reponse-a-mme-dion-racoleuses-2eme-partie/

Voici des informations qui pourront éclairer le commentaire de Mme Monique Dion, concernant mon texte Racoleuses ou prostituées, 2e partie.

Mme Dion demandait si l’économie au Viêt-nam faisait en sorte que les jeunes filles n’aient plus à se prostituer. L’économie vietnamienne, au même titre que la notre, ne suffit pas pour offrir des alternatives à toutes les femmes. Le nombre de Vietnamiens qui travaillent dans les échoppes au bord des rues, à gagner entre 1 et 2$ par jour, est en explosion. La moyenne, d’ailleurs, est de 40$ par mois. Quand on pense que celles qui fréquentent les bons endroits pour offrir leurs services gagnent 20$ US la nuit, on comprend que le phénomène ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

Je ne sais si au Viêt-nam il existe un tourisme sexuel. Le gouvernement est très chatouilleux à ce sujet. Mais lorsque j’étais à Hô Chi Minh-Ville (Saigon), j’ai rencontré deux Australiens quittant mon hôtel après leur première nuit car ils ne pouvaient y ramener de filles. Des Vietnamiennes, bien entendu.

Au Cambodge, on me dit qu’il existe bel bien un tourisme sexuel. Là, j’ai des informations diverses quant aux efforts du gouvernement cambodgien. Certains disent qu’il existe une loi contre le trafic d’humains, d’autres affirment qu’il n’y a qu’un énoncé à cet effet, adopté tout récemment. Des guidelines, qu’ils disent. C’est l’une des informations que je cherche à valider. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement s’est doté d’une police spécialisée dans ce domaine. Est-ce un voeu pieux? Je suis en train de découvrir que cette police, par manque de moyens et de formation, en plus des problèmes logistiques, peine à faire son travail. J’y reviendrai plus amplement dans un article. Disons que peu de gens ont été arrêtés concernant le trafic sexuel. On m’a même dit qu’il s’agissait, dans certains de ces cas, de procès arrangés. Le gouvernement peut ainsi démontrer qu’il s’attaque au problème du trafic sexuel. C’est très complexe, une fois qu’on commence à gratter un peu le fond de la question. Je m’apercois également que les idées que j’avais avant de venir au Cambodge étaient décalées de la réalité.

À savoir que si la mentalité de marier un Occidental provient de la mentalité americaine, je manque personnellement de connaissances culturelles pour y répondre adéquatement. Normand, qui travaille pour Oxfam Quebec au Cambodge, a travaillé dans de nombreux pays, que ce soit en Afrique ou en Asie. Il m’a dit être allé dans des pays qui n’avaient pas d’influence américaine. Il a vu, dans tous ces pays, des familles offrir leur petite en mariage à un riche homme local. Il a même vu une fille de 16 ans offerte à un homme de 70 ans. C’est une facon, pour des gens pauvres provenant de pays pauvres, d’améliorer leur sort et par le fait même celui de la famille. Il n’ont pas énormément de possibilités pour se sortir de la misère.

Pour le retour des Cambodgiens qui ont fui le régime des Khmers Rouges, je suis encore, hélas, sans reponse. On me dit que plusieurs sont revenus avec leurs enfants. Mais comme les statistiques ici sont peu nombreuses, je ne pense pas qu’il existe une réponse claire, chiffrable. D’autant que le contrôle des migrations, dans la region, est un problème criant.

Les femmes cambodgiennes choisissent-elles leur mari? Pas vraiment. Elles ont parfois leur mot à dire et peuvent refuser avec des raisons valables. Mais généralement, ce sont les familles qui arrangent les unions. La femme – ou l’homme – peut signifier à sa famille qu’elle est interressée à l’autre. Et les familles jouent les entremetteurs. Selon Normand, au Cambodge depuis deux ans et fiancé avec une fille du pays, c’est généralement la famille de l’homme qui fait la demande. Il faut, semble-t-il, que l’homme soit en mesure de faire vivre sa femme, ainsi qu’une partie de sa famille. Ce qui explique que, bien que je ne veuille pas généraliser, les couples sont composés d’un homme plus âgé (5 à 10 ans) et d’une jeune femme.  Comme les gens sont pauvres, les hommes ont besoin de temps pour amasser suffisamment d’argent afin de faire vivre leur femme.

J’espère avoir pu apporter un peu plus de clarté!

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/03/sejourner-avec-le-trafic-sexuel-3/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/15/traite-des-femmes-et-prostitution-internationale-en-asie/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/13/racoleuses-ou-prostituees/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/22/mariage-fast-food-au-viet-nam/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/25/traite-des-humains-complexe-et-horrible/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/25/racoleuses-ou-prostituees-2eme-partie/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/01/sarom-le-sourire-dune-exploitee/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/15/traite-des-femmes-une-mentalite-difficile-a-changer/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/19/sophea-et-la-mentalite-cambodgienne/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/19/vouloir-le-bien-causer-le-mal/

Autres textes sur la prostitution et sur la sexualité.

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Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

musee-du-crime-genocidaire-2eme-partie/

De retour sur le fameux musée cambodgien qui m’a drôlement secoué. Comme je l’ai mentionné dans la première partie, il s’agit d’une ancienne école. On y incarcerait les intellectuels du pays, qui représentaient une menace à la revolution des Khmers rouges. Par intellectuel, il faut comprendre enseignants, diplomates, ingénieurs… ou toute personne sachant lire. Pour la révolution, elle devait passer par les paysans. Pol Pot voulait recommencer à zéro un système où l’économie ne passait que par la production de riz.

Dans la prison que j’ai visitée, 15 000 intellectuels y ont séjourné. Aucun ne s’est échappé. Seule la fuite du régime de Pol Pot provoquée par le Viêt-nam a permis de récupérer sept survivants. Je vous épargne les différentes méthodes de torture utilisées. Cruelles, abominables, bref l’être humain dans ce qu’il a de plus laid. Si on peut appeler ça être humain. Ces 15 000 personnes étaient torturées afin de leur soutirer le nom des gens qu’ils connaissaient, les membres de leurs familles. Quand les tortionnaires étaient satisfaits, ils envoyaient le prisonnier – et sa famille découverte grâce à ses aveux – dans un camp pour les assassiner. Pas avec des balles, jugées trop couteuses, mais à coups de bambou. On les enterrait ensuite dans de fosses communes, même ceux qui n’étaient pas morts. Assez horrible.

Dans les salles de classes, utilisées comme cellules, on peut encore voir, près de 30 ans plus tard, des flaques de sang séché. En quatre ans, le bilan du régime de Pol Pot s’établit, selon ce qu’on peut lire sur les affiches du musée, à 3,3 millions de morts ou disparus, près de 150 000 invalides, 200 000 orphelins. Sans compter les écoles et industries détruites. La guerre civile aura duré près de 30 ans, pour se terminer à la fin du siècle dernier (1998). Un pays ne se remet pas du jour au lendemain d’une telle catastrophe. Trois générations qui n’ont pas reçu d’éducation (qui doit éduquer les générations suivantes sans trop savoir comment s’y prendre) et une économie complète à reconstruire.

Dans ce musée, il y a des salles remplies de photos des 15 000 prisonniers. Je ne sais combien il y en avait, des milliers assurément. Je les ai regardées une a une. Des gens qui ne savaient pas ce qui les attendaient. Le regard fier, courageux. Je n’y ai pas vraiment vu de peur. Ces gens sont pourtant allés à l’abattoir. Les tortionnaires ont même installé des barbelés aux étages pour éviter toute tentative de suicide…

Les gens photographiés n’étaient pas très vieux. Il y avait même des enfants. Devant chaque visage, je frissonnais. J’ai dû sortir après quelques salles, question de prendre un peu d’air. Je ne sais comment exprimer ce que j’ai ressenti. De l’impuissance, de l’incompréhension. Comment peut-on être si sadique? Massacrer en masse des humains? Comment a-t-on pu laisser une telle chose se produire? Ces tortionnaires, qui passaient leurs journées à infliger les pires sévices à leurs prisonniers, comment faisaient-ils ensuite pour retrouver leur famille, leurs enfants, et oublier ce qu’ils avaient fait la journée durant?

Je n’ai pas visité de musées ou de charniers concernant l’Holocauste en Allemagne. Je peux m’imaginer, encore plus aujourd’hui, l’horreur de ce carnage organisé.

Autres textes sur la Prostitution asiatique

Asie: Traite des femmes et prostitution internationale

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Trafic d’êtres humains en Asie 1 de 2

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Autres textes sur la prostitution.

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Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

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Réponse à Mme Dion, Racoleuses ou prostituées, 2e partie

Voici des informations qui pourront éclairer le commentaire de Mme Monique Dion, concernant mon texte Racoleuses ou prostituées, 2e partie.

Dossier Prostitution et Sexualité.

Mme Dion demandait si l’économie au Viêt-nam faisait en sorte que les jeunes filles n’aient plus à se prostituer. L’économie vietnamienne, au même titre que la notre, ne suffit pas pour offrir des alternatives à toutes les femmes. Le nombre de Vietnamiens qui travaillent dans les échoppes au bord des rues, à gagner entre 1 et 2$ par jour, est en explosion. La moyenne, d’ailleurs, est de 40$ par mois. Quand on pense que celles qui fréquentent les bons endroits pour offrir leurs services gagnent 20$ US la nuit, on comprend que le phénomène ne risque pas de s’éteindre de sitôt.

Je ne sais si au Viêt-nam il existe un tourisme sexuel. Le gouvernement est très chatouilleux à ce sujet. Mais lorsque j’étais à Hô Chi Minh-Ville (Saigon), j’ai rencontré deux Australiens quittant mon hôtel après leur première nuit car ils ne pouvaient y ramener de filles. Des Vietnamiennes, bien entendu.

Au Cambodge, on me dit qu’il existe bel bien un tourisme sexuel. Là, j’ai des informations diverses quant aux efforts du gouvernement cambodgien. Certains disent qu’il existe une loi contre le trafic d’humains, d’autres affirment qu’il n’y a qu’un énoncé à cet effet, adopté tout récemment. Des guidelines, qu’ils disent. C’est l’une des informations que je cherche à valider. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement s’est doté d’une police spécialisée dans ce domaine. Est-ce un voeu pieux? Je suis en train de découvrir que cette police, par manque de moyens et de formation, en plus des problèmes logistiques, peine à faire son travail. J’y reviendrai plus amplement dans un article. Disons que peu de gens ont été arrêtés concernant le trafic sexuel. On m’a même dit qu’il s’agissait, dans certains de ces cas, de procès arrangés. Le gouvernement peut ainsi démontrer qu’il s’attaque au problème du trafic sexuel. C’est très complexe, une fois qu’on commence à gratter un peu le fond de la question. Je m’apercois également que les idées que j’avais avant de venir au Cambodge étaient décalées de la réalité.

À savoir que si la mentalité de marier un Occidental provient de la mentalité americaine, je manque personnellement de connaissances culturelles pour y répondre adéquatement. Normand, qui travaille pour Oxfam Quebec au Cambodge, a travaillé dans de nombreux pays, que ce soit en Afrique ou en Asie. Il m’a dit être allé dans des pays qui n’avaient pas d’influence américaine. Il a vu, dans tous ces pays, des familles offrir leur petite en mariage à un riche homme local. Il a même vu une fille de 16 ans offerte à un homme de 70 ans. C’est une facon, pour des gens pauvres provenant de pays pauvres, d’améliorer leur sort et par le fait même celui de la famille. Il n’ont pas énormément de possibilités pour se sortir de la misère.

Pour le retour des Cambodgiens qui ont fui le régime des Khmers Rouges, je suis encore, hélas, sans reponse. On me dit que plusieurs sont revenus avec leurs enfants. Mais comme les statistiques ici sont peu nombreuses, je ne pense pas qu’il existe une réponse claire, chiffrable. D’autant que le contrôle des migrations, dans la region, est un problème criant.

Les femmes cambodgiennes choisissent-elles leur mari? Pas vraiment. Elles ont parfois leur mot à dire et peuvent refuser avec des raisons valables. Mais généralement, ce sont les familles qui arrangent les unions. La femme – ou l’homme – peut signifier à sa famille qu’elle est interressée à l’autre. Et les familles jouent les entremetteurs. Selon Normand, au Cambodge depuis deux ans et fiancé avec une fille du pays, c’est généralement la famille de l’homme qui fait la demande. Il faut, semble-t-il, que l’homme soit en mesure de faire vivre sa femme, ainsi qu’une partie de sa famille. Ce qui explique que, bien que je ne veuille pas généraliser, les couples sont composés d’un homme plus âgé (5 à 10 ans) et d’une jeune femme.  Comme les gens sont pauvres, les hommes ont besoin de temps pour amasser suffisamment d’argent afin de faire vivre leur femme.

J’espère avoir pu apporter un peu plus de clarté!

Autres textes sur Prostitution et Sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

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Sarom, le sourire d’une exploitée?

Dossier Prostitution et Sexualité.

Sarom travaille au restaurant voisin de mon hôtel, à Phnom Penh. Chaque jour, je la vois, debout, toute souriante. Elle repond au moindre caprice des consommateurs. Déboucher les bières, remplir les verres de glace, apporter la nourriture.

Comme le service est lent – la préparation des plats prend plus d’une demi-heure -, j’ai du temps pour sympathiser avec elle, bien que la communication est ardue. Sarom parle peu anglais. Et mon cambodgien se limite aux salutations, excuses et remerciements.

Sarom a 18 ans. Elle est originaire d’une autre province, dont le nom m’est incompréhensible! Ses parents, son frère et sa soeur y habitent. Elle vit au-dessus du restaurant où elle travaille. Je ne sais pas si son emploi l’occupe tous les jours de la semaine, mais je la vois à son poste tous les jours. Elle dit fréquenter l’école small-small. Façon de dire qu’elle va à l’école, mais pas beaucoup! Je ne sais, en nombre d’heures ou de jours, ce que sa reponse signifie. Elle ne sort pas, ne danse pas.

Je ne sais si Sarom fait partie de ces jeunes trafiquées ou exploitées. Des scénarios de ce genre, il y en a bon nombre. Des enfants envoyés par leur parent pour travailler et ainsi faire vivre le reste de la famille, c’est chose courante au Cambodge. Des fois, on les envoie chez un parent car la famille ne peut supporter la charge de tant d’enfants. Contre nourriture et logis, l’enfant travaille pour le parent éloigné. S’il est chanceux, il tombe sur une bonne famille d’adoption. Le risque d’être exploité est là, car la famille remet entre les mains du parent l’autorité sur l’enfant. Dans d’autres cas, il peut s’agir de promesses de faire plus d’argent, soulevant l’espoir d’un avenir meilleur. Ces promesses ne sont pas toujours tenues, loin s’en faut. Parfois, le jeune consent de lui-même à ce travail. Parce que, même mal rémunéré, c’est déjà mieux que ce qu’il gagne.

Au Camnbodge, 62% de la population vit avec ou moins de 2$ par jour, 36% avec 1$. On comprend que la decision est assez facile à prendre…

Sarom ne semble pas malheureuse pourtant. Peut-être accepte-elle son sort, peut-être n’est-elle pas si mal, ou peut-être a-t-elle un caractère hors du commun. Elle sourit constamment.

Autres textes sur Prostitution et Sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

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Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

Le livre est disponible au coût de 10,00$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Musée du crime génocidaire, 2e partie

De retour sur le fameux musée cambodgien qui m’a drôlement secoué. Comme je l’ai mentionné dans la première partie, il s’agit d’une ancienne école. On y incarcerait les intellectuels du pays, qui représentaient une menace à la revolution des Khmers rouges. Par intellectuel, il faut comprendre enseignants, diplomates, ingénieurs… ou toute personne sachant lire. Pour la révolution, elle devait passer par les paysans. Pol Pot voulait recommencer à zéro un système où l’économie ne passait que par la production de riz.

Dans la prison que j’ai visitée, 15 000 intellectuels y ont séjourné. Aucun ne s’est échappé. Seule la fuite du régime de Pol Pot provoquée par le Viêt-nam a permis de récupérer sept survivants. Je vous épargne les différentes méthodes de torture utilisées. Cruelles, abominables, bref l’être humain dans ce qu’il a de plus laid. Si on peut appeler ça être humain. Ces 15 000 personnes étaient torturées afin de leur soutirer le nom des gens qu’ils connaissaient, les membres de leurs familles. Quand les tortionnaires étaient satisfaits, ils envoyaient le prisonnier – et sa famille découverte grâce à ses aveux – dans un camp pour les assassiner. Pas avec des balles, jugées trop couteuses, mais à coups de bambou. On les enterrait ensuite dans de fosses communes, même ceux qui n’étaient pas morts. Assez horrible.

Dans les salles de classes, utilisées comme cellules, on peut encore voir, près de 30 ans plus tard, des flaques de sang séché. En quatre ans, le bilan du régime de Pol Pot s’établit, selon ce qu’on peut lire sur les affiches du musée, à 3,3 millions de morts ou disparus, près de 150 000 invalides, 200 000 orphelins. Sans compter les écoles et industries détruites. La guerre civile aura duré près de 30 ans, pour se terminer à la fin du siècle dernier (1998). Un pays ne se remet pas du jour au lendemain d’une telle catastrophe. Trois générations qui n’ont pas reçu d’éducation (qui doit éduquer les générations suivantes sans trop savoir comment s’y prendre) et une économie complète à reconstruire.

Dans ce musée, il y a des salles remplies de photos des 15 000 prisonniers. Je ne sais combien il y en avait, des milliers assurément. Je les ai regardées une a une. Des gens qui ne savaient pas ce qui les attendaient. Le regard fier, courageux. Je n’y ai pas vraiment vu de peur. Ces gens sont pourtant allés à l’abattoir. Les tortionnaires ont même installé des barbelés aux étages pour éviter toute tentative de suicide…

Les gens photographiés n’étaient pas très vieux. Il y avait même des enfants. Devant chaque visage, je frissonnais. J’ai dû sortir après quelques salles, question de prendre un peu d’air. Je ne sais comment exprimer ce que j’ai ressenti. De l’impuissance, de l’incompréhension. Comment peut-on être si sadique? Massacrer en masse des humains? Comment a-t-on pu laisser une telle chose se produire? Ces tortionnaires, qui passaient leurs journées à infliger les pires sévices à leurs prisonniers, comment faisaient-ils ensuite pour retrouver leur famille, leurs enfants, et oublier ce qu’ils avaient fait la journée durant?

Je n’ai pas visité de musées ou de charniers concernant l’Holocauste en Allemagne. Je peux m’imaginer, encore plus aujourd’hui, l’horreur de ce carnage organisé.

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/22/la-circulation-a-ho-chi-minh-city/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/22/petite-histoire-de-train-au-viet-nam/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/23/les-jeunes-du-journal-de-la-rue-apres-la-france-et-le-bresil-le-vietnam/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/25/arrivee-au-cambodge/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/26/cambodge-le-musee-du-crime-genocidaire/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/22/anecdotes-de-dominic-a-hanoi/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/03/reportage-au-cambodge/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/06/hockey-au-cambodge/

Autres textes sur la prostitution.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
Renaissance est un recueil de pensées et de poèmes parlant autant de son amour de la vie que d’espoir. 4,95$

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Nathalie Simard et l’histoire de Ste-Sophie

Nathalie Simard et l’histoire de Ste-Sophie

Raymond Viger Dossier Journal de Montréal, Nathalie Simard

Une adolescente abandonne son bébé mort dans un boisé à Ste-Sophie.

Le Journal de Montréal du 14 novembre rapporte les propos de Nathalie Simard en conférence de presse: «L’adolescente devait assumer les conséquences de ses actes… que des filles accouchent à 12, 13 et 14 ans, sans catastrophe… Les parents sont à blâmer.»

Je suis convaincu que Nathalie Simard a aidé beaucoup de femmes lorsqu’elle a pris le micro pour dénoncer les abus qu’elle a subi en rapport avec Guy Cloutier. Le dévoilement de son histoire, tout comme celui des soeurs Hilton avec leur père, a possiblement aidé d’autres cas d’abus, tel Jacynthe René à sortir du placard, qui elle-même aide d’autres femmes à parler de leur vécu.

Tout cela est très positif. Que Nathalie Simard veuille s’impliquer dans une fondation pour aller plus dans l’aide à apporter aux femmes, pas de problèmes. C’est très fréquent pour une victime de vouloir s’impliquer et créer une fondation ou une association. Cela fait partie d’un processus de guérison. D’autres l’ont fait: M. Bienvenue pour le meurtre de sa fille, Lise Mondor pour le pacte de suicide de sa fille, la fondation Mélanie Cabay, la fondation du petit Durocher… La liste est longue.

Tant que Nathalie Simard nous parle d’elle et de l’aide qu’elle veut apporter aux femmes, pas de problèmes. Je suis touché par son implication et je suis prêt à soutenir son travail. Là où je décroche, c’est quand elle prend le micro pour commenter les histoires des autres. Sa pertinence et l’intérêt de ce qu’elle dit tourne autour de son vécu en tant que victime. Quand elle prend le micro pour juger des agissements d’une mère de 16 ans et de sa famille, j’ai peur que les médias veuillent en faire une Doc Mailloux des affaires sociales.

D’une part, je déplore la prise de position de Nathalie Simard dans cette histoire. D’autre part, je déplore que les médias aient donné suite et visibilité à cette déclaration. Les médias cherchent souvent la voie de la facilité. Toujours les mêmes spécialistes, les mêmes porte-paroles… S’ils ont jugé que ces propos étaient d’intérêt public, ils sont autant à blâmer que Nathalie Simard.

Que ce soit l’histoire de Ste-Sophie, un jeune qui se suicide, un autre qui se met à tirer sur tout le monde, il y a une souffrance humaine qui nous pousse parfois à faire des actes que nous regrettons. Il est facile de juger les gens et les événements. Mais qu’aurions-nous fait si nous avions été dans ses souliers? Aurions-nous fait pire? C’est facile de dire qu’il faut assumer, être responsable… Parfois la vie nous amène une série d’épreuves et nous sommes dépassés par la situation.

Si nous voulons demeurer des aidants naturels, c’est à travers la compassion et l’empathie que nous pourrons l’être. Apprendre à aimer son voisin, malgré les gestes posés.

Merci à Nathalie Simard pour le dévoilement de ce qu’elle a vécu. Félicitations pour votre implication dans votre fondation. J’ai confiance que vous saurez rester vous-mêmes et aidante.

VOS COMMENTAIRES SUR NATHALIE SIMARD ET LE BÉBÉ DE STE-SOPHIE.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.