De Limoilou à Montréal, en passant par la Californie:Trackmaster, du break dance à l’état pur

De Limoilou à Montréal, en passant par la Californie:Trackmaster, du break dance à l’état pur

Par Martin Ouellet

Calendrier 2011 du spectacle aHÉROSol

 

break-dance

Trackmaster, alias Carl Godin, est un jeune champion de breakdance au parcours assez inusité. Né à Limoilou, il y est demeuré jusqu’à l’âge de sept ans. Il a vécu la fin de son enfance à Beauport, puis a passé cinq ans en Californie, à Oakland, Alameda County. C’est là qu’il est devenu bilingue et a découvert la culture hip-hop en écoutant l’animateur Fab Five Freddy à Yo-MTV. En 1991, avec sa mère, il a déménagé à Saint-Hilaire, et présentement, il vit en appartement à Montréal! Du chemin, il en a fait durant ces années, et pas seulement en kilomètres…Trackmaster a remporté de nombreux concours de breakdance, il a souvent passé à la télévision (à l’émission de Julie Snyder, entre autres), dans des pubs (Bell mobilité), des téléséries (2 frères) et des vidéoclips. Présentement, son occupation principale est d’enseigner sa passion à de jeunes b-boys *et b-girls* en herbe dans les écoles primaires et secondaires et dans les studios de danse. Il compte pas moins de 60 élèves réguliers.

Ce n’est pas tout: Carl est aussi le seul représentant de la culture hip-hop, à titre de danseur, à faire partie de l’Union des Artistes (UDA)… Son secret: se surpasser, garder une attitude positive, ne refuser aucun défi et surtout, persévérer. Le Journal de la Rue a voulu en découvrir un peu plus en s’entretenant avec lui :

Comment as-tu été initié au breakdance?

Trackmaster: J’ai découvert la culture hip-hop en Californie, quand j’y ai vécu (de 1987 à 1991), par la mode vestimentaire et la musique. Sauf que dans ces années-là, le breakdance était «out of style», (démodé), aux U.S.A. En fait, les b-boys allaient presque tous danser en Europe. C’est plutôt à Montréal, en 1996, dans un party rave que j’ai découvert le breakdance de mes propres yeux. J’ai vu performer Tactical Crew et j’ai eu un choc incroyable! Je redécouvrais le old school* à travers une nouvelle génération de danseurs et j’ai immédiatement su que je voulais m’entraîner pour devenir membre de cette équipe. Je suis passé par plusieurs groupes (Rockwell Crew à Beloeil, QC Rock Crew à Québec, etc.) et j’ai fini par atteindre mon objectif: percer dans Tactical Crew.

Qu’est-ce que le breakdance a changé à ta vie?

Trackmaster: Le breakdance m’a fait évoluer, m’a permis de créer des liens solides avec d’autres personnes, de développer ma créativité et m’a empêché de sombrer dans la délinquance, comme d’autres jeunes qui n’ont pas de passion pour s’accrocher.

J’ai toujours aimé le «beat»(rythme). Si je n’avais pas pratiqué le breakdance, j’aurais sûrement fait une autre sorte de danse. Mais la danse, ce n’est pas que physique, pour moi, c’est une discipline et une philosophie, un peu comme les arts martiaux. Sans t’enfler la tête, en restant fidèle à soi-même, tu apprends à ne pas avoir froid aux yeux, à ne pas te laisser intimider, à croire en ton potentiel. Quand tu sais ce que ça demande pour s’entraîner, tu encourages les efforts des autres. Même pendant une compétition, tu n’oses plus rire des maladresses des autres. Le respect attire le respect…

As-tu vécu beaucoup d’intensité dans ta carrière de b-boy?

Trackmaster: Ce qui a lancé ma carrière, ça été mon premier prix comme b-boy solo, en juin 1997, au K.O.X., à Montréal. C’était la toute première compétition de ma vie, je n’avais même pas encore un an d’expérience comme danseur, j’étais un inconnu total! J’ai battu Shockwave, un membre de Tactical Crew qui était pas mal meilleur que moi. Je crois que j’ai gagné parce que j’ai eu le «guts» de confronter quelqu’un que personne n’osait affronter, alors que je n’étais qu’un débutant. En tout cas, ça été un énorme «boost» de motivation et la reconnaissance a suivi. Par après, j’ai remporté plusieurs premières places, mais celle-là restera toujours unique pour moi…

Les retombées ont été positives suite à cette compétition : contrats de pubs, figuration, apparitions à la télé, etc. Quand je suis passé à l’émission de Julie Snyder, c’était le soir de la fête de Céline Dion et il y avait plus de 400 000 spectateurs! J’ai profité de cette entrevue très médiatisée pour parler de la culture hip-hop devant un large public. Mon entrée dans l’Union des Artistes a marqué un autre tournant dans ma carrière.

Ce n’est pas contradictoire d’être un danseur «underground» et d’être membre de l’UDA?

Trackmaster: Contrairement à ce que le monde hip-hop pense en général, l’UDA est là pour protéger les artistes et non pour les exploiter. C’est sûr qu’il y a des frais à payer et des cotisations pour devenir membre, mais les cachets que tu reçois sont bien plus élevés, alors ça compense. Je vais te donner un exemple: l’autre jour, un bar m’a contacté pour une performance. Ils m’offraient 50 $. Je leur ai dit que j’étais membre stagiaire de l’UDA et ils ont vérifié mon numéro à l’Union. Ils m’ont rappelé et ont révisé mon cachet à 450 $! Souvent, les artistes prennent des ententes verbales avec les promoteurs et les producteurs, mais quand tu es membre de l’UDA, l’Union négocie les contrats pour toi et tu en sors toujours gagnant, car au moins il y a un plancher minimum assuré. En plus, grâce à l’Union, tu décroches davantage de contrats et ils te donnent des conseils pour ton porte-folio.

Alors, quand j’entends des jeunes me dire: «Hey, man, t’es pas true (authentique) parce que t’es dans l’UDA!», ça me fait rire un peu. J’en connais même qui jettent les formulaires aux poubelles! Moi, je considère que ça te donne de la crédibilité et du sérieux comme artiste.

Est-ce qu’un marginal comme toi peut faire un bon pédagogue, un bon prof?

Trackmaster: Le plus important: je travaille dans le plaisir et je considère que c’est un privilège d’être payé à faire ce que tu aimes. Les jeunes reçoivent cette «drive» de bonheur et ils s’amusent en apprenant.

Je respecte le rythme personnel de chaque élève, je ne crée aucune compétition entre eux. Je suis un prof, pas un arbitre. Chaque personne est différente, a son caractère, ses faiblesses, c’est ce que je veux leur faire comprendre. Je leur répète souvent que ça sert à rien de copier mon style, ils doivent inventer le leur, rajouter leur couleur personnelle.

Finalement, je dirais que c’est valorisant d’aider quelqu’un à se dépasser, à se valoriser lui-même, en préparant un show, par exemple. Les jeunes délinquants font de très bons élèves, contrairement à ce qu’on pense. Ce sont souvent les plus rebelles qui sont créatifs. En plus, quand ils sont avec moi, je sais qu’ils sont occupés, qu’ils se disciplinent, ce qui leur évite d’être ailleurs et peut-être dans le trouble.

Quelles valeurs t’ont guidé dans ta carrière?

Trackmaster: Ne jamais abandonner, même quand c’est difficile et avoir une attitude positive, de la détermination et de la motivation. Respectez les autres et vous serez respectés. «What goes around comes around», comme on dit en anglais. Autrement dit, si t’émets des bonnes vibrations, tu vas en recevoir en retour.

Maintenant que tu es reconnu champion, comment vis-tu ta relation avec les autres b-boys?

Trackmaster: En compétition, plusieurs refusent de se mesurer à moi. Si les breakeurs se méfient de moi, c’est vraiment pas bon, ça va me rendre anxieux de danser contre eux… J’aimerais que les b-boys et les b-girls me challengent davantage pour que je garde la touche compétitive. Ils devraient voir ça comme un défi d’affronter un vétéran. Moi, c’est comme ça que j’ai appris: en défiant des danseurs plus expérimentés que moi. De toute façon, on va s’amuser comme des fous car j’ai autant à apprendre d’eux qu’eux à apprendre de moi!

Te reste-t-il des rêves, des objectifs à atteindre?

Trackmaster:Pour le moment, je ne suis pas membre à part entière de l’UDA, je suis stagiaire, en probation en quelque sorte. Pour devenir membre actif, il faut accumuler trente crédits. Je suis rendu à neuf. Donc, un de mes objectifs est d’obtenir les crédits qui me manquent en faisant des contrats. Évidemment, je veux continuer la pratique, la compétition et les cours de breakdance. D’ailleurs, après les Fêtes, je commence à offrir des cours de break au Café-Graffiti, pour les 8 ans et plus. J’invite les jeunes à venir se pratiquer, apprendre ou perfectionner leurs talents avec moi. Je vais enseigner plusieurs styles, dont le boogie, le wave, le ticking, le locking, le popping, les powermoves, le up rock, down rock, etc. Avis aux intéressés…

Comment un rebelle de la danse peut-il recevoir de l’aide dans son cheminement?

Trackmaster: Ma mère m’a toujours encouragé, elle m’a incité à développer mon talent depuis de nombreuses années. Mon père, même s’il m’a toujours conseillé la prudence, respecte aussi mon choix et ne regrette pas de m’avoir fait confiance depuis que c’est devenu sérieux. Tupac, Eminem et Biggie ont été des modèles pour moi. Je ne voudrais surtout pas oublier de remercier les gens de la scène hip-hop locale comme Les Architeks (DJ Ray Ray, Cast, Stratège, 2saï), Tactical Crew, Red Mask, QC Roc Crew (Studio Party Time), Rockwell Crew, Vice-Verset, Shades of Culture, Catburglaz, Shaheed aka Versatile (Musique Plus), Mtl Breakers (Walken Charlot), la Structure (DJ Nerve, Simon, Louis), BU the Knowledgist, Virus, Traumaturges (Joual style), tout le south shore (DJ Shortcut), le Café-Graffiti et tous mes étudiants. Peace, yo!

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À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

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Jeunes passionnés de L’underground: 33-MTL.COM

Jeunes passionnés de L’underground: 33-MTL.COM

Par Martin Ouellet

33-mtl.com est un webzine consacré à la culture urbaine dans toutes ses expressions. Le site est l’initiative de trois jeunes Montréalais dans la vingtaine, amis de longue date, qui ont une passion commune: la scène underground québécoise.

33-mtl.com est consacré à la musique (hip-hop, techno et punk), aux sports kasscou (skateboard, snowboard, breakdance, longboard) et au graffiti. Des critiques de spectacles, un calendrier des événements à venir, des superbes photos de murales et de graffitis, de nombreux concours avec de la marchandise à gagner, se retrouvent également à un clic de votre souris. En plus, 33-mtl.com a, depuis peu, sa propre émission de radio online: Dirty Moves, avec DJ Spasmodik aux commandes.  Leur mission: avoir de l’information de qualité, avant tout le monde, sur tout ce qui grouille dans la culture urbaine. Pour les fans, par des fans.

L’équipe de 33-mtl.com est composée de Julien Roussin Côté, de Louis-Philippe Bergeron et de Pierre Versaille. Bien entendu, ils comptent plusieurs collaborateurs réguliers dans leurs rangs, dont trois journalistes pour les sections musicales, un pour les sports kasscou, une photographe, un graphiste ainsi qu’un directeur artistique.  Nous les avons rencontrés afin qu’ils partagent leur expérience avec nous…

Depuis quand existe le site 33-mtl.com?

Dans sa forme actuelle, depuis septembre 2001.  D’ailleurs, un party 1er anniversaire intitulé Hesh vs Fresh avait lieu aux Foufounes Électriques, le 28 août dernier, avec compétition de skateboard sur mini-rampe, prestations de dj’s et du groupe «punkcore» Haang-Upps.

Où avez-vous trouvé le financement pour démarrer votre projet?

Beaucoup d’économies personnelles et de fonds de tiroirs sont passés dans notre site!  Nous avons aussi reçu des subventions, entre autres, de la Fondation du Maire de Montréal. Au départ, le site avait peu de commanditaires, mais maintenant, ils sont de plus en plus nombreux.

Pourquoi avoir opté pour le webzine plutôt que pour la revue imprimée ou le fanzine?

Tout d’abord, pour créer une communauté interactive, où les gens peuvent échanger, participer, réagir.  Également, le site internet permet de mettre l’information à jour plus régulièrement, en plus de donner accès aux usagers à une banque de textes en archives. Le support internet est également plus économique que l’impression d’une revue ou d’un journal et ça ne pollue pas l’environnement!

Combien de gens visitent votre site à chaque mois?

Présentement, 15 000 personnes visitent le site chaque mois. C’est une croissance fulgurante, car à ses débuts, il y a un an, 33-mtl.com n’enregistrait que 2 000 visiteurs par mois!

Quels sont vos objectifs pour les prochaines années?

L’objectif à court terme de 33-mtl.com est d’avoir un bureau, où toute l’équipe pourrait travailler ensemble. Présentement, tout le monde opère de chez soi, mais nous sommes persuadés que la productivité augmenterait et que l’espace de travail serait mieux structuré si nous avions un local pour nous héberger.  Avec tout le monde au bureau le matin, une synergie se créerait et plus rien ne pourrait nous arrêter!

À long terme, nous visons à attirer de plus en plus de monde et atteindre 30 000 visiteurs par mois.  Éventuellement, nous aimerions offrir une version bilingue de notre site afin de rejoindre le marché anglophone, même si notre premier public visé demeure la communauté francophone. Nous travaillons également à faire connaître le slang (langage de rue) qu’on retrouve dans le hip-hop franco de Montréal et d’ailleurs.

Quels conseils donneriez-vous à d’autres jeunes entrepreneurs?

Rester réaliste dans ses objectifs, respecter son budget, persévérer (le projet a mijoté pendant plus de trois ans avant de voir le jour), ne pas se décourager au premier obstacle, avoir une vision à long-terme, chercher constamment des moyens d’innover et de s’améliorer, être original, apprendre de ses erreurs mais surtout, être passionné par son travail! Adresse: http://www.33-mtl.com

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

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Naes, DJ et graffiteur professionnel

Lazy Legs, la prochaine vedette de Reflet de Société

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois. Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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DJ et graffiteur professionel: Naes

DJ et graffiteur professionel: Naes

Raymond Viger

Dossier :  Graffiti

naes

Naes a fait partie d’une école spécialisée en musique. Il a pratiqué, pendant 6 années, de la musique classique au violon, violoncelle, percussion et contrebasse! Il abandonne tout pour jouer de la basse dans un groupe instrumental! Il commence des études en Art au collégial, il abandonne encore une fois et devient un graffiteur. Il troque par la suite sa guitare pour des tables tournantes Hip Hop. Son bonheur il le trouve en apprenant par lui-même à faire partie de la culture Hip Hop.

Ton cheminement contredit cette rumeur qui veut que la musique de la culture Punk ou Hip-Hop appartienne à des jeunes qui n’ont pas le talent d’apprendre la musique conventionnelle.

Dj Naes: En général c’est vrai, oui et non. Aux États-Unis, certains rappeurs ont fait le Fine Arts University (équivalent des Beaux-Arts) et se donnent, malgré tout, une image de gros gangsters. Je me demande si ces Américains ne content pas des histoires. C’est peut-être juste un «show off» commercial comme la lutte. Ce qui est malheureux c’est que beaucoup de jeunes pensent que c’est vrai et ils essayent de jouer au «bad boy» pour percer.

Pour en revenir à la culture musicale, il en faudrait encore plus dans notre milieu. Pour moi, c’est une chance que j’ai eue et ça me permet d’aller plus loin. Tout le monde peut faire des «beats» mais ils deviennent vite limités. En essayant par soi-même, certains peuvent se débrouiller mais il y a un risque de se répéter.

C’est plus facile si tu écoutes différentes sortes de musique, que tu en cherches à travers toutes les cultures. Tu crées et tu élargis ta culture en prenant de petits éléments un peu partout.

La musique Hip Hop provient des ghettos américains. On jouait du «beat-box» (bruits musicaux fait avec la bouche), on rappait et on dansait sur un carton dans la ruelle. Est-ce encore une culture qui se pratique à peu de frais?

Dj Naes: Aujourd’hui ça te prend 15 000 $ d’équipement (vinyles, tables, mixer…) pour être un DJ. Tu dois avoir ton équipement disponible avec toi, autant pour te pratiquer que pour faire des spectacles. Même chose pour le graffiti, j’ai mis tout l’argent que j’avais là-dessus: crayons, peinture, magazines… J’en mangeais 24 heures sur 24.

Dirais-tu que c’était une obsession ou une passion?

Dj Naes: Une passion obsessive peut-être. C’est comme avec une fille, au début tu veux toujours être avec elle.

Au cégep en arts plastiques tu as eu de la difficulté à t’intéresser à ce que tu avais à apprendre, comment as-tu réussi à être autodidacte dans une culture alternative?

Dj Naes: C’est curieux, mais à l’école je me battais avec mes pinceaux. Il fallait faire toutes sortes de travaux pratiques, des études de couleurs, des cercles chromatiques. Je n’étais pas prêt et je voulais faire du dessin. J’ai commencé à comprendre comment ça marchait quand j’ai pu expérimenter par moi-même. Tu dois être très discipliné, il faut bûcher jusqu’à ce que tu arrives à ce que tu veux.

Quelle que soit ta culture, pour réussir, il faut que tu pratiques à tous les jours, plusieurs heures par jour. Quand je suis 4 jours sans jouer, ça me prend une soirée juste pour reprendre ma forme et commencer à pouvoir évoluer. Je préfère apprendre en jouant avec des gens plus expérimentés que moi.

Malgré tout, je tiens à le répéter, les études que j’ai faites m’ont été d’une grande aide et je me considère chanceux d’avoir eu ce cheminement, cette base derrière moi. C’est peut-être ce qui m’a permis de pouvoir bien maîtriser et de découvrir d’autres cultures.

Au cégep en Art, c’était une petite gang et je ne «fitais» pas dans le décor. Le cégep préconisait l’art abstrait, moi je voulais faire des bandes dessinées. La transition entre le secondaire et le cégep a été difficile. La charge de travail est très différente et je ne me sentais pas bon. Pourtant, dès que j’ai laissé l’école je suis devenu muraliste.

Tu as eu beaucoup de courage de vouloir jouer avec des gens beaucoup plus fort que toi en musique.

Dj Naes: J’ai toujours voulu jouer avec des gens meilleurs que moi. Même si je me plante ou que je parais moins bon que l’autre, c’est la seule façon d’apprendre, de devenir meilleur et de me dépasser.

Que ce soit quand j’ai commencé à être graffiteur ou DJ, il n’y avait pas de techniques, je ne savais pas comment «mixer». C’est par l’exemple que j’ai appris et développer mon art.

Je n’avais même pas réalisé à cette époque que graffiteur et DJ faisait partie de la même culture. C’est en cours de route que je l’ai compris.

Est-ce que les autres membres de ton groupe de musique Traumaturges ont un cheminement artistique semblable au tien?

Dj Naes: 2 de pique a un DEC en guitare classique tandis que Kiro est en intervention auprès des jeunes. En plus d’études très différentes, on n’a pas le même style de vie, on n’a pas la même opinion. Mais c’est la musique qui nous rejoint et nous rallie. De plus, notre groupe est très multi-ethnique.

Les critiques ont décrit votre musique comme étant sombre, très sombre, des «beats» lents et caverneux.

Dj Naes: Nous avons été les premiers à Montréal de dénoncer le rap à la française. Nous sommes de Montréal, il faut donc prendre les couleurs de notre milieu. Nous n’avons pas à copier ou imiter, ni la France, ni aucune autre culture. C’est correct de se faire influencer par les autres cultures, mais tu dois développer la tienne. Nous avons notre propre langage et c’est notre culture que nous devons promouvoir.

Dans nos textes, il y a beaucoup de dénonciations sociales telles que les abus de pouvoir, les problèmes de racisme et d’immigration. Même après 5 ans, nos textes sont encore bons et d’actualité.

Vous avez déjà un CD sur le marché qui s’appelle Suce mon index. C’est pas vulgaire comme titre, quel message vouliez-vous lancer avec ça?

Dj Naes: Ça veut dire absorbe le contenu. On fait référence ici à l’index d’un livre. Dans le Hip Hop il ne faut pas s’attarder à la première impression que nous avons. Il faut écouter et réécouter les textes, chercher à comprendre. Le Hip Hop est très allégorique. Il ne faut jamais juger ce que l’on pense comprendre. Mieux vaut vérifier auparavant.

Maintenant que votre premier CD est en réimpression pour une troisième fois et que vous avez déjà deux vidéoclip à votre actif, à quand le deuxième CD?

Dj Naes: Nous y travaillons depuis deux ans déjà. Il sera disponible à la fin de l’été 2002. Il s’intitulera La guerre des tuques, la famille élargie de Traumaturges. Douze artistes très représentatifs de la culture internationale. Même si le Québec est notre dénominateur commun, nous y retrouvons des pays d’origines comme Haïti, Franco-libanais-palestinien, Égypte, Trinidad, France et Italie

Je remarque aussi que vous avez tous des formations très variées.

Dj Naes: Oui, très variées: sciences pures, sciences humaines, intervention en délinquance, enseignement, arts plastiques, informatique, graphisme, électronique, communication, théâtre, conceptions sonores… Ce n’est pas si exceptionnel que cela. Dans les années 90, MC Solaar de France avait fait de grosses études en philosophie avant de commencer à rapper. C’est sûrement ce qui a influencé les Français à avoir un vocabulaire plus recherché dans leurs textes. Remarque qu’ils ont aussi un système d’éducation scolaire beaucoup plus rigoureux qu’au Québec. Il y a de la place pour du rap intelligent, même si aux États-Unis et en France le rap de gangster semble fonctionner un peu plus.

As-tu l’impression que le Hip Hop au Québec a atteint son apogée?

Dj Naes: On ne peut pas comparer. Ici, il n’y a pas grand chose de fait encore. La culture boite. On n’a pas beaucoup de choix. Je suis DJ et quand je travaille dans un club je n’ai pas assez de matériel provenant du Québec pour faire un «set» complet. Je ne sais pas quand la culture Hip Hop du Québec aura atteint sa maturité.

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Merci Julien pour ta présence et ton implication. Comme graffiteur, Julien est en charge d’une équipe de graffiteurs pouvant faire des murales autant intérieures qu’extérieures. Les différentes photos qui accompagnent ce texte ne sont qu’un bref aperçu de tout ce qui peut être réalisé chez vous ou à votre commerce. Pour plus d’informations, contactez le Café-Graffiti (514) 259-6900. Julien est un des DJ présent sur le CD Ill Légal et sera présent aux Célébrations Jeunesses au Stade olympique à Montréal du 2 au 5 mai et à Québec du 25 au 28 mai. Les CDs Ill Légal et Suce ton index sont disponibles dans tous bons disquaires ou par la poste auprès du Journal de la Rue au coût de 15 $. Une autre façon originale et dynamique de supporter notre travail auprès des jeunes.

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Le Hip Hop et le Festival Juste pour rire. Entrevue avec Constance Rozon

Le Hip Hop et le Festival Juste pour rire. Entrevue avec Constance Rozon

Par Raymond Viger

Dossier : Graffiti

Constance Rozon, la soeur de Gilbert Rozon, est la personne en charge de dépister et d’engager les artistes du Hip Hop, autant de la scène locale de Montréal que les artistes internationaux.

Nous avons rencontré Constance Rozon, responsable de l’introduction de la culture Hip Hop sur les scènes du Festival Juste pour Rire elle a répondu à nos questions.

L’avenir du Hip Hop au Festival Juste pour Rire

Je ne suis pas une personne du milieu Hip Hop. J’ai commencé à faire du repérage de spectacle, notamment pour le théâtre. Par hasard, à New York, j’ai eu la chance de voir un spectacle underground de breakdance. J’ai été charmée. Pendant des années j’ai voulu introduire le breakdance dans le Festival Juste pour rire.

En 2002, le Festival a fait un test et en 2003 on a introduit le Hip Hop à la scène. On tripe et on est content quand on amène un nouveau spectacle, même s’il n’est pas dans la lignée des spectacles d’humour. Gilbert Rozon aime les nouvelles choses. Si on peut aider une culture, quelque chose de nouveau, on va le faire. Ce n’est même pas une question d’argent. Quand on produit les choses que l’on aime, cela fait le succès de l’événement.

Je ne sais pas encore si le Festival Juste pour Rire va décider de conserver le Hip Hop pour 2004. C’est peut-être réservé à une élite. Doit-on investir autant de temps sur une culture qui ne semble pas avoir assez de public? Pourquoi le public n’a pas été présent tout le long des onze jours de programmation pour soutenir les 150 artistes Hip Hop que l’on a présentés?

Les difficultés

Il n’est pas évident de savoir d’où vient le problème. Est-ce moi? Je ne sais pas. Certains artistes sont très sympathiques et fonctionnent bien. Pour d’autres, il m’est arrivé d’avoir à laisser jusqu’à 20 messages avant d’avoir un retour d’appel! Où est la nécessité d’avoir à courir après les artistes du Hip Hop pour leur offrir nos scènes? Je n’ai pas à être une mère pour tout le monde.

On a eu d’autres incidents tels que des rappeurs qui ne se présentent pas pour les sound check, d’autres qui arrivent en retard pour des entrevues avec les médias malgré une confirmation faite la veille.

Quoique dans leur contrat il soit clairement spécifié que personne d’autre que les artistes ne doit être présent dans le back stage, tous leurs amis s’y sont retrouvés (coulisses réservées aux artistes qui se préparent à entrer ou qui viennent de sortir de scène). Il y a eu beaucoup de vol, même que la police a dû intervenir.

Nous avons demandé de voir une pratique pour évaluer leur potentiel avant de confirmer leur présence au Festival. Pour certains groupes, il a fallu attendre de décembre jusqu’à mai! C’est frustrant; moi, ça me vide. Dans le cas d’un certain groupe, nous avions rendez-vous un samedi pour assister à leur pratique. J’ai déplacé quatre personnes du Festival. Sur les 12 artistes prévus, un seul s’est présenté! Ils ont demandé de remettre le tout au dimanche. Le Festival n’est pas habitué de travailler comme cela et a décidé d’annuler la prestation de ce groupe.

Constance la méchante

Quand je tente de leur ramener cette réalité, je passe pour la mauvaise femme, celle qui fait la morale. Et pendant tout le Festival, les techniciens me mettaient de la pression pour s’assurer que tout baignerait dans l’huile. J’ai vécu un vrai cauchemar. Ça prend beaucoup d’énergie.

Le Hip Hop international

Avec les Européens et les Américains, c’est très différent. Ils ne sont pas en retard aux rendez-vous, au contraire, ils sont d’avance, ils me fournissent rapidement leur matériel, ils sont polis, ne prennent jamais d’alcool pendant les prestations.

Mais on ne peut se comparer avec les Américains. Le bassin de population n’est pas comparable. Là-bas, tout est gros. Une pièce de théâtre qui pourrait tenir l’affiche deux semaines à Montréal, tiendrait l’affiche deux ans à New York. Ici le Hip Hop est une culture underground, à New York, c’est main stream, un comptable va écouter du Rap.

Mon appartement à New York est près des ghettos. Pourtant les gens là-bas ne manquent pas de discipline. Aux États-Unis, les loyers sont tellement chers et il n’y a pas d’assurance comme ici. Peut-être que cela t’oblige à être plus discipliné.

Les artistes étrangers pratiquent beaucoup plus. J’en ai vu se pratiquer à tous les jours, sept jours sur sept, sans même savoir si nous les prenions officiellement. Peut-être parce que les possibilités y sont plus grandes, que cela donne plus d’espoir. En France il y a des festivals partout, les artistes sont mieux payés. Ils prennent cela très au sérieux.

Les solutions

Les artistes de Montréal ne veulent pas avoir un autre travail pour se garder disponible pour un spectacle par mois. Pourtant, avoir un travail te permet d’acquérir une discipline, de te donner une structure, d’établir une relation avec l’autorité, de t’aider dans tes finances… Le travail c’est un enseignement pour travailler avec le monde, pour avoir un équilibre dans ta vie. S’il le faut, prend une journée de congé à ton travail si tu as un spectacle à donner. Quand tu auras à prendre trop de congés, tu pourras laisser ton travail, ton cheminement artistique te permettra de vraiment vivre de ton art.

C’est peut-être à nous les dirigeants de festivals, à faire des échanges pour les supporter, appeler d’autres festivals pour les faire connaître, que le gouvernement leur donne des bourses pour les soutenir. Commencer à créer une raison d’être, à leur donner de l’espoir.

Il va falloir que quelqu’un les aide à s’organiser. Je ne parle pas de gérants d’artistes. Je préfère parler directement avec les artistes. J’ai déjà négocié avec un gérant dont son artiste avait manqué un rendez-vous. Il m’a dit: « Faut vous habituer, c’est ça le Hip Hop. » Non, je ne m’habituerai pas. Tout le monde a des échéanciers à respecter.

Est-ce que je vais pouvoir faire une différence? Est-ce que les scènes vont se remplir? Il y a eu des spectacles comme Kardinal Offishall, un gros nom de Toronto. Il n’y a eu que 300 à 400 personnes. Est-ce que le Hip Hop est un spectacle pour une élite? Est-ce accessible pour un public plus large? Il n’y a rien ici qui centralise l’information et qui peut l’apporter au public. On doit pouvoir faire une différence, les aider, parce que ce sont des artistes de chez nous.

Opinion des représentants de la culture Hip Hop

J’ai fait relire cette entrevue à des membres impliqués et reconnus dans la culture Hip Hop: le producteur d’événement, DJ MiniRodz, le producteur de beat Chilly D, le rapper MGM et à DJ Naes. Après avoir eu ce commentaire: «Ça fait mal, parce qu’elle a raison sur presque toute la ligne», ils décident de mettre sur pied un comité de réflexion sur l’avenir du Hip Hop au Québec. Les artistes arrivaient en retard aux réunions et manquaient visiblement de discipline. Ce qui confirme les dires de Constance Rozon.

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Johnny Skywalker mentionne: «C’est vrai que les rappeurs se permettent d’arriver en retard, mais ce n’est pas le cas de tous les artistes du Hip Hop.»

Autres textes sur le Hip Hop:

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/la-place-du-hip-hop-aux-francofolies/

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La place du Hip Hop aux Francofolies

La place du Hip Hop aux Francofolies

Par Raymond Viger

Laurent Saulnier est le vice-président à la programmation pour les Francofolies. Le Journal de la Rue l’a rencontré pour mieux faire connaître son point de vue et mettre en perspective la difficulté des jeunes artistes de se faire accepter par cette institution.

Vision du Hip Hop

Personnellement, je dois l’avouer, je suis un fan du Hip Hop. Je ne suis pas un fan du gangster rap. Je suis plus subtil. Les artistes du Hip Hop sont intelligents, extrêmement bright avec toutes les qualités et les défauts que cela implique. La qualité d’une intelligence vive, rapide d’esprit, avec le défaut d’être rusés, sournois.

Difficultés de la culture

Cependant, je suis un peu triste que la culture Hip Hop tourne en rond depuis un à deux ans. Pas juste à Montréal, mais aussi aux États-Unis et en France. J’ai hâte que quelque chose de nouveau brasse la cage, que le Hip Hop retrouve ses lettres de noblesse.

Il faut de la nouveauté, quelque chose pour nous essouffler. La dernière grande claque a été Saïn Supa Crew. Depuis ce temps, il n’y a pas eu de groupes Hip Hop qui m’ont impressionné.

Les solutions

Je n’ai pas idée de ce que pourrait être ce changement à venir, sinon je serais millionnaire! Mais je reproche aux gens du milieu Hip Hop québécois de communiquer en circuit fermé. Et ce problème s’accentue. Malgré l’effort d’ouverture il y a 5 ou 6 ans, cela demeure un milieu où il est difficile d’y pénétrer.

À cette époque, les gens du milieu semblaient croire que leur musique pouvait rejoindre tout le monde. Cela a possiblement créé une désillusion totale. Nous sommes tous très contents quand un album Hip Hop se vend à 20 000 copies. Le milieu espérait en vendre 50 ou 100 000! Est-ce que cette désillusion a créé un refoulement? Au lieu d’être plus ouvert, le milieu se retrouve plus refermé sur lui-même.

Des groupes tels que Muzion, malgré qu’ils aient signé avec une grosse boîte comme Vik recording BMG Canada, n’ont pas été soutenus suffisamment par leur maison de disques. Je n’ai pas entendu parler d’un deuxième single pour l’album.

Perception des artistes

Ce n’est pas toujours facile de négocier avec le milieu Hip Hop. Tout découle du nombrilisme du milieu: les artistes se parlent entre eux. Je n’ai pas 22 ans, j’en ai 40. En 1982, j’écoutais Grand Master Flash. Je n’ai pas le même langage que le milieu Hip Hop d’aujourd’hui.

Relation de Laurent Saulnier avec l’underground

Je n’ai pas de difficulté à entrer dans un show Hip Hop. Je ne tiens pas à être ami des gens du milieu Hip Hop ou de n’importe quel autre milieu. Mon travail c’est de faire travailler tout ce monde.

On me considère main stream, comme l’ennemi à abattre. Pourtant, je ne vois rien dans le Hip Hop qui pourrait remplir le Spectrum présentement. Pas un seul groupe Hip Hop, même provenant de la France. Certains me parlent d’un sombre rappeur marseillais. Les gens sont déconnectés de la valeur de certains artistes. Souvent les CD de ces artistes ne sont même pas distribués! Il y a un manque de réalisme.

Relation des Francofolies avec le milieu Hip Hop

Aux Francofolies, on conserve des scènes extérieures gratuites parce que c’est important de leur donner une vitrine. On devrait continuer à les soutenir de cette façon. Nous traitons tous les artistes, locaux ou internationaux sur un pied d’égalité. Il n’y a aucun privilège spécial pour les artistes internationaux. Il n’y a aucune discrimination de sexe, de couleur ou de culture musicale.

Chez nous, il y a toujours des contrats écrits, des ententes claires. Tout le monde a le droit à son contrat qui respecte les engagements envers l’Union des Artistes.

Les solutions

Le message que je pourrais lancer au milieu Hip Hop c’est de faire le «basic» que beaucoup d’artistes ne font même pas. Pourquoi suis-je obligé d’appeler les gérants d’artistes? Ça serait le fun qu’ils m’envoient leur CD et leur matériel. C’est la base. Faites au moins le minimum. On écoute tout ce que l’on reçoit. Je ne demande rien de mieux.

Je crois que le Hip Hop doit trouver la façon d’être une musique de masse, populaire. Les artistes refusent cette ouverture qui leur serait pourtant profitable, pas juste financièrement, mais aussi émotivement.

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Autres textes sur le Hip hop:

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Vandalisme au métro Sherbrooke, un graffiteur réagit

Vandalisme au métro Sherbrooke, un graffiteur réagit

Martin Ouellet   Dossiers GraffitiMurales

graffiti dans metro de montreal

Dans la nuit du dimanche au lundi 1er septembre 2002, un groupe de graffiteurs a couvert de grattifis, de tags et de personnages les murs de la station de métro Sherbrooke.

D’après la porte-parole de la Société de Transport de Montréal (STM), Odile Paradis, les artistes de l’illégal se seraient laissés enfermer dans la station à la fermeture, afin de tapisser les murs des deux côtés de la voie.

En tout, la STM estime à près de 50 000$ la facture pour le nettoyage de cette seule station, ce qui a dû se faire dans un délai extrêmement rapide, vu le caractère obscène de certains graffitis. En effet, le règlement de la STM stipule que tout graffiti de nature sexuelle ou raciste doit être effacé dans un délai de 24 à 48 heures. Parmi les signatures reconnaissables, on retrouve celle de Lison, un graffiteur très actif et déjà recherché par les autorités pour d’autres actes de vandalisme. Les œuvres les plus dérangeantes représentaient d’immenses vibrateurs, portant la signature de Lison, accompagnés du slogan «dans l’cul» et d’autres messages de provocation envers les usagers du métro et les autorités, comme «allo la poliss», «rien à foutre» et «find me». Les enquêteurs du service de police de la Ville de Montréal étudient les bandes vidéo des caméras de surveillance pour tenter d’obtenir des indices, mais jusqu’à maintenant aucun suspect n’a été appréhendé.

Le Café-Graffiti se bat depuis sa création pour combattre les préjugés liés au graffiti, favoriser son acceptation dans la société et négocier l’obtention de murs légaux à Montréal. Le Journal de la Rue a interrogé le directeur des arts visuels du Café-Graffiti, Julien Cloutier, afin de connaître ses impressions sur cette histoire.

Quelle a été ta réaction quand tu as entendu parler de ce qui s’était passé au métro Sherbrooke?

Julien Cloutier: J’ai eu une réaction assez partagée. Sur le coup, je me suis dit: «Ils sont courageux, ils ont du guts d’avoir fait ça!». Quand un graffiteur ou un crew fait un coup d’éclat de cette ampleur-là, ça provoque l’admiration des autres graffiteurs parce qu’à l’origine, c’est comme ça que se pratique le graff, de façon clandestine, illégale. Personnellement, je n’oserais pas faire ça. Mais je comprends que d’autres aient envie de le faire, même si mon rôle est d’encourager les artistes à travailler dans la légalité.

D’après toi, ce qu’ils ont fait, c’est de l’art ou du vandalisme?

Julien Cloutier: C’est sûr que c’est du vandalisme, mais ça n’empêche pas que ça puisse être artistique en même temps. Les pièces que j’ai vues dans les journaux et aux nouvelles télé démontraient une maîtrise, un talent, qui prouvent qu’on n’a pas affaire à des débutants. Les lettrages étaient bien tracés, complexes et les personnages, de style bédé, très beaux aussi. Ce ne sont pas les œuvres les plus réussies que j’ai vues dans ma vie parce qu’on sent qu’ils étaient pressés de travailler, qu’ils se dépêchaient de finir, mais c’est définitivement un travail de pros.

Qu’as-tu pensé de la couverture médiatique?

En général, les médias ont trop insisté sur le côté scandaleux des œuvres, ils sont tombés dans le sensationnalisme. Les journalistes se disent choqués par les graffs à connotation sexuelle, mais ce sont toujours ceux-là qu’ils montrent, au lieu de montrer les plus artistiques, ceux moins controversés. C’est paradoxal, parce que le règlement de la STM les oblige à nettoyer dans les 48 heures pour pas exposer les graffs aux usagers, mais on les voit à la une de tous les journaux et aux infos télé! En plus, ils jouent exactement le jeu des graffiteurs, qui, en défiant les autorités et en bombant des affaires obscènes, ne cherchent qu’à attirer l’attention, à avoir leur minute de gloire. Ils l’ont eue.

Qu’ont voulu exprimer ces graffiteurs?

Julien Cloutier: C’est juste un coup d’éclat, pour se faire remarquer, pour la réputation. Le graffiti, c’est quelque chose de très égocentrique. Les artistes se connaissent entre eux, ils connaissent les signatures des autres. Alors, ça impressionne, des actes comme ceux-là. Il faut transgresser les interdits. Plus le danger est grand, plus c’est spectaculaire, plus t’es admiré.

Est-ce que des incidents comme ça peuvent nuire à la réputation du graffiti dans l’opinion publique?

Julien: Je ne crois pas. Ceux qui aiment le graffiti ont “trippé” et ceux que ça dérange savent très bien que le lendemain, la STM va avoir tout effacé. Les gens se sentent moins concernés quand ça arrive pas chez eux, quand c’est dans un endroit public. Après tout, il y a de nouveaux graffs chaque jour un peu partout à Montréal, sans qu’on en entende parler, sauf que là, vu l’endroit et l’achalandage, ça a fait un scandale. En temps normal, le public a même pas le temps de voir les graffitis dans le métro avant qu’ils soient enlevés. D’ailleurs, j’ai trouvé ça bien sympathique de lire dans La Gazette qu’un employé (anonyme) de la STM avait déclaré: «Je dois avouer que c’est très artistique. Ce n’est peut-être pas la place pour le faire, et je suis sûr que la STM n’est pas contente, mais j’aime mieux ça que les murs blancs très ennuyants..». Un usager du métro a aussi affirmé: «C’est bien mieux que la publicité qu’ils nous mettent partout à la station Berri ou ailleurs.

Pourquoi certains artistes du graffiti préfèrent-ils travailler dans l’illégalité?

Julien Cloutier: Pour le défi, l’excitation de transgresser les règles. Pour plusieurs graffiteurs, se faire offrir un mur légal, ce n’est plus un défi car il n’y a plus de danger. Ils peuvent y aller quand même, mais ce n’est pas pareil. C’est pour ça que beaucoup de graffiteurs qui travaillent sur les murs légaux font aussi du graffiti illégal en parallèle.

En tant qu’employé du Café-Graffiti, tu fais la promotion des murs légaux à Montréal. Crois-tu que ce qui est arrivé au métro peut nuire à tes négociations avec la Ville?

Julien Cloutier: Pas vraiment. Les clients, que ce soient des commerçants ou des particuliers, qui veulent une murale, sont prêts à payer. Alors, ils vont engager des graffiteurs quand même. Les représentants de la Ville avec qui nous faisons affaire savent très bien que les murs légaux ne vont pas enrayer complètement l’illégal. Nous voulons réduire le vandalisme, mais nous n’avons jamais eu l’illusion que nous pouvions l’éliminer complètement, ce serait utopique. Éduquer et sensibiliser les gens, ça ne se fait pas du jour au lendemain.

La STM et les médias ont repété à plusieurs reprises que les frais de nettoyage s’élevaient à plus de 50 000$ et que cet argent aurait pu être mieux utilisé. Qu’en penses-tu?

C’est sûr qu’il y a des coûts. La STM dit que cet argent aurait pu servir à autre chose. Sauf qu’à chaque année, la société de transport augmente le prix des billets et des passes de métro, par contre, on ne voit pas vraiment d’amélioration dans le service. Au contraire: le nombre des wagons diminue, la fréquence des trains aussi, il y a souvent des pannes, etc. C’est facile de jeter le blâme sur quelques graffiteurs pour justifier qu’on n’a pas de fonds pour faire des rénovations et de l’entretien, mais je me demande si ça correspond à la réalité. Est-ce que les graffiteurs ne serviraient pas de boucs émissaires pour justifier l’inaction de la STM? Une dernière question me vient en tête: si les graffiteurs avaient peinturé des fleurs et des câlinours au lieu de dildos et de tags, est-ce que le public et la STM auraient autant protesté? Pourtant, le nettoyage aurait coûté aussi cher…

Les journalistes se sont demandé comment les graffiteurs avaient déjoué la surveillance du métro pour commettre leur geste. Penses-tu que la STM prend les bons moyens pour décourager les vandales?

Julien Cloutier: Je ne pense pas que la sécurité soit aussi présente qu’ils le prétendent. À la station Sherbrooke, justement, la seule caméra de surveillance est braquée… sur la cabine du changeur! En plus, durant la nuit, il n’y a pas de personnel de sécurité, alors…difficile de dire si les graffiteurs se sont laissés enfermer après la fermeture ou s’ils ont trouvé un moyen de pénétrer dans la station. Encore là, permettez-moi de m’interroger: si la STM ne juge pas nécessaire d’avoir de la sécurité la nuit, est-ce parce que c’est moins coûteux d’effacer les traces de vandalisme que de le prévenir?

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Dios, recherché pour crimes contre les murs, un des vandales du métro Sherbrooke s’exprime

Dios, recherché pour crimes contre les murs, un des vandales du métro Sherbrooke s’exprime

Martin Ouellet   Dossier : Graffiti  

Dios est un jeune homme calme, timide, articulé et sympathique. Il ne correspond pas du tout à l’idée qu’on se fait d’un vandale ou d’un criminel. Et pourtant…

Dios était un des quatre graffiteurs qui ont repeinturé illégalement la station de métro Sherbrooke, à Montréal, le 1er septembre 2002. Il est toujours recherché pour ce méfait. Malgré cela, Le Journal de la Rue a voulu recueillir ses commentaires sous son identité de graffiteur.

À la conquête du métro

Dios fait du graffiti, depuis 1994. Il est de la première génération de graffiteurs montréalais. Influencé par les premiers tags qui sont apparus, il a lui-même commencé à laisser sa trace sur les murs de la ville, avec quelques amis. Ce qui n’était au départ qu’un passe-temps s’est rapidement changé en passion. Il n’a jamais arrêté depuis, raffinant ses techniques et créant son propre style, sous différents noms d’artiste.

Comme beaucoup de ses collègues graffiteurs, Dios est fasciné par les trains et les métros. «Le wagon, c’est mythique», dit-il en souriant avant d’ajouter: «Le métro, c’est le roi des trains. Sa surface se prête bien au graff et les œuvres voyagent, se déplacent.»

Dios fait aussi du graffiti aux murs légaux, même si sa préférence va à la clandestinité. En fait, il va aux endroits autorisés surtout quand la température permet de travailler de nombreuses heures sur une pièce, à ciel ouvert et sans avoir à se cacher.

Durant l’hiver, par contre, il estime qu’environ 80% de sa production est illégale, en raison du froid qui l’incite à se réfugier à l’intérieur. Peut-on supposer que si on offrait des murs intérieurs pour graffiter l’hiver on diminuerait d’autant le vandalisme et l’illégalité? Par contre, cela pourrait représenter un danger pour la santé des graffiteurs, à cause des vapeurs toxiques de peinture dans un endroit clos…

La facture

Dios doute beaucoup qu’il ait fallu 50 000$ pour nettoyer la station. «Ça n’a pris que 12 heures et tout était parti. Ils ont des produits à vaporiser très puissants. Ils ne remplacent pas les murs, quand même!»

Le graffiteur se souvient d’un reportage à Infoman où Jean-René Dufort enquêtait sur les coûts réels de nettoyage pour un graffiti, par rapport au montant réclamé. Il concluait en démontrant que les chiffres avaient été effrontément gonflés…

Les journalistes n’ont-ils pas la responsabilité de confronter leurs sources et de vérifier la véracité de ce qui est avancé? D’après Serge Savard, de la STM, l’Infoman ne sait pas de quoi il parle et soutient que chaque sou va à l’enlèvement des graffitis…

Graffiti, fils de pub?

D’après Dios, tout est une question de perception. Le graffiti est encore perçu comme du vandalisme gratuit, mais pas reconnu comme un art. Et pourtant, rappelle-t-il, le tag (la signature) n’est qu’un aspect du graff, mais il y a aussi des artistes capables d’accomplir des fresques incroyables.

«Le graffiti est né un peu en réaction à l’envahissement de la pub.  C’est une façon de se réapproprier l’espace urbain, de faire un pied-de-nez à la pub. Au fond, le graff est l’enfant illégitime de la pub», croit-il. «J’ai déjà lu dans un livre sur le graff une interview avec un graffeur qui disait: Quand tu fous un graffiti dans la face du monde, ils appellent 9-1-1. Quand tu leur mets une pub de Coke, ils vont s’en acheter un! Je trouve que ça s’applique bien à ce qui s’est passé.»

Pas d’éthique chez les graffiteurs?

Il y a une mosaïque sur les murs du métro Sherbrooke. Les graffiteurs n’y ont pas mis la moindre goutte de peinture. «Un des gars avec nous a hésité, il voulait la couvrir. On lui a dit de laisser tomber. On ne veut pas vandaliser les œuvres d’art. En général, cette éthique est respectée, du moins chez les plus vieux graffiteurs.»

Y a-t-il d’autres surfaces à bannir?

«Les maisons privées, les monuments historiques, les automobiles, les œuvres d’art en général et les belles pièces faites d’autres graffiteurs. Ce sont mes règles, pas forcément celles de tout le monde, par contre.»

Le Café-Graffiti: Que pense Dios du travail que le Café-Graffiti fait auprès des jeunes artistes de la canette, en les incitant à se servir des murs légaux?

«C’est bon pour les jeunes. Ça crée des liens, ça permet de rencontrer d’autres personnes qui partagent leur passion. Ça leur permet de se pratiquer, de s’améliorer et de faire moins d’illégal, donc, des plus belles pièces, sur lesquelles ils peuvent passer plus de temps. Mais ça n’enrayera pas tout le graffiti illégal pour autant.»

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Le vandalisme dans les transports en commun

Vandalisme au métro Sherbrooke: un graffiteur réagit

Québec et Gatineau en mettent plein les murs

Graffiteur recherché pour tags et graffiti dans le métro

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Le vandalisme dans les transports en commun

Le vandalisme dans les transports en commun

Entrevue avec Serge Savard de la Société de Transport de Montréal

Martin Ouellet

Dossier : Graffiti

graffiti dans le metro de montreal

La Société de transport de Montréal (STM) consacre annuellement 1,3 million de dollars à l’enlèvement des graffitis dans son réseau. Ça peut sembler énorme et pourtant, c’est encore insuffisant. En effet, une évaluation faite en 1999 a révélé qu’il aurait coûté 5 millions pour nettoyer complètement l’intérieur de toutes les stations du métro de Montréal. C’est sans compter ce qu’il aurait fallu débourser pour remettre à neuf tous les autobus de la flotte, la surface extérieure des stations ainsi que les abribus…

Où frappent les vandales?

Le vandalisme est généralisé à l’ensemble du réseau. Même les œuvres d’art ne sont plus respectées par la nouvelle vague de graffiteurs, qui les trouvent démodées. Certains produits chimiques très puissants utilisés pour enlever les graffitis risquent de dégrader la surface des murales ou autres pièces de notre patrimoine artistique. À la station Snowdon, entre autres, les murales représentant les quatre saisons ont été très abîmées par l’enlèvement de graffitis à répétition.

Les conséquences?

Toute personne surprise à souiller une station de métro est passible d’une amende de 75 à 500$. Depuis peu, il faut savoir également que la STM poursuit systématiquement au civil les graffiteurs pris sur le fait pour leur réclamer le montant total qu’aura coûté la réparation de leur vandalisme.

Comment évaluer les coûts?

Pour déterminer à combien s’élève la facture pour les dommages subis, la Société de transport prend en considération différents facteurs: le type de matériel utilisé pour le graffiti, la nature de la surface à nettoyer multiplié par la superficie en pouces carrés et finalement le salaire de la main-d’œuvre chargée de l’effacement. Il existe d’autres pertes reliées au graffiti, impossibles à récupérer. Par exemple, lorsque des voitures de métro sont graffités, on les retire de la circulation jusqu’à ce qu’elles soient nettoyées ou repeintes, ce qui cause une perte de productivité.

Serge Savard affirme que les sommes réclamées par la STM aux vandales sont toujours évaluées de cette façon. Ceux qui prétendent que les chiffres sont gonflés font fausse route car la méthode de calcul est approuvée par l’industrie.

Verra-t-on la fin de la guerre au graffiti un jour?

«Depuis longtemps, notre objectif n’est pas d’éliminer le graffiti, ce qui est utopique, mais de le réduire. Il faut contenir le problème, ne pas laisser déborder la situation. Une grande partie de notre clientèle n’apprécie pas le graffiti et est intimidée par sa présence dans les transports. Cela donne l’impression que le ser-vice est négligé et ça crée un sentiment d’insécurité chez la population.»

La prévention?

La STM organise des activités de sensibilisation auprès des jeunes dans les milieux scolaires et produit des brochures pour respon-sabiliser les citoyens. La Société de transport a également des représentants qui siègent à la table de concertation Alliance Métropolitaine Graffiti et Affichage, où elle travaille en partenariat avec entre autres la Ville de Montréal et le Café-Graffiti.

Un message pour les graffiteurs?

«Vous faites partie de la société vous aussi, vous payez pour vos propres méfaits» «On ne porte pas de jugement artistique sur les graffitis. Si Picasso avait été surpris à peinturer sur les murs du métro, nous l’aurions arrêté. Il faut enlever les graffs, même si certains sont beaux. De tous temps, il y a eu des artistes incompris, rejetés. Ils n’ont pas nécessairement imposé leurs œuvres à tout le monde pour autant… Dites-vous bien que nous n’arrêterons jamais de nettoyer…»

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Le Café-Graffiti au Brésil pour une convention internationale graffiti

Le Café-Graffiti au Brésil pour une convention internationale graffiti

Par Martin Ouellet

Du 3 au 11 août 2002 avait lieu la convention de graffiti de Santo Andre, au Brésil. Le Café-Graffiti a été invité à dépêcher des artistes pour prendre part à l’événement. En tout, ce sont neuf graffiteurs de Montréal et de Québec; Naes, Stare, Monk-e, Rasa, Grindjül, Cheeb, Dyske, Bjorn et Some, accompagnés de Raphaëlle Proulx, caméraman et interprète, qui ont représenté le Café-Graffiti lors de cette fête haute en couleurs.

Comment avez-vous trouvé la ville de Santo Andre?

Monk-E: Santo Andre est une banlieue assez aisée, une ville pleine de côtes et de reliefs. L’aspect de la ville est assez européen, avec beaucoup de toits en tuile rouge. La sécurité est très présente partout (chiens de garde, clôtures hautes et hérissées de bouts de verres, gardiens de sécurité au coin des rues, etc.).

Rasa: En général, le béton règne en roi. Il y a énormément d’affichage qui se fait directement sur le béton; publicités, affiches électorales, etc. Il y a pas mal de pollution atmosphérique aussi, beaucoup de diesel dans l’air.

Combien d’artistes étaient présents à la convention?

Naes: Il y avait plus de 200 artistes présents, d’origines diverses. En plus de notre «crew», de nombreux graffiteurs et muralistes du monde entier étaient présents, dont quelques Autrichiens, plusieurs Chiliens et bien sûr, une majorité de Brésiliens.

En quoi a consisté votre participation à la convention?

Naes: Nous avons réalisé deux murales à Santo Andre. De plus, nous avons assisté à des débats sur le graffiti et donné des conférences sur notre art. Nous avions un horaire hyper-chargé, parfois de 8h à 22h… À travers tout ça, nous avons fait de petites excursions organisées, entre autres au parc national, à la plage et nous avons visité une gare anglaise abandonnée à Paranapiacaba, qui signifie «endroit où on peut voir la mer», en portugais.

Comment avez-vous aimé la collaboration entre les artistes de Montréal et de Québec?

Naes: En tant que directeur artistique du Café-Graffiti, j’ai décidé de rassembler plusieurs graffiteurs et muralistes qui ne se connaissaient pas et n’avaient jamais travaillé ensemble. Pour moi, cela représente un beau défi de faire collaborer ces gens-là et de rapprocher les artistes de Montréal de ceux de Québec.

Monk-e: Moi, j’ai passé la semaine avant le départ à faire de la murale avec les artistes de Québec, question de créer un premier contact. Une super bonne complicité s’est installée entre nous et nous sommes tous devenus amis au cours du voyage.

Avez-vous remarqué une différence entre la façon de travailler des graffiteurs de là-bas et celle des Canadiens ou des Américains?

Naes: Pour des raisons économiques, beaucoup de graffiteurs brésiliens travaillent au pinceau, au rouleau et au mini-rouleau. Les cannettes de peinture coûtent très cher, alors parfois, ils commencent à la cannette ou au «airbrush» et terminent au pinceau ou au rouleau.

Avant son départ, Naes me disait qu’il était curieux de découvrir si les Brésiliens avaient un style de graffiti propre à eux . Est-ce que c’est le cas?

Naes: Oui, nous avons découvert le pichacaoes, un style de graff unique à la ville de Sao Paulo qui consiste en des lettres hautes, très allongées, souvent peintes dans des fenêtres d’édifices. C’est une sorte de signature assez répandue dans cette ville.

Monk-e: Dans l’ensemble, les graffiteurs de là-bas utilisent davantage de couleurs vives, moins sombres, qu’on a baptisé le style «arc-en-ciel»! Les «flops» (lettres balloune, très arrondies) sont très originaux, le 3-dimensions est un peu moins sophistiqué qu’ici, mais les lettrages sont assez complexes.

Est-ce que le graffiti est bien perçu au Brésil? Est-ce qu’on est plus tolérants, plus ouverts ici?

Monk-e: C’est vraiment pas comparable! De jour, tu peux travailler tranquille, les policiers sont plutôt relaxes. Mais, la nuit, c’est une tout autre histoire… Ils tirent d’abord et posent des questions après. Faire du graffiti illégal là-bas, ça peut vouloir dire risquer sa peau. Nous avons entendu des histoires d’horreur: à Rio, un groupe de graffiteurs se serait fait tirer dessus par la police (sans être touchés, une chance!), d’autres policiers corrompus accepteraient des pots-de-vin pour fermer les yeux, etc.

Naes: Cela dit, le graffiti est quand même bien vivant au Brésil. Nous avons été étonnés de découvrir des artistes qui travaillent depuis aussi longtemps que 15 ans. Nous autres, on était invités pour la convention, alors, évidemment, on n’a pas eu trop de problèmes, on était faciles à identifier et on travaillait aux endroits légaux. La convention de graffiti, avec ses débats et son caractère international, permet de croire que la culture sera de plus en plus acceptée au Brésil, mais il reste du chemin à faire.

Est-ce que le public du Brésil était différent de celui que vous rencontrez habituellement au Québec?

Monk-e: Ici, les gens sont plutôt indifférents envers les graffiteurs à l’oeuvre. À la convention, tout le monde était chaleureux, enthousiaste, même un peu «colleux» dans certains cas. Comme nous étions les seuls à avoir une radio, la musique les attirait et ils venaient nous poser des questions, nous demandaient de dessiner dans leurs calepins, nous regardaient travailler.

Rasa: Il nous est aussi arrivé des affaires assez particulières. Entre autres, un itinérant qui poussait un carrosse nous a demandé de «tagger» son chariot. Nous l’avons entièrement redécoré et il était très fier du résultat.

Nous avons aussi adopté un enfant de la rue, Anderson, âgé de six ans, très attachant. On lui a offert notre lunch (des sandwiches au jambon et du riz, le menu de tous les jours!), on le traînait un peu partout. Je pense souvent à lui et je me demande ce qu’il fait maintenant… Je ne sais pas vraiment quelles ressources existent pour les jeunes de la rue là-bas, mais ça doit être assez difficile…

Si vous aviez le choix d’une autre destination où aller en tant qu’ambassadeurs du graffiti, ce serait où?

Monk-e: Je voudrais aller en Europe, au Maroc et en Égypte.

Naes: En Europe aussi.

Rasa: Moi, ce serait l’Afrique du Nord.

Naes: En terminant, nous tenons à remercier chaleureusement l’Office Québec-Amérique pour la Jeunesse, Nicole Viau et la Ville de Montréal, M. Genest et la Ville de Québec, ainsi que M. Jefferson, de la mairie de Sao Paulo, qui ont tous rendu possible cet échange culturel vraiment enrichissant!

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

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5 artistes du Café-Graffiti en Europe

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