Le SIDA tue encore

Le SIDA tue encore
Annie Mathieu, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008

Le sida est disparu depuis l’arrivée de la trithérapie, croient les Québécois. Conséquence: exit le condom et bonjour les comportements sexuels à risque. Reflet de Société a rencontré le docteur Réjean Thomas, président de la Clinique médicale l’Actuel, qui soigne les patients atteints du VIH et de MTS depuis 1984.

Le sida n’est pas un sujet vendeur. Sauf le 1er décembre, journée mondiale contre le sida. Les images d’enfants du tiers-monde atteints de la maladie confirmeront un préjugé vieux comme le virus: le sida, c’est la maladie «des autres».

«Les gens ont l’impression que c’est une maladie africaine parce que la plupart des reportages sont faits dans les pays du tiers-monde, affirme d’entrée de jeu le docteur Thomas. À cause de l’accès à la trithérapie, on pense le problème réglé. C’est faux. On est dans une période de négation collective face au sida.» Une attitude qui se traduit par le peu d’intérêt des médias et qui rend la prévention, déjà difficile, presque impossible.

«Aucun message ne peut prévenir la maladie, croit le docteur. L’important, c’est d’être régulier, provocateur, drôle et surtout, répéter les messages. C’est ce qu’on fait avec le tabagisme par exemple et qu’on ne fait pas avec le sida», déplore-t-il.

Ce qu’il reproche à la journée mondiale de lutte contre le sida? On en parle trop et qu’à un seul moment de l’année. Un avis partagé par ses patients qui détestent le 1er décembre. «Je dis souvent aux élèves « si votre prof est atteint du cancer, il va recevoir des mots, des fleurs, il va être entouré ». Un sidéen, lui, sera seul dans sa chambre et personne ne le saura.»

Des campagnes insignifiantes

S’il considère que les médias n’ont pas toujours abordé le sida de manière intelligente, Réjean Thomas croit tout de même qu’ils ont joué un rôle plus important que les campagnes de prévention: «Les médias ont sauvé plus de vies que les campagnes gouvernementales de santé publique ou de prévention. Ce que je vois, c’est nul. Il n’y en a pas assez. Je les trouve insignifiantes.»

Le sida n’est pas un enjeu social important au Québec, estime le docteur. «Ç’a l’a été mais ce ne l’est plus depuis que la maladie n’est plus mortelle et qu’il y a des traitements. On vit, explique-t-il, une épidémie hallucinante de maladies transmises sexuellement qui touche tous les groupes d’âges, les hommes autant que les femmes. Un jeune de 18 ans à qui tu annonces sa séropositivité, ça ne reste pas drôle. Il va prendre des médicaments toute sa vie. Que va-t-il va faire? Sa carrière? Va-t-il pouvoir voyager? L’inquiétude face à sa maladie, la mort, aux relations sexuelles, tomber amoureux; sa vie ne sera plus jamais comme avant. Ce n’est pas juste de mourir qui est grave!» insiste-t-il.

«Un sidéen en 2007 est plus fautif qu’un sidéen des années 80 qui pouvait plaider l’ignorance. On lui pardonnait. Aujourd’hui, on se dit que les victimes auraient dû être plus vigilantes. Je me demande s’il n’y a pas plus de préjugés qu’avant», questionne Réjean Thomas, convaincu que les malades se sentent plus coupables en 2007.

Des préjugés tenaces

«Ils souffrent aussi d’une grande détresse. On leur dit d’en parler à un ami très proche parce que tout seul, c’est difficile, explique-t-il. J’ai tellement peur qu’ils en parlent trop! Je sais qu’ils souffriront des préjugés ! J’ai des patients qui ont perdu des jobs!»

La discrimination à l’égard des ces populations marginalisées est toujours très présente, croit M. Thomas. «Par exemple, il y a eu cet été une épidémie de rougeole chez les enfants. Il y a eu, quoi, 4-5 cas ? Donc pour 5 cas de rougeole on sort tout l’arsenal de santé publique au Québec et pendant ce temps-là, il y a 500 cas de syphilis chez les homosexuels. Qu’est ce qu’on a fait ? On a mis des mini posters dans les saunas. Comme si les jeunes de la rue, les toxicos, les homos, c’était vraiment des parias!»

Au diable la prévention

Les adolescents sont une nouvelle génération «très à risque», explique Réjean Thomas. «Parce que la trithérapie est arrivée, on a arrêté, dans les écoles, les cours de formation personnelle et sociale où l’on parlait du sida et des MTS.» Résultat ? Une augmentation de syphilis, de gonorrhée et de VIH au Québec.

Le grand coupable: le condom, de plus en plus oublié par les partenaires sexuels. «Dans les années 1990, explique Réjean Thomas, quand un patient disait « j’ai pas mis de condom », c’était un aveu grave. Plus aujourd’hui.» Les films pornos, source appréciée des jeunes pour parfaire leur éducation sexuelle, sont en partie responsable de la baisse de popularité de l’enveloppe de caoutchouc. Peu à peu, la protection disparaît des films XXX. «Je ne suis pas sociologue ni anthropologue mais il se passe quelque chose !» s’inquiète le docteur.

Il faut ramener le condom comme une norme, prescrit-il. Il suffit de faire des campagnes et marteler que le sida est une maladie qui se prévient. «Des pays pauvres ont réussi, pourquoi pas nous?» Le Québec a démissionné, déplore le docteur Thomas.

L’étape du dépistage est aussi bâclée, voire ignorée: «Il y a au moins 25% des gens qui sont séropositifs et qui ne le savent pas. C’est énorme !» s’insurge-t-il. Les urgences reçoivent encore des cas de sidéens non diagnostiqués en phase terminale. «Il n’y a pas de raison, en 2007, de mourir du sida !» répète le docteur qui considère inadmissible pour des personnes de 30 ans et plus de ne jamais s’être soumis à un test de dépistage.

Encore faut-il que des médecins puissent y veiller. «La relève médicale est loin d’être garantie dans le domaine du sida et des MTS, selon Réjean Thomas. Il n’y a pas beaucoup de jeunes médecins qui s’y intéressent. Le milieu médical a les mêmes préjugés envers le sida et les MTS que la société en général. C’est le défi dans 10 ans, explique-t-il, puisque les sidéens d’aujourd’hui ne meurent plus de la maladie.» Une augmentation de malades inversement proportionnel au nombre de médecins disposés à les traiter. Un enjeu qui devrait inquiéter les autorités médicales, selon le président de la Clinique Actuel.

Sent-il le besoin de se réinventer pour intéresser la population et ses confrères à la maladie? «Je ne suis pas un artiste qui a un produit à vendre! Je suis là avant tout pour soigner les malades!» Il affirme ne parler du sida que lorsque qu’on l’interroge à ce sujet. Et parce qu’il sent un devoir moral de le faire, consent-il.

Devoir qu’il prend au sérieux. Le docteur Thomas a établi son diagnostic: le Québec souffre d’indifférence face au sida. Heureusement, la maladie n’est pas incurable.

Encadré

Le sida chiffré

Dans le monde

  • 39,5 millions de personnes vivent présentement avec le VIH/sida dans le monde
  • 17,7 millions sont des femmes
  • 2,3 millions sont des enfants de moins de 15 ans
  • Il y avait 4,3 millions de nouveaux sidéens en 2006
  • 2,9 millions de personnes sont mortes du sida en 2006

L’ONU tire cette observation de statistiques récentes: «Les taux d’infection ont diminué dans certains pays en 2005, mais la tendance globale reflète toujours une augmentation de la transmission.»
Source: Rapport ONUSIDA/OMS, 21 novembre 2006.

Au Québec

  • En 2005, 3158 Québécois sidéens étaient répertoriés
  • Un peu plus de la moitié d’entre eux étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH)
  • 20% était des usagers de drogues injectées (UDI)
  • 77% était des hommes
  • En 2005, le Québec a recelé autant de nouveaux sidéens qu’en 2002. Par contre, le nombre de HARSAH infectés a augmenté, contrairement au nombre d’UDI infectés qui a diminué
  • 67% des cas diagnostiqués étaient à Montréal, 9% à Québec et 7% en Montérégie.
  • En 2005, le taux de mortalité associé au sida était 5 fois inférieur à celui de 1995. Les traitements plus efficaces aujourd’hui permettent de prolonger la vie des sidéens.

Source: Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec – Année 2005 (et projections 2006), ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

FUCK le sida tue !

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de la publicité «Fuck le sida tue» qui a été boudée par les médias ?

Des jeunes m’ont entendu à la radio et ont trouvé effrayant d’apprendre qu’il est difficile de parler du sida. Ils ont proposé à la Clinique ce concept de publicité et nous avons eu envie de l’utiliser. Je connaissais ceux à qui appartenait le grand espace publicitaire du boulevard Saint-Laurent [coin Sherbrooke]. Ils nous ont donné gratuitement le mur pour deux mois pour que l’on puisse mettre la publicité. La Ville de Montréal a refusé.

Pourquoi la Ville a-t-elle refusé ?

Elle a dit que c’était à cause du français. [Rires] «Fuck», ce n’est pas un mot français…C’était une raison, un prétexte. Nous avons essayé de le traduire mais ça ne s’apprêtait pas. L’objectif visé, c’était d’interpeller les jeunes qui passent sur Saint-Laurent.

Est-ce que vous vous êtes battus ?

Oui, mais il n’y avait rien à faire. On a pris des publicités dans les magazines et une page complète dans le Devoir. Ç’a a fait parler autant. C’était l’objectif.

Est-ce que vous le referiez autrement?

Autrement? Non. C’est sûr qu’on avait une publicité provocatrice. En même temps, ce n’était pas nous qui l’avions inventée. À mon âge, j’essaie toujours d’être proche du terrain mais je vieillis aussi [rires]. Puisque ça venait des jeunes, que ça parlait aux jeunes, on l’avait pris tel quel et on avait trouvé ça intéressant.

PS Une autre publicité sur le Sida commandé par la Clinique L’actuel fait jaser.

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Blogue ou billet?

Blogue ou billet?

J’ai eu un échange avec Mario Asselin, connu pour son blogue Mario Tout de go. M. Asselin m’a repris pour une faute de français et je le remercie pour ce geste.

J’aime bien la langue française. Même si l’écriture fait partie de ma vie, je ne me considère cependant pas comme un exemple parfait de rectitude.

Les nouvelles technologies nous font créer régulièrement des anglicismes. J’ai été pendant un certain temps à envoyer des « mails » avant d’apprendre à envoyer des « courriels ». Je ne « tchat » pas sur Internet. Peut-être parce que je ne veux pas dire que je fais du « clavardage » ou encore de la « messagerie instantannée ».

Depuis que j’ai débuté ma carrière de blogueur, j’ai adopté tout un vocabulaire autour du terme « blogue ». J’ai un « blogue » quand certain détienne un « carnet ». Je me considère « blogueur » quand d’autres sont des « carnetiers ». Je vais encore écrire un « blogue » au lieu d’écrire un billet. Quoi qu’ici, il m’arrive d’utiliser le verbe « bloguer » pour remplacer le terme « écrire un billet ».

La langue française a parfois des retards sur les nouveaux termes. Cela me rappelle mes mésaventures vec le mot hip hop qui est maintenant dans le dictionnaire. Au début des années 90, sans référence linguistique, nous l’écrivions Hip-Hop. Il m’est très difficile aujourd’hui de mettre des minuscules à cette culture que je cotôye depuis presque 15 ans.

Sans garantir que je vais être parfait sur toute la ligne, je vais tenter de m’améliorer un peu. Un changement de carrière se dessine à l’horizon. Je vais maintenant écrire des billets au lieu d’écrire des blogues. Je vais cependant conserver le titre de blogueur, puisqu’il semble accepté.

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

Merci encore M. Asselin pour vos précisions sur la langue française.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/12/21/enquete-sur-les-blogueurs-francophones/

https://journaldelarue.wordpress.com/2007/12/24/medias-la-crise-des-%c2%ab-vieux-%c2%bb/

https://journaldelarue.wordpress.com/2007/12/23/le-blogue-pour-les-nuls/

https://journaldelarue.wordpress.com/2007/12/20/et-la-collision-avec-les-blogues/

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Les boutiques de science

Les boutiques de science
Benoît Lacroix – Agence Science-Presse

Après les bars et les cafés de science, les boutiques de science feront peut-être leur première apparition au Québec ! En effet, un groupe de chercheurs de Québec compte démarrer une boutique de science en santé publique. «Notre boutique offrira trois services : des synthèses de connaissance, de la vulgarisation scientifique et des nouvelles connaissances», explique Florence Piron, professeure au Département d’information et de communication, et responsable du projet. La boutique de science desservirait l’Est du Québec et serait probablement installée au Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale.

Les boutiques de science sont des lieux où les citoyens et les groupes communautaires peuvent poser des questions d’ordre scientifique auxquelles répondent gratuitement des chercheurs ou des étudiants gradués. Il s’agit d’une approche qui démocratise la science en y faisant participer les citoyens. «Dans un premier temps, les clients seront surtout des organismes, des associations, des groupes de citoyens, mais la boutique sera aussi ouverte aux individus», précise Mme Piron. Selon la chercheuse, les bénéfices associés à cette boutique seront nombreux. D’un côté, la population accédera à des connaissances en général réservées à l’élite, ce qui enrichira sa culture scientifique et lui permettra éventuellement d’améliorer sa santé. De l’autre, les chercheurs seront assurés de la pertinence de leurs travaux, en plus de se rapprocher des préoccupations des citoyens.

Évidemment, ce nouveau genre d’interaction entre le public et les experts implique plusieurs ajustements en termes de communication. «Les experts devront sortir de leur tour d’ivoire et les organismes communautaires devront accepter que leurs questions soient reformulées», constate Florence Piron. Et d’ajouter : «beaucoup d’échanges entre les intervenants seront nécessaires avant de concrétiser une demande de connaissance en question de recherche.»

Les boutiques de science existent depuis les années 70 en Europe. Elles sont nées dans les Pays-Bas et se sont depuis largement répandues. Chaque université néerlandaise possède jusqu’à une dizaine de boutiques de science spécialisées. La Communauté Européenne, quant à elle, soutient le concept par le biais de son plan d’action «Science et société» et son programme de mentorat Training and Mentoring of science shops (TRAMS). À l’échelle internationale, le réseau Living knowledge regroupe les boutiques de partout dans le monde. Le concept s’est même rendu à Shanghai, où l’Université Normale de Chine de l’Est (ECNU) a démarré sa première boutique, en 2006.

Pour en savoir plus (pour la version Web – choisir les deux ou trois plus pertinents) :
– Article « Science shops », Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Science_shop.
– Réseau international Living knowledge, http://www.scienceshops.org/new%20web-content/framesets/fs-conference.html.
– « Une science de proximité », Magazine de la recherche européenne, Commission européenne, http://ec.europa.eu/research/rtdinfo/43/article_1655_fr.html.
– Programme TRAMS, Communauté européenne, http://ec.europa.eu/research/science-society/scientific-awareness/shops_fr.html.
– Fondation sciences citoyennes, http://sciencescitoyennes.org/spip.php?rubrique15.
– L’Espace des citoyens, santé et bien-être (Québec), http://www.espacecsb.com/wiki/index.php?title=Les_Boutiques_de_Science.
– East China Normal University (ECNU) science shop, http://www.scienceshop.ecnu.edu.cn/english.asp.
– Community Based Learning Initiative (CBLI), Princeton University, http://www.princeton.edu/~cbli/.

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

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Une éponge pour sauver la planète

Une éponge pour sauver la planète
Benoît Lacroix – Agence Science-Presse

Une équipe franco-britannique vient de mettre au point un nouveau matériau partiellement métallique, capable de tripler de volume lorsqu’il est trempé dans un liquide. Ce type de matériau très poreux pourrait entre autres servir au stockage des gaz. Les chercheurs étudient la possibilité de l’utiliser pour stocker le CO2, principal gaz à effet de serre, ou encore l’hydrogène, carburant des piles à combustible.

Ces solides hybrides poreux sont constitués de métaux (dans ce cas-ci, fer et chrome) et de liants organiques, d’où le qualificatif d’« hybrides ». Ils sont aussi parsemés de microscopiques cavités (les pores), ce qui leur permet de stocker des molécules liquides ou gazeuses.

Le nouveau matériau se gonfle comme une éponge lorsqu’il est trempé dans l’eau ou le méthanol. Cette propriété est d’autant plus surprenante qu’il s’agit d’un matériau cristallin, comme le métal, et non d’un matériau amorphe, tel que la peau ou la plupart des substances organiques. Les matériaux cristallins sont habituellement rigides et plutôt difficilement déformables. Dans le cas présent, le matériau se comporte comme un poumon. Son volume augmente jusqu’à un maximum de 230 %, comparativement à 40 % pour le poumon lors de l’inspiration. Il suffit de le chauffer afin qu’il reprenne son volume initial.

L’équipe de recherche, composée de scientifiques des universités de Versailles, de Rennes, de la Royal Institution of Great Britain, ainsi que de l’Installation Européenne de Rayonnement Synchrotron (ESRF), ont utilisé le rayonnement synchrotron (principalement des rayons X de haute puissance) de l’ESRF pour sonder la matière dans son état « gonflé » et son état « dégonflé ». Ils ont ainsi pu comprendre le mécanisme de déformation du matériau et conclure que les liaisons chimiques ne sont pas brisées lors du mouvement de « respiration », ce qui facilite la réversibilité du processus.

Pour les chercheurs à l’origine de la découverte, la prochaine étape consiste à mesurer la capacité d’adsorption de leur matériau avec le CO2 et l’hydrogène. Dans le cas de l’hydrogène, il faut savoir que le plus important problème dans le développement de la pile à hydrogène est le stockage du gaz. « Il existe actuellement une multitude de méthodes pour stocker l’hydrogène, mais aucune ne donne des résultats solides », résume Jacques Goyette, professeur à l’UQTR et membre du Réseau québécois sur les piles à combustible et l’hydrogène (PACH2). Ce nouveau matériau pourrait donc s’avérer une solution innovatrice dans la lutte aux gaz à effet de serre.

Référence
– Role of Solvent-Host Interactions that lead to Very Large Swelling of Hybrid Frameworks, C. Serre, C. Mellot-Draznieks, S. Surble, N. Audebrand, Y. Filinchuk, G. Ferey. Science 315, 1828-1831 (2007), http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/315/5820/1828
– Un matériau cristallin augmente sa taille de 300%, http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/fs_breves2.php?langue=fr&id_breve=5750.
– Scientists track remarkable “breathing” in nanoporous materials, http://www.esrf.eu/news/pressreleases/nanoporous/.
– La respiration géante des solides cristallisés, http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1064.htm.
– Un matériau nanoporeux aux performances inégalées, http://www2.cnrs.fr/presse/communique/751.htm?print=1.
– New Crystalline Solids Can Reversibly Increase Their Volume More Than 3x; Possible Impact for Hydrogen Storage, http://www.greencarcongress.com/2007/04/new_crystalline.html.
– Nanoporous material gobbles up hydrogen fuel, http://www.newscientisttech.com/article/dn10466-nanoporous-material-gobbles-up-hydrogen-fuel.html.
– Article « Hydrogen storage », Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Hydrogen_storage.
– Réseau québécois sur les piles à combustible et l’hydrogène (PACH2), http://pach2.qc.ca/index.html.

Textes sur l’Environnement et commentaires du rédacteur sur l’Environnement

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