L’industrie de la pauvreté

L’industrie de la pauvreté

Pierre Péloquin

La compétition est vive sur le marché de l’emploi. À Montréal, il est plus difficile pour un jeune, issu de quartier pauvre, de lutter à armes égales et sortir de sa pauvreté endémique. Naître pauvre et mourir pauvre, est-ce une obligation?

Le jeune défavorisé a de la compétition dans son groupe d’âge. Immigrants, jeunes des autres provinces venus s’installer dans la métropole, jeunes des autres régions du Québec, jeunes des banlieues.

Devant cette forte compétition, le jeune défavorisé part avec deux handicaps contre lui. Le premier, l’inertie culturelle, suppose que le jeune d’un quartier pauvre sort moins souvent de son quartier. Le second, l’effondrement du secteur manufacturier, diminue l’offre d’emploi dans son environnement. Le jeune, s’il veut trouver un emploi, doit sortir de son quartier. Il n’y a tout simplement pas de travail pour lui à proximité! Mais encore faut-il le laisser sortir…

Un des problèmes majeurs, c’est l’inertie culturelle des animateurs de l’industrie de la pauvreté, qui ont le même problème que leurs clients: ils ne sortent pas de leur cour. L’industrie de la pauvreté? Ce sont ces organismes qui obtiennent des fonds du gouvernement pour venir en aide aux démunis. L’industrie a ses professionnels, ses intervenants, son lobby officiel avec le Chantier de l’économie sociale. Tous ces gens ne peuvent s’occuper que des personnes présentes sur un territoire bien précis. Leur façon de vivre, d’opérer, n’est pas basée sur le déplacement.

Pour cette industrie, si tu gardes tes pauvres dans ton quartier, tu gardes tes subventions. Plus tu as de pauvres, plus tu reçois de l’argent. Car les subventions sont ciblées sur les indicateurs de pauvreté. Donc pour conserver ce financement, les gens du quartier ne doivent pas s’enrichir.

Mais avec les des conditions de vie qui s’améliorent et notre taux de chômage au plus bas depuis les 10 dernières années, l’industrie crie famine. Veut-elle vraiment aider les jeunes à améliorer leur sort? En a-t-elle les moyens?

Des jeunes plus mobiles

Les jeunes en provenance de l’extérieur de Montréal sont plus mobiles que ceux des quartiers pauvres. Ils vont gagner la compétition, rafler les emplois disponibles. Il convient donc d’aider les perdants. Sinon, ils demeureront perdants.

Il faudrait que les jeunes décrocheurs, les jeunes adultes chômeurs et les élèves du secondaire obtiennent une passe de transport en commun gratuite. Le jeune chômeur, qui s’inscrit au Centre local d’emploi, devrait obtenir un titre de transport. Comme le jeune n’a pas envie de sortir de son quartier, il n’achètera pas la carte mensuelle à 63$.

Un transport en commun plus cher?

Est-il normal que, depuis 2002, la Société des Transports de Montréal (STM) ait augmenté ses tarifs de 26%? Encore cette année, la Ville de Montréal a annoncé une autre augmentation tarifaire. La Ville veut régler ses problèmes de finances publiques et de relations de travail sur le dos des usagers du transport en commun.

Les raisons avancées pour justifier une nouvelle augmentation sont l’indexation des salaires prévus à la convention collective, les lois sur l’équité salariale et les congés parentaux, la hausse du prix de l’essence et la hausse du nombre de déplacements pour le transport adapté. Des raisons qui n’ont rien à voir avec le transport en commun…

Pourquoi ne pas faire comme Londres? Que ceux qui doivent se rendre sur l’île paient. Ceux qui vont y flâner n’iront plus. Ou ils iront en métro, en bus. L’argent des véhicules payants permettrait que certaines couches de la société ne paient pas pour le transport en commun. Certaines lignes, certains jours, pourraient être gratuites. Ce qui pourrait favoriser le commerce la fin de semaine, par exemple.

Autre exemple, celui de l’université de Sherbrooke. Le transport en commun est gratuit pour tous ses étudiants. Après environ 2 ans d’expérience, les étudiants utilisent la voiture de  40 à 60% moins qu’auparavant. Ça désengorge le trafic, oblige la Ville de Sherbrooke à assurer un service de meilleure qualité en raison d’un plus grand nombre d’utilisateurs et l’université songe construire de nouveaux bâtiments à la place de stationnements. Comme quoi, en fournissant le transport gratuit à certains, tous deviennent gagnants.

Pierre Péloquin est économiste. Il a commencé à la fin des années 1970 dans les Cantons de l’Est à l’époque où la récession poussait les entreprises vers la faillite. Il voyait à la relance ou au recyclage de ces compagnies en difficultés financières. Suite à la crise économique de 1987, son aide est demandée pour redresser la barre des caisses de retraites de la Ville de Montréal.

En plus d’agir comme consultant, M. Péloquin a enseigné en économie pendant 15 ans à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Le désengagement du gouvernement envers le communautaire

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Est-ce la fin des parcs nationaux? Charest offre le mont Orford a ses amis.

Est-ce la fin des parcs nationaux? Charest offre le mont Orford a ses amis.

Dominic Desmarais Une décision rapide. Le nouveau ministre de l’Environnement, Claude Béchard, a mis 7 jours avant de prendre sa décision de permettre la construction de 1000 condos sur le mont Orford. Son prédécesseur, Thomas J. Mulcair, aura eu ce dossier dans les mains pendant plus de 1000 jours sans être en mesure de trancher entre le respect de l’environnement et l’appui à l’économie. M. Béchard annonçait sa première décision en tant que ministre de l’Environnement, du Développement durable et des Parcs. On voit quelle était sa priorité.

Priorité aux amis du Parti?

Dès octobre 2005, Reflet de Société pointait du doigt 2 des 3 actionnaires du mont Orford impliqués dans le projet des condos. À savoir Claude Boulay, président du Groupe Everest, une célébrité depuis sa participation au scandale des commandites, et Paul Gobeil, ancien ministre libéral sous Robert Bourassa. Ces deux hommes sont proches, la femme de M. Boulay ayant été attachée politique de M. Gobeil. Les noms viennent à peine d’être soulevés par les grands médias. Trop peu trop tard, la décision est déjà prise…

Ces gens, de même que l’autre actionnaire, André L’Espérance, sont de grosses pointures en Estrie, région d’où provient le premier ministre… Celui-là même qui, dans une lettre adressée à un citoyen opposé au projet, affirmait que les condos ne verraient le jour que s’il y avait consensus au sein de la population… Il est où, votre consensus, M. Charest?

Une décision environnementale?

En octobre 2005, Reflet de Société s’inquiétait de la nature du mandat donné au BAPE. Le mandat ne demandait pas d’évaluer l’impact environnemental de la construction de 1000 condos sur le parc national du mont Orford. Sa portée se limitait sur l’équité écologique d’un échange de terrains. Malgré le manque de données à sa disposition, le rapport du BAPE concluait: «sous divers aspects, l’échange de terrains et la construction d’unités d’hébergements qui y est associée porteraient atteinte à l’intégrité du parc national du mont Orford.» Il n’y a plus d’échange de terrain. Il n’y aura pas d’autre étude du BAPE. Donc personne ne connaîtra l’impact qu’aura la construction de 1000 condos sur le mont Orford. Pour le savoir, il faudra attendre.

Les écologistes sont montés aux barricades pour s’opposer à cette décision. Ce qui a fait réagir Monique Gagnon-Tremblay, ministre responsable de l’Estrie. «Qu’ils l’achètent, la montagne!», s’est-elle écriée. Mme Tremblay a-t-elle lu le rapport du BAPE? Elle aurait dû. Car le BAPE estime qu’une évaluation complète «aurait permis de mesurer les répercussions du projet proposé, d’apporter les correctifs et, surtout, d’examiner d’autres options». À croire que le gouvernement voulait éviter d’examiner d’autres options… Comme le ministère de l’Environnement voulait éviter de répondre aux questions de Reflet de Société. Mulcair n’a jamais voulu nous parler. Son sous-fifre, le sous-ministre au développement durable, Léopold Gaudreau, a répondu à la politicienne malgré notre insistance. Il s’est borné à dire que ce qui est important, «la question sur laquelle le ministre (Mulcair) devra se pencher, c’est l’impact du projet.» Faut-il se surprendre que le gouvernement Charest ait pris une décision sans vraiment connaître cet impact?

Retour d’ascenseur pour le ministre Béchard?

Le ministre Béchard explique sa rapidité par la décision déjà prise par son prédécesseur. Ah bon… Dans ce cas, pourquoi reporte-t-il à la fin de l ‘été le dépôt du plan d’action contre le réchauffement de la planète, promis pour ce printemps par M. Mulcair? Ce plan, comme la décision du mont Orford, est attendu depuis 3 ans. Il sera bon de regarder du côté de la circonscription Kamouraska-Témiscouata, le comté du ministre Béchard. Il demande que soit octroyé – sans appel d’offres – le contrat de remplacement des wagons de métro de Montréal à Bombardier. Au profit de l’usine de La Pocatière, située dans son comté. Aura-t-il droit au retour de l’ascenseur?

Même approche pour le casino de Montréal?

Que faut-il penser alors du projet de déménagement du Casino à Pointe-Saint-Charles? Le rapport Coulombe, qui doit être déposé sous peu, ne serait pas favorable. Celui déposé par la Santé publique de Montréal ne l’est carrément pas. Plusieurs citoyens s’opposent à ce déménagement. Le milieu des affaires et du tourisme milite en sa faveur. On se dirige vers des consultations publiques. Tout sera fait selon les règles de l’art. Ça ressemble à s’y méprendre au projet de condos sur le mont Orford… Encore une fois, on risque de nous servir le fameux argument qu’on a pas les moyens de faire autrement, que ça va créer des emplois… Le gouvernement va gagner du temps. Il va laisser tout ce monde s’opposer, faire croire qu’il est à l’écoute du peuple. La décision, sans surprise, penchera certainement en faveur du casino. Et on se rendra compte, encore une fois, que notre gouvernement n’aura fait qu’à sa tête. Et Monique Gagnon Tremblay va encore s’emporter…

Autres textes sur l’environnement.

Pistes glissantes au Mont Orford

Jean Charest et les sociétés d’état

Textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement

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À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

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Innover ou mourir. Entrevue avec André Lemieux, commissaire à la relance de Murdochville

Innover ou mourir. Entrevue avec André Lemieux, commissaire à la relance de Murdochville

Par Frédérique Vincent, Graffici.

Murdochvillle -Noranda, Gaspésia, Smurfit-Stone, autant de noms qui sonnent comme un passé industriel gaspésien révolu. Aujourd’hui, la Gaspésie recherche son salut dans la diversification économique. Pour relever ce défi et relancer la roue, les municipalités engagent des démarcheurs, des agents de revitalisation, des commissaires à la relance… Autant de nouveaux métiers méconnus dont les tâches sont considérables.

Reconstruire la base Natif de Grande-Vallée, André Lemieux entre en fonction à Murdochville durant l’automne 2003. La ville est alors divisée par un conflit opposant partisans de la fermeture à ceux de la relance. La «reconstruction du tissu social» est le premier défi de M. Lemieux. Écouter, débattre, convaincre et responsabiliser chacun vis-à-vis de son rôle. «La première année, j’étais quasiment un psychologue», explique-t-il. Le second défi fut d’assurer le «maintien des services de base à la population» parce que «pour développer, il faut être conséquent et commencer par sécuriser la base», soutient M. Lemieux. La ville s’est lancée dans la création d’un parc municipal, l’aménagement de terrains de tennis, la plantation d’arbres pour l’embellissement des lieux, on doit créer des points de rencontre et donner l’exemple. «On ne peut pas faire du développement dans un désert social et culturel», de conclure M. Lemieux.

Après avoir comblé les besoins urgents, une ville en relance a besoin de temps pour assurer sa diversification économique. Si les commerçants en déficit de Murdochville ont bénéficié d’un appui financier temporaire du gouvernement, la véritable bouffée d’oxygène est venue des projets éoliens de la compagnie 3CI. Deux parcs sont achevés, un troisième est en construction et un quatrième est à l’étude. Avec 250 travailleurs en période de pointe, «ces retombées économiques sont passagères, mais elles nous ont sauvés», affirme M. Lemieux. Elles ont permis de maintenir de l’activité économique alors que le comité de relance travaillait sur l’avenir.

Voir l’avenir

«Pour définir notre stratégie de développement, nous avons établi nos forces et nos faiblesses dans différents secteurs, explique M. Lemieux. Les secteurs économiques [prometteurs] ont ensuite été confrontés aux tendances des marchés pour évaluer les opportunités de développement.» C’est ainsi que la municipalité a dégagé trois axes majeurs: les énergies renouvelables, le récréotourisme et les nouvelles technologies de communication. M. Lemieux souligne l’importance d’une telle analyse qui a permis de transformer «la faiblesse due aux conditions nordiques» en un atout. En effet, un centre de recherche et de développement sur les éoliennes en climat nordique verra le jour à Murdochville.

Dans ses démarches pour attirer des entreprises à Murdochville, M. Lemieux recherche des structures de taille raisonnable: «Il ne faut pas attendre un Noranda 2. L’industrie lourde et les grandes entreprises ne répondent plus aux contraintes de la mondialisation. Aujourd’hui, il faut être flexible pour répondre aux marchés changeants. Les petites et moyennes entreprises sont mieux adaptées à cette flexibilité». M. Lemieux déplore toutefois la «forte dépendance gaspésienne envers la grande entreprise, l’emploi saisonnier et l’assurance-emploi». Une «culture qui nous fait du mal» et qui provoque chez nous «un esprit entrepreneurial faible», poursuit-il.

Innover en Gaspésie?

M. Lemieux, détenteur d’un doctorat en développement régional, a effectué des recherches sur des régions ressources du monde occidental. Ces études lui ont permis d’identifier l’innovation comme un des ingrédients gagnants des régions qui ont réussi leur reconversion. Mais une enquête réalisée dans les cinq régions périphériques du Québec montre que la Gaspésie se situe au dernier rang en matière d’innovation technologique de ses entreprises. De plus, celles qui innovent le font «trop souvent à partir de leurs propres entreprises», précise-t-il. M. Lemieux soutient que la Gaspésie doit travailler à rapprocher les PME entre elles tout en développant leurs relations avec les acteurs du milieu (centre de recherche, organismes disposant d’outil de financement). Les organismes de financement assurent «un bon appui au départ, mais il manque de suivi» lors du développement. M. Lemieux rêve par exemple d’un véritable réseau d’innovation gaspésien en matière d’énergie éolienne à la manière du Bas-Saint-Laurent et des ressources maritimes (région qui occupe le premier rang des régions ressources du Québec en matière d’innovation). Il aimerait ainsi que «les résultats du centre de recherche éolien de Murdochville deviennent publics et soient utilisés par des entreprises de la région».

Même si le développement régional et son métier le passionnent, M. Lemieux admet que son travail est difficile particulièrement lorsqu’il s’agit de modifier des mentalités ou des habitudes. Mais la Gaspésie n’a pas le choix; elle doit «revoir ses façons de faire», ajoute-t-il avant de conclure, optimiste: «je crois en la nouvelle génération».

Recette pour une mondialisation réussie

Des étudiants étrangers stimulent la Gaspésie

Gaspé se mondialise

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois. Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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Les tentacules de l’or noir

Les tentacules de l’or noir
Alain Martel, travailleur de rue, Montérégie.

or noir

Êtes-vous de ceux qui, comme moi, se lèvent la nuit pour maudire la hausse du prix du pétrole? Ça n’a juste pas de bon sens. Êtes-vous de ceux qui, comme moi, cherchent le coupable?

Il y a bien le maudit gouvernement. Encore lui. Les taxes, pas de réglementation… Il y a aussi les Américains. Encore eux. Sans la guerre en Irak et sans l’hégémonie américaine, on serait sûrement encore à 65 cents le litre. J’allais oublier les pétrolières. Encore elles. Une sorte de trust mondial de «crosseurs légaux».

Élection d’un nouveau président iranien. Paraîtrait qu’il était impliqué dans la prise d’otages de l’ambassade américaine dans les années 1980. On augmente le prix de l’essence de 2 cents!. L’ouragan Dennis… 2 autres cents. Les attaques terroristes de Londres… ça vaut bien une autre augmentation de 3 cents. Sans compter que la menace est toujours là et qu’on se doit d’avoir peur, alors un autre 2 cents. La Chine s’intéresse au pétrole mondial. C’est gros, la Chine, et plein de consommateurs qui ont tout à acheter… Intéressant, la Chine. Ajoutons quelques cents là aussi.

La hausse du prix du pétrole me fait penser à l’alcoolisme. Toutes les excuses sont bonnes pour boire comme pour augmenter le prix du pétrole. Depuis que mes humeurs fluctuent avec le prix du brut, je me suis mis à analyser les hausses de prix. Elles arrivent souvent, comme par hasard, quand il y a les vacances de Noël, de la construction, la fête du travail. On fait un bond prodigieux et après on redescend un peu pour nous calmer le gros nerf, et on recommence…

Je regarde beaucoup les reportages sur le sujet. Ils ont souvent mis de l’huile sur mon feu de pétrole. Dans l’un d’eux, on expliquait qu’acheter de gros véhicules mettait de la pression sur le marché. La demande étant plus forte, le prix augmente. L’histoire de l’offre et de la demande. C’est quand même assez simple à comprendre. Ça m’a calmé un peu, mais surtout, je me suis mis à y réfléchir. Comment cela se fait-il que nous sommes responsables de tout ça? Voici les fruits de ma réflexion.

Dans les années 1970, la diminution de la production par les pays exportateurs de pétrole a mis le monde en émoi. Pour la première fois, à ma connaissance, on constatait que cette ressource n’était pas éternelle et qu’elle échappait à notre contrôle. Les compagnies automobiles ont réagi en fabriquant des voitures plus petites et plus performantes côté consommation. On nous a vendu l’économie du pétrole comme la nouvelle révolution industrielle.

Je me rends compte maintenant qu’avec une ou deux petites guerres bien placées, quelques associations bien calculées, les grandes multinationales ont réussi à nous sécuriser face à notre peur de manquer de pétrole. Après nous avoir sécurisés, elles ont réinventé les grosses bagnoles et le confort que nous méritons. Les véhicules utilitaires sports (VUS) sont nés. Plus gros. Meilleurs. Plus de confort. Chaque compagnie a son VUS. Plus de puissance. Plus belles carrosseries etc… et 6 à 8 milles au gallon. Le gars du reportage avait raison. Plus on achète des véhicules qui consomment trop, plus on met de la pression sur le marché et plus les prix augmentent.

C’est quand même un grand coup de marketing. Ç’a pris 25 ans avant d’en arriver là, mais c’est beau. J’ai toujours pensé que ces compagnies ne portaient jamais attention au peuple et à l’être humain. Elles viennent de me prouver le contraire. Elles ont bien analysé. Elles ont compris nos travers. Que si elles arrivent à nous sécuriser, elles peuvent nous vendre n’importe quoi. On nous sécurise pour nous vendre des véhicules qui nous feront payer cher ce pétrole. Elles gagnent doublement. On nous insécurise avec le terrorisme et on nous vend une guerre en Irak et une augmentation faramineuse des budgets militaires. Vous voyez le portrait. Ils ont surtout compris que l’être humain est le seul animal de cette planète qui n’utilise jamais les leçons de la vie. Merci de me lire. Merci de me publier.

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poesie-urbaine-roberto-mayerjours-de-nuit Poésie urbaine. Jours de Nuit. Roberto Mayer. 11,95$

Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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Autopsie d’un exclu

Autopsie d’un exclu

Sonia Lavergne, Tour d’y Voir, Trois-Rivières.

Serge Gélinas est agent de recherche pour l’Économie Communautaire de Francheville (ÉCOF), un organisme de développement social dans la région de Trois-Rivières. Serge travaille actuellement sur l’exclusion sociale et l’employabilité.

L’exclusion sociale passionne Serge. Il a lui-même vécu ce phénomène avec un passé de consommateur qui s’est échelonné sur 20 ans. Plus jeune, il a quitté l’école avec à peine un secondaire 2 dans les poches. Pour lui, le marché du travail était une avenue plus prometteuse que les bancs d’école. «Je pensais en connaître et en savoir assez pour pouvoir gagner ma vie, explique-t-il. J’ai 20 ans de consommation, alors j’ai toujours vécu pour ma consommation jusqu’en 1993, où j’ai entamé ma deuxième thérapie.» À cette époque, il avait atteint un point de non retour. Après avoir consommé l’argent familial qui devait servir à l’achat de lait et de couches pour le bébé, il décide d’entreprendre une deuxième thérapie qui lui sera salutaire. «C’était ça ou la route de la prostitution», explique-t-il.

Cette thérapie amène Serge à se remettre en question et à se demander ce qu’il allait faire dans la vie. C’est alors qu’il a eu le goût de se diriger vers le mouvement communautaire. Après avoir œuvré dans une maison d’hébergement pour sans-abri, comme intervenant auprès de toxicomanes puis comme intervenant dans une maison venant en aide aux hommes violents, etc., il décide de retourner aux études pour obtenir un baccalauréat en communication sociale.

Parallèlement à ses études, il réalise un stage où il fait une recherche sur l’exclusion sociale: la perception des punks de la région sur les services offerts par la Ville de Trois-Rivières.

Son stage terminé, il est embauché par la Démarche de revitalisation des premiers quartiers de Trois-Rivières. Cet organisme avait un projet de recherche pour connaître les indicateurs de désinsertion des personnes exclues. C’est après avoir réalisé cette recherche qu’il a été appelé à se pencher sur le phénomène de l’exclusion et de l’employabilité.

Ses travaux de recherche devraient se terminer en mars 2006 et se clôturer par un séminaire dont le but sera d’exposer les résultats de la recherche. Une quarantaine de candidats de Trois-Rivières et une quarantaine de personnes d’Ottawa ont participé à cette recherche. Cette étude visait à recueillir l’opinion de personnes, qui sont soit en employabilité ou en dehors du marché du travail. Le but est de réajuster le tir au niveau des programmes d’employabilité qui sont déjà offerts.

Pour lui, la vie est remplie d’exemples d’espoir. «L’important c’est de s’accrocher à un rêve. L’individu qui n’a pas d’objectif personnel s’éteint», conclut-il.

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Le bénévolat, un tremplin pour le travail

Le bénévolat, un tremplin pour le travail

Julie Rhéaume, correspondante de Québec.

Le bénévolat dans des organismes communautaires peut ouvrir des portes et aider à démarrer une nouvelle carrière. À la suite d’une perte d’emploi, j’ai commencé à animer et produire un magazine culturel sur les ondes d’une radio communautaire de Québec. Je voulais remplir un agenda un peu trop vide à mon goût et continuer à œuvrer dans mon secteur d’activités. Je ne savais pas encore que les contacts établis me serviraient dans ma future carrière de pigiste pour un magazine artistique grand public.

Février 2004, mon poste au journal Droit de parole, publication de gauche bien connue à Québec, est aboli. C’est le désarroi. Le seul boulot qui s’annonce, ce sont mes collaborations à Reflet de Société. Je n’ai absolument rien devant moi. Je passe quelques entrevues pour de gros médias. J’obtiens quelques contrats de rédaction à la pige ici et là mais le découragement s’installe. Afin de briser ce cycle de quasi-inactivité et relever de nouveaux défis, je propose un projet d’émission culturelle à la radio communautaire CKIA. Je veux y faire des entrevues avec, entre autres, des artistes alternatifs, pop, néo-trad, rock; y donner des suggestions d’activités; des comptes-rendus de spectacles et plus encore. Mon projet est accepté: mon émission, Qulture, entre en ondes fin mai 2004. Je fréquente les conférences de presse, je vois des spectacles, je m’y fais des contacts avec des intervenants du milieu culturel et des relationnistes de boîtes de communications qui s’occupent de la venue d’artistes à Québec. Je courre partout! Même si je le fais bénévolement, ça me sauve de la déprime. Mon implication a des effets bénéfiques sur ma vie professionnelle, sociale et ma santé mentale!

J’anime Qulture par plaisir. J’y interview tout autant des artistes de la relève que de gros noms comme Ariane Moffat ou Luck Mervil. Du travailleur communautaire que je rencontre pour Reflet de Société à la méga vedette, tout le monde est égal pour moi. Je traite tous les gens avec le même respect.

Retombées de l’implication

L’été dernier, j’ai envoyé plusieurs CV à des magazines populaires dans le but d’offrir mes services comme pigiste ou salariée. L’un d’eux, orienté sur le milieu artistique et la mode, m’appelle. Depuis la mi-juillet, je collabore régulièrement à cette publication. Sans les contacts établis dans le cadre de l’émission Qulture, mes relations avec le milieu artistique auraient été plus difficiles. Il faut savoir à quelles portes frapper. Il faut gagner la confiance des divers intervenants. Mon expérience comme productrice et animatrice de mon émission culturelle m’aura apprise à naviguer à travers les dédales du showbiz et de connaître plein de gens.

Mon conseil aux étudiants, jeunes diplômés en recherche de travail dans leur domaine et à toute personne en recherche d’emploi: impliquez-vous! N’ayez pas peur du bénévolat. Déterminez combien de temps vous pouvez y consacrer par semaine et contactez des organismes qui vous intéressent. Vous pourrez y acquérir de l’expérience professionnelle. Vous ferez des contacts et si vous vivez l’isolement, vous y rencontrerez des gens ayant des intérêts communs.

CKIA 88,3FM

Née en 1984 à Québec, CKIA 88,3FM est une station communautaire progressiste, ouverte sur le monde, éprise de justice sociale et orientée sur la diversité musicale. Quelque 150 artisans donnent vie à une soixantaine d’émissions. La centaine d’heures de programmation hebdomadaire de CKIA-FM offre un métissage d’information locale, internationale, féministe, écologique, culturelle, artistique et musicale. On y retrouve des émissions en créoles destinées à la communauté haïtienne, d’autres en espagnol et même une en mandarin!

CKIA propose une programmation de qualité assumée par des producteurs, des animateurs, des chroniqueurs et des techniciens à la mise en ondes bénévoles. Elle fait des miracles avec des moyens limités et une toute petite équipe de salariés. Qulture est en ondes les vendredis à CKIA de 15h à 17h. www.meduse.org/ckiafm

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/06/dvd-pour-la-promotion-du-benevolat/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/02/donner-aux-autres-apprendre-sur-soi/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/19/les-prisonniers-de-linstitut-leclerc-remercient-leurs-benevoles/

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Que signifie être dépendant?

Que signifie être dépendant?

Anne-Marie Miron    Dossier Alcool et drogue.

Que signifie «être dépendant»? Comment savoir si vous ou l’un de vos proches êtes dépendant de quelque chose? Où pouvez-vous trouver de l’aide? Nous sommes nombreux à prendre part à des activités que l’on associe souvent à des comportements de dépendance ou des comportements compulsifs, des activités telles que boire ou jouer. Mais nous n’en sommes pas tous dépendants. Qu’est-ce qui caractérise un comportement de dépendance? Où commence-t-il?

Les formes de dépendance sont nombreuses. Drogues illicites, médicaments délivrés sur ordonnance, alcool et inhalants sont tous des substances dont des personnes abusent couramment. Le jeu, les relations sexuelles et le magasinage sont souvent associés à des comportements compulsifs ou à problèmes.

Pour se faire une idée plus claire de ce à quoi ressemblent les dépendances et des moyens qui existent pour les traiter, nous avons interrogé deux experts en la matière : Wende Wood du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM), hôpital de référence au Canada dans le domaine de l’éducation en matière de santé mentale et de toxicomanie, et Sam Waldner, représentant des Samuel Waldner Counselling and Addiction Services, praticien privé qui propose des programmes en douze étapes (dont les Alcooliques anonymes sont un exemple célèbre).

Wood dit que l’on reconnaît un comportement de dépendance au fait qu’il affecte la vie de la personne, à un point tel que toute son énergie et son attention sont consacrées à la poursuite de ce comportement. Cela s’explique, ajoute-t-elle, par le fait que certaines activités (comme boire ou jouer) stimulent une «voie vers la récompense» dans le cerveau. En conséquence, le cerveau veut poursuivre cette activité, malgré les conséquences négatives auxquelles la personne concernée est confrontée. Le désir de «récompense» devient plus fort que l’incidence négative et c’est ainsi que le comportement se poursuit. Par exemple, une personne dépendante au jeu peut continuer à essayer d’entrer dans un casino après y avoir été interdite d’accès ou encore se faire rembourser son assurance-vie de façon à pouvoir continuer de jouer.

Waldner décrit la dépendance comme le fait d’être impliqué de façon continue dans un comportement répété à l’origine d’un certain type de conséquences négatives. Cela s’applique aussi à une personne qui continue à suivre une activité malgré ses effets nuisibles; par exemple, une personne qui n’arrête pas de fumer même si elle connaît les risques pour sa santé auxquels elle s’expose.

Waldner explique que les principales caractéristiques de la dépendance sont doubles : une perte de contrôle (le comportement de la personne devient imprévisible, comme dans le cas où la personne continue à boire malgré le fait qu’elle ait juré d’arrêter) et un fort sentiment de déni. Nier sa dépendance est un facteur puissant qui pousse la personne à ne rien changer à ses habitudes, du fait qu’elle croit dur comme fer qu’il n’y a pas de réel problème et que la prochaine fois, le même comportement produira des résultats différents. «C’est presque comme si la personne souffrait d’une sorte d’amnésie», ajoute Waldner.

Qu’est-ce qui pousse une personne à être dépendante de l’alcool et une autre à magasiner de façon compulsive?

D’après Wende Wood, des facteurs tels que l’environnement de la personne et ses dispositions génétiques peuvent jouer un rôle. Par exemple, si les parents de la personne fument, alors le fait d’être exposé à des modèles de rôles qui fument peut jouer un rôle en rendant ce comportement acceptable, ce qui prépare le terrain au moment de fumer la première cigarette. Tous les fumeurs ne deviennent pas dépendants, et il y a certaines dispositions génétiques quant à la quantité de «récompense» fournie par le cerveau, mais sans cette première exposition à la substance, on ne peut établir la voie de la récompense et la dépendance ne survient pas. Évidemment, tous les enfants de fumeurs ne deviennent pas eux-mêmes fumeurs; certains d’entre eux peuvent, en réaction à une influence de leur environnement, décider de ne jamais fumer. Wood explique aussi que la disponibilité de la substance dont la personne abuse est primordiale. Tandis que le Centre de toxicomanie et de santé mentale n’est pas d’accord avec la théorie de la voie de la récompense pour l’abus de drogue (l’usage de certaines drogues illicites comme la marijuana ou l’ecstasie est une «voie» vers l’usage de drogues plus fortes telles que la cocaïne ou la méthamphétamine), Wood reconnaît que certaines drogues illicites sont plus facilement accessibles que d’autres et donc, sont souvent la première drogue que la personne risque d’essayer. Et, avec le temps, au fur et à mesure que l’accoutumance à la drogue s’installe, la personne risque alors de rechercher d’autres types de drogues.

Sam Waldner est d’accord sur le fait que la disponibilité joue un rôle dans le développement d’un comportement compulsif ou dans l’abus d’une substance. Il ajoute que l’implication d’un pair entre également en jeu. Ce que différentes formes de dépendance ont en commun, remarque Waldner, c’est le même problème sous-jacent : un trouble de dépendance. Ainsi, bien qu’une personne puisse avoir une propension naturelle à un certain comportement (p. ex. : jouer) et commencer par manifester une dépendance dans ce domaine, le trouble a tendance à finir par se propager à d’autres activités. Autrement dit, une personne avec une dépendance au jeu peut finir par se mettre à abuser de médicaments délivrés sur ordonnance ou d’alcool.

Mais à quel moment touche-t-on le fond? Et comment les personnes en arrivent-elles là? Wende Wood met en évidence le fait que «toucher le fond» est une expression subjective. Pour une personne, tout perdre peut signifier perdre son conjoint ou sa maison, tandis que pour une autre personne, ne plus avoir de toit ne signifie pas encore qu’elle a touché le fond. Et ce à quoi «toucher le fond» ressemble dépendra naturellement de ce que la personne avait au départ. En outre, Wood explique que c’est une idée fausse de croire que l’on a besoin de toucher le fond avant de chercher de l’aide; souvent, diverses opportunités dans lesquelles la personne est disposée à recevoir ou à demander de l’aide se présentent à un moment donné.

Sam Waldner explique que souvent, la personne dépendante a besoin de commencer à ressentir la douleur qui résulte de ses actions avant de pouvoir commencer à changer quelque chose. Le processus pour ressentir cette douleur est très long, car la douleur sert souvent de stimulus au démarrage de mécanismes d’autodéfense. Ces derniers protègent et entretiennent l’amour propre (en niant que l’on est dépendant), en permettant à la personne de rationaliser et de poursuivre son comportement. Dans de nombreux cas, la perte ou la perspective de perdre une relation ou quelque chose de valeur similaire peut souvent aider la personne à reconnaître qu’il y a un problème. Des charges retenues contre la personne ou son arrestation (p. ex. : pour possession de drogues illicites ou pour conduite sous l’emprise de drogue) peuvent également contribuer à cette prise de conscience.

Waldner insiste sur le fait que généralement, la personne a besoin d’entendre le même message plusieurs fois (accompagné d’observations spécifiques) de la part de sa famille et de ses amis qui lui disent qu’ils voient un problème. Même s’il y a de fortes chances pour que cette information ne serve pas de stimulus immédiat pour chercher de l’aide, le fait de répéter le message global peut contribuer à contrecarrer la «puissante» composante du déni «bien ancré».

Surmonter sa dépendance

Surmonter sa dépendance n’est pas facile mais reste néanmoins possible. Le traitement sera composé de différents remèdes spécifiques en fonction de la nature de la dépendance ou de la substance utilisée. Cela dit, tous les traitements ont une caractéristique commune: ils doivent être des traitements à long terme. Wende Wood et Sam Waldner sont d’accord sur le fait que la dépendance est un trouble chronique pour lequel il n’existe pas de solution instantanée.

Wood souligne qu’il y a une différence entre la «désintoxication» et le traitement: la désintoxication nettoiera le système de la personne de la substance utilisée, mais c’est un traitement continu qu’il faut, notamment se faire conseiller de façon individuelle ou en groupe, enrichir ses capacités d’adaptation, et, si possible, changer son environnement social (p. ex. : changer d’amis ou déménager). Même si le médicament connu sous le nom de naltrexone (ReViaMD) peut jouer un rôle dans le traitement de la dépendance à l’alcool ou aux opiacés (il empêche les états d’euphorie), Wood constate qu’il ne guérit pas. (En général, le naltrexone ne représente qu’une partie du programme de traitement qui comprend le plus souvent des conseils ou la participation à un groupe d’entraide.) L’usage de méthadone pour aider à traiter la dépendance aux opiacés (p. ex. : héroïne, codéine ou oxycodone) est controversé : si certains trouvent que cela revient à remplacer une dépendance par une autre, le Centre de toxicomanie et de santé mentale pense qu’on peut l’utiliser sans risque au sein d’un programme soumis à une surveillance. Néanmoins, le traitement par méthadone ne guérit pas et, comme tous les traitements de la dépendance, il exige que la personne concernée prenne ses responsabilités et s’implique dans le traitement.

Waldner insiste sur le fait que si les dépendances sont chroniques par nature, il est tout à fait possible de les traiter. Tandis que le comportement à problème peut cesser avec le traitement, explique-t-il, le trouble à l’origine de la dépendance restera, de même que sa composante interne qui consiste à nier être atteint de ce trouble. Ainsi, la clé de la guérison est de continuer à croire que l’on a besoin d’aide de façon à continuer d’en chercher. Dans le cas contraire, il y a un risque de rechute. D’après Waldner, dans le cadre du modèle en 12 étapes, cela signifie «continuer à revenir en arrière», c’est-à-dire continuer à assister à des réunions comme faisant partie d’un traitement continu. Il décrit la situation comme étant semblable à celle d’une personne diabétique : même s’il est possible de parvenir à un certain contrôle de la maladie grâce à un traitement en continu, celle-ci ne disparaît pas et la personne doit entretenir activement sa «guérison» .

Où trouver de l’aide pour surmonter une dépendance?

L’aide est là, elle existe. Savoir où la trouver quand vous en avez besoin fera toute la différence.

Voici un petit échantillon des services qui existent. Pour de plus amples renseignements, cherchez en ligne les services qui existent dans votre région, ou encore consultez votre médecin, votre pharmacien, votre professeur ou votre conseiller d’orientation. Les pages bleues et les pages jaunes de votre annuaire téléphonique fournissent également des informations sur les moyens de trouver de l’aide.

Ressources: Alcool et drogue

Alberta Alcohol and Drug Abuse Commission

Alcooliques anonymes

Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies : http://www.ccsa.ca/CCSA/FR/TopNav/Home/

Centre de toxicomanie et de santé mentale

Drogue et alcool Répertoire des traitements

Jeunesse, J’écoute : 1-800-668-6868

The Motherisk Program

VOS COMMENTAIRES SUR QUE SIGNIFIE ÊTRE DÉPENDANT?

Autres textes sur Alcool et drogue.

À Anne-Marie, ma mère alcoolique.

Drogué à 12 ans.

Témoignage d’un jeune consommateur.

Les écoles, la drogue et le sexe.

Qu’est-ce qu’un alcoolique?

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VOS COMMENTAIRES SUR QUE SIGNIFIE ÊTRE DÉPENDANT?

Wal-Mart: La madame est pu contente pantoute!

Wal-Mart: La madame est pu contente pantoute!

Raymond Viger. Volume 14.2, Décembre 2005

Changement de cap majeur. M. Mario Pilozzi, président de Wal-Mart Canada, a décidé d’orienter ses publicités vers le bon père de famille qui soutient sa communauté. Fini les pubs annonçant des bas prix. Fini la madame qui est contente. Vive la bonne conscience sociale.

Est-ce une opération marketing bien orchestrée? Est-ce que Wal-Mart vend des bas prix aux États-Unis, une bonne conscience au Québec et des pots de vin en Chine? Mis à part son département de marketing, y a-t-il un vrai changement dans la gestion de Wal-mart?

Si Wal-Mart veut devenir un bon citoyen corporatif, félicitations! Peut-être St-Paul n’est-il plus le seul à s’être fait foudroyer d’une bonne conscience sur le chemin de Damase. Mais ce n’est pas en achetant de la publicité et en distribuant quelques commandites à des organismes communautaires que cela en fait un généreux Robin des bois socialement acceptable. On sait maintenant ce qui peut se cacher derrière des commandites. Cette stratégie a-t-elle été empruntée aux libéraux?

Une maison de jeunes peut-elle accepter un don de 1000$ de Wal-Mart alors que cette compagnie congédie des centaines d’employés à Jonquière qui voulaient se syndiquer? Un organisme d’aide aux pauvres peut-il accepter une commandite pendant que les commerces d’une région ferment les uns après les autres en raison des méthodes de ce géant? En forçant ces petites entreprises à fermer, Wal-Mart crée une nouvelle classe de pauvres, qui n’auront d’autres choix que d’acheter dans ses magasins. Peut-on accepter que Wal-Mart subventionne les prix Iso-famille reconnaissant, la qualité du soutien Travail-famille, pendant que ses propres employés ont des conditions de travail questionnables?… Que Wal-Mart fasse ses devoirs et il pourra gagner la confiance populaire avec le temps.

On vient d’apprendre que Wal-Mart tente de vendre de la margarine illégale. Une tactique pour faire plus d’argent. Et ils veulent nous faire croire qu’ils ont changé, en nous vendant une image sociale de bon père de famille, en achetant de la publicité et de la commandite!

Face à ce virage radical, Reflet de Société se positionne clairement. Nous REFUSONS toute publicité et toute commandite de Wal-Mart. Nous espérons aussi que les autres organismes communautaires ne vendront pas leur âme et conscience en laissant Wal-Mart acheter leur crédibilité pour quelques dollars de commandite. Si Wal-Mart veut se montrer généreux et gagner notre respect, que cette commandite soit un don gratuit et anonyme. S’ils ne peuvent respecter l’anonymat de leur don, c’est qu’ils sont motivés par un battage publicitaire et non pas par les causes qu’ils disent vouloir soutenir.

Suite à la walmartisation des marchés, des citoyens et des organismes communautaires se sont levés pour décrier des situations lamentables. Plusieurs ont appelé au boycott de cette ultrariche multinationale. Pouvons-nous maintenant accepter de voir le communautaire épouser les orientations sociales de Wal-Mart? Ça détonnerait dans le décor. Comme voir un magazine végétarien accepter des annonces de Mc Do… Ou Laure Waridel d’Équiterre nous parler de protection de l’environnement et de la voir arriver avec un gros Hummer qui fait deux milles au gallon.

Nous devons être conséquents avec nos pensées et notre idéologie. Si notre conscience a un prix, c’est que nous n’en avons pas. Nous devons garder en tête une vision à long terme de nos interventions et de nos actions. Wal-Mart vient d’annoncer ses nouvelles couleurs. Restons fiers des nôtres. Ne laissons pas Goliath dicter notre avenir, même si cela exige quelques sacrifices à court terme.

Wal-Mart subventionné par le fédéral

Wal-Mart, la madame est pu contente pantoute!

Wal-Mart veut s’acheter une conscience

Les vendeurs de publicité dans les forums internet

Wal-Mart accusé de discrimination

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Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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