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Les coups de cœur de Yann Perreau

Yann Perreau, auteur-compositeur-interprète, “habite” avec les auteurs qui l’ont influencé. Tels des fantômes, ils rôdent continuellement autour de lui. “Tous les écrivains que j’ai lus font partie de mon monde, de mes influences. Ils sont ce que j’ai glané comme perspective, ils m’ont aidé à forger mes rêves et mes ambitions.”

Une entrevue de Marie-Claude Marsolais, Volume 15 no 3, février 2007

Certains livres l’ont particulièrement influencé sur le plan spirituel. Dès l’âge de 10 ans, il recevait de sa mère Illusion. Le messie récalcitrant, de Richard Bach. “C’est une forme d’initiation à la spiritualité. C’est une introduction au principe d’écoute de soi, de sa puissance et de sa richesse intérieure.”

Au fil de ses lectures, l’artiste a découvert ce qu’il qualifie de “véritable bible personnelle”. Le prophète, de Khalil Gibran, a été pour lui une révélation. “C’est comme un guide spirituel. Je l’apprécie, car il ne dit pas quoi faire, mais suggère plutôt des pistes. C’est au lecteur de les appliquer et d’interpréter les enseignements à sa façon. En plus, c’est une très belle histoire, simple et sans lourdeur.” La première lecture du Prophète par Yann Perreau remonte au début de sa vingtaine. De son propre aveu, le jeune homme de 30 ans l’a revisité récemment. “J’ai découvert d’autres enseignements que je n’avais pas compris la première fois. C’est un livre qui vieillit bien et qui se renouvelle toujours. Gibran puise dans des préceptes universels et intemporels.”

Si tous les auteurs qu’il a lus inspirent l’artiste qu’est Yann Perreau, certains teintent également le mode de vie du chanteur. Jack Kerouac et son roman Sur la route en est un exemple. “Il a un coté très sauvage, enfant terrible. Il est très rock ’n’ roll. J’aime la nuit et la musique. Lui était amoureux du jazz et de la poésie. Mais, plus que tout, Sur la route a été la bougie d’allumage de mon premier roadtrip.” À l’instar de Kerouac et du héros de son livre, Yann Perreau a traversé les États-Unis. Si Kerouac est parti de New York, Perreau, lui, est parti de Montréal. Les deux ont débarqué à San Francisco. À 22 ans, avec moins de 400$ en poche, son sac sur le dos, il a vagabondé pendant 2 mois. “Tout au long de mon voyage, j’ai tenu un journal de bord. Un jour, j’aimerais écrire un roman comme l’a fait Kerouac.”

Yann Perreau accorde également beaucoup d’importance à Jacques Prévert, un autre auteur qui fait partie de ses fantômes littéraires. Il a particulièrement craqué pour le recueil de poésie Paroles, qu’il a découvert lors de ses ateliers de théâtre dans la troupe de Pol Pelletier. Une professeure donnait des exercices de diction à même les poèmes de Prévert. “Cet auteur prolétarien était très engagé et écrivait pour le peuple. Il était aussi considéré comme un intello. Il a su marier ses deux forces avec finesse, simplicité et humour.” Yann Perreau, qui écrit lui-même ses chansons, avoue avoir énormément appris des œuvres du célèbre poète français. “C’est un homme qui créait des images très fortes avec ses mots. Quand tu le lis, tu sens l’odeur du café, tu entends les enfants jouer dans le parc. Il m’a beaucoup aidé. Je me suis aperçu qu’on n’avait pas besoin d’écrire 25 pages pour imbiber quelqu’un d’un sentiment. Il a su écrire à la fois avec son esprit et avec son cœur.”

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
 
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Les coups de cœur de Yann Perreau

Les coups de cœur de Yann Perreau

Yann Perreau, auteur-compositeur-interprète, « habite » avec les auteurs qui l’ont influencé. Tels des fantômes, ils rôdent continuellement autour de lui. « Tous les écrivains que j’ai lus font partie de mon monde, de mes influences. Ils sont ce que j’ai glané comme perspective, ils m’ont aidé à forger mes rêves et mes ambitions. »

Une entrevue de Marie-Claude Marsolais, Volume 15 no 3, février 2007

Certains livres l’ont particulièrement influencé sur le plan spirituel. Dès l’âge de 10 ans, il recevait de sa mère Illusion. Le messie récalcitrant, de Richard Bach. « C’est une forme d’initiation à la spiritualité. C’est une introduction au principe d’écoute de soi, de sa puissance et de sa richesse intérieure. »

Au fil de ses lectures, l’artiste a découvert ce qu’il qualifie de « véritable bible personnelle ». Le prophète, de Khalil Gibran, a été pour lui une révélation. « C’est comme un guide spirituel. Je l’apprécie, car il ne dit pas quoi faire, mais suggère plutôt des pistes. C’est au lecteur de les appliquer et d’interpréter les enseignements à sa façon. En plus, c’est une très belle histoire, simple et sans lourdeur. » La première lecture du Prophète par Yann Perreau remonte au début de sa vingtaine. De son propre aveu, le jeune homme de 30 ans l’a revisité récemment. « J’ai découvert d’autres enseignements que je n’avais pas compris la première fois. C’est un livre qui vieillit bien et qui se renouvelle toujours. Gibran puise dans des préceptes universels et intemporels. »

Si tous les auteurs qu’il a lus inspirent l’artiste qu’est Yann Perreau, certains teintent également le mode de vie du chanteur. Jack Kerouac et son roman Sur la route en est un exemple. « Il a un coté très sauvage, enfant terrible. Il est très rock ’n’ roll. J’aime la nuit et la musique. Lui était amoureux du jazz et de la poésie. Mais, plus que tout, Sur la route a été la bougie d’allumage de mon premier roadtrip. » À l’instar de Kerouac et du héros de son livre, Yann Perreau a traversé les États-Unis. Si Kerouac est parti de New York, Perreau, lui, est parti de Montréal. Les deux ont débarqué à San Francisco. À 22 ans, avec moins de 400$ en poche, son sac sur le dos, il a vagabondé pendant 2 mois. « Tout au long de mon voyage, j’ai tenu un journal de bord. Un jour, j’aimerais écrire un roman comme l’a fait Kerouac. »

Yann Perreau accorde également beaucoup d’importance à Jacques Prévert, un autre auteur qui fait partie de ses fantômes littéraires. Il a particulièrement craqué pour le recueil de poésie Paroles, qu’il a découvert lors de ses ateliers de théâtre dans la troupe de Pol Pelletier. Une professeure donnait des exercices de diction à même les poèmes de Prévert. « Cet auteur prolétarien était très engagé et écrivait pour le peuple. Il était aussi considéré comme un intello. Il a su marier ses deux forces avec finesse, simplicité et humour. » Yann Perreau, qui écrit lui-même ses chansons, avoue avoir énormément appris des œuvres du célèbre poète français. « C’est un homme qui créait des images très fortes avec ses mots. Quand tu le lis, tu sens l’odeur du café, tu entends les enfants jouer dans le parc. Il m’a beaucoup aidé. Je me suis aperçu qu’on n’avait pas besoin d’écrire 25 pages pour imbiber quelqu’un d’un sentiment. Il a su écrire à la fois avec son esprit et avec son cœur. »

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quand-un-homme-accouche-roman-cheminementQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Le commerce itinérant d’appareils de chauffage et de climatisation

Le commerce itinérant d’appareils de chauffage et de climatisation: Une industrie à surveiller de très près.

Chantal Racine, Office de la protection du consommateur

Volume 15 no 3, février 2007. Dossier Protection du consommateur

Depuis quelques années, l’Office a noté une augmentation considérable des demandes de renseignements et des plaintes des consommateurs concernant les pratiques commerciales des commerçants itinérants d’appareils de chauffage et de climatisation.

En 2005-2006, l’Office a reçu un total de 5 672 demandes de renseignements et plaintes relativement aux pratiques de commerçants, soit une augmentation de 42 % par rapport à 2001-2002.

Les plaintes des consommateurs ont trait principalement aux promesses d’économie de chauffage trompeuses, aux annulations de contrat difficiles, à la mauvaise installation des appareils, au service après-vente déficient, et même aux menaces et au harcèlement de certains commerçants.

Une industrie problématique

Dans ce contexte, l’Office a intensifié la surveillance des commerçants itinérants de chauffage et de climatisation, en mettant en place un programme de surveillance spécifique de ce secteur d’activité.

Il a priorisé les enquêtes sur les commerçants ayant suscité le plus de signalements des consommateurs et leurs pratiques commerciales ont été analysées sous l’angle de leur conformité à la Loi sur la protection du consommateur. Les résultats de cette vaste opération ont été rendus publics le 21 novembre 2006, avec le dépôt d’un total de 328 chefs d’accusation, assortis de près de 370 000 $ d’amendes, à l’endroit des entreprises Flamidor inc. et Pro du chauffage (1983) inc., leurs administrateurs et certains de leurs représentants.

Choisir un entrepreneur fiable et qualifié

Avant de répondre aux sollicitations d’un commerçant itinérant d’appareils de chauffage et de climatisation, l’Office vous recommande donc de faire vous-même votre magasinage auprès de détaillants sérieux et réputés en comparant les prix, les caractéristiques des appareils, la garantie offerte, les promesses d’économie, etc.

Il est primordial de recourir aux services d’un entrepreneur expérimenté qui est en mesure de bien calculer la charge de chauffage et de refroidissement de la maison et d’installer adéquatement l’appareil qui convient le mieux à votre résidence.

N’hésitez pas à poser des questions au commerçant ou à son représentant. S’il connaît bien son produit, il saura vous fournir des explications claires. D’ailleurs, un bon entrepreneur a suivi une formation appropriée et il est généralement concessionnaire autorisé des appareils et pièces qu’il offre aux consommateurs.

De plus, assurez-vous que l’entrepreneur est qualifié. Demandez-lui le numéro de sa licence, laquelle est délivrée par la Régie du bâtiment du Québec. Vous pouvez également communiquer avec cet organisme afin de vérifier si cette licence est en vigueur. Enfin, demandez à l’entrepreneur le numéro de son permis de commerçant itinérant, délivré par l’Office de la protection du consommateur.

Le Profil du commerçant

Vous pouvez aussi savoir si des plaintes ont déjà été formulées à l’endroit du commerçant avec qui vous désirez faire affaire en consultant le Profil du commerçant, un service accessible en tout temps sur le site Web de l’Office. Vous pourrez ainsi faire un choix éclairé.

Un profil est créé pour chaque commerçant au sujet de qui l’Office reçoit une plainte documentée et jugée fondée ou contre qui il entreprend une action juridique, ou encore, à qui il délivre un permis. Ces plaintes sont regroupées en catégories qui font référence, entre autres, à la qualité du bien ou du service, aux problèmes liés à la garantie, à la résolution ou à la résiliation d’un contrat, ou encore aux délais de livraison.

Ces informations sont conservées dans le Profil du commerçant pendant une période de 24 mois à partir de la date d’inscription de la plainte.

Faites valoir vos droits

Pour mieux connaître vos droits de consommateurs ou formuler une plainte contre un commerçant, communiquez avec l’Office de la protection du consommateur.

Pour joindre un agent de protection du consommateur, composez le 1-888-opc-allo (1-888-672-2556) ou consulter le site Internet: www.opc.gouv.qc.ca

Autres textes Protection du consommateur concernant les cartes de crédit:

Taux promotionnel CIBC VISA et fausses représentations

Quand l’argent des cartes de crédit disparaît de la circulation

Fausses représentations des cartes de crédit

Carte de crédit et taux usuraire

Dépassement de la limite autorisée

Endettement sur carte de crédit

Canadian Tire devient une banque et une carte de crédit

Ressources protection du consommateur

Office de la protection du consommateur du Québec
Montréal: 514-253-6556
Québec: 418-643-1484
Partout au Québec: 1-888-OPC-ALLO (1-888-672-2556)

Option consommateurs
Montréal: 514-598-7288
Numéro sans frais: 1-888-412-1313

Protégez-vous

Rédaction
courrier@protegez-vous.ca
2120, rue Sherbrooke Est, bureau 305
Montréal (Québec) H2K 1C3

Pour un abonnement à Protégez-vous.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
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Les Débrouillards et Les Explorateurs; rencontre avec Félix Maltais

À la découverte des magazines d’ici

Rencontre avec Félix Maltais

Les Débrouillards et Les Explorateurs

En 1978, je travaille pour l’Agence Science-Presse. L’objectif est de fournir des textes sur la science pour les hebdos qui n’ont pas d’argent ni assez de journalistes pour bien couvrir l’actualité scientifique. L’agence adapte la longueur de ses textes aux formats des hebdomadaires pour faciliter leur mise en page.

Lors d’une tournée à travers le Québec, en 1979, les rédacteurs en chef des hebdomadaires souhaitent des articles pour les enfants. Je découvre que l’Ontario Science Center (OSC) publie depuis 3 ans, dans le Toronto Star, des expériences pouvant être réalisées à la maison avec des produits d’usage courant. L’OSC me donne accès au matériel déjà réalisé et nous le traduisons. La première chronique « Le petit débrouillard » devient accessible aux hebdos.

Nous étions à l’époque des belles années d’Astérix, d’où le nom du chroniqueur: Scientifix. Le succès est instantané! Après un an de publication, je rencontre Jean-Marc Gagnon, éditeur de Québec Science et de livres de vulgarisation pour les Presses de l’Université du Québec, afin de proposer de réunir les chroniques dans un livre. Il ne croyait pas que le marché était prêt. Il avait besoin d’une subvention pour se convaincre de lancer l’idée.

Nous étions hébergés gratuitement dans les locaux de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). J’ai convaincu Serge Hamel d’investir financièrement dans le recueil. Jacques Goldstyn, vient d’être embauché par Science Presse. Il crée de nouvelles illustrations pour le recueil, ainsi que 5 personnages, sympathiques et expressifs, qui évolueront avec les années.

Juste avant de finaliser le manuscrit, un autre éditeur sort un livre de vulgarisation scientifique. Malgré la compétition, notre éditeur, Jean-Marc Gagnon, prends le risque d’imprimer 5000 copies. Un article de François Huot dans L’actualité, nous donne un coup de pouce. Dès la sortie, en avril 1981, le recueil se vend comme de petits pains chauds. Des ventes de 1000 exemplaires par mois. Le livre est un des plus vendus au Québec, tous genres confondus.

Le club des petits débrouillards

Il y avait déjà Expo-Science pour les élèves du secondaire et les Clubs-Sciences pour le cégep. Pour les plus jeunes, les Cercles des jeunes naturalistes animaient les écoles pour les sciences naturelles. Avec la diminution de la présence des aumôniers dans les écoles, ces cercles avaient tendance à disparaître. Le succès des chroniques et du livre nous pousse à aller plus loin. D’où l’idée d’en faire un magazine et de préparer des animations surtout en dehors de la classe.

Les grands médias

En 1985, pendant 5 années, La Presse nous a acheté une chronique hebdomadaire d’une page complète. Ensuite, Le Journal de Montréal a poursuivi l’expérience pendant 3 ans. Nous rêvions de faire de la télévision, ce qui est devenu réalité, lorsque, en 1990, et pour les 4 années suivantes, Radio-Canada a conçu l’émission Les débrouillards, animée par Grégory Charles et Marie-Soleil Tougas. C’est avec le passage à la télévision que le nom est devenu tout simplement Les débrouillards au lieu des Petits débrouillards. À la télévision, le terme « petit » signifie les 3 à 6 ans.

Après un arrêt de 3 ans, l’émission est reprise pour 4 ans par Radio-Canada et ensuite, elle fait une dernière année avec Télé-Québec. Nous travaillons actuellement pour un retour des Débrouillards à la télévision. C’est une aberration qu’il n’y ait rien pour les jeunes en télévision scientifique! Les diffuseurs publics comprennent-ils leur mandat?

Dernièrement, c’était la semaine des magazines jeunesse. Pour notre hors série artistique, « DébrouillARTS », je n’ai eu que 5 entrevues à la radio, dont une en Alberta, une à Ottawa et une autre à Toronto! La science n’est vraisemblablement pas assez présente dans les médias québécois!

L’objectif est de rejoindre le plus d’enfants possible. Certains apprennent en touchant, d’autres en lisant ou en regardant. Télévision, journaux, magazines, clubs dans les écoles, centres culturels, services de garde, etc. Le mouvement s’est développé. Nous avons été approchés pour faire une encyclopédie électronique et un site Internet. Un professeur de sciences à la retraite utilise son immense domaine à Arundel, dans les Laurentides, pour organiser le camp officiel des Débrouillards… Même le Zoo de Granby a fait une caverne nommée Les débrouillards!

Les « débrouillards » ont dû s’adapter aux changements culturels. Au début, il y avait 3 gars et 2 filles. Nous sommes passés à 3 gars et 3 filles. Ensuite, nous nous sommes rendu compte que les personnages étaient tous blancs, ce qui ne reflétait pas la nouvelle réalité. Nous avons ajouté un personnage d’origine Vietnamienne et une Noire. Avec le quatrième livre sur le jardinage, Jacques Goldstyn, qui est demeuré notre illustrateur, a créé une grenouille. Elle intervient partout. Elle dit tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. Un peu délinquante et politiquement incorrect!

L’Europe

Deux animateurs ont participé à un voyage avec l’Office franco-québécois de la jeunesse pour présenter à la France notre concept. Des Français ont aimé ça et ils ont créé leur propre association française des petits débrouillards. Les arrondissements français s’impliquent beaucoup auprès des jeunes.

Il n’est pas facile de percer et de survivre au Québec. En France, le marché est prêt à payer et à investir dans ces magazines. Au Québec, nous avons vu disparaître Vidéo-Presse, Hibou, Colicou, Les 100 Watts, Zip, Pignouf. Le problème, c’est que, dès que les jeunes arrivent au début de l’adolescence, ce ne sont plus les parents qui décident quels cadeaux donner à leurs enfants. Nous devenons alors en compétition avec les jeux vidéo, Internet, la musique, les sorties entre amis, le cinéma…

Nous avons publié des numéros hors séries, comme « Sport Débrouillards » et « DébrouillARTS ». Les gouvernements n’y ont pas investi un sou, ni dans « Les Explorateurs » ni dans « Sport Débrouillards ». Il n’y a pourtant pas d’autres magazines éducatifs au Québec pour les jeunes.

Nos magazines seraient pourtant, pour certains ministères, un excellent endroit où présenter leur publicité. Que fait le ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS) de la science pour les jeunes? Lors de la journée nationale du sport et de l’éducation physique, le MELS a acheté une pleine page de publicité dans La Presse et dans d’autres médias. Rien dans nos magazines.

Les Explorateurs s’adresse aux 6 à 10 ans. Touche plus l’affectif des jeunes. On y présente la vie des animaux, les différentes parties du corps humain. On y trouve des histoires de fiction, que le parent peut lire à son enfant si celui-ci ne maîtrise pas encore la lecture. Il est plus éclaté et plus près des sciences de la nature. Les Débrouillards rejoignent les 9 à 14 ans, aborde les sciences physiques, la technologie, la résolution de problèmes. Pendant que Les Explorateurs présentent un enfant du Tiers-monde, Les Débrouillards s’intéressent aux problématiques scientifiques de cette région du monde.

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Écho de l’intérieur; les victimes de mon passé

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

 

Écho de l’intérieur

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville. Volume 15 no 3, février 2007

Les victimes de mon passé

J’ai une longue sentence à purger. Très longue. J’ai commencé à analyser ce qui s’est passé dans ma vie. Voici le début de mes réflexions. Je suis conscient qu’elles ne sont pas encore terminées et qu’il me reste encore un bout de chemin à faire.

Mes condamnations

Histoire de vous aider à mieux comprendre, évaluer, juger ou condamner mes propos, voici mes condamnations: Enlèvement, séquestration, extorsion, possession d’armes, utilisation d’armes, vol de banques, vol de véhicule, évasion, tentative d’évasion, outils de cambriolage, complot, délit de fuite, résistance à mon arrestation, usurpation d’identité…

Jamais, au plus profond de moi-même, je n’ai eu envie de faire du mal à qui que ce soit. Je ne vous demande pas d’accepter mais d’essayer de comprendre tous ces gestes inacceptables aux conséquences douloureuses et surtout non méritées pour mes victimes. Des gestes qui sont l’aboutissement d’une accumulation de souffrances et de douleurs.

Après l’arrestation

Ma principale préoccupation: comment ai-je pu me rendre là? Comment ai-je pu devenir cet être sans âme, sans amour? Froid et distant, dangereux et violent, mes yeux à la dérive reflétaient mon vide intérieur. Comment aurais-je pu considérer la vie d’un autre si la mienne n’existait plus vraiment?

La détention

Des années d’incarcération m’ont donné le temps de trouver des explications pour découvrir un sens ou des raisons d’être à ces crimes. Au début, les raisons semblent louables: aider ma famille, gâter ceux que j’aime.

Puis, un jour, une pénible réalité fait surface. Un drame caché, qui, de l’intérieur, est venu gruger ma raison, mon amour et mon empathie pour les autres, jusqu’au moment où tout s’effondre. La période de crise qui s’ensuit est étouffée avec la drogue, le jeu, la boisson.

Puis, un découragement si profond qu’on se déconnecte de la réalité, rendant notre comportement irréfléchi et dangereux pour tous ceux que nous rencontrons et pour soi-même. Résultat final ou échappatoire temporaire, le meurtre, le suicide, l’overdose, le vol…

L’homme est un loup pour l’homme

Un animal blessé, apeuré, affamé, et qui est seul, est un danger pour tous ceux qui pourraient le croiser son chemin. Il se balade au gré du vent, cherchant une proie faible et sans défense. Il n’a même plus la force d’attendre ou de réfléchir à une stratégie quelconque. Son seul but est d’oublier le mal qu’il vit.

L’homme devient cet animal. Lorsqu’on lui retire sa dignité, sa pitance, il revient à sa nature profonde d’animal. La plupart du temps, on ne choisit pas de devenir criminel. Une suite d’événements nous entraîne vicieusement là où personne ne voudrait aller de son plein gré.

Un criminel est généralement quelqu’un de désemparé qui, pour se tenir à flot, s’accrochera à tous ceux qu’il croisera sur son chemin, exactement comme quelqu’un qui se noie. Sa peur de mourir, de souffrir, est si forte qu’elle l’empêche de réfléchir. Il panique, rendant son comportement incompréhensible.

La souffrance ne s’apprend pas à l’école!

Contrairement au criminologue, je n’ai pas étudié l’histoire du crime. J’en suis un des auteurs. Mes explications ne proviennent pas d’une interprétation analytique, mais de mon vécu. Étudier la souffrance ou la douleur à travers des livres ne vous donne pas la mesure exacte des effets qu’elle procure.

Certaines personnes choisiront la mort, d’autres prendront les armes. La désorganisation chez certains les rendra agressifs, tandis que d’autres réagiront en se soumettant au premier venu.

Je ne crois pas qu’étudier le cancer vous aide à mieux comprendre les douleurs physiques et mentales du malade. Je crois qu’il en est de même avec la criminalité. Dans la majorité des fraternités, groupes de soutien entre individus qui partagent une même dépendance, tous reconnaissent qu’il n’y a pas mieux qu’un dépendant pour en comprendre un autre. Mes longues années à fréquenter les alcooliques anonymes, narcotiques anonymes, gamblers anonymes et autres, confirment que je ne suis pas unique. Il existe des ressources pour faire une sérieuse remise en question, de façon constructive et efficace. Seul le désir sincère de changer fera la différence.

P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

autres textes sur le  suicide:

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Des hommes d’affaires donnent au suivant

Des hommes d’affaires donnent au suivant

Charles Messier, Volume 15 no 3, février 2007

Cet automne, Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont concrétisé leur projet de bénévolat d’affaires, une idée qui est née il y a deux ans. Près d’une centaine de gens d’affaires ont jusqu’à maintenant offert leurs services à plus d’une vingtaine d’organismes à but non lucratif qui œuvrent dans les domaines culturel, social, environnemental, de la santé, etc.

« J’ai mon bureau en haut d’une tour, d’où je vois le monde à l’envers, d’où je contrôle mon univers. » Les bénévoles d’affaires qu’Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont réunis pour donner un coup de main à des organismes de la grande région de Montréal ne fredonnent pas ces paroles du « Blues du businessman ». Plutôt que d’être seuls en haut de leur tour, ils en descendent pour venir appuyer les causes qui leur tiennent à cœur.

Les tâches qu’ils effectuent sont intimement liées à leurs forces dans leur vie professionnelle, comme siéger à des conseils d’administration, élaborer des plans d’affaires et offrir des conseils relatifs à la gestion des ressources humaines.

Depuis le lancement de leurs activités, l’intérêt suscité est surprenant, selon Ugo Dionne. À la suite d’un article paru en novembre dans un quotidien montréalais, la responsable de l’administration de l’organisme aurait reçu en une seule journée des dizaines d’appels de gens d’affaires pour proposer leur service. Certains, de Granby et de Québec notamment, auraient même manifesté leur désir d’élargir à leur région le rayonnement de Bénévoles d’affaires, qui cible actuellement la grande région de Montréal.

Avant de lancer officiellement le projet, Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort l’ont élaboré pendant deux ans. Pendant cette période, leur travail a consisté principalement à réunir plusieurs partenaires financiers, médias, de services et des partenaires qui les ont conseillés relativement à l’action bénévole. Ils ont ainsi amassé suffisamment de fonds pour s’assurer de rémunérer pendant une année une employée qui travaille à temps plein. Ils aussi ont obtenu un bureau équipé de tout le matériel nécessaire, ce qui lui permet d’être le plus efficace possible.

L’utile ou l’agréable?

Devant l’enthousiasme des gens d’affaires, Ugo Dionne pense déjà à engager une deuxième personne l’an prochain. Selon lui, le bénévolat leur permet bien sûr d’élargir leur réseau de contacts et, parfois, de dorer leur image, mais il demeure persuadé que le nouvel organisme répond surtout à leur besoin d’aider la collectivité en mettant à profit une expertise qui coûte habituellement très cher à leurs clients. Ils allient ainsi l’utile à l’agréable. « Tout le monde gagne », résume Ugo Dionne.

Lui-même entrepreneur, il croit que, même si certains ne s’impliquent pas « pour les bonnes raisons », les organismes pour lesquels ils œuvrent sont tout de même gagnants au bout de la ligne. Il pense cependant que la meilleure façon d’être persuadé que les bénévoles le fassent d’abord par altruisme est de leur proposer de travailler pour des causes qui leur tiennent à cœur. « On s’assure aussi que l’organisme a besoin de leur expertise et de leur expérience. » Ils ont ainsi le sentiment d’être réellement utiles.

Bénévoles d’affaires?

Pourquoi avoir mis sur pied Bénévoles d’affaires alors que d’autres organismes accueillent déjà des bénévoles de tous les horizons? « Les gens d’affaires, pour se sentir interpellés, doivent avoir un service qui leur parle directement, et qui ne fait que ça », explique Ugo Dionne. Pendant les deux années qu’il a passées à élaborer le projet avec Marie-Pierre Dufort, il a d’ailleurs rencontré le Centre d’action bénévole de Montréal, qui s’est réjoui de leur initiative. « Eux, ça n’a pas marché il y a 15 ans. Ça n’a pas pris, parce que les tâches proposées ne sont pas assez liées à leur expertise. On est donc complémentaire. »

Lien Internet: www.benevolesdaffaires.org

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Trafic d’êtres humains en Asie

Trafic d’êtres humains en Asie

Dossier de Dominic Desmarais, Volume 15 no 3, février 2007

Dossier  Prostitution et Sexualité

Voleurs de vies

Thuy pensait mettre fin aux problèmes de la maison. Trois ans après le décès de son époux, avec qui elle a eu une fille et un garçon, elle se remarie. Son nouveau conjoint déteste sa fille, l’ambiance à la maison est lourde. Lorsqu’un voisin lui propose d’emmener au Cambodge sa progéniture, alors âgée de 15 ans, elle saute sur l’occasion. Loin de son nouveau conjoint, et ramenant de l’argent à la famille, la petite rentrerait dans les bonnes grâces de son amoureux.

Thuy voulait bien faire. Pas son voisin qui, arrivé au Cambodge, vend la jeune Vietnamienne à un bordel. Pour la petite, c’est le cauchemar. Le travail vire à l’esclavage. Les heures sont longues, les coups sont quotidiens. Les clients font la file pour cette adolescente issue du pays le plus recherché dans les milieux de la prostitution. Afin de la garder sous son contrôle, le propriétaire se rembourse à même ses honoraires pour payer une dette dont elle ne connaît pas l’origine.

Cette histoire est commune dans la région. Vietnam, Chine, Cambodge, Laos, Thaïlande et Myanmar (Birmanie) sont concernés. Le trafic comprend les mariages forcés, l’adoption, la prostitution, le marché du travail, les réseaux d’enfants mendiants. Il a lieu à l’intérieur de ces pays, entre ces pays et à l’extérieur de la région, vers l’Europe, l’Amérique.

Prostitution lucrative ?

Les raisons qui poussent les victimes dans les mains des trafiquants sont multiples. C’est ce qui complique la lutte contre la traite des humains. La pauvreté, la maladie de proches qui nécessitent des soins, l’espoir de devenir riche ou d’améliorer son sort, un désir chez les jeunes de vouloir découvrir un autre endroit sans comprendre ce qu’est le trafic, le manque d’informations sur la migration et la faible scolarité des filles sont les facteurs énumérés par Vichuta Ly, une Canadienne d’origine cambodgienne qui dirige une organisation non gouvernementale d’aide juridique pour femmes et enfants victimes de trafic.

Vichuta a fui son pays en 1975 lors de l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges. Son père, alors ministre de la Justice, a été assassiné par le régime de Pol Pot. Âgée de 14 ans, elle est accueillie par le Canada après 7 mois passés dans un camp de réfugiés en Thaïlande. Ses études en droit à l’Université de Montréal terminées, elle pratique à Montréal avant de revenir dans son pays d’origine pour aider les femmes de son pays.

Son organisme, Legal Support for Children and Women (LSCW) a travaillé auprès de Cambodgiens partis à la conquête de l’eldorado dans la riche Thaïlande. Des gens qui ont quitté leur village dans l’espoir d’améliorer leur sort et celui de leur famille. Des gens qui ont reçu peu d’éducation d’un pays qui vient de sortir d’une guerre civile de 30 ans. Des habitants propices à grossir les rangs des trafiqués. « Comme la plupart n’ont pas les moyens de migrer par les voies légales, ceux qui migrent en Thaïlande doivent entrer illégalement, explique Mme Ly. Ils passent par des recruteurs et des contrebandiers qui, souvent, sont les trafiquants ».

Profiter des faiblesses

Les recruteurs prennent plusieurs formes: un membre de la famille ou un proche, une personne du village partie pour un meilleur avenir qui revient avec des signes de richesse, de belles femmes riches ou encore des personnes âgées. Envoyés par les trafiquants, ils vantent les conditions de vie et de travail du pays voisin, de la grande ville. Les villageois, à l’égard d’un avenir désolant, se laissent séduire. Ils sont transportés par des intermédiaires suggérés par leur recruteur.

« Les trafiquants utilisent la faible estime des femmes et des filles, leur pauvreté et leurs options limitées pour les emmener à travailler à l’extérieur du pays. On leur promet des emplois respectables, mais elles sont offertes aux bordels ou karaokés à la place, où elles doivent offrir des services sexuels. Des hôtels sont régulièrement garnis de nouvelles filles, plusieurs d’entre elles sont enlevées ou achetées à leur famille et trafiquées », raconte Chanthol Oung, directrice et fondatrice de Cambodian Women’s Crisis Centre (CWCC), un organisme d’aide aux femmes.

Illégaux, ces immigrants sont isolés. Ils ne parlent pas la langue, ne connaissent pas les lois et leurs droits, ne vont pas à l’hôpital, de peur d’être dénoncés à la police. Ils récoltent les emplois dont personne ne veulent. Sans documents, ils ont peur d’être arrêtés par la police, qui peut leur réclamer de l’argent, les jeter en prison et les déporter. Parfois, ce sont les 3 à la fois. Ils se déplacent hors de la maison pour aller travailler, et reviennent aussitôt. Ils n’ont pas de liberté de mouvement.

Stress, violence, alcool

Les emplois sont plus rares que prévu, les salaires plus bas, le coût de la vie plus cher. Ils ont peine à subvenir à leurs propres besoins. Plusieurs sont incapables d’envoyer de l’argent à la famille, raison de leur exil. Dans ces conditions de stress, la violence domestique augmente, les excès d’alcools et les batailles sont fréquents.

LSCW a rencontré des prostituées cambodgiennes dans un bar karaoké thaïlandais. Elles sont 3 à partager une petite chambre meublée d’un matelas et d’un ventilateur. Ces filles, en plus d’avoir à rembourser le propriétaire du bar le prix payé pour les acheter, et le transport, elles lui paient la nourriture, l’eau, la chambre et l’électricité. Elles travaillent 9 à 10 heures par jour, 7 jours sur 7, à recevoir des clients.

La vie après le bordel

Lorsqu’elles fuient ou sortent des bordels à la suite d’une descente policière, les femmes sont prises en charge par différentes organisations. Dans les refuges, les victimes ont un support psychologique. CWCC offre un suivi individuel pour construire et rebâtir leur estime. « Elles se sentent seules, veulent se suicider, constate Mme Oung, la directrice.

Une fois la semaine, c’est en groupe que se déroule la thérapie. La plupart du temps, on les laisse raconter leurs histoires. Ça dépend d’elles. On cherche des solutions. Parfois, on utilise des jeux, de l’art, du dessin par rapport à ce qu’elles ont vécu ou par rapport à leurs aspirations. On invite d’anciennes victimes qui parlent des problèmes qu’elles ont surmontés, de quelles façons elles les ont réglés. Alors, elles savent qu’il est possible de s’en sortir. » Mme Oung avoue cependant offrir un service limité de thérapie. « On a 2 intervenants pour 60 femmes et enfants dans notre centre de Phnom Penh. On ne peut pas prendre de l’expansion dans notre centre de Siem Reap, en raison d’un manque d’intervenants. C’est un problème criant, au Cambodge. »

Dans ces refuges, femmes et enfants reçoivent une formation leur permettant de travailler pour se réinsérer. « Ce qu’on propose, c’est une réintégration dans l’agriculture, le tissage, la coiffure, l’élevage, raconte Emmanuel Colineau, secrétaire général pour Agir pour les Femmes en Situation précaire (AFESIP), un organisme porté à bout de bras par Somaly Mam, une Cambodgienne victime de trafic. C’est possible de faire de l’argent hors de la prostitution, dans le lieu où elles veulent s’intégrer, continue-t-elle. On les suit 3 ans après leur sortie du Centre. On leur trouve un travail. Il y a des opportunités économiques. Le Cambodge est cependant pauvre. » AFESIP est également présent au Vietnam, au Laos et en Thaïlande. Au Vietnam, en raison de la scolarité plus élevée des habitants, les victimes ont un choix beaucoup plus varié d’emplois pour se réinsérer.

En Thaïlande, les organismes coopèrent. « On veut développer les choix, explique Jurgen Thomas, directeur d’AFESIP en Thaïlande. Par exemple, nous formons des coiffeuses, d’autres organismes s’occupent d’hôtellerie. Si on accueille une fille qui veut faire un tel métier, on la réfère à l’ONG qui offre cette formation. Quand la victime entre au Centre, on veut lui donner un stage tout de suite, pour que dès le début elle fasse de l’argent. Cela évite qu’en raison des besoins de la famille elle retourne dans la prostitution. »

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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