Enfant-soldat, enfant de la rue

 Enfant-soldat, enfant de la rue 20-06-2006

Dominic Desmarais, Enfants-soldats, International

 

Salut Raymond,

J’espère que Rose se porte mieux. J’ai pensé à elle hier. Déjà 5 jours à l’hôpital! En espérant qu’elle retrouve rapidement la santé. Dis à Lyne que je souhaite que tout aille pour le mieux. Je sais à quel point elle aime ses enfants.

Je ne pourrai aller chez Western Union que demain pour ramasser d’autre argent. Je ne pourrai me procurer le cellulaire que demain ou le jour d’après. Tout dépend de ma nuit, que je vais passer avec mon enfant soldat, qui vit dans la rue. J’aurai la possibilité de prendre les photos que je veux, qu’il m’a dit. Il était le boss quand il était enfant soldat, il est le boss quand il est dans la rue!

Son histoire est complète, c’est fou! Il a fait de la prison il y a un an, pour avoir poignardé un gars qui l’avait offensé. Il a fait un mois et demi de prison. C’est là qu’il a décidé de changer de vie (il vivait comme un criminel). Ses amis connaissent son histoire et l’acceptent. Pour la réconciliation, pour qu’il ne redevienne pas un criminel. C’est une histoire comme on les aime: difficile, poignante, mais avec une lueur d’espoir. Je vais aller jouer au foot (soccer) avec leur gang bientôt. Ça aussi, ça ferait de belles photos. Montrer qu’à la Sierra Leone, ce n’est pas juste un pays qui a été en guerre. Que les gens sont quand même heureux, que les jeunes s’amusent.

J’avais l’impression d’avoir un départ lent, ça m’a stressé un peu. Mais au fond, quand je regarde ça, je me dis que ce n’est pas si mal. Je suis arrivé à la fin de la semaine passée. Je ne pouvais guère rencontrer de gens le week-end. Cependant, j’ai beaucoup parlé, à gauche et à droite. Je suis sorti avec Christophe, le coopérant de Cause Canada. Un vrai chic type. Pour mon enfant soldat, avoir été un journaliste conventionnel, je serais passé à côté. Du coup, j’accepte que ma façon, la façon Journal de la Rue – Reflet de Société, ait des différences et certains désavantages.

C’est certain que sentir, essayer de vivre, prend plus de temps. Je n’ai donc pas encore rencontré mes contacts. J’ai déjà de nombreux numéros de téléphones, des gens qui travaillent avec les enfants soldats. Ça va venir bien assez vite. Une fois que je les aurai rencontrés, je pourrai alors faire mon itinéraire et découvrir leurs projets hors de Freetown, la capitale. En ce sens, ça a du bon, d’avoir un peu plus de temps. Ça permet d’essayer de suivre des pistes qui finissent dans un cul-de-sac. Sauf que, travailler pour un gros média, ce n’est pas rentable, agir de la sorte.

J’aimerais également, très bientôt, parler des sujets que je veux développer, mon itinéraire. Bref, vous raconter mes démarches pour que vous puissiez voir comment j’avance!

Alors, comme tu vois, j’ai décidé de laisser de côté le stress et me faire confiance. Le problème, c’est que je n’ai pas envie de nuire au magazine, au Journal, côté finance. Comme c’est un aspect que je connais moins, je stresse plus facilement. Mais à stresser — ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé!!! —, je ne vais que compliquer les choses. Parce qu’au fond je n’ai aucun doute que tout va super bien se dérouler. Alors, je vais faire du sapré bon boulot!

Je te reviens sous peu, pour te dire comment ça s’est passé, ma nuit avec les jeunes de la rue.

Autres textes sur les enfants-soldats:

Enfants-soldats; Reflet de Société à la Sierra Leone

Enfant soldat et Cause: de la guerre à la rue

Enfants soldats: les anges de la guerre

Les enfants de la rue en Amérique Centrale

Traumatismes de guerre

Chaudrons et AK-47 à 13 ans

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