Le Journal de Montréal, les armes et l’exagération éhontée

Raymond Viger Dossier Journal de Montréal

La une du Journal de Montréal de mardi le 15 août, titrait: ”Un élève sur 5 a un couteau ou une arme à feu”.

Ces chiffres, interprétés par le pupitreur ou le journaliste, proviennent d’une recherche crédible de Mme Patricia Erickson professeure de criminologie et de sociologie à l’Université de Toronto. En page 3 de ce même Journal de Montréal, on peut voir la réalité des vrais chiffres à 2 endroits.

D’une part, on y mentionne que ”18,7% des élèves de Montréal

D’autre part, le plus intéressant, la définition d’une arme: ”couteau, gaz irritant et bâtons utilisés dans les arts martiaux”. Un peu plus loin, finalement, on inclus aussi les carabines. Contrairement au titre de la une où l’on n’y parle que de couteaux et d’armes à feu, maintenant on inclut ce qu’on appelle le poivre de Cayenne, connu aussi sous le nom de ”pepper spray”!

Dans ce 20%, combien y avait-il de filles qui ont répondu oui parce qu’elles avaient un ”pepper spray”? Ça change la couleur du titre. Un couteau peut être une arme d’attaque et je peux tuer quelqu’un. Le ”pepper spray” est une arme défensive et je ne pense pas qu’on puisse blesser gravement quelqu’un avec.

Soit qu’au Journal de Montréal, certains journalistes ont besoin d’un petit cours de mathématiques pour interpréter les recherches des universitaires, soit qu’ils nous ont volontairement mis un titre pour induire en erreur le public pour vendre leur une. Dans un cas comme dans l’autre, je considère qu’il y a faute grave.

Faute grave parce que ce titre vient augmenter l’insécurité du public. Pire, cette faute risque d’augmenter la violence. Que se passe-t-il dans la tête d’un adolescent qui voit un pareil titre. Si dans sa classe de 30 élèves, 20% des jeunes sont armés, je dois donc me protéger contre 6 élèves de ma classe. Dans mon école de 2000 jeunes, je dois me protéger contre 400 agresseurs potentiels. Je vais m’armer moi aussi. Et seul je n’y arriverais pas. Je vais me trouver un gang de rue pour me protéger.

Cette histoire me rappelle celle de l’école Henri-Bourassa il y a une quinzaine d’années. Les étudiants s’étaient armés à cause de ce sentiment d’insécurité. Le père André Durand avait participé à désarmer les jeunes qui fréquentaient cette école en faisant la démonstration que leur peur était basée sur les titres du Journal de Montréal!

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