Les mystères de Compostelle

Les mystères de Compostelle
Écrit par Steve Bernier, Trois-Rivières, Vol13-4

À 65 ans, lors de sa première expérience sur le chemin de Compostelle, Claude a eu le goût de tout abandonner.La rencontre d’une jeune handicapée espagnole viendra tout changer. Il marchera 800 kilomètres pour celle qui dorénavant sera son phare et sa lumière.

Âgée de 19 ans, Anne-Marie désirait fuir. Elle s’interrogeait sur sa vie amoureuse et se demandait quels chemins prendre pour sa carrière en médecine. La rencontre d’un marginal ayant fait le choix de vivre plutôt que de mourir à la fin d’un périple de 2 000 kilomètres, lui restera toute sa vie.

À l’approche de la trentaine, Jean-Sébastien avait le goût de se perdre dans ses pensées et de vivre une expérience tripante, seul avec lui-même. Son arrivée face à la cathédrale de Compostelle au beau milieu de la nuit sera bénéfique pour lui. La spiritualité transcendait le calme et le silence.

Les motivations pour faire le pèlerinage sont multiples. Certains le feront pour voyager et voir du pays. Pour d’autres, c’est une quête à la découverte de soi, de se retrouver et fuir le stress du quotidien. Pour Claude: «il existe un moment où le simple voyageur est appelé à devenir un pèlerin». Apparaît alors la dimension spirituelle du Chemin. Le pèlerin se donne un but à atteindre et une signification à sa démarche. Cette démarche aura des répercussions sur sa vie personnelle, sociale et professionnelle. Le chemin se fait aussi dans la tête du pèlerin. Ce dernier remet tout en question: l’amour, l’amitié, la famille, le futur professionnel et le spirituel.

Au départ, Compostelle est dur. Les obstacles physiques et psychologiques poussent certains à abandonner. Surviennent alors de grandes remises en question. Le voyageur éprouve un sentiment d’impuissance et de frustration face à ses propres limites et à ses attentes. Avec persévérance, le pélerin se rend compte que le parcours n’est pas si coriace.

Les rencontres avec des centaines de personnes tissent des liens extraordinaires. Au-delà des écarts de langage, des religions, des idéologies et des âges, il y a un grand partage.

Le périple aura permis à Jean-Sébastien de mieux se connaître et d’être plus à l’écoute de lui-même. Anne-Marie s’est rendue compte que le Chemin lui avait permis de prendre du recul sur sa vie et avait renforcé son estime d’elle-même. Claude a maintenant complété deux pèlerinages et en prépare un troisième. Il trouve maintenant bonheur et sérénité à amener les gens à dire ce qu’ils ont vécu.

La plus dure des épreuves, paraîtrait-il, serait de quitter le Chemin pour se remettre à la réalité de la vie quotidienne.

Originaire du Moyen Âge
Le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle trouve son origine dans la découverte du tombeau de l’apôtre Jacques par l’ermite Pelayo en l’an 813. Les routes de Compostelle sont vieilles en histoire. Elles ont été le théâtre de guerres et de conquêtes.

Ce lieu saint était considéré à l’époque comme la fin du monde. Selon les croyances, un gouffre immense où y vivaient d’horribles monstres marins entourait l’assiette terrestre. Comme preuve de leur pèlerinage, chacun devait se rendre sur le bord de la mer pour ramasser une coquille, d’où l’origine de la coquille St-Jacques. La coutume ancienne veut que le pèlerin brûle ses vieux vêtements et en revête des neufs pour le retour. Compostelle vient de l’expression espagnole Campo de estellas qui signifie: “le champ des étoiles”.

Sur ces chemins marqués d’un passé encore bien vivant, le voyageur fera la découverte des plus beaux panoramas. On ne compte plus les monastères, les basiliques, les châteaux, les églises et les cathédrales ou les monuments à la gloire des temps anciens. Pour accomplir le pèlerinage, il faut marcher en moyenne de 1500 à 2000 kilomètres. Les plus téméraires s’arrêteront qu’une fois rendues à terme, alors que d’autres le feront sur plusieurs années. L’intérêt pour les Chemins de Compostelle est sans cesse grandissant. Près de 75 000 personnes ont parcouru les chemins en 2003.

Informations:
Du Québec à Compostelle
Association des Amis du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle
Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle

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6 Réponses

  1. bonjour Steve, va faire un tour sur http://www.via-podiensis.com un portail très sympa, nouveau, et pratique à faire circuler. Amitiés Jacqiaires
    Patrick à Lectoure GR65 tu peux me joindre sur patrick-davet@via-podiensis.com

  2. Merci Patrick pour le lien. Que veux dire GR65?

  3. Bonjour,

    merci pour cet article, je l’ai publié ici
    http://natureculture.org/wiki/index.php?title=Cercle_international_des_p%C3%A8lerins_de_Compostelle

    Amicalement,

    CM Vinson

  4. Bonjour Vinson.

    J’ai vérifié le lien que vous avez fait sur notre billet à partir de Blogasty. Il y a eu une inversion de textes quelque part chez Blogasty. Je vous propose de refaire le lien directement sur mon blogue: https://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/14/les-mysteres-de-compostelle/

    Merci encore et au plaisir de vous lire.

  5. Qu’est-ce qui se passe avec les chemins de Compostelle ?

    Plusieurs personnes viennent me parler de leurs voyages aux chemins de Compostelle, d’autres m’écrivent d’aller voir ça aux grands explorateurs en beauce à l’automne, etc.

    Alors que je venais sur le site pour voir l’article sur le rapt, me voilà à écrire quelques mots sur les chemins de Compostelle.

    Curieux quand mêmes les coincidences de la vie. Je n’irai à nulle part faire les chemins de Compostelle, c’est à peine si j’arrive ces temps-ci à aller déposer mes vidanges au bout de ma cour. Un peu comme dans: La petite Vie ! À va pas virer loin ces temps-ci Patricia.

    Même si je me suis trompée d’article, salut à tous de,

    Patricia Turcotte

  6. Bonjour Mme Turcotte.

    Si vous écoutez la présentation des Chemins de Compostelle aux Grands Explorateurs, revenez nous faire vos commentaires. Vous pouvez faire de même si dans vos connaissances certains ont fait le voyage.

    Nous avons un autre article sur un médecin Innu, Stanley Vollant qui a parcouru les Chemins de Compostelle: https://journaldelarue.wordpress.com/2008/11/08/stanley-vollant-mdecin-innu-de-betsiamites/

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