La cyberdépendance

La cyberdépendance

Anne-Marie Miron, Sainte-Agathe-des-Monts,

Volume 14.1, octobre

Du bout des doigts, il l’a fait frissonner de plaisir. Il sait exactement comment la prendre, quand et quoi lui dire pour la faire jouir. Sans même la toucher.

C’est l’été 2104, un été extrêmement chaud, la plupart des gens font comme lui et restent chez eux, nus comme un ver, pour ne pas trop souffrir de la chaleur. Lui, un New-Yorkais dans la soixantaine, aux cheveux longs, poivre et sel, porte fièrement sa queue, de cheval. Une queue pour lui, représente la sagesse d’un homme. Elle, un petit bout de femme dans la quarantaine, à peine mature, vit en Gaspésie, un coin de paradis sur Terre.

Elle l’a connu en juin 2100, sur Internet, dans un groupe de soutien pour personnes en difficultés psychologiques. Il est thérapeute et, elle, dépressive. Après 2 heures de clavardage, elle connaît plusieurs jouissances mentales et ne peut déjà plus se passer de lui. C’est le coup de foudre virtuel.

Elle est allée à la recherche d’un groupe sur le net pour avoir de l’aide pour une dysfonction sexuelle et un problème d’alcool. Elle se pense frigide et, à 40 ans, a décidé de s’en sortir pour enfin s’épanouir. Sauf qu’elle n’avait pas prévu tomber amoureuse de son thérapeute qui, lui, a environ 800 autres clientes et clients semblables.

La jouissance mentale est une méthode intégrée dans les thérapies de groupe virtuel, depuis peu, soit en 2102. De 2020 à 2060, plusieurs scientifiques ont expérimenté et étudié cette nouvelle science en devenir qui a été approuvée comme telle par l’Ordre mondial des scientifiques. La jouissance mentale a depuis remplacé le sexe physique devenu banal et animal.

Après 4 années de thérapie avec lui, elle commence à se sentir négligée, délaissée et puis abandonnée. Après avoir versé des torrents de larmes, elle prend une décision pénible à faire pour elle.

Même si elle trouve très difficile le geste qu’elle va poser, elle se lève, se penche et puis… débranche son ordinateur.

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/05/internet-une-nouvelle-drogue/

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8 Réponses

  1. 10/20/2005 Irelle Côté

    Je trouve le sujet d’Anne-Marie Miron très d’actualité. Elle l’a mis dans le futuriste, mais actuellement, combien de jeune, ont besoin d’écoute et peuvent ce faire arnaqué par ce fléau. J’ai dû moi-même faire face à cette situation, qui m’a mené vers un psychothérapeute. Disons que j’ai eu la chance d’être tombé entre de très bonne main. Et on m’a relevé et appris à mieux marcher encore. Mais si je n’avais pas eu les moyens de me payer un psycothérapeute, je me demande bien ou j’en serais rendu aujourd’hui. Apprendre à se faire confiance et s’aimer, se relever devant l’échec avec détermination que l’erreur que l’on a produit sert de guide maintenant et non de honte de l’avoir commise.

    Je trouve votre journal très parlant.

  2. 01/27/06 Anne-Marie Miron

    Merci de ton appréciation pour mon texte qui, même s’il est futuriste, réflète ce que j’ai vécue. Je peux te comprendre Irèle. Il m’a fallu plus de 4 ans avant que je me décroche de cette emprise avec l’aide d’un bon psychologue.

    Bravo Irelle de t’être relevé!

  3. 01/29/06 Amarie

    La cyberdépendance est un phénomène relativement nouveau, et par conséquent difficile à définir. Il se caractérise comme une forme de dépendance à l’Internet, et plus particulièrement aux forums de discussions. Malgré les études qui ont été menées sur le sujet, il n’existe aucune donnée précise permettant de cerner les limites de la cyberdépendance, qui n’est toujours pas reconnue par la médecine.

    Néanmoins, les personnes qui pourraient potentiellement souffrir de ce trouble ont plusieurs points en commun. Ce sont généralement des personnes qui s’isolent en passant un nombre important d’heures sur l’Internet, au point de négliger la famille, le travail, la vie amoureuse et les amis. Tout comme un toxicomane qui ne peut vivre sans son héroïne, le cyberdépendant ressent un besoin incontrôlable de se retrouver avec ses amis virtuels sur Internet. Les individus atteints développent des perturbations significatives.

    Plusieurs chercheurs se sont penchés sur cette question relativement nouvelle. Dans une étude intitulée L’intoxication à Internet: comment la communication par ordinateur devient-elle une dépendance? publiée en 1997, Kimberly Young, de l’Université de Pittsburgh, a interrogé 396 personnes qui passaient en moyenne 38 heures par semaine sur Internet. Selon cette psychologue, tous les sujets avaient en commun le fait qu’ils estimaient avoir des carences relationnelles. Elle en est donc venue à conclure que les conversations d’écran à écran facilitent énormément les relations interpersonnelles.

    Selon elle, les utilisateurs compulsifs de l’Internet ne cherchent pas des informations, mais bien un soutien social, un épanouissement sexuel et la capacité de se créer une nouvelle personnalité.

    De son côté, Jean-Pierre Rochon , psychologue montréalais pionnier dans le domaine de l’étude de la cyberdépendance, affirme lui aussi que le phénomène risque de prendre davantage d’ampleur durant les années à venir. Selon lui, le cyberdépendant est celui qui, au fil du temps, va s’isoler devant son ordinateur et renier complètement le monde qui l’entoure.

    Enfin, Nathan Shapira et ses collègues de l’Université de Cincinati ont présenté une étude révélant que les utilisateurs compulsifs du réseau présentent en moyenne un ou plusieurs des troubles suivants: psychose maniaco-dépressive, trouble de l’anxiété appelé phobie sociale, boulimie et autres troubles de l’alimentation, contrôle des pulsions et enfin, dépendance à la boisson ou à d’autres substances.

    Cependant, la cyberdépendance ne semble pas être un phénomène surprenant. Patrout où on peut avoir du plaisir, il y a risque d’abus. À titre d’exemple, nous n’avons qu’à penser aux casinos et aux joueurs compulsifs. Serait-il donc légitime d’affirmer que la société sera toujours confinée à vivre avec ces malaises?

  4. 05/10/06 Perle

    Je m’amusais à chatter et j’étais découragé des hommes qui tenait absolument à me montrer sur leur web cam leur supposer immense engin! Je flush, je flush et encore je flush. Je tombe sur un jeune garçon qui me dit vouloir faire du cyber sexe avec moi. Je n’en croit pas mes yeux. Il dit avoir 12 ans! Curieuse et en même temps attristée je lui demande de se montrer à la web cam, pour constater que c’est bel et bien vrai. J’ai trouvé ça vraiment triste qu’un si jeune garçon s’amuse au cyber sexe. Je trouvais ça bizard comme initiation sexuelle. Je me demandais s’il était vraiement seul ou s’il n’était pas contraint par un adulte. Je lui ai dit que je voulait lui parler mais pas de sexe. J’ai discuté avec lui des pièges du chat et cyber sexe. La possibilité de prendre en capture une photo de la web cam et redistribuer cela à un réseau de pédophilie, la possibilité de se donner en spectacle… Je lui ai conseiller de parler à la sexologue de l’école s’il y en a ou de demander de l’info au clsc. Aussi s’il était contraint de le faire de ne pas hésiter à en parler à un proche, un ami ou la police. Ça m’a fait frissonner. Ce jeune pouvait se mettre drêlement dans le pétrin. Ce n’est pas la même chose qu’un adulte qui sait exactement ce qu’il fait. C’est une question de goût et ça ne regarde pas personne. Mais un jeune de 12 ans! Ce n’est plus pareil. J’espère avoir bien fait et avoir allumé une lumière pour ce jeune. Les expériences de ce genre ne se mélange pas entre adultes et jeunes. Les adultes ensemble et les jeunes avec les jeunes.

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