Colloque sur les violences faites aux femmes. Femmes d’ailleurs

Colloque sur les violences faites aux femmes. Femmes d’ailleurs

Isabelle Burgun, Agence Science-Presse

Malaïka (nom fictif), jeune Congolaise vivant au Québec, l’a entendu de nombreuses fois :  » il ne faut pas détruire ta famille. Fais attention, tu seras rejetée, nous ne t’aiderons pas « . Victime de violence conjugale, elle ne s’est pas sentie soutenue par sa communauté.  » Le poids social est très important « , confirme Anne Kouraga, étudiante au doctorat à l’École de service social de l’Université Laval. Les abus et les maltraitances sont légion : crime d’honneur, traite des femmes, violences faites aux femmes en contexte d’immigration, etc., comme le rapportait le colloque international Violences faites aux femmes: réponses sociales et plurielles auquel participait Mme Kouraga. Elle était l’auteure, avec  » Maternité et violence conjugale chez les femmes immigrantes d’Afrique noire francophone « , de l’une des 200 présentations de ce colloque qui avait lieu récemment à Montréal.

Nés d’observation directe et de constats, les travaux d’Anne Kouraga visent à comprendre la réalité particulière de ces femmes immigrantes victimes de violence conjugale.  » Elles ont une culpabilité accrue liée à la maternité. Se perçoivent-elles comme de « mauvaises épouses »? Que vivent-elles, prises entre deux cultures ? « , s’interroge l’étudiante tchadienne qui a souvent accompagné des femmes lors de démarches d’information auprès de maisons d’hébergement pour les femmes violentées.

De nombreux facteurs musellent les femmes. Les menaces, la honte, le rejet de la communauté, l’isolement lié au contexte d’immigration, la peur d’être renvoyée au pays, la peur que la DPJ ne lui enlève les enfants… Sans compter que culturellement, la violence familiale est le plus souvent niée.  » Le système patriarcal africain affirme que la femme est inférieure à l’homme et doit lui obéir. La violence est perçue comme une affaire privée  » rapporte la chercheuse.

Pas facile de se défaire d’un tel joug, surtout dans une société d’accueil emplie de préjugés sur les femmes africaines.  » J’ai accompagné une femme battue à l’hôpital, la première question de l’infirmière a été : avez-vous le sida ? « , s’indigne Anne Kouraga.

Le contexte d’immigration

Marie Lacroix, de l’École de service social de l’Université de Montréal, se penchait elle aussi, dans le cadre de ce colloque, sur les femmes en contexte d’immigration, plus particulièrement sur la pratique du mariage par correspondance. Une pratique qui prend de l’ampleur, particulièrement depuis Internet.  » L’Internet a facilité cette pratique, particulièrement pour les hommes. « On entend parler de ces femmes promises depuis bien plus longtemps,  » avec les romans, les films, pourtant nous les connaissons bien mal, tout comme leurs motivations à user de ce biais pour immigrer « , résume le Pr Lacroix. Avec ses travaux sur  » Le mariage par correspondance « , menés avec sa collègue Sue Brigham de la Faculté d’Éducation de Mount Saint-Vincent University (Nouvelle-Écosse) et différents collaborateurs du Feminist Public Policy Project (FPPP), Marie Lacroix désire rattacher cette pratique à la féminisation de la pauvreté à l’échelle internationale.Si l’on commence à connaître les pénibles conditions des  » aides familiales  » domestiques, il existe bien peu de statistiques sur les  » femmes promises  » et le sujet reste encore tabou.

On sait qu’elles sont très nombreuses à provenir des Philippines, de Russie et d’Ukraine. Et il s’avère difficile de les retracer car elles arrivent souvent dans le cadre d’une réunion familiale et ne se définissent pas comme  » femmes promises « . De plus, elles  » ne représentent pas un bloc homogène. Les femmes des Philippines ou d’Ukraine ont des motivations propres, une vision du couple et du rôle de la femme très différentes « , souligne la chercheuse.

Point commun toutefois,  » la politique d’immigration est discriminatoire pour les femmes. Elles ont souvent moins accès à l’éducation que les hommes. Choisir un époux étranger pour parvenir à s’en sortir, cela est aussi un choix « . Aux Philippines, il existe depuis les années ’70 un programme d’exportation de la main d’œuvre doublé d’une  » tradition  » d’immigration féminine.  » L’argent envoyé à la famille par ces expatriées atteint les 6 milliards de dollars « , relève Marie Lacroix. Un facteur qui n’incite pas les autorités à ralentir le flux…

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