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Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution
écrit par Raymond Viger, Vol 13.4 , Mai 2005

Le débat sur la légalisation de la prostitution est faussé. Il n’existe pas une forme de prostitution mais plusieurs formes de prostitution.

Une personne prostituée à 4 000$ pour un week-end qui couche avec des politiciens à Québec, à Ottawa ou avec de grosses vedettes internationales ne vit pas dans le même contexte qu’une autre à 20$ pour une pipe, qui est toxicomane, avec des champignons dans la bouche et atteinte du Sida.

Certaines personnes se positionnent en faveur de la légalisation de la prostitution, sous prétexte de vouloir venir en aide aux personnes qui font de la prostitution de rue, assurer leur sécurité… Mais qu’adviendra-t-il de ces personnes lorsque nous aurons légalisé toutes les formes de prostitution?

Les dangers d’une légalisation sans encadrement

De la «viande fraîche»

En autorisant l’ouverture de bordel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie du sexe, pour utiliser leur langage, vont vouloir engager de la «viande fraîche» pour satisfaire leurs clients. Par «viande fraîche» on pense à des personnes de 18 à 23 ans en santé. Pour la majorité des personnes se prostituant dans la rue, l’entrée dans ces bordels leur sera refusée et elles devront continuer à exercer dans la rue. Dans les faits, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans!

Pire, après un certain nombre d’années, lorsque les premières personnes ayant travaillé dans ces bordels commenceront à vieillir, les entrepreneurs qui veulent bien traiter leurs clients vont remplacer leurs personnels par des plus jeunes. Il y aura donc encore plus de personnes exerçant la prostitution dans les rues. Ceci se vérifie par les expériences des pays ayant légalisé la prostitution depuis une dizaine d’années et qui se retrouvent avec 3 à 10 fois plus de prostituées de rue qu’avant la légalisation (Australie, Pays-Bas, Allemagne…).

Les clients indésirables

Mais si un client peut aller en toute légalité dans un bordel pour engager une personne jeune et attrayante, pourquoi utiliserait-il les services d’une personne exerçant dans la rue? Parce qu’il est violent et qu’il se ferait sortir des bordels? Parce qu’il veut exiger de faire des choses qui devraient être refusées dans le bordel comme avoir une relation sans condoms? Ou encore parce qu’il veut payer moins cher? Pour toutes ces raisons et pour plusieurs autres, les personnes exerçant la prostitution de rue seront encore plus dans le trouble après la légalisation. Le nombre de mauvais clients rencontrés sur la rue sera encore plus grand et il sera encore plus risqué d’être une personne prostituée.

Citoyens et commerçants

Et que dire de nos honorables citoyens! Puisque la prostitution est maintenant légalisée, l’intolérance de ceux-ci aura monté d’un cran. «Puisque c’est légal et qu’il existe des bordels, je ne veux plus te voir traîner dans les rues de mon quartier ou devant les vitrines de mon commerce». Comment vont réagir ces citoyens quand ils vont s’apercevoir que non seulement la légalisation n’a pas diminué le nombre de personnes devant leur honorable résidence, mais qu’en plus, il y en a maintenant 3 fois plus! L’intolérance ne fera que grimper.

Bordels en région

En légalisant, le gouvernement fédéral ne doit pas s’en laver les mains en disant que ça sera du ressort des villes de gérer le tout?

Pourquoi les groupes criminalisés sont si forts en région? Parce que les petites municipalités avec un seul policier n’ont pas les moyens d’avoir le contrôle sur ces puissants groupes. Quand le policier en question est connu de tous, que tout le monde sait où il demeure et que tout le monde connaît sa famille au complet et à quelle heure sa petite fille sort de l’école, pensez-vous qu’il sera assez fou pour tenir tête aux groupes criminalisés? C’est un policier qui fait de son mieux, pas une personne suicidaire. Cela n’est pas sans rappeler encore une fois les pays ayant déjà fait l’expérimentation de la légalisation, qui avouent avoir perdu le contrôle. De plus, ils deviennent incapables de gérer ce nouvel engouement pour le sport sexuel.

Tous les paliers de gouvernements devront s’impliquer dans une approche multidisciplinaire. Pas question de laisser les municipalités se démerder seules dans une industrie qui est déjà internationale et qui a de gros moyens financiers pour brouiller les cartes.

L’industrie du tourisme

Un bel exemple que j’ai vécu personnellement. L’état du Nevada permet aux municipalités de légaliser la prostitution. Las Végas, malgré ses innombrables Casinos et ses spectacles grandioses, se refusent de légaliser la prostitution. La ville voisine a légalisé la prostitution. C’est pourquoi nous voyons sur certains coins de rue de Las Végas des dizaines de Mexicains qui tendent des annonces pour inciter l’achat de services sexuels dans la ville voisine. La ville de Las Végas est allée en cour pour tenter d’empêcher ces Mexicains de venir faire de la sollicitation dans les rues de Las Végas. Pour le bénéfice de la libre entreprise et de la liberté d’expression, la ville de Las Végas a perdu contre les Mexicains.

Ceux qui font le rabattage de clients sont majoritairement des garçons. Mais ce qui m’a déchiré le cœur, a été de voir une fille mexicaine d’environ 12 ans, faire du rabattage. Les questions que je me pose encore: le faisait-elle pour sa sœur ou sa mère? Va-t-elle se prostituer et à quel âge risque-t-elle de commencer?

Ce qui s’est passé à Las Végas risque de nous arriver. Montréal avec ces grands festivals et ces grands rassemblements ne tolérera pas de prostitution sur son territoire. Les entrepreneurs de bordels vont s’établir à Terrebonne ou à Bois-des-Filions. Ça va être bon pour l’industrie du taxi. Les gens viennent de partout pour un festival ensuite le taxi pour les bordels en banlieue. Parce que la prostitution, ce n’est pas bon pour l’industrie du tourisme. Ce n’est pas bon pour l’image d’un grand centre urbain. Quand on voit de nouveaux logements sociaux des auberges du cœur passer criminellement au feu dans le sud-ouest de Montréal, quand des gens font pressions pour empêcher des organismes communautaires comme Cactus de se relocaliser dans le Centre-ville de Montréal, les principes de «pas dans ma cour» vont continuer à se faire prévaloir.

Pénurie de main-d’œuvre

Les bordels vont se multiplier en région et les nouveaux entrepreneurs vont y faire la pluie et le beau temps. À un point où il ne serait pas surprenant qu’il manque de main-d’œuvre. Un peu comme il s’est passé quand on a légalisé les danses à 10$. On a manqué de filles pour aller travailler dans les isoloirs. Va-t-on créer un programme pour permettre à des danseuses exotiques étrangères de venir travailler au Canada? Devrons-nous réouvrir ce programme et l’élargir aux artistes de la prostitution? N’est-ce pas ce programme où des fonctionnaires et des intervenants du milieu mentionnent qu’il a profité aux groupes criminalisés? Plusieurs de ces danseuses ont disparu. Le gouvernement américain affirmait en 2003 que le Canada est une plaque tournante pour le trafic des femmes et des enfants.

Conditions essentielles

Si nous sommes sérieux dans notre volonté de légaliser la prostitution, il y a des préalables essentiels. La prostitution concerne des êtres humains qui doivent être considérés dans leur globalité. Ceci nous oblige à prévoir une approche multidisciplinaire.

Il faut faire de la prévention en ce qui concerne les jeunes de la rue et ceux placés par la DPJ. Ils sont des victimes vulnérables. La réforme de la DPJ devra tenir compte de cette vulnérabilité. Il faut aussi faire de la prévention et de la sensibilisation dans les écoles et les différents milieux de vie des jeunes.

Pour s’assurer que la prostitution est bel et bien un choix, et non pas un manque de choix face à la pauvreté ou à d’autres difficultés, il faut s’assurer d’offrir un soutien et un encadrement aux personnes concernées.

Il faut prévoir une aide accrue aux organismes d’intervention auprès des personnes prostituées de rue. Nous ne pouvons pas penser légaliser le marché du sexe sans aussi donner les services d’aide et de soutien aux personnes dans le besoin qui seront exclues et marginalisées. Si une municipalité veut ouvrir un bordel, les services aux personnes se prostituant doivent être présents avant son ouverture.

Il faut prévoir des mécanismes de contrôle et de sécurité avant la légalisation. Nous avons laissé à eux-mêmes des groupes criminalisés pendant des décennies. Ils sont devenus des forces redoutables, organisées, structurées et très bien financées. Reprendre le contrôle après coup est très coûteux, sinon impossible. La prostitution, ne se limite pas aux limites géographiques d’une ville, mais fait partie d’un réseau international, qui nécessitera une coordination des différents corps policiers qui devront apprendre à travailler efficacement ensemble. Cela nécessitera de généreux budgets aux différents corps policiers.

Il faudra donc s’assurer qu’il y ait une prise en charge complète par le gouvernement de ces bordels, à tous les niveaux: sécurité, administration, gestion, encadrement, surveillance, finance… Il n’y a pas d’entre-deux possibles pour éviter que la situation ne dérape et qu’il y ait abus.

Il ne faut pas s’imaginer que les revenus de taxes et d’impôt sur la prostitution permettront de compenser les investissements que nous aurons à faire pour légaliser la prostitution. Les pays qui ont déjà légalisé, ont perdu le contrôle et se sont retrouvés avec plus d’effets pervers que de problèmes résolus. Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour nous impliquer adéquatement, nous en aurons encore moins après.

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.

Lettre ouverte à Jean-François Lisée de L’actualité

Maria Mourani et Mario Dumont chez les Francs-tireurs Richard Martineau et Patrick Lagacé

Trois prostituées nous parlent

Effets pervers de la légalisation de la prostitution

Doit-on légaliser la prostitution?

Certaines formes de prostitution sont plus légales que d’autres

Les lendemains de la prostitution

Les premiers pas vers la prostitution

Au secours! On a légalisé la prostitution

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

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La piscine creusée et le casino

Gambling et jeu compulsif

La piscine creusée et le casino

Par Joyce, Numéro 14.3, Février-Mars 2006.

Dossier Gamblers AnonymesGambling et jeu compulsif

Joyce (nom fictif), 21 ans, raconte l’histoire «mystérieuse» de sa famille: le père, homme d’affaires, entraîneur de soccer, emmenait chaque dimanche les enfants chez les grands-parents. Elle avait 13 ans quand il est devenu absent, puis a liquidé la maison de 200 000$ pour aller vivre dans un 1 et 1/2. Elle ne comprend pas encore comment il a pu se rendre «là» en jouant au Casino de Montréal.

Un père joueur compulsif

Notre père était toujours actif avec nous. Il nous emmenait au taekwondo; il était mon coach de soccer. Tous les dimanches, on allait chez nos grands-parents. Nous vivions dans une maison de 15 pièces valant 200 000. Nous avions une grosse piscine creusée. Il y avait des parties, toujours de la visite.

À 13 ans, ma sœur et moi, on a cessé nos activités. Notre père n’était jamais à la maison. On soupait avec ma mère. Il n’était pas là. Elle regardait seule la télévision quand je revenais du cinéma. Le dimanche, il ne venait plus chez les grands-parents. On y allait sans lui…

La déchéance d’un joueur compulsif

Il a perdu la maison. On est allé vivre en appartement. Ma mère l’a quitté. Depuis des années, mon grand-père plaçait des bons d’épargne pour nos études. Notre père les a même pris! Il a dû quitter son 1 et 1/2 pour aboutir chez ses parent pendant deux ans. Ma sœur, plus âgée que moi, m’a plus tard révélé qu’il jouait au casino.

Au casino avec la cousine

Avec ma cousine, je suis allée deux fois au casino. Elle aussi aime jouer. C’est beau de l’extérieur: les machines, le bruit, le monde, les lumières. Moi, j’ai pas envie de jouer. Pas à cause des problèmes de mon père. C’était son problème à lui.

Honnêtement, je ne sais pas comment on peut se rendre jusque là. Je ne suis pas comme lui. Ma cousine a gagné 150$. Moi, je serais partie avec l’argent. Elle, elle a tout rejoué, en y ajoutant 50$. À la fin, elle a gagné 100$… Ça doit être dans la famille, c’est certain.

Gamblers Anonymes

Mon père s’est repris en main. Il a une nouvelle blonde. On se voit le dimanche, chez mes grands-parents. Il va aux Gamblers anonymes. Quand on dit qu’on va au casino, il pogne les nerfs. J’emmène 20$, puis je m’en vais. Il me dit: «Tu fais attention, tu sais ce que j’en pense…» Mais il ne parle jamais de lui-même.

Ma première expérience au casino de Montréal m’a déçue. Je pensais que c’était glamour, que le monde y allait en veston-cravate, buvait du champagne. Mais le monde était en coton ouaté. J’y étais allée en robe; on me regardait de travers. Une dame jouait sur trois machines en même temps. J’en ai vu une gagner 1000$. Sans sourire, elle a mis ça dans sa sacoche et a continué de miser.

Les abus de Loto-Québec

Le gouvernement doit sûrement se rendre compte du problème. Loto-Québec a l’air de s’en foutre. Ma cousine paraît n’avoir que 15 ans et, pourtant, jamais les portiers n’exigent ses cartes d’identité. Loto-Québec fait de plus en plus de publicité. Il y a aussi les spectacles du casino: ils ne devraient pas mélanger les choses. Et là, le Cirque du Soleil veut s’y associer! Les spectacles attirent les gens et les y gardent plus longtemps. Ils font de la vente sous pression. Tu es assis, ils passent des breuvages gratuits. Il y a des primes pour te fidéliser…

Le casino agit comme les compagnies de cartes de crédit. Elles te poussent constamment à t’endetter. J’avais une carte de crédit avec une limite de 500$. Sans me demander la permission, la compagnie de crédit me l’a augmentée à 1500$. J’ai formulé une plainte. S’ils me donnent plus de crédit, je dépense tout…

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

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Le sexe banalisé?

Hypersexualisation Le sexe banalisé?

Dominic Desmarais Vol 14.1 Octobre

Dossier Sexualité, Hypersexualisation, Britney Spears

Le sexe récréatif, les concours de fellations, les gangbangs; des jeunes expérimentent leur sexualité dénuée de tous sens. À qui la faute?

C’était au milieu des années 1990. Le SIDA terrorisait la population. Campagnes de sensibilisation par ci, publicités par là, le mot était donné: la fin justifiait les moyens pour résoudre ce fléau. Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les vedettes, tout était mis en place pour renseigner les gens sur les méfaits de cette maladie.

Sexualité des jeunes

Avec le recul, certains se demandent si cette campagne n’aurait pas créé un monstre. C’est du moins l’avis de Jocelyne Robert, sexologue, qui traite de ce problème dans son livre Le sexe en mal d’amour. «L’ampleur de la menace et l’obligation de se doter d’une protection efficace interdisaient que l’on s’embarrasse de pudeur… Pour obtenir des résultats palpables, on n’y allait plus par 4 chemins dans les approches préventives. Au diable les habituelles précautions liées à l’âge ou à la maturité des intéressés. Un chat s’appelait un chat, une sodomie une sodomie, une fellation une fellation. Toute cette crudité délibérée a engendré un nouveau discours sexuel: omniprésent, obsédant, froid…»

En ne parlant que de sexe, pour atteindre l’objectif louable de limiter l’étendue du sida, la société aurait mis ces images dans l’inconscient de tous. En parler ouvertement, abondamment, aurait-il eu un effet néfaste? Celui de nous faire penser au sexe continuellement?

Le sexe est partout

«Les jeunes apprennent ce qu’on leur montre. Et ce qu’on leur montre, c’est que le sexe est partout. Le sexe est très fort. Pour vendre un char, tu as une pitoune», se scandalise Franziska Baltzer, de la clinique pour adolescents de l’Hôpital de Montréal pour enfants. «Et on se demande comment ça les jeunes ont appris le sexe comme moyen de communication», dit-elle, les yeux vers le ciel.

Hypersexualisation

Les ados suivent le courant, celui d’une société où la différence entre les générations s’amenuise, gracieuseté de cette sexualité rassembleuse. «On ne sait plus c’est quoi, les générations. Les enfants, qui devraient être des enfants, sans sexe, sont déjà mis dans du linge sexy, déjà stigmatisés comme êtres sexuels», raconte le Dr Baltzer qui se dit surprise de voir ses jeunes patients les poils pubiens rasés. «Ils enlèvent les signes physiques de maturité pour ressembler plus à des enfants. C’est véhiculé par des adultes. Qui les emmènent se faire enlever les poils pubiens? Qui ne veut pas l’expliquer à sa fille?»

Mme Baltzer a constaté cette épilation généralisée il y a 3 à 5 ans. «Ils disent que c’est pas beau, pas propre, pas hygiénique. Ils ont appris ça je ne sais où.» Le mythe de l’éternelle jeunesse est tenace. L’image fait foi de tout.

Message sexuel: Musique Plus et les Spices Girls

Jocelyn Deguise, réalisateur-pigiste, a commencé son apprentissage à Musique Plus en 1989. Il y est demeuré 6 ans. Suffisamment pour sentir l’évolution de cette chaîne. Il a remarqué ce glissement vers le message sexuel. «Je pense que l’explosion, c’est les Spice Girls. Tu vendais pas juste une séduction, tu vendais l’image: tu vends pour que les filles les imitent. Tu ne fais plus rêver au prince charmant, tu dis regarde la princesse, c’est à ça qu’elle ressemble, c’est ça qu’il faut que tu sois. Comme ça, c’est toi qui vas choisir ton prince charmant. Grâce au girl power.»

Britney Spears et le sexe

«Ça commence toujours à partir de rien. Britney Spears, c’est cute, la fille se dit elle a 2 ans de plus que moi et elle chante, je m’associe à elle. Sauf que Britney a changé. Elle a vieilli… À l’époque, il n’y avait pas vraiment d’implication sexuelle dans les vidéos. Encore moins venant d’un groupe qui s’adressait aux ados. Aujourd’hui, on regarde ce qui se fait de controversé pour faire encore plus controversé. C’est un marketing orchestré pour mieux vendre.»

Le baiser de Madonna et Britney Spears

Un marketing centré sur le sexe. Le sein de Janet Jackson au Super Bowl de 2004, le baiser entre Madonna et Britney Spears dans un gala à heure de grande écoute, la bande-vidéo des ébats sexuels de Paris Hilton. Aujourd’hui, un élément rassemble toute la société: le sexe.

Du sexe pour tous

«T’as trouvé quelque chose qui va t’amener toutes les générations. Tout le monde, peu importe le sexe. Tant que ça va faire de l’argent, ça ne changera pas. Sauf si les jeunes réalisent qu’ils se font avoir, ils vont boycotter. Les ados n’ont pas cette maturité pour comprendre ça. Mais beaucoup d’adultes ne l’ont pas non plus», désespère Franziska Baltzer qui craint d’assister à une société divisée en deux extrêmes. Un bout de chemin en ce sens a été fait. «L’anorexie est extrêmement présente, de plus en plus jeune; de l’autre, l’obésité est de plus en plus grande. Même chose pour la religion. Athée ou fondamentaliste. Il va y avoir un clivage poussant les 2 aux extrêmes.» Le sexe, omniprésent, rassemble et divise. Nous en sommes là. Une sexualité qui s’expose partout et pour tout.

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Dominic Desmarais Octobre-Novembre Numéro 14.1

Des tenues suggestives ne laissant place à aucune imagination, des jeux sexuels de plus en plus précoces. Les jeunes d’aujourd’hui baignent dans le sexe. L’uniforme est-il la solution pour contrer l’hypersexualisation des jeunes?

Pour nous parler de l’hypersexualisation des jeunes, nous avons rencontré Paul Trottier. Fin trentaine, il est habillé d’un jean décontracté. Ses patins à roues alignées, abandonnés sur le bord du mur, cadrent mal avec l’image d’un vice-président de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Ancien attaché politique de Gilles Duceppe et Réal Ménard, l’homme au visage de chérubin tient à distinguer string et vêtements provocants du port de l’uniforme.

«L’uniforme, on en parle depuis longtemps. L’école publique est en compétition avec l’école privée. Le privé, c’est la discipline, le contrôle. C’est un des aspects que recherchent les parents. Les défenseurs des écoles publiques cherchent des solutions. Ce qui explique pourquoi le port de l’uniforme revient à chaque rentrée scolaire.» La décision d’imposer ou non l’uniforme aux élèves ne changerait rien. «Dans toutes les époques, les jeunes, autant les gars que les filles, ont adopté une tenue vestimentaire de leur temps. Ça ne me menace pas, l’apprentissage de la sexualité des jeunes», confie le commissaire.

Vêtements sexy et osés

Philippe (nom fictif), ne partage pas son point de vue. Enseignant depuis 4 ans à la 6ème année, il éprouve des difficultés à donner ses cours devant de jeunes nymphes tentatrices. L’encadrement vestimentaire, il y voit. «C’est à nous les profs de dire non. Les jeunes savent, ils s’essaient. Moi, je leur dis tout le temps, ça passe jamais. Une fois que tu l’as dit, les autres le savent, donc ils ne s’habilleront pas comme ça.» Philippe n’a rien de vieux jeu. Début trentaine, ce peintre à ses heures s’explique mal comment ces jeunes filles ont pu quitter le nid familial habillées de la sorte. «C’est surtout les parents. T’envoies pas tes enfants comme ça. Je comprends pas», s’exclame-t-il, encore ahuri.

Contrer l’hypersexualisation?

Un argument en faveur de l’uniforme? M. Trottier préfère plutôt privilégier l’éducation que la restriction. «Surtout chez les petites filles. Les filles, même très jeunes, ont tendance à adopter un style vestimentaire plus vieux. Elles veulent adopter leurs modèles. Ce qui n’est pas mauvais. Sauf que le message envoyé, c’est que la fille a un épanouissement sexuel qu’elle n’a pas», constate Paul Trottier, également diplômé en sexologie. «Quand tu demandes à la petite fille pourquoi elle s’habille de la sorte, elle ne sait pas. Elle veut juste être comme ses modèles.»

Britney Spears, Christina Aguilera et Playboy

Les Britney Spears et Christina Aguilera ont de l’influence. Même le lapin Playboy a la cote auprès des jeunes consommatrices qui trimballent ce symbole à connotation sexuelle. «Comme adulte, il faut avoir un regard bienveillant. C’est notre responsabilité de voir la différence entre ces petites habillées comme Britney Spears et les filles de 17 ans», rappelle le vice-président de la Commission scolaire de Montréal.

De nouvelles pratiques sexuelles

Plus visible, la tenue vestimentaire des jeunes filles alimente les débats. Mais l’hypersexualisation ne se limite pas à un string et un gilet-bédaine. Les jeunes s’adonnent à de nouvelles pratiques sexuelles. Le Dr Franziska Baltzer, directrice de la clinique pour adolescents de l’Hôpital de Montréal pour enfants, vient de découvrir de nouveaux comportements à risque. «Ce n’est plus juste dans le vagin. C’est aussi dans la bouche, dans les yeux.»

En 20 ans de pratique, Le Dr Baltzer a vu son premier cas de chlamydia dans un œil cette année. Elle dit maintenant vérifier les amygdalites, que pourrait causer une gonhorrée, ainsi que la bouche, qui pourrait être infestée de condylomes. Elle se garde bien d’être alarmiste. «Pour moi, l’âge n’a pas changé. La pratique a changé. On me dit nous, ce qu’on pratique, c’est du sexe récréatif. Comme aller voir une vue, aller prendre une bière. Pas d’engagement, c’est moins de responsabilités que d’avoir un petit ami», dit-elle avec un léger accent anglophone.

Selon la directrice de la clinique pour adolescents, ce sexe récréatif se serait développé sur une période de 3 – 4 ans. «Je sais pas pourquoi ça vient… Comme des modes, ça peut partir vite. Les bracelets du sexe, ç’a duré 2 ans, mais c’est fini», fait-elle remarquer en ajoutant que cette pratique ne s’embarrasse pas de préjugés. «C’est dans tous les milieux. C’est ce que je vois. Autant les familles aisées que pauvres, peu importe leur origine.»

Maladies transmises sexuellement

Résultat, le nombre de cas de MTS a augmenté, vue la pratique de fellations sans condoms. Les Canadiens s’inspireront-ils des campagnes conservatrices de leurs voisins du sud? Le Dr Baltzer ne le souhaite pas. «La campagne Say no to sex, aux États-Unis, c’est fort. Très fort. Un grand nombre reste chaste avant le mariage. Mais ils vont quand même avoir des relations. Mal informés, ils sont plus à risque. Ils font ça avec beaucoup plus de culpabilité, ne vont pas s’informer sur les moyens de contraception, sur les maladies. Le taux de MTS, c’est chez les jeunes du Say no to sex qu’il est le plus élevé aux États-Unis.»

Parmi les MTS les plus courantes, Mme Baltzer cite les suivantes: «C’est la grossesse que tu pognes le plus facilement. Ensuite la chlamydia, les condylomes et l’herpès.» Paul Trottier n’est pas dupe. Il comprend les conséquences de cette sexualité sans émotions. «Moi aussi je le vois, les jeunes qui banalisent la sexualité. La jeune fille qui fait une fellation se dit qu’il n’y a pas de conséquences parce qu’il ne s’agit pas d’un acte sexuel.»

Sexe et jeune

Parler sexe aux jeunes alors? Philippe, l’enseignant en 6ème année, apporte un bémol. Après une rencontre avec une sexologue venue préparer le corps professoral de l’école, il comprend l’ampleur des dégâts. «On aborde juste la sexualité. On met toujours l’emphase sur les condoms, les MTS, mais jamais sur les sentiments, la manipulation, les relations amoureuses. Si je suis en 6ème année et qu’on me parle de condoms, je vais me demander comment le mettre, je vais penser condom… Si on me parle de relations amoureuses, je vais penser relations. Faut aussi leur parler d’amour», conclut-il.

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La mort d’un gambler

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Dossier Gamblers AnonymesGambling et jeu compulsif

Il ne me reste que deux semaines à vivre. Je suis membre Gamblers Anonymes depuis presque deux ans. J’ai aimé et j’aime encore jouer. Le jeu a détruit ma vie. Est-ce que je retourne jouer pour profiter de mes dernières semaines?

Robert B. Ste-Eustache, un ami, m’a posé cette question. Pour me faire réfléchir un peu. Pour me préparer à cette éventualité. Pour connaître l’état de mon cheminement et de mon rétablissement. Il me regardait droit dans les yeux. J’avais l’impression de faire face à mon médecin. Il me demande de m’imaginer que je viens d’apprendre qu’il ne me reste que deux semaines à vivre. Est-ce que je retourne jouer?

La question m’a bouleversé. En arrêtant de jouer, j’ai récupéré le pouvoir de ma vie. J’ai récupéré un équilibre dans toutes les sphères de ma vie. J’ai un nouveau mode de vie, je suis plus près de ma famille, j’ai des amis sur qui compter… J’ai atteint une sérénité et une harmonie, résultat de ce geste que j’ai posé il y a deux ans de prendre les moyens pour arrêter de jouer. Je vis une journée à la fois. Comme si c’était ma dernière journée à vivre. Je prends le temps d’exprimer à tous et chacun ce qui se passe en moi. Autant mes joies que mes peines.

Pour mes dernières semaines, pourquoi je ne continuerais pas comme j’ai déjà commencé? Et si le médecin se trompait et que finalement il me restait 6 ou 12 mois à vivre? Pourquoi je ne profiterais pas de ces derniers instants pour serrer mes enfants dans mes bras, dire à ma conjointe que je l’aime, prendre un dernier repas avec mes amis?

J’ai le goût que mes proches se souviennent de moi dans la sérénité de ces derniers instants de relation, de joie et de bonheur. Pas comme celui qui a perdu sa vie dans une machine à sous. Même si la question m’a ébranlé, je suis maintenant convaincu que retourner jouer n’est pas une solution envisageable pour moi.

Merci à cet ami qui m’a fait réfléchir pendant quelques instants. Face à ma souffrance et mes difficultés, j’ai tendance à m’isoler et à me cacher. Face à ce verdict final, si je veux éviter de perdre le contrôle, je dois me préparer. Aviser mes proches de m’aider à briser mon isolement. Leur dire que je veux rester près d’eux même dans les derniers instants. Un peu comme on prépare sa retraite, on peut se préparer à vivre ses derniers jours. Parce que la vie, c’est comme un bon café: c’est bon jusqu’à la dernière goutte.

Textes sur Gambling et jeu compulsif:

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

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Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide

Jeux de cartes entre amis

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Pleins feux sur le taxage et l’intimidation

Pleins feux sur le taxage et l’intimidation

Par Philippe Patenaude  Dossier Taxage et intimidation

Carleton- Lorsqu’on parle des jeunes, on parle de décrochage et non de réussites. La Maison des jeunes de Carleton a compris que frapper sur le bobo n’est pas la meilleure méthode pour faire fleurir l’ardeur adolescente. Elle a décidé d’exploiter la vidéo pour éclairer leurs talents et leurs envies. Cette année, deux projets ont vu le jour. D’abord, Action! Contre l’intimidation, un vidéo de sensibilisation à l’intimidation, adressé aux jeunes du primaire dont certains ont participé à sa réalisation. L’autre projet, Studio libre, offre à la fois un accès gratuit à du matériel de production vidéo et un encadrement pour la réalisation de courtes vidéos.

Vidéo et taxage

De prime abord, la vidéo est très populaire auprès des jeunes ayant un intérêt marqué pour les films et les vidéo-clips. Ils s’identifient aux acteurs et s’émerveillent devant la beauté du résultat. Figurant dans Action! Contre l’intimidation, Nicolas Barriault précise: «J’ai décidé de m’impliquer, car j’adore les films. J’ai l’intention de participer à nouveau et de détenir un rôle principal.»

La Maison des jeunes de Carleton offre la possibilité de porter à l’écran le talent de chacun des participants. «Ce qui est intéressant, avec la vidéo, c’est qu’elle permet de rejoindre différents intérêts des jeunes», mentionne Sébastien Dubois, chargé de projet de Studio libre. Car, même si bien des jeunes rêvent d’être acteurs, d’autres sont davantage portés à développer leur côté artistique dans la conception de décors ou de costumes, ou encore dans la réalisation, le montage et le maniement d’une caméra.

Taxage et jeune

Grâce aux projets de film, «les jeunes peuvent prendre la parole et mettre en valeur leurs côtés positifs. La réalisation d’un film fait vivre des réussites», explique Sébastien Dubois. Conçu à la fois par des adolescents de la Maison des jeunes et par les jeunes du primaire de l’école Bourg, la vidéo de sensibilisation Action! Contre l’intimidation a été une belle expérience pour plusieurs jeunes, qui ont donné des exemples de cette réalité. Jacqueline Bouchard, chargée de projet de cet outil de sensibilisation, raconte: «Avant sa participation aux décors, une de nos jeunes adolescentes avait le réflexe de parler constamment de ses problèmes. Maintenant, lorsqu’elle vient à la Maison des jeunes, elle dessine et se concentre davantage sur ce qu’elle aime.»

D’autres, en se voyant à l’écran, ont pu se faire leur propre image d’eux-mêmes, et non simplement à travers les commentaires désobligeants des autres. Ou encore, une des actrices de la vidéo, de nature plutôt timide, a personnifié le rôle de l’intimidatrice. Cette expérience lui a permis de découvrir la sensation d’être leader d’une gang. La vidéo devient alors un moyen de défoulement, qui ne blesse personne, car on joue.

La caméra est à la disposition des jeunes. Sébastien Dubois les accompagnera dans les différentes étapes de la réalisation. Il désire organiser deux à trois soirées par année pour diffuser les vidéos des jeunes.

Action! Contre l’intimidation sera présenté dans les écoles primaires et servira de point de départ pour discuter de la problématique de l’intimidation. Il sera en vente à la maison des jeunes.

Autre texte sur le Taxage et l’intimidation

Intimidation, cyberintimidation, taxage et agressions

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Maxime Collard, Isabelle Marchand et l’intimidation à l’école

Taxage et intimidation chez les jeunes

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Les garçons et l’école

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois. Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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Anne Panasuk transforme la société

Anne Panasuk, une journaliste qui provoque des changements sociaux

Anne Panasuk transforme la société

Par Raymond Viger vol14. No.5   Dossier Gambling et jeu compulsif;

L’émission Enjeux, de Radio-Canada, pilotée par Anne Panasuk, nous offrait, en 2005, un premier documentaire sur la triste réalité de la présence abusive de Loto-Québec à Shefferville. Un an plus tard, Mme Panasuk retourne à Shefferville pour constater que Loto-Québec n’a apporté aucun des changements promis.

Je me retrouve devant la grande entrée de Radio-Canada. Anne Panasuk me rejoint, toute souriante et désarmante de simplicité. Pour l’occasion, elle a réservé une banquette, dans la «section des riches», à la cafétéria de Radio-Canada, pour y être plus tranquilles. Mme Panasuk est une femme ouverte et chaleureuse. Il est facile d’être en relation avec elle.

Il a été très plaisant de rencontrer cette grande dame sensible aux valeurs humaines et sociales. On la sent épanouie dans son travail, heureuse de l’équipe qui l’entoure et soutenue par ses patrons. Des conditions essentielles pour de bons reportages.

Les débuts en journalisme d’Anne Panasuk

Son histoire commence à la Basse Côte-Nord.«Je travaillais avec les Montagnais à titre d’anthropologue (étude de l’espèce humaine, des cultures des différentes collectivités, institutions, structures familiales, croyances, etc.). J’avais à retracer les preuves d’utilisation du territoire, qui serviront aux négociations entre les Montagnais et le gouvernement. J’y ai passé plus de 5 années, à tisser des liens privilégiés avec les Innus. J’ai aussi milité pour la ligue des droits de l’homme.

Radio-Canada

En 1982, Radio-Canada ouvre une station de télévision et de radio à Sept-îles. Bien que sans formation journalistique, sa connaissance du milieu la favorise pour l’obtention d’un poste.

«Toute une entrée! La première nouvelle que j’ai eue à préparer a été la fermeture de la ville de Shefferville!» nous raconte-elle, encore sous l’effet du choc. L’expérience qu’elle acquiert à Sept-Îles lui permettra de se tailler une place dans les grands reportages pour les émissions Zone libre et Enjeux.

Loto-Québec et les appareils de loteries vidéo de Shefferville

Anne se remémore les événements qui ont précédé ses reportages sur les appareils de loterie-vidéo de Loto-Québec. «Il était prévu qu’un reportage soit fait sur la crise suicidaire qui sévit à Shefferville. Un sujet pas très vendeur. Ça fait 10 ans qu’on parle des difficultés des autochtones. Qu’est-ce qu’on pourrait dire de plus ou de nouveau? J’ai tenté de faire le bilan de la crise suicidaire à travers les portraits complices d’une travailleuse blanche et d’une travailleuse sociale Innue», raconte-t-elle, insatisfaite du résultat.

Les yeux d’Anne s’illuminent. «C’est le sens de l’humour des Montagnais. Malgré la crise, un rire qui dédramatise, une façon de se moquer de soi-même. Je n’ai pas réussi à le montrer à l’écran», nous raconte-t-elle encore sous le charme de ce peuple.

Programme de retrait des appareils de loteries vidéos

De retour à Montréal, intriguée par ce qu’elle a vu, Anne appelle Loto-Québec pour se renseigner sur les machines installées à Shefferville. «Un communiqué de Loto-Québec mentionne qu’il y a un programme de retrait de ces machines pour les communautés pauvres. En apprenant qu’il y en a plus que la moyenne nationale, j’en conclus que Loto-Québec va les retirer. Loto-Québec est catégorique. «Non.» Le programme de retrait vise les bars qui ont de 1 à 4 machines. À Shefferville, chacun des deux bars en a cinq!» résume-t-elle, dépassée par l’aberration de la situation. Elle rencontre son patron, Jean Pelletier, qui crie au scandale. «On fait un reportage là-dessus, on y retourne», lui a-t-il dit en gesticulant.

Loto-Québec, muet comme une carpe

Anne commence son enquête. «Loto-Québec ne m’a fourni aucune aide, aucune information, même en passant par la loi d’accès à l’information. J’ai dû appeler chaque établissement un par un, dans plusieurs régions, vérifier le nombre de machines…»

«Les appareils ne sont pas accessibles dans les communautés autochtones. On les retrouve dans les villages avoisinants. Juste à traverser la rue, et le conseil de bande n’a plus de juridiction. Il est impuissant face aux réglementations des blancs.»

Les revenus de Loto-Québec à Shefferville

«Les deux propriétaires des bars de Shefferville voient le mal que les machines occasionnent. Mais avec des revenus de 4 millions par année, leur procurant près d’un million de ristourne, difficile de dire «non merci.» Quant aux employés de ces bars, ils ne reçoivent pas de pourboire pour échanger tous les tickets qui sortent de ces machines ni un salaire décent pour gérer la colère de ceux qui perdent leur revenu mensuel», nous décrit-elle, découragée de la situation.

Loto-Québec est-il responsable?

«La fondation Mise sur toi et la Régie régionale de la santé sont catégoriques: les communautés autochtones sont de juridiction fédérale. Il n’y a rien faire. Au fédéral, il n’y a aucun programme pour le jeu compulsif, fait remarquer Anne, incrédule. On se lance les dés d’une juridiction à l’autre. Des autochtones, de juridiction fédérale, perdent des millions dans des machines de juridiction provinciale. Les profits s’en vont aux deux propriétaires de bars et rien ne revient à la communauté pour contrer les effets pervers du jeu».

Les jeunes sont écœurés du jeu compulsif

«Pendant ce temps, le bingo retentit à la radio communautaire six soirs par semaine. Le bingo peut même se faire en quatre langues, ce qui augmente le temps de jeu. Même si on perd beaucoup moins d’argent avec le bingo qu’avec les machines, ce sont les jeunes qui souffrent de ne pas avoir de relations avec leurs parents, prisonniers de ce bingo tous les soirs», a-t-elle remarqué. «Les jeunes sont écoeurés de perdre leurs parents dans les salles de bingo ou devant les machines. Ils veulent les ranger et les serrer au loin».

Jeu compulsif: la communauté se prend en main

«Suite au premier reportage, l’Institut culturel éducatif Montagnais (ICEM) est consterné par ce qui se passe à Shefferville. Il embauche un intervenant et fait réouvrir la maison des jeunes. Celui-ci organise des activités pour les jeunes, répare et réouvre l’aréna. Le directeur de l’école ouvre un club des petits déjeuners. Ni Loto-Québec, ni la Fondation Mise sur toi, ni la Régie régionale de la santé n’ont participé à cet effort pour soutenir les jeunes. Seule la communauté Innue s’est impliquée. Une mobilisation pour réparer les pots cassés par les autres».

L’aide de Loto-Québec, un festival d’humour

«Le directeur général de Loto-Québec, Alain Cousineau, a promis, en conférence de presse, de l’aide pour plusieurs endroits, notamment Shefferville. Mes nombreux appels pour connaître les détails de cette aide demeurent sans réponse. Je venais d’arriver à Shefferville pour préparer mon deuxième reportage, lorsque la fondation Mise sur toi a appelé». Elle me décrit cette scène avec le sourire, presque jouissif, d’un enfant qui vient de prendre quelqu’un en défaut. «La fondation Mise sur toi veut sensibiliser les propriétaires de bar et leurs employés à reconnaître les signes d’un joueur compulsif et comment le référer à une ressource appropriée. Seul hic: il n’y a pas de ressources. De plus, les ressources dans les autres villes doivent être capables de recevoir des gens qui parlent Montagnais ou encore Naskai! Il n’y a même pas un intervenant sur place! Heureusement que les Montagnais ont le sens de l’humour».

«Les deux propriétaires connaissent tout le monde. Ils savent déjà qui a un problème de jeu», affirme-t-elle, découragée. Cette sensibilisation a eu lieu le 27 avril 2006, plus d’une année après le premier reportage d’Anne Panasuk et son équipe.

Loto-Québec veut-il détruire notre société?

«Malgré mes deux reportages, je ne pense pas que Loto-Québec veuille détruire sciemment la société. La société d’État ne réfléchit pas. Elle ne fait que répondre à un mandat du ministère des Finances et agit en conséquence. Il faut poser plus de questions à nos élus. Le jeu représente 4 milliards de revenus par an. C’est 3 centres hospitaliers universitaires par année!» décrit-elle, insultée par la situation.

Retrait des machines de Loto-Québec

«De retour à Montréal, après mon 2e reportage, un cadre de Loto-Québec, M. Vincent Trudel, me contacte pour m’aviser de la décision de Loto-Québec de retirer 2 des 10 machines de Shefferville et diminuer les heures de disponibilité des machines restantes. Cet événement démontre que Loto-Québec peut faire des changements. Pour y arriver, faut-il leur tordre un bras et les acculer au pied du mur?»

Quelques semaines après l’entrevue, Mme Panasuk apprenait que l’un des propriétaires de bar a sorti les machines de Loto-Québec et va fermer son bar. Le conseil de bande a voté une résolution en ce sens.

Félicitations à Mme Anne Panasuk

Je profite de cette occasion pour féliciter Mme Anne Panasuk et son équipe pour la réalisation de ces deux reportages. Les gains obtenus à Shefferville auront été ardus. Ils ont été réalisés grâce à la ténacité, la persévérance et à la qualité du travail journalistique de Mme Panasuk. Son sens de l’observation l’a menée à remettre en question le nombre de machines de Loto-Québec à Shefferville. Cette sensibilité fait d’elle une excellente journaliste. Un journalisme qui fait changer les choses et la société.

Le Journal de la Rue dénonce Loto-Québec depuis 1994. Nous sommes heureux de voir que d’autres médias prennent la relève et questionnent cette société d’État.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif;

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Faire parti de Gamblers Anonymes à 75 ans

Gambling et jeu compulsif

Faire parti de Gamblers Anonymes à 75 ans

Dossier Gamblers anonymesGambling et jeu compulsif

J’ai toujours fait de l’argent. J’ai bien vécu. J’avais ma maison, ma grosse bagnole et tout ce que je voulais. Pendant toutes ces années, j’ai joué. Je gagnais de gros salaires, ce qui me permettais de bien vivre quand même et de profiter de la vie. J’ai joué pour ne pas me sentir seul. Pour avoir du monde autour de moi.

Retraite et jeu compulsif

Un jour, la retraite arrive. C’est là que je me suis rendu compte qu’au lieu de prendre des REER, au lieu d’économiser pour mes vieux jours, j’ai laissé des tonnes d’argent dans les machines de Loto-Québec. Si vous saviez…

Toute une vie de travail à faire de l’argent pour en arriver là. Tant que je travaillais, mes gros salaires me permettaient de jouer. Mais à la retraite, je me suis rendu compte que j’avais un problème, un gros problème. Je n’ai pu arrêter de jouer. J’ai perdu ma maison. Je me retrouve maintenant dans une maison de chambre. C’est triste, Beaucoup plus triste que les quelques mots que je réussis à vous transmettre.

Jeu compulsif et Gamblers Anonymes

À 75 ans, je n’ai pas eu d’autres choix que de joindre Gamblers Anonymes. J’ai juste un conseil à donner aux jeunes de moins de 75 ans. Pensez à la journée où vous allez avoir, comme moi, les cheveux tout blancs. Si j’avais pu connaître Gamblers Anonymes avant, je n’en serais pas rendu là. J’y ai laissé ma chemise, ma spiritualité, tout ce que j’avais.

Aujourd’hui, ma famille, c’est Gamblers Anonymes. Je fais plusieurs meetings chaque semaine pour rencontrer mes nouveaux amis et partager avec eux. Une superstition veut que le chiffre 7 soit chanceux. C’était avant que Loto-Québec ne s’en empare. Pourquoi attendre à 75 ans pour faire un bon choix?

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

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Les lendemains de la prostitution

Les lendemains de la prostitution

Dossier Prostitution et Sexualité

Christine Burtin-Lauthe. vol 14 no 6, août 2006.

Arrêter la prostitution par soi-même, sans aide et sans accompagnement, c’est ce que Coralie a fait il y a plus de 10 ans. Salariée le jour et prostituée la nuit, ce qu’elle acceptait de faire pour avoir plus d’argent lui apparaît maintenant bien dérisoire, au regard de ce qu’elle devait endurer pour quelques dollars de plus. Enfin en paix avec elle-même, elle parle de la rupture et de «l’après» qu’elle doit vivre.

Prostitution, sujet tabou

Il y a peu encore, Coralie ne voulait pas parler de cette période de sa vie. «En parler, ça me faisait revivre des émotions, des souvenirs que je n’étais pas capable d’assumer. Je me disais qu’il avait fallu que je sois bien nounoune pour faire tout ça! De raconter, ça me donnait un coup au moral. Pour un bon moment. Mais d’un autre côté, en parler avec des gens compréhensif, ça m’a permis d’analyser et, de prendre un peu de recul. Du temps a passé et aujourd’hui, je me sens plus forte, plus confiante.»

Ses débuts dans la prostitution

Sans travail, seule à Montréal, Coralie a commencé à se prostituer pour subvenir à ses besoins, et parce qu’une amie le lui a proposé. En même temps, elle continuait à se chercher du travail. «Je disais que je faisais n’importe quoi: caissière, réceptionniste, 2 à 3 jours par semaine, mais je ne voulais pas devoir répondre à ceux qui me demandaient ce que je faisais dans la vie: je suis prostituée! Je voulais pouvoir leur répondre: j’ai un travail.» Être Coralie le jour avec travail, appartement, animaux et pas de consommation de drogue et Stéphanie la nuit avec beaucoup d’argent, la drogue, le stress, les bars et la rue, est devenu trop difficile à vivre. «Il fallait que je choisisse entre ces deux mondes et que je choisisse le bon! Lorsque j’étais Stéphanie, j’avais beaucoup d’argent et je dépensais beaucoup. Une paire de lunettes à 300$, c’est pas un problème, puisqu’il te suffit de faire des clients pour te les payer. Je me sentais jolie, attirante, admirée, et ça me valorisait. D’un autre côté, la vie normale de Coralie, avec une certaine valorisation dans le travail, c’est ce que je recherchais. Alors, quand j’ai comparé entre les avantages et les inconvénients de chacun, j’ai bien compris que, dans la prostitution, il n’y avait que l’argent. La valorisation, oublie ça. Y’en a pas! T’es juste un bout de viande!»

Fin de la prostitution

Contrairement à d’autres, Coralie arrête tout. Elle ne conserve pas de clients. Elle change de quartier, coupe les liens avec ses amies, rompt avec son chum, et prend un emploi à plein temps. Petit salaire, juste ce qu’il faut pour se payer les besoins de base. C’est le dur retour à la réalité et à la vie de monsieur et de madame Tout le Monde. Pas d’aide d’associations; pas de thérapie à 40$ la séance (qu’elle aurait payée comment, d’ailleurs?). Juste une amie qui va lui donner des conseils pour gérer son budget. «C’est ce qui a été le plus dur. J’ai mis un an à y arriver. Dans la prostitution, je faisais de l’argent en fonction de ce dont j’avais besoin. Là, je devais vivre avec ce que j’avais. Fini le luxe et le gaspillage. J’ai dû apprendre à compter, à me restreindre. Je me suis rééduquée, et ça n’a pas été facile. Mais, j’y suis arrivée et je suis devenue une experte de la consommation gratuite ou à rabais. Je suis pas mal bonne dans le domaine!»

Aucune aide pour sortir de la prostitution

Coralie s’en est sortie toute seule. Sa patience et sa persévérance lui ont permis de s’insérer dans la société. Combien d’autres ont eu besoin d’aide sans en trouver? «Quand j’ai cherché de l’aide, je n’en ai pas trouvé. Je me suis débrouillée par moi-même. Je me suis renseignée. Je sais aujourd’hui qu’il n’y en a pas beaucoup plus. Si tu enlèves une fille de la rue pour l’y remettre pas longtemps après, c’est pas la peine! Des lieux d’accueil pour prostituées, où elles pourraient trouver des réponses à leurs besoins de base, y’en a pas! Des formations pour qu’elles travaillent à autre chose que le salaire minimum, où sont-elles? La volonté pour faire de la prévention ou de l’insertion, j’en vois pas!»

Même si Coralie regrette parfois les gros revenus et le luxe obtenu, elle assure qu’elle préfère sa vie d’aujourd’hui avec toutes ses difficultés, mais aussi ses petits bonheurs.

VOS COMMENTAIRES SUR LES LENDEMAINS DE LA PROSTITUTION.

Dossier Prostitution et Sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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