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Un scrapbook scientifique
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

Des dessins d’inventions, des photos de galaxies, des illustrations d’atomes et bien d’autres articles découpés et collés… Le dernier ouvrage du professeur Génius poursuit sa mission: rendre ludiques et attrayantes pour les jeunes les connaissances encyclopédiques qui pourraient les rebuter.

Après La Musique, Le Corps humain ou encore L’Univers, ce nouvel album se veut plus scolaire. Il présente la science, dans sa version «dure»: les mathématiques et leur histoire, la chimie et ses transformations, la physique et ses forces. Plongées dans le quotidien et enrichies d’anecdotes historiques, ces matières scientifiques restent toutefois alléchantes pour un jeune public.

Résultats de hockey, calcul du hasard ou mesures, les mathématiques se déploient dans la première partie de l’ouvrage, de la découverte des chiffres et des nombres à la logique. Sauriez-vous trouver la solution de l’énigme suivante?

DIX=509

«Résoudre un problème mathématique grâce à la logique, c’est un peu comme mener une enquête à la manière d’un détective!» affirme même le professeur Génius. Il donne les grandes étapes à suivre – observation, interrogation, réflexion et déduction — puis propose des problèmes et des jeux à résoudre: le mystère du coffre-fort, le damier, le carré latin – le fameux sodoku! — ou encore les quatre énigmes.

Même la chimie plonge dans la cuisine pour exciter l’attention — et les papilles — de ses jeunes lecteurs. En marge de l’indispensable tableau des éléments de Mendeleïev et des mariages des atomes, la science dans le chocolat chaud et l’eau gazeuse montre de manière stimulante que la science est partout. Il y a même une recette pour récupérer le sel tombé de la salière sur le sol en utilisant la technique de la filtration.

Dans la section «Ce qu’il reste à découvrir…», les pistes de découvertes mélangent prospection scientifique et imaginaire des enfants — le tout illustré des dessins de Maxime, Sandrine ou Bianca — rendant le contenu sympathique et proche du lecteur.

Ce sixième volume illustre que la technique du scrapbooking — articles courts, sujets diversifiés et proches du quotidien — s’avère un choix gagnant auprès des jeunes entre 8 et 14 ans. Ce scrapbooking scientifique, en totale harmonie avec la tendance dominante de s’informer (rapide et ludique) s’adapte facilement dans le monde virtuel d’Internet. Le professeur Génius possède d’ailleurs sa page en professeur branché qu’il est.

Mon album des sciences du Professeur Génius, édition Québec Amérique jeunesse, novembre 2007.

Geniusinfo.net, le site du professeur Génius

Manger végé pour sauver la planète
Benoît Lacroix - Agence Science-Presse

«Rien ne bénéficiera autant à la santé humaine et n’augmentera autant les chances de survie de l’humanité sur Terre que l’évolution vers une alimentation végétarienne.» Qui a prononcé ces mots? Nul autre que l’un des plus grands physiciens de la planète: Albert Einstein! Visionnaire, l’éminent scientifique?

Dans un éditorial publié récemment dans l’American Journal of Public Health, David Benatar, chercheur à l’Université de Cape Town, en Afrique du Sud, propose de prescrire le végétarisme, ou du moins de diminuer de façon radicale notre consommation de viande, pour lutter contre la grippe aviaire et les autres zoonoses, des maladies transmissibles de l’animal à l’homme. Par ailleurs, un article récent du journal médical The Lancet vient appuyer le recours à une telle approche préventive, mais pour d’autres raisons. Selon les auteurs de l’étude, l’élevage du bétail contribue fortement aux changements climatiques, en plus de restreindre l’accès à la nourriture dans certains pays pauvres et de causer des problèmes de santé chroniques au sein des pays riches. Ils proposent donc de diminuer la consommation mondiale de viande de 10 % d’ici 2050.

Gilles-Éric Séralini, président du conseil scientifique du Comité de recherche et d’information Indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) et spécialiste mondial des OGM précise que la diminution de celle-ci (consommation de viande) appelle à une remise en question globale de l’économie mondiale. «Nous savons que l’alimentation carnée est trop importante et qu’elle nuit à notre santé. Nous savons aussi que moins nous mangerons de viande, plus notre agriculture sera durable. Mais pour changer les choses, il faut repenser notre système économique, notre manière de distribuer la richesse et nos modes de production.»

Grippe aviaire, SRAS et maladie de la vache folle sont les plus connues des maladies transmissibles de l’animal à l’homme, remarque David Benatar. Il note aussi que certains chercheurs ont émis l’hypothèse que toutes les infections virales prendraient leur source chez les animaux. C’est d’ailleurs le cas du VIH-SIDA, dont on soupçonne l’origine chez les singes. Dans cette perspective, M. Benatar met en lumière le fait que manger moins de viande constitue une méthode de prévention évidente pour réduire les chances d’épidémies de grippe. À long terme, cela permettrait aussi d’éviter l’apparition de maladies encore inconnues qui naîtraient de l’élevage intensif.

D’ailleurs, en matière de propagation des zoonoses, les modes de production sont de plus en plus montrés du doigt. Le mois dernier, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mettait en garde le monde entier face au danger grandissant que représente la transformation de la production animale. Malgré tout, les avis sont partagés quant aux modes de production à privilégier. Élevage industriel s’oppose souvent à élevage traditionnel. Et il est encore difficile de remettre en question l’élevage intensif. «Le monde doit incontestablement faire appel à certaines technologies des systèmes de production vivrière animale intensive. Mais la concentration excessive d’animaux dans de grandes unités de production industrielle est à éviter […]», déclare Joachim Otte, expert en politiques d’élevage à la FAO. De son côté, Danielle Nierenberg, chercheuse pour le Worldwatch Institute, demande à la FAO de concentrer ses efforts de prévention contre la grippe aviaire sur les grands producteurs de volaille, plutôt que de s’en prendre aux petits fermiers des pays en voie de développement.

Les récentes recherches nous apprennent également que l’élevage du bétail produit 18 % de tous les gaz à effet de serre de la planète en plus d’utiliser 37 % des pesticides et 50 % des antibiotiques. Si on ajoute à cela que la diète végétarienne exige près de 15 fois moins d’eau potable que l’alimentation normale, il y a de quoi regarder d’un autre œil notre steak.

Alors, sommes-nous prêts à passer au végétarisme? Richard Giovannini, président de l’Association végétarienne de Montréal, nous rappelle que la liste des bonnes raisons pour devenir végétarien est longue. Il se réfère d’ailleurs à un rapport très complet du Worldwatch Institute, dans lequel sont citées les conséquences d’une diète carnée sur la santé de la planète. En plus des changements climatiques, des zoonoses et des maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancers), on y parle aussi de déboisement, de consommation et de pollution de l’eau, de quantités phénoménales d’excréments et de pertes de biodiversité. Et M. Giovannini se dit heureux de la prise de conscience environnementale actuelle. «Il est maintenant reconnu que la diète végétarienne a un impact majeur pour sauver la planète. Le discours doit maintenant faire son chemin comme ce fut le cas pour les changements climatiques.»

Références utiles:
- http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2007/1000660/index.html

- http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2006/1000448/index.html

- http://www.delaplanete.org/Rien-de-personnel.html

- http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2006030608

De l’assiette à la tétée : La pollution
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

Le lait maternel que l’on pense aussi pur que la maman qui le donne, peut se retrouver plus ou moins pollué. Lorsque maman mange des aliments contaminés, cela passe dans le lait. Résidus toxiques et polluants figurent à l’état de traces dans le tout premier aliment de la vie.

« Le lait maternel est la première mesure d’exposition aux contaminants. On y retrouve de tout mais à l’état de microtraces », avance Thierry Le Bricon du département de santé environnementale et de santé au travail à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal.

Dans le cadre d’un mémoire en toxicologie agroalimentaire, il s’est intéressé à l’allaitement maternel et aux substances chimiques susceptibles de le contaminer. Se penchant sur une cinquantaine d’études, il a suivi la variation de contamination de ce liquide nourricier.

Le lait maternel se trouve contaminé par des substances chimiques auxquelles la mère est exposée, par son alimentation notamment. « Et les substances bio persistantes peuvent mettre plus de 20 ans avant d’être éliminées de l’organisme », s’alarme l’étudiant en toxicologie.

Les substances chimiques présentes dans l’assiette de maman vont des médicaments vétérinaires, tels les anabolisants, présents dans les produits animaux (viande, lait, œufs), aux polluants industriels, en passant par les pesticides ou les engrais agricoles et les additifs de la production agroalimentaire.

Une fois consommées, les substances qui présentent une forte affinité pour les graisses s’accumulent dans le tissu adipeux, le cerveau, les os, le foie et même le tissu mammaire. Lors de l’allaitement, elles seront transmises au nourrisson dans le lait maternel.

Et l’eau…
Alors que la ville de Montréal vient d’émettre des avis sur le taux de plomb présent dans certaines tuyauteries montréalaises présentant un risque lors de la consommation de l’eau chez les femmes enceintes et les enfants de moins de six ans, Thierry Le Bricon se veut rassurant.

« Il s’agit d’un neurotoxique grave pour l’enfant de moins de 3 ans mais le plomb passe mal dans le lait maternel. Les bénéfices de l’allaitement dépassent le plus souvent une possible contamination », soutient l’étudiant qui s’est mérité le Prix d’excellence en vulgarisation scientifique du Fonds d’investissement des cycles supérieurs de l’université de Montréal pour son travail.

« Six enquêtes de Santé Canada, conduites entre 1967 et 1992, montrent que la contamination du lait maternel par les polluants industriels et agricoles est à la baisse », relève aussi l’étudiant.

La prise de conscience du niveau élevé des pesticides et des dérivés du chlore dans l’environnement a entraîné des interdictions et l’adoption de normes pour de nombreux polluants. Et les cas d’infractions détectés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments seraient rares. Ainsi seulement 26 infractions aux médicaments vétérinaires ont été relevées en 2003-2004.

Par contre, on ignore encore les risques liés aux nouveaux produits remplaçant ceux qui sont frappés d’interdiction. « Il y existe un décalage entre les données scientifiques et l’arrivée des nouveaux toxiques. Une zone d’incertitude subsiste », convient l’étudiant. Ainsi, les dérivés du brome, utilisés comme retardateurs de combustion (biphénylethers et des bisphénols-A), sont susceptibles d’être des perturbateurs endocriniens. On ignore encore s’ils peuvent passer dans le lait.

À lire

Les travaux de Thierry Le Bricon publiés dans la revue DIRE à l’été 2006 sous le titre « L’allaitement maternel face au défi chimique : promouvoir tout en protégeant. L’exemple du Canada et du Québec »
http://www.ficsum.qc.ca/dire/

L’article de Penny Van Esterik, professeure du World Alliance for Breastfeeding Action (WABA) « Communication sur les risques environnementaux et l’allaitement des nourrissons »
http://www.cewh-cesf.ca/bulletin/fv3n2/page7.html#2

« Towards Healthy Environments for Children » www.ibfan.org/english/pdfs/contaminantsfaq03.pdf

Des intrus dans la tétée : Le cas des médicaments
Isabelle Burgun - Agence Science-Presse

Les Québécoises consomment de plus en plus de médicaments. Elles ont des enfants tard dans leur vie mais allaitent plus souvent. « 40% des femmes enceintes prennent une médication, et près de 18% des médicaments sont des antidépresseurs », annonce Anick Bérard, titulaire de la Chaire médicaments, grossesse et allaitement de la Faculté de pharmacie de Université de Montréal.

Une étudiante à la maîtrise, Marie-Pierre Gendron, analyse actuellement les données recueillies auprès de 40 000 femmes enceintes, qui allaitent ou planifient d’avoir un enfant. Elle bénéficie de la banque d’informations Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine.

Les résultats seront connus à l’été 2008 mais le premier constat montre une augmentation : ces femmes consomme 3% de plus de médicaments qu’il y a cinq ans. Pour l’instant, il y a encore peu de données spécifiques sur les femmes qui allaitent. « Avec l’informatisation de nos données, nous allons pouvoir savoir qui elles sont, quels médicaments prennent-elles et à quelle dose », explique le docteur Bérard.

Créé il y a dix ans, le Centre IMAGE fournit de l’information aux professionnels de la santé qui sont consultés par des femmes qui allaitent ou sont enceintes. Il possède aujourd’hui un registre de grossesse rassemblant des données sur près de 180 000 cas.

Médication : continuer ou pas…
L’ensemble des médicaments passent dans le lait maternel mais généralement à des degrés dix fois moins important que le seuil de risque. Il existe toutefois de dangereux produits, avec en tête de liste les tératogènes – thalidomide, alcool, isotrétinoïne (un dérivé de la vitamine A utilisé comme médicament contre l’acné sévère) – à proscrire, tout comme certains anti-cancéreux.

Près de 55% des grossesses québécoises sont suivies par un médecin de famille ou un omnipraticien. Les généralistes vont plutôt opter pour la prudence et suggérer l’abandon de la médication, ce qui ne serait pas forcément une bonne chose pour les mères et leur enfant, particulièrement en cas de diabète ou d’épilepsie. « Il faut aller au delà de la peur et de l’ignorance. De plus, la dépression et l’asthme non traitées peuvent se transmettre à l’enfant lors de la grossesse », souligne Anick Bérard.

Les mères sont de plus en plus âgées, et donc plus susceptibles d’être sous prescription d’antihypertenseurs ou d’antidépresseurs, lorsqu’elles attendent leur première enfant. La chercheuse rapporte une augmentation des dépressions, de l’asthme ou encore de diabète lié à l’obésité, particulièrement chez les jeunes mères.

La hausse de prescriptions serait également liée à un virage du système de santé qui favorise la prévention. « Les médicaments se donnent plus facilement qu’avant et les traitements de prévention primaire sont nombreux alors que les femmes ne sont pas malades », décrie le docteur Bérard. Sans compter le manque de données sur les risques liés aux médicaments récents.

Allaiter quand même
La composition du lait maternel à maturité renferme 88% d’eau, des sucres simples (à 90% du lactose), des protéines, des minéraux (comme du fer, facilement assimilable), des vitamines et environ 3,5% de graisses. Elle varie au cours de la croissance de l’enfant, passant du colestrum très riche des premiers jours à un lait plus allégé. La composition du lait se transforme aussi au cours d’un même boire pour stimuler l’appétit du nourrisson.

La Société canadienne de pédiatrie recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie des nourrissons. Il y a dix ans, 72% des mères québécoises allaitaient leur petit à la naissance et seulement une femme sur dix poursuivait jusqu’à six mois. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a mis en place un plan d’action – dont une semaine pour l’allaitement, en octobre – pour hausser ce taux à 85% pour les premiers jours, 60% à quatre mois et une femme sur deux à six mois.

« Ces objectifs sont presque atteints, sauf pour l’allaitement à six mois. Il y a toujours une seule femme sur dix qui persévère”, relève Thierry Le Bricon, du département de santé environnementale et de santé au travail à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal.

Et malgré les traces de contaminants de toutes sortes (voir « De l’assiette à la tétée »), allaiter reste ce qu’il y a de mieux pour l’alimentation de bébé. Cela aide aussi à construire un lien privilégié entre la mère et son enfant.

À visiter

Centre Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine
http://www.chu-sainte-justine.org/

À la découverte des magazines d’ici

Rencontre avec Félix Maltais

Les Débrouillards et Les Explorateurs

En 1978, je travaille pour l’agence Science-Presse. L’objectif est de fournir des textes sur la science pour les hebdos qui n’ont pas d’argent ni assez de journalistes pour bien couvrir l’actualité scientifique. L’agence adapte la longueur de ses textes aux formats des hebdomadaires pour faciliter leur mise en page.

Lors d’une tournée à travers le Québec, en 1979, les rédacteurs en chef des hebdomadaires souhaitent des articles pour les enfants. Je découvre que l’Ontario Science Center (OSC) publie depuis 3 ans, dans le Toronto Star, des expériences pouvant être réalisées à la maison avec des produits d’usage courant. L’OSC me donne accès au matériel déjà réalisé et nous le traduisons. La première chronique “Le petit débrouillard” devient accessible aux hebdos.

Nous étions à l’époque des belles années d’Astérix, d’où le nom du chroniqueur: Scientifix. Le succès est instantané! Après un an de publication, je rencontre Jean-Marc Gagnon, éditeur de Québec Science et de livres de vulgarisation pour les Presses de l’Université du Québec, afin de proposer de réunir les chroniques dans un livre. Il ne croyait pas que le marché était prêt. Il avait besoin d’une subvention pour se convaincre de lancer l’idée.

Nous étions hébergés gratuitement dans les locaux de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). J’ai convaincu Serge Hamel d’investir financièrement dans le recueil. Jacques Goldstyn, vient d’être embauché par Science Presse. Il crée de nouvelles illustrations pour le recueil, ainsi que 5 personnages, sympathiques et expressifs, qui évolueront avec les années.

Juste avant de finaliser le manuscrit, un autre éditeur sort un livre de vulgarisation scientifique. Malgré la compétition, notre éditeur, Jean-Marc Gagnon, prends le risque d’imprimer 5000 copies. Un article de François Huot dans L’actualité, nous donne un coup de pouce. Dès la sortie, en avril 1981, le recueil se vend comme de petits pains chauds. Des ventes de 1000 exemplaires par mois. Le livre est un des plus vendus au Québec, tous genres confondus.

Le club des petits débrouillards

Il y avait déjà Expo-Science pour les élèves du secondaire et les Clubs-Sciences pour le cégep. Pour les plus jeunes, les Cercles des jeunes naturalistes animaient les écoles pour les sciences naturelles. Avec la diminution de la présence des aumôniers dans les écoles, ces cercles avaient tendance à disparaître. Le succès des chroniques et du livre nous pousse à aller plus loin. D’où l’idée d’en faire un magazine et de préparer des animations surtout en dehors de la classe.

Les grands médias

En 1985, pendant 5 années, La Presse nous a acheté une chronique hebdomadaire d’une page complète. Ensuite, Le Journal de Montréal a poursuivi l’expérience pendant 3 ans. Nous rêvions de faire de la télévision, ce qui est devenu réalité, lorsque, en 1990, et pour les 4 années suivantes, Radio-Canada a conçu l’émission Les débrouillards, animée par Grégory Charles et Marie-Soleil Tougas. C’est avec le passage à la télévision que le nom est devenu tout simplement Les débrouillards au lieu des Petits débrouillards. À la télévision, le terme “petit” signifie les 3 à 6 ans.

Après un arrêt de 3 ans, l’émission est reprise pour 4 ans par Radio-Canada et ensuite, elle fait une dernière année avec Télé-Québec. Nous travaillons actuellement pour un retour des Débrouillards à la télévision. C’est une aberration qu’il n’y ait rien pour les jeunes en télévision scientifique! Les diffuseurs publics comprennent-ils leur mandat?

Dernièrement, c’était la semaine des magazines jeunesse. Pour notre hors série artistique, “DébrouillARTS”, je n’ai eu que 5 entrevues à la radio, dont une en Alberta, une à Ottawa et une autre à Toronto! La science n’est vraisemblablement pas assez présente dans les médias québécois!

L’objectif est de rejoindre le plus d’enfants possible. Certains apprennent en touchant, d’autres en lisant ou en regardant. Télévision, journaux, magazines, clubs dans les écoles, centres culturels, services de garde, etc. Le mouvement s’est développé. Nous avons été approchés pour faire une encyclopédie électronique et un site Internet. Un professeur de sciences à la retraite utilise son immense domaine à Arundel, dans les Laurentides, pour organiser le camp officiel des Débrouillards… Même le Zoo de Granby a fait une caverne nommée Les débrouillards!

Les “débrouillards” ont dû s’adapter aux changements culturels. Au début, il y avait 3 gars et 2 filles. Nous sommes passés à 3 gars et 3 filles. Ensuite, nous nous sommes rendu compte que les personnages étaient tous blancs, ce qui ne reflétait pas la nouvelle réalité. Nous avons ajouté un personnage d’origine Vietnamienne et une Noire. Avec le quatrième livre sur le jardinage, Jacques Goldstyn, qui est demeuré notre illustrateur, a créé une grenouille. Elle intervient partout. Elle dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. Un peu délinquante et politiquement incorrect!

L’Europe

Deux animateurs ont participé à un voyage avec l’Office franco-québécois de la jeunesse pour présenter à la France notre concept. Des Français ont aimé ça et ils ont créé leur propre association française des petits débrouillards. Les arrondissements français s’impliquent beaucoup auprès des jeunes.

Il n’est pas facile de percer et de survivre au Québec. En France, le marché est prêt à payer et à investir dans ces magazines. Au Québec, nous avons vu disparaître Vidéo-Presse, Hibou, Colicou, Les 100 Watts, Zip, Pignouf. Le problème, c’est que, dès que les jeunes arrivent au début de l’adolescence, ce ne sont plus les parents qui décident quels cadeaux donner à leurs enfants. Nous devenons alors en compétition avec les jeux vidéo, Internet, la musique, les sorties entre amis, le cinéma…

Nous avons publié des numéros hors séries, comme “Sport Débrouillards” et “DébrouillARTS”. Les gouvernements n’y ont pas investi un sou, ni dans “Les Explorateurs” ni dans “Sport Débrouillards”. Il n’y a pourtant pas d’autres magazines éducatifs au Québec pour les jeunes.

Nos magazines seraient pourtant, pour certains ministères, un excellent endroit où présenter leur publicité. Que fait le ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) de la science pour les jeunes? Lors de la journée nationale du sport et de l’éducation physique, le MELS a acheté une pleine page de publicité dans La Presse et dans d’autres médias. Rien dans nos magazines.

Les Explorateurs s’adresse aux 6 à 10 ans. Touche plus l’affectif des jeunes. On y présente la vie des animaux, les différentes parties du corps humain. On y trouve des histoires de fiction, que le parent peut lire à son enfant si celui-ci ne maîtrise pas encore la lecture. Il est plus éclaté et plus près des sciences de la nature. Les Débrouillards rejoignent les 9 à 14 ans, aborde les sciences physiques, la technologie, la résolution de problèmes. Pendant que Les Explorateurs présentent un enfant du Tiers-monde, Les Débrouillards s’intéressent aux problématiques scientifiques de cette région du monde.

Non à l’exclusion !

Michel Dongois, Agence Science-Presse

Victimes de discrimination pendant des siècles, les Roms améliorent petit à petit leurs conditions de vie.

“ Pourquoi suis-je si différente des autres élèves roumains ? ” demande parfois Florica à sa mère.

Florica, 12 ans, est d’origine rom. Elle a grandi près d’Ardud, en Roumanie. Elle ne comprend pas pourquoi les Roms sont encore qualifiés de nomades*. Elle sait en revanche combien ils sont mal reçus partout en raison de leur différence.

Plusieurs Roms circulent à travers l’Europe, souvent sans papiers d’identité. On les appelle “ apatrides ” ou “ de nationalité indéterminée ”. Les Roms sont encore aujourd’hui victimes de racisme.

En Roumanie, bien des jeunes filles roms comme Florica sont mariées, ou fiancées, à 12 ans. Mais Andrea, son enseignante, l’encourage à continuer l’école, pour mieux aider les siens plus tard. Il y a tant à faire pour adoucir la vie au ghetto* d’Ardud. Dans son quartier, les rues ne sont pas pavées. Quand il pleut, tout le monde patauge dans la boue.

Pour gagner leur vie, plusieurs Roms tissent des paniers, aiguisent couteaux et ciseaux, recyclent la ferraille. Ils font le commerce des objets dont plus personne ne veut : meubles, outils, ustensiles, vieux vêtements, etc.

À l’école des Roms

Florica a la chance de ne pas fréquenter une classe régulière. “ Les professeurs ont du mal à garder assis des enfants habitués au grand air ”, raconte l’enseignante Andrea Lieb.

“Au début, plusieurs n’avaient jamais tenu un crayon ni vu un livre. Ils mangeaient le papier”, confirme Thomas Hackl, de l’organisation humanitaire Caritas Roumanie. Mais ils sont de vrais champions pour dénicher une couleuvre ou un hérisson !

Avec l’appui de plusieurs pays dont le Canada, les Roms luttent pour leurs droits. Mais ils sont dans un dilemme : d’un côté, ils en ont assez d’être marginalisés; de l’autre, ils sont malheureux dans les activités proposées. Beaucoup de parents ont peur qu’en fréquentant l’école, leurs enfants cessent d’être de vrais Roms !

Heureusement, la culture rom est de plus en plus présente dans les écoles. Dans la classe de Florica, on parle maintenant romani, la langue des Roms. Auparavant, seul le roumain était permis. Un jour, le père Noël s’est adressé aux enfants en romani. Ils n’en croyaient pas leurs oreilles !

Les Roms

Environ 10 millions de Roms vivent dispersés dans les 25 (bientôt 27) pays de l’Union européenne. On les appelle aussi tziganes, bohémiens, gitans, manouches, romanichels, etc. Depuis 1971, ils s’appellent eux-mêmes Roms (les Hommes).

D’où viennent-ils ?

Vers l’an 900, un roi de Perse (aujourd’hui l’Iran) amoureux des arts fit venir de l’Inde des milliers de musiciens pour divertir ses sujets.

C’était des tziganes, un mot grec qui signifie intouchables. On nommait ainsi, en Inde, les gens chargés des travaux salissants. Ils occupaient le bas de la hiérarchie sociale et étaient considérés comme impurs par les gens appartenant aux castes supérieures.

À cette époque, de nombreux tziganes fuyaient leur pays en raison des invasions musulmanes, qui bousculaient la société hindoue. Ils poursuivirent ensuite leur route vers l’Europe.Les Roms vivent souvent en bordure des villes, sans eau courante ni électricité.

Le conseil de l’année

(Agence Science-Presse) – Le New Scientist signale cet avertissement qui accompagne un tube de pommade antiseptique : “ évitez tout contact avec les yeux, l’oreille interne, le cerveau et les membranes avoisinantes ”. Pas plus que le New Scientist, l’Agence Science-Presse n’est pas parvenue à comprendre comment une pommade pourrait être appliquée sur le cerveau.

INSOLITE La redondance de l’année

(Agence Science-Presse) – Un communiqué de presse se doit d’être limpide, mais celui émis par la firme de relations publiques Burson-Marsteller le 27 juin, pour annoncer le dernier numéro de la revue américaine Cancer, en a un peu trop mis : “ (la revue) publie une étude qui examine la peur et les incertitudes accompagnant un diagnostic de cancer de la prostate —particulièrement chez les hommes. ”

Pas de gros mots pour les gènes

(Agence Science-Presse) – Comme s’ils n’avaient rien d’autre à faire, plusieurs généticiens se trouvent obligés de… rebaptiser des gènes. Il semble que des médecins se soient ouvertement inquiétés de certains noms “ inappropriés, insultants et péjoratifs ”, tels que le “ gène de la frange radicale ”, la frange lunatique et, le moins politiquement correct de tous, le hérisson indien.

Il faut savoir que ces gènes ont tous été d’abord découverts dans la mouche à fruit. Leurs noms ont ensuite été simplement transférés, lorsqu’on a découvert le même gène en nous. La tâche de les rebaptiser revient au consortium international HUGO, celui-là même qui a eu pour tâche de cartographier le génome humain.

Mais cette volonté d’être politiquement correct ne plaît pas à tout le monde : d’une part, les généticiens de la mouche à fruit sont déçus de voir leur créativité ainsi brimée, eux qui n’ont déjà pas un grand espace pour l’exercer; d’autre part, il est peu probable que le médecin ait la tâche plus facile le jour où il devra annoncer à son patient qu’il est porteur du gène “ Wnt récepteur X-17 ”.

Autres textes sur la santé.

LE MOT DE LA SCIENCE La mite grosse comme un rongeur

(Agence Science-Presse) – Selon le dictionnaire médical allemand Pschyrembel, une steinlaus est une mite grosse comme un rat qui se nourrit, entre autres choses, de pierres au rein. Dégoûtant? Vous auriez raison… sauf que cette bestiole n’existe pas. Et les auteurs du dictionnaire le savent : s’ils ont délibérément inséré cette fausse définition, c’est parce que c’est la seule façon qu’ils ont trouvé de se prémunir contre le viol du droit d’auteur. À l’heure du numérique, nombreux sont les webmestres et autres éditeurs peu scrupuleux qui recopient le contenu des autres —et un dictionnaire, quelle aubaine!— en le réécrivant juste un peu, de manière à ce qu’on ne puisse pas détecter les clones. Mais un contenu fictif, comme la steinlaus, même réécrit, va, lui, pouvoir être détecté plus facilement…

Il n’y a pas que les dictionnaires. Selon le New Scientist, les informaticiens utilisent un truc similaire comme mesure de sécurité : pour détecter le vol de listes d’envoi par courriels, ils insèrent un nom fictif dans la liste. Et longtemps avant eux, les cartographes avaient fait de même.

Dans les années 1930, la General Drafting Company des États-Unis avait ainsi “ créé ” le village d’Agloe, dans l’État de New York, sur ses cartes Esso. Or, des années plus tard, le village d’Agloe est mystérieusement apparu sur une carte du rival Rand McNally. Pris sur le fait? Pas du tout : celui-ci a pu prouver que l’information était venue… des autorités du comté “ abritant ” Agloe : quelqu’un avait entretemps construit un magasin général à cet endroit, et l’avait baptisé Agloe, parce que “ c’était ce qui était écrit sur la carte ”. (source : New Scientist).

Votre cerveau est un menteur

(Agence Science-Presse) – Vous vous trouvez beau, ou belle, plus intelligent que la moyenne et plus doué que le commun des mortels? Ne croyez pas tout ce que dit… votre cerveau. Sa plus grande capacité est de vous protéger de la réalité.

L’expression est de la psychologue britannique Cordelia Fine qui, dans son ouvrage A Mind of its Own, décortique —de manière quelque peu déprimante— les recherches qui, ces dernières années, ont fait faire des pas de géants à notre connaissance de ce que nous appelons “ la conscience ”. Il y a une seule catégorie de gens, aux yeux de l’auteur, qui s’approche de la parfaite objectivité à propos d’eux-mêmes : ceux qui souffrent de dépression clinique!

Chose certaine, si elle a raison, son ouvrage ne sera pas un best-seller : votre cerveau trouvera toutes les bonnes raisons pour vous empêcher de l’acheter…

La mort des Galapagos (Agence Science-Presse) – Les îles Galapagos, rendues célèbres par Darwin, peuvent-elles survivre au tourisme? Plusieurs écologistes craignent que non. Les espèces indigènes à cette île, dont certaines sont uniques au monde, voient d’ores et déjà leur territoire grugé par des rats —et des chèvres— qui ont traversé avec les humains, comme passagers légitimes ou clandestins.L’an dernier, 126 000 personnes ont visité les Galapagos. “Nous ne voulons pas de navires de croisières” qui laissent derrière eux leurs eaux usées et leurs déchets, proteste la Fondation Charles Darwin, vouée à la conservation de la faune et de la flore locales. Mais son opinion pèse de peu de poids face aux dollars qu’apportent ces touristes au gouvernement équatorien (les îles font partie de l’État de l’Equateur, à l’Ouest de l’Amérique du Sud). Ce gouvernement a récemment autorisé un “quota” de 12 navires de 500 passagers par an. Un premier, le MV Discovery, de Floride, s’est pointé en mai dernier. Et il y en a qui appellent ça de l’éco-tourisme.Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

Tintin et les tomates bleues (Agence Science-Presse) - Ce n’est pas une excentricité transgénique, mais bien une manière de distinguer ce fruit bleu parmi ses frères conventionnels rouges, affirment les scientifiques de l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire de Valence, en Espagne. Outre sa couleur peu orthodoxe pour une tomate, cet OGM s’affiche comme un médicament. Selon les chercheurs espagnols en effet, l’ajout de certains types de protéines que mère nature n’avait pas accordés aux tomates rouges peut combattre une série de maladies. Pour l’équipe de l’Institut, cette invention ouvre en outre le chemin pour construire des bio-usines qui pourraient produire, à l’intérieur de certains aliments, des gènes fonctionnels, anti-oxydants et anti-infections.Autres textes sur la santé.

La biodiversité du futur d’après la taille des plantes

Marie-Hélène Croisetière, Agence Science-Presse

Une règle et une balance, voilà tout ce qu’il a fallu à un chercheur d’ici pour prédire quelles plantes proliféreront ou disparaîtront pendant 40 ans. Avec son nouvel “ outil ”, Bill Shipley pourrait révolutionner l’écologie.

“ Jusqu’à présent, la plupart des écologistes ont tenté de décrire les communautés végétales en décortiquant chacune des interactions possibles des plantes entre elles ”, explique le chercheur de l’Université de Sherbrooke. Bien que cette approche donne de bons résultats avec de petites communautés d’organismes simples comme des bactéries, elle devient inadéquate avec des écosystèmes complexes, qui engendrent des interactions multiples.

Le mérite de Bill Shipley, c’est d’abord d’avoir emprunté aux physiciens un de leurs outils : le modèle statistique mécaniste, qu’ils utilisent pour prédire le moment où un gaz change d’état pour devenir un liquide, ou vice-versa. “ L’intérêt de ce modèle en écologie, c’est qu’il ne tente pas de décrire chacune des interactions mais le résultat des forces de la sélection naturelle ”, explique Bill Shipley.

Dans son étude qui vient d’être publiée dans la prestigieuse revue Science, le chercheur a mesuré une série de traits végétaux qui contribuent à la sélection naturelle des plantes. Bill Shipley en a choisi huit, “ dont le nombre de graines, leur grosseur et la hauteur des plants ”. L’écologiste a ensuite calculé la moyenne de ces traits pour chaque espèce et chacun des 12 vignobles abandonnés qui lui ont servi pour son étude. Les équations du modèle ont fait le reste, déterminant quelles espèces domineraient chacun des sites, quelles autres deviendraient rares, disparaîtraient ou apparaîtraient au fil du temps.

En comparant les résultats de son modèle avec les données recueillies dans les sites plus âgés de l’étude Bill Shipley et ses collègues du CNRS de Montpellier, en France, ont eu la satisfaction d’avoir atteint un taux de précision de 94 %. “ Le résultat était si bon que je n’y croyais pas ”, se rappelle le chercheur.

“ Reste maintenant à vérifier si le modèle peut décrire d’autres types de communautés végétales ”, prévient-il. Selon la théorie dite de l’écologie fonctionnelle, les plantes devraient subir les mêmes forces de sélection, même si elles sont dans des types d’environnement différents. Bill Shipley se dit confiant d’obtenir des résultats qui vont en ce sens.

S’il passe le test avec succès, son outil de prédiction fera aussi la joie des aménagistes : “  il permettra de vérifier si une espèce risque de devenir invasive dans un environnement donné, ou de prédire quels seraient les impacts d’un changement environnemental sur l’assemblage des végétaux. ” Malgré son enthousiasme, le scientifique reste prudent : même si son outil est prometteur, il n’est qu’à l’aube de son développement !

Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

Colloque sur les violences faites aux femmes. FEMMES D’AILLEURS

Isabelle Burgun, Agence Science-Presse

Malaïka (nom fictif), jeune Congolaise vivant au Québec, l’a entendu de nombreuses fois : “ il ne faut pas détruire ta famille. Fais attention, tu seras rejetée, nous ne t’aiderons pas ”. Victime de violence conjugale, elle ne s’est pas sentie soutenue par sa communauté. “ Le poids social est très important ”, confirme Anne Kouraga, étudiante au doctorat à l’École de service social de l’Université Laval. Les abus et les maltraitances sont légion : crime d’honneur, traite des femmes, violences faites aux femmes en contexte d’immigration, etc., comme le rapportait le colloque international Violences faites aux femmes: réponses sociales et plurielles auquel participait Mme Kouraga. Elle était l’auteure, avec “ Maternité et violence conjugale chez les femmes immigrantes d’Afrique noire francophone ”, de l’une des 200 présentations de ce colloque qui avait lieu récemment à Montréal.

Nés d’observation directe et de constats, les travaux d’Anne Kouraga visent à comprendre la réalité particulière de ces femmes immigrantes victimes de violence conjugale. “ Elles ont une culpabilité accrue liée à la maternité. Se perçoivent-elles comme de “mauvaises épouses”? Que vivent-elles, prises entre deux cultures ? ”, s’interroge l’étudiante tchadienne qui a souvent accompagné des femmes lors de démarches d’information auprès de maisons d’hébergement pour les femmes violentées.

De nombreux facteurs musellent les femmes. Les menaces, la honte, le rejet de la communauté, l’isolement lié au contexte d’immigration, la peur d’être renvoyée au pays, la peur que la DPJ ne lui enlève les enfants… Sans compter que culturellement, la violence familiale est le plus souvent niée. “ Le système patriarcal africain affirme que la femme est inférieure à l’homme et doit lui obéir. La violence est perçue comme une affaire privée ” rapporte la chercheuse.

Pas facile de se défaire d’un tel joug, surtout dans une société d’accueil emplie de préjugés sur les femmes africaines. “ J’ai accompagné une femme battue à l’hôpital, la première question de l’infirmière a été : avez-vous le sida ? ”, s’indigne Anne Kouraga.

Le contexte d’immigrationMarie Lacroix, de l’École de service social de l’Université de Montréal, se penchait elle aussi, dans le cadre de ce colloque, sur les femmes en contexte d’immigration, plus particulièrement sur la pratique du mariage par correspondance. Une pratique qui prend de l’ampleur, particulièrement depuis Internet. “ L’Internet a facilité cette pratique, particulièrement pour les hommes. ”On entend parler de ces femmes promises depuis bien plus longtemps, “ avec les romans, les films, pourtant nous les connaissons bien mal, tout comme leurs motivations à user de ce biais pour immigrer ”, résume le Pr Lacroix. Avec ses travaux sur “ Le mariage par correspondance ”, menés avec sa collègue Sue Brigham de la Faculté d’Éducation de Mount Saint-Vincent University (Nouvelle-Écosse) et différents collaborateurs du Feminist Public Policy Project (FPPP), Marie Lacroix désire rattacher cette pratique à la féminisation de la pauvreté à l’échelle internationale.Si l’on commence à connaître les pénibles conditions des “ aides familiales ” domestiques, il existe bien peu de statistiques sur les “ femmes promises ” et le sujet reste encore tabou.

On sait qu’elles sont très nombreuses à provenir des Philippines, de Russie et d’Ukraine. Et il s’avère difficile de les retracer car elles arrivent souvent dans le cadre d’une réunion familiale et ne se définissent pas comme “ femmes promises ”. De plus, elles “ ne représentent pas un bloc homogène. Les femmes des Philippines ou d’Ukraine ont des motivations propres, une vision du couple et du rôle de la femme très différentes ”, souligne la chercheuse.

Point commun toutefois, “ la politique d’immigration est discriminatoire pour les femmes. Elles ont souvent moins accès à l’éducation que les hommes. Choisir un époux étranger pour parvenir à s’en sortir, cela est aussi un choix ”. Aux Philippines, il existe depuis les années ‘70 un programme d’exportation de la main d’œuvre doublé d’une “ tradition ” d’immigration féminine. “ L’argent envoyé à la famille par ces expatriées atteint les 6 milliards de dollars ”, relève Marie Lacroix. Un facteur qui n’incite pas les autorités à ralentir le flux…À voir * Le programme du Colloque international Violences faites aux femmes :http://www.criviff.qc.ca/colloque/prog_fr.asp* Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRI-VIFF), qui organisait ce colloque :http://www.criviff.qc.ca/accueil.asp

Une souris verte qui ne court pas dans l’herbe

Joanne Prime, Agence Science-Presse Il existe des souris qui brillent dans le noir ! On ne peut pas les attraper par la queue car celle-ci est coupée: c’est là une caractéristique des organismes génétiquement modifiés. Mais à quoi servent donc toutes ces manipulations?

“ Les souris sont très utiles dans la lutte contre le cancer, le diabète, l’obésité et même pour la régénération neuronale ”, a rappelé le Dr Michel Tremblay, directeur du Centre de cancer de l’Université McGill, lors d’une conférence présentée en octobre à Laval, dans le cadre des Biosciences apprivoisées, organisée par le musée Armand-Frappier. Plus spécifiquement, dans le cas de notre souris “ fluo”, ses embryons seront utilisés comme cellules souches pour cloner de nouvelles souris.

Certes, les chercheurs ressemblent à des apprentis sorciers en “ construisant ” leurs souris. À la manière de blocs Légo, on insère ou enlève des gènes. Les souris développent alors des maladies ou s’en préservent. “ Avec la quantité énorme de gènes aux fonctions inconnues, on recherche des outils pour identifier les maladies, les guérir, et développer de nouveaux traitements ” explique le Dr Tremblay.

Qui plus est, nous sommes très proches des souris. Nous possédons sensiblement le même nombre de gènes (environ 35 000), et beaucoup ont des fonctions similaires. Par exemple, la découverte d’une souris capable de guérir du diabète de type II est à l’origine d’une grande recherche mondiale. “ Grâce à cette souris, il commence à y avoir sur le marché des phases cliniques ” continue le Dr Tremblay.

L’étude des cellules souches faciliterait les greffes de la peau à des grands brûlés. De nouveaux tissus répareraient le cœur et les vaisseaux sanguins.

Certes, il y a eu des ratés. On peut penser à la chèvre-araignée qui ne produisait pas des fils d’araignée comme prévu mais moins de 10 g de protéines de soie par litre de lait. On est loin des miracles annoncés !

Pour plus d’informations sur les conférences Biosciences apprivoisées: http://www.musee-afrappier.qc.ca/1000_f.html

Autres textes sur la santé.

Les poissons, c’est fini?

Agence Science-Presse

Et s’il n’y avait plus de poissons dans nos assiettes? Ni fruits de mer? D’ordinaire, la crainte est de voir disparaître une espèce, comme la morue, ou une série d’espèces. Mais jamais auparavant n’avait-on envisagé la disparition de la totalité de la faune sous-marine.Du moins, la faune sous-marine commerciale, c’est-à-dire celle qui est la cible des pêcheurs. Si ces derniers ne changent pas radicalement leurs pratiques, il pourrait bien ne plus rien rester à nous mettre sous la dent aux environs de l’an 2050. Dans une étude qui a fait le tour du monde en quelques heures, des chercheurs de cinq pays dressent ainsi un portrait plus noir que jamais de l’avenir de la pêche. Et de l’avenir de notre alimentation après l’an 2050.

Comment l’équipe dirigée par Boris Worm, biologiste marin à l’Université Dalhousie de Halifax (Nouvelle-Écosse) est-elle arrivée à cette estimation? À partir de l’analyse de 50 années de données sur les pêches. Et ces données proviennent d’un projet, appelé Sea Around Us, qui a justement été institué il y a une quinzaine d’années en réponse au déclin appréhendé des espèces commerciales de poissons. Ce programme de recherche, hébergé à l’Université de Colombie-Britannique, est aujourd’hui devenu une méga-base de données: 500 millions d’items sur les captures de pêcheurs des quatre coins du monde, remontant aux années 1950.

L’objectif de départ n’était toutefois pas de documenter le déclin des espèces commerciales, qui ne fait pas de doute, mais de répondre à l’objection selon laquelle des perturbations chez quelques espèces autres que des poissons peuvent nuire à l’ensemble des réserves de poissons.

Autrement dit, cette étude, disent ses auteurs, démontre que tout est interelié: une chute rapide de la biodiversité depuis 200 ans s’est accompagnée d’un déclin de la qualité des eaux près des côtes qui elle-même s’est accompagnée d’une croissance d’algues qui sont dévastatrices pour la vie sous-marine.

Ceci dit, leur conclusion la plus spectaculaire —la mort de la pêche commerciale vers 2050 si rien n’est fait entretemps— suscite quelques objections. Ainsi, pour Steve Murawski, scientifique en chef au service des pêches de l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère des États-Unis (NOAA), bien qu’il ne fasse pas de doute que les réserves de poissons doivent être protégées avec plus d’ardeur, le modèle choisi par Boris Worm et ses collègues, et paru dans la revue Science, s’appuierait sur une définition économique du mot “effondrement” (collapse) qui ne fait pas l’unanimité: on parle d’effondrement d’une population lorsque celle-ci atteint 10% de son maximum historique. Or, on ignore totalement si ce chiffre correspond à quelque chose d’aussi dramatique pour le reste d’un écosystème.

“Ce n’est pas un bon indicateur de ce qu’est une réserve de poissons en santé”, déclare Murawski parce que cela fait courir le risque de sous-évaluer une population de poissons à partir d’une seule saison de surpêche.

N’empêche que cette étude rappelle que 29% des réserves de poissons qui étaient disponibles en 1950 se sont d’ores et déjà effondrées. Tout au plus Boris Worm et ses collègues se réjouissent-ils que certains des efforts de conservation des dernières années aient renversé le déclin dans certaines des 44 zones protégées. Si l’effort était accentué, l’échéance de 2050 reculerait d’autant.

Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

Jeux de séduction chez les neuronesBruno Lamolet, Agence Science-Presse

Si les parties droite et gauche du cerveau communiquent si bien entre elles, c’est en raison de neurones qui, de chaque côté, effectuent des connexions nerveuses vers l’autre moitié. Or, grâce à une équipe canado-américaine dirigée par un chercheur montréalais, on comprend mieux comment ces neurones retrouvent, au sein de milliards de leurs semblables, ceux avec qui ils doivent former ces connexions. Certains exercent leur charme et ceux qui sont séduits se laissent attirer.

Sauf que chez les neurones, le romantisme, c’est une question de molécules.

On connaissait déjà un des signaux de séduction des neurones : la protéine Shh. Mais les neurobiologistes, avec à leur tête Frédéric Charron de l’Institut de recherches cliniques de Montréal, ont découvert ce qui fait craquer les neurones courtisés. C’est aussi une protéine, qu’ils ont baptisée Boc. Elle se trouve à la surface de certains neurones et elle détecte Shh.

Dans l’embryon, des neurones situés au milieu du cerveau sécrètent des Shh vers chacune de deux moitiés. Les neurones qui arborent Boc les captent et commencent à émettre des prolongements, ou axones, vers la source de Shh, en direction de l’autre côté du cerveau où ils formeront des connexions.

Shh et Boc servent aussi à créer des connexions ailleurs dans le système nerveux. Et on connaît de plus d’autres protéines qui jouent un rôle semblable. Pourra-t-on en trouver assez pour rendre compte des milliards de connexions nerveuses? ” Nous pensons que ces protéines servent à connecter les neurones vers leur cible en groupe, explique Frédéric Charron. L’ajustement fin se fait lors de l’apprentissage: les connexions utilisées se maintiennent alors que celles qui ne le sont pas se défont. “

Mais au-delà du rôle naturel de ces protéines, les chercheurs imaginent des utilisations médicales. Par exemple, dans le cas de maladies dégénératives comme celle de Parkinson, on envisage des traitements par greffe de neurones ou de cellules souches. Des protéines comme Shh pourraient servir à attirer les axones des cellules greffées pour les rebrancher vers les bonnes cibles.

On pourrait aussi, en principe, utiliser un jour ces protéines pour faire repousser et rebrancher les axones sectionnés lors d’un accident à la moelle épinière.

Fin d’un mythe : la génération sacrifiée

Marie-Hélène Croisetière, Agence Science-Presse

Aujourd’hui dans la trentaine, les X travaillent dans une aussi grande proportion que les baby-boomers lorsque ceux-ci avaient le même âge. Serait-il temps de déboulonner le mythe de la génération sacrifiée ?

“ Il semble que oui ”, répond le démographe Jacques Légaré, qui vient de publier une étude sur le sujet. Avec son étudiant Pierre-Olivier Ménard, le chercheur de l’Université de Montréal croyait “ confirmer que la génération X s’est ‘fait avoir’ par les baby-boomers ”. Il a dû se rendre à l’évidence : “ les données contredisent cette croyance ”.

Bien que les jeunes nés entre 1966 et 1975 aient connu une entrée plus difficile sur le marché de l’emploi, ils sont maintenant aussi nombreux à travailler que les baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge. Début trentaine, 91 % des hommes de la génération X occupent un emploi, contre 92 % des baby-boomers jadis. Et les femmes X, elles, font encore mieux que leurs aînées : elles travaillent dans une proportion de 78 % contre 70 % des baby-boomeuses du même âge !

Dans leur rapport publié cet automne, les chercheurs remarquent que les emplois à temps plein ne sont pas plus rares aujourd’hui que dans les années 1980 et 1990. Parmi les travailleurs de 30 à 34 ans de la génération X, 88 % sont à temps plein. À titre de comparaison, les “ vieux ” baby-boomers nés entre 1946 et 1956 travaillaient à temps plein dans une proportion de 89 %, et les “ jeunes ” baby-boomers faisaient moins bien, avec 84 %.

Les chercheurs ne fournissent toutefois pas de données sur la rémunération ou la stabilité des emplois. Jacques Légaré soutient que “ ce sont des questions très importantes et qu’il faudra les aborder très bientôt ”. Ils remarquent en revanche que les X épargnent autant que leurs parents. Au tournant de la trentaine, ils ont au moins le même taux de participation aux régimes des rentes du Québec et aux REER que les baby-boomers lorsqu’ils avaient le même âge.

Les chercheurs ont enfin remarqué que la génération X est plus scolarisée. “ Ils ont profité davantage que leurs aînés de la réforme des années 1960, qui a facilité l’accès à l’éducation postsecondaire ”, commente M. Légaré. Lorsque les X étaient âgés entre 25 et 29 ans, 28 % d’entre eux avaient déjà obtenu un diplôme d’université, soit le double des “ vieux ” baby-boomers du même âge.

Malgré ces données, Jacques Légaré prévient que tout n’est pas complètement réglé pour les X : “ nous avons évalué quelques paramètres seulement de la qualité de l’emploi. Il faut encore voir si les X ont des emplois stables, de bons revenus et si des mesures sociales seront prises pour réduire le fardeau fiscal que représentent la retraite et le vieillissement des baby-boomers ”. Le chercheur se prépare d’ailleurs à chercher des données sur le revenu, la stabilité d’emploi et la satisfaction vis-à-vis de l’emploi de cette génération et de sa suivante, les Y. Et, puisqu’il n’est ni baby-boomer, ni X, ni Y, il se sent “ tout désigné pour regarder la situation avec un regard neutre ” !

Le rapport : www.socserv.mcmaster.ca/sedap

 

INSOLITE: La piscine la plus froide du monde(Agence Science-Presse) – Le New Scientist rapporte le cas d’un thermomètre conçu spécialement pour les piscines, et qui peut évaluer des températures aussi basses que moins 30 degrés Celsius. On peut se demander qui est assez fou pour nager lorsqu’il fait aussi froid… mais on peut surtout se demander dans quel genre d’eau il serait encore possible de nager à moins 30 degrés?

Où en sont-ils? Ascenseur céleste

(Agence Science-Presse) - “ Quel étage, monsieur ? ” “ L’espace, s’il vous plaît. ”

L’idée paraît farfelue. Pourtant, la NASA y songe depuis six ans : en 1999, elle publiait un rapport sur le sujet. Aujourd’hui, elle finance en partie deux concours visant à récompenser les concepteurs des meilleurs prototypes de câbles (Tether Challenge) et de cabines (Beam Power Challenge). L’édition 2006 avait justement lieu en octobre.

Mais si le projet d’ascenseur est séduisant, il cache aussi une motivation plus terre à terre : sauver de l’argent. Il faut dire qu’il faut entre 30 et 200 millions $ pour propulser un satellite ou un vaisseau. Avec un ascenseur, le prix serait 1000 fois moins élevé !

L’idée ne date pas d’hier. Au 19e siècle, le scientifique russe Konstantin Tsiolkovsky propose de construire un château dont la tour se rendrait jusqu’au ciel. En 1960, un autre scientifique russe, Yuri Artsutanov, suggère de déployer la structure à partir du ciel plutôt que de la Terre : un câble serait descendu à partir d’un satellite puis ancré dans le sol ou dans une plate-forme marine au niveau de l’équateur. Pour cela, le satellite devra être placé en orbite géostationnaire (et donc bouger à la même vitesse que la terre) à environ 36 000 kilomètres d’altitude. Mais puisque le câble aurait tendance à tirer vers la Terre, il faudra contrebalancer le tout en attachant un objet massif à la fin du câble, dans une orbite plus élevée.

Le plus grand défi des chercheurs est de trouver un matériau assez solide pour construire le câble. Plusieurs ont songé aux nanotubes de carbone, mais de nombreux problèmes techniques restent à résoudre.

En attendant, une équipe de 30 étudiants de l’Université de la Columbie-Britannique a passé les derniers mois à préparer des prototypes de câbles et de cabines pour le concours de la NASA. Le défi : faire grimper la cabine sur 61 mètres et concevoir un câble extrêmement léger… mais extrêmement solide!

Beaucoup de dinosaures à découvrir

(Agence Science-Presse) - Pour chaque type de dinosaure connu, deux attendraient encore d’être découverts. Ce qui porterait à plus de 1300 les types de dinosaures toujours cachés dans le sol. Voilà l’estimation à laquelle le statisticien Steve Wang et le paléontologiste Peter Dodson viennent d’arriver dans leurs laboratoires de la Pennsylvanie. Leur étude, en plus de stimuler les paléontologues à chercher de nouveaux squelettes, devrait également raviver le débat sur ce qui a causé l’extinction des dinosaures. Plusieurs scientifiques croient en effet que les dinosaures étaient déjà sur le point de disparaître lorsqu’une météorite est tombée à la fin du Crétacé. Or, ces chercheurs n’ont pas observé de différences dans la biodiversité des dinosaures entre la fin et le début du Crétacé.

PRÉHISTOIRE: La plante et le Viking

(Agence Science-Presse) - Fini les coups de pelle donnés au hasard! Les archéologues disposent maintenant de nouveaux alliés dans la recherche de sites archéologiques : les plantes. Deux chercheurs canadiens ont en effet démontré que les végétaux portent la trace des civilisations enfouies sous elles. Rob Commisso et Erle Nelson, de l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique, ont découvert que les plantes du Groenland contiennent plus d’un certain isotope (azote-15) lorsqu’elles poussent sur des sites archéologiques. Normalement, les plantes contiennent beaucoup d’azote-14 et très peu d’azote-15: ce dernier proviendrait principalement de la décomposition des déchets laissés près des fermes et des habitations.

Avons-nous le quorum, demandent les bactéries?

(Agence Science-Presse) – Qu’est-ce qui détermine le seuil critique à partir duquel un groupe de bactéries devient dangereux? Elles se parlent! Une équipe de l’Université du Wisconsin vient d’identifier le “ signal chimique ” que s’envoient les bactéries et qui correspond, littéralement, à un groupe d’administrateurs qui déterminent s’ils ont le quorum nécessaire à commencer la réunion. Cette découverte permet en théorie de partir sur la piste d’une méthode pour “ bloquer ” l’émission de ce signal, en d’autres termes, empêcher les bactéries de se parler entre elles.

Note humoristique de Raymond Viger: Puisque les bactéries se parlent maintenant, à quand un blogue de bactéries!

BACTÉRIES: Un fertilisant de merde!(Agence Science-Presse) – Ce n’est peut-être pas très appétissant, mais la merde humaine peut tout aussi bien servir de fertilisant que la merde de certains animaux. Jusqu’à maintenant, on n’employait cette méthode que dans des circonstances précises, en raison de la crainte d’une transmission de la bactérie E. Coli, présente dans nos excréments. Or, Michael Rogers et ses collègues microbiologistes britanniques viennent d’établir que les niveaux d’E. coli dégringolent lorsque les excréments sont répandus dans un champ en friche. En deux mois, ils passent de 100 000 bactéries par gramme à 10 par gramme, loin en-dessous du seuil où une contamination est possible.

Blogueuse cosmiqueAgence Science-PresseElle a été une inspiration pour les Iraniennes et les Américaines, ce qui n’est déjà pas banal… mais elle est aussi devenue la première blogueuse de l’espace! Anousheh Ansari, la quatrième “touriste” de la station spatiale et la première femme, a en effet tenu, en collaboration, un blogue à son nom pendant son séjour sur la station spatiale internationale (http://spaceblog.xprize.org).

Les intéressés y trouveront des images reprises du canal de diffusion de la NASA, mais surtout, éparpillés au fil des 10 jours passés là-haut, des commentaires reflétant l’état d’esprit de cette femme d’affaires pendant qu’elle voyait défiler les continents.

Vous pouvez passer des heures juste à regarder dehors… mais après 45 minutes, le ciel commence à devenir noir, alors que le soleil descend derrière la Terre et crée cette incroyable teinte orangée mêlée avec le plus magnifique des bleus… Et alors arrive la nuit. Vous ne pouvez plus voir très bien la Terre, à moins que vous ne soyez au-dessus des villes.

Mais ce n’est pas le plus beau. Le plus beau, et de loin ma vue préférée, c’est le cosmos, la nuit. Les étoiles vues d’ici sont incroyables. On dirait que quelqu’un a répandu une poussière de diamants au-dessus d’un grand manteau de fourrure noir. La Voie lactée est aisément reconnaissable… comme un arc-en-ciel d’étoiles au-dessus de la Terre entière.

Plus amusantes pour les enfants sont sans doute ses jeux avec l’absence de gravité: “dans l’espace, c’est acceptable de jouer avec sa nourriture. Les astronautes le font tous. Les morceaux de fromage ne sont pas mis dans la bouche avec la main, ils sont légèrement expulsés du contenant et ils flottent jusqu’à votre bouche. Lorsque vous ouvrez un sac de nourriture molle comme du yogourt ou de la soupe, si vous n’êtes pas très très prudent, de petites bulles commencent à flotter tout autour de vous et vous pouvez les attraper avec votre cuillère. Mais si vous essayez de l’attraper trop vite, une bulle heurte votre cuillère et devient 10 plus petites bulles!

Les commentaires des visiteurs ont été nombreux, colorés… et multilingues. Le fait qu’elle soit une Américaine d’origine iranienne a, dans plusieurs cas, accru l’admiration à son égard, bien que le gouvernement iranien, lui, n’ait jamais fait grand cas de son voyage.

Et elle n’était même pas destinée à aller dans l’espace! Elle n’était en effet “que” l’astronaute de réserve, mais celui qui devait partir a dû céder sa place dans les dernières semaines, pour raisons de santé. “Peut-être étais-je supposée être l’alarme qui réveille cette petite voix en chacun de vous, pour que vous puissiez tous commencer à changer votre monde en un endroit meilleur.”

Eau potable: objectif traitementIsabelle Burgun, Agence Science-Presse

L’eau quotidienne, si précieuse lorsqu’elle manque… “ Il est actuellement impossible de se baigner dans le lac Archambeault, où j’ai passé mon enfance ”, s’écrie le Pr Benoît Barbeau, titulaire adjoint de la Chaire industrielle CRSNG en traitement et distribution des eaux potables.

Coïncidence, le même jour où l’École Polytechnique de Montréal célébrait le renouvellement, pour la troisième fois, du financement de cette Chaire, la Direction de la santé publique lançait des avis d’interdiction de baignade et de consommation touchant trois lacs des Laurentides réputés comme petits paradis de villégiature.

Les lacs Archambeault, Ouareau et Blanc se sont révélé infectés d’algues bleues (cyanobactéries) qui émettent une toxine source entre autres d’allergies et de gastro-entérites. Impossible donc de s’y baigner, de consommer son eau, de l’utiliser pour des usages domestiques ou encore de s’y brosser les dents!

Il s’avère important de préserver la qualité de la ressource mais aussi de perfectionner les traitements. Un deuxième volet pour lequel l’École Polytechnique se dote de plusieurs unités mobiles, dont la première était dévoilée récemment. “ Ce sont quatre usines en une ” affirme John Cigana, directeur des laboratoires CREDEAU. La première unité mobile prenait la forme d’une impressionnante remorque de 16 mètres pesant 20 tonnes, dotée de 6 km de fils électriques et plus de 300 robinets… Tout cela pour offrir 37 traitements pour 20 000 litres d’eau : filtration, floculation, ozonation, etc. “ C’est notre unité de traitement conventionnelle ”, décrit Annie Carrière. La prochaine unité mobile, livrable au printemps 2007, comprendra des traitements de pointe.

Bien qu’il paraisse difficile de les imaginer sur les bords de lacs éloignés des infrastructures routières, ces unités mobile pourront offrir une flexibilité de traitement que bien des usines de traitement ne possèdent pas. “ Changer leurs bassins de sable pour tester une nouvelle filtration coûterait des millions ”, rappelle l’associée de recherche de la Chaire d’eau potable. Dotée d’un budget de 7,3 millions de dollars sur cinq ans, la Chaire se penchera sur les traitements mais aussi les réseaux de distribution, l’analyse de risque et la caractérisation des sources. L’impact des changements climatiques ou encore l’enjeu de dépister les micro-polluants figurent au programme de recherche.

La Chaire en traitement et distribution des eaux potables : http://www.polymtl.ca/sc_journal/Chaire_eaupotable/

CREDEAU : http://www.polymtl.ca/credeau/

Centre de l’eau - Aqua centrum : http://www.aquacentrum.qc.ca/

L’Agence Science-Presse fait son entrée dans le magazine Reflet de Société

Il existe plusieurs agences de presse. Leur mandat est de fournir des textes préparés d’avance sur différents sujets. Un média ne peut fournir des journalistes pour couvrir tous les sujets à travers tous les pays de notre planète. Cela permet donc de publier des nouvelles sur des sujets pointus ou difficilement accessible pour un média conventionnel.

Pour n’en nommer que quelques unes, agence France-Presse (AFP), Presse Canadienne (PC), Reuters, Associated Press (AP), Agence Science-Presse. C’est ce qui explique les abréviations que nous voyons au début du texte. Cela donne la référence de l’article. C’est aussi ce qui explique que nous pouvons retrouver exactement le même texte dans deux médias différents.

Pour avoir accès à ces textes, libre des droits d’auteur, il faut payer une cotisation à l’agence de presse. Reflet de Société a décidé l’an dernier d’adhérer à l’Agence Science-Presse. Cette agence de presse se spécialise dans la vulgarisation de nouvelles scientifiques. Vous avez pu voir les premiers textes de l’Agence Science-Presse trouver leur place dans le numéro de décembre de Reflet de Société.

Ces petites capsules étaient fort intéressantes et d’intérêt pour les fidèles lecteurs de notre magazine d’information et de sensibilisation. L’agence Science-Presse nous fait parvenir 8 à 10 textes par semaine. Quand j’ai décidé de publier quelques capsules de l’Agence Science-Presse, ayant été membre depuis plus de 6 mois, j’avais devant moi plus de 250 textes! Le choix a été difficile.

En même temps, j’étais attristé de voir tous ces textes qui ne trouverait pas leur espace pour être publié et lu. J’ai donc décidé d’inclure l’ensemble de ces textes dans les archives électroniques de notre magazine. Cela va permettre une meilleure diffusion de cette information qui saura plaire à tous.

Scientifiquement vôtre et bonne lecture.

Textes sur la santé.

Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

Journal de la Rue, Reflet de Société, CAFÉ-GRAFFITI.

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Des honneurs

Le blogue du rédacteur en chef

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