Exode ou migration: l’Abitibi ramène ses enfants au bercail
Écrit par Dominic Desmarais, Vol14-2

Les régions du Québec se vident. L’exode des jeunes accélère le processus. En Abitibi-Témiscamingue, on commence à renverser la vapeur. Regard sur une problématique qui préoccupe non seulement les régions, mais la province également. 

Valérie Larochelle est agente de migration pour Place aux Jeunes, un organisme dont la mission est de freiner l’exode des jeunes au profit des autres régions. L’exode, Valérie connaît. Elle a quitté son Abitibi pour étudier. Ste-Thérèse, puis Québec. Comme certains de ses concitoyens, elle pensait ne plus revenir après ses études en littérature française et québécoise.

«Mon plan initial, c’était de rester à Québec. Mais j’ai participé à une activité de Place aux Jeunes. Ils m’ont présenté la région d’un autre œil. Ils m’ont intégrée dans un réseau de contacts. J’ai redécouvert le côté chaleureux!»

Isabelle Luneau occupe les mêmes fonctions que Valérie, pour La Vallée-de-l’Or. Elle est partie étudier à l’UQAM, en communications. Elle ne s’est pas fait prier pour revenir s’établir à la maison. Trois ans, juste le temps de compléter ses études, elle revient, diplôme en main. Tel qu’elle l’avait prévu. «Quand j’ai quitté ma région, j’ai pu comparer. L’espace que j’avais, je ne m’en rendais pas compte.»

Comme Valérie et Isabelle, plusieurs jeunes de l’Abitibi-Témiscamingue partent pour étudier. Le manque de programmes collégiaux et universitaires ne leur donne guère le choix. Selon l’Observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue, la recherche d’un emploi et le désir de vivre sa vie de façon autonome sont deux autres raisons expliquant cette désertion.

L’exode commence peu à peu à s’estomper. Un sondage, préparé par l’Observatoire, avance des chiffres qui remettent les pendules à l’heure.  Depuis quelques années, on assiste à un retour aux sources: les jeunes quittent mais re-viennent à leurs premièrs amours.

Des 39% des jeunes de 20 à 34 ans partis pour 6 mois et plus, 63% sont revenus en Abitibi-Témiscamingue.

«C’est la première année que ça se maintient, dans la Vallée-de-l’Or. Mais pour l’Abitibi-Témiscamingue, le solde migratoire est négatif de 900 personnes», affirme Mme Luneau. «Souvent, les jeunes sont intéressés à revenir. Mais s’il n’y a pas d’emploi…»

Malgré cette embellie, le départ d’une partie des jeunes porte un dur coup à
l’économie de la région. Jean Séguin, directeur général du Centre local de développement (CLD) d’Abitibi-Ouest, parle d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. «On a beaucoup d’entreprises pour la foresterie, les mines. Mais on manque de main-d’œuvre pour les techniques, les ingénieurs. Les possibilités d’emploi sont importantes, pourtant.»

Parmi les autres domaines offrant de bonnes possibilités, M. Séguin pointe le professionnel, tels les médecins et vétérinaires, de même que le domaine technique pour la transformation des métaux, l’usinage, la soudure.

«Des emplois, il y en a. Mais ils se spécialisent, avec la mondialisation. Des emplois où on n’a pas besoin de scolarité disparaissent. Des plieurs de planches, ça n’existe plus», explique le directeur général.

Des régions moribondes, sans perspective d’emploi? Pas vraiment, en Abitibi. Mais elle risque de le devenir, si elle ne parvient pas à combler ses besoins. Le danger? Une baisse de la croissance économique et de la qualité de vie de la population. •

1981 – 1986: Au Québec, pour chaque tranche de 100 personnes qui quittent le marché du travail, 247 jeunes étaient prêts à prendre la relève.
2001: Le nombre de jeunes prêts à remplacer chute à 166.
2011 – 2016: On prévoit que 98 jeunes, au Québec, pourront combler le départ de chaque tranche de 100 personnes.
2031: Lorsque les derniers baby-boomers atteindront 65 ans, 71 jeunes pourront remplacer 100 personnes qui quittent le marché de l’emploi.
Abitibi: Le ratio serait déjà négatif. On estime qu’en 2020, soit dans 15 ans, moins de 70 jeunes pourront combler le départ de 100 travailleurs.

Source : L’Observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.