Histoire de billots

Histoire de billots

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) – Pour retracer l’histoire bicentenaire de la forêt du Bas-Saint-Laurent, un jeune chercheur a eu l’étrange idée de faire parler le bois dravé. « Il nous fallait trouver une méthode alternative, car les vieux inventaires forestiers ne remontaient pas à aussi loin », explique l’étudiant au doctorat en sciences de l’environnement à l’UQAR.

Cette méthode originale lui a permis de reconstituer l’historique d’exploitation forestière dès le début du 19e siècle. Il a déniché dans un méandre, en aval du bassin versant de la rivière Rimouski, un site de billots de bois dravés. Tels les draveurs d’autrefois, Yan Boucher et son collègue ont ramené vers la rive le bois flottant à l’aide de crochets.

En récoltant un échantillon de bois à la base de chaque billot, ils ont pu déterminer son espèce, son âge, son année de coupe et son patron de croissance. « Nous avons pu dater et identifier près de 700 billots. Ce qui nous donne une bonne représentation de l’exploitation forestière entre 1800 et 1900 », soutient l’étudiant.

Retour sur l’histoire

L’exploitation forestière, vieille dans cette région d’environ 200 ans, témoigne d’une grande variété d’arbres d’essence noble, comme le pin rouge ou le cèdre blanc. Ces arbres à grand diamètre, plusieurs fois centenaires, étaient particulièrement recherchés à cette époque pour la construction. Le Blocus de la Mer Baltique par Napoléon avait poussé les Britanniques à exploiter intensivement les forêts des colonies. La position du Québec, avec son couloir maritime, était particulièrement favorable.

Cette forêt du Bas-Saint-Laurent était aussi principalement constituée de conifères. « Comme aujourd’hui, l’espèce dominante était le sapin baumier, mais son visage a changé. On constate un “enfeuillement” de la forêt par l’érable et le tremble, des essences plus agressives », relève le jeune chercheur.

Archives de la forêt

Il a également plongé dans le gigantesque fond d’archives de la compagnie Price (Abitibi-Bowater) pour retracer l’histoire de l’exploitation au 20e siècle. Les cartes, photographies et actes notariés lui ont permis de documenter les caractéristiques et les peuplements des forêts à partir de 1930.

Connaître la « portrait » de ces vieilles forêts permettra aux responsables d’aménagement forestier d’adopter une gestion écosystémique de la forêt du Bas-Saint-Laurent. Bien plus proche de l’essence de cette forêt. « Nous n’avons plus de témoins sur le terrain de cette époque», explique le jeune gestionnaire forestier. Seuls les vielles cartes et le bois dravé témoignent encore de l’époque ancienne.

-La dynamique de la forêt du Bas-Saint-Laurent depuis le début de l’exploitation forestière (1820-2000), une thèse de Yan Boucher de l’UQAR, septembre 2008.

 

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Tailler des arbres après une crise: opération indispensable mais délicate

Tailler des arbres après une crise: opération indispensable mais délicate
Odile Clerc – Agence Science-Presse

La crise du verglas de 1998 a eu un effet dévastateur sur les arbres au Québec. Dix ans plus tard, Samuel Bertrand, arboriculteur et élagueur au Jardin botanique de Montréal, continue à traiter, élaguer, nettoyer les arbres qui ont souffert. Mais s’il est facile de prendre sa cisaille pour tailler les branches qui dépassent, il est autrement plus délicat de tailler un arbre selon les règles de l’art.

«Les arbres touchés par la crise sont fragilisés et continuent à casser. Par exemple, cet été, nous avons dû procéder à l’élagage et à l’abattage de certains frênes qui étaient devenus dangereux.» Tailler les arbres de manière régulière de sorte que la cime soit aérée et éclairée par les rayons du soleil, que les vents puissent y circuler et que la structure de l’arbre soit respectée, est une opération indispensable et élémentaire d’après le spécialiste.

Mieux vaut prévenir que guérir

Or, selon lui, «le problème majeur de l’après-crise du verglas en 1998 provient du manque de professionnalisme des intervenants. De très nombreux arbres ont été taillés par des élagueurs non formés. D’énormes dommages ont été causés: production de bois mort, pourriture, maladies, champignons, etc.»

«Il est impératif de faire appel à des professionnels qui ont une connaissance précise de la structure de l’arbre, de ce qui doit être enlevé et de la façon de le faire», précise Samuel Bertrand. Selon lui, certains arbres ont davantage souffert d’un traitement inapproprié que du verglas lui-même, l’arbre ayant une bonne capacité d’auto-guérison. De plus, les arbres à croissance lente, tels que les érables à sucre, nécessitent des soins particuliers, de même que ceux dont la croissance est rapide tels que les saules, les peupliers ou les érables argentés. Tailler un arbre pour que celui-ci offre le moins de prise possible au vent et à la glace est donc la solution préventive idéale pour préserver le capital végétal de nos villes et forêts.

Un métier reconnu

«Élagueur est un métier à hauts risques! Vous êtes tenu par des câbles à plusieurs mètres de hauteur et vous tenez des outils tranchants! Mais c’est essentiel d’être perché là-haut. De ce point de mire, vous remarquez des défauts de structure qui ne vous apparaissent pas du sol. Il faut toujours aller dans le sens de l’observation. C’est pourquoi l’élagage professionnel est si important.» À la question de savoir quels ont été les effets de la crise du verglas dans le milieu de l’arboriculture, Samuel Bertrand ne tarit pas d’éloges au sujet des trois écoles québécoises d’arboriculture qui, depuis la crise, ont ouvert leurs portes, mettant sur le marché nord-américain des professionnels reconnus au-delà des frontières provinciales.

«Grâce à une nouvelle technologie allemande, nous sommes en mesure de faire des interventions appropriées au cas par cas. Il n’y a pas que le verglas de 1998 qui ait causé des dégâts, la neige mouillée de l’année dernière a aussi causé des dommages et nous les traitons. Nous sommes prêts si une nouvelle crise devait arriver», termine Samuel Bertrand.

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Les arbres du grand verglas: ce qu’il en reste 10 ans plus tard

Les arbres du grand verglas: ce qu’il en reste 10 ans plus tard
Luc Dupont – Agence Science-Presse

1998: quelques jours après la fin du grand verglas qui recouvrit l’est de l’Ontario et une bonne partie du sud-ouest du Québec, Jacques Brisson, professeur-chercheur en écologie, s’est rendu en toute hâte constater les dégâts que la plus importante tempête verglaçante de l’histoire moderne du Québec avait laissés, entre les 5 et 9 janvier, sur son boisé… «Je fus à la fois horrifié et rassuré», explique-t-il dix ans plus tard, de son bureau de l’Institut de recherche en biologie végétale.

Rassuré de voir que «ses joyaux», un peuplement de pruches âgées de plus de 300 ans, avait tenu le coup; mais horrifié, en même temps, devant l’image profondément surréelle des milliers de branches cassées qui faisaient linceul sur toute la surface du sous-bois.

Le bilan en chiffres de l’immense chape de glace, qui atteignit en certains endroits 80 millimètres (3 pouces!) d’épaisseur, alourdissant parfois les arbres de quelque 25 fois leur propre poids, tomba quelques semaines plus tard: 17 700 km 2 (1,8 million d’hectares) de superficie des forêts affectées au Québec; 66 %, la portion du territoire boisé où les dommages avaient été considérés comme moyens (30 %) et graves (36 %); 30 000, le nombre de propriétaires dont les forêts avaient été touchées. L’inventaire complété, il restait à voir comment les arbres allaient répondre aux blessures subies; quels seraient les effets sur leur croissance, leur forme, leur résistance à la maladie et leur longévité.

Une forêt ancienne

Le Boisé-des-Muir, que Jacques Brisson avait si hâte de revoir, se trouve en Montérégie (Huntington) dans le fameux Triangle noir, cette portion du Québec durement affectée par le verglas et les pannes d’électricité. Ce site forestier constitue un cas unique au Québec: «C’est une forêt naturelle (11 hectares) comme il n’en existe plus aucune dans le sud de la province, jamais exploitée commercialement, ni perturbée d’aucune façon, une forêt restée intacte depuis la… Nouvelle-France!». Ses plus vieux arbres, des pruches qui dépassent les 300 ans, ont «quasiment» vu naître Montréal — faites le compte!

«À cause justement de son statut unique, cette forêt faisait l’objet d’études depuis de nombreuses années déjà, chacun de ces 2000 arbres ayant été fiché, paramétré, explique le chercheur. C’était une chance en or de pouvoir évaluer, avec grande précision, la survie et la santé des arbres, à la suite du verglas.»

Le taux de mortalité annuel moyen, toutes espèces d’arbre confondues, est passé de 0,8 % (avant la tempête verglaçante) à 1,2 %, sept ans plus tard. Selon les chercheurs, «cette augmentation de la mortalité (…) est très significativement corrélée aux dommages causés aux arbres par le verglas.» La mortalité varie cependant considérablement d’une espèce à l’autre. Caryers et tilleuls, deux espèces ayant pourtant subi de très lourds dommages, ne montrent qu’une hausse de mortalité très modeste. «À l’autre extrême, la mortalité est trois fois plus élevée chez l’ostryer et cinq fois plus élevée chez le hêtre». C’est que, «stimulés» par les blessures, les érables, frênes et caryers de moyenne grosseur ont été l’objet d’une véritable explosion de nouvelles branches, bénéficiant du «boost» lumineux créé par les ouvertures de la voûte. «Ce sont eux les grands gagnants de cet épisode», diagnostique Jacques Brisson. Selon les chercheurs, ce résultat confirme la justesse de la recommandation, que multipliaient à l’époque les ingénieurs forestiers, à savoir qu’il fallait laisser une chance aux arbres en ne précipitant pas leur coupe.

Remettre les forêts… debout!

«Effectivement, malgré la désolation visuelle qu’offraient les forêts, nous avions prôné la prudence et la patience, et je constate avec plaisir aujourd’hui toute la sagesse de notre attitude», ajoute le pathologiste forestier du ministère québécois des Ressources naturelles, Bruno Boulet qui, à la tête d’une équipe de crise, avait été chargé, à cette époque, de survoler en avion les forêts touchées, afin d’en évaluer les dommages.

Bruno Boulet s’est particulièrement concentré sur l’évolution des érablières — leur mortalité, leur rétablissement, leur régénération — qu’il a «accompagnées», tel un bon médecin de famille, pendant les huit premières années post-verglas. Comme Jacques Brisson, il a pu compter sur un outil qui conférait à son travail une précision inégalée: l’existence, à l’intérieur de 69 érablières de la région, de parcelles-témoins installées, aux fins d’études diverses, AVANT le verglas.

«On a remarqué qu’en général les érables endommagés étaient excessivement résilients, dit-il: par exemple, 41 % des érables ayant pu conserver aussi peu que 20 % de leurs cimes, avaient réussi à reprendre le dessus.» Plus le pourcentage de branches restantes augmentait, plus les arbres haussaient leurs chances de survie (à 40 % de branches restantes correspondit un rétablissement complet — 87 % — des arbres en question).

Les scientifiques ont aussi établi que la plus ou moins grande richesse du sol où est située l’érablière entrait en ligne compte dans la résilience des arbres. Les érablières ancrées en sol épais et mésique augmentaient la résistance de leurs sujets, contrairement à des forêts en montagne où le sol est généralement mince. «Des érablières entières, il s’en est perdu 10 à 15 % poursuit Bruno Boulet, et souvent ce fut dans des conditions de sol pauvre.»

Choc post-traumatique «végétal»

Dix ans plus tard, les impacts du verglas de 1998, sur les arbres, ne sont pas tous disparus, du moins selon Jacques Brisson. «Chez les vieux érables, la réparation semble plus difficile et encore très lente. De même, une mortalité légèrement accrue des hêtres s’est manifestée encore récemment (2004-2007), mais le phénomène pourrait cependant être dû à la maladie corticale du hêtre.»

Serait-il farfelu de parler d’une espèce de choc post-traumatique «végétal»? «Pas du tout, assure le chercheur. Un arbre qui cesse de vivre, ce n’est pas aussi clair que chez un animal dont l’absence de pulsations indique sans équivoque qu’il a cessé d’exister. Un arbre, ça meurt longtemps, ça meurt sans qu’on s’en rende compte, parce qu’il reste debout.»

Une chose est sûre: même si nos forêts semblent avoir bien traversé l’épreuve, l’accident climatique est d’ores et déjà inscrit dans les cernes du tronc de chaque sujet. «Un dendro-chronologiste qui «carottera» ces arbres dans 100 ans verra chez les uns un ralentissement de croissance, et chez les autres un développement intense. En comptant bien les cernes, il identifiera à coup sûr la période «problématique» de 1998. Une visite aux archives lui apprendra le reste…

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Le verglas: un désastre écologique à Montréal

Le verglas: un désastre écologique à Montréal
Odile Clerc – Agence Science-Presse

Près de 360 000 m3 de bois… un volume équivalent à 16 terrains de soccer sur 5 mètres de hauteur! C’est la quantité de bois, tombée au sol — de manière naturelle et après élagage — suite à la tempête de verglas de janvier 1998!

Paul-Émile Rocray, ingénieur forestier à la ville de Montréal et, à l’époque, responsable avec Denis Marcil de l’inventaire et des opérations, commente les chiffres du recensement: «Sur un total de 447 000 arbres à Montréal, 252 000 ont été gravement touchés, 14 000 ont été abattus, 150 000 ont été élagués, etc. Un carnage écologique!» Il faut préciser que les charges de poids qu’ont dû supporter les arbres en quelques jours ont été 40 fois supérieures à la normale. Pas étonnant alors que les arbres à large feuillage tels que les frênes, les érables argentés, les micocouliers et les féviers aient été le plus touchés. Les arbres à la silhouette plus longiligne, comme les chênes rouvre, les peupliers de Lombardie et les chicots du Canada — les champions de la résilience — ont mieux résisté. Comme le roseau, ils ont plié, mais n’ont pas rompu.

Autre facteur de fragilité, l’isolement. «Les arbres isolés, c’est-à-dire ceux des rues, ont beaucoup plus souffert que ceux des parties boisées. Cependant, à cause de son altitude même faible de 230 mètres, le Mont-Royal, plus froid, a été plus touché par la crise. Ce sont 79 % des arbres du Mont-Royal qui ont été endommagés, ajoute Paul-Émile Rocray. Le verglas s’y est maintenu beaucoup plus longtemps qu’en ville. Pourtant, les dégâts en ville étaient de taille, en particulier dans les quartiers du sud-ouest et de l’ouest de Montréal.»

Un bilan encore très lourd

Dix ans plus tard, le handicap des arbres touchés par la crise reste sérieux. «Les nouvelles branches qui ont poussé à partir de celles qui ont été tronçonnées ou naturellement sectionnées sont fragiles et sensibles aux maladies. De plus, les plaies des arbres ont favorisé le développement de champignons. Dans le parc du Mont-Royal, on assiste à un autre problème : une végétation intrusive et prolifique s’est développée dans les sous-bois des zones décimées. On y trouve des érables de Norvège, des anthrisques des bois, des framboisiers, toute une nouvelle végétation qui a tiré profit de l’apport de lumière causé par l’éclaircissement des cimes. Autre impact de la tempête, de nouvelles branches ont poussé à la verticale sur des arbres pliés, tous ces problèmes entraînant une moindre longévité», explique Paul-Émile Rocray.

Après les 8000 arbres plantés l’année suivant la crise, la ville de Montréal et ses 19 arrondissements continuent à se consacrer au reboisement de chaque quartier. «Malheureusement, les arbres handicapés par la tempête le seront à jamais. Le mieux à faire est d’assurer la relève!», conclut Paul-Émile Rocray. En espérant que le poids de la neige qui s’annonce cette année abondante, n’endommagera pas davantage les arbres déjà estropiés.

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Ce n’est pas à un vieil Innu qu’on apprendra la foresterie

Ce n’est pas à un vieil Innu qu’on apprendra la foresterie
Félix-Antoine Lorrain – Agence Science-Presse

Dossier Autochtone

Révolue est l’époque où les «conquistadors forestiers» exploitaient à leur guise les territoires habités par les autochtones du Canada. Des modèles novateurs de planification forestière incluent dorénavant le dialogue avec les Premières Nations afin que les coupes forestières ne saccagent pas leur territoire de chasse, de trappe et de pêche. Bref, leur milieu de vie.

Deux «forêts modèles» ont ainsi été proposées lors d’un colloque sur les partenariats entre Premières Nations et industriels forestiers, dans le cadre du Carrefour de la recherche forestière qui s’est tenu à Québec les 19 et 20 septembre derniers.

Un système dit de cogestion est actuellement expérimenté dans le Nitassinan du Labrador, terre ancestrale du peuple innu. En vertu d’une entente avec le gouvernement de Terre-Neuve et du Labrador, la nation innue a maintenant son mot à dire dans la façon dont sera exploitée une partie de la vaste forêt du Nitassinan. «On est un gouvernement réel, explique Valérie Courtois, planificatrice forestière pour la nation innue du Labrador. L’exploitation passera par nous ou ne se fera pas du tout».

Mais la particularité de la «forêt modèle» des Innus du Nitassinan ne s’arrête pas là. Plutôt que de recourir à une exploitation classique de ses ressources forestières, la nation innue préconise une méthode appelée écosystémique. Selon cette approche, l’arbre n’est qu’un élément parmi d’autres de l’écosystème forestier, au même titre que l’eau et la faune et même le carbone. Ainsi, dans la forêt modèle du Nitassinan, les contours forestiers des cours d’eau sont protégés puisque ce sont ces zones qui absorbent le plus de carbone.

Mais quel rôle vient donc jouer le carbone dans tout ça? «C’est une opportunité de créer une économie de conservation, explique l’ingénieure innue. On est en train de se préparer au marché des échanges financiers du carbone, prévu par le protocole de Kyoto». Dans le futur marché mondial du carbone, les Innus du Labrador espèrent que la vente de crédits de carbone emmagasiné dans des zones protégées rapportera plus que les profits engendrés par la coupe d’arbres. Comme quoi leur mode de vie traditionnel ne les empêche pas de tirer profit des mécanismes internationaux de lutte contre les changements climatiques!

Le modèle du Nitassinan est ce qui se rapproche le plus de la vision autochtone de relation entre l’homme et la terre, estime Stephen Wyatt, professeur de foresterie à l’Université de Moncton. L’approche écosystémique préconisée par les Innus du Labrador parvient à gérer l’activité humaine sans bouleverser la nature. Or, elle n’est applicable que parce que les ressources forestières de la région ne «sont pas encore engagées», explique le professeur. Impossible donc de le reproduire partout. Au Québec par exemple, presque toute la forêt publique est déjà attribuée à des industriels forestiers détenteurs de contrats d’approvisionnement et de d’aménagement forestier (CAAF).

Martin Pelletier est l’instigateur de la forêt modèle ndoho istchee, littéralement «territoire de chasse», un projet de planification forestière expérimenté chez les Cris du Québec. L’idée derrière ce modèle est simple: impliquer les autochtones au tout début du processus de planification forestière afin que l’aménagement final respecte leur utilisation du territoire. «Traditionnellement, les compagnies forestières arrivaient avec leur plan déjà tout monté et les Cris se mettaient automatiquement en mode défensif. Chacun cachait son jeu, comme s’il jouait à Battleship», explique l’ingénieur forestier, qui cherche à concilier la science occidentale et les savoirs traditionnels cris.

La petite équipe de chercheurs de M. Pelletier a passé plusieurs mois en compagnie de trois familles cries. Une fois la confiance établie, ils ont conjointement élaboré des cartes très détaillées sur lesquelles étaient inscrits plusieurs sites d’intérêts pour les Cris, comme les frayères et les passages de caribous. Les cartes ont ensuite été remises aux compagnies forestières, qui ont alors pu planifier leurs coupes en profitant des informations utiles qu’elles contenaient mais aussi et surtout, en respectant les besoins des familles autochtones habitant le territoire.

«Ce dont on est fier, c’est que les Cris se sont ensuite approprié cet outil et l’ont répliqué pour l’ensemble des zones de trappes, exprime M. Pelletier. On ose croire qu’on a eu une influence dans la vraie vie». Mais l’ingénieur ne souhaite pas s’en tenir à cette victoire et a déjà fait parvenir les résultats du projet ndoho ischtee à quelque 150 communautés autochtones. «On ose penser que notre approche peut être reproduite à travers le Canada».

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Nommer les arbres

Nommer les arbres
Agence Science-Presse

Une passion commence toujours par un mystère. Le mien se dresse devant ma fenêtre depuis bientôt huit ans. Il est parmi ses frères, une fratrie qui pourtant ne lui ressemble guère : ormes d’Amérique, frênes noirs et noyers cendrés. Longtemps, je suis restée perplexe. Est-ce un orme rouge ? Un peuplier à grandes dents ?

Le mystère est aujourd’hui levé grâce au libre de Michel Lebœuf, Arbres et plantes forestières du Québec et des Maritimes publié aux Éditions Michel Quintin. Mon bel inconnu est un érable à feuilles composées, connu aussi sous le nom d’érable à Giguère ou Manitoba maple.

Comme l’explique Michel Leboeuf, cet arbre du centre et de l’est de l’Amérique du Nord a été introduit dans les zones urbaines du Québec. Sa feuille, bien différente de la feuille d’érable que l’on connaît, se compose de 3 à 9 folioles à grosses dents irrégulières.

L’auteur de ce nouveau guide d’identification des arbres possède la passion de l’écriture et celle de vulgariser le monde naturel. Doté d’une maîtrise en biologie de l’UQAM, l’ex-rédacteur en chef de la revue Québec Oiseaux rédige désormais des histoires, des articles de vulgarisation scientifique et des livres, dont Découvrir les oiseaux du Québec et des Maritimes, paru chez le même éditeur.

Histoire de forêts

À tant regarder les oiseaux, l’auteur s’est intéressé aux arbres. « Chaque forêt possède sa propre personnalité. Cette dynamique engendre une mosaïque forestière complexe, fascinante. » Son nouveau champ d’étude est vaste puisque les forêts couvrent près de la moitié du territoire québécois et 75% de celui des Maritimes.

En première partie de son ouvrage, Michel Leboeuf se penche sur l’écologie des forêts et procède à une introduction à la taxonomie des végétaux. Le corps de l’ouvrage présente 200 espèces d’arbres et plantes forestières, des grands arbres aux mousses, sphaignes et autres lichens. La dernière partie réunit un glossaire, une clé d’identification des arbres selon les saisons, des illustrations des ports des conifères et des feuillus, des photos de troncs, et bien d’autres références.

Évidemment, ce n’est pas le premier auteur à s’hasarder dans le sous-bois des guides forestiers. La référence en la matière reste
Les arbres du Canada de John Laid Farrar qui propose la description de 300 espèces, indigènes ou introduites. À côté de cet incontournable figure aussi le plus modeste Arbres, arbustes, arbrisseaux du Québec de Jean Smith et Louis Parro. Publié il y a 25 ans, il présente 122 genres, espèces et formes d’arbres.

Ce nouveau guide destiné à l’amateur botaniste a le mérite de se glisser dans une poche, d’être facile à manipuler, clair et bien illustré. Un bon compagnon de randonnées en forêt.

Arbres et plantes forestières du Québec et des Maritimes par Michel Lebœuf, Collection Guides Nature Quintin, 2007.

http://www.editionsmichelquintin.ca/index2.php?requete=livre&livre_id=479

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Le plus vieil arbre de la planète

Le plus vieil arbre de la planète(Agence Science-Presse)

En réalité, il est fossilisé. Agé de 385 millions d’années, c’est le plus vieil arbre que la science connaisse! Son histoire a commencé, en 1870, aux États-Unis lorsque des souches fossilisées, connues sous le nom d’Eospermatopteris, ont été découvertes à Gilboa, dans l’État de New York. D’elles, on a longtemps su qu’une seule chose: elles représentaient les parties souterraines des premières forêts qui s’élevaient sur Terre il y a 350 à 390 millions d’années. Mais à quoi pouvaient bien ressembler les parties aériennes de ces arbres? Mystère et boule de gomme… Ce suspense vient enfin de se conclure grâce à l’étude de l’équipe de William Stein publiée dans la revue Nature. Dans ce même État de New York, des paléontologues américains ont mis la main sur deux autres fossiles (un morceau de tronc, et la partie supérieure d’un arbre) qui permettent de reconstituer l’arbre complet. Alors à quoi ressemble-t-il cet arbre? En fait, pas tellement à ceux que l’on connaît aujourd’hui, mais plutôt à une sorte de grande fougère de plus 10 mètres croisée à un palmier!

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Les forêts : calculatrices du budget du carbone canadien

Les forêts : calculatrices du budget du carbone canadien

Agence Science-Presse, Amélie Daoust-Boisvert

Hank Margolis n’a rien d’un scientifique vedette. Discrètement, depuis cinq ans, ce chercheur a dirigé, à partir de l’Université Laval, le réseau de surveillance du cycle du carbone terrestre canadien, Fluxnet-Canada. Ce projet récemment disparu ouvre aujourd’hui la voie au nouveau réseau d’envergure, le Programme canadien du carbone (PCC). Telle une succession forestière, le PCC se nourrira de l’humus riche en découvertes de son prédécesseur pour pousser en avant l’expérience scientifique. Il a été lancé le 9 mars dernier, à Ottawa, lors du colloque annuel du réseau national Fluxnet-Canada.

Avec les innombrables perturbations liées aux changements climatiques, il était urgent de construire, il y a quelques années, un réseau pour mieux comprendre le rôle des forêts et des tourbières canadiennes dans l’absorption et l’émission de CO2. L’approche développée par Fluxnet consistait à mesurer les échanges, les flux de carbone entre l’atmosphère et les forêts grâce aux tours météorologiques. Celles-ci sont munies de plusieurs appareils qui enregistrent des données sur les échanges de carbone, d’eau et d’énergie. Ensuite, des données climatiques, fournies par le Service météorologique du Canada, permettaient d’extrapoler et de cartographier les résultats obtenus vers des modèles d’échange aux niveaux régional et national.

Avec le PCC, les chercheurs combineront les modèles de flux de carbone aux mesures des concentrations de gaz à effet de serre (GES) relevées par le Service météorologique du Canada. " On pourrait, par exemple, mesurer les concentrations des GES à Alert, à l’extrême nord de la Colombie-Britannique et celles à Montréal, quelques jours plus tard. S’il y a une augmentation des concentrations des GES dans l’air s’étant déplacé jusqu’à Montréal, nous savons qu’il existe une source de GES quelque part entre les deux ", explique Hank Margolis. " La mesure des distributions des concentrations atmosphériques de ces gaz, combinées aux distributions des vents, permet d’inférer le bilan atmosphérique ", résume René Laprise, directeur du Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale (ESCER) et co-auteur du 4e Rapport d’évaluation du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Un nouveau réseau global

Le mouvement de modélisation des flux de carbone, d’eau et d’énergie terrestre est mondial. " Ça existait depuis quelques années en Europe et aux États-Unis ", rappelle Hank Margolis. " Nous avons profité de l’expérience acquise ailleurs dans le monde pour bâtir le meilleur réseau au monde et nous avons réussi ! " La revue scientifique Agricultural and Forest Meteorology consacrait son numéro de décembre dernier aux résultats obtenus par Fluxnet.

Fluxnet a obtenu les mesures parmi les plus exhaustives au monde, avec les meilleurs instruments disponibles ", confirme Yves Prairie, professeur à l’UQAM et spécialiste du cycle du carbone. Comme il le souligne, le budget du carbone canadien reste incertain, malgré les efforts déployés ces dernières années. " Il faudrait mesurer les flux en continu pendant 19 ans pour déterminer avec certitude les puits et les sources ", explique-t-il. Une initiative qui n’a jamais été entreprise sur toute la planète.

De plus, le rôle des lacs commence à peine à être considéré dans les calculs, les réseaux se consacrant à l’étude du cycle du carbone étant, pour des raisons méthodologiques, traditionnellement éloignés des plans d’eau. " On croyait que de laisser les lacs de côté ne changerait pas trop le bilan, comme ils ne couvrent que 2 ou 3 % du territoire, contre souvent plus de 50 % pour les écosystèmes forestiers ", explique Yves Prairie. Une étude récente du limnologiste et de ses collaborateurs internationaux, sous presse dans la revue Ecosytems, contredit cette croyance et confirme que les lacs et les rivières ont un rôle géochimique planétaire. Un bilan se chiffrant à plus d’une gigatonne de CO2 par année.

Comme chercheurs, nous pouvons fournir aux décideurs des informations scientifiques qui expliquent quels sont les impacts potentiels des changements climatiques sur la productivité des forêts et sur leur potentiel d’utilisation pour stocker nos émissions de carbone ", fait observer M. Margolis. Pour arriver à un réseau capable d’évaluer ces impacts, Fluxnet a réuni 14 millions de dollars de subventions et plus de 45 chercheurs et 80 étudiants, provenant de 15 universités et de 9 laboratoires gouvernementaux. Les différentes équipes se partagent les équipements météorologiques installés sur des tours dans 20 écosystèmes forestiers et 7 tourbières à travers le Canada. La Fondation canadienne de l’atmosphère a accordé au volet universitaire 4 millions de dollars pour poursuivre sous le nom de Programme canadien du carbone.

Comme les courants atmosphériques, les projets du groupe de recherche du PCC ne connaissent pas de frontières. Une équipe italo-allemande s’affaire actuellement à réunir les résultats des Canadiens et ceux des chercheurs européens, américains, chinois, japonais et africains pour dresser un portrait planétaire du cycle du carbone. " Parce que le climat change, c’est essentiel de maintenir un réseau qui prend des données en continu sur de longues périodes " avance M. Margolis.

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Une forêt contre le tsunami

Une forêt contre le tsunami
écrit par Patrick Alleyn, Vol 15-2, Décembre 2006

tsunami

«Nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés.» Des villageois pauvres du sud de l’Inde racontent comment un projet de conservation de la nature les a sauvés du tsunami et sortis de l’extrême pauvreté.

Tamil Nadu, Inde — Nous traversons en chaloupe l’immense forêt marécageuse de Pichavaram, dans le sud de l’Inde. On s’y faufile à travers des canaux, guidés par Nagamuthu, un jeune membre de la tribu Irula. Pichavaram est une mangrove, c’est-à-dire une forêt d’arbres poussant dans l’eau salée et la boue, au bord d’un océan tropical. Dressés, tels des araignées, sur leurs dizaines de racines crochues leur servant de tronc, ils valsent au gré de la houle, réduisant ainsi jusqu’à 90% de l’énergie des vagues. Dans les régions tropicales soumises aux cyclones et ouragans, la nature a heureusement créé cet efficace système de défense des rives.

«Le jour du tsunami, les habitants des villages de Pichavaram ont aperçu trois vagues gigantesques au-dessus de la mangrove, raconte Nagamuthu. Ils ont eu le temps de s’enfuir, car les arbres ont ralenti la violence des vagues. La marée géante a emporté les bateaux, mais sans détruire les maisons. «Un village voisin, situé à la même distance de la mer, mais non protégé par la forêt, a, lui, été dévasté», fait remarquer le pêcheur qui dirige notre barque.

Le tsunami du 26 décembre 2004 a été l’une des pires catastrophes naturelles de l’histoire. L’immense raz-de-marée, provoqué par un tremblement de terre dans l’océan, a fait 280 000 morts dans plusieurs pays d’Asie. «Mais à Pichavaram, nous avons protégé la forêt et elle nous a protégés», conclut Nagamuthu, non sans fierté. Et non sans raison.

patrick alleyn

Gardiens de la forêt
Nagamuthu coordonne depuis 1996 un vaste projet de sauvetage des arbres de la mangrove de Pichavaram. Il était à peine âgé de 17 ans quand des biologistes marins de la Fondation Swaminathan, un organisme scientifique indien, ont débarqué dans son village à la recherche d’un meneur. Ils voulaient mobiliser les villageois pour enrayer la dégradation de la forêt après les coupes «sélectives» d’arbres, autorisées par le gouvernement dans les années 1970.

«Nagamuthu était le seul habitant du village sachant lire et écrire. Nous voulions transformer les habitants pauvres de la région en gardiens de la forêt, en leur démontrant que son reboisement allait améliorer leurs revenus», expose Selvam, le directeur de ce projet à la Fondation Swaminathan.

«Les gens ici sont très pauvres. Pour combler leurs besoins de base, ils coupaient les arbres ou faisaient brouter sans contrôle leurs animaux autour de la mangrove, des pratiques néfastes pour son écosystème», poursuit Selvam. Avec un financement de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et du Centre de recherche en développement international (CRDI), deux organismes du gouvernement canadien, les scientifiques indiens ont démarré le chantier environnemental à Pichavaram.

Les villageois ont planté des arbres et, pour les alimenter d’eau fraîche, creusé des canaux. «Des pans entiers de la mangrove ont repris vie. Sous les arbres, les crevettes, les crabes et les poissons se sont multipliés. La pêche est devenue abondante», se rappelle le père de Nagamuthu.

patrick alleyn

Pour protéger l’environnement, les scientifiques croyaient qu’il fallait d’abord combattre la pauvreté dans ces villages isolés. Ainsi, les villageois cesseraient les activités nuisibles pour la forêt, mais aussi se mobiliseraient contre tout projet du gouvernement ou de riches investisseurs pouvant la menacer.

La Fondation a donc construit une école. «On s’est aussi battu devant les tribunaux pour faire reconnaître aux membres de la tribu Irula leurs droits comme population indigène discriminée en Inde. Ainsi, des places devaient leur être réservées dans les collèges», rapporte le biologiste.

Et le jeune Nagamuthu d’enchaîner: «Aujourd’hui, les gens de mon village conseillent le ministère des Forêts, et nous avons reçu le mandat de patrouiller la mangrove pour dénoncer toute coupe illégale.»

Le modèle de Pichavaram — gestion de l’environnement par les communautés pauvres elles-mêmes — a ensuite été reproduit pour la protection d’autres mangroves en Inde. C’est aussi un modèle promu de plus en plus dans le monde, en particulier par les Nations unies, pour protéger les écosystèmes en péril — forêts, rivières, terres agricoles… Car, les pauvres sont toujours les premières victimes de la destruction de l’environnement.

patrick alleyn

«Quand j’étais enfant, les hommes du village ne portaient que des caleçons qu’ils achetaient usagés au marché!», se souvient Nagamuthu. À 8 ans, je devais conduire les chèvres au champ. Je voyais les enfants d’autres villages se rendre à l’école. De moi-même, j’ai décidé de m’y inscrire. Mais, à 13 ans, j’ai dû retourner dans la mangrove pour pêcher. Sans filet ni bateau, j’étais expert pour attraper les crabes à mains nues!» rigole-t-il. Nagamuthu poursuit maintenant des études par correspondance en sociologie.

Destruction d’une protection naturelle
L’impact du tsunami de 2004 aurait été bien moindre si les humains n’avaient pas détruit les mangroves, estiment les spécialistes du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En effet, plus du tiers de ces écosystèmes côtiers a disparu depuis 20 ans, pour céder la place à des hôtels, des routes ou des bassins d’élevage de crevettes. Souvent dans ces «fermes» à crevettes, les riches investisseurs abandonnent les installations après quelques années à peine, une fois la terre contaminée. Jetés au chômage, les habitants pauvres se retrouvent sans aucune ressource dans un champ de boue et de sel.

Le soir tombe. Nagamuthu nous presse de rentrer, car les filets des petits pêcheurs se dresseront bientôt sur le parcours de notre barque. «Le tsunami a créé auprès des gouvernements un intérêt nouveau pour les mangroves, constate le scientifique Selvam. Mais, je crains que cet intérêt ne s’estompe à mesure que le tsunami s’effacera des mémoires.»

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/de-la-guerre-a-la-rue/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/traumatismes-de-guerre/

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