Trois femmes dans la bataille de l’environnement

Trois femmes dans la bataille de l’environnement

Par Sylvie Daneau, vol.13.6 31 Août 2005

De jeunes femmes ont choisi l’environnement comme cheval de bataille de leur vie. J’ai rencontré trois d’entre elles. Chacune m’a confié la cause qui lui tient le plus à cœur, sa principale inquiétude, ses souhaits et conseils.

Ioana Cotutiu (Greenpeace Canada)

Âgée de 31 ans, Ioana Cotutiu est respon-sable de l’administration et de la gestion chez Greenpeace Canada. Roumaine, elle immigre au Canada en 1999 et devient membre active de Greenpeace en 2001. Elle étudie en santé environnementale.

L’agriculture industrielle est la cause qui la tracasse le plus: «Les gouvernements canadien et québécois permettent la culture et la commercialisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) sans connaître leurs impacts à long terme sur notre santé et l’environnement… au mépris de la volonté de la majorité de la population et les recommandations de la Société royale du Canada. Ils refusent même d’imposer l’étiquetage obligatoire. Résultat: nous ne pouvons même pas choisir d’en manger ou pas», dénonce-t-elle.

La jeune femme se préoccupe également des changements aux climats, causés par la pollution: «Les gouvernements doivent développer les énergies alternatives comme l’éolien (énergie du vent) et le solaire, au lieu des centrales au gaz, comme celle de Bécancour.»

«Pour préserver la beauté naturelle du Québec, explique la Québécoise d’adoption, il suffirait de ne pas chercher à la transformer: prospections gazières et pétrolières dans le golfe du Saint-Laurent, coupes à blanc dans la forêt boréale…» Les gens peuvent agir ici même, croit Ioana: «Il ne faut pas nécessairement embarquer sur un bateau de Greenpeace et aller au bout du monde pour sauver la planète…»

Doris Hamelin (Équiterre)

Dans la quarantaine, Doris Hamelin est adjointe à la coordination générale pour Équiterre. La bachelière en comptabilité a connu cet organisme québécois par son programme d’agriculture soutenue par la communauté, liant les fermes biologiques aux citadins. Elle voulait y participer pour obtenir des paniers de fruits et légumes biologiques, apportés en ville par les fermiers.

Native de Normétal, un village de l’Abitibi-Témiscamingue, elle a vu les ravages causés à l’habitat naturel par l’exploitation minière (Noranda) et forestière. «D’une forêt que j’ai vue lentement se vider de ses arbres, je trouve aberrant qu’une poignée de personnes profitent de ces richesses-là», opine-t-elle.

Les gestes quotidiens préservant la nature lui tiennent à cœur. Doris vient en aide aux Mexicains en achetant du café équitable, et aux agriculteurs du Québec en se procurant ses paniers biologiques. Des gens laissent le soin aux organismes, comme Greenpeace et Équiterre, de monter aux barricades», se désole-t-elle. On peut agir comme consommateur, croit-elle. D’ailleurs, Équiterre prône le slogan «Acheter, c’est voter», popularisé par sa co-fondatrice Laure Waridel. Mais Doris nuance le pouvoir de la consommation: il faut l’agencer avec la pression du public sur les gouvernements. «Voter, c’est le premier devoir du citoyen», rappelle-t-elle.

Caroline Voyer (RQFE)

Caroline Voyer coordonne le Réseau Québécois des femmes en environnement (RQFE). À 30 ans, elle est aussi vice-présidente de l’organisme Environnement Jeunesse. En 2000, la situation planétaire la préoccupait tellement qu’elle a quitté son emploi pour se joindre au mouvement écologiste.

Elle trouve insupportable qu’on contamine l’air, provoquant des maladies respiratoires chez les enfants, comme l’asthme et les allergies. «Ces situations, dit-elle, sont prises à la légère par les gouvernements.» L’accès à l’eau potable la mobilise également, les fuites d’eau, le gaspillage. «Je trouve dommage de traiter l’eau pour la perdre par la suite.»

«Au Québec, on est champion mondial des déchets! Ces montagnes de détritus ont un impact sur notre sol, notre eau, notre air et notre santé. Faudra-t-il une catastrophe pour provoquer des changements?», interroge-t-elle.

Leurs messages

Les trois femmes engagées souhaitent voir les gens s’informer, appuyer (au moins) une cause, un organisme. Elles suggèrent:

Ioana Cotutiu: Moins d’espaces verts transformés en stationnements ou en chantiers de construction.

Doris Hamelin: Pour réduire l’usage de l’automobile, plus d’autobus et de services pour nous emmener à la montagne ou à la forêt.

Caroline Voyer: Suivre l’exemple de Londres, qui diminue l’accès des voitures à son centre-ville, pour améliorer la qualité de l’air.

Ioana Cotutiu: Économiser l’eau et l’énergie, acheter du papier recyclé, éviter les produits toxiques. Si l’utilisation d’une auto est indispensable, en acheter une consommant moins d’essence, idéalement hybride (dotée d’un moteur électrique alternant avec le moteur à essence, par exemple).

Doris Hamelin: Suivre le programme d’efficacité énergétique d’Équiterre pour l’isolation des intérieurs.

Caroline Voyer: Acheter des fruits et légumes en vrac, pour éviter le gaspillage des emballages.

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Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

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De la violence à la musique; Roberto Mayer

De la violence à la musique; Roberto Mayer

Par Dominic Desmarais, Août 2005

Roberto Mayer a écrit un livre, Jours de Nuit. L’homme voulait tuer. La poésie l’a plutôt conduit à la musique, aux spectacles, à un disque.

Mon gars se faisait battre par son beau-père. Je voulais le tuer. Mon ex a fait faillite et m’envoyait ses factures. Je voulais la tuer. Quand j’en suis arrivé là, je me suis rendu compte que ce n’était pas moi…»

Roberto Mayer n’a pourtant pas l’allure d’un homme violent. Avec ses petites lunettes, sa taille normale, ses cheveux gominés bien coiffés, il ressemble davantage à l’image du bon fils de famille. Le sourire suspendu aux lèvres, la voix calme et posée, en le voyant on s’imagine mal que sous ce masque se cachait autant de rancœur destructrice. Il a pensé au meurtre. Il a pensé au suicide. Comme bien d’autres, l’écriture l’a définitivement sorti de son enfer. Son livre de poésie, Jours de Nuit, fut sa thérapie.

Roberto ne pensait pas que son recueil l’amènerait vers la musique. Pour promouvoir son livre, il organise des spectacles où il récite ses poèmes. «Pour que ce soit plus varié, pas seulement de la poésie, j’ai demandé à Olivier de m’accompagner.» Olivier est un ami de son frère. Musicien depuis sa tendre enfance, il s’est inspiré des textes du poète au fil des spectacles pour composer des chansons. «C’est ma musique, dans l’univers de Roberto, dit Olivier. Je cherchais des textes et comme c’est de la poésie, ça ajoute en profondeur, ça rajoute de la couleur. On s’est assis ensemble, j’étais au piano. J’ai fait 3 ou 4 chansons.» D’où l’idée d’enregistrer un album.

Cadeau à son frère

Si la musique adoucit, les textes, eux, abordent des thématiques lourdes. «C’est vrai qu’il y a une souffrance… C’est la libération. Ça fait mal, se libérer. Je ne peux pas rejoindre les gens qui ont des problèmes si je leur dis que tout est beau. Je suis passé par là, je leur parle de mon cheminement.»

Une des chansons, Vers toi, parle de pardon. «C’était par rapport à mon frère, nous dit Roberto. On était des inconnus. Quand nos parents se sont divorcés, moi je suis allé avec mon père, lui avec ma mère. J’avais 12 ans, lui 4. Il me demandait pardon et moi aussi j’avais des choses à me faire pardonner. Dans la chanson, on est deux voix à dire pardonne-moi. Mon frère et moi. La chanson, c’est pour lui faire un cadeau. Dans le spectacle, j’explique mon vécu. Je me sentais jugé par lui, je le jugeais.» La voix de Roberto devient émotive. Le trémolo dans la gorge, il raconte: «Lors d’un spectacle, j’ai demandé à mon frère de choisir un poème dans mon livre. N’importe lequel. Il a choisi Vers toi, que j’avais écrit pour lui. Il l’a lu en pleurant.»

Lorsqu’il raconte cette histoire, Roberto donne l’impression qu’elle se joue là, devant nous. Le frisson monte, les yeux sont humides. Que dire de ces vers à l’endroit de ses parents? Je vous laisse mourir; vous que j’ai tenté de faire revenir; en vous menaçant d’en finir. L’album est un douloureux voyage.

Le message se veut positif. Le titre, La Force d’y croire, est assez évocateur. C’est cette force qui a permis aux deux comparses de concrétiser leur idée. Roberto a puisé dans ses économies pour produire le disque: 11 000$. Une bagatelle! Des amis d’Olivier, musiciens, ont donné un coup de pouce. L’ancien chanteur, Franck Olivier, connu pour Amoureux de vous madame et le thème du dessin animé Albator, les a guidés tout en mettant son studio d’enregistrement à leur disposition.

Roberto ne s’est pas trop cassé la tête pour l’aboutissement du projet. «Dans la vie, faut s’écouter. C’est un peu ça, la Force d’y croire.» Lui qui ressassait des idées meurtrières est devenu un homme qu’aucun obstacle n’effraie. À le voir aller, on a envie d’y croire aussi. L’album et le livre de Roberto sont présentés sur le site www.journaldelarue.com

Textes sur la famille:

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Rap et gangster rap ne chantent plus la même rime

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Pétition contre le déménagement du Casino de Montréal

Gambling et jeu compulsif

Pétition contre le déménagement du Casino de Montréal

Vol.13, 31 Août 2005      Dossier Gambling et jeu compulsif;

loto-quebec

Aujourd’hui, c’est Montréal. Demain, ce pourrait être ailleurs. Bien que tous les Québécois ne soient pas concernés directement, le déménagement du Casino de Montréal, de l’Île Notre-Dame au quartier résidentiel de Pointe St-Charles, est l’affaire de tous. Oublions le «pas dans ma cour» et réfléchissons à ce problème de choix de société.La question est simple: voulons-nous, oui ou non, faciliter l’accès du Casino au plus grand nombre, avec tous les inconvénients que ça suppose? Faut-il privilégier les coffres de l’État plutôt que le bien-être des citoyens?

Le gouvernement Charest veut déplacer le casino, jugé trop petit et trop isolé. Pourtant, le choix de son emplacement fut justement son côté isolé, plus facile pour la police à surveiller.

Ne nous leurrons pas. Pour la plupart d’entre nous, le jeu demeure un amusement, comme l’alcool ou la drogue ne causent pas problème à la grande majorité. Faut-il pour autant se draper dans notre insensibilité et se dire «c’est leur problème?»

Le jeu qui créé l’endettement, mène au suicide, ça ne me regarde pas? L’endettement qui pousse des gens bien ordinaires au vol, au détournement de fonds, ça ne me préoccupe pas? Le crime organisé qui rôde autour d’un quartier résidentiel, quoi de plus banal?

Il ne faut pas le voir seulement comme un combat contre le Casino de Montréal. Non. Il est grand temps de reprendre ce qui nous revient de droit, notre bien-être. Seuls, nous n’y parviendrons pas. Collectivement, tout est possible.

Lors de l’ouverture du casino, nous ne connaissions pas tous les effets pervers et l’ampleur que l’accès au jeu pouvait occasionner. Maintenant, nous sommes davantage en mesure d’évaluer les coûts sociaux reliés au jeu compulsif. Le gouvernement ne peut plus faire l’autruche.

Pouvons-nous accepter que Loto-Québec, pour vendre son projet, ait acheté des pleines pages de publicité couleur en mettant de l’avant la présence du Cirque du Soleil? Est-ce acceptable de dépenser l’argent des contribuables pour favoriser les projets de Loto-Québec? Est-ce acceptable que Loto-Québec se cache derrière le Cirque du Soleil pour acheter notre conscience?

Appuyez les résidents de Pointe St-Charles en signant la pétition de la coalition Action-Gardien contre le déménagement du Casino. Demain, c’est peut-être vous qui aurez besoin d’aide. Faites vos choix, rien ne va plus!

Vous pouvez envoyer une lettre d’appui à: Action-Gardien de Pointe St-Charles, 1955, rue Centre, Montréal, Qc, H3K

Action-Gardien donnera la pétition aux parlementaires de la province. Envoyez aussi une lettre à votre député dénonçant le déménagement du Casino à Pointe St-Charles.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif;

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

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