dans des conditions misérables, inhumaines et trop rapides». Sans référence à l’appui, vous y allez d’affirmations qui me semblent plus ou moins justes ou, à tout le moins, étonnantes.

Entre autres, vous mentionnez que la décriminalisation du suicide assisté nous permettrait de garantir «que tout ce qui est envisageable de faire pour conserver ou rallumer un espoir de vie à la personne concernée sera fait»… Je ne saisis pas très bien ce que vous entendez par là. Comment, en «permettant» un acte malheureux, on peut garantir les façons de l’éviter? D’autant plus que la littérature sur le sujet démontre plutôt les obscurs dérapages dans les sociétés qui ont permis le recours au suicide assisté.

En fait, M. Viger, je crois qu’il est question ici de deux problèmes fondamentaux. Le premier touche la problématique de la valeur accordée à la vie humaine. Le second fait référence à l’expérience de la souffrance humaine.

La valeur de la vie humaine…

Jusqu’à présent, notre société considère toujours l’aide au suicide comme étant criminelle. Mais pourquoi donc? Pourquoi ne permet-on pas tout simplement aux gens de faire comme ils l’entendent en aidant, par exemple, une personne qui veut en finir. Une réponse à cette question pourrait être la suivante: la vie d’une personne humaine est trop importante pour qu’on puisse y mettre fin impunément. Mais plus encore, il faut rappeler que la toute première condition pour qu’une personne soit «libre» et qu’elle puisse exercer son autonomie, c’est d’abord et avant tout qu’elle soit en vie. Voilà pourquoi notre société met en place les mesures pour que soit protégée cette vie. Une vie qui a une valeur toute particulière. Comme société, il m’apparaîtrait difficile, voire incohérent, de prétendre «protéger» la vie humaine tout en décriminalisant ce qui lui porte atteinte.

… malgré la souffrance

Est-ce à dire que nous devons demeurer indifférents à la souffrance de nos pairs (ex.: les malades chroniques et incurables) en se rabattant sur la crainte de porter atteinte à leur vie? Bien sûr que non.

Je travaille dans une maison de soins palliatifs, auprès de personnes qui sont en phase terminale du cancer. Chaque jour où j’y travaille, je réalise combien la vie humaine porte son lot de souffrances et combien il nous est nécessaire de travailler très fort pour les soulager. Je ne me ferme pas les yeux à la misère humaine sous prétexte que je crois nécessaire de protéger la vie. Au contraire, je cherche à répondre à l’appel du malade devenu dépendant, en tentant de subvenir à ses besoins et en lui reflétant la dignité qu’il porte.

Mais, la vie humaine continue-t-elle à avoir un sens lorsqu’elle est ébranlée par la souffrance et lorsque la fin est toute proche? Cette question peut être posée devant la personne aux prises avec une maladie incurable. Elle peut être posée aussi devant le jeune de la rue qui a été malmené par ses proches, qui est sous l’emprise de la drogue… Pourquoi renoncerions-nous à accompagner le malade incurable dans sa quête de sens, alors que l’on continue à vouloir raccrocher le jeune à la vie? Uniquement parce que le premier sait «quand» il va mourir? Mais nous allons tous mourir. Le jeune de la rue mourra peut-être demain. Alors à quoi bon se battre? À quoi bon chercher un sens à l’existence? Cette question, j’imagine que les jeunes doivent vous la poser. Que leur répondez-vous alors?

Ce que mon expérience auprès des malades en fin de vie m’apprend, c’est qu’il existe des petits miracles inattendus chez des personnes «condamnées» par la maladie. Mais il faut, pour cela, leur tendre la main et les accompagner dans ce qu’elles vivent en ne renonçant pas. Certaines personnes verront la lumière, d’autres non. Exactement comme pour les jeunes que vous accompagnez. Mais ce n’est pas parce que des malades mourants renoncent à la vie et ont recours au suicide, qu’il faut pour autant «légaliser» ce geste malheureux. Au contraire, il faut tenter de l’éviter en recherchant des moyens pour soulager les symptômes dont sont affligés ces malades. Exactement comme on recherche des moyens pour aider et soulager les jeunes qui sont désespérés et suicidaires.

Avancer que la décriminalisation du suicide assisté est une solution pour quelques catégories de personnes, comme les malades incurables, c’est envoyer un message contradictoire aux jeunes… On leur dit alors que la vie humaine a un sens, mais seulement dans certaines situations… Ça laisse croire que, dans certains cas, le suicide peut être une bonne chose ou un moindre mal.

En maintenant ce double discours, je me demande alors comment on peut continuer de justifier toutes les campagnes pour prévenir le suicide chez les jeunes.

Entre un malade atteint de cancer en phase terminale et un jeune délinquant souffrant de maladie mentale suite à sa consommation de drogues (ce que j’ai connu dans mon entourage), je ne sais pas qui souffre le plus. Il est impossible de «mesurer» la souffrance d’autrui. Considérant cela, pourquoi chercher à discriminer les personnes qui pourraient justifier leur recours au suicide de celles qui ne le pourraient pas? Ces critères, qui deviennent arbitraires, sont à mon sens dangereux et ils permettent vite le glissement. On trempe dans une culture de mort où le suicide devient un acte un peu héroïque face à une situation qui apparaît sans issue. Il est grand temps de promouvoir une culture de vie dans notre société. Et, qui sait, peut-être cela permettra-t-il à certains de nos jeunes de retrouver un sens à leur existence?

Voilà le fruit de mes réflexions que je vous laisse sans amertume. Je vous souhaite de continuer encore longtemps votre travail auprès des jeunes. Ils sont notre avenir!

Autres textes sur le suicide:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/decriminalisation-du-suicide-assiste/

Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention

Un alcoolique peut-il retrouver son équilibre?    Par Conrad, Roberval

Les alcooliques sont malades d’un empoisonnement toxique contracté parce qu’ils ont substitué l’alcool à la nourriture et au repos. La santé physique peut être restaurée mais aucun traitement ne peut faire d’eux des buveurs normaux.

Les premiers pas pour se sortir de l’alcoolisme sont de reconnaître sa maladie et d’accepter de se faire traiter. L’usage de l’alcool a introduit un poison toxique dans nos corps physiques. Il en résulte une impulsion maladive à boire, devant laquelle nous sommes impuissants.

Aucun alcoolique n’agit raisonnablement lorsqu’il boit. L’empoisonnement chronique par l’alcool produit un besoin maladif de boire d’où résulte une conduite insensée. Le pouvoir de la volonté n’est pas un facteur de réhabilitation aussi longtemps que l’impulsion maladive n’a pas disparue. Parce que la dépendance empêche tout désir sincère d’arrêter de boire, il est nécessaire de reconnaître franchement notre impuissance.

La plupart des alcooliques ont agi de manière insensée seulement durant leurs périodes d’ébriété. Ceci est une pratique courante chez tous les buveurs qui s’enivrent. Pour l’alcoolique qui réduit sans cesse l’intervalle entre les périodes d’ébriété et les fusionnent finalement en un long espace unique d’ébriété, l’affaire devient sérieuse. La conduite insensée résultant d’une soirée passée à boire est généralement excusée. Lorsque cette conduite insensée dure des semaines, des mois et des années, elle devient plus que questionnable.

Ceux d’entre nous qui ont réellement éprouvé un sincère désir de se rétablir de l’alcoolisme ont recouru avec succès à une Puissance Supérieure. Nos personnalités malades ont découvert une source de puissance efficace et bienfaisante dans un Dieu comme nous le concevons. Ce Dieu restaure notre esprit et redresse notre raison.

Le nom que vous donnez à cette Puissance est l’affaire de votre choix. Désignez-la comme il vous plaît. Sa valeur de réhabilitation réside dans le fait que vous croyez à son existence, que vous l’approchez avec foi et que vous dépendez sincèrement d’elle pour le rétablissement de votre équilibre mental.

Autres textes sur alcool et drogues:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/18/49/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/un-pere-veut-aider-son-fils/

 http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/31/quest-ce-quun-alcoolique/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/23/dune-dependance-a-lautre/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/que-signifie-etre-dependant/

Suicide d’un ami.               Par Raymond Viger

Plusieurs personnes de mon entourage se sont suicidées. Certaines étaient très près de moi. Je leur parlais, je savais qu’elles souffraient à un haut niveau. J’ai tenté de les consoler, de les aider. Mais rien n’y faisait. Elles se sont suicidées.

J’ai commencé par étouffer la culpabilité qui me rongeait en essayant de me convaincre que j’acceptais le choix qu’elles avaient fait. Il est plus facile de dire que c’était leur choix que d’oser imaginer que j’avais peut-être ma part de responsabilité. Si j’avais pris plus de temps avec lui, peut-être qu’il ne se serait pas suicidé. Si j’avais pris plus de temps pour l’écouter, peut-être serait-il encore là à me parler… Un paquet de «si» me hantent et me dérangent. Oui, ça dérange quand quelqu’un se suicide autour de soi.

Je suis envahi par une série de «peut-être» et de «si» qui deviennent menaçants pour ma survie psychologique personnelle. Oui, je parle de survie. Parce que la vraie question, ce n’est pas qu’est-ce que j’aurais pu faire pour éviter le suicide de cet ami, mais plutôt qu’est-ce que moi je peux faire pour survivre à son départ prématuré?

J’ai essayé de me convaincre que nous avons le choix de décider du sort de notre vie. Je n’ai parlé à personne de cette culpabilité qui me rongeait. Je suis devenu une sorte de «zombie», incapable de toucher aux émotions qui remontaient en moi. Laisser remonter une émotion voulait dire aussi laisser remonter cette culpabilité, cette souffrance.

J’ai eu mon lot de difficultés. J’ai fini par faire une tentative de suicide. Ce n’était pas un choix. Je n’avais aucune conscience de ce qui se passait. J’ai fait une overdose de souffrance. Ça faisait trop mal pour que je comprenne ce qui se passait en moi.

Plus tard, en thérapie, j’ai réalisé que ce n’était pas une, mais deux tentatives de suicide que j’avais faites. J’ai été arrêté dans ma première et je ne m’étais même pas rendu compte de ce qui s’était passé. Quand tu dis que tu fais une tentative de suicide et que tu ne t’en souviens même pas! Faut-y que tu sois assez «gelé» par ta souffrance rien qu’un peu!!!

Parce qu’une overdose de souffrance, c’est la pire des drogues qui existe. Tu ne vois plus rien, tu n’as plus conscience de ce qui se passe, ni en toi, ni autour de toi.

Le suicide d’un ami, ça dérange, ça choque et c’est bouleversant. Non je n’accepte pas le choix de se suicider. Je ne l’accepterai jamais. On ne choisit pas de mourir. On se suicide quand on ne voit plus les choix qui s’offrent à soi. Pour moi, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et je ne peux pas dire que je serai mieux quand je serai l’autre bord. Je n’y ai jamais été et personne ne peut me garantir que c’est vrai que c’est plus beau l’autre côté.

Il y a trop de suicides au Québec. Il y a trop de suicides parmi les jeunes. Je ne peux l’accepter et je ne l’accepterai jamais. Non je n’accepte pas qu’un jeune se suicide.

Je n’ai qu’un seul souhait à formuler, un seul message à livrer. Si un de tes amis vient de se suicider, j’espère que tu ne me diras pas que tu acceptes son choix comme moi j’ai essayé de le faire. J’espère, au plus profond de mon coeur, que tu vas prendre le temps d’en parler autour de toi, de contacter une ressource qui peut t’aider et te soutenir dans cette période très difficile. Le suicide d’un proche ça dérange et c’est ensemble qu’on peut s’aider à passer à travers.

Je veux te laisser un petit cadeau. Peu importe l’épreuve que tu traverses, dis-toi qu’il y a toujours quelqu’un, quelque part qui est prêt à t’aimer, à t’écouter et à faire un bout de chemin avec toi. Ne laisse pas tout tomber avant de l’avoir rencontré.

RESSOURCES DISPONIBLES :

-JEUNESSE J’ÉCOUTE 1-800-668-6868

-SUICIDE ACTION MONTRÉAL (514) 723-4000

-ACCUEIL-AMITIÉ QUÉBEC ( 418 ) 228-0001

-IL EXITE 35 CENTRES DE PRÉVENTION DU SUICIDE AU QUÉBEC. LE 411 PEUT VOUS RÉFÉRER AU NUMÉRO DE TÉLÉPHONE DU CENTRE LE PLUS PRÈS DE CHEZ VOUS.

-LES CLSC SONT EN CONTACTS AVEC UN CENTRE DE CRISE.

Autres textes sur le suicide:

http://raymondviger.wordpress.com/2006/06/23/guide-dintervention-aupres-dune-personne-suicidaire

 http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/22/ensemble-pour-vaincre-le-suicide/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/que-pensez-vous-de-la-foi-pour-contrer-le-suicide-2/

Textes sur le suicide. Commentaires sur le suicide. Guide d’intervention

Voter pour ce texte sur Cent Papiers.

Journal de la Rue, Reflet de Société, CAFÉ-GRAFFITI.

Soutenez notre travail auprès des jeunes en vous abonnant à notre magazine d'information et de sensibilisation Reflet de Société. WWW.REFLETDESOCIETE.COM (514) 256-9000 journal@journaldelarue.ca

Des honneurs

Commentaires récents

Des jeunes nous parl… sur La mode des jeunes