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Fumeurs: votre jugement est parti en fumée

(Agence Science-Presse) – Les fumeurs qui n’abandonnent pas leur mauvaise habitude en dépit des mauvaises nouvelles ont peut-être quelque chose qui ne tourne pas rond dans leur cerveau. Pearl Chiu et ses collègues du Collège Baylor de médecine (Texas) ont étudié les cerveaux de 31 fumeurs et 31 non-fumeurs et ont observé les mêmes différences lorsqu’on les soumettait à une simulation boursière. Alors que les non-fumeurs utilisaient les conseils qui leur étaient donnés après un investissement pour ajuster leurs futurs investissements, les fumeurs, eux, changeaient à peine leur comportement. Leur activité cérébrale démontre qu’ils avaient bel et bien enregistré l’information, mais que celle-ci ne semblait pas avoir un impact sur leur prise de décision (source: Nature Neuroscience).

Les radiations, ces mal-aimées…

(Agence Science-Presse) – Comme si causer le cancer n’était pas suffisant, voilà qu’on pourrait accabler les radiations pour leur rôle dans les maladies cardiaques. Selon une équipe qui a passé en revue les dossiers médiaux de 65 000 travailleurs de l’industrie nucléaire britannique entre 1946 et 2002, l’incidence de problèmes circulatoires est plus élevée chez ceux qui ont travaillé à l’époque où les limites d’exposition aux radiations étaient moins strictes. Leur chance d’atteindre les 70 ans serait de 2% moins élevée. Le risque accru de maladies cardio-vasculaires serait même plus élevé que celui de cancer, lit-on dans l’International Journal of Epidemiology. L’hypothèse n’est pas nouvelle: d’autres chercheurs ont déjà affirmé que les survivants des bombes atomiques tombées sur le Japon seraient plus nombreux à mourir de troubles cardiaques, bien qu’on ignore pourquoi.

Un labo pour tester les bactéries dangereuses des aliments
Mélanie Robitaille - Agence Science-Presse

Selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments, il y aurait chaque année, au Canada, de 11 à 13 millions de cas d’intoxications alimentaires. Comment tester la survie des bactéries présentes dans les aliments et responsables de ces empoisonnements? Impossible à réaliser dans les usines de transformation des aliments, évidemment! Il faut un environnement hautement sécuritaire, tel que le nouveau laboratoire de microbiologie des viandes à l’Université Laval.

Pour déterminer si un nouveau procédé de fabrication contamine ou non l’aliment, on reproduira à petite échelle, dans ce laboratoire, la transformation de la viande et d’autres produits. «On peut faire des modèles en laboratoire, mais on n’arrive jamais à être aussi proche de la réalité qu’on le voudrait, explique Linda Saucier, professeure au département de santé animale et responsable du laboratoire. Ici, on va pouvoir étudier des organismes pathogènes dans des situations très voisines de ce que l’industrie va faire.» Le laboratoire, refroidi à une température de moins de 10 °C comme dans l’industrie, a déjà un fumoir, un mélangeur et un hachoir.

Les possibilités d’analyse sont infinies. «Si quelqu’un veut qu’on teste la production de jus de carotte, on va acheter l’appareil pour faire du jus de carotte et on va le faire», lance-t-elle avec enthousiasme. On pourra aussi valider, par exemple, la production de nourriture à consistance particulière pour les personnes âgées ayant de la difficulté à avaler, ou tout autre aliment préparé à l’aide d’un nouveau procédé. Il sera également possible d’analyser des produits naturels ayant des propriétés de conservation des aliments, par exemple, les huiles d’origan et de thym qui se classent déjà comme d’efficaces agents de conservation naturels.

Selon Jean L’Heureux, l’ingénieur chargé de la conception du laboratoire, le défi était d’assurer sa polyvalence afin de reproduire tous les procédés de transformation. On y trouve des services d’air comprimé, de différents gaz et courants électriques, d’eau froide, chaude et à température contrôlée. Et, c’est sans compter les normes strictes de sécurité à respecter. Pour manipuler des bactéries qui causent des toxi-infections, l’environnement doit protéger les chercheurs et éviter que les bactéries puissent s’échapper du laboratoire. En plus de voir son accès restreint, ce nouveau laboratoire obtient un «niveau de confinement P2»: air filtré comme dans les salles d’opération, membrane sous le plancher en cas de déversement, désinfection possible du plafond, des murs et planchers, collecte des eaux usées dans un réservoir.

Construit au coût de 600 000 $, le laboratoire de microbiologie des viandes de l’Université Laval constitue la 4e usine-laboratoire du genre au pays, les autres étant situées à Saint-Hyacinthe et dans les Universités de Guelph et de l’Alberta.

Géographie infectieuse

(Agence Science-Presse) – Ce n’est pas la carte géographique à consulter pour des vacances de rêve: six chercheurs américains et une Britannique ont épluché les données de 300 maladies ayant émergé entre 1940 et 2004 et en ont extrait une carte des zones les plus «hot» pour de futures épidémies. C’est que de ces 300 maladies se dégagent en effet des points communs: économiques, sociaux, sanitaires et écologiques. Comme on s’en doute, si le gros des fonds affectés à la surveillance des maladies émergentes est concentré dans les pays riches, le gros des maladies, lui, est dans les pays pauvres…

Le tabac se retire de la science

(Agence Science-Presse) – Après huit ans, la multinationale du tabac Philip Morris a mis fin à un programme qui finançait des recherches dans des dizaines d’universités américaines. La décision a été précipitée par un virage de l’Université de Californie, décidée à suivre de près les impacts de tels investissements «externes». Il faut dire qu’il y a longtemps que des universitaires se battent pour que leurs institutions refusent des investissements aussi «suspects». Le «programme de recherche externe» de Philip Morris a accordé des sous à 470 projets dans 60 écoles de médecine universitaires, allant des bases moléculaires de l’artériosclérose jusqu’à l’expression des gènes des tumeurs au poumon. Mais les critiques prétendent que ces investissements avaient en fait les mêmes buts que tous ceux avancés par les géants du tabac depuis 50 ans: semer la confusion dans l’esprit du public sur les dangers du tabac.

Nanotechnologies: peu de certitudes, beaucoup d’inquiétudes
Binh An Vu Van - Agence Science-Presse

Les nanotechnologies sont arrivées: dans la nouvelle machine à laver de Samsung, le papier photo de Kodak, la crème solaire TiO2, Donny le chien un toutou antimicrobien, des chaussettes Lexon, les ustensiles de cuisine, les lentilles photographiques de Nikon, les boissons énergétiques, etc. En tout, en février 2008, on comptait déjà 606 produits en tout genre, contenant des nanoparticules, destinés aux consommateurs. Ces particules sont minuscules sont – de la taille des atomes, des brins d’ADN ou des virus – mais sont promises à une myriade d’applications. On les imagine saupoudrées par milliard pour radicalement transformer toutes les industries: électronique, médecine, pharmaceutique, matériaux et même alimentaire.

Pas étonnant donc que les nanotechnologies aient fait l’objet de plus d’une douzaine de présentations au récent congrès de l’Association for the Advancement of science à Boston. Et la discussion portant sur la façon de réguler l’avalanche à venir de produits nanotechnologiques sur le marché donne froid dans le dos à ceux qui y ont assisté. Car, bien que les nanotechnologies soient déjà chez le consommateur, on en connaît peu sur elles. «Nous ne savons pas encore s’il faut modifier la structure des législations actuelles, ni comment les modifier ou implémenter de nouvelles normes. Il y a trop d’inconnu», a admis Hermann Stamm de l’Institute for Health and Consumer Protection d’Italie devant une salle remplie de scientifiques et de journalistes. Comment veiller sur la santé des manufacturiers, des consommateurs et de l’environnement? «Il faudra répondre à trois questions avant de gérer les risques: quelles seront les caractéristiques de ces particules? Quelle est leur toxicité? Et dans quelles mesures serons-nous exposés?»

Mais en plus d’êtres nanoscopiques, les nanoparticules seront d’une diversité inimaginable; il suffit de penser à toutes les industries dans lesquelles elles interviendront. Cette diversité qui fait rêver d’applications extraordinaires est aussi la principale préoccupation des législateurs. Les nanoparticules seront manufacturées en toutes sortes de tailles, de matériaux (typiquement ce sont des métaux, des oxydes de métaux ou des nanotubes de carbone) et introduites à tout moment dans les chaînes de production. Certaines s’agglomèrent, se dissolvent ou changent de phase en passant du liquide au solide, d’autres agissent comme catalyseurs chimiques. Pour corser le tout, à l’échelle des atomes, les propriétés physico-chimiques sont imprévisibles.

En plus de caractériser ces molécules, il faudra connaître leurs effets sur notre santé. Car, elles pénètreront sans difficulté le corps humain, par la peau, les voies respiratoires, par ingestion. Elles sont si petites qu’elles peuvent infiltrer les organes, se brancher sur des protéines, se faire ingérer par des cellules et s’accumuler dans le corps.

Devant la nécessité de cette large collecte de données, Hermann Stamm a lancé un appel à une collaboration internationale: «C’est une tâche impossible sans la contribution de tous. Il faut établir des méthodes systématiques pour évaluer avec fiabilité les nouvelles nanoparticules, ce qui nécessitera des physiciens, des chimistes, des biologistes, etc.» Les chercheurs devront mettre les bouchées doubles pour ne pas perdre la confiance du citoyen, déjà échaudé par les OGM, le clonage et autres créations de la science.

Liste de tous les produits:
http://www.nanotechproject.org/inventories/consumer/

Autisme et vaccins: le retour

(Agence Science-Presse) - On croyait la controverse sur l’autisme morte, eh bien la voilà qui resurgit par la façade politique. Maintes fois avancé, le lien entre vaccination et autisme constitue un mythe. Toutes les hypothèses qui ont été proposées, comme la présence de mercure, se sont révélées, après examens, sans fondement.

Or, voilà que le gouvernement américain rallume le feu. Au début du mois, on apprenait que celui-ci allait compenser un couple de Georgie qui alléguait que l’autisme de leur fille, Hannah, aujourd’hui âgée de 9 ans, avait été causé par les vaccins qui lui ont été administrés en 2000.

La décision du gouvernement ne dit pas spécifiquement que ces vaccins ont causé l’autisme, mais que les vaccins auraient «aggravé» un trouble cellulaire déjà existant — un trouble au niveau des mitochondries. Les experts interrogés un peu partout se sont dits stupéfaits — et inquiets de l’impact que cela pourrait avoir sur les campagnes de vaccination, avec tous les risques que cela entraînerait pour la santé publique. Le ministère de la Santé a refusé de commenter, et les documents relatifs à la décision n’ont pas été rendus publics.

Quelque 5000 autres familles ont déposé des plaintes similaires. Le quotidien Atlanta Journal and Constitution parle de deux autres familles qui ont déposé des plaintes similaires à celle de la famille d’Hannah, pointant du doigt le thimérosal, un des composés du vaccin à base de mercure, comme étant la cause de l’autisme. Ces deux causes doivent arriver en cour en mai.

Or, la piste du thimérosal a bel et bien été fouillée ces dernières années. Au Danemark, le thimérosal avait été éliminé des vaccins infantiles dès 1992. Une étude menée dans ce pays au début des années 2000 a révélé qu’après 1992, le nombre de cas d’autisme a… continué de grimper. Cette année encore, trois études distinctes ont échoué à trouver un lien entre thimérosal et autisme. L’une d’elles, publiée en janvier dans les Archives of General Psychiatry, a révélé qu’après le retrait du thimérosal des vaccins administrés en Californie, le taux d’autisme n’a pas baissé… là aussi, il a continué d’augmenter!

L’augmentation pourrait être une affaire de diagnostic. Il y a longtemps qu’on ne parle plus d’un autisme, mais de plusieurs degrés d’autisme, et les diagnostics se sont considérablement raffinés depuis l’époque où ces enfants étaient confondus avec les déficients mentaux.

L’autisme est un problème neurologique dont on ignore la cause; elle pourrait être génétique. Les symptômes n’apparaissent pas clairement avant l’âge de 3 ans — soit quelques mois après la vaccination contre la rougeole et la rubéole. Plusieurs médecins croient que c’est la raison pour laquelle tant de parents font spontanément ce lien.

Attention aux sports violents

(Agence Science-Presse) – Si vous souffrez d’un problème cardiaque, vous devriez éviter les sports qui font battre le coeur trop vite… incluant le sport à la télé! Une étude allemande publiée dans le New England Journal of Medicine conclut qu’à Munich, pendant la Coupe du monde de football 2006, les crises cardiaques furent 2,66 fois plus nombreuses, les jours où l’équipe allemande jouait. Les admissions à l’hôpital ont atteint un sommet le 30 juin… jour où l’Allemagne a battu l’Argentine au tir de barrage.

Des roses empoisonnées
Par les Débrouillards
Marie-Ève Favron

Les roses de la Saint-Valentin sont-elles cultivées par des gens qui s’empoisonnent en travaillant?

Depuis vingt ans, la culture des roses s’est concentrée dans les pays du Sud. Un quart des roses produites dans le monde le sont en Équateur… souvent au mépris de la santé des travailleurs et de l’environnement.

Certains producteurs brûlent leurs terres à force d’utiliser des pesticides toxiques, qui se retrouvent ensuite dans l’eau de consommation. Plusieurs de ces produits sont interdits, même en Équateur! Ils causent maux de tête, irritations, maladies respiratoires, rénales ou sanguines, cancers chez les travailleurs et même des mutations génétiques chez certains bébés. Les enfants ne sont pas épargnés, car plusieurs travaillent pour faire vivre leur famille.

«Les travailleurs ruinent leur santé et n’ont même pas un salaire adéquat et la sécurité d’emploi!» , s’indigne Roberto Nevado, président d’une compagnie de roses équitables en Équateur.

L’espoir bourgeonne
Des associations se sont formées pour aider les travailleurs à obtenir de meilleures conditions de travail. La moitié des 400 entreprises florales équatoriennes se sont jointes à l’association Expoflores. Elles n’embauchent pas d’enfants et respectent l’environnement ainsi que le code international du travail et la déclaration internationale des droits de la personne.

Julia Malquin, de l’association de certification équitable FLO, est fière des accomplissements des plantations équitables: «Chez Agriful, tous les enfants ont reçu un diagnostic de leur état de santé. De son côté, Planterra a monté un programme de diplomation pour les enfants et chez Nevado Ecuador, on a installé une garderie.»

Carmen Lascano travaille pour une ferme de roses équitables. «Sans l’aide apportée par la certification équitable, je n’aurais pas pu envoyer mes enfants à l’école.»

Vancouver d’abord…
Au Canada, ce n’est qu’à Vancouver qu’on retrouve des roses certifiées «commerce équitable». À travers le pays, certaines compagnies vendent des roses cultivées dans des conditions respectueuses des travailleurs et de l’environnement. Espérons que comme pour le café, on verra bientôt des roses équitables dans les supermarchés.

Un symbole de justice
Voici un des symboles du «commerce équitable»: c’est celui de Transfair. Pour l’obtenir dans l’industrie de la rose, certaines exigences doivent être respectées :
• Interdiction du travail des enfants
• Présence d’une garderie pour les enfants des travailleurs
• Respect des congés de maternité et pauses d’allaitement durant la journée de travail
• Accès à des logements décents près du lieu de travail ou à un moyen de transport gratuit
• Sécurité d’emploi et salaire au-dessus du salaire minimum
• Bannissement d’une centaine de pesticides et port d’habits spéciaux pour protéger les travailleurs des pesticides permis.
• Accès à des visites médicales sur demande pour les employés
• Protection de l’environnement à l’intérieur et autour de la plantation

Merci à Éric Bouron pour la traduction de l’entrevue de Julia Malquin.

Les adieux de Nathalie Simard

Plusieurs médias ont annoncé la retraite de Nathalie Simard dans l’industrie du Show Business.

Après un long silence, un silence qui tue, en 2003 Mme Simard fait son coming out et dénonce les abus sexuels qu’elle a subi de la part de son gérant et pédophile Guy Cloutier. S’en suit un procès éprouvant. Il ne faut vraiment pas banaliser la charge émotive d’un tel procès médiatisé pour une victime d’abus sexuel.

À la fin du procès, s’enchaînera à un rythme d’enfer: entrevues médiatiques, lancement d’un livre, création de la Fondation Nathalie Simard, séries de conférences sur les abus sexuels à travers le Québec, une chicane familiale… Un retour à la vie publique dès plus essoufflants.

Ensuite Nathalie Simard planifie son retour à la chanson, sa carrière, sa raison d’être professionnelle. Épuisement, fatique, panique… Les détenteurs de billets pour une tournée trop “booké” pourront se faire rembourser. Nathalie Simard quitte la vie publique, se retire.

Cela n’est pas sans me rappeler plusieurs histoires qui ont certaines similitudes. Un parent qui a perdu en enfant par suicide, une femme qui perd sa soeur dans une tuerie, un père qui a perdu sa fille au main d’un meurtrier, un père dont son fils s’est suicidé à cause du jeu compulsif, un joueur compulsif qui a survécu a une tentative de suicide, un homme séropositif… Lise Mondor, Heidi Rathjen, Pierre-Hugues Boisvenu, Sol Boxenbaum, Did Tafari Bélizaire, François Blais… Et j’aurais pu mettre une quantité énorme de noms.

Lorsque nous traversons des événements qui nous sont pénibles, il n’est pas rare d’observer qu’une des réactions est de vouloir sauver le monde et tous les autres qui passent par les mêmes souffrances que nous. Nous devenons hypersensibles. La cause prend le dessus. Au départ, la mission que l’on se donne peut être une forme de thérapie. Elle peut aussi rapidement devenir un fardeau lourd à porter. Très lourd.

J’ai vu des gens vouloir partir des fondations et des organismes d’intervention. Des gens qui ont fait un burn out, d’autres qui se sont suicidés. Par respect pour les survivants, je ne mettrais pas de noms sur ces victimes qui sont devenues leurs propres bourreaux.

Je suis content d’apprendre que Nathalie Simard a su se respecter et mettre des limites. Question de se respecter. Question de respecter toutes les victimes d’abus sexuels qui se sont reconnues en elle et qui n’auraient pas pu survivre à un burn out qui aurait pu amener à son suicide.

Merci Mme Simard de prendre soin de vous.

Cancer: qui a peur des gènes?

(Agence Science-Presse) – Jusqu’à récemment, on disait qu’une femme porteuse des gènes BRCA1 ou BRCA2 a 80% de chances d’avoir le cancer du sein avant l’âge de 70 ans. Au point où plusieurs femmes, après un test génétique, décident de se faire enlever les seins, dans l’espoir que cela élimine tout risque. Mais cette attitude va peut-être changer: les progrès de la génétique et un suivi, aux États-Unis, de 600 porteuses de l’un ou l’autre de ces sinistres gènes, révèlent que le risque peut être de 90% chez certaines femmes… et négligeable chez les autres. Autrement dit, il y aurait plus d’un catégorie de porteuses du BRCA, et de futures recherches ont tout intérêt à essayer d’établir auquel de ces groupes appartient chaque femme visée (source: Journal of the American Medical Association).

En matière de Santé, le privé coûte plus cher et est moins efficace

Fallait que je le dise et que je le répète. Je n’invente rien ici. C’est maintenant la Presse Canadienne qui ramène cette information, provenant de l’Institut de recherche et d’information socio-économique.

Les chercheurs Jean-François Landry et Guillaume Hébert de l’Université du Québec à Montréal affirment que ce n’est pas le vieillissement de la population qui est responsable de l’augmentation des coûts de la santé mais plutôt l’usage accru des médicaments.

Pire, en comparant les dépenses en matière de santé sur le Produit Intérieur Brut (PIB), les dépenses demeurent stables depuis 25 ans! Leur conclusion est frappante: le privé est plus coûteux, moins efficace et moins accessible.

M. Landry a observé d’autres pays qui ont privatisé une partie de leur système de santé. Rien ne nous encourage à faire de même.

À la lumière de ces informations additionnelles, est-ce que le ministre de la Santé, M. Philippe Couillard peut nous répondre pourquoi nous faisons une obsession d’un virage vers le privé? Avons-nous vraiment étudié toutes les alternatives pour soutenir notre système de santé, telles que les coopératives de santé?

Ah! J’oubliais. Je pose les questions à M. Philippe Couillard pour rien. Cela fait 2 ans qu’il refuse de nous rencontrer pour répondre à nos questions.

Reportages sur les coopératives de santé.

Médecins: méfiez-vous des montres

(Agence Science-Presse) - Si vous êtes médecin, vous devriez vous débarrasser de votre montre. Elle pourrait cacher des bactéries. Bienvenue dans le nouveau cauchemar des hypocondriaques: en Grande-Bretagne, le ministère de la Santé a en effet publié en 2007 un guide faisant du port, à l’hôpital, d’un bracelet-montre ou de bijoux, un cas de «mauvaise pratique médicale». Parce que ces objets, lit-on, peuvent abriter des microbes et que les microbes, bien sûr, on n’en veut pas à l’hôpital. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Les replis des lunettes peuvent aussi abriter des bactéries. Et les cols de chemise. Et les vêtements en général…

Oméga-3 contre le Parkinson
Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) - Une consommation régulière et suffisante d’oméga-3, ces acides gras reconnus essentiels à une bonne santé, aiderait aussi le cerveau à combattre la maladie de Parkinson. Du moins chez les souris…

Au sein du cerveau, les oméga-3 seraient intégrés à la membrane des neurones et contribueraient à la bonne communication des synapses. Ces acides gras polyinsaturés permettraient même de lutter contre les inflammations. «C’est un procédé compliqué que l’on ne connaît pas encore bien. Ce que l’on sait, c’est que le cerveau en est avide et les privilégie», explique Frédéric Calon, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université Laval.

Le chercheur du CHUQ vient de publier en ligne les premiers résultats d’une étude – en collaboration de sa collègue Francesca Cicchetti – qui démontre l’effet protecteur des oméga-3 face à certains symptômes liés à la maladie de Parkinson. Une alimentation riche en «bons» acides gras, principalement ceux à longues chaînes de molécules (DHA et EPA) issus de poissons de mer, ralentirait la perte de neurones producteurs de dopamine, l’un des symptômes de cette maladie dégénérative.

Des oméga-3 dans la moulée
Une alimentation riche en oméga-3 viendrait remplacer dans le cerveau le terreau propice à la maladie. Pour valider les nouveaux effets positifs attribuables aux oméga-3, l’équipe de recherche a nourri un premier groupe de souris avec une moulée riche en acides gras. Ces dernières se sont montrées alors plus résistantes face à la neurotoxine MPTP. Tout comme la maladie de Parkinson, cette neurotoxine détruit les neurones producteurs de dopamine, un messager chimique relié au plaisir et au contrôle des mouvements. L’effet protecteur proviendrait principalement du DHA, un type spécifique d’oméga-3. Tandis que les souris du second groupe, nourries avec une moulée normale, ont vu leurs neurones producteurs de dopamine diminuer de près du tiers, et jusqu’à 50 % chez certaines d’entre elles.

Mais attention! «Les diètes administrées aux souris étaient extrêmes, il suffirait seulement d’ingérer 500 mg d’oméga-3 par jour pour se garantir de l’effet protecteur», soutient Frédéric Calon. Ou encore de consommer un bon morceau de saumon ou de maquereau par semaine. De quoi remettre au goût du jour, le «jour du poisson» hebdomadaire.

Le Premier ministre Jean Charest corruptible?

Un billet de Renart L’Éveillé et d’Antipollution souligne que La Presse Canadienne a publié dans le Messager de Lachine un article mentionnant que le Premier ministre, Jean Charest, en plus de son salaire de premier ministre, reçoit du Parti Libéral du Québec depuis 1998 une somme de 75 000$ par année.

Le salaire annuel de Jean Charest étant de 182 717$, ce bonus de son parti ramène son salaire annuel à 257 717$.

Le plus inquiétant dans cette nouvelle se retrouve presqu’à la toute fin de l’article de la Presse Canadienne:

Selon l’ex-président du PLQ, Marc-André Blanchard, qui a quitté ses fonctions dimanche, le versement d’un salaire constitue la meilleure façon de mettre à l’abri le premier ministre de toute pression ou tentative de corruption.

Ce commentaire ne vient pas de l’opposition, mais d’un membre important du Parti Libéral du Québec, celui qui, jusqu’à dimanche dernier en était le président.

Est-ce que cela nous renseigne sur la mentalité qui existe au Parti Libéral? Est-ce qu’on doit interpréter qu’avec un maigre 182 717$ de salaire le premier ministre crève de faim et risque d’avoir à voler et à se corrompre pour réussir à payer son loyer?

Cela remet-il en question l’honnêteté du parti Libéral du Québec dans certains dossiers importants comme la vente du Mont Orford à des amis de Jean Charest et du parti? La privatisation de la santé serait-elle menacée d’être vendu à d’autres amis du parti ou du Premier ministre? Est-ce que cela explique pourquoi le Parti Libéral du Québec ne répond jamais sur les questions de santé alternatives comme les coopératives de santé.

Les questions demeurées sans réponses commencent à me peser lourd sur ma conscience politique. Démocratie et transparence ont-elles encore leur place en politique?

On parle enfin des coopératives de santé!

En avril 2006, il y a presque 2 ans, Reflet de Société présentait un dossier sur les alternatives en matière de santé. Cela nous a permis de présenter un reportage sur les coopérative de santé. Les coopératives de santé existent depuis maintenant 25 ans. Des rapports qui datent aussi de 25 ans mentionnent que les coopératives sont une voix importante à explorer en matière de santé.

Nous avions aussi présenté Jonquière Médic. Un système de médecins à domicile qui s’autofinance depuis 25 ans. Nos lecteurs du Saguenay avait été heureux et surpris qu’enfin un média provincial parle d’eux en dehors de leur région. C’était la première fois que Jonquière Médic était mis de l’avant sur la scène provinciale dans un média!

Pour compléter le dossier sur les alternatives en matière de santé, nous avions tenté d’obtenir une entrevue du Ministre de la Santé et des Services Sociaux, Philippe Couillard. Les dates possibles d’entrevues ont toujours été repoussé et nous n’avons jamais eu l’entrevue. Nous avons présenté un article sur les questions demeurées sans réponses que nous voulions poser à M. Couillard.

En décembre 2006, nous vous présentions le livre de Jean-Pierre Girard: Notre système de santé, autrement. M. Girard y présentait les coopératives de santé dans son livre publié en septembre 2006.

Lors du débat des chefs, Mario Dumont avait questionné André Boisclair et par la suite Jean Charest sur l’avenir des coopératives de santé comme alternative à exploiter. Ni André Boisclair, ni Jean Charest n’ont répondu à Mario Dumont. Ils n’ont même pas prononcé le mot coopérative de santé! J’avais souligné en mars 2007 ma joie d’entendre enfin le mot coopérative de santé dans la bouche d’un politicien.

En juin 2006, Reflet de Société présentait un article avec le Dr Bernard Gélinas. Ce médecin à la Clinique coopérative de santé d’Aylmer en avait long à dire. Il lance la question: “La santé des Québécois serait-elle gérée à des fins politiques plutôt que par souci du bien-être collectif?”

En avril 2006, L’actualité présentait un reportage de Véronique Robert sur les réussites du système de santé à Alma. Encore une fois, le Saguenay-Lac-St-Jean nous ouvre la porte à des propositions alternatives en matière de santé qui fonctionnent.

Après tous ces écrits et questionnements sur la réalité des alternatives en matière de santé, voilà que nous pouvons lire, sous la plume de Jean-François Coderre, le 21 février 2008 dans le Journal de Montréal que le concept des coopératives de santé a inspiré le rapport Castonguay!

Ce qui m’a cependant surpris dans cet article c’est le commentaire de Marie-Joelle Brassard du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité qui fait la promotion des coopératives de santé: elle est vexée de voir le concept s’étendre!

Va-t-on vraiment finir par étudier les alternatives en matière de santé? D’ou vient cette résistance à parler librement? Nous le saurons peut-être dans un autre 25 ans.

Trop de médecins au Québec?

On lisant un billet de Renart L’éveillé, je m’arrête à quelques statistiques sur les professionnels de la santé.

Une première référence est faite à l’institut canadien d’information sur la santé. Le tableau suivant nous y est présenté. Nous pouvons y voir le nombre de médecins par 100 000 habitants en date du 31 décembre 2005:

Nous en comptons 215 au Québec, 174 en Ontario et la moyenne nationale est de 190.

Un autre tableau, celui du Ontario Hospital association présente le nombre de médecins par 100 000 habitants en date du 31 décembre 2003:

Nous en comptons 214 au Québec, 178 en Ontario et la moyenne nationale est de 189.

Les 2 tableaux sont similaires. Le Québec compte 20% plus de médecins par tranche de 100 000 habitants que l’Ontario ainsi que 13% de plus que la moyenne nationale.

Comment se fait-il qu’en ayant plus de médecins par capita au Québec, que notre système de santé ne réussissent pas à nous satisfaire? Est-ce un problème de main d’oeuvre ou d’organisation et de structure?

Une question soulevée par Y-Man dans les commentaires reçus par Renart L’éveillé mérite notre attention: “Est-ce qu’en privatisant le gouvernement cherche un moyen facile pour briser la structure administrative en place tout en évitant de faire lui-même la job de bras?”  

L’horloge biologique encrassée

(Agence Science-Presse) – Trop de gras peut perturber vos rythmes biologiques. Cette découverte récente suggère qu’il existe une interaction entre ces rythmes et le métabolisme, interaction qui échappe encore aux scientifiques. Ceux-ci ont établi depuis longtemps que le rythme circadien —son nom savant— est un cycle d’à peu près 24 heures déterminé par la lumière et l’heure des repas. Mais voilà que l’endocrinologue Joseph Bass, de l’Illinois, a constaté une différence de cycle entre les souris nourries avec une diète riche en gras, et les autres souris : les premières ont un cycle de 23,8 heures, les autres, de 23,6 heures. Qu’est-ce que cela signifie? Le changement de cycle semble survenir, peu importe que la souris ait gagné du poids ou non.

Qu’est-ce que tout cela signifie? Difficile à dire pour l’instant, sinon qu’une bonne vieille intuition s’en trouve confirmée: ceux qui mangent plus gras ont plus de mal à trouver le sommeil ce qui, dans certains cas, peut aller jusqu’à des insomnies ou un abus de collations nocturnes.

Rapports de Loto-Québec: au moins 2 suicides dans les casinos

C’est ce que souligne la Presse Canadienne en se fiant aux documents, finalement obtenus de Loto-Québec par Bill Clennett.

Est-ce que Loto-Québec tente de minimiser la détresse humaine relié au jeu compulsif? Je suis intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. Peu de temps après l’ouverture du casino, nous avons eu à intervenir avec de grandes quantités de personnes qui avaient tout perdu au Casino de Montréal et qui voulait en finir avec la vie.

Le Casino de Montréal avait été rencontré. Nous voulions intervenir plus près de la détresse des joueurs, c’est-à-dire, directement dans le Casino. Ce qui m’avais choqué c’était que les dirigeants du Casino nous garantissait qu’il n’y avait pas de problème et qu’il n’y avait pas de matière à intervenir.

Pourtant, les histoires d’horreur n’ont pas cessé de se multiplier. Pourtant, en Suisse, pour qu’un casino puisse opérer, il doit y avoir un intervenant de crise sur place, près à intervenir.

Deux suicides reliés aux casinos nous dit Loto-Québec. Désolé, avec l’expérience que j’ai eu de leur capacité à jouer à l’autruche, je serais porter à dire: “Deux suicides reliés aux casinos que Loto-Québec ne réussit pas à s’en laver les mains”.

Textes sur le gambling et commentaires sur le jeu compulsif.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/

Épidémie dans le World of Warcraft

(Agence Science-Presse) – Ça vous a peut-être échappé, mais l’univers des sorciers et des donjons du jeu virtuel World of Warcraft a souffert, en 2005, d’une terrible épidémie. Un virus créé par les concepteurs s’est mis à se propager plus rapidement que ce qu’ils avaient prévu, tuant sur son passage un grand nombre de joueurs. Il a fallu une semaine pour mettre fin à l’épidémie. Eh bien, ça a inspiré une chercheure, Nina Fefferman, qui n’est pas spécialiste en vrais virus, comme on pourrait l’imaginer, mais spécialiste en modélisation informatique de virus. Autrement dit, elle invente sur ordinateur des scénarios d’épidémies, afin d’en apprendre plus sur la façon dont celles-ci se propagent —et développer des méthodes pour les arrêter. Le «cas» World of Warcraft est si unique —et réaliste?— que l’analyse de ces données a valu cette année à la chercheure une publication dans la prestigieuse revue médicale britannique Lancet Infectious Diseases.

Votre glycémie en un souffle

(Agence Science-Presse) - Inspirez, soufflez et le tour est joué! Voilà que s’affiche en un instant votre taux de sucre sanguin! Mais le plus excitant: ce simple test pourrait bientôt voir le jour. Des chercheurs américains ont comparé, chez des patients diabétiques, les émissions gazeuses exhalées avec la glycémie et ont observé que la quantité de méthyl-nitrate, un composé gazeux émis par exhalaison, reflétait étroitement le taux de sucre dans le sang. Cette recherche ouvre la porte au développement de tests faciles et moins invasifs que les prélèvements sanguins utilisés jusqu’à présent.

La solitude est dans le sang

(Agence Science-Presse) - Les effets bénéfiques d’une vie sociale épanouie peuvent être mesurés avec un prélèvement sanguin. Une équipe de l’Université de Los Angeles, en Californie, publiait récemment, dans la revue Genome Biology, une étude démontrant que le système immunitaire des personnes socialement isolées et de celles bien entourées s’exprime différemment. Le chercheur principal explique qu’en se penchant sur l’expression du génome des globules blancs, il sera peut-être possible de combattre les effets de l’isolement social sur la santé. En attendant, pour vivre en santé, socialisons.

Nouveau regard sur les vieux et le système de santé

Une entrevue du gériatre Réjean Hébert réalisé par Louise Gendron dans L’actualité du 1er décembre attire mon attention: “Attention, les vieux arrivent”. Un article qui mérite d’être commenté car il attaque plusieurs légendes urbaines qui font la une de plusieurs médias.

Il est facile de dire que tous nos problèmes de budget et de santé sont dû au vieillissement de la population. D’entrée de jeu Réjean Hébert sort une statistique qui fait du bien: “80% des vieux ne sont pas malades”.

Autre fait intéressant sur les coûts en matière de santé souligné par Réjean Hébert: “La technologie de pointe coûte cher, mais ceux qui en bénéficient le plus sont soit des patients âgés de moins d’un an, soit des adultes ayant entre 20 et 45 ans, atteints d’un cancer par exemple”.

Finalement, Réjean Hébert pose le dernier clou sur les légendes urbaines: “L’espérance de vie en bonne santé augmente. Les 6 mois précédant le décès sont les plus coûteux pour le système, mais plus vous êtes vieux au moment de vivre ces 6 derniers mois, moins ils coûtent cher”.

Je me devais de souligner ces commentaires de Réjean Hébert dans son entrevue avec Louise Grenon. Un éclairage nouveau présentant le vieillissement de la population différemment. De belles munitions pour réagir aux politiciens qui cherchent des boucs émissaires au déficit et aux problèmes de gestion dans la Santé. Une réalité qui pourra confronter les gros titres de certains quotidiens qui aiment alimenter les légendes urbaines.

Félicitations à Louise Grenon pour cet article.

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Un bon système de soins peut-il ignorer la santé de ses soignants?
Luc Dupont - Agence Science-Presse

Peut-on vouloir à la fois protéger les malades - leur qualité de vie, leur dignité et leur survie – et en même temps refuser ces mêmes considérations éthiques à ceux et celles qui s’échinent à leur chevet, médecins, infirmières, spécialistes? Dans les structures actuelles, déficitaires en ressources humaines, où de plus en plus les soignants s’épuisent, il semble bien qu’on en soit arrivé à cette situation aberrante. Au point où des spécialistes ont senti l’urgence d’en faire l’objet d’une table ronde, lors du 5e colloque annuel des Programmes de bioéthique de l’Université de Montréal, tenu récemment.

La conscience blessée de l’infirmière
Professeure adjointe à la faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal et panéliste invitée à cette discussion, Marie Alderson mène, depuis 10 ans, des recherches visant à étayer les liens entre l’organisation du travail des infirmières et leur santé mentale. «Ce que je constate un peu partout, dit-elle, c’est que présentement les sources de plaisir professionnel se tarissent tandis que celles de la souffrance se multiplient.»

Elle note que la charge de travail est de loin la doléance principale de ces travailleuses. «Mais leur souffrance est bien plus subtile, reprend la chercheuse. Cela se manifeste à l’intérieur d’elles par le sentiment d’effectuer un travail bâclé. Elles disent: “Je me sens très loin du genre d’infirmière que je voulais être.” L’écart qui naît entre leur idéal professionnel et les conditions de travail difficiles, qui les obligent tôt ou tard à diminuer leur niveau d’exigence, les atteint de plein fouet dans quelque chose de très intime: leur conscience d’infirmière.» D’où une multiplication de cas de fatigue et de «burn-out».

S’inspirant d’une approche psychodynamique du travail, Marie Alderson a rencontré de nombreuses équipes d’infirmières afin de leur faire verbaliser les difficultés qu’elles vivent au travail. «Une fois les choses dites et identifiées, mon rôle a été d’habiliter les groupes d’infirmières à produire ensemble une demande collective de changement destinée à leurs supérieurs – car dans des problématiques semblables, il n’y rien de pire que l’isolement ou l’atomisation. Les demandes pouvaient prendre la forme suivante: “Dans l’organisation du travail actuellement, il y a telle ou telle chose qui nous blesse; que pourrions-nous faire au quotidien pour alléger cette souffrance?”»

«Et si on répondait à cette question par une autre», ont lancé quelques personnes dans la salle: «à quand l’énoncé d’une éthique des politiques de santé qui éliminerait de telles situations?»

Safe sex passport. Passeport pour du sexe sécuritaire

Dans le magazine L’actualité du mois de février dans la chronique Santé, la journaliste Binh An Vu Van nous présente le Safe sex passeport. La société SSP BioAnalytics fait l’émission de certificats de santé sexuelle. Après avoir payé 75$ pour les droits d’adhésion et 225$ pour les analyses sanguines, le membre reçoit un certificat virtuel valide pour 6 mois qu’il peut ajouter à son profil en ligne dans les sites de rencontre ou dans MySpace.

Mais ce passeport pour la pratique du sexe sécuritaire est-il vraiment sécuritaire? Qu’est-ce que cela nous dit vraiment? Cela nous dit, qu’au moment de passer les tests, la personne n’avait pas de maladies vénériennes. Mais après quelques mois d’activités sexuelles, peut-on encore considérer que le certificat peut encore se porter de la santé sexuelle du candidat? Si je peux télécharger le certificat pour le mettre sur mon MySpace, qu’est-ce qui m’empêche de le télécharger sur le site d’une connaissance atteint d’une maladie vénérienne?

Santé et éducation à Cuba, une fierté nationale

Je reviens d’une semaine de vacances à Cuba. Je m’étais promis de ne rien faire d’autres que de profiter de la plage, du soleil et d’un peu de lecture. Mais, dans mon cas, une semaine à ne rien faire, ça devient un peu long. Danielle et moi avons donc décidé de faire une journée de visite à la Havane.

J’ai été touché de voir le sentiment d’appartenance que la guide cubaine avait envers son pays. Quand elle nous présentait les différentes décisions que son gouvernement avait pris pour traverser différents événements marquants, j’avais l’impression qu’elle avait été présente pour voter en faveur de ces décisions. Elle les endossait et les assumait.

J’ai pu sentir aussi la fierté qu’elle avait dans les valeurs sociales que Cuba possède. Lors de la révolution en 1959, Cuba n’avait plus de médecin, les 6 000 médecins que Cuba avait se sont tous exilés dans différents pays.

Fidel Castro a reconstruit le système d’éducation. L’éducation est gratuite pour tout le monde. Si tu demeures trop loin de l’université, l’état paye pour ton transport et ta chambre. De quoi faire rêver plusieurs de nos étudiants. C’est plus de 69 000 médecins qui ont été formé entre 1959 et 1992! Ils en ont tellement formé, qu’ils soutiennent les pays du tiers-monde. Le Vénézuela reçoit 20 000 médecins cubains! J’ai laissé le nom du Québec comme pays qui mériterait d’être soutenu par la visite de médecins pour diminuer nos listes d’attente et pour permettre à tous les citoyens d’avoir un médecin de famille. Peut-être que Fidel Castro va recevoir mon message.

La famille est importante à Cuba. Chaque municipalité a sa maison pour soutenir les femmes enceintes.

Famille, Santé et Éducation, des valeurs nationales importantes dans le coeur des Cubains. Et ils ont pris les moyens pour assumer leurs choix sociaux. Est-ce que nous aurons un jour au Québec des politiciens capable d’assumer nos choix sociaux?

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La respiration d’un diabétique

(Agence Science-Presse) – Les piqûres : l’enfer des diabétiques. Pour suivre l’évolution de leur niveau de sucre, il faut faire des prélèvements sanguins, et sur toute une vie, ça fait beaucoup, beaucoup d’aiguilles. Peut-être trouveront-ils espoir dans une recherche en cours où, à l’Université de Californie, on analyse l’haleine des enfants, à la recherche d’indicateurs de sucre dans le sang. Les technologies, appelées chromatographie et spectrométrie de masse, permettent en effet de détecter d’infimes traces d’un composé présent dans l’air et les chercheurs ont bon espoir que plus ils auront étudié d’haleines de diabétiques, avant et après leur prise d’insuline, plus ils seront à même de repérer la «signature» moléculaire d’un sang dangereusement chargé en sucre. À suivre…

Retour de vacances, le suicide, la semaine de prévention du suicide et le Journal de Montréal

Nous sommes le 8 février. Mon blogue et celui du Journal de la Rue m’ont créé une certaine commotion. Le trafic continue d’augmenter sur les différents textes, mais plus spécialement sur ceux touchant le suicide. Ces textes sur le suicide, à eux seuls, génèrent plus de 475 visites par jour! C’est plus de 3 000 visites de gens qui souffrent et qui cherchent un moyen pour se suicider qui ont passé sur mon site pendant ma semaine de vacances! C’est aussi plus de 70 commentaires ou demandes d’aide qui se sont rajoutés dans les billets et dans mon mail.

Je voudrais remercier mon ami Folly, un autre blogueur, qui est venu intervenir à quelques reprises pour aider les gens qui ont passé par mon blogue. Folly a aussi répondu à une demande du Journal de Montréal pour une entrevue sur le suicide qui a été publié aussi sur Canoe.com. Cela a permis de partager les chiffres et l’achalandage que nous recevons sur nos blogues touchant cette détresse qui nous pousse à vouloir en finir et envisager le suicide comme la seule solution “viable” pour éviter de souffrir.

Jean-Michel Nahas, reporter du Journal de Montréal, a écrit cet article, motivé par la semaine de prévention du suicide du 3 au 9 février. Jean-Michel Nahas m’avait laissé un message samedi le 2 février me demandant de le rappeler la journée même pour compléter son article. Mais j’étais en vacances.

Vous vous demandez peut-être comment une personne, sensible au suicide comme moi, peut se retrouver en vacances pendant la semaine de prévention du suicide? Parce que dans mon cas, le suicide se vit 365 jours par année. On peut profiter d’une semaine thématique pour faire de la prévention dans les médias ou dans les écoles. Mais la détresse est omniprésente toute l’année durant.

Cela faisait 3 années que je n’avais pas pris de vacances. La seule semaine de vacances qui pouvait entrer dans l’agenda était celle-là. Et je l’ai prise.

Merci à tous pour votre fidélité et votre présence dans mon blogue. Continuer à prendre votre place et à vous exprimer.

Battre le cancer de l’ovaire de vitesse
Valérie Levée - Agence Science-Presse

Avec près de 2400 cas au Canada pour l’année 2007, le cancer de l’ovaire est une maladie rare dont on parle peu. Mais avec un taux de survie de 30%, ce cancer se classe aussi parmi les plus meurtriers. Les premiers stades de la maladie sont asymptomatiques. Par conséquent, le diagnostic est souvent retardé et une forte mortalité en découle. Pourtant, une détection précoce permettrait d’augmenter le taux de survie à 70%.

C’est pourquoi, l’équipe de Guy Poirier, spécialiste du cancer de l’ovaire à l’Université Laval à Québec, est partie à la recherche des signatures moléculaires associées au stade précoce de ce cancer. Les chercheurs ont comparé deux lignées de cellules, l’une faiblement et l’autre fortement cancéreuse. Les cellules plus cancéreuses prolifèrent plus rapidement et présentent des caractéristiques morphologiques qui leur permettent de se détacher, d’envahir d’autres tissus et de se disséminer dans l’organisme. Pour mieux comprendre comment se forment ces cellules cancéreuses, les chercheurs ont cherché quelles protéines étaient à l’origine de ces caractéristiques et viennent de publier leurs résultats dans Proteome science. Ils ont découvert que ces cellules étaient anormalement riches pour certaines protéines nécessaires à la croissance cellulaire, ce qui explique leur prolifération. Inversement, elles n’ont pas assez de protéines nécessaires à l’adhésion, ce qui favorise leur détachement en groupes et leur dispersion.

Ces travaux concordent avec des études antérieures portant sur les gènes impliqués dans le cancer de l’ovaire et se veulent être une étape vers la compréhension globale du développement de ce cancer. Toutefois, selon Anne-Marie Mes-Masson, professeure à la faculté de médecine à l’Université de Montréal et co-auteure de l’article, il s’agit de résultats préliminaires sur deux situations extrêmes de la maladie. La prochaine étape sera de valider les résultats sur une gamme plus large de lignées cellulaires représentatives d’un plus grand nombre de patients et de différents stades de développement de la maladie. Ultimement, certaines des protéines identifiées pourront alors permettre de développer des outils de diagnostic ou servir de cibles pour le développement de nouvelles thérapies.

Les cigarettes Indiennes et vos poumons

Une anecdote que je me dois de vous raconter. Un ami fume. Pour économiser de l’argent, il achète des cigarettes Indiennes. Cigarettes illégales, mais qui sont facilement disponible. Est-ce que les normes de fabrication de ces cigarettes sont similaires à celles que nous achetons en magasin?

Je ne saurais le dire officiellement, je n’ai pas fait faire de tests en laboratoires. Cependant, j’ai pu observer quelque chose d’intéressant. Cet ami, en voyage, a acheté des cigarettes dans une autre réserve Indienne. Il s’est mis à saigner du nez et à cracher le sang. Après avoir fumé la moitié des cigarettes achetées, il est revenu avec les cigarettes qu’il était habitué de fumer. Il a arrêté ses saignements de nez et de cracher du sang.

La fabrication de ces cigarettes Indiennes n’auraient possiblement pas les mêmes standards d’un endroit à l’autre. Une chose est sûre, une cigarette, peu importe son prix est nocive pour nos poumons et notre santé.

L’avortement, 20 ans après sa légalisation

Le 28 janvier 1988, la Cour suprême du Canada déclarait inconstitutionnel l’article 251 du Code criminel. Les raisons: il restreignait les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité des femmes.

Le pionnier dans cette lutte est le Dr Henry Morgentaler, qui a été emprisonné pour la cause qu’il défendait: le droit des femmes de choisir elles-mêmes le moment de leurs grossesses et d’avoir accès à des services d’avortement sécuritaires.

Mais rien n’est acquis. Périodiquement, on remet en question le droit des femmes à des services d’avortement, et ce dans la population comme des deux côtés de la Chambre des Communes.
Voici quelques articles.

* “Avortement 1988-2008 - Vingt ans de liberté et d’égalité”, par Des groupes de femmes du Québec
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2879

* “20e anniversaire de l’arrêt Morgentaler - Il y a 20 ans, l’avortement était enfin décriminalisé”, par le Conseil du statut de la femme du Québec
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2880

* “Avortement - “Si aujourd’hui j’apprends que je suis enceinte…”, par Cathy Wong, étudiante en droit
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2878

* “Le point sur l’accessibilité aux services d’avortement dans les hôpitaux canadiens - Recul”, par L’Association canadienne pour la liberté de choix
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2883

* “Des hôpitaux canadiens accueillent cavalièrement les demandes d’information sur l’avortement”, par Isabelle N. Miron
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2710

* “L’Église engage un bras de fer contre l’avortement”, par Anne Roy et Gaël De Santis (L’Humanité)
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2881

* “Avortement - Un sujet tabou”, par Margaret Somerville
Et la réplique de Nathalie Collard de La Presse: “4 mois, 3 semaines et 2 jours”
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2882

Dossier Avortement http://sisyphe.org/rubrique.php3?id_rubrique=128

Manger végé pour sauver la planète
Benoît Lacroix - Agence Science-Presse

«Rien ne bénéficiera autant à la santé humaine et n’augmentera autant les chances de survie de l’humanité sur Terre que l’évolution vers une alimentation végétarienne.» Qui a prononcé ces mots? Nul autre que l’un des plus grands physiciens de la planète: Albert Einstein! Visionnaire, l’éminent scientifique?

Dans un éditorial publié récemment dans l’American Journal of Public Health, David Benatar, chercheur à l’Université de Cape Town, en Afrique du Sud, propose de prescrire le végétarisme, ou du moins de diminuer de façon radicale notre consommation de viande, pour lutter contre la grippe aviaire et les autres zoonoses, des maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Par ailleurs, un article récent du journal médical The Lancet vient appuyer le recours à une telle approche préventive, mais pour d’autres raisons. Selon les auteurs de l’étude, l’élevage du bétail contribue fortement aux changements climatiques, en plus de restreindre l’accès à la nourriture dans certains pays pauvres et de causer des problèmes de santé chroniques au sein des pays riches. Ils proposent donc de diminuer la consommation mondiale de viande de 10 % d’ici 2050.

Gilles-Éric Séralini, président du conseil scientifique du Comité de recherche et d’information Indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) et spécialiste mondial des OGM précise que la diminution de celle-ci (consommation de viande) appelle à une remise en question globale de l’économie mondiale. «Nous savons que l’alimentation carnée est trop importante et qu’elle nuit à notre santé. Nous savons aussi que moins nous mangerons de viande, plus notre agriculture sera durable. Mais pour changer les choses, il faut repenser notre système économique, notre manière de distribuer la richesse et nos modes de production.»

Grippe aviaire, SRAS et maladie de la vache folle sont les plus connues des maladies transmissibles de l’animal à l’homme, remarque David Benatar. Il note aussi que certains chercheurs ont émis l’hypothèse que toutes les infections virales prendraient leur source chez les animaux. C’est d’ailleurs le cas du VIH-SIDA, dont on soupçonne l’origine chez les singes. Dans cette perspective, M. Benatar met en lumière le fait que manger moins de viande constitue une méthode de prévention évidente pour réduire les chances d’épidémies de grippe. À long terme, cela permettrait aussi d’éviter l’apparition de maladies encore inconnues qui naîtraient de l’élevage intensif.

D’ailleurs, en matière de propagation des zoonoses, les modes de production sont de plus en plus montrés du doigt. Le mois dernier, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mettait en garde le monde entier face au danger grandissant que représente la transformation de la production animale. Malgré tout, les avis sont partagés quant aux modes de production à privilégier. Élevage industriel s’oppose souvent à élevage traditionnel. Et il est encore difficile de remettre en question l’élevage intensif. «Le monde doit incontestablement faire appel à certaines technologies des systèmes de production vivrière animale intensive. Mais la concentration excessive d’animaux dans de grandes unités de production industrielle est à éviter […]», déclare Joachim Otte, expert en politiques d’élevage à la FAO. De son côté, Danielle Nierenberg, chercheuse pour le Worldwatch Institute, demande à la FAO de concentrer ses efforts de prévention contre la grippe aviaire sur les grands producteurs de volaille, plutôt que de s’en prendre aux petits fermiers des pays en voie de développement.

Les récentes recherches nous apprennent également que l’élevage du bétail produit 18 % de tous les gaz à effet de serre de la planète en plus d’utiliser 37 % des pesticides et 50 % des antibiotiques. Si on ajoute à cela que la diète végétarienne exige près de 15 fois moins d’eau potable que l’alimentation normale, il y a de quoi regarder d’un autre œil notre steak.

Alors, sommes-nous prêts à passer au végétarisme? Richard Giovannini, président de l’Association végétarienne de Montréal, nous rappelle que la liste des bonnes raisons pour devenir végétarien est longue. Il se réfère d’ailleurs à un rapport très complet du Worldwatch Institute, dans lequel sont citées les conséquences d’une diète carnée sur la santé de la planète. En plus des changements climatiques, des zoonoses et des maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancers), on y parle aussi de déboisement, de consommation et de pollution de l’eau, de quantités phénoménales d’excréments et de pertes de biodiversité. Et M. Giovannini se dit heureux de la prise de conscience environnementale actuelle. «Il est maintenant reconnu que la diète végétarienne a un impact majeur pour sauver la planète. Le discours doit maintenant faire son chemin comme ce fut le cas pour les changements climatiques.»

Références utiles:
- http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000660/index.html

- http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html

- http://www.delaplanete.org/Rien-de-personnel.html

- http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006030608

La médecine islamique

(Agence Science-Presse) – La croyance populaire veut que les célèbres médecins arabes du Moyen âge aient tiré leur inspiration des Anciens Grecs. C’est en partie vrai, mais c’est négliger l’immense travail original que les Arabes ont ensuite produit, et dont se sont à leur tour inspirés les médecins européens. De Abu-al-Qasim (Albucasis), chirurgien du XIe siècle qui fut le premier à utiliser des forceps lors d’accouchements, jusqu’au rôle des femmes dans le développement d’hôpitaux offrant des soins gratuits à Bagdad dès le IXe siècle, les auteurs Peter Pormann et Emilie Savage-Smith lèvent le voile, dans Medieval Islamic Medicine, sur un pan méconnu de l’Histoire. Ces deux spécialistes de l’histoire médicale s’appuient en partie sur des documents qui n’avaient pas encore été traduits il y a 30 ans, lors de la publication de la précédente «bible» sur le sujet (Pormann et Savage-Smith, Medieval Islamic Medicine, Georgetown University Press, 2007).

Le réchauffement des maladies tropicales

(Agence Science-Presse) – Une des conséquences les plus inquiétantes du réchauffement, ce sont ces maladies tropicales qui pourraient tout à coup progresser vers le Nord, atteignant des pays qui n’y sont pas du tout préparés. Par exemple, en août, l’Italie a recensé 200 personnes infectées par le chikungunya: c’était la première apparition de ce virus en-dehors des Tropiques. Et ce n’était pas une surprise, puisque ce virus est transmis par un moustique, Aedcs albopictus, dont les entomologistes signalent la présence en Europe depuis des années. Aux États-Unis, on l’a identifié à Houston, Texas dès 1985… dans des pneus usagés importés d’Asie. Pis encore, ce moustique est un vecteur de transmission de plus de 20 maladies infectieuses. Si le chikungunya est rarement mortel, il frappe dur: en 2006, une épidémie a touché 1,25 million de personnes en Inde, et le total réel est peut-être plus élevé encore. En 2005 et 2006, le virus a rendu malade près de 300 000 personnes sur l’île française de la Réunion, soit plus du tiers de la population.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

(Agence Science-Presse) – Les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Les décès d’enfants à cause de la malaria ont diminué de moitié au Kenya, depuis 2003, grâce à la distribution gratuite de moustiquaires dans les zones les plus à risque (la malaria est un virus transmis par un moustique). Cette distribution, au coût de 13,5 millions$, était d’une ampleur sans précédent en Afrique. Dans le bilan qu’elle en a fait récemment, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé, pour la première fois, que les moustiquaires soient données, plutôt que vendus, dans l’ensemble des pays en voie de développement menacés par de tels parasites. Rien qu’au Kenya, chaque année, 34 000 personnes meurent des suites d’une maladie transmise par un moustique.

Accommodements raisonnables anti-pollution
André Fauteux - Agence Science-Presse

Tim McGurrin est un patron en or. «Dès qu’il m’a embauchée, il a fait remplacer le tapis de mon bureau par de la céramique et il s’est assuré que mes collègues comprennent que je requière un environnement sans parfum», explique Barbara Leimsner. Rédactrice de discours au siège social de Postes Canada, à Ottawa, Mme Leimsner est atteinte d’hypersensibilité environnementale depuis dix ans, à la suite d’une surexposition à des produits chimiques lors de rénovations effectuées simultanément à la maison et au bureau.

L’hypersensibilité est un «groupe d’états pathologiques chroniques complexe et souvent mal compris» qui vient d’être reconnu par une politique adoptée par la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP). «Les personnes hypersensibles ont des réactions indésirables à des agents environnementaux courants dans le cadre bâti, ce qui comprend les champs électromagnétiques et les produits chimiques qui se trouvent dans les matériaux de construction, le mobilier, les produits de nettoyage et de reprographie, les parfums et les pesticides», explique un rapport sur l’aspect juridique des hypersensibilités publié par la Commission.

Madame Leimsner éprouve notamment une fatigue extrême, des maux de tête, des bourdonnements dans les oreilles et autres problèmes neurologiques lorsqu’elle est exposée à certains polluants.

La goutte qui fait déborder le vase
En 2003, 12,6 % des Américains disaient être hypersensibles et 1,8 % avoir perdu leur emploi à cause de cette condition. Les résultats de ce sondage sont parus dans Environmental Health Perspectives, une prestigieuse revue médicale publiée par le ministère fédéral américain de la santé.

Au Canada, peu d’employeurs savent qu’ils ont l’obligation légale d’accommoder les hypersensibles. «Cet état pathologique constitue une déficience et ceux qui en souffrent ont le droit d’être protégés en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne, qui interdit toute forme de discrimination fondée sur une déficience», affirme la Commission canadienne des droits de la personne. «Comme pour les autres types de déficience, les personnes hypersensibles à l’environnement ont droit à des mesures d’adaptation en vertu de la loi.»

Certains médecins croient encore que l’hypersensibilité est d’origine psychosomatique. «Il n’y a pas de preuve objective que c’est le cas, bien que cela fasse l’affaire de certains employeurs et assureurs», explique le Dr Lynn Marshall, codirectrice du comité de santé environnementale du collège ontarien des médecins de famille. Il est significatif que la Commission des droits de la personne reconnaisse que la prépondérance de la preuve est telle que cette condition doit être reconnue par une politique nationale.

Des changements bénéfiques
Le médecin de Mme Leimsner, le Dr Ross Mickelson, avait recommandé qu’elle bénéficie d’un bureau fermé doté d’un purificateur d’air et situé loin de sources de pollution tels les photocopieurs. Le personnel d’entretien de son immeuble utilise désormais une foule de produits sans odeur, allant du nettoyant à plancher au savon à main, en passant par la peinture et le tapis. «Désormais, je peux me concentrer sur mon travail et non ma santé», dit Mme Leimsner.

Son patron, le directeur des communications de la Société canadienne des postes, souligne que les mentalités ont évolué. «Tout le monde reconnaît la valeur d’avoir des employés protégés contre la pollution. J’ai moi-même une petite fille allergique et plusieurs de nos employés ont des allergies graves. Ça n’a pas été facile d’accommoder Barbara, mais si ce n’était pas impossible. Il était important qu’elle se sente partie de notre équipe.»

Encadré

L’hypersensibilité n’est pas une allergie comme telle. Si l’auteur français Marcel Proust se plaignait déjà d’intolérances aux parfums au début du siècle dernier, la maladie ne fut décrite que dans les années 1940 par l’allergologue Theron G. Randolph. Le père de ce qui deviendrait l’Académie américaine de médecine environnementale constatait que certains de ses patients ne répondaient pas aux traitements classiques. À force de les questionner, il découvrit que leurs intolérances avaient été déclenchées par une ou des surexpositions à des produits chimiques. Et que leur corps surchargé ne pouvait se désintoxiquer à moins de cesser toute exposition aux polluants.

Pour en savoir plus

Politique de la CCDP: www.chrc-ccdp.ca/legislation_policies/policies-fr.asp

Matériaux de construction pour les logements des personnes hypersensibles: www.schl.ca
Association pour la santé environnementale, les hypersensibilités et les allergies du Québec: www.aeha-quebec.ca

Carl Charest du portail Branchez-vous: handicapé pour sa marche pour la Slérose en plaque

Mardi dernier, je vous ai raconté l’histoire touchante de Sophie et Maxime, un couple d’ami de Carl Charest, atteint de la Sclérose en plaque. Carl Charest, le directeur de contenu du portail Branchez-vous va participer en avril prochain à une marche pour la Sclérose en plaque. Carl s’est fixé un objectif de 500$ pour cette activité.

J’ai invité les Internautes à aller sur le site de Carl pour faire des dons et que sa marche soit significative. Pour donner le bon exemple, j’ai brisé la glace et fait le premier don. J’ai eu plusieurs commentaires d’Internautes me disant qu’ils ne réussissaient pas à trouver sur le texte de Carl comment s’inscrire pour faire un don à la Sclérose en plaque pour cette marche.

Première problématique, les billets de Carl sont écrits sur un fond foncé. Il faut s’arracher les yeux pour comprendre qu’à la fin de son texte il y a un lien (presque de la même couleur que le fond d’écran) pour aller sur la Sclérose en plaque.

Deuxième problématique, Carl, voyant que j’avais fait un don, a écrit un billet me remerçiant. Se faisant, lorsque les Internautes cliquaient sur le lien que j’avais laissé arrivaient sur ce nouveau billet. Il fallait alors comprendre que le lien se retrouvait à la fin du 2e texte!

L’opération devenant plus difficile, nous n’avons pas encore atteint notre objectif de 500$ pour faire marcher Carl Charest lors de cet événement de financement de la Sclérose en plaque. Je réitère donc mon invitation, mais cette fois-ci en vous dirigeant directement à la page de financement de la marche de Carl.

Vos dons vous permettent d’avoir un reçu pour fin d’impôts.

Merci à tous de soutenir la Sclérose en plaque et merci de votre persévérance.